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Sotchi: les policiers russes fouettent les Pussy Riot - 19/02
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Ukraine, pour essayer de comprendre
Alors que la situation en Ukraine continue à dégénérer (plus de 100 morts, des centaines de blessés), et que la désinformation émet à puissance maximale (Alexandre Adler au mieux de sa forme dans ce rôle, ce jour dans "C dans l'air"), nous vous proposons trois analyses complémentaires: la première russe, la deuxième ukrainienne, la troisième française.
Celles-ci ont été exprimées lors d'un colloque sur la Russie à l'Institut de la démocratie et de le coopération, à Paris, le 4 février dernier.
La première est dûe à Madame Tamara GOUZENKOVA, directrice adjointe de l’Institut russe des études stratégiques (Moscou). Extrait.
"Il me semble que la faute principale a été commise juste après le sommet de Vilnius, lorsque le président ukrainien Ianoukovytch, peu intelligent, peu courageux, homme imprévoyant, refusa au dernier moment de signer l’Accord d’Association. Vous pouvez ne pas être d’accord avec moi, mais l’UE aurait dû dire dans cette situation que « si vous n’êtes pas prêt à signer cet Accord, allez-y, préparez-vous bien et lorsque vous vous sentirez prêt, nous signerons l’Accord en question ». Or, au lieu de cela, nous divisons aujourd’hui l’Ukraine. A mon avis, l’UE, la Russie et même les Etats-Unis doivent avoir le courage de reconnaître que l’Ukraine est à l’heure actuelle un pays qui ne peut pas être intégré, quel que soit le système d’intégration. Il est grand temps de laisser l’Ukraine tranquille et ne pas l’ennuyer avec toutes sortes de projet d’intégration. La Russie et l’UE doivent cesser leurs controverses au sujet de l’Ukraine et s’asseoir à la table des négociations.
En guise de conclusion. Il me semble que nous restons des spectateurs trop détachés de la politique réelle et que nous faisons trop confiance aux hommes politiques. Il serait grand temps que l’opinion publique de tous les pays concernés dise stop à cette politique, dont les créateurs ne font que lutter pour leur propre avenir. Nous avons tous vu ce qui s’est produit en Yougoslavie, en Afrique. Voudrions-nous que la même situation se produise aujourd’hui en Ukraine ?"
Mentionnons au passage que, pour un pays que d'aucuns imaginent comme étant encore l'empire des Soviets, la numéro 2 d'un tel institut semble avoir une certaine liberté de ton, ...
La deuxième est de Rostyslav ICHTCHENKO, président du Centre du Centre d'Analyse et de Pronostique (Kiev). Extrait.
"A l’heure actuelle, la situation est telle qu’il est tout à fait évident que les deux parties de l’Ukraine seront séparées et tout le monde comprend que c’est pratiquement inévitable. La seule question à se poser, ce n’est pas quand la vraie séparation se réalisera, mais où passera la frontière entre deux parties de l’Ukraine. Je conçois que ni l’UE, ni la Russie n’ont d’intérêt à voir à la place de l’Ukraine actuelle deux voire plusieurs états, mais je ne vois absolument pas comment ils peuvent éviter cette situation."
La troisième est de David TEURTRIE, chercheur au Centre de recherches Europes-Eurasie de l'INALCO. Long extrait ci-dessous car c'est certainement l'intervention la plus éclairante et la plus complète (car elle n'avait pas besoin des délais de la traduction).
Lire la suite "Ukraine, pour essayer de comprendre"
http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2014/02/ukraine-pour-essayer-de-comprendre.html
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Voir les urgences et… mourir !
Une sexagénaire admise pour une plaie au pied aux urgences de Cochin a été retrouvée morte dans la salle d’attente six heures plus tard.
Une sexagénaire admise pour une plaie au pied aux urgences de Cochin a été retrouvée morte dans la salle d’attente six heures plus tard. Pour le moment, nul ne peut dire si la victime serait encore en vie si elle avait été prise en charge plus tôt. Le fait est qu’un énorme serpent de mer revient tout de go sur la table : mais pourquoi règne-t-il un tel bobinard aux urgences ?
Car quiconque a eu besoin d’y recourir, un soir ou un week-end, le sait bien… Les couloirs y ressemblent à un quai de métro un jour de grève, les sas d’accueil à un dispensaire du siècle dernier : des enfants qui pleurent, des vieillards qui somnolent, des clochards qui s’agitent, des jeunes assis par terre… et un personnel soignant virevoltant qui fait de son mieux mais qui, gêné, préfère éviter les regards de ceux qui font les cent pas en regardant leur montre.
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Attaque chimique en Syrie : le rapport qui dérange
Une étude du prestigieux MIT affirme que le massacre chimique d'août 2013 a été perpétré depuis une zone rebelle, contredisant les affirmations occidentales.L'incident est passé relativement inaperçu. Le 4 février dernier, le chef de la diplomatie française Laurent Fabius est invité par l'école de commerce Essec à s'exprimer sur le dossier syrien. Lors de la séance de questions, un jeune homme se présentant comme journaliste indépendant pour l'Agence Info libre interroge le ministre sur un rapport du Massachusetts Institute of Technology (MIT) selon lequel, affirme le journaliste, "Bachar el-Assad ne serait pas à l'origine de l'attaque chimique de la Ghouta", survenue le 21 août dernier dans cette banlieue de Damas, faisant des centaines de morts, dont de nombreux civils.
"Pouvez-vous aujourd'hui devant cette assemblée reconnaître que vous vous êtes trompés sur cette situation et présenter vos excuses ?" demande alors le jeune homme. "Certainement pas", répond Laurent Fabius. L'auditoire s'esclaffe de rire. "Il y a eu une enquête des Nations unies qui ont diligenté beaucoup d'experts et qui ont établi de la façon la plus ferme qu'il y avait eu un massacre chimique (...) qui trouvait son origine dans les gens du régime", souligne le ministre des Affaires étrangères.
"Mensonges" de Fabius
Très vite, la vidéo de la scène se répand comme trainée de poudre sur la Toile, présentée comme la "question qui tue d'un journaliste courageux à Laurent Fabius", accusé de "mentir" sur l'attaque au gaz attribuée à Bachar el-Assad. Ces accusations ne sont pas tout à fait sans fondement. Car si le rapport final de l'ONU sur l'attaque, remis le 12 décembre dernier, confirme l'existence de "preuves flagrantes et convaincantes de l'utilisation d'armes chimiques contre des civils, dont des enfants", dans la région de la Ghouta, il n'accuse nullement le régime syrien, encore moins les rebelles, les inspecteurs onusiens n'étant pas mandatés pour le faire.
Bachar el-Assad est en revanche incriminé par deux synthèses des services de renseignements américains et français, publiées respectivement le 30 août et le 3 septembre 2013, pour ainsi justifier publiquement des frappes occidentales à venir. "La simultanéité de l'attaque, dans des endroits différents, réclame un savoir-faire tactique indéniable que seul le régime syrien possède", assure encore aujourd'hui Olivier Lepick, spécialiste des armes chimiques à la Fondation pour la recherche stratégique.
Preuves sur Internet
Cette menace crédible d'une intervention militaire en Syrie avait finalement poussé le régime syrien à démanteler son arsenal chimique, à la faveur d'un rocambolesque accord américano-russe, dont la France a été écartée.
Or, les conclusions des services de renseignement américain et français sont aujourd'hui remises en cause par le rapport du MIT. Celui-là même sur lequel s'appuie le journaliste indépendant cité plus haut.
Rédigé par Richard Lloyd, ancien inspecteur de l'ONU spécialiste des missiles, et Theodore Postol, professeur au MIT, le document de 23 pages affirme que les attaques chimiques ont tout simplement été lancées depuis une zone tenue par les rebelles syriens. Pour étayer leurs propos, les deux experts américains ont étudié des "centaines" de photos et des vidéos d'ogive, de restes de roquettes, d'impacts sur le sol, et de barils contenant le gaz sarin, publiées sur Internet.
Approximations américaines
"Ces sources proviennent d'Internet, mais nous nous sommes ensuite livrés à une analyse physique interne qui nous a permis d'établir le volume de gaz sarin utilisé, la portée des missiles, leur direction ainsi que l'endroit d'où ils ont été tirés", explique le Docteur George Stejic, directeur des laboratoires Tesla, qui emploient Richard Lloyd. Première conclusion, "contrairement aux dires du rapport américain, les impacts ont été confinés à une zone bien plus réduite du nord de la Ghouta", affirme le chercheur.
Seconde conclusion, sûrement la plus importante, les roquettes tirées avaient toutes les caractéristiques de missiles de type Grad, de courte portée, sur lesquels étaient fixés les barils de gaz. "Après l'étude du poids des barils, de la géométrie des têtes et des caractéristiques des lanceurs, nous avons conclu à une portée de 2 kilomètres", souligne le chercheur. Une conclusion que François Géré, directeur de l'Institut français d'analyse stratégique (Ifas), juge "crédible", d'autant plus qu'elle est évoquée par le rapport final de l'ONU sur l'attaque de la Ghouta.
Une "bonne estimation" (ONU)
"Le missile Grad est connu comme étant une arme bas de gamme, possédant une portée de 2 à 5 kilomètres avec des armes conventionnelles, et dont l'imprécision est assez importante, ce qui expliquerait les nombreuses pertes civiles de la Ghouta", affirme le chercheur. Les deux kilomètres de portée, avancés par le rapport du MIT, ont été jugés comme une "bonne estimation" par Ake Sellström, l'inspecteur en chef de l'ONU en Syrie, après la remise du rapport de l'ONU en décembre dernier.
Ce chiffre est capital. Car il remet totalement en question le rapport américain, sur lequel s'est basé le 30 août le secrétaire d'État John Kerry, qui affirme que les roquettes ont été tirées depuis le "coeur" du territoire contrôlé par le régime à Damas. "C'est tout simplement impossible, affirme le Docteur George Stejic, la position la plus proche du régime se trouvant à quelque 10 kilomètres des impacts."
"Difficile à vérifier" (expert)
Pour déterminer ces distances, les deux experts américains se sont basés sur les mêmes cartes de Damas fournies le 30 août par le renseignement américain pour accuser le régime.
"Nous pouvons aujourd'hui affirmer à 100 % que tout point à deux kilomètres des impacts se situe en territoire rebelle. Mais cela ne signifie pas obligatoirement que ce sont les rebelles qui ont tiré." En effet, comme le rappelle François Géré, il est probable que le régime ait avancé ses vecteurs de lancement au plus près des positions adverses, pour réduire le temps de passage au-dessus de ses propres troupes et ainsi diminuer les risques de bavure. Le spécialiste du chimique Olivier Lepick abonde dans le même sens, ajoutant que des roquettes peuvent tout à fait être déplacées en territoire rebelle grâce à des véhicules tout-terrains.
Toutefois, cet expert se montre assez circonspect sur les conclusions du rapport du MIT, bien qu'il salue la démarche de ses auteurs. "Ce rapport repose sur beaucoup d'hypothèses très difficiles à vérifier d'un point de vue technique, telles que la portée des missiles, la distance qu'ils ont parcourue et le calcul des charges de propulsion", pointe Olivier Lepick. "Tous ces paramètres ne permettent pas d'établir de conclusions catégoriques."
Chercheurs "expérimentés et crédibles"
"Notre institut et ses chercheurs ont toute l'expertise nécessaire pour analyser ces roquettes et les comparer aux mêmes modèles utilisés au cours des soixante dernières années", répond le Docteur George Stejic, qui rappelle que les laboratoires Tesla ont pour habitude de travailler pour le gouvernement américain et la Navy, et que Richard Lloyd a dernièrement travaillé sur le bouclier anti-missile israélien Iron Dome, ou sur les attentats de Boston.
"Richard Lloyd et Theodore Postol sont des experts très sérieux et expérimentés, tout à fait crédibles", souligne François Géré. "Postol est connu pour être un libéral américain contestataire, qui a mis la science au service de sa lutte depuis l'époque Reagan." Sauf qu'à la différence des inspecteurs de l'ONU, les deux experts ne se sont pas rendus en Syrie, se basant ainsi sur des documents de seconde, si ce n'est de troisième main.
Silence de l'ONU
"Clairement, nous aurions eu de bien meilleures données si nous avions pu nous rendre sur le terrain", admet volontiers le Docteur Stejic. "Mais je peux affirmer que, si nous avons malgré tout réussi à apporter des conclusions probantes, l'ONU a la capacité de révéler précisément la portée des roquettes, d'où elles venaient et qui en est l'auteur. Or, ceci ne figure pas dans le rapport. Pourquoi ? Contactées par nos soins, les Nations unies rappellent que "toutes les infos dont (elles) disposent figurent dans le rapport écrit par l'équipe d'Ake Sellstrom." En revanche, l'ONU ne souhaite pas commenter le rapport du MIT.
Une chose est sûre, contrairement aux dires du journaliste qui a interpellé Laurent Fabius à l'Essec, le rapport du MIT ne disculpe pas Bachar el-Assad. Mais il contredit formellement les rapports des renseignements américains et français, qui accusent le président syrien du massacre chimique du 21 août 2013. "Ces renseignements frauduleux auraient pu mener à une action militaire américaine injustifiée basée sur de fausses informations", souligne ainsi le document.
"Ce ne sont pas de faux renseignements", réplique François Géré. "Les conclusions des services ne sont pas formelles à 100 %, quant à celles de l'ONU, elles sont beaucoup plus prudentes. Tout le reste est de la politique", poursuit le chercheur, qui rappelle qu'il existe, étant donné le savoir-faire requis pour lancer des armes chimiques, "98 % de chances pour que le régime syrien soit l'auteur de l'attaque, bien qu'il ne faille pas négliger les 2 % restants". Il n'empêche, après le scandale sur les fausses armes de destructions massives en Irak, ce rapport pourrait à nouveau plonger dans l'embarras l'administration américaine, et faire le jeu des partisans de Bachar el-Assad.Lien permanent Catégories : actualité, anti-national, géopolitique, international, lobby 0 commentaire -
Hollande à Washington Etait-ce bien nécessaire?
Ex: http://www.europesolidaire.eu/
Les visites d'Etat sont un rite utile dans toute diplomatie qui se respecte. Elles permettent au chef d'Etat visiteur de rappeler l'indéfectible amitié qui lie les deux pays. Elles permettent à ce même chef d'Etat visiteur de rappeler aux nationaux expatriés que la maison-mère ne les oublie pas...et que le gouvernement en exercice compte le moment venu sur leurs votes. Elles sont enfin l'occasion de contacts commerciaux, voire d'accords, dont certains déboucheront peut-être un jour.
La visite de François Hollande à Barack Obama n'a pas manqué à cette tradition; Nous avons notamment eu droit une énième fois au rappel de la contribution de La Fayette à la révolution américaine, sans mentionner d'autres amabilités de cette sorte.
Nous pouvons nous demander cependant si cette visite, précisément en ce début 2014, était bien nécessaire,. Elle aurait pu être repoussée un peu. Ou alors elle aurait du permettre à François Hollande de ne pas s'afficher en allié docile, se bornant à suivre voire précéder les Etats-Unis dans tous les méandres d'une politique internationale incohérente et dangereuse.
Or rien n'a été dit, que nous sachions, de cette question. Ni concernant l'avenir du conflit syrien, ni concernant les relations (incestueuses) de l'Amérique avec les monarchies du Golfe, ni enfin concernant les manœuvres permanentes que mène Washington pour opposer la Russie aux Etats qui constituaient traditionnellement sa frontière occidentale. En Ukraine, il ne s'agit plus de manœuvres mais d'une véritable guerre soft. Que diraient les américains ou les européens si l'homologue russe de John Kerry débarquait chez eux pour y aider les oppositions à renverser les gouvernements en place?
En dehors de l'Ukraine, l'Amérique conduit des politiques plus « covert » mais semblables, en direction de la Biélorussie, la Moldavie, la Géorgie, l'Arménie et l'Azerbaïdjan. Ceci avec l'aide des Etats de l'Union européenne les plus anti-russes. La France qui, quoique l'on en pense, pèse encore d'un certain poids en Europe, n'a-t-elle pas son mot à dire pour calmer le jeu.
En ce qui concerne la question diplomatique majeure résultant de l'espionnage des pays européens par la NSA, Obama avait déjà fait savoir que le sujet ne sera pas discutée avec Hollande, d'autant plus qu'il avait précédemment dit clairement aux services secrets américains et au Congrès qu'il n'avait en rien l'intention de limiter les intrusions américaines chez les « alliés ».
Pour le reste, coopération économique internationale, négociations de libre échange, défense de l'environnement et lutte contre l'effet de serre ..., il est clair également que Obama ne fera rien pour tenir compte des points de vue de la France. Aussi bien d'ailleurs, il est également clair que Hollande n'a abordé ces questions que par des allusions discrètes.
Une faute grave
En prenant un peu de recul, on peut se demander ce que Hollande cherche en affichant un si total accord avec ce lame duck ou canard boiteux qu'est devenu Obama. Très fragilisé lui-même, il ne verra pas son poids international s'en accroître.
Dans le même temps, faut-il le rappeler, le Président de la République française avait refusé de se rendre à l'inauguration des Jeux Olympiques de Sotchi formulée par Vladimir Poutine. Il ne s'agit pas d'une bagatelle, ni même d'une erreur, mais d'un faute grave. Non seulement la France s'affiche ce faisant au premier rang de ceux qui de par le monde font du Poutine bashing une politique systématique; mais la France heurte directement les quelques amis qu'elle avait pu conserver en Russie.
Ceci à un moment où elle aurait le plus intérêt à contribuer au rapprochement de la Russie avec l'Europe. Nous avons plusieurs fois ici exprimé l'opinion que dans un monde de plus en plus en crise, des partenariats stratégiques avec les pays du BRIC s'imposaient à l'Europe. Or au sein du BRIC la Russie est la plus proche de nous. Si une Eurasie se construit, et si la France continue à jouer le caniche de l'Amérique, nous n'en ferons pas partie.
Jean Paul Baquiast,11/02/2014
http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2014/02/18/hollande-a-washington.html -
LA PERSPECTIVE ALTEREUROPEENNE
Méridien zéro a reçu Georges Feltin-Tracol et Thomas Ferrier pour deviser avec eux sur la perspective altereuropéenne
Pour écouter:
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[Vidéo] Dérapages européens, par Hervé Juvin
En une semaine, deux dérapages successifs, graves, viennent poser à nouveau la question de la dérive européenne, de cet objet politique non identifié mais qu’il est de moins en moins possible d’appeler “démocratique”. Par Hervé Juvin
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La Manif Pour Tous demande le retrait des ABCD de l’Egalité
Communiqué de LMPT :
"La Manif Pour Tous prend acte de l’annonce du Ministère de l’Education nationale de reporter la publication et la mise en œuvre de nouveaux programmes scolaires. Les programmes de maternelle seront publiés l'été prochain pour une mise en place à la rentrée 2015, et non 2014 comme prévu initialement. Ceux pour l'école élémentaire et le collège seront publiés à l'hiver 2015 pour une application à la rentrée 2016, et non 2015. « Le débat actuel sur l’école, sur ce qui doit être enseigné, comme sur la place des parents, premiers et principaux éducateurs de leurs enfants : tout cela n’est pas étranger à ce report » indique Ludovine de La Rochère.
La cofondatrice et Présidente de La Manif Pour Tous s’étonne que le Conseil supérieur des programmes ne prévoit pas d’auditionner les parents dans le réajustement de ces programmes. Elle appelle à maintenir une forte vigilance dans les mois à venir.
« Le seul moyen de retisser le lien de confiance entre les familles et l’école, c’est d’associer les parents et d’éviter toute intrusion idéologique dans l’enseignement. La crise scolaire, grave et profonde, nous appelle à recentrer urgemment l’école sur sa mission fondamentale : la transmission des savoirs. C’est déjà ce que disait Jules Ferry dans sa "Lettre aux Instituteurs". Il y a une grande attente des familles » souligne Ludovine de La Rochère.
« Nous demandons le retrait de l’ABCD de l’égalité, qui ouvre clairement la porte à l’idéologie du genre. Et une enquête devra être ouverte pour savoir comment un tel projet a pu être élaboré : l’absence totale de concertation entre les différents acteurs de l’éducation en amont, l’absence totale de transparence auprès des parents depuis la rentrée scolaire, les contradictions évidentes du gouvernement au sujet de l’ABCD et du genre comme les nombreux « incidents » dont témoignent des parents d’élèves, suscitent à juste titre une interrogation majeure. Même le mode de financement de l’ABCD de l’égalité n’est pas clair : Vincent Peillon a déclaré que ce serait à budget égal. A quoi correspondent les lignes budgétaires qui ont donc été supprimés ? » ajoute Ludovine de La Rochère.
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Carl Schmitt actuel
Tel est l’intitulé qu’Alain de Benoist vient de donner à son nouvel opus. Sous-titré « guerre juste, terrorisme, état d’urgence, ‘‘nomos de la terre’’ », l’ouvrage se propose, effectivement, d’interpréter l’Histoire du monde contemporain, notamment depuis un certain “11-Septembre”, à la lumière des concepts inventés par Carl Schmitt à une époque elle-même soumise à de grands bouleversements politiques et géopolitiques.
Idées à l’endroit
Si Marx a été l’un des grands idéologues des XIXe et XXe siècles, Schmitt pourrait être le philosophe du XXIe. Tel serait le présupposé implicite de ce Carl Schmitt actuel. Cette assertion n’est pas sans risques et les contempteurs haineux comme les thuriféraires fanatiques de Schmitt, tous ignorants de sa pensée, ont, depuis longtemps, pris conscience de l’impact de cette argumentation et de sa réversibilité.
Alain de Benoist ne s’y trompe guère, qui commence par remettre quelques idées à l’endroit, singulièrement en ce qui concerne l’influence réelle ou supposée de Leo Strauss dans les milieux néoconservateurs américains. « L’idée générale était que Schmitt aurait été un penseur ‘‘nazi’’, que Leo Strauss, complice de Schmitt, aurait propagé à sa suite les mêmes idées ‘‘nazies’’ en Amérique, et que l’entourage de George W. Bush, influencé par la pensée de Leo Strauss, se rattacherait par son intermédiaire aux idées de Schmitt et donc au nazisme. » Cette thèse, évidemment délirante, demeure pourtant tenace, bien qu’il soit fermement établi sans que le doute ne soit plus permis, sauf chez les ignares et les dogmatiques, que « le lien entre les deux hommes [fut] plutôt ténu » et qu’il a été démontré « l’incompatibilité radicale existant entre la théologie politique de Schmitt et la philosophie politique de Strauss ».
De ce point de vue, l’argumentaire d’Alain de Benoist est absolument convaincant. Une vision par trop monolithique du monde conduit inexorablement et tout uniment les adversaires et les tenants de Schmitt, qu’ils se recrutent au sein des atlantistes ou des anti-américains, à ne pas voir que les libéraux européens sont plus à droite que les libéraux outre-Atlantique (plus à gauche) et que les néoconservateurs américains sont plus proches de ceux-là que de ceux-ci. Dès lors, en toute logique, Schmitt devrait être honni tant par les néoconservateurs américains que par les libéraux européens. Les notions schmitiennes du politique, de l’ordre concret, de l’état d’exception sont, en effet, aux antipodes des conceptions bushistes ou humanitaro-kouchnériennes de criminalisation de l’ennemi, d’”Axe du mal”, de “guerre juste” ou d’antiterrorisme messianique.
Nouveau Nomos
De Benoist montre très clairement, en définitive, que Schmitt, des deux côtés de l’Atlantique, n’ayant été ni lu, ni compris, n’a pu être appliqué. Au contraire, depuis le “11-Septembre”, la réponse proprement politique, inhérente au jus publicum europeanum, s’est muée en ce que Schmitt redoutait par-dessus tout, comme négation du politique, en réponse théologique, c’est-à-dire totalitaire. La métaphysique universaliste informée par une vision religieuse des droits de l’Homme a, de manière assez horrifique, supplanté la métaphysique réelle, autrement dit la physique traditionniste des sociétés politiques. Au « Nomos concret du droit international public classique se substitue ce que Schmitt appelait un ‘‘ordre mondial universel’’ et abstrait. Assurément (et malheureusement), l’on assiste à l’émergence d’un nouveau Nomos que Schmitt enfermait dans cette alternative : “grands espaces contre universalisme” ».
À ce propos, Alain de Benoist nous explique que selon Schmitt, cette nouvelle catégorie juridique de “grand espace” (« Graußraum ») « est appelée à se substituer à l’ancien ordre étatique national entré en crise dès les années trente et aujourd’hui devenu obsolète ». Le « Graußraum » par excellence serait constitué par les empires qui « pourraient bien devenir les principaux acteurs des relations internationales ». Il convient d’être prudent et de se garder de toute dérive nominaliste face à ce type d’analyse qui ferait prendre un constat visionnaire pour une conviction profonde de Schmitt qui, subitement, serait hissé au panthéon des pères fondateurs de l’Europe actuelle.
Si Alain de Benoist ne prend pas explicitement position sur cette question, on sent bien que ses préférences inclinent vers une rhétorique peu favorable à l’État-nation. C’est oublier que Schmitt, dans Le nouveau Nomos de la terre, étude publiée en 1955, ménageait l’hypothèse d’une réactivation de l’ancien ordre juridique européen, certes différent du premier, mais prenant appui sur le paradigme étatique, fût-il le fruit d’un redécoupage géopolitique. À l’instar de toutes les sociétés humaines, les nations évoluent et se transforment au gré des circonstances et des aléas de l’Histoire. C’est dire, en tout cas, que la pensée de Carl Schmitt ne se laisse pas appréhender facilement, la subtilité d’approche étant préférable à une lecture hâtive.
L’“exécutif unitaire”
Quoi qu’il en soit, cette actualisation des concepts schmittiens intervient à point nommé, à un moment où l’on parle de plus en plus de la théorie dite de “l’exécutif unitaire” (« unitary executive »), très en vogue aux États-Unis, d’où elle est originaire, mais également en France où elle commence à faire des émules. Nicolas Sarkozy est ainsi loin d’y être insensible à telle enseigne qu’il n’a pas hésité à rencontrer le 16 juillet 2007 le président de la Cour suprême américaine, John G. Roberts (nommé par George W. Bush, le 19 juillet 2005). Ce dernier, inconnu des européens non spécialistes des questions juridiques, passe pour être un membre influent de la Federalist Society, sorte de réservoir de pensée qui défend, entre autre, l’idée selon laquelle le président des États-Unis, contre la lettre de la Constitution elle-même, peut étendre indéfiniment ses pouvoirs, y compris jusqu’à ceux dévolus au Congrès et sans qu’une autorité judiciaire, quelle qu’elle soit, ne puisse s’opposer à cette expansion. Partant, le président des États-Unis, notamment par la pratique des “déclarations de signatures” (« signing statements ») réécrit et livre sa propre interprétation des lois.
La justification de cette concentration des pouvoirs réside dans la lutte contre le terrorisme international et contre tout ennemi des États-Unis et de ses intérêts internes et externes. Les détentions arbitraires sur le site de Guantánamo, la torture des détenus, le “Patriot Act” (24 octobre 2001), le “Military Order” (13 novembre 2001), la volonté de l’administration Bush-Cheney-Rice de s’affranchir des conventions internationales sont directement inspirés de ces juristes, tenants de “l’exécutif unitaire”.
Depuis la nomination, le 31 janvier 2006, de Samuel Alito, la Cour suprême des États-Unis compterait désormais en son sein cinq juges sur neuf qui seraient membres de la Federal Society. Doit-on voir dans ces redoutables déviations du pouvoir une application de la “dictature souveraine” de Schmitt ? Certainement pas, car là où Schmitt se préoccupait de vouloir rétablir un “ordre” (« ordnung ») mis en péril par un état d’exception (« ausnahmefall »), Bush et ses juristes cherchent d’abord à consolider leur hyperpuissance. Le “11-Septembre” a, de ce fait, constitué l’accélérateur autant que le parfait alibi pour asseoir un peu plus leur « hégémonie bienveillante » (« benign hegemony »).
Le drame est que la France, par les voix irresponsables de Nicolas Sarkozy et de Bernard Kouchner, veuille adhérer à cette doctrine dangereuse, apatride et si peu conforme à ses intérêts. La guerre en Iran est pour bientôt et la France, hélas, n’y sera pas étrangère...
aleucate@yahoo.fr L’Action Française 2000 du 1 er au 14 novembre 2007
* Alain de Benoist : Carl Schmitt actuel. Éd. Krisis, 164 pages, 19 euros. -
[Édito de L’AF 2880] Nous sommes tous suisses !
Nous sommes tous suisses ! Ou plutôt nous le serions si nous avions eu, nous aussi, le droit de décider de notre avenir. En répondant « oui », dimanche 9 février, au référendum visant à limiter l’immigration de masse en provenance notamment de l’Union européenne, le peuple suisse, dans toutes ses composantes, a décidé de reprendre la main.
Certes, le résultat a été acquis à une courte majorité — 50,34%. Il n’y a que quelque 19 500 voix d’écarts entre les deux camps. Mais ce sont encore une fois les cantons les plus populaires ou les zones les plus défavorisées, francophones comprises, qui ont eu le réflexe patriotique. Comme quoi la nation demeure bien, comme le disait Maurras, « le plus vaste des cercles communautaires qui soient (au temporel) solides et complets. Brisez-le et vous dénudez l’individu. »
D’ailleurs, avec 56 %, le taux de participation a été bien supérieur aux quelque 44 % habituellement enregistrés. C’est la preuve que, lorsque l’essentiel est en jeu, le peuple se déplace. L’Union démocratique du Centre, à l’origine de la votation — c’est le parti le plus important du Conseil national, la chambre basse du Parlement fédéral — a atteint son but : libérer la Suisse du carcan immigrationniste imposé par l’Union européenne, et ce, contre la majorité du pays légal et l’oligarchie qui avaient évidemment appelé à voter non.
Il faut savoir que la Suisse, avec ses 8 millions d’habitants, est encerclée par l’imposante UE qui considère comme une insolence son refus d’entrer en son sein. Ayant tout de même signé des accords bilatéraux avec Bruxelles, la confédération a ouvert son marché du travail aux centaines de millions d’actifs de l’UE qui, pour les convaincre, avait évidemment menti aux Suisses en annonçant en 2002 l’arrivée maximale de 8 000 immigrés par an : en réalité, ce sont, chaque année, dix fois plus de nouveaux migrants que la confédération voit déferler sur son marché du travail, avec les maux qu’entraîne habituellement l’immigration massive en termes d’insécurité et de baisse des salaires, alors même que les étrangers représentent déjà 23% de la population helvétique.
La Suisse n’étant pas la France, il ne saurait être évidemment question pour un Sarkozy local de contourner la décision du peuple via la forfaiture d’un nouveau traité : le texte prévoit bien de limiter l’immigration par des plafonds et des contingents et le Conseil fédéral n’a plus qu’à obtempérer : il devra engager sans délai des négociations à cette fin avec l’Union européenne. On comprend les cris d’orfraie de celle-ci, qui a aussitôt menacé la Suisse d’un quasi-embargo — la votation lui apparaissant, du reste à juste titre, comme une arme de destruction massive de la toute-puissance oligarchique. Bruxelles a d’ailleurs commencé sa politique de représailles en gelant les accords Erasmus et de recherche avec nos voisins. Il est vrai que les exigences helvétiques sont d’une insolente et revigorante provocation à l’encontre des prétendues valeurs européennes de libre circulation des personnes ... et des biens, mis sur le même plan. Le texte impose des plafonds fixés en fonction des « intérêts économiques globaux de la Suisse et dans le respect de la préférence nationale ». Oui, vous avez bien lu : « dans le respect de la préférence nationale » !50,34 % du peuple suisse se situerait-il donc à la droite du Front National français qui, lui, dans son effort de dédiabolisation, a banni « la préférence nationale » de son programme pour la remplacer par une « priorité nationale » bien floue, puisqu’elle ne satisfait personne, ni les chiens de garde de l’oligarchie qui soupçonnent une simple reconversion de la première, ni les tenants sourcilleux de la souveraineté nationale qui y voient son abandon ? Il est vrai que, si on en croit de récents sondages, la sortie de l’euro et la priorité nationale seraient les deux pans du programme du FN les moins plébiscités par les Français. Pourtant, nul doute que ces derniers, si jamais ils étaient consultés eux aussi sur l’immigration, donneraient une réponse encore plus nette que les Suisses. Ce n’est pas nous qui le disons, mais l’eurodéputé écologiste Daniel Cohn-Bendit sur Europe 1, le lendemain de la consultation suisse : « Si on avait organisé en France un référendum comme celui organisé en Suisse, ça aurait été pire [sic], 60 % pour le oui ». D’ailleurs, une enquête IPSOS de janvier 2013 ne révélait-elle pas déjà que pour 62% des Français l’on « ne se sent plus chez soi comme avant », 29% seulement jugeant que les immigrés arrivés depuis trente ans s’étaient bien intégrés ? Pour 46%, la réduction du chômage passait par celle du nombre d’immigrés, 57% enfin, jugeant que « le racisme anti-Blanc est assez répandu en France ». Or, plus récemment, l’enquête du CEVIPOF publiée début janvier 2014 confirmait ces chiffres : depuis 2009, les Français sont passés de 49 % à 67 % à juger qu’il y a trop d’immigrés en France, tandis que, sur la même période, leur confiance dans les institutions européennes — qui passe de 42% à 32% — et, à quelques mois des élections au Parlement de Strasbourg, dans leurs députés européens — elle passe de 35 % à 27% — s’érode de manière inexorable, nos compatriotes n’étant plus en 2014 que 35 % — contre 47% encore en 2009 — à juger que l’appartenance à l’UE est une bonne chose — la courbe des eurosceptiques rejoignant bientôt avec 32 % celles des eurobéats...
On ne peut que saluer cette prise de conscience même si cette lucidité progressivement recouvrée ne peut que braquer davantage encore l’oligarchie qui, bien évidemment, mettra son veto à toute consultation identique des Français. Elle ne pourra en revanche interdire ni les élections municipales ni les élections européennes, les secondes, que nous devons transformer en référendum contre l’UE, étant plus propices à désavouer le pays légal que les premières, où joue encore dans de nombreuses communes le charisme du candidat indépendamment de son appartenance politique. Or ce ne sont pas les récentes provocations du Premier ministre en matière de politique d’intégration, pardon d’ « inclusion » en vue de « faire France », qui devraient calmer les esprits. Certes, comme pour la théorie du genre enseignée au primaire, il n’hésite pas à mentir effrontément aux Français, mais c’est peine perdue. La clique gouvernementale est démonétisée et nos concitoyens savent fort bien que l’objectif, fixé dans les cinq rapports rendus à sa demande au premier ministre à l’automne dernier et qui ont inspiré sa politique d’intégration présentée le mardi 11 février, est bien de dissoudre la cohésion nationale et d’instaurer, en accord avec Bruxelles, sur fond de communautarisme exacerbé, non pas une vague « priorité », comme il en existe pour les anciens combattants ou les femmes enceintes dans les transports en commun, mais bien une véritable « préférence étrangère », selon les graves accusations de Malika Sorel-Sutter, ancien membre du Haut Conseil à l’Intégration, dans Le Figaro du 6 février. Cette préférence étrangère est le fil rouge des quarante-quatre mesures explosives de la feuille de route du premier ministre, toutes fondées sur « le racisme antifrançais ». Et si, comme pour la famille, Ayrault paraît pour l’instant reculer, c’est pour mieux sauter ou, plutôt, faire sauter la société française après la période électorale.
L’année 2014 sera celle de toutes les résistances.
François Marcilhac - L’AF 2880
http://www.actionfrancaise.net/craf/?Edito-de-L-AF-2880-Nous-sommes
