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culture et histoire - Page 1234

  • Le nationalisme et le fascisme

    Le nationalisme :

    L’origine du terme : avant de définir la chose, il est intéressant de remonter au tout premier emploi du terme. Ce qui permet de trancher sur sa définition. La première origine du nationalisme est contre-révolutionnaire, et c’est grâce à l’abbé Augustin Barruel qui a pu mettre la main sur des documents maçonniques importants de l’époque révolutionnaire du XVIIIe siècle, que nous le savons très clairement. En effet, Adam Weishaupt le juif prussien et conjuré de la Révolution-subversion, fondateur des Illuminés de Bavière, a opposé dans ses textes « les partisans de l’amour national, ou nationalisme » et « les partisans de l’amour général » faisant référence ainsi à ladite République universelle, universaliste et sans frontière.
    C’est une réaction contre la subversion bourgeoise et libérale de 1789.

    La confusion : Il y eut une confusion sur le terme dès le début du XIXe siècle, à cause des républicains qui nommaient parfois « nationalisme » leur « théorie des nationalités ». Or, c’est ici l’origine de cette volonté de naturaliser tout corps étranger à la nation, le but étant de « républicaniser » les esprits, si bien que ces principes portent en eux-mêmes la naturalisation des étrangers qui a complètement dégénéré aujourd’hui. À l’époque, ce sont d’abord des juifs laïcisés qui accédaient au droit d’être considérés « français » par leur république.
    Et c’est à Maurice Barrès que l’on doit la définition du nationalisme qui est celle que nous connaissons aujourd’hui, grâce à la prédominance de ce titre d’article emblématique dans Le Figaro : « La querelle des nationalistes et des cosmopolites ». Les cosmopolites, c’est ainsi que l’on surnommait les mondialistes un siècle auparavant, puisque le projet de gouvernement mondial n’était pas aussi apparent qu’aujourd’hui. Suite à cela, le terme prit une telle envergure que les républicains n’osent plus l’employer et ont fini par l’abandonner.

    Les nationalistes : nous avons eu nos penseurs et nos hommes d’action. Au départ il y eut Édouard Drumont, qui n’était pas connu que pour être un rude antijuif, mais également pour avoir défendu l’héritage du peuple français. Tout un petit peuple de paysans, d’ouvriers, d’actionnaires, de policiers et de curés suivait ses activités. Il est connu pour avoir critiqué toute l’actualité de la IIIe république, de même que nous nous opposons aujourd’hui à la Ve république.
    On sort ensuite du pessimisme défaitiste dont Drumont était imprégné (auteur d’un livre au titre significateur de « La fin d’un monde ») grâce à Barrès, plus voué à l’action et proche de ligues patriotiques ; c’est le début d’une famille militante. Barrès affirme que « le nationalisme est une amitié » et que c’est aussi« l’acceptation d’un déterminisme », l’acceptation de ce qui est inné en nous, nous dépendons de ceux qui nous ont précédés, nos glorieux ancêtres vivent à travers nous, c’est ce qu’il appelle « la terre et les morts ». L’ordre naturel des choses.
    Bien évidemment, on ne peut faire l’impasse sur Charles Maurras, un grand doctrinaire qui a rédigé des milliers de pages, dont nous ne sommes pas obligés de partager toutes les conclusions mais bien d’en tirer le meilleur. Sa pensée est à la fois scientifique et rationaliste (pas au sens desdites Lumières), basée sur l’expérience de l’Empirisme organisateur et du Nationalisme intégral qui renvoie au principe monarchique le plus fort.
    On retrouve toute une synthèse de ces doctrinaires dans un livre, longtemps recommander aux militants nationalistes mais plus difficilement trouvable aujourd’hui : Doctrines du nationalisme de Jacques Ploncard d’Assac, livre où l’auteur traite de la doctrine politique non seulement en France mais même en Europe. Logique puisqu’il y a autant de nationalismes que de nations, chaque nation possède ses particularités.
    Nous pouvons éventuellement revendiquer d’autres penseurs qui ne se sont pas défini proprement avec ce terme, comme Alexis Carrel, Joseph de Maistre et d’autres…

    La définition : c’est en un mot défendre « le sol, le sang, et le ciel » pour reprendre une formule d’André Gandillon. C’est-à-dire défendre son patrimoine, son territoire, sa géographie, son peuple, sa race, son esprit et sa spiritualité. C’est aussi défendre sa souveraineté dans tous les domaines : aussi bien politique que financière, aussi bien culturelle que dans les ordres militaires…etc. C’est défendre le Bien commun.
    Pour ce qui est de son aspect social, ses idées sont éprises d’un « socialisme » mais non démocratique, c’est-à-dire essentiellement attachés au Principe de subsidiaritéet aux Corporations de métiers supprimés en 1791 par le franc-maçon Le Chapelier spoliateur des honnêtes gens. C’est déléguer a des échelons inférieurs tant qu’il est possible pour qu’une nation soit bien organisée en : villages-communes, départements-régions, villes-capitale, état-nation… De même qu’il existe des cercles naturelles qui lient l’individu a sa famille (proche, élargie et pourquoi pas militante) et a sa communauté régionale et nationale.

    Le patriotisme : quelque chose de fort charnel, relatif à l’esprit militaire, il s’agit de défendre la Terre des pères, de défendre ses frontières. Alors que le nationalisme s’attache à l’Esprit des pères. Une distinction parfaitement opérée par Maurras.
    Les deux doivent aller de pair, sans que le patriotisme physique (guerrier) empiète sur le nationalisme spirituel (lié à l’esprit), l’âme étant plus importante que le corps. C’est la distinction entre gaullisme et « pétainisme » comme nous le montre l’exemple dernière guerre mondiale en France.

    L’héritage : nous avons un peuple d’origine celte et romaine, mais aussi franque dans le nord et wisigoth dans le sud, et dont la mission civilisatrice lui est donnée depuis le baptême de Clovis en 496.

    Le fascisme :

    Mussolini en Italie : une autre doctrine nationale. Même si le mouvement fasciste prend pied avec la victoire de Benito Mussolini incarnée par la Marche sur Rome en automne 1922, et même si le Duce a affirmé d’abord que « le fascisme n’est pas un article d’exportation » ce ne sera plus un mouvement strictement italien. Rappelons pour commencer, que le Duce du fascisme a été influencé par différents penseurs, et parfois français, tels que Charles Péguy, Georges Sorel et en partie les nationalistes français cités plus haut.

    Exportation en Europe : si l’expression du fascisme diffère selon les particularités nationales, on retrouve une même base dans cet idéal qui a embrasé toute l’Europe durant l’entre-deux-guerres, à savoir : en France avec le Francisme de Marcel Bucard, reconnu après coup par Mussolini comme « l’expression du fascisme à la française »(mouvement qu’il a d’ailleurs soutenu financièrement), et en Espagne avec laPhalange bien que José-Antonio Primo de Rivera dit bien vouloir se distinguer du Faisceau italien.

    Les principes : si c’est d’abord un mouvement porter sur l’action, une fois à la tête de sa patrie, Mussolini affirme qu’il faut « se donner un corps de doctrine » sous peine de disparaître… Le fascisme comparé au nationalisme stricte, est teinté de plus d’idéal, de mystique, de poésie et d’esthétique (ce qui n’empêche pas le réalisme). C’est ce qui apporte au nationalisme une certaine fraicheur. Le fascisme vise plus volontiers à une entente européenne, entre nations, pour défendre la civilisation blanche et chrétienne contre les deux mamelles internationalistes, le communisme et le libéralisme. Comme le rappelle Pierre Sidos : l’État fasciste a su concilier l’état et la religion ainsi que le social et le national. C’est un socialisme libéré de l’élément démocratique et quel bel exemple que celui du Duce brûlant symboliquement la dette pour dire à ces escrocs transnationaux qu’ils n’auront rien, ou encore en conduisant bien des banques au cimetière pour préserver son unité et éviter d’appliquer des mesures contraignantes envers et contre son peuple.

    L’être fasciste : c’est avoir une volonté forte, l’idée de lutter contre ses vils instincts et les bas plaisirs. En somme une exhalation et un renforcement de l’esprit, le fasciste aimer l’action, le dépassement de soi, la camaraderie, l’ordre, en bref : le beau et le vrai !

    Une doctrine universelle : Pour approfondir sur le sujet vous pouvez lire les écrivains fascistes français Maurice Bardèche et Robert Brasillach. L’universalité d’un tel idéal se retrouve dans les analyses de Bardèche qui voit en l’Égypte de Nasser ou encore chez Évita et le général Perron : un fascisme ou une forme de fascisme. C’est désormais le seul chemin qui mène à Rome, ville « qui a donnée trois civilisations à l’humanité et au monde » comme le montre l’histoire : entre romanité, catholicité et fascismes nationaux.
    Tout ce qui est de principe monarchique est nôtre.

    Texte tiré de deux discours donnés au Camp école de Jeune nation, promotion Robert Brasillach,le 10 juillet 2015.

    https://florianrouanet.wordpress.com/2016/02/03/le-nationalisme-et-le-fascisme/

  • L'enracinement

    Lu sur Terre et famille :

    "[...] Parler d’enracinement évoque immédiatement en nous l’image de l’arbre centenaire, aux racines profondes et à l’imposante ramure. Elevée en absolu, cette belle analogie de la famille naturelle peut cependant nous enfermer dans une forme de naturalisme diffus voire de paganisme déclaré (on se souviendra notamment du hêtre de la scierie dans Un roi sans divertissement). C’est peut-être une des raisons pour lesquelles le Christ, pour parler d’enracinement, ne recourt pas à cette image mais essentiellement à celle de la semence, du froment et de la moisson. En effet, contrairement à l’arbre, le blé n’est pas supposé « s’enraciner pour s’élever », dans le sens de lever pour lui-même, pour se complaire de façon durable dans la perfection de sa nature, aussi belle et féconde soit-elle. Le froment s’enracine pour s’élever et être moissonné : il donne le meilleur de lui-même et de la terre, il se donne lui-même à une œuvre qui le dépasse. Il s’accomplit dans le renoncement de soi pour un plus grand que soi. Le blé s’enracine pour être broyé et devenir hostie consacrée, pour devenir Dieu Lui-même. En cela, ce renoncement n’est pas une perte mais un gain qu’aucun bien de ce monde ne pourrait équivaloir (Philippiens, I, 21 : « le Christ est ma vie et mourir m’est un gain »).

    Notre nature a bien sûr toutes les raisons de frémir devant cette forme sublime d’anéantissement et c’est pourquoi l’enracinement de l’arbre, symbole de force, d’épanouissement paisible et durable, nous parait plus accessible, plus raisonnable, plus confortable. Mais à quoi bon s’enraciner et s’élever, si la terre et le ciel viennent à passer ? De quelle utilité seront alors pour l’arbre ses racines et ses branches ? Il n’aura d’autres choix en définitive que de disparaître ou de transcender sa nature pour se maintenir dans l’existence, à l’instar du blé.

    Nous avons oublié que l’homme n’a pas été créé pour la terre, pas même pour le Jardin d’Eden mais pour le Ciel. Hélas, depuis le péché originel, nous souffrons tous de la « nostalgie du Paradis terrestre » (Père Marie-Dominique Philippe) :  nous sommes si déraisonnablement attachés à cette « vallée de larmes » que nous en venons à renoncer au Ciel. C’est pourquoi la considération de notre propre anéantissement ou de celui du monde peut être le dernier recours de Dieu pour nous inciter, comme un instinct de survie, à saisir la main qu’Il ne cesse de nous tendre à travers la mort.

    Ce passage dans l’au-delà n’en relativise pas pour autant la profondeur et la pérennité de l’enracinement chrétien. En effet, la résurrection de la chair a pour conséquence d’entrainer dans l’éternité l’intégralité de notre humanité, non seulement notre âme mais aussi notre corps, ce corps par lequel nous avons aimé et souffert, ce corps issu d’une lignée, d’un peuple, nourri de la générosité d’une terre.

    Le monde, l’Europe, la France ne sont pas éternels mais les hommes, les Européens, les Français le sont. Au nom de la « bio-diversité éternelle », nous devons défendre notre identité, notre pays, notre civilisation pour la variété des saints qu’ils suscitent, comme on défend une terre pour la qualité particulière de son blé ou de sa vigne. Ne redoutons pas la fin des nations que l’Ecriture nous annonce comme un signe de notre délivrance prochaine. Ne craignons pas même le martyre qui galvanise les pusillanimes, ébranle les sceptiques, assagit les téméraires : s’il éprouve l’Eglise militante sur le plan naturel, il la purifie sur le plan surnaturel et gonfle les rangs de l’Eglise triomphante. [...]"

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2016/02/lenracinement.html

  • L'enracinement

    Lu sur Terre et famille :

    "[...] Parler d’enracinement évoque immédiatement en nous l’image de l’arbre centenaire, aux racines profondes et à l’imposante ramure. Elevée en absolu, cette belle analogie de la famille naturelle peut cependant nous enfermer dans une forme de naturalisme diffus voire de paganisme déclaré (on se souviendra notamment du hêtre de la scierie dans Un roi sans divertissement). C’est peut-être une des raisons pour lesquelles le Christ, pour parler d’enracinement, ne recourt pas à cette image mais essentiellement à celle de la semence, du froment et de la moisson. En effet, contrairement à l’arbre, le blé n’est pas supposé « s’enraciner pour s’élever », dans le sens de lever pour lui-même, pour se complaire de façon durable dans la perfection de sa nature, aussi belle et féconde soit-elle. Le froment s’enracine pour s’élever et être moissonné : il donne le meilleur de lui-même et de la terre, il se donne lui-même à une œuvre qui le dépasse. Il s’accomplit dans le renoncement de soi pour un plus grand que soi. Le blé s’enracine pour être broyé et devenir hostie consacrée, pour devenir Dieu Lui-même. En cela, ce renoncement n’est pas une perte mais un gain qu’aucun bien de ce monde ne pourrait équivaloir (Philippiens, I, 21 : « le Christ est ma vie et mourir m’est un gain »).

    Notre nature a bien sûr toutes les raisons de frémir devant cette forme sublime d’anéantissement et c’est pourquoi l’enracinement de l’arbre, symbole de force, d’épanouissement paisible et durable, nous parait plus accessible, plus raisonnable, plus confortable. Mais à quoi bon s’enraciner et s’élever, si la terre et le ciel viennent à passer ? De quelle utilité seront alors pour l’arbre ses racines et ses branches ? Il n’aura d’autres choix en définitive que de disparaître ou de transcender sa nature pour se maintenir dans l’existence, à l’instar du blé.

    Nous avons oublié que l’homme n’a pas été créé pour la terre, pas même pour le Jardin d’Eden mais pour le Ciel. Hélas, depuis le péché originel, nous souffrons tous de la « nostalgie du Paradis terrestre » (Père Marie-Dominique Philippe) :  nous sommes si déraisonnablement attachés à cette « vallée de larmes » que nous en venons à renoncer au Ciel. C’est pourquoi la considération de notre propre anéantissement ou de celui du monde peut être le dernier recours de Dieu pour nous inciter, comme un instinct de survie, à saisir la main qu’Il ne cesse de nous tendre à travers la mort.

    Ce passage dans l’au-delà n’en relativise pas pour autant la profondeur et la pérennité de l’enracinement chrétien. En effet, la résurrection de la chair a pour conséquence d’entrainer dans l’éternité l’intégralité de notre humanité, non seulement notre âme mais aussi notre corps, ce corps par lequel nous avons aimé et souffert, ce corps issu d’une lignée, d’un peuple, nourri de la générosité d’une terre.

    Le monde, l’Europe, la France ne sont pas éternels mais les hommes, les Européens, les Français le sont. Au nom de la « bio-diversité éternelle », nous devons défendre notre identité, notre pays, notre civilisation pour la variété des saints qu’ils suscitent, comme on défend une terre pour la qualité particulière de son blé ou de sa vigne. Ne redoutons pas la fin des nations que l’Ecriture nous annonce comme un signe de notre délivrance prochaine. Ne craignons pas même le martyre qui galvanise les pusillanimes, ébranle les sceptiques, assagit les téméraires : s’il éprouve l’Eglise militante sur le plan naturel, il la purifie sur le plan surnaturel et gonfle les rangs de l’Eglise triomphante. [...]"

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2016/02/lenracinement.html

  • A Longpont comme à Chartres, on priait déjà « la Vierge qui doit enfanter » avant même de connaître le Christ

    Du Projet Cotignac 500 :

    On raconte qu’un jour, il y a très longtemps, des bûcherons gaulois auraient découvert, dans le creux d’un chêne à Longpont, près de Montlhéry (91), à 25 km au sud-ouest de Paris, une statue de bois représentant une femme avec un enfant dans les bras. L’effigie était accompagnée d’une inscription latine mystérieuse pour les païens : Virgini pariturae « À la Vierge qui va enfanter ». Les druides auraient alors commencé à vénérer cette image de la déesse mère.

    Plus tard saint Denis (+ 272) et son compagnon saint Yon, seraient passés par Longpont.

    Ils expliquèrent alors aux druides comment la prophétie sur la Vierge s’était enfin réalisée avec la naissance du Christ. Celle que les Gaulois du bord de l’Orge vénéraient sans la connaître était bien la Vierge Marie, mère du Sauveur. Saint Yon serait resté sur place, où il aurait annoncé l’Évangile. Il aurait été décapité vers 290. Avant de partir pour Paris, saint Denis aurait laissé à Longpont une précieuse relique : un morceau du voile de la Sainte Vierge.

    Une statue et une relique seraient donc à l’origine du sanctuaire de Notre Dame de Longpont.

    Depuis ces origines, présence chrétienne et dévotion mariale n’ont jamais été démenties en ce haut lieu. Le sanctuaire est même devenu une grande étape sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle (via Turonensis, ou chemin de Tours).

    Au tournant du XIe siècle, Longpont connaît un essor prodigieux.

    Guy Ier, comte de Montlhéry, (+ vers 1095) et son épouse Hodierne entreprend la construction d’une église en lieu et place de la chapelle originelle. La première pierre est posée en 1031 en la fête de l’Annonciation (25 mars), en présence du roi Robert le Pieux et de l’évêque de Paris, Humbert de Vergy. Le chantier va durer 150 ans.Dès 1040, Geoffroy, nouvel évêque de Paris, confirme que le sanctuaire est « bâti et dédié en l’honneur de la Mère de Dieu ». En 1061, Guy Ier et son épouse, Hodierne de Gometz, obtiennent du puissant abbé de Cluny, saint Hugues, l’implantation d’un prieuré à Longpont. Vingt-deux moines s’y installent.

    Hodierne est une figure marquante de la sainteté féminine au Moyen Âge.

    L’Église ne l’a pas canonisée, mais ce fut une sainte femme qui prêta assistance aux personnes démunies et aux ouvriers du chantier de l’église, en transportant eau et ciment. Un jour, un forgeron, mal inspiré par son épouse, lui donne une tige de métal brûlant en guise d’instrument servant à porter les récipients d’eau. Mais un miracle se produit : elle ne sent rien. Depuis 1931, la « Croix rouge feu » est conservée au fond de la basilique. En 1142, le roi Louis VII inaugure à Longpont une foire commerciale, fixée en septembre. En 1155, le pape Eugène III confie au prieuré le service religieux de paroisses avoisinantes. Le nombre des pèlerins croît. Les dons affluent. En 1200, un chroniqueur parle d’un « lieu de grande dévotion ». Un siècle plus tard, Longpont est devenu un centre spirituel majeur.

    Au XIIe siècle, le clergé fonde une confrérie : les Frères de Notre-Dame de Longpont.

    Leurs prérogatives et leurs devoirs sont étendus : secours aux pauvres, obsèques, etc. Au fil du temps, cette infrastructure devient une archiconfrérie et dépasse un millier de membres en 1747. Mise en sommeil en 1793, elle décline au XIXe siècle avant de ressusciter en 1851 sous le vocable de Confrérie de Notre-Dame de Bonne-Garde. Le Saint-Siège et l’épiscopat portent aussi un bel intérêt au site. En 1665, l’archevêque de Paris, Hardouin de Péréfixe, obtient du pape une bulle d’indulgence pour les pèlerins de Longpont. Le pape Alexandre VII accorde aussi la rémission des péchés aux fidèles qui entrent dans la confrérie après s’être confessés et avoir communié. Grégoire XVI puis Pie IX confirmeront toutes les indulgences antérieures.

    Les XIIIe, XIVe et XVe siècles constituent l’époque glorieuse de Longpont.

    Rois, princes, dignitaires de l’Église ou commun des mortels, tous s’y rendent en pèlerinage. Le futur saint Louis, sa sœur Isabelle de France, et leur mère Blanche de Castille, apprécient l’endroit. Les rois Louis VI, Louis VII, Philippe le Bel (1304 et 1308), Philippe VI, Charles VIII, François Ier s’y rendent aussi… Le fils de Philippe le Hardi, Louis de France, y effectue un séjour pieux. Saint Bernard y vient en 1131. Plus tard, Anne de Bretagne finance le chantier du portail de l’église. Quant à sainte Jeanne de Valois, fondatrice des Annonciades, elle place Longpont parmi les lieux spirituels majeurs. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, deux périodes de déclin sont suivies de deux restaurations de l’abbaye. Au XIXe siècle, le curé d’Ars n’eut pas le loisir de s’y rendre mais adhéra à la confrérie de Longpont. La princesse Eugénie de son côté offrit au sanctuaire une belle pièce d’étoffe.

    Pendant la Révolution, les moines devront se disperser et les reliques seront cachées.

    Le portail, déjà mutilé durant les guerres de religion, sera encore saccagé et la flèche de la croisée du transept abattue. Privée d’entretien, l’église de Longpont s’abîme terriblement dans les années qui suivent. Elle sera finalement amputée. Le chœur et le transept seront démolis en 1819. Seule la nef est laissée à la disposition des paroissiens.

    A partir de 1843, un jeune et dynamique curé, l’abbé Auguste Arthaud, va réussir à relever l’église de ses ruines.

    L’abside et le transept seront totalement reconstruits entre 1875 et 1878. L’église de Longpont redeviendra alors un des plus grands lieux de pèlerinage marial de l’Ile-de-France (40 000 personnes par an avant 1914).

    L’église sera érigée au rang de basilique le 6 avril 1913 par le pape Saint Pie X

    En 1969, Notre Dame de Bonne Garde est proclamée patronne du nouveau diocèse de Corbeil-Essonnes par Mgr Malbois, son premier évêque. Mgr Herbulot, son successeur veillera au rayonnement de Notre Dame de Longpont. La basilique est depuis le lieu de nombreux rassemblements diocésains et son reliquaire continue de se remplir.

    Père Frédéric Gatineau, recteur de la Basilique de Longpont-sur-Orge (91)

    Michel Janva

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Bibliothéque du militant

    Le choix d’un livre est toujours délicat. Comment intéresser sans ennuyer ? De nos jours, avec les nouvelles technologies, il est peut-être encore plus compliqué de trouver le temps de lire. Prendre un livre, le peser, le parcourir, tourner quelques pages, c’est déjà un acte. Gavé souvent par la littérature scolaire où le temps s’est arrêté sur quelques “illustres” incontournables, souvent par la contrainte et l’obligation, l’étudiant croit perdre son temps. Or, c’est par l’esprit que se forge l’âme et la volonté. Chacun doit prendre conscience de la haute culture civilisationnelle et de l’enseignement qui en découle. Je ne parle pas ici de l’érudition universaliste jacobine des institutions, mais bien au contraire de ce qui peut inspirer le militant. Comment le rendre plus fort, plus érudit, plus compétitif, plus dialecticien, plus ouvert sur les réalités de son siècle. Lire, lire, lire. Tout militant défend une cause. Quelle soit juste ou non, c’est à chacun de trouver les arguments afin de faire valoir son choix. Sans étude, sans recherche, il n’y a que la loi du bâton et la tension du pavé. Or, ce que l’on pense, ce que l’on évoque, ce que l’on impose doit être le reflet d’un savoir compétent et maîtrisé. Le politique, de par ses convictions, sait de quoi il parle. C’est ce qu’il a compris d’une doctrine qui le différencie, comme le grain de l’ivraie. D’autant que l’on se bat toujours mieux lorsque l’on sait pourquoi. La lecture est une arme ! Le dialogue un combat ! La victoire est celle de l’intelligence et de l’érudition, du discernement et du pragmatisme ! Les quatre vont ensemble de manière indissociable.

    C’est par la lecture que l’on se forge un idéal. L’héroïsme, le charisme et la droiture sont les atouts du héros ! Les mythes fondateurs sont l’expression du destin des hommes. L’action héroïque est l’accomplissement du devoir, transcendé par le courage, la vitalité, la vaillance. Mythes et héros sont les racines culturelles qui unissent fraternellement les dieux et les hommes, les archétypes et les prototypes. Elles sont entretenues depuis l’aube des temps comme notre bien civilisationnel le plus précieux : l’exemple. En tant qu’idéaliste, c’est à chacun de tirer les leçons de cette tension exigeante.

    Le politique est homme de son époque, vivant dans l’actualité du quotidien, soumis aux lois de la société. Il incarne la droiture de ses propos, de ses faits et gestes par le juste combat politique et civilisationnel qu’il a choisi et déterminé. Il préfigure toujours l’intelligence, l’enthousiasme et l’énergie de la jeunesse. Le militant est un rebelle. Ce n’est ni un pirate dévoyé, ni un lansquenet à la solde.Cela n’est pas incompatible bien au contraire.

    Nous ne naissons pas communiste ou fasciste. Ces deux idéologies sont d’un autre siècle. Les enjeux historiques et politiques sont différents. Mais après les premières pulsions viriles, chacun doit chercher les raisons qui font de lui quelqu’un à l’esprit différent dans un monde toujours en transformation. Si une bonne condition physique est indispensable à tout militant, sa tête doit être bien pleine ! Et bien sûr, sélective, car chacun a le devoir de savoir de quoi il parle, afin argumenter son discours. Cette culture spécifique lui permettra de rester en contact permanent avec l’Histoire, la politique et la spiritualité. Pour savoir de quoi l’on parle, il faut d’abord croire en son propre discours. La parole est une arme qui, bien maniée, permet de faire admettre une opinion soit complémentaire, soit contradictoire. Nous sommes d’un pays, peut-être aussi d’une nation ou d’une région particulière. Notre propre famille est aussi le réceptacle et l’alchimie qui ont engendré notre propre vie. Nous sommes d’ici et pas d’ailleurs, ça c’est la réalité. Voilà notre premier héritage culturel. En fait, nous pourrions dire aussi que l’on n’échappe pas à son destin, puisque celui-ci est en relation direct avec l’ a.d.n. qui est en bout de chaîne de notre arbre généalogique.

    Comment aimer un peuple quand on ne sait pas comprendre et accepter les siens ? La cellule familiale est le premier maillon de la chaîne.

    Nous savons tous que les idées des parents ne sont pas, voire, rarement celles des enfants. Pourtant, il n’en demeure pas moins vrai que le prisme par lequel nous pensons, créons, vivons, est en rapport direct avec notre éducation au sein même de la cellule familiale. Rejet ou harmonie de la famille sera l’expression contrariée ou en accord avec l’idéal du futur militant. C’est ce rapport étroit qui relie les éléments d’une famille. Négative ou positive, la cellule familiale est dans tous les cas le moule de notre pensée, le ferment de notre idéal. Mais, de gré ou de force, dans les deux cas, nous devenons ce que nous sommes par, ou à cause de la famille. Alors, quel rapport y a-t-il entre le militant et ce discours ? C’est notre réflexion et notre intelligence qui vont permettre de faire la différence entre tous ces éléments épars. Ainsi que le soutenait Benito Mussolini à Paris, en 1933 : « le fascisme, c’est une conception historique dans laquelle l’homme n’est ce qu’il est qu’en fonction du processus spirituel auquel il concourt, dans le groupe familial et social, dans la nation, et dans l’histoire à laquelle toutes les nations collaborent. »

    Nous vivons dans une communauté. Famille, nation et patrie charnelle, éducation et religion des ancêtres sont intimement liées afin de définir ce que nous sommes. C’est ainsi ! En revanche, une prise de conscience engendre une perception particulière face à la masse non-différenciée du peuple. Celle-ci forgera la personnalisation d’un individu. Ce n’est pas inné, il faut un déclencheur : chacun, jouissant d’un libre arbitre, se différenciera, ou non, de la communauté qui l’entoure. C’est le pouvoir d’approuver ou de refuser les conditions particulières. Un politique doit s’affirmer dans ses convictions. Il en va ainsi de l’être différencié dont parle Julius Evola dans un contexte que Nietzsche ne contredirait sûrement pas. Le politique et le religieux ne sont pas des individus tout à fait comme les autres. Cet homme ou cette femme est engagé dans un processus particulier. Il se définit par sa qualité critique, contestataire, mais aussi par un attachement quasi spirituel avec l’idéal qu’il a choisi, défini et interprété.

    Comment définir une pensée par la lecture. En fait, il y a quatre directions complémentaires : La mythologie – l’Histoire – la politique – la religion. Cette anthropologie est intimement liée et indissociable.

    1°) La mythologie et les cycles légendaires sont à la source de notre culture plusieurs fois millénaires. Ce sont les archétypes sacrés de la sagesse et de la folie qui inspirent le héros. C’est une perception métaphysique du monde. L’Occident mais aussi les autres civilisations n’auraient pas de repère sans le passé légendaire de ses peuples. 1 Dès notre plus jeune enfance nous sommes bercés par des rêves chevaleresques de combats épiques et picaresques. L’acte du héros ! Les natures angéliques et féeriques donnent à l’ensemble une construction mentale qui nous rapproche de l’idéal que l’on porte en soit, à la fois guerrier et spirituel. Droit, justice, beauté, amour. L’esprit du militant n’est pas obscur et revanchard, il est lumineux et noble tant dans ses paroles que dans ses actes. Il est un homme différencié.

    2°) L’Histoire inclut notre Culture, nos racines, nos combats, nos victoires et nos défaites… et les compromissions qui font partie des lois inexorables de l’existence des pays réels. La patrie ne vit pas seule à l’écart des autres nations. Elle s’inclut dans une dynamique qui est une tension permanente entre elles. Action – réaction, c’est le lot de l’Histoire de l’Humanité. L’unité d’un peuple se crée dans sa capacité à comprendre et à aimer les complémentarités ethniques2 et régionales qui le compose, sans jamais faire valoir leurs particularités. Être Français, devrait déjà être en soi un honneur. Notre Histoire nous prouve à chaque moment les difficultés de créer un État, de mener un peuple, de l’aimer et de le sauvegarder parfois même contre son gré, ses particularités, ses jalousies, son ignorance ou sa bêtise. C’est le lot qui accompagnent toujours le fardeau du chef, et du militant… L’un comme l’autre prêche par amour du peuple et pour le peuple.

    3°) La politique, c’est l’instant particulier de l’idéal contrarié par la réalité des faits historiques. C’est un combat permanent. Une tension particulièrement exigeante. Les passions et les réactions qu’elle engendre nous ramènent souvent à une fatalité que le militant tente de contrecarrer. Ce dernier cherchera dans la littérature les exemples historiques de ses chefs en prenant bien conscience des échecs et des succès dans le processus du combat politique. Il se doit d’en tirer la quintessence pour le profit de son parti, en ne perdant jamais de vue son amour inconditionnel du peuple.

    4°) La religion, le sacré et les mythes fondateurs : c’est l’espace providentiel où s’exécute le rite et l’ésotérisme qui lient spirituellement le politique à l’éthique de son peuple. Le destin d’une nation est de croire ! L’athéisme est niveleur. L’athéisme tue toute forme d’espoir. L’athéisme rend individualiste et égoïste. Le communisme est un avatar de l’athéisme. La Révolution Française de 1789 et le jacobinisme sont l’expression d’épouvante qu’inspire cette pensée néfaste. Il importe peu de partager une religion précise et unique. Mais il est indispensable à toute tête bien pleine, d’avoir des convictions étroites avec les Puissances ou les Dieux qu’il s’est choisi philosophiquement. Ce n’est pas toujours un but, mais c’est une direction, un cap, une référence.

    Ces quatre ingrédients sont indispensables. Fondus mais jamais confondus. Ils sont complémentaires. Si l’un des éléments vient à manquer l’œuvre ne sera pas complète.

    A 16 ans, mon frère aîné me tendit un livre en me disant virilement : « lis ! » Il est difficile de revenir sur les raisons individuelles qui amène à tel ou tel choix… Quoi qu’il en soit, voici une liste possible de lectures :

    • L’Histoire de France. Jacques BAINVILLE
    • Ma Doctrine. Adolf HITLER
    • Les carnets de Turner. Andrew MACDONALD.
    • Orientation. Julius ÉVOLA
    • Les indo-européens. Jean HAUDRY
    • Révolte contre le monde moderne. Julius EVOLA
    • Pensées corsaires. Gabriele ADINOLFI
    • Les Waffen ss . Henri LANDEMER
    • Le soldat oublié. Guy SAJER
    • Combat pour Berlin. Joseph GOEBBELS
    • Le cœur rebelle. Dominique VENNER
    • Persiste et signe. Léon DEGRELLE
    • Réponse à l’Espagne José Antonio PRIMO de RIVERA
    • La garde de Fer. Corneliu-Z-CODREANU

    Bien sûr cette liste n’est pas exhaustive. Elle va à l’essentiel. Mais, il est aussi d’autres considérations comme nous l’avons évoqué plus haut. Cela ne peut être qu’un avant-goût d’une longue bibliothèque à parcourir. Comme vous avez pu le constater cette sélection reprend certains rêves politiques contrariés… Mais ce qui est passionnant, au-delà des performances ou contre-performances de ces exemples du XXe siècle, c’est leur enracinement dans leur valeur respective, leur entêtement politique qui les mènent au sacrifice ultime. Vision nationaliste dépendante de la culture historique du pays réel. Ainsi, la France a son destin, comme les autres Nations… Mais il y a équations. Comment ne pas retomber dans les mêmes pièges. Tout l’avenir politique d’un mouvement se doit de s’interroger, de répondre et de trouver les parades à ce qui semble à priori être une fatalité. Les enjeux contemporains ne sont plus ceux d’hier, et ceux de demain se profilent à peine….

    L’avenir d’un peuple n’est pas de subir. C’est aux militants de lui rappeler !

    Texte de C.R. pour la communauté National Social Radical.

    https://nationalsocialradical.wordpress.com/

  • Maurice MAIGNEN apôtre du monde ouvrier 1822 - 1890

    LA JEUNESSE
    Maurice Maignen est né dans une famille de petite bourgeoisie. Son père, après avoir été militaire a la Garde Royale de Louis XVIII, exerca le métier de peintre. Baptisé selon le souhait de sa mère et malgré les préventions de son père, un évènement, auquel sa mère l’a emmené, va le marquer profondément à l’âge de 8 ans, le 25 4.1832 : la cérémonie de translation des reliques de St-Vincent de Paul traversant Paris de Notre-Dame à la Chapelle des Lazaristes, rue de Sèvres.

    Il fait sa première communion en Mai 1934, et après des études très moyennes, où il manque de perdre la foi en raison du milieu scolaire très incrédule, il s’initie à la peinture et au dessin, qu’il pratique pour faire vivre sa famille.En 1840 il obtient une place d’employé aux Chemins de Fer de l’Ouest, puis en 1843 un poste de dessinateur au Ministère de la Guerre, tandis que, cette même année, il perd son père et de ce fait se trouve en charge de famille.

    Assailli par le doute, il ne sait pas s’il est encore chrétien. Mais sensible au discours de Ch. Fourier, qui dénonce la misère des ouvriers, il est tenté un moment de le suivre. Mais ce qu’il cherche, c’est une association de charité pour améliorer le sort des malheureux. Et ayant entendu parler des Conférences de St-Vincent de Paul, qui avaient été créées 10 ans plutôt sous l’inspiration d’Ozanam, le voilà amené à rencontrer Jean-Léon LePREVOST, qui animait la Conférence sur la paroisse St-Sulpice. Ce sera le début d’une amitié grandissante et surtout d’un retour complet à Dieu, qu’avec la fougue d’un néophyte il va faire partager à son frère, ses amis et à sa mère qu’il emmènera à la Conférence de carème, prêchée à Notre-Dame par le Père RAVIGNAN. " Imagine-toi, écrit-il à son frère, Notre-Dame pendant la nuit illuminée....Trois mille hommes pressés dans la nef, les bas-côtés de l’église, encombrés de gardes municipaux, d’hommes en blouses, de mauvais étudiants avec leurs donzelles... entonnant à pleine poitrine le chant si sombre du Miserere....et à la fin de la Semaine Sainte qui ont participé au plus saint des mystères : la communion a duré deux heures..."

    L’ENGAGEMENT

    La première lecture que M.LePREVOST donne à M. MAIGNEN est un livre du comte de Mirville : Le peuple ramené à la foi. L’auteur y développe que" puisque pour les ouvriers la religion est l’affaire des prêtres ... il faut pour regagner les coeurs à J.C. que les laïcs occupent le terrain.” afin de rechristianiser les pauvres et les ouvriers. LePREVOST le fait entrer dans la Conférence et lui confie ses premières visites de familles. La découverte des oeuvres de Le Prevost est décisive en cette année 1844 : il voit clairement la place des laïcs et renonce à l’idée de se faire prêtre. Ce sera déterminant dans l’orientation de sa vie.

    Constatant que la Conférence de St-Vincent de Paul ne peut satisfaire toutes les misères, M. LePREVOST suscite la création d’autres oeuvres : la Ste Famille, pour aider les familles pauvres et ouvrières. En 1846, il fonde une Caisse des loyers pour aider les pauvres à épargner ; en 1847, l’Asile des Vieillards ; en 1848 le Fourneau économique.

    En septembre 1944 un évènement aura un grand retentissement dons la vie de M.MAIGNEN : LePREVOST rencontre Clément Myionnet, futur "premier“ frère de St-Vincent de Paul. Membre de la Conférence d’Angers, attiré par la vie religieuse, il est en recherche d’une congrégation qui serait pour les hommes ce que sont les soeurs de St-Vincent de Paul. C’est alors que nait l‘idée d’une communauté de religieux laïcs voués aux oeuvres de charité

    LA RUE DU REGARD

    Le I Mars 1845 MAIGNEN et MYIONNET louent au nom de la Ste de St Vincent de Paul une maison 16 rue du Regard pour la réunion des apprentis et promettent à Dieu de former une communauté religieuse au service des pauvres. La maison est confiée à Myionnet seul pour la garder, MAIGNEN ayant encore charge de famille. Ce n‘est que le I Mai 1846 que LePREVOST viendra y résider et se joindre à lui pour une vie communautaire., après avoir reçu de sa femme " toute liberté pour se consacrer à Dieu". MAIGNEN n’y rentrera que le 2 septembre après avoir quitté ses parents..

    Très vite se pose le problème de trouver un équilibre entre les necéssités de la vie spirituelle ( prière et contemplation) et les activités temporelles,,au risque de tomber dans un activisme.

    Chaque dimanche MAIGNEN donne des cours de dessin aux jeunes apprentis et l’idée du patronage prend forme avec le souci d’en faire un modèle d’organisation hiérarchique. Mais s’il raisonne naturellement en termes de hiérarchie, il veut faire reposer la dignité humaine sur le métier. C’est le métier qui fait l‘homme. Sa vision d’artiste établit un lien indissociable entre l’art et le métier. Dans le travailleur il voit plus l’artisan et même l’artiste, que le manoeuvre ou le prolétaire. Cette idée lui inspire la trame de son roman "les Sauveurs du Peuple". Il insistera toujours pour que ses jeunes apprentis choisissent bien leur métier.

    En semaine LePREVOST reçoit te matin les pauvres de la Ste Famille pour leur donner aide, conseil et encouragement, tandis que MAIGNEN et MYIONNET s’occupent des études et de la Maison. L’après-midi, c’est la visite aux apprentis et aux patrons dans les ateliers, ainsi qu’aux familles. Le grand jour c’est le dimanche, avec toutes les activités d’un patronage de 90 apprentis, des gamins de 12 à 16 ans qui envahissent les salles et la cour. Au programme : jeux, repas, messe, instruction religieuse, .....aidés par quelques confrères venus prêter main forte.

    LA MAISON DES APPRENTIS

    L’apprenti d’alors n’a pas un statut professionnel très enviable ( la loi le Chapelier lui a supprimé toutes les garanties) : la fraternité avec les compagnons, l’affection, l’appui moral, l’attitude paternelle du patron lui font souvent défaut. La médiation corporative est remplacée par un contrat passé devant un commissaire de police. Le patron promet de coucher l’apprenti, le nourrir, lui apprendre le métier et l’élever dans la religion catholique.... Rapidement les confrères découvrent les problèmes de ces adolescents, totalement abandonnés à la merci du patron capitaliste depuis la suppression des corporations. Ils constatent l’absence d’intervention de l’Etat. La loi du 2 Mars 1841 interdisait le travail des enfants dans les manufactures. Armand de MELUN inspirera la loi du 22 Fev.1851 imposant un contrat et un décret de 1852 ordonne aux commissaires de police de faire des procès verbaux aux patrons sur les abus épouvantables auxquels la liberté illimitée du travail leur donnait droit. Très vite son action va achopper sur le sujet tabou, celui de l’intervention de l’Etat et MELUN sera qualifié de socialiste. MAIGNEN le sera aussi ( cf : St-Louis était-il socialiste d’Etat ?)
    "L’ancienne législation, écrit le P. CORSON, avait des dispositions sur l’apprentissage : chaque apprenti était placé par la corporation dont il relevait sous la protection d’un membre du syndicat, chargé de veiller sur ses intérêts. Mais elles tombèrent avec les corporations pour faire place au système de libre concurrence qui nous régit aujourd’hui.” Cette faiblesse de l‘enfant inspira M. MAIGNEN dans le portrait saisissant qu’il fait du pauvre apprenti MOUCHERON, autre livre de sa composition : “tout enfant, écrit-il, est bon, il arrive à l’atelier avec une croyance. Il est confiant, il est aimant ; il a la conscience droite. L’atelier lui vole la foi, non seulement en Dieu, mais dans le prochain, dans l’humanité toute entière ; il le rend dur et cruel ; il le rend haineux, faux, méchant, ingrat ; il retourne sa conscience... plus il a l’audace dans le blasphème, l’insulte ou le vice, plus il est applaudi... voilà l’oeuvre de l’atelier tel qu’il est ...." Le patronage va donc s’occuper exclusivement des apprentis et intervenir entre le maître et l’apprenti, dont les confrères constituent les protecteurs. Un opuscule est rédigé sur la manière de rédiger un contrat d’apprentissage et les clauses à y inscrire.. Il commençait par un bref rappel historique : "Avant la Révolution, il n’y avait pas de société de patronage, et il n’en était pas besoin, puisque les apprentis avaient pour patrons les jurés de ta corporation“ La seule solution, que MAIGNEN réclamera, sera, à l’échelon de l’Etat, une organisation du travail. Sur des fiches, il donne des indications pour organiser la visite sèrieuse des ateliers, que les confrères se partagent. Il établit un registre des visites. Car c’est dans la visite que consiste essentiellement l’oeuvre des patronages...." elle ne doit pas avoir la forme d’une enquête.... ; ne point cacher ses principes religieux..... ; n’avoir pas l‘air confit en dévotion... enfin aimer véritablement les enfants..." MAlGNEN consacre une bonne partie de ses nuits à rédiger des articles, des brochures, des chroniques sur le choix d’un métier, la condition de l’apprenti, ’ l’exercice du métier..............Il écrit des ouvrages sur la condition ouvrière.,compose des romans historiques, comme : Les frères cordonniers. Un manuscrit intitulé : les Economistes" est une tirade cinglante contre les propos d’un Ministre de l’Intèrieur... A maintes reprises il relève les celèbres propos de GUIZOT le I.4. 1848 : "La réforme sociale qui a pour but l’amélioration des conditions des ouvriers en Angleterre n’est pas nécessaire chez nous". Il emploie fréquemment une formule : l’esprit chrétien.

    Ainsi la semaine s’organise. Le lundi, c’est l’établissement des contrats d’apprentissage et la réception des parents. Le mardi et mercredi, visite des ateliers. Jeudi : préparation du dimanche. Vendredi participation au conseil des patros de Paris. Samedi : placement des enfants....Le dimanche est le plus “festif " possible. La place du jeu, qui sera pratiqué ensuite dans toutes les oeuvres de jeunesse (scoutisme...) est alors inexistante. Ainsi le naturel et le surnaturel se compénètrent. l e patro embrasse toute l’existence de l’apprenti. MAIGNEN compose des pièces de théatre, que montent les apprentis.. La rue du Regard devient rapidement une sorte de modèle, comme une "école normale du patronage" où s’équilibrent bien le binôme : jouer et prier.. Car il sollicite aussi la générosité des apprentis qu‘il engage à constituer des petites conférences de St-Vincent de Paul pour soutenir des familles pauvres

    GRENELLE

    Le I Mai 1847 une maison leur est offerte au 75 rue du Commerce, dans le quartier de Grenelle, ou résident essentiellement des familles ouvrières Elle deviendra un second patronage, grâce à la jouissance gratuite,offerte par le Maire, d’un hangar d’une manufacture abandonnée et d’une salle voisine. MAlGNEN va alors inaugurer pour la première fois dans un patronage un divertissement totalement méconnu dans les oeuvres : la gymnastique, qui sera un puissant attrait pour les enfants. C’est en effet l’espagnol Francisco AMOROS qui en 1818 avait introduit la gymnastique en France.

    Tant bien que mal la communauté traverse les évènements de 1848. MAIGNEN et MYIONNET ont dû s’enrôler quelques mois dans la garde nationale, peridant que LePREVOST continue u s’occuper de "leurs toutes petites oeuvres". La guerre civile leur a révélé l’immensité du mal, qu’engendre, non pas l’industrie en elle-même, mais comme il l’écrit, l’industrie "produit d’une concurrence jalouse, des prétentions égoïstes des uns, des exigences injustes des autres. Il faut que le christianisme relève le défi de spiritualiser et de vivifier l’industrie moderne... La misère n’existe réellement que là où fleurit l’industrie... L‘ouvrier est placé dans des conditions qui Iui font oublier Dieu... le fruit de son labeur n’est plus que l’argent...il manque à la gloire du christianisme d’avoir spiritualisé et ennobli l’industrie moderne...."

    La communauté se partage alors entre la rue du Regard, Grenelle et la rue de l’Arbalète où s’est constitué un autre centre, pendant que se développent un peu partout à Paris et en province des patronages sous des formes variées. Pendant ce temps, pour contrecarrer les almanachs qui véhiculent des idées anticléricales et républicaines, MAIGNEN se consacre o la réalisation d’almanachs, agrémentés de vies de saints, d’histoires, de gravures, de jeux, de chansons.

    PATRONNER

    C’est alors que l’abbé TIMON-DAVlO, qui avait créé à Marseille "l’Oeuvre de la jeunesse pour la classe ouvrière" rend visite à la rue du Regard, sur laquelle il donne un avis très défavorable : “Ce ne sont pas les savantes organisations qui font les oeuvres. C’est la grâce de Dieu par la prière et les sacrements”. Il leur montra le rôle essentiel d’une élite spirituelle dans un patronage. Peu à peu Paris va introduire des pratiques expérimentées à Marseille et les aumôniers de patronage constitueront des petites congrégations mariales. C’est alors que s’élabore un règlement de l‘Oeuvre des patronages . Il contient deux principes : l‘esprit de piété et la participation des apprentis aux Conseils et aux charges des maisons : maître des jeux, portier, sacristain, bibliothécaire....qu‘on qualifia de "dignités". Au Congrés des directeurs d’oeuvres à Angers, fin 1858, on échange les expériences. On s’interroge : les directeurs doivent-ils être des prêtres ou des laïcs ? Les débats amènent aussi les congressistes à préciser leurs objectifs : Prier et jouer. MAIGNEN, soucieux du suivi des apprentis, pour veiller à ce qu’ils apprennent bien un métier, fait ajouter : patronner par l’assistance professionnelle. C’est une idée-maîtresse qu’on retrouvera dans son Manuel du Patronage de 1862 : "On déplore que les enfants qui travaillent en usine deviennent des enfants-machines et qu’ils ne puissent apprendre un métier ". Ainsi les patronages auront deux objectifs : le développement de l’esprit de piété et la vocation sociale, c’est-à-dire la recherche d’une philosophie du travail par l’amour du métier.

    MAIGNEN va continuer sur cette voie : l’ouvrier tire toute sa dignité de son métier. Et dès lors se dessina en filigrane sa vision organique d’une société qui transmet les valeurs par le métier.

    Le 25 Mai 1856 il organise une première exposition des travaux de 230 apprentis avec distribution de médailles, qui prélude à une exposition universelle de tous les patros de France l’année suivante. Tous ses écrits témoignent de cette mise en valeur de tout ce qui touche le métier : l’outillage, l’ordre des outils, économie de temps... "le bon et le mauvais apprentissage", "la réhabilitation du travail manuel“, "le droit au métier", autant de sujets qu’il développe... Il en vient à identifier l’ouvrier et l’artisan, détruits par l’industrie. : " Aujourd’hui avec les procédés mécaniques appliqués à tous les travaux industriels, l’originalité est morte, la pensée de l’ouvrier est absente... Comment l’ouvrier d’aujourd’hui peut-il aimer son métier comme l’aimait autrefois l’ouvrier artiste et créateur ? ...La Révolution a tué l’artisan" écrit-il." Nous n’avons plus d’ouvriers, nous n‘avons plus de style national. Autrefois, dans un simple flambeau de cheminée, on sentait un caractère et une époque, la personnalité et l’originalité de l’ouvrier.... De plus ces vieux ouvriers, nos pères, avaient la foi...." En 1872 il inaugurera un Musée du Travail. En même temps il dresse une série de portraits d’artisans et inventeurs : Gutenberg, Palissy...ll réalise même un journal : “Le jeune ouvrier", puis le "Moniteur de l‘ouvrier".

    Car MAIGNEN écrit beaucoup. Il laisse une oeuvre très importante, grâce à un talent assez exceptionnel d’écrivain populaire. Toutefois il évitera dans ses publications d’y faire paraître des offres d’emploi- même par des patrons chrétiens- pour ne pas faciliter l’émigration des ouvriers des campagnes vers les grands centres.

    Enfin il travaillera à la grande oeuvre de sa vie : la vie du fondateur, J.L. LePREVOST qui après le décès de son épouse le 6.11.1859 est ordonné prêtre le 22 l l 1860.

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