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culture et histoire - Page 1846

  • Tradition celtique : la Grande Troménie de Locronan

    Tradition celtique : la Grande Troménie de Locronan

    Mathurin Méheut, Locronan, la procession, les tambours, gouache sur papier. Musée Mathurin Méheut, Lamballe. Crédit photo : DR

    LOCRONAN (NOVOpress Breizh) – La Grande Troménie, l’un des plus importants pardons de Bretagne, aura lieu à Locronan (29) du dimanche 14 au dimanche 21 juillet. Organisée tous les six ans en l’honneur de Saint Ronan, elle se déroule sur un parcours circulaire de 12 km. Un pèlerinage qui prend sa source dans la plus ancienne tradition celtique.

    Issu du breton tro-minihi, littéralement tour (tro) de l’espace monastique (minihi), la grande Troménie de Locronan,  correspondrait à la pérégrination d’un espace sacral antique. Le circuit passe par la forêt de Nevet, dont l’étymologie découlerait de nemet (« sacré »), dérivation du nemeton druidique gaulois qui signifie « temple sous la voûte du ciel ». La forme du circuit, le nombre de stations et sa périodicité sexennale renvoient à une époque antérieure au christianisme. Selon Donatien Laurent, chercheur au CNRS,  la Troménie, par son parcours, ses stations, sa topographie, reproduirait un ancien rituel celtique représentant la durée d’une année.

    Le circuit de la procession reprend en effet les deux parties complémentaires et opposées qui forment les deux saisons de l’année celtique : la partie basse, dans les chemins de la plaine du Porzay, correspond à la saison froide dédiée à une ancienne déesse celtique, qui a pris avec le christianisme la forme de la Vierge Marie et de sainte Anne. Le circuit passe devant la Gazeg Vaen« la jument de pierre », appelée aussi la chaise de saint Ronan – un mégalithe du néolithique objet de rituels de fertilité qui se sont maintenus malgré la christianisation du lieu. La partie haute, à travers la montagne qui domine Locronan correspondait chez les celtes à la saison chaude, dédiée au dieu Lug, remplacé par saint Ronan.

    Douze stations, marquées de 21 croix de granit et de 42 petites huttes abritant de vieilles statues de saint venues des chapelles environnantes, jalonnent le parcours de la Grande Troménie. Le circuit de la Grande Troménie n’est ouvert que tous les six ans. Les jours précédents, les habitants de la région s’activent pour permettre à la foule des pèlerins de parcourir le chemin sacré, qui sera ouvert toute la semaine entre le 14 et le 21 juillet.

    Au programme des deux Troménies des dimanches 14 et 21 juillet : messe de 10h à 12h et procession de la Grande Troménie à partir de 14h.

    Renseignements : Office du tourisme de Locronan

    http://fr.novopress.info

  • 1er-3 juillet 1863 La bataille de Gettysburg

    La bataille de Gettysburg, du 1er au 3 juillet 1863, marque le tournant de la guerre de Sécession. Elle survient deux ans après le début des hostilités entre les armées du Nord des États-Unis (unionistes) et celles du Sud (confédérés).

     

    Les gouvernementaux ont l'avantage du nombre et de la richesse mais les confédérés brillent par leurs qualités militaires. Ils comptent dans leurs rangs les meilleurs officiers, à commencer par le premier d'entre eux, le général Robert Edward Lee, antiesclavagiste mais fidèle à la civilisation raffinée du Sud. 

     

    En dépit de l'extrême violence des combats, aucun camp ne prend encore le dessus jusqu'à ce mois de juillet 1863.

     

    Joseph Savès

     

    Quitte ou double

     

    Robert Edward Lee (1807-1870)Dans les premiers jours de mai 1863, à Chancellorsville (Virginie), l'armée de Virginie du Nord, commandée par Lee et son bras droit, le général «Stonewall» Jackson, affronte avec succès l'armée du Potomac, commandée par le major général Joseph Hooker, deux fois plus nombreuse.

     

    Malgré le handicap du nombre, Lee remporte une éclatante victoire, ternie par la mort de Jackson. Usant de son avantage, il décide d'envahir le Nord et se propose d'atteindre Philadelphie ou même Washington, afin de contraindre le gouvernement fédéral à cesser les combats. 

     

    Voyant cela, le 28 juin 1863, le président Abraham Lincoln remplace à la tête de l'armée du Potomac Joseph Hooker par George Gordon Meade, un général discret et professionnel. 

     

    Les deux armées se font face le 1er juillet à Gettysburg (Pennsylvanie). Lee dispose de 72.000 hommes et Meade de 94.000. Les combats frontaux vont perdurer pendant trois jours avec une violence encore jamais vue. Au plus fort des combats tombe un homme par seconde...

     

    Confédérés sur le champ de bataille de Gettysburg

     

    Au final, l'Union perd pendant ces trois jours 23.000 hommes (3000 tués, 15000 blessés, 5000 capturés), soit un quart des effectifs engagés dans la bataille. Les pertes de la Confédération sudiste s'élèvent de leur côté à 23.000 hommes (5000 tués, 13000 blessés, 6000 capturés), soit un tiers des effectifs. Le taux plus élevé de tués par rapport aux blessés chez les Sudistes tient au mauvais état de leurs services chirurgicaux.

     

    Quoique indécise, la bataille précipite la retraite du général Lee. Incapable de faire fléchir l'ennemi, il n'a d'autre solution que de rebrousser chemin.

     

    Simultanément, le 4 juillet 1863, les Nordistes commandés par le général Ulysses Grant s'emparent de la ville de Vicksburg, sur les bords du Mississippi, replaçant le fleuve tout entier sous la souveraineté de Washington. La défaite ultime de la Confédération sudiste ne fait plus guère de doute désormais.

     

    À Washington, un journal titre : «Victoire ! Waterloo éclipsé ! » (comparaison discutable si l'on veut se bien se souvenir qu'il s'agit ici d'une guerre civile et non d'une guerre entre États). Lincoln en veut néanmoins au général Meade de ne pas avoir poursuivi et écrasé Lee. À un télégramme du général qui se vante «d'avoir chassé l'ennemi de notre sol», il répond, courroucé : «notre sol, c'est l'ensemble du pays» (*).

     

    Dans un sursaut, les 19 et 20 septembre 1863, le général confédéré Bragg attire l'armée fédérale dans l'anse de Chickamauga. Mais la résistance du général Thomas évite une déroute à l'armée fédérale.

     

    Inexorablement, l'avantage passe au Nord. Les Sudistes du général Lee doivent désormais lutter pied à pied pour protéger leurs États de l'invasion. La défaite est consommée dix-neuf mois plus tard.

     

    Hommage

    Dans le souci de préparer la reconstruction de l'Union, le président Lincoln se rend le 19 novembre 1863 sur le champ de bataille de Gettysburg. Dans le cimetière où reposent les victimes des deux camps, il rend un bref hommage à celles-ci et en appelle aux valeurs fondatrices des États-Unis. Ce texte est depuis plusieurs décennies appris par coeur par les écoliers américains.

    Notons que c'est la première fois dans l'Histoire, avec la guerre de Sécession, que les victimes ont droit à des sépultures  individuelles et ne sont plus jetées dans des fosses communes.

    http://www.herodote.net

  • Alain Soral - Des bilderberg au club "Le siècle" - La Franc-Maçonnerie au pouvoir

  • Sur la défaite de Platon

     

    Depuis une ancienne tradition médiévale, des courants philosophiques présentent le divin Platon comme un rêveur, un pur, et un homme dépourvu de bon sens – un théologien. Un nietzschéisme mal digéré peut renouveler ce refrain ignorant, et donc tenace : Platon est la forme subtile, hellène, du christianisme ; il valorise des arrières mondes imaginaires, le monde des idées, et dévalorise le monde de la vie, le monde concret. Il fabriquerait des êtres sensibles et mélancoliques. Il serait contraire à tout savoir du monde.
     
    Mais ces thèses ne sont que les filles de l'ignorance de Platon.
     
    Platon, puritain sans subtilité ? Un des derniers grands platoniciens de ce temps fut Oscar Wilde. Son maître fut le platonicien Walter Pater, vérifiez. Sa conception de la métaphysique – la vérité des masques - ou ses propos sur la profondeur des surfaces sont clairement platoniciens. Platon, contraire à la science et à la raison ? Toutes les victoires étranges des physiques mathématiques depuis Galilée sont les victoires de mathématiciens travaillant dans un monde platonicien, un monde fait d'harmonies de nombres – que ce soient Newton ou Einstein.
     
    Platon lui-même, comme son maître Socrate, ne furent pas des êtres détachés du réel politique. Socrate fut un Hoplite courageux et redoutable, un homme laid comme un bouc et séducteur de jeunes hommes. Platon a participé aux guerres de son temps et revendiqué l'amour des athlètes. L'amour platonicien ne fut jamais l'amour platonique des modernes. Il est un amour violent, sexuel, orgiaque, entre hommes, ou un amour absolu unissant les deux sexes devant l'éternité – un amour de chair solaire.
     
    Ni Socrate, ni Platon ne furent des hommes de ressentiment. Platon est un aristocrate hostile, radicalement hostile, à la forme démocratique du gouvernement d'Athènes. Il n'a rien du précurseur d'un christianisme doloriste. Il n'appartient pas à la généalogie du puritanisme hypersocialisé moderne et de sa forme laïcisée dans les Gender Studies.
     
    Platon est un homme sage pour les hommes d'action – un homme issu des anciennes races de loups et de chasseurs.
     
    Dans le monde vécu, le matériau sensible en général est l'objet d'interprétation. Nous sommes un lieu de projections géométriques multiples. Le matériau sensible est indéfiniment interprété, et interprété par les signes du langage. De manière générale l'être humain, et plus encore l'être humain parlant, n'est pas sur la peau du monde, il en est éloigné, et fait des déductions sur des apparences, sur des impressions. Un maître de sagesse, et une démarche dialectique sur ces impressions et sur les paroles prononcées peut permettre de remonter lentement vers l'être – de devenir ce que l'on est, un miroir de l'être placé au soleil.
     
    Pour Platon, l'homme est fait pour la vérité, mais il l'a perdue. Il est fait pour le soleil des dieux, mais vit dans les ténèbres : il est un nostalgique de l'âge d'or.
     
    Dans les ténèbres de la caverne, la lumière apparaît comme ombre, et la ténèbre est un reflet du soleil invaincu. C'est l'ombre des mondes qui les fait voir à l’œil, organe le plus proche du soleil. Cette vision traditionnelle des ruses des contraires n'est pas dualiste, mais comme toute les traditions légitime, intégration des contraires dans l'Un.
     
    Lors de la projection des ombres, un cercle peut être l'image d'un cercle, d'un cône, d'un cylindre. Une ligne peut être la projection d'une surface. Un point peut être l'image d'un immense axe vertical, l'axe du monde. L’ignorant qui l'oublie passe sur le point sans même ressentir la puissance des mondes assise en ce lieu. Que nul n'entre ici s'il n'est géomètre : s'il ne connaît les règles infinies de transformation, de ruse des formes.
     
    L'erreur ne vient pas des formes, mais des illusions de la vision de l'homme, de ses erreurs sur la nature des choses. Et la puissance qui protège de l'erreur – qui protège de l'arrêt de l'interprétation sur l'apparent immédiat, comme dit Héraclite, cet apparent qui fait voir le soleil de la largeur d'un pied d'homme – est l'imagination. Par l'imagination, la production des formes dans les ténèbres de l'âme, je peux deviner les formes réelles qui font apparaître des formes sur les murs de la cavernes – je peux comprendre que ce cercle est un cylindre ou un cône, que ce point infime est le point d'insertion des dieux dans le monde. Je peux calculer la taille réelle de la terre ou de la lune à partir des apparences – je peux régner sur le monde au lieu de sombrer, impuissant, dans l'illusion. Les idées, comme les nombres pythagoriciens, ne sont pas des apparences, mais des structures stables du monde fluent, insaisissable des apparences. De même que le soleil apparaît par son ombre, de même l'éternité apparaît par le Temps ; les cycles du Ciel, le mouvement des étoiles, sont des rotations, c'est à dire des figures qui font éternellement retour.
     
    Ainsi le spectacle du Ciel étoilé est comme le spectacle de la caverne, l'objet d'une sagesse et d'une dialectique.
     
    Ce qui apparaît est toujours partiel, déformé, et donc à interpréter, signe. Ce qui apparaît n'est pas le tout – le vrai est le tout. Le regard platonicien sur le monde est un regard de contemplation mais aussi de ruse : le monde joue des apparences, et se manifeste comme illusions et tromperies. Un loup regarde ainsi la forêt – telle masse sombre peut être un arbre, une proie, un ennemi – tout pour le chasseur est signe.
     
    L'imagination platonicienne n'est pas une fuite dans un arrière monde, dans l’acceptation passive de la tromperie idéaliste. L'imagination platonicienne est une puissance, une force de l'âme, et une puissance de vérité. Dans le banquet, c'est le comique Aristophane qui raconte la parabole de l'homme originaire sphérique, hermaphrodite. Ce nom crée une distance, une autorisation à la fantaisie qui permet de revenir vers la vérité puissante de l'amour : l'art est ainsi une voie de la vérité. L'art parle sous contrôle de la vie.
     
    L'histoire réelle des sciences ne peut ignorer la force de l'imagination scientifique, et c'est cette imagination qui est l’imagination platonicienne.
     
    Enfin, il reste la politique de Platon - la lutte de Platon contre le Sophisme. Le Sophisme est lié à la forme démocratique du gouvernement. Celui qui parle à un autre homme – celui qui lui donne des signes pour interpréter le monde à nouveau – peut lui dire la vérité, ou lui dire ce qu'il pense devoir lui dire pour le faire agir à sa guise. Bref : la parole jetée dans l'arène politique peut être instrument d'asservissement et d'illusion. Sun Tsu dit : tout l'art de la guerre est fondé sur la duperie.
     
    Si ce que je dis peut être l'origine de mon règne et que je choisis le règne devant les hommes face à – et plutôt que - la vérité, alors ma parole perd sa puissance de vérité – tout le langage de la Cité est dégradé, et les hommes s'éloignent des dieux et des poètes. Le Sophisme est bien le précurseur du Spectacle, second monde construit pour former les hommes soumis à l'ordre qui produit le Spectacle – soumission qui prendra dans ce monde illusoire la forme illusoire de la liberté. Forme illusoire de la liberté, parce qu'elle ne s'exerce – même si elle s'exerce réellement parfois, et cette part de réalité est un moment de la puissance de l'illusion globale – dans un monde qui, pris en totalité, est fondamentalement illusoire et construit pour manipuler.
     
    Comme dit Debord, le Spectacle est un rapport de classe médiatisé par des images – c'est à dire, un dispositif global de domination dans le cadre du développement du Capitalisme. Ce dispositif global est aussi le produit du système capitaliste, c'est à dire d'un système social dépassant la domination pour aller vers l'exploitation massive des hommes. En soi, un dispositif global de domination n'est ni bon ni mauvais : il n'est pas une civilisation qui n'en aie développé – c'est l'objet de l'histoire. L'organisation des hommes, la langue, la civilisation en sont indissociables. Les conditions qui permettent d'articuler dans une langue et de diffuser des propositions condamnant toute hiérarchie organisant un groupe comprennent l'existence préalable d'une société hiérarchisée. Cette remarque est suffisante pour laisser de côté ce genre de discours, comme étant des produits de la déréalisation sophistique.
     
    La particularité du Spectacle est d'être un dispositif de domination qui est parti historiquement du principe de la négation publique de la domination en général, c'est à dire d'un principe contradictoire avec la réalité d'un dispositif de domination quel qu'il soit, et donc en particulier avec le dispositif de domination mis en place « au nom des idéaux universels de liberté et d'égalité ». Ces Noms ont permis la mise en place d'un asservissement généralisé, et d'un projet impérialiste sans précédent. C'est dans cette énorme contradiction symbolique que réside la puissance qui met en œuvre les illusions du Spectacle – la plaie béante du règne doit être sans cesse recouverte de mystères et d'images.
     
    Plus un secret est dangereux pour l'ordre, plus les mécanismes de déni doivent être puissants, et en puissance de violence. Cette remarque est valable de la psychologie individuelle aux groupes les plus étendus, en passant par les familles. La violence de répression dont sont capables les ordres libéraux est visible individuellement dans les hurlements et la haine individuelles qui apparaissent chez les militants de la tolérance quand un point du développement libéral rencontre un obstacle.
     
    La légitimité juridique de la domination bourgeoise est basée sur « la liberté » et « la démocratie », et ainsi le capitalisme moderne est sans cesse dans l'étau de la double contrainte entre la soif indéfinie d'exploitation des hommes qui est l'essence même du capitalisme, et les besoins de la légitimation politique « démocratique ». Le système déploie alors une violence à la fois réelle, économique, en sortant du salariat des millions d'hommes pour les abandonner comme inutiles, et symbolique, en intensifiant jusqu'à la rupture la violence symbolique qui permet de construire une réalité seconde progressiste, quand la réalité première est la mise au pas générale des hommes à l'ordre du capital.
     
    L'exemple chinois montre un capitalisme se développant dans le cadre d'une légitimation communiste. Je ne veux rien dire de plus en passant que la forme « démocratique » de légitimation du Capitalisme n'est pas essentielle à la forme capitaliste de l'exploitation – les principes démocratiques ne sont rien de plus qu'un instrument du développement économique – ils sont une écume de cette histoire. Les vérités du Spectacle ne sont rien de plus que les moments du faux général, des moments de l'histoire de l’exploitation. Les leurres nous invitent sans cesse à lâcher la proie pour l'ombre, et le moins que l'on puisse dire c'est que les leurres fonctionnent massivement, permettant aux masses urbaines déracinées de se redonner une identité dans le cadre du Récit progressiste, où ces individus retrouvent une existence en oubliant sa mise en scène. La mise en scène est comme la structure qui gonfle le vide, et qui donc doit être rendue invisible. Ainsi une actrice qui joue des rôles positifs au cinéma peut continuer à les jouer en dehors de ses films, et devenir chargée de mission de l'ONU dans le monde que le Spectacle présente comme réel, et qui apparaît comme une dépendance du monde que le Spectacle présente comme irréel. Ainsi le Système peut produire le réel, puisque le réel n'est plus rien d'autre que ce qui n'est pas issu des mondes virtuels.
     
    Les salariés arrachés à toute réalité vivante par le morcellement du travail et l'imprégnation spectaculaire se croient parés de grandes vertus, ce qui est bon pour leur ego, à tel point que peu d'hommes les refuseraient dans leurs miroirs trompeurs. Et dans le Récit, par leur générosité et leur ténacité face à des méchants, ils accordent des droits supplémentaires à des catégories opprimées, solidairement avec les maîtres. Ces mêmes maîtres qui organisent pourtant l'exploitation globale, et donc l'exploitation de ces mêmes individus, dans une réalité qu'ils préfèrent ne pas voir – et qui est invisible sur les écrans de contrôle du Système.
     
    Le capitalisme réel est producteur d'exploitation et donc d'exploités. Sans cesse, les hommes de l'idéologie rencontrent des exceptions à leur principe de non-domination globale ; et à chaque fois, le choix se situe entre l'abandon du principe d'irréalité et le renouvellement de constructions symboliques construisant le déni de la situation de domination réelle. Et le choix est toujours l'aggravation du déni, une lente dérive loin du monde immédiat, une intensification de la scission spectaculaire. Les hommes du Spectacle de cessent d'utiliser la force pour interdire l'usage de la force – ils ne cessent de créer de nouvelles interdictions pour assurer la liberté.
     
    Dans le Spectacle, tout ce qui immédiatement disponible est une médiation trompeuse – toute l'information qui me parvient comme une évidence par les médias, cette construction fluente d'un monde fluent, d'un Récit fondamental fait de progrès constants, avec ses problèmes bien identifiés, incontestables – est une tromperie globale, une chimère faite de fragments désarticulés de vérités. Et c'est d'abord en admettant la chimère globale, et en partant des problèmes bien identifiés à l'avance, que je peux revendiquer une liberté ; c'est en me soumettant à ces cadres à partir desquels - et seulement à partir desquels - il est permis de s'exprimer.

    La liberté d'expression que l'on nous vend est un jeu dont les règles nous échappent, sans cependant échapper à tous les hommes. C'est pourquoi cette liberté est une fiction dans le cadre général d'un dispositif de domination qui vise l'invisibilité.
     
    Loin de la liberté du Citoyen, le Spectacle est la construction du monde qui fait de la liberté une illusion vécue – une caverne. La dialectique n'est pas négation, mais intégration du monde : le spectacle fait partie de notre monde, et nous avons à vivre avec. Négatif n'est pas mépris : l'ombre manifeste la lumière à qui sait voir. Au fond, Nietzsche fut un grand platonicien – et il l'a compris au fil de sa vie.
     
    Platon est là pour dire à chaque fois, en clignant des yeux : tu laisses la proie pour l'ombre.
     
    C'est uniquement en ce sens que l'on peut dire que le monde moderne est une défaite de Platon. Mais nous, nous pouvons plus que jamais être platoniciens. C'est ainsi que nous pouvons avoir la puissance d'imagination des sorties des labyrinthes faux et menteurs du Spectacle. C'est ainsi que l'errance des souterrains peut devenir une marche sur un rayon de lune.
     
    Les vérités de la métaphysique sont la vérité des masques.
  • Une protestation bien maladroite

     

    130709Ce 9 juillet à Tallinn on prenait connaissance d'une protestation officielle de l'ambassadeur russe. Celui-ci n'accepte pas en effet que le ministre estonien de la défense mette sur le même pied les deux gouvernements totalitaires qui, après s'être alliés de 1939 à 1941, se sont partagé l'Est européen, l'Estonie étant occupée et annexée par l'URSS. Ils ne se sont trouvés en guerre qu'à partir du 22 juin 1941, date à partir de laquelle les communistes de toute l'Europe se sont ralliés à la résistance. Mais jusqu'à l'attaque hitlérienne, à laquelle il ne s'attendait pas et n'a aucunement préparé son pays, Staline s'est comporté en allié très loyal.

    Les adeptes de la petite histoire retiendront peut-être que la date du 22 juin est chère à ce ministre Urmas Reinsalu puisqu'elle correspond à son propre anniversaire. On pourrait souligner aussi que, né à Tallinn en 1975, il était âgé de 15 ans quand les pays baltes ont arraché leur indépendance à l'empire soviétique. Ancien conseiller du chef de l'État il préside actuellement le parti ProPatria Respublica affilié aux conservateurs du parti populaire européen. On observera au besoin que la présidence tournante de l'Union européenne est assumée depuis le 1er juillet par les amis lituaniens.

    Il apparaît que les cercles dirigeants et historiens officiels moscovites ne comprennent toujours pas que les Baltes, et quelques autres, sans s'attarder sur la "comparaison philosophique" entre les deux régimes totalitaires, ont considéré et considèrent encore que l'Union soviétique, qui les incorpora de force dans sa période d'alliance avec le Reich, n'était pas autre chose qu'un occupant.

    Couv-ashIl est pour le moins troublant que ces cercles se montrent aussi sourcilleux pour défendre le passé le moins avouable de l'Union soviétique. Par comparaison, observons qu'on n'a jamais vu les porte-parole officiels allemands chercher à minimiser les crimes du gouvernement de Berlin des années 1933-1945. Or, lorsque j'ai publié les documents, les cartes, les faits relatifs à l'alliance Staline-Hitler (1)⇓ j'ai remarqué une hostilité absolue, et même une consigne de silence, de tous ceux pour qui, finalement, le "génial Staline" demeure une référence, ainsi que de la part de leurs divers obligés.

    Mon livre met pourtant en évidence tout ce que ce régime et, en particulier, cette alliance a engendré de souffrances pour les peuples de l'Est européen, à commencer par les Russes. Ils voudraient nous convaincre que, dans certaines sphères, rien n'a changé, qu'ils ne s'y prendraient pas différemment.

    JG Malliarakis http://www.insolent.fr/

    Apostilles

    1. cf. "L'Alliance Staline Hitler (1939-1941)" comprenant l'intégralité des accords germano-soviétiques.
  • La fausse démocratie expliquée en 10 minutes par Etienne Chouard

    http://www.youtube.com/watch?v=ZWSXU0mCxT0

  • Quand Marcel Pagnol dénonçait les manuels d'histoire de la République...


    Quelques débats récents sur la question de la neutralité à l’école me conduisent à évoquer Marcel Pagnol qui, lui-même fils d’instituteur de la IIIe République, ne croyait guère à cette supposée neutralité, expliquant dans son ouvrage « La Gloire de mon père » que « tous les manuels d’histoire du monde n’ont jamais été que des livrets de propagande au service des gouvernements », ce que je peux aisément confirmer au regard de ma propre expérience, autant comme élève qu’aujourd’hui comme professeur…

    Dans ce même livre, Pagnol dénonce, avec esprit et un brin d’amertume, cette subjectivité républicaine qui, pourtant, a été un outil important de ce que l’on nomme aujourd’hui « l’identité nationale », identité qui se voulait collective mais oubliait la part provinciale (il faudrait d’ailleurs en parler au pluriel…) de ce qui formait « l’identité de la France », et maquillait les aspects les plus sombres de cette République qui se voulait « universelle » à défaut d’être « plurielle »… : « Les écoles normales primaires étaient à cette époque de véritables séminaires, mais l’étude de la théologie y était remplacée par des cours d’anticléricalisme (…). Les cours d’histoire étaient élégamment truqués dans le sens de la vérité républicaine. (…) Les normaliens frais émoulus étaient donc persuadés que la grande Révolution avait été une époque idyllique, l’âge d’or de la fraternité poussée jusqu’à la tendresse : en somme, une expérience de bonté. Je ne sais pas comment on avait pu leur exposer – sans attirer leur attention – que ces anges laïques, après vingt mille assassinats suivis de vol, s’étaient entreguillotinés eux-mêmes (…). »

    L’Histoire est cruelle…

    http://www.actionroyaliste.com

  • L’identité nationale contre les peuples par Georges FELTIN-TRACOL

    Dans son édition du 14 novembre 2009, Le Monde rapporte les propos du député français au Parlement européen, le socialiste Vincent Peillon : « L’identité nationale française ne se définit pas par rapport à l’étranger, l’immigration, la race ou le sol, elle se définit par rapport à l’école (1). » Si cela est avéré, gageons que l’identité française se trouve dans le même coma dépassé que le système scolaire hexagonal… Ce débat sur l’identité nationale est d’abord une manœuvre électorale du parti au pouvoir et de son chef qui, craignant de recevoir une raclée magistrale aux prochaines régionales, racolent les électorats conservateur, droitier et national. Il s’inscrit ensuite dans un sentiment général, quoique diffus, ainsi résumé : « Qu’est-ce qu’être Français au terme de la première décennie du XXIe siècle ? » La question mérite d’être posée. En revanche, les réponses ne doivent pas se focaliser sur les seules problématiques de l’immigration et de l’islam. Certes, l’identité nationale se doit de répondre au phénomène migratoire et au défi musulman. Il ne faut cependant pas oublier d’autres interrogations connexes telles que « L’identité nationale est-elle compatible avec la mondialisation libérale ? », « Peut-elle se mouler dans le processus européen en cours ? », « Ne nuit-elle pas à la renaissance des régions et aux mesures décentralisatrices ? », « Ne contrarie-t-elle pas la politique des genres, l’exercice des “ reconnaissances ”, les actions anti-discriminatoires et le caractère “ multiculturel ” des sociétés post-industrialisées ? ». On peut même se demander si l’identité nationale est encore possible après les grandes messes médiatiques du “ Grenelle de l’environnement ” et de la conférence de Copenhague… Si l’identité nationale française est en crise, c’est parce que l’unité politique de la France, l’État, doute maintenant de lui-même. Sans remonter à l’œuvre des Capétiens, disons que les violentes querelles qui stimulèrent et fortifièrent la République (affaire Dreyfus, séparation entre l’État et l’Église, cristallisation du clivage droite – gauche, anticommunisme et anti-fascisme parfois élargi à l’anti-gaullisme du R.P.F.) et la mission intégratrice de l’école, de la conscription, des élections régulières, des syndicats, de la colonisation, de la presse, de l’essor économique avec la promesse du plein emploi et de l’industrialisation comme projet de vie meilleure, modelèrent les mentalités et favorisèrent un homme français dont l’acmé coïncide avec la présidence de Georges Pompidou (1969 – 1974). Aujourd’hui, la suppression du service militaire obligatoire, la perte des colonies, le naufrage de l’enseignement, la désindustrialisation massive, le chômage élevé, les délocalisations incessantes, la crise du syndicalisme, de l’information, des partis politiques et de la représentation témoignent d’une indéniable mutation dont seule une certaine vision de l’identité nationale semble ne pas vouloir entériner, car elle repose sur le mythe de la République qui a tendance dans les discours à se substituer à la France. Héritière des Lumières dont nous entrevoyons les dernières lueurs, la République française n’est pas une res publica telle que la concevaient les Romains ou l’envisageait Machiavel. Cette République-là est une divinité vorace, un Moloch, qui n’accepte que des zélateurs et dont les limites idéales correspondent à celles du monde. « L’identité française se résume pour l’essentiel à l’idée républicaine, affirme Maurice Szafran (2). » C’est une idéologie totale qui sacralise le citoyen rationnel délié de toutes ses appartenances et de tous ses héritages, y compris et surtout spirituels, d’où une grande défiance envers toute forme de sacré, en particulier quand se rassemblent dans un même lieu, pas forcément privatif, les membres d’un même groupe afin de partager un vivre-ensemble commun (communier). Pour Maurice Szafran, « l’identité nationale républicaine, c’est la laïcité […], c’est la relégation du religieux dans la sphère familiale et privée […], c’est l’affirmation du principe égalitaire contre le principe héréditaire (3). » La République ne reconnaît par conséquent que des individus et leur addition hypothétique en l’Humanité. Elle se fiche du destin des patries incarnées et de leurs personnes. Son message se veut messianique; il se concentre sur le seul épanouissement de l’individu, épanouissement garanti par des droits de l’homme désormais érigés en dogme théocratique, qu’il lui sied, celui du matérialisme profane, sans dessein anagogique. Il en résulte le refus répété des autorités de reconnaître les cultures vernaculaires et d’accepter les manifestations religieuses hors de l’intimité. L’identité nationale française s’est construite contre les peuples et leur foi. Naguère, notre pays était la terre des hommes libres. La République qui valorise la Liberté broie ces libertés profuses. Mais le bagne qu’elle est n’arrive pas à étouffer les revendications venues des profondeurs de l’histoire. Désormais sur la défensive, la République et ses laudateurs montrent d’irréfutables signes de crispation pathologique. En témoignent les diverses tentatives de légiférer le port du voile musulman ou de restreindre les nouveaux mouvements religieux sous le prétexte que ce serait des « sectes » dont les membres n’apprendraient pas à leurs enfants qui est Zidane ! Les prises de position anti-musulmanes reposent bien trop souvent sur une haine de la religiosité et des légitimes différences. Ainsi, le Grand-Maître du Grand Orient de France, Jean-Michel Quillardet, dit qu’il est « pour l’interdiction de la burqa, pas au nom de l’identité nationale mais au nom de l’universalité (4) ». Il se désintéresse de la submersion démographique issue des flux migratoires qui accélèrent le remplacement des populations autochtones par de nouveaux habitants allogènes. Il veut poursuivre l’arasement des cultures et l’édification d’un Pandémonium planétaire qui serait une juxtaposition anarchique de collectivités d’égo soumises au Diktat du Marché et de l’hyper-consommation, bref, tout le contraire d’une authentique complexité communautaire spirituelle et ethno-culturelle agencée. Trop régulièrement, la lutte contre l’islam, le christianisme ou les « sectes » exprime, au-delà des justifications féministes, égalitaristes, nationistes ou droit-de-l’hommistes, un ressentiment, une haine, envers tout ce qui est spirituel. « La spiritualité, voilà l’ennemi ! », estime notre classe politique faillie. Or, s’il manque à l’identité nationale un esprit, car être Français, ce n’est pas que vivre en France ou bénéficier de ses largesses sociales, notre époque, par chance, n’en manque pas; il gît dans les solidarités sensibles, les communautés concrètes et les identités tangibles, dans ces structures de vivre-ensemble alternatives qui préparent l’avènement du pluralisme (ou polythéisme) des valeurs. Malgré les incantations de quelques élus qui veulent interdire les drapeaux étrangers lors des mariages (5) parce qu’« à l’heure de ce grand rendez-vous, il faut choisir : ou bien l’on décide de s’unir à l’être aimé lors d’un mariage, uniquement drapé aux couleurs de la République (et l’on épouse alors tous les principes [serait-ce donc un appel à la polygamie ?]), ou bien on l’y renonce, en toute liberté (sic !) (6) », le quidam ne croit plus en une uniformité inefficiente, paralysante et mortifère. Et les politicards n’y pourront rien ! L’ère de l’homogène et de l’unitaire s’achève et « empiriquement, l’hétérogénéité reprend force et vigueur. Réaffirmation de la différence, localismes divers, spécificités langagières et idéologiques, rassemblement autour d’une commune origine, réelle ou mythifiée. Voire exacerbation de convictions religieuses », relève Michel Maffesoli (7). L’État-nation éclate, se disloque, se fragmente, se désagrège : les polémiques autour de l’immigration et de la burqa n’en sont que les symptômes les plus visibles ! L’identité nationale est à refonder et donc à reformuler en prenant acte de l’individualisme exacerbé, du déracinement de masse accompli et de la menace mondialiste du métissage, ce métissage que vante Nicolas Sarközy dans Le Monde du 9 décembre 2009. Loin d’être la panacée espérée, le métissage se comprend comme l’effacement des différences au profit d’une morale républicaine à finalité universelle. Repenser l’identité nationale implique de se défaire de ce fétichisme politique qu’est l’État national souverain. « Il est dangereux, au nom d’une conception quelque peu vieillissante de l’unité nationale et d’une identité figée, de ne pas reconnaître la force du pluralisme, la conjonction d’identifications diverses, souligne Michel Maffesoli (8). » Il ajoute plus loin que les communautés (ou « tribus ») « soient sexuelles, musicales, religieuses, sportives, culturelles, importe peu, ce qui est certain, c’est qu’elles occupent l’espace public » (9). Que surgissent donc ces ensembles variés qui redonneront aux Français de racines européennes, parmi d’autres, l’appartenance à un peuple façonné par sa langue ! « Encore faut-il, naturellement, qu’il y ait un peuple, c’est-à-dire des communautés vivantes et enracinées, tout ce que l’État centraliste n’aime pas et a toujours combattu, note Dominique Venner (10). » Cela suppose de mettre l’identité française, identité linguistique (11) et historique, en résonance avec les identités régionales d’une part et avec l’identité européenne matricielle d’autre part. Cela implique en outre de redéfinir la vision de l’État et, « après tout, pourquoi ne pas envisager que la “ chose publique ” (res publica) s’organise à partir de l’ajustement, a posteriori, de ces tribus électives ? […] Le centre de l’union peut se vivre dans la reliance, a posteriori, de valeurs opposées, énonce Michel Maffesoli (12) ». Cette vision de l’organisation sociale s’appelle l’Empire ! Et, n’en déplaise à MM. Peillon, Szafran, Gallo, Besson et Sarközy, « il faut avoir l’audace intellectuelle de savoir penser la viridité d’un idéal communautaire en gestation » (13). Avec les « tribus » post-modernes, c’est à la fin de la modernité que nous assistons et à l’émergence d’une nouvelle sapience. La France se métamorphose et adopte des caractéristiques plus européennes, plus culturalistes, plus bigarrées et plus effervescentes. L’hiver stato-national s’en va tandis que nous parviennent les premières senteurs printanières. Alors, « dans la grisaille quotidienne, l’existence s’empourpre de couleurs nouvelles, traduisant ainsi la féconde multiplicité des enfants des dieux (14) ». Georges Feltin-Tracol http://www.europemaxima.com Notes 1 : À l’émission « Questions du mercredi », organisée par France Inter, Le Monde et Dailymotion, du 11 novembre 2009. 2 : in Marianne, 31 octobre – 6 novembre 2009. 3 : Idem. Dans Le Figaro du 30 octobre 2009, Max Gallo évoque « Les dix points cardinaux de l’identité française » : le droit du sol, l’égalité, l’État, la citoyenneté, l’école, la laïcité, l’éclatement (le risque permanent de), la langue française, l’égalité des femmes et l’universalisme. Hormis pour le huitième point et, avec des réserves, le quatrième, nous sommes en désaccord complet avec son propos. 4 : in Le Nouvel Observateur, 5 – 11 novembre 2009. 5 : Il est vrai que dans de nombreuses communes françaises, les samedis après-midi sont perturbés par l’entourage bruyant des nouveaux mariés qui n’hésite pas à brandir des drapeaux provenant rarement d’Europe centrale ou d’Océanie… En revanche, rares ont été les réactions, suite au pavoisement de voitures et d’immeubles aux couleurs algériennes dans l’Hexagone au moment de la qualification de ce pays à la Coupe du monde de football en Afrique du Sud. Ce déferlement inouï de couleurs verte et blanche est bien plus grave que la question du « foulard islamique ». 6 : Proposition de loi du député U.M.P. de l’Hérault, Élie Aboud, cité par Le Monde, 9 décembre 2009. Les arguments sont proprement totalitaires. La loi actuelle oblige déjà les futurs mariés à passer d’abord en mairie avant que leur union soit célébrée par un prêtre. Toujours ce carcan laïque sur les croyances… 7 : Michel Maffesoli, « Communautés ou communautarisme ? », in Le Figaro, 21 décembre 2009. 8 : Idem. 9 : Id. 10 : Dominique Venner, « Souveraineté et identité », in Le Figaro, 1er février 1999. On lira aussi l’entretien qu’il accorde à Jean-Paul Angelelli, « Europe, identité et souveraineté », in Rivarol, 19 février 1999. 11 : On ne peut qu’être surpris par l’absence dans ce débat du moindre questionnement autour de la langue française qui est moins menacée par la résurgence nécessaire des langues dites régionales que par le sabir anglophone d’aéroport, l’emploi toujours plus banalisé du franglais et l’appauvrissement lexical des locuteurs. Une véritable discussion devrait au préalable traiter de son rôle fondamental dans la construction de l’identité nationale. 12 : Michel Maffesoli, « Communautés ou communautarisme ? », art. cit. 13 : Idem. 14 : Id.