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actualité - Page 5330

  • La religion médiatique

    Le dernier essai de Régis Debray, L’emprise (Gallimard), a eu droit à tous les honneurs de la critique : Jean Daniel y voit le « livre le moins digne d’un esprit comme le sien », Philippe Sollers moque une « rédaction scolaire très ennuyeuse », Laurent Joffrin s’irrite de la « prose poujado-normalienne » et Olivier Mongin critique une « froideur abstraite » doublée d’un « ton hautain et pseudo-savant ». Ces frappes peu chirurgicales des adeptes de la purification ethnique à sens unique – puisque telle est bien l’issue réelle de l’agression occidentale – suffisent à convaincre que le livre mérite un détour.

    On se souvient bien sûr de la mise à mort médiatique de Régis Debray après la publication de sa lettre ouverte au président de la République dans Le Monde (14 mai 1999), en pleine guerre du Kosovo. Cette ex-communication dévoila à ceux qui pouvaient encore l’ignorer le penchant inquisitorial des faiseurs d’opinion – ici révélé au grand jour, et sur le ton du psychodrame national, car Debray faisait encore partie des leurs (au moins à titre présomptif ou conservatoire). De cette mésaventure dont il ne renie rien – « on ne demandera pas ici pardon, ni de mea culpa » –, l’excommunié a tiré une réflexion très générale sur la nature du façonnement médiatique de l’opinion en démocratie libérale.

    Au connaisseur de l’œuvre de Régis Debray, L’emprise n’apportera rien de véritablement neuf, sinon le plaisir, toujours bienvenu, du bel exercice de style dont presque chaque phrase est ciselée comme un aphorisme. L’auteur y reprend les thèses développées dans Le pouvoir intellectuel en France, dans laCritique de la raison politique et dans ses différents travaux de médiologie. Les médias y sont décrits comme le nouveau pouvoir spirituel de l’Occident laïc : « Il ne contraint pas, il conditionne. Il ne légifère pas, il infuse. Il ne sanctionne pas, il environne. Il ne donne pas de contravention, il donne à penser. Il agit par le mot, l’image, les spectacles et les rites ». Certes, l’hérétique n’est plus brûlé ou torturé. « Éliminer n’est plus liquider, note Debray. Là est le progrès […] mais ce qui n’a guère progressé, du médiéval au postmoderne, sur le fond, c’est la conduite d’orthodoxie comme alignement réflexe d’un ordre d’options contingentes, discutables, sur l’ordre indiscutable et nécessaire de la Valeur : transformer toute résistance à la force en péché contre l’esprit, et l’insoumission intellectuelle en suicide moral ».

    Pas plus que l’histoire de l’Église catholique ne s’écrit à partir des seules basses œuvres des Dominicains, l’emprise spirituelle des médias ne se résume aux cas-limites des excommunications. Comme son aîné, le nouveau clergé combat certes l’hérétique avec constance et engage la croisade avec ferveur. Mais il entend avant tout, de manière plus permanente, capter l’esprit des convertis en délimitant le champ des prédications possibles, des confessions autorisées et des contritions retenues. « Il n’est pas besoin d’épouser les mêmes idées pour respirer le même air. Il suffit qu’on s’accorde à tenir ceci ou bien cela pour réel : ce qui est digne d’être débattu ». Les journalistes organisent ainsi le réel lui-même en formatant les opinions, selon un procédé qui va bien au-delà du phénomène de la « pensée unique » ou du « politiquement correct » : « les faits sont construits par les signes de l’information ; l’opinion réagit aux signes ; et le responsable se règle sur l’opinion. Le circuit cybernétique se boucle avec le Régulateur central, celui qui met les trois sommets en contact : la régie médiane des signes ». Debray ne décrie pas tant une perversion qu’il décrit un principe d’organisation : « La religion médiatique n’est pas une religion des médias, mais la religion du réel socialisé par les médias dont le succès repose précisément sur ceci que le médium s’esquive dans sa performance même ».

    En guise de dogmatique, la religion médiatique sacrifie à la foi séculière des droits de l’homme, dans sa version individuelle-universelle, c’est-à-dire morale et antipolitique : « Ses adeptes ne veulent pas sauver un peuple élu, ni même tel ou tel peuple pas élu ; ils veulent tous les hommes sains et saufs, et c’est là leur grandeur […] Comme toujours, le poison est dans le remède. Du message nazaréen, l’humanitarisme partage l’essence missionnaire, ou expansive, ou expansionniste. Seules les religions à vocation universelle entretiennent des missions outre-mer. La nôtre est la première à posséder les moyens de sa fin […] Le boudhisme, le christianisme, l’islamisme furent ainsi des religions universelles, mais les voilà coiffées au poteau par une plus complète, une planétaire pour de bon : le colonial absolu. Les moyens à disposition permettent la première catéchèse intégrale, la première conversion générale. La World Company : un roi, une foi, une loi ».

    C’est toutefois à ce point du raisonnement que l’on devine une certaine gêne chez Régis Debray. Ses amertumes progressistes laissent en effet affleurer le désir d’une improbable version politique de ces mêmes droits de l’homme et cette nostalgie républicaine embrume quelque peu la belle logique à l’œuvre dans le reste de l’essai. Car enfin, l’« inhumaine présomption de l’universel » n’a pas attendu le journaliste à esprit docile ni le missile à guidage laser pour révéler sa duplicité et sa nocivité : c’est avec la sueur des Noirs, les larmes des Vendéens et le sang des Indiens que s’écrivirent déjà les Déclarations de 1776 et de 1789. L’émancipation de l’individu – hier en citoyen, aujourd’hui en consommateur – a toujours signifié la destruction de ses appartenances supposées aliénantes et la sujétion à un nouveau pouvoir émancipateur – hier l’État national autoritaire, aujourd’hui le marché mondial moralisateur.

    Cette réserve nous incite, pour finir, à donner raison sur un point précis aux adversaires de Régis Debray. Joffrin, Mongin, Daniel et autres bombardiers très légers n’ont pas de mal à relever que l’excommunication dont le médiologue fut victime reste bien relative. Après tout, Le Monde publia sa lettre, TF1 et Europe 1 l’invitèrent à s’en expliquer, Marianne accueillit ses développements, Le Monde diplomatique ses exégèses, L’Humanité ses commentaires. Difficile de comparer ce traitement avec celui que subit, par exemple, Alain de Benoist. Mais il est vrai que ce dernier, contrairement à Debray, ne saurait être chassé d’une Église à laquelle on lui reproche, précisément, de n’avoir jamais appartenu. L’excommunication n’est que le troisième échelon du blâme chrétien : pour d’autres hérétiques, à qui l’on ne pardonnera pas de persévérer dans l’erreur et dont on se demande parfois s’ils ont même une âme, l’interdit et la suspense forment depuis longtemps la règle.

    Charles Champetier, 2000

    http://grece-fr.com/?p=3558

  • Un roi, par nature, est au-dessus de tous les partis

    Le prince Louis de Bourbon, duc d'Anjou, répond à La Provence :

    "L'avantage de la royauté, c'est précisément de faire l'union. D'ailleurs, ce fut tout au long de l'Histoire le leitmotiv de nos rois :unir, rassembler, lutter contre les intérêts particuliers au profit de l'intérêt général. Un roi, par nature, est au-dessus de tous les partis. Il est au service de tous. Au service de son pays et c'est naturellement qu'il mettra tout en oeuvre pour le transmettre à son successeur en bonne santé. C'est la concordance commune d'intérêts qui est l'un des secrets de la réussite du système, et cela est unique et irremplaçable.

    Peut-on encore concilier modernité et monarchie, notamment en ce qui concerne les problèmes de société ?

    Déjà, on peut constater que des monarchies existent en Europe et, en général, les pays concernés révèlent une adaptation plus dynamique, tant sur le plan social qu'économique. La France est très attachée à son système de protection sociale que Saint Louis aurait sûrement soutenu, lui qui, à l'époque, créait les grands hôpitaux et les premiers fonds de retraite pour les soldats. Mais pour garder cette protection, il faut être vigilant et lucide. Rien n'est pire que l'utopie. La royauté, elle, s'est construite sur du réel, c'est-à-dire, au départ, une famille, des fiefs, des communes, des artisans, des commerçants, des entrepreneurs, etc. Tout un tissu social travaillant chacun pour soi et pour le bien de tous, grâce à un contrôle minime mais efficace exercé par le minimum d'État qu'est la royauté. Ce système donnait ainsi beaucoup de libertés aux individus. Où en sommes-nous avec les libertés ?

    Dans la France actuelle, quel rôle entendez-vous jouer ?

    Un rôle à la fois discret et concret. [...] Que vous dire d'autre ? J'existe, je suis là et si je peux un jour oeuvrer plus concrètement pour la France, je prendrai mes responsabilités. J'ai aujourd'hui 40 ans, trois enfants, une vie active, je sens bien que ma génération et celle qui suit attendent un changement profond et pacifique."

    Michel Janva

  • L’Union Européenne, marchepied d’une gouvernance mondiale ?

    D’Alstom, (rare) fleuron industriel français encore débout, aujourd’hui convoité par des mains étrangères, ce qui met directement en péril notre filière nucléaire, au pacte euro-austéritaire, dit de stabilité, que défend Manuel Valls, c’est bien une nouvelle fois la soumission de nos dirigeants aux diktats bruxellois qui est ici aussi en cause. Le sondage CEVIPOF de janvier dernier indiquait que seulement un Français sur trois (35%) pense que l’Union européenne est « une bonne chose » (ils étaient 47% en 2011). Selon l’étude OpinionWay réalisée pour Le Figaro et LCI du 23 au 25 avril, 44 % des sondés estiment que la participation de la France dans l’Union est une « bonne chose », 33 % des personnes interrogées affirment que ce n’est ni «une bonne chose, ni une mauvaise» chose; un quart des Français (23 %) jugerait que c’est une «mauvaise chose». Malgré la propagande officielle, seulement 56 % des personnes interrogées se disent opposées à la disparition de l’euro, 26 % y sont favorables.

    L’érosion continue de l’adhésion vis-à-vis de la construction européenne est surtout patente au regard de l’abstention : six Français sur dix bouderaient ce scrutin, un taux équivalent aux européennes de 2009 (59,4%). Abstentionnistes, nous l’avons souvent dit, mais il faut le répéter, dont la grève du vote ne fait que renforcer le Système qu’ils rejettent. L’adage dePériclès n’a rien perdu de sa vérité : « un citoyen qui ne fait pas de politique n’est pas un citoyen paisible, c’est une citoyen inutile »…

    Quant aux 40% d’électeurs qui se déplaceraient le 25 mai20% d’entre eux voteraient pour les listes FN, les listes européistes peinant à susciter l’enthousiasme (22% pour l’UMP, 18% pour l’alliance PS-Radicaux de gauche, 11% pour l’UDI-MoDem, 7% pour Europe Écologie-Les Verts…).

    Ivan Rioufol écrivait sur son blog 17 avril que l’Union européenne « s’est rendue odieuse à beaucoup de ceux qu’elle devait protéger. Les partis en conviennent, quand ils assurent quel’Europe doit changer. Mais ils n’ont jamais rien fait pour obliger cette construction, froide et distante, à préserver les souverainetés. Le législateur français a été dépossédé de près de 80 % de ses pouvoirs (…), il faut tendre l’oreille pour percevoir, chez les mandarins, l’écho d’une autocritique ou d’un débat. Changer, oui. Mais pour qui, pour quoi ? Personne n’ose s’avouer l’ampleur de la reconstruction. Les eurosceptiques et autres populistes ont làl’occasion historique d’imposer un coup d’arrêt à cette UE si peu démocratique, confisquée par les juges, les experts, les banquiers, les moralisateurs… ».

    L’éditorialiste du Figaro estime donc que cette Europe bruxelloise, confisquée est réformable…ce qui imposerait alors un aggiornamento radical puisque c’est l’idéologie même défendue par les propagandistes bruxellois que les défenseurs des souverainetés et de identités nationales jugent nocives.

    Les dirigeants du FN l’ont souvent dit, les patriotes auraient pu abandonner un certain nombre de leurs préventions contre la construction européenne, si les défenseurs de l’Europe étaient habités, éclairés par des principes et des valeurs conformes au génie de notre civilisation helléno-chrétienne…et par la volonté de les défendre dans un monde chaotique et dangereux.

    Après les terribles saignées des deux guerres mondiales, autant de guerres civiles européennes, comment ne pas avoir de la sympathie en effet pour le rêve du mosellan Robert Schuman, homme respectable, visant à créer les conditions durables de la paix sur notre continent. Et ce, par la construction économique puis politique d’une Communautéressuscitant peu ou prou l’empire carolingien, contours de la Communauté européenne qui avaient les faveurs d’un De Gaulle…

    Dans une France et une Europe agitées par les passions nationalistes, souvent les plus extrêmes et les plus agressives, Charles Maurras évoquait déjà dans son «Enquête sur la monarchie» (1900), avant les cataclysmes à venir, la question du maintien de la paix. Il considérait la monarchie comme « le plus national et le plus international de tous les gouvernements. » Les « nations souveraines », guidées seulement par leurs intérêts et leurs passions sont condamnées à la division quand «elles ne succombent pas fatalement au démon de la destruction réciproque ». La « race internationale des rois » qui porte le drapeau des nationalités particulières historiques serait la condition d’une entente et d’une vie commune

    Une pensée organique, respectueuse du fait national, très éloignée de la philosophie qui animait l’autre père de l’EuropeJean Monnet, économiste mondialiste très influencé par lesEtats-Unis, qui ne cachait pas de son côté son souhait de créer les Etats-Unis d’Europe,marchepied d’une gouvernance mondialeJean Marie Le Pen le disait il y a déjà plus de vingt ans : «et si encore ils détruisaient les nations occidentales pour construire une nation européenne, nous serions contre, bien sûr, mais enfin il y aurait une apparence de justification à leur visée … ».

    En l’occurrence leur visée s’appuie sur un mélange d’ultra libre échangisme et de défense des droits de l’hommele socle de la vision du monde de l’Etat profond bruxellois et de ses vassaux de l’UMPSDoxa droit de l’hommiste qui peut apparaître comme une forme de sécularisation de principes chrétiens, en fait largement dévoyés, mais utilisée le plus souvent à des fins proprement subversives, comme une machine de guerre contre les peuples européens, pour affaiblir leurs défenses immunitaires.

    Bruno Gollnisch dénonçait dans l’entretien qu’il a accordé à Présent que nous avons mis en ligne sur notre blog hier, l’ appel permanent « au brassage universel » qui selon les têtes pensantes européistes, résultera de la «libre circulation des marchandises, des capitaux et des personnes ». Un « véritable dogme religieux de l’actuelle Union Européenne », avec comme « habillage idéologique à tout cela », « les Droits de l’Homme sans Dieu

    Défense des droits de l’homme au nom desquels le nouvel ordre mondial sous pavillon américain a mené des guerres particulièrement iniques aux conséquences humaines et géopolitiques dramatiques. Droits de l’homme, support moral de l’idéologie marchande, qui seraient la base de la culture commune des peuples européens, une des conditions requises selon les européistes pour former une Union supranationale.

    Pour autant, il est évident que la civilisation, progressiste, cosmopolite, hors-sol,aboutissement extrême de tendances et de maux qui eurent précisément leur foyer d’origine en Europe, est désormais commune non seulement aux Européens, mais aussi au mondeoccidental ou en voie d’occidentalisation, elle n’a pas de frontières. Ce nivellement général de fait, qui s’étend aux façons de vivre et aux goûts, associé à celui qu’entraînent la science, la technique, la mondialisation économique sert d’argument à ceux qui entendentdépasser l’Union européenne. La prochaine étape pour les idéologues supranationaux les plus extrémistes est bien celle d’un monde unifié, dans le cadre d’une organisation ou d’un Etat mondial. Encore faut-il que les habitants-électeurs de nos nations européennes en soient bien conscients.

    http://gollnisch.com/2014/04/29/lunion-europeenne-marchepied-dune-gouvernance-mondiale/

  • La direction de l'enseignement catholique de Paris défend le droit d'Alliance Vita à intervenir dans les lycées

    La direction diocésaine de l'enseignement catholique de Paris a tenté d'apaiser les esprits au lycée catholique Gerson en organisant une réunion interne longue de près de 4 heures à l'adresse du personnel et de la direction.

    Dans l'entourage de la direction de l'établissement, on affirme que «tout s'est bien passé», que «chacun a pu s'exprimer» et que le «dialogue était franc».

    Mais les «opposants» évoquent une «mascarade de dialogue» et «l'impossibilité de prendre la parole sans être coupé».

    Frédéric Gautier, le représentant de la direction diocésaine de l'enseignement catholique qui est venu présenter les résultats d'un audit réalisé à sa demande en janvier et février, estime avoir rencontré une communauté éducative «désireuse d'apaisement»:

    «Les conditions du dialogue étaient réunies».

    Une partie des enseignants rencontrés par la tutelle diocésaine lors de l'audit lui ont fait part de 4 craintes principales : sélection sur le niveau des élèves, sur l'origine sociale et l'appartenance catholique, sélection dans le recrutement des enseignants. Enfin, le style de la catéchèse tendrait vers une forme d'«uniformité». Sic.

    Frédéric Gautier répond que ces craintes

    «restent à vérifier. Il faut laisser le temps au chef d'établissement d'y répondre. Gerson ne se contente pas de recevoir les catholiques pratiquants du 16ème arrondissement, loin de là. Et ce n'est évidemment pas un établissement que l'on peut soupçonner d' intégrisme comme certains médias ont pu l'avancer».

    Concernant l'intervention d'Alliance Vita, l'autorité de tutelle a rappelé qu'il s'agissait d'une association

    «non suspecte en elle-même, ni intégriste, ni sectaire qui intervient sans aucune difficulté dans d'autres établissements catholiques».

    Le chef d'établissement a fait part de sa «colère» et de sa «tristesse» d'avoir été «traîné dans la boue» dans la presse, le plus souvent de façon anonyme mais a affirmé qu'il «renouerait le dialogue». Certains parents étaient venus soutenir le directeur, estimant que le lycée était victime d'une cabale menée par des «laïcards gauchistes». Des banderoles de soutien à la direction ont même été affichées hier sur les murs.

    «Il n'y a aucun problème ici. Nos enfants y sont très heureux. Si l'esprit catho qui règne ici ne convient pas à certains, il sont libres de partir. Nous ne sommes pas dans un établissement public!».

    Michel Janva

  • « Contre les élections » de David Van Reybrouck

    La fatigue démocratique : le système représentatif est au bout du rouleau.

    Pour David Van Reybrouck le système représentatif est au bout du rouleau et une réforme de fond s’impose au plus vite. Les éditions Actes Sud viennent de publier le livre de l’historien belge David Van Reybrouck intitulé Contre les élections. Ce livre est consacré à l’analyse de la « fatigue démocratique » qui mine notre système politique et à l’alternative réellement démocratique que pourrait être l’adoption du tirage au sort des représentants.

    Le syndrome de « fatigue démocratique »

    Selon une enquête récente du CEVIPOF, 69% des Français estiment que la démocratie fonctionne mal ; ce pourcentage n’était que de 48% en 2009. Par ailleurs, les niveaux de confiance dans le gouvernement (25%), les partis politiques (11%) et l’Assemblée nationale (36%) sont très faibles. Un sondage IPSOS de janvier 2014 indique que 74% de nos compatriotes se sentent manipulés par les pouvoirs publics. Enfin, l’abstention monte sans arrêt comme nous avons pu le constater lors des dernières élections municipales (près de 36%) bien qu’une très grande majorité considère que la démocratie est le meilleur système politique (88%) et que l’institution du référendum d’initiative populaire serait une bonne chose (74%).

        « Et le résultat est là : les symptômes dont souffre la démocratie occidentale sont aussi nombreux que vagues, mais si l’on juxtapose abstentionnisme, instabilité électorale, hémorragie des partis, impuissance administrative, paralysie politique, peur de l’échec électoral, pénurie de recrutement, besoin compulsif de se faire remarquer, fièvre électorale chronique, stress médiatique épuisant, suspicion, indifférence et autres maux tenaces, on voit se dessiner les contours d’un syndrome, le syndrome de fatigue démocratique, une affection qui n’a pas encore été explorée systématiquement, mais dont il est néanmoins indéniable que nombre de démocraties occidentales sont atteintes. »

    Notre système politique n’est pas une démocratie

    Contrairement à ce qu’on entend continuellement, notre système politique n’est pas une démocratie mais un système représentatif. Sieyès, qui fut l’un des principaux théoriciens de la Révolution française, écrivit en 1789 :

        « La France n’est pas et ne doit pas être une démocratie (…) Le peuple, je le répète, dans un pays qui n’est pas une démocratie (et la France ne saurait l’être), le peuple ne peut parler, ne peut agir que par ses représentants. »

    Quant à Boissy d’Anglas, il déclara en 1795 :

        « Nous devons être gouvernés par les meilleurs : les meilleurs sont les plus instruits et les plus intéressés au maintien des lois ; or, à bien peu d’exceptions près, vous ne Contre les élections_trouverez de pareils hommes que parmi ceux qui, possédant une propriété, sont attachés au pays qui la contient, aux lois qui la protègent, à la tranquillité qui la conserve (…) Un pays gouverné par des propriétaires est dans l’ordre social ; celui où les non-propriétaires gouvernent est dans l’état de nature. »

    Depuis la Révolution, l’idée de la représentation du peuple par une caste composée des « meilleurs d’entre nous » s’est imposée et n’a été remise en question par aucune des républiques successives. David Van Reybrouck ajoute :

        « La Révolution française, pas plus que l’américaine, n’a chassé une aristocratie pour la remplacer par une démocratie ; elle a chassé une aristocratie héréditaire pour la remplacer par une aristocratie librement choisie. Une aristocratie élective, pour reprendre l’expression de Rousseau. Robespierre parlait même d’une aristocratie représentative. »

    La situation est la même aux Etats-Unis où les Pères fondateurs ont écarté d’emblée la démocratie et imposé un système représentatif. Ainsi, Madison considérait qu’il y avait une différence qualitative entre les gouvernants et les gouvernés et il écrivit en février 1788 :

        « Le but de toute Constitution politique est, ou devrait être, d’obtenir tout d’abord pour chefs des hommes qui possèdent la plus grande sagesse pour discerner le bien commun de la société, et la plus grande vertu pour poursuivre la réalisation de ce bien (…) La méthode élective de désignation de ces chefs est le principe caractéristique du régime républicain. »

    Vers la fin du système représentatif

    Le diagnostic établi par David Van Reybrouck est sans appel :

        « Sans une réforme drastique, ce système n’en a plus pour longtemps. Quand on voit la montée de l’abstentionnisme, la désertion des militants et le mépris qui frappe les politiciens, quand on voit la difficile gestation des gouvernements, leur manque d’efficacité et la dureté de la “correction” infligée par l’électeur à l’issue de leur mandat, quand on voit la rapidité du succès du populisme, de la technocratie et de l’antiparlementarisme, quand on voit le nombre croissant de citoyens qui aspirent à plus de participation et la vitesse à laquelle cette aspiration peut se muer en frustration, on se dit : il est moins une. Notre temps est compté. »

    Le système représentatif a abouti non pas à l’aristocratie promise en 1789, c’est-à-dire au gouvernement par les meilleurs, mais à une oligarchie partisane. Ce sont en fait les partis politiques qui choisissent nos dirigeants et qui imposent à ces dirigeants la politique qu’ils doivent mener. Or ces partis politiques ne sont en rien des organisations aristocratiques mais des agrégats de carriéristes dont le niveau moyen n’est pas très élevé et qui sont sous l’influence de lobbys de toute nature (minorités sociologiques, religieuses, culturelles ou ethniques ; groupes industriels et financiers…). La très grande majorité des citoyens a bien perçu cette réalité, d’où le malaise qui gagne progressivement notre société et qui aboutira, tôt ou tard, au remplacement de ce système représentatif dont les citoyens perçoivent de plus en plus clairement les tares.

    La solution du tirage au sort

    Le tirage au sort des représentants et des magistrats était considéré à juste titre par les Grecs de l’Antiquité comme la seule procédure démocratique, qu’ils opposaient à la procédure aristocratique qu’est l’élection. C’est une méthode qui est utilisée chez nous pour constituer les jurys d’assises ; cette méthode a toujours donné satisfaction et il semble qu’elle bénéficie d’une réelle popularité mais nous ne savons pas ce que penseraient les Français d’une extension du tirage au sort aux institutions politiques puisque personne ne leur a jamais posé la question. Des audacieux militent en faveur du tirage au sort des membres d’une unique assemblée législative et récemment Jean-Yves Le Gallou a suggéré de remplacer les sénateurs par des citoyens tirés au sort parmi un ensemble de volontaires (c’est aussi ce que propose David Van Reybrouck pour la Belgique). Selon Jean-Yves Le Gallou, la création d’une deuxième chambre « clérocratique » devrait être complétée par l’adoption du référendum d’initiative populaire de façon à donner au peuple des moyens de sanction et de proposition.

    On pourrait aussi tirer au sort un ensemble de 500.000 citoyens volontaires, choisis pour une ou deux années, qui auraient l’obligation de voter lors des initiatives populaires et des référendums « veto » (les premières permettent de soumettre au vote populaire des projets de lois élaborées par des groupes de citoyens ; les seconds permettent d’annuler des lois votées par le parlement). Une telle institution permettrait d’échapper à l’abstentionnisme qui pourrait résulter d’une fréquence trop grande des votations ; ces votations restreintes pourraient être complétées par des votations générales étendues à l’ensemble des citoyens quand le besoin s’en ferait sentir (sujets jugés très importants). Les initiatives populaires et les référendums « veto » présentent au moins quatre intérêts : le premier est de limiter l’influence des lobbys (il est impossible de corrompre 500.000 citoyens choisis pour une durée courte), le second de créer un réel contre-pouvoir (la séparation des pouvoirs n’existe pas dans notre système, parce que le pouvoir législatif est soumis au pouvoir exécutif et parce que le pouvoir judiciaire, qui n’est pas un réel pouvoir mais une des fonctions de l’exécutif, n’est pas aussi indépendant qu’on pourrait le souhaiter), le troisième de limiter le pouvoir de ces organisations oligarchiques que sont les partis politiques et le quatrième de contraindre les parlementaires à ne pas s’écarter de l’opinion publique majoritaire (à défaut de quoi, ils pourraient être sanctionnés par un veto populaire).

    David Van Reybrouck semble penser que le tirage au sort des représentants pourrait être un remède suffisant au naufrage du système représentatif ; le référendum d’initiative populaire constituerait malgré tout une garantie supplémentaire parce que les représentants tirés au sort pourraient subir l’influence des lobbys aussi facilement que des représentants élus.

     Bruno Guillard, 23/04/2014

    David Van Reybrouck, Contre les élections,Editions Actes Sud, 2014, 220 pages

    David Van Reybrouck est né en 1971. Il est spécialiste d’histoire culturelle, archéologue et écrivain.

    http://www.polemia.com/contre-les-elections-de-david-van-reybrouck/

  • Minute s’est procuré le rapport censuré qui accable Valls

    Manuel Valls est devenu premier ministre après avoir échoué au ministère de l’Intérieur. A Marseille notamment, ville test, sa politique a fait pschitt. Un rapport en atteste. Un rapport que la préfecture de police a voulu censurer, mais que « Minute » vous dévoile en exclusivité.

    Nommé ministre de l’Intérieur en mai 2012, Manuel Valls avait une mission prioritaire : rétablir l’ordre républicain à Marseille. Dès septembre suivant, pour relever ce défi, il y nommait un nouveau préfet de police, Jean-Paul Bonnetain (réputé proche de la gauche), chargé de tester, dans des zones de sécurité prioritaires, une nouvelle recette contre la délinquance baptisée « approche globale ».

    Lire la suite 

  • Israël : actes de violence et de vandalisme antichrétiens en Galilée

    Radio Vatican signale aujourd’hui plusieurs actes de provocations antichrétiennes commis dimanche 27 avril en Galilée (Israël), commis par des juifs religieux orthodoxes. Le premier a eu lieu à Tabgha, lieu saint au bord du lac de Tibériade ; le deuxième est été réalisé sous la forme d’une lettre de menaces au Vicariat Patriarcal de Nazareth, signée de la main d’un rabbin de la région ; le troisième enfin était une agression contre l’église orthodoxe d’Al-Bassah située au Nord-Ouest d’Israël pendant un baptême…

    Source : christianophobie.fr

    http://fr.novopress.info/164856/israel-actes-violence-vandalisme-antichretiens-en-galilee/

  • Un rapport recommande la suppression du quotient conjugal

    Le député socialiste Catherine Coutelle recommande dans un rapport publié jeudi 24 avril la suppression "à terme" du quotient conjugalqui permet aux couples mariés et pacsés de faire leur déclaration d'impôt en commun.

    Présidente de la Délégation aux droits des femmes de l'Assemblée nationale, elle s'est saisie de la question de la fiscalité et des femmes dans le cadre des Assises pour la fiscalité des ménages, lancées en janvier. Elle explique dans ce rapport que la suppression à terme du quotient conjugal permettrait "de promouvoir l'égalité femmes-hommes" et "une plus grande progressivité de l'impôt", tout en rapportant quelque 5,5 milliards d'euros à l'Etat.

    Elle cite à ce titre un rapport de l'OCDE en 2012 appelant la France à "encourager l'activité féminine en optant pour l'imposition individuelle des revenus". 

    Cette individualisation de l'impôt constitue une nouvelle marche vers l'atomisation de la société, la dislocation des liens sociaux et la destruction de la famille. Le député ne se demande pas pourquoi la pauvreté touche les personnes seules, souvent avec enfant, en l'occurrence les femmes. En facilitant, encourageant et maintenant en obligeant la destruction (fiscale) des liens conjugaux, l'Etat appauvrit la société. Les quelques 5 milliards d'économie ne sont que du court-terme. 

    Michel Janva

  • L’OTAN avance ses pions à l’Est de l’Europe

    Un responsable de l’OTAN a déclaré aujourd’hui qu’il n’a remarqué aucun signe du retrait des troupes russes à la frontière ukrainienne, qui auraient regagné leurs bases permanentes selon les dires du ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou. Les menaces continueront contre la Russie si, selon les Occidentaux, elle ne respecte pas l’accord de Genève.

    Pourtant l’OTAN, de son côté, n’a pas cessé ses provocations et envoie des troupes vers les frontières russes. C’est ainsi qu’une compagnie de 150 hommes de la 173e brigade aéroportée de l’armée américaine est arrivée lundi en Estonie. Voilà qui fait suite au déploiement de 450 autres soldats pour des exercices avec la Pologne et les pays baltes. De son côté, la France a envoyé quatre Rafale en Pologne et déployé cent hommes pour une durée de quatre mois. L’armée de l’air canadienne a envoyé quant à elle aujourd’hui six CF-18 en Roumanie. L’US Air Force a mobilisé 12 F-16 en Pologne et 6 F-15 en Lituanie.

    On voudrait après que la Russie ne se sente pas agressée alors qu’on envoie des forces occidentales à sa frontière. L’apaisement passe par les deux parties et non de manière unilatérale à moins que les Américains ne cherchent, eux aussi, l’affrontement pour affaiblir à nouveau la Russie.

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