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culture et histoire - Page 1863

  • Manifeste de “La Révolution des Jonquilles”

    Qu'est-ce que "la Révolution des Jonquilles" ?

    C'est un groupe  haut-savoyard qui considère qu'il faut résister à la culture libérale/libertaire imposée par une grande partie des médias, des politiques et du monde économique depuis 30 ans. Ce groupe se reconnaît dans la charte et le manifeste du Printemps Français et promeut la défense des plus faibles, en priorité l'enfant, la personne âgée, la personne fragilisée par les pertes de repère. Car il n'y a pas de plus grande pauvreté que de perdre le sens de la famille, car la famille père/mère/enfant est et doit rester le socle de la société.

    Qui en fait partie ?

    Tous ceux qui se reconnaissent dans ces principes. C'est un collectif  horizontal sans hiérarchie particulière, sans président, ni directeur, ni secrétaire général. Les bonnes volontés de chacun sont les bienvenues.

    Que fait la Révolutions des Jonquilles ?

    Elle promeut par tous les moyens NON-VIOLENTS les principes qu'elle défend. Par du tractage, l'organisation d'évènements ludiques et transgressifs, le collage d'affiches et tout autre moyen qui rendent présentes médiatiquement nos idées. Elle soutient la "Manif pour Tous", les "Veilleurs", le "camping pour tous", les "enfants des terreaux", les "Antigones", les "Enfants des Géants" et beaucoup d'autres mouvements qui œuvrent dans le même sens.

    Rejoignez-nous par courriel (revolutionjonquilles@yahoo.fr) ou via Facebook !
    La Révolution des Jonquilles

    http://www.printempsfrancais.fr/

  • Les relations familiales - partie 3

    Au terme de nos deux premières parties, nous avons déploré le manque de lien entre les générations. Ce constat partait du postulat que le lien entre les générations est la condition sine qua non de la pérennité d’une société. En effet les sociétés traditionnelles sont basées sur le respect des aînés et le « jeunisme » apparaît souvent comme un pur produit de la modernité. La presse du système n’hésite pas d’ailleurs à employer de façon surabondante le mot « jeune » qui sonne immédiatement chez nous comme un synonyme de « racaille », par exemple…

    Au sein de la famille, le « jeunisme » fait des dégâts, c’est une évidence, mais cette faillite du lien intergénérationnel ne vient certainement pas que des plus jeunes.

    Pour partir d’un poncif, la jeunesse n’est que le reflet de la société dans laquelle elle évolue. Si beaucoup de jeunes d’aujourd’hui sont souvent inaptes à se concentrer, désintéressés de leur histoire, préoccupés par des futilités et imperméables à toute vision traditionnelle de l’existence, c’est parce qu’ils sont issus de parents mais aussi souvent de grands-parents qui sont les fossoyeurs de la vieille Europe. Des générations hédonistes, tièdes, dénuées de tout sens des valeurs, qui ont copieusement adhéré au modèle américain d’après guerre, délaissant par là traditions, identité et réflexion sur le présent. Comment serait-il donc possible pour des enfants d’apprendre de gens qui ont eux-mêmes œuvré consciemment ou non au reniement de nos valeurs européennes ?

    Alors que nos ancêtres étaient très majoritairement des paysans attachés à leur terre et pratiquant parfois plusieurs langues (nationale et locale), les générations issues du XXe siècle sont majoritairement des urbains travaillant (ou ayant travaillé) dans les services, maîtrisant mal leur langue nationale, ayant oublié leur langue locale et incitant leurs enfants à maîtriser l’anglais, ou le « globisch », pour faire carrière dans des domaines où il est possible de s’enrichir, soit bien souvent des activités méprisées par toute la philosophie européenne et la théologie chrétienne. Réussir socialement, attente quelque peu naturelle, devient malheureusement l’unique but de géniteurs qui n’ont plus rien à transmettre que le goût de l’avoir à leurs descendants…

    Alors que nos ancêtres furent souvent des soldats, bien que trop souvent pour de mauvaises causes, la plupart des générations s’émeuvent d’un rien, proclament le chimérique pacifisme intégral et le refus du don de soi, sauf bien sûr quant il s‘agit d’avoir le dernier écran plat en solde ou en promotion (comme l’atteste les bagarres hystériques auxquelles nous assistons chaque année dans les temples de l'hyperconsommation).

    Alors que nos ancêtres plaçaient la fidélité comme socle des relations homme-femme, les dernières générations sont celles du divorce, de l’éclatement de la famille, des relations d’un soir et de « l’extension du domaine de la lutte »  aux relations homme-femme.

    Bien sûr il ne faut pas fantasmer sur tout cela, le travail agricole est difficile, la guerre impitoyable et cruelle et la femme pouvait être déconsidérée. Il est surtout remarquable de voir comment le XXe siècle marque un tournant anthropologique majeur dont les générations précédentes sont entièrement responsables et la jeunesse actuelle le fruit pourri.

    Ainsi, il ne fait pas de doute que le seul moyen d’avoir une jeunesse digne de l’Europe, c’est de l’éduquer dans l’idéal homérique ou chevaleresque. Pour cela, le rôle des parents est capital et tant qu’il y’aura des parents acquis au système libéral-libertaire, il y’aura des enfants désorientés.

    Notre plus grand espoir, c’est de constater que de plus en plus de jeunes de 20 ans s’extirpent de la prison dorée libérale pour renouer avec les valeurs traditionnelles. C’est peut-être sur cette génération que repose l’avenir de tout un continent….

    Jean http://cerclenonconforme.hautetfort.com/

  • L'enseignement catholique doit instruire, éduquer et proposer la foi

    Le week-end dernier s'est tenue une convention intitulée « Avons-nous besoin de l’école catholique ? ». Exrait de l'interview dans La Croix du secrétaire général de l'enseignement catholique, Éric de Labarre :

     

    "Du milieu des années 1970 au début des années 1990, la sécularisation a profondément affecté le fonctionnement de nos établissements, qui ont eu tendance à se rapprocher, par un mimétisme délibéré, du modèle public (...)

    En 1996, la Lettre aux catholiques de France voulait faire de l’enseignement catholique une école de la proposition de la foi chrétienne. Des pas ont été faits dans cette direction. Mais, pour des raisons historiques, il reste difficile d’aborder les questions religieuses sans être accusés de prosélytisme. Or il ne peut pas y avoir d’évangélisation sans proposition explicite de la foi, dans le respect de la liberté de conscience des enfants et de leurs familles (...)

    cette offre éducative, parce que nous sommes une école catholique, est forcément fondée sur le christianisme (...) Ce qui est sûr, en revanche, c’est que les évêques sont aujourd’hui infiniment plus attentifs à l’école catholique qu’ils ne l’étaient il y a vingt ou trente ans. À l’époque, pour évangéliser, une bonne part de l’épiscopat privilégiait les aumôneries des établissements publics. Or, aujourd’hui, là où elles existent, ces aumôneries ne sont fréquentées que par les enfants de catholiques convaincus (...)

    Les évêques savent, désormais, que nos établissements, ouverts à tous, offrent un terrain d’évangélisation bien plus vaste. Il ne s’agit pas de tomber dans la caricature d’une école catholique réservée aux catholiques. Mais d’entendre les attentes d’un certain nombre de parents qui cherchent chez nous des outils qu’ils n’ont pas eux-mêmes pour élever leurs enfants dans la tradition chrétienne. Nos établissements doivent à la fois instruire, éduquer et proposer la foi."

    Philippe Carhon http://www.lesalonbeige.blogs.com/

  • Le B’nai B’rith réclame un contrôle « des valeurs » des jeunes Français

    Achtung ! Achtung ! L’organisation maçonnique réservée aux seuls juifs (y a pas de discrimination là ? !) souhaite un enseignement plus « efficace » de la religion shoatique sans pour autant avoir oublié de contrôler d’éventuels relents d’antisémitisme chez les jeunes Français.
    Pour vous convaincre il suffit de lire son communiqué délirant :

    Le B’nai B’rith France a présenté à la presse aujourd’hui 28 mai 2013
    « Le Livre Blanc Pour la Citoyenneté et Contre l’Antisémitisme – Propositions du B’nai B’rith France »

    « L’organisation juive B’nai B’rith France demande au gouvernement d’introduire un test sur « les valeurs de la République » lors de la Journée Défense et Citoyenneté, dans un Livre Blanc publié mardi qui recense ses propositions pour lutter contre l’antisémitisme.

    Lors de ces journées, obligatoires pour tous les jeunes de 18 ans, « il serait pertinent de faire passer un test préalable de sensibilité aux valeurs de la République et au principe de laïcité », estime cette ONG dans son ouvrage, transmis vendredi au président François Hollande.

    Il s’agirait à la fois de mieux connaître l’ampleur des déficits et d’imposer une formation aux « jeunes chez qui le test relèverait des fondamentaux défaillants », ajoute l’organisme.

    Le B’nai B’rith, créé en 1843 à New York sur le modèle des confréries maçonniques, est présent dans 58 pays. En France, où il existe depuis 1932, il est membre du Conseil représentatif des institutions juives (Crif) et compte 60 loges. Selon son site, il a notamment pour mission l’action caritative, la lutte contre l’antisémitisme et le soutien à Israël.

    « En publiant notre Livre Blanc, nous sommes en rupture avec notre tradition de discrétion, car nous considérons que l’heure est grave », a expliqué son président Serge Dahan lors d’une conférence de presse, en mentionnant la montée des actes antisémites et « le traumatisme de l’affaire Merah ».

    Depuis l’assassinat de trois enfants et un enseignant juif à Toulouse par Mohamed Merah, le 19 mars 2012, « François Hollande n’a pas ménagé ses messages réconfortants envers la communauté », a estimé M. Dahan. « Mais finalement, il ne se passe pas grand’ chose », a-t-il déploré, en demandant aux autorités de passer « des mots aux actes ».

    Pour ce faire, le B’nai B’rith recommande, entre autres, de renforcer la formation des enseignants pour les aider à transmettre l’histoire des Juifs et de la Shoah, notamment en leur donnant « une méthode psychopédagogique de déconstruction des stéréotypes auprès des élèves ».

    L’organisation suggère aussi de compléter les programmes d’histoire sur la présence du monde juif en Europe. Celui-ci « disparaît de la scène de l’Histoire de la fin de l’Antiquité et ne réapparait qu’à travers l’affaire Dreyfus », constate-t-elle. « Dans ces conditions comment appréhender l’anéantissement des 6 millions de Juifs d’Europe entre 1940 et 1945 ? » »

    http://www.contre-info.com

  • Le christianisme "radical" consiste à imiter Jésus Christ

    Intéressante tribune de Bernard Antony comparant habilement christianisme radical et islam radical :

    "Le christianisme « radical », c’est de tout laisser pour suivre le Christ comme le font les saints, se dépouillant de tout pour le service des autres. Le Christ nous commande : « Aimez-vous les uns les autres ! ». Plus encore : « Aimez vos ennemis ! ». Et aussi : « Que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre ! ». Le christianisme « radical » consiste tout simplement à prendre l’Évangile au pied de la lettre, à choisir la radicale pauvreté du Christ et sa paix. Cela s’appelle « l’imitation de Jésus-Christ ».

    L’islam, non pas si radical mais « normal », c’est simplement d’imiter le prophète Mahomet, de lui obéir tel qu’appliquant notamment dans son gouvernement à Médine les ordres reçus de Dieu et qu’il a rapportés dans le Coran. C’est admirer et imiter ses « faits et gestes (Hadiths en arabe) tels qu’enseignés dans toutes les mosquées, écoles et universités islamiques et codifiés dans la charia. Aimer Mahomet, c’est admirer l’exemple de l’égorgement du millier de Juifs de Médine, et la distribution à ses guerriers de leurs femmes et enfants. C’est apprécier l’exemplarité de ses ordres de lapidation des femmes adultères, d’amputation des membres des voleurs, de mise à mort des incroyants et des apostats, de tortures de ceux qui se sont moqués de lui. C’est cela qui est appliqué strictement de l‘Arabie saoudite à l’Afghanistan. Ce modèle, il est enseigné dans les deux textes sacrés de l’islam, vendus partout. Il suffit de les ouvrir pour vérifier combien la dimension sanguinaire les imprègne.

    L’islam un peu plus « radical », c’est d’obéir aux appels et aux ordres de califes ou d’imams lorsqu’ils décident, à l’exemple de Mahomet, le moment venu pour de nouvelles conquêtes par le Jihad selon son acception guerrière. C’est un islam dans lequel certes on valorise plus « le moment de la guerre » que « la période de la trêve ». Le problème pour notre monde, c’est que s’il y a certes des chrétiens pour tiédir le message de l’Évangile, il n’y a aucun musulman qui pourrait s’aviser d’édulcorer le Coran ou de déclarer qu’il faudrait expurger le Hadith du tiers de ses textes.
    L’islam, ce n’est pas qu’une religion, c’est l’idéologie de la théocratie totalitaire de son prophète. Faut-il être stupide pour refuser la liberté de le critiquer par crainte de l’imputation stupide « d’islamophobie » ! C’est par amour pour les musulmans qu’on voudrait qu’ils se libèrent du carcan de l’islam et trouvent l’amour et la paix du Christ."

    Philippe Carhon  http://www.lesalonbeige.blogs.com/

  • Gustave de Beaumont et la critique radicale de la démocratie américaine

    Beaumont,_Gustave_de.jpgComme je le dis parfois, nous vivons dans un présent permanent depuis environ deux siècles. Les années 1830 sont déjà notre société et nous ne les quitterons qu’à la prochaine comète qui s’écrasera sur notre vieille planète. Ce n’est pas un hasard. Le progrès et la blafarde modernité ont paralysé l’histoire de l’humanité. Pronostiquée par Hegel en 1806, la Fin de l’Histoire n’en finit pas de prendre son congé.

    Gustave de Beaumont est le célèbre accompagnateur de Tocqueville en Amérique. Ils allaient y étudier les établissements pénitentiaires (c’est prémonitoire, il y a trois millions de détenus là-bas, et les matons forment le premier syndicat dans une dizaine d’Etats). Je n’avais jamais pensé à le lire mais c’est Karl Marx qui le cite ! Ma curiosité éveillée, je trouve sur un site québécois son très beau livre (avec une partie romanesque un peu niaise et trop copiée sur Manon Lescaut) sur Marie et l’esclavage, où Gustave de Beaumont révèle une lucidité française bien digne de Tocqueville et un style d’exception digne de Chateaubriand, du Lamartine de Graziella (texte préféré de Joyce en français) et  plus généralement de l’aristocrate qu’il était – après ce sera fini avec Balzac ; après la prose sentira la roture, je le dis comme je le pense.

    Les jugements de Beaumont sont encore plus durs que ceux de Tocqueville. Il ne digère pas l’hypocrisie éhontée de l’esclavage dans une nation libre et donneuse de leçons, et aussi beaucoup d’autres choses. J’ai picoré ces réflexions çà et là dans son si beau texte :

    Les Américains des États-Unis sont peut-être la seule de toutes les nations qui n’a point eu d’enfance mystérieuse.

    Là, on est bien d’accord. Le prosaïsme américain a écœuré toutes les grandes âmes yankees, Poe (Colloque entre Monos et Una), Melville (Pierre),  Hawthorne (lisez l’admirable Petite fille de neige) entre autres. Encore qu’en analysant mieux le caractère Illuminati du dollar qui continue de fasciner l’humanité alors que l’Amérique est en faillite…

    Il est clair en tout cas que pour Beaumont l’argent fait le bonheur des Américains, qui réifient tout, comme disent aussi les marxistes : la nature c’est de l’environnement, et l’environnement ça sert d’abord à faire de l’argent.

    Absorbé par des calculs, l’habitant des campagnes, aux États-Unis, ne perd point de temps en plaisirs ; les champs ne disent rien à son cœur ; le soleil qui féconde ses coteaux n’échauffe point son âme. Il prend la terre comme une matière industrielle ; il vit dans sa chaumière comme dans une fabrique.

    Vrai Saroumane, l’Américain déteste la nature et en particulier la forêt (on se souvient du beau poème de Ronsard sur la destruction des bois du Gâtinais) :

    Les Américains considèrent la forêt comme le type de la nature sauvage (wilderness), et partant de la barbarie ; aussi c’est contre le bois que se dirigent toutes leurs attaques. Chez nous, on le coupe pour s’en servir ; en Amérique, pour le détruire. L’habitant des campagnes passe la moitié de sa vie à combattre son ennemi naturel, la forêt ; il le poursuit sans relâche ; ses enfants en bas âge apprennent déjà l’usage de la serpe et de la hache… l’absence de bois est, à leurs yeux, le signe de la civilisation, comme les arbres sont l’annonce de la barbarie.

    Beaumont comprend comme Baudelaire et aussi Edgar Poe qu’avec l’Amérique on entre dans un nouvel âge du monde : l’âge de l’intérêt  matériel, du conformisme moral (la tyrannie de la majorité) et de la standardisation industrielle.

    Tout d’ailleurs s’était rapetissé dans le monde, les choses comme les hommes. On voyait des instruments de pouvoir, faits pour des géants, et maniés par des pygmées, des traditions de force exploitées par des infirmes, et des essais de gloire tentés par des médiocrités.

    Beaumont a raison : le monde moderne c’est Lilliput.

    La force d’imprégnation américaine est elle qu’elle uniformise toutes les nations immigrées chez elles. Cela est intéressant car cela se passe bien avant la machine à broyer hollywoodienne ou l’irruption de la télévision. L’Amérique c’est l’anti-Babel, le système à tuer les différences que la chrétienté avait si bien su préservé.

    Chose étrange ! La nation américaine se recrute chez tous les peuples de la terre, et nul ne présente dans son ensemble une pareille uniformité de traits et de caractères.

    Le rapport sacré à la terre n’existe bien sûr pas. On n’y connaît pas le paysan de Heidegger (Beaumont explique que le Tasse et Homère ne seraient pas riches, alors…). Tout n’est qu’investissement immobilier au paradis du déracinement libéral :

    L’Américain de race anglaise ne subit d’autre penchant que celui de l’intérêt ; rien ne l’enchaîne au lieu qu’il habite, ni liens de famille, ni tendres affections… Toujours prêt à quitter sa demeure pour une autre, il la vend à qui lui donne un dollar de profit.

    C’était bien avant les sub-primes !

    Une des grandes victimes de la civilisation américaine est alors la femme (avec les noirs et les indiens dont Beaumont parle très bien, et objectivement). Ce n’est pas pour rien que toutes les cultures du ressentiment au sens nietzschéen, l’antiracisme, la théorie du genre, le féminisme, le sectarisme sont nés aux USA au dix-neuvième siècle et après :

    Sa vie est intellectuelle. Ce jeune homme et cette jeune fille si dissemblables s’unissent un jour par le mariage. Le premier, suivant le cours de ses habitudes, passe son temps à la banque ou dans son magasin ; la seconde, qui tombe dans l’isolement le jour où elle prend un époux, compare la vie réelle qui lui est échue à l’existence qu’elle avait rêvée. Comme rien dans ce monde nouveau qui s’offre à elle ne parle à son cœur, elle se nourrit de chimères, et lit des romans. Ayant peu de bonheur, elle est très religieuse, et lit des sermons.

    On dirait notre bonne vieille Emma ! Tout cela ne fait pas le bonheur des femmes, qui n’ont pas encore le féminisme et la pension alimentaire pour bien se rattraper. L’Amérique invente madame Bovary plus vite que Flaubert (l’adaptation de Minnelli avec Jennifer Jones est éblouissante d’ailleurs) et le couple qui n’a rien à se dire – sauf devant l’avocat ou le psy, comme Mr and Mrs Smith (ils veulent bien se parler, mais il faut qu’ils paient !). La famille US est déjà telle que nous la connaissons aujourd’hui : quand elle n’est pas recomposée ou divisée, elle n’est pas ; Et cela sans qu’il y ait eu besoin de la télévision, du frigidaire et du portable pour abrutir et isoler tout le monde. Beaumont ajoute qu’il n’y a aucune affection, c’est cela le plus moderne – et donc choquant.

    Ainsi se passent ses jours. Le soir, l’Américain rentre chez lui, soucieux, inquiet, accablé de fatigue ; il apporte à sa femme le fruit de son travail, et rêve déjà aux spéculations du lendemain. Il demande le dîner, et ne profère plus une seule parole ; sa femme ne sait rien des affaires qui le préoccupent ; en présence de son mari, elle ne cesse pas d’être isolée. L’aspect de sa femme et de ses enfants n’arrache point l’Américain au monde positif, et il est si rare qu’il leur donne une marque de tendresse et d’affection, qu’on donne un sobriquet aux ménages dans lesquels le mari, après une absence, embrasse sa femme et ses enfants ; on les appelle the kissing families.

    L’obsession de l’argent qui crée des crises et de banqueroutes continuelles est continuelle : on n’a pas attendu Greenspan, Bernanke et les bulles de la Fed pour se ruiner – ou refaire fortune.

    Le spectacle des fortunes rapides enivre les spéculateurs, et on court en aveugle vers le but : c’est là la cause de ruine. Ainsi tous les Américains sont commerçants, parce que tous voient dans le négoce un moyen de s’enrichir ; tous font banqueroute, parce qu’ils veulent s’enrichir trop vite.

    Voyons la religion dont on a fait si grand cas là-bas. Si la femme est une « associée », un partner, comme on dit là-bas, l’homme religieux est un homme d’affaires. Beaumont est ici excellent dans son observation (c’est le passage que cite Marx dans un fameux petit essai) :

    Le ministère religieux devient une carrière dans laquelle on entre à tout âge, dans toute position et selon les circonstances. Tel que vous voyez à la tête d’une congrégation respectable a commencé par être marchand ; son commerce étant tombé, il s’est fait ministre ; cet autre a débuté par le sacerdoce, mais dès qu’il a eu quelque somme d’argent à sa disposition, il a laissé la chaire pour le négoce. Aux yeux d’un grand nombre, le ministère religieux est une véritable carrière industrielle. Le ministre protestant n’offre aucun trait de ressemblance avec le curé catholique.

    On s’en serait douté ! La religion évangélique comme business et comme programmation mentale malheureusement a un beau futur devant elle.

    Beaumont n’a pas vu de western mais on va voir qu’il aurait pu en écrire les scénarios.

    En Amérique, le duel a toujours une cause grave, et le plus souvent une issue funeste ; ce n’est pas une mode, un préjugé, c’est un moyen de prendre la vie de son ennemi. Chez nous, le duel le plus sérieux s’arrête en général au premier sang ; rarement il cesse en Amérique autrement que par la mort de l’un des combattants.

    Il y a dans le caractère de l’Américain un mélange de violence et de froideur qui répand sur ses passions une teinte sombre et cruelle… On trouve, dans l’Ouest, des États demi-sauvages où le duel, par ses formes barbares, se rapproche de l’assassinat.

    Il ne manque plus que Liberty Valance, que Wayne abat d’ailleurs comme un chien dans le classique postmoderne de Ford. Comme on voit, la situation réelle est aussi sinistre que celle décrit dans bien des films (contrairement à ce qu’une histoire révisionniste – il y  en a pour tous les genres – a voulu nous faire croire).

    Venons-en au thème de son ouvrage.

    Scandalisé par l’esclavage et par le préjugé auto-entretenu qui lui sert de base, Beaumont comprend très bien le rôle du capitalisme – et surtout du christianisme – mal digéré :

    L’exploitation de sa terre est une entreprise industrielle ; ses esclaves sont des instruments de culture. Il a soin de chacun d’eux comme un fabricant a soin des machines qu’il emploie ; il les nourrit et les soigne comme on conserve une usine en bon état ; il calcule la force de chacun, fait mouvoir sans relâche les plus forts et laisse reposer ceux qu’un plus long usage briserait. Ce n’est pas là une tyrannie de sang et de supplices, c’est la tyrannie la plus froide et la plus intelligente qui jamais ait été exercée par le maître sur l’esclave.

    Voir Tocqueville et son analyse de l’extermination légale et philanthropique des Indiens (« On ne saurait détruire les hommes en respectant mieux les lois de l’humanité »). S’il n’y a vite eu plus d’Indiens, il y avait en tout cas 700 000 africains en 1799, quatre millions lors de la Guerre civile (qui tue 3% de la population, ruine puis pille le Sud, et endette le pays), 40 millions aujourd’hui ! L’esclavage est un beau calcul !

    Beaumont constate que racisme finit par découler de l’esclavage ce qui n’était pas le cas avant. Cela aura des conséquences importantes dans les années vingt du siècle, quand les Allemands décrèteront que les Ukrainiens sont bons à leur servir d’esclaves ou que les Polonais peuvent être remplacés parce que moins techniques et moins universitaires (comme on sait l’antisémitisme a d’autres fondements). Ils avaient moins de « lumières », comme disait Washington à propos des Indiens ou Ferry à propos des « races inférieures » – on  en dit quoi dans les loges du mariage pour tous ?

    Faudrait-il, parce qu’on reconnaîtrait à l’homme d’Europe un degré d’intelligence de plus qu’à l’Africain, en conclure que le second est destiné par la nature à servir le premier ? Mais où mènerait une pareille théorie ?

    Il y a aussi parmi les blancs des intelligences inégales : tout être moins éclairé sera-t-il l’esclave de celui qui aura plus de lumières ? Et qui déterminera le degré des intelligences ?

    Le grand ennemi spirituel des sectes protestantes souvent athées ou folles (les quakers par exemple : « rien dans cette cérémonie burlesque ne fait rire, parce que tout fait pitié ») qui se partagent le pays est bien sûr le catholicisme. Ici Beaumont va aussi plus loin que Tocqueville :

    Au milieu des sectes innombrables qui existent aux États Unis, le catholicisme est le seul culte dont le principe soit contraire à celui des autres.

    On dirait du Chesterton. L’Eglise fait enrager tout le monde, et cela n’a pas changé !

    L’unité du catholicisme, le principe de l’autorité dont il procède, l’immobilité de ses doctrines au milieu des sectes protestantes qui se divisent, et de leurs théories qui sont contraires entre elles, quoique partant d’un principe commun, qui est le droit de discussion et d’examen ; toutes ces causes tendent à exciter parmi les protestants quelques sentiments hostiles envers les catholiques.

    La haine du catholicisme devient alors le seul commun dénominateur (on se doutait que ce n’était pas Jésus !) du discours américain, comme de tout discours moderne en général (c’est ce que disait notre ami Muray et il avait bien raison !)

    Il paraît bien constant qu’aux États-Unis le catholicisme est en progrès, et que sans cesse il grossit ses rangs, tandis que les autres communions tendent à se diviser. Aussi est-il vrai de dire que, si les sectes protestantes se jalousent entre elles, toutes haïssent le catholicisme, leur ennemi commun.

    L’Etat américain n’est bien sûr pas chrétien, il est comme dit Marx judaïque – on dira vétérotestamentaire (on jure sur la Bible, on ignore toujours l’Evangile ; vous avez déjà vu une allusion à la naissance du Christ pour le fête de Noël en Amérique ?), et il a même inventé la laïcité, aujourd’hui battue en brèche par le ressentiment communautariste venu aussi d’Amérique.

    Ainsi il n’existe aux États-Unis ni religion de l’État, ni religion déclarée celle de la majorité, ni prééminence d’un culte sur un autre. L’État est étranger à tous les cultes.

    Enfin Beaumont trouve que les Américains deviendront dangereux avec leur orgueil ; et que l’on pourrait même arrêter de trop critiquer sa pauvre vieille France !

    Je blâme cet aveuglement de l’orgueil national des Américains, qui leur fait admirer tout ce qui se passe dans leur pays, mais j’aime encore moins la disposition des habitants de certaine contrée, qui, chez eux, trouvent toujours tout mal.

    Il n’y a pas de quoi s’en faire, si l’on trouve que Gustave Beaumont exagère, qu’il est un hystérique opposé à l’Obama-land ou à la marche du progrès. Car comme disait mon ami l’éditeur Yves Berger, l’Amérique est partout maintenant ! On a Lady Gaga, le shopping centre et le dernier Apple ! Alors consolez-vous !

    Nicholas Bonnal

    http://classiques.uqac.ca/

    http://euro-synergies.hautetfort.com/

  • Pierre Jean Vaillard – Mai 1984 ou mai 2013 ?

    Pierre Jean Vaillard – Mai 1984 ou mai 2013 ?

    Voici un texte en vers que le célèbre chansonnier Pierre Jean Vaillard [1918-1988] avait écrit en mai 1984 au moment de la manif pour l’Ecole libre, vous allez sourire car on s’y croirait ! C’est fort bien écrit et ça marche à condition de changer d’époque et de nom…

    Chacun appréciera… en espérant ne pas voir le même dénouement qu’à la fin de ce poème…

    Pierre Jean Vaillard – Mai 1984 ou 2013 ?

    Pierre Jean Vaillard

    MAI 1984

    Vous nous avez bien eus en Mai quatre vingt un (1)
    Avec vos sortilèges, vos rires et vos promesses.
    Vous vendiez du bonheur comme on vend du parfum
    Et oui, deux ans plus tard…vous nous bottiez les fesses.
    Le bon peuple de gauche caressait l’or des songes,
    Il le sait maintenant, ce n’était que mensonges !
    Le chômage s’installe, le franc est chancelant,
    Le Dollar au Zénith, le Super à cinq francs.
    Le pays incrédule gît au sol, pantelant
    Ah ! Ne claironnez plus vos avances sociales,
    Nous sommes tous meurtris par vos ponctions fiscales.
    Votre grand argentier nous prend bien pour des cons
    En réclamant toujours et encore du pognon !
    Tout le monde est saisi par un affreux vertige,
    En cauchemar atroce devant nos caisses vides ;
    Expliquez-nous comment, vous avez en deux ans !
    Endetté ce pays pour plus de cinquante ans !
    Vous rabâchez sans cesse cet éternel refrain :
    C’est la faute à la droite, et aussi aux Ricains !
    Et tant que vous y êtes, pourquoi pas aux putains ?
    Il faut savoir, messieurs, quelquefois dans la vie
    Reconnaître ses torts, ses erreurs, ses oublis,
    Et non se réfugier dans un défi hargneux.
    Les vrais hommes publics sont francs et courageux.
    Nous allons sans détour et sans ambiguïté
    Vous servir tout de go, vos quatre vérités :
    Vous êtes des charlots, des guignols, des manants,
    Et votre chef débile, le triste « mythe errant » !
    Homme au visage pâle et au regard fuyant,
    Ce bouffon d’opérette qui trône à l’Elysée
    Est de toute l’Europe, devenu la risée !
    Arrêtez vos salades et vos propres mensonges,
    La coupe amère est pleine, elle va déborder.
    Halte là ! Ça suffit ! Foutez le camp, partez !
    Nous n’aimons pas, Messieurs, passer pour des cocus,
    Et nous vous chasserons à coups de pied au cul !

    Pierre Jean Vaillard

    Gérard Gourmandin http://fr.novopress.info

    Source : site internet de l’Association Union Républicaine.

    (1) Election de François Mitterrand comme président de la République française.

    Crédit photos : DR.

  • Conférence d’Adrien Abauzit au Cercle Jacques Bainville

    Voici la video de la conférence d’Adrien Abauzit qui s’est tenue vendredi 31 mai au Cercle Jacques Bainville.

    http://www.actionfrancaise.net

  • CÔTE-D’OR - HISTOIRE/ Kader : « J’évite de dire que je suis fils de harki »

     Que font Valls et Taubira contre ce racisme-là ?

    Kader est né en Bourgogne en 1965. Son père était harki. Aujourd’hui encore, il peut difficilement afficher cet épisode de l’histoire familiale.

    Certains harkis ont pu être rapatriés en France grâce à des officiers français qui ont désobéi. Photo archives SDR

    « Après avoir servi dans l’armée française, dans le sud de l’Algérie, mon père a été rapatrié en France en 1962, sans doute grâce à un officier qui avait désobéi aux ordres. Il est arrivé dans le même bateau que des pieds noirs, mais au niveau inférieur, puisque les harkis étaient encore considérés comme des indigènes. Il a ensuite passé quelques mois dans des camps, dans le Larzac et à Rivesaltes, sous des tentes, parfois dans un froid terrible, avec des barbelés et des militaires pour les surveiller. Puis il est arrivé en 1963 à L’Oasis, un lotissement de Saint-Valérien, dans l’Yonne, où une trentaine de harkis était regroupée. C’est là que je suis né, en 1965. »

    « Les claques du directeur »

    Quand Kader déroule la pelote de son histoire familiale, le fil s’emmêle régulièrement. Il passe une dizaine d’années à L’Oasis. Ses souvenirs d’enfance sont heureux, mais déjà gâchés par le racisme : « Je me souviens encore des claques que j’ai reçues du directeur de l’école. Quand un Patrick ou un Michel ne comprenaient pas un problème, la punition était beaucoup plus douce… » Sa scolarité est chaotique, tiraillé entre un père musulman pratiquant et l’école de la République française. Il mise alors beaucoup sur son service militaire, à Lure puis au 35e Régiment d’infanterie de Belfort. « Je voulais notamment passer mon permis poids lourd, pour trouver un emploi ensuite. Mais malgré tous mes efforts, mon supérieur ne me l’a jamais autorisé. De toute la promo, j’ai été le seul à essuyer ce refus… » Quelques années plus tard, il décroche enfin ce sésame, grâce au volontarisme du Préfet de l’Yonne, sollicité par une association d’anciens harkis, car plusieurs d’entre eux se sont finalement installés à Sens.

    Aujourd’hui, Kader est toujours chauffeur-livreur. Il vit dans une petite maison du Grand Dijon, avec sa femme, française, et ses deux jeunes enfants. Il est retourné plusieurs fois en Algérie.

    « Vous n’avez plus rien à faire ici »

    La première fois, c’était en 1982, en famille. Mais son père n’a pas pu aller plus loin que le port d’Alger. « Les douaniers l’ont renvoyé en France avec des mots terribles : “vous avez porté l’uniforme français, vous n’avez plus rien à faire ici.” Je n’avais jamais rien entendu de plus humiliant. »

    Depuis, l’ancien soldat français a pu retourner sur sa terre natale. En catimini et en évitant soigneusement de parler de son passé. Aujourd’hui, il vit toujours à Sens. Il a 88 ans. Il a été longtemps manœuvre en usine, mais il bénéficie aussi d’une pension d’invalidité depuis ce jour de 1961, où un indépendantiste a voulu le poignarder dans les rues d’Alger. Dès que la discussion rôde autour des harkis, le vieil homme élude.

    « Pour mon père, c’était la valise ou le cercueil »

    Cette part d’histoire, c’est aussi un bout d’identité qui manque à Kader : « Aujourd’hui encore, j’évite de dire que je suis fils de harki. Je n’en ai pas honte, mais les idées reçues persistent. Beaucoup d’immigrés continuent de les voir comme des traîtres. Moi, je ne suis pas immigré, je suis rapatrié, c’est complètement différent. Pour mon père, c’était la valise ou le cercueil. Mes enfants portent des prénoms français. Je suis Français. Ma culture, c’est la langue de Voltaire et le son de la cloche le dimanche matin. Quand je suis en Algérie, je me sens étranger. La reconnaissance des harkis, c’est la moindre des choses que l’état français leur doit.  »

    Le Bien Public

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  • Béatrice Bourges contre Frigide Barjot : le combat des dames

    Alors que Frigide Barjot vient d'envoyer quelqu'un au Maroc pour défendre le droit des homosexuels dans ce pays, alors qu'elle revendique, avec ses amis de l'UMP, la nécessité d'un Contrat d'Union Civile pour les homosexuels, qui aurait tous les effets du mariage sauf l'adoption plénière, il importe de revenir sur ce qui est en jeu dans la Loi Taubira, à laquelle il ne manque plus pour l'instant que l'onction du Conseil Constitutionnel pour être promulguée.
    Les circonvolutions de Frigide décrivent assez bien le champ de ce qui est en question au fond : je dirais, la mare aux canards. À cet égard, elle a cette propriété que l'on s'accorde à reconnaître à la grenouille qui annonce la pluie par ses coassements. Plus on l'entend coasser, plus le problème est imminent. Aussi bien doit-on aujourd'hui réfléchir avec elle et sur le Contrat d'Union Civile et sur le droit des personnes homosexuelles.
    Il y a eu le PACS, il y a le CUC (1)... Les deux systèmes procèdent du même individualisme viscéral et de la même idée simple : un couple a besoin avant tout de reconnaissance sociale. Les homosexuels en manquent, on doit leur en donner, « puisqu'ils s'aiment ». Il faut donc inventer un système qui ne soit pas le mariage, qui ne donne pas droit à l'adoption (l'enfant n'est pas un objet, il a lui-même droit à un père et une mère), mais qui permette à la société de reconnaître les amours homosexuelles. Et voilà le CUC, drôlement nommé. Vous êtes deux personnes homosexuelles ? Vous vous aimez ? Cet amour, vous l'avez - socialement - dans le CUC...
    Béatrice Bourges, Aude Mirkovic et Elizabeth Montfort, dans leur dernier ouvrage, si précieux et si précis, L'effet dominos (2) expliquent bien la nocivité de tels contrats, fondés uniquement sur une reconnaissance sociale de l'affect : « Non, le mariage n'est pas la reconnaissance sociale du couple (...) Si c'était cela, au nom de la non-discrimination, toutes les personnes qui s'aiment devraient avoir le droit de se marier, qu'elles soient deux ou plusieurs ». Ce modèle de contrat, sanctionnant l'affect, est merveilleusement souple. Il permettrait que deux personnes, que trois personnes, que quatre personnes puissent contracter une union, donnant à chacune des droits sur les autres. La dimension naturelle induite par la possibilité de l'union féconde des deux sexes est totalement oubliée. La parentalité serait, dans cette perspective à envisager également de façon purement contractuelle : Lionel Labosse, « enseignant », a signé une tribune en ce sens au mois de mai dernier dans le très sérieux journal Le Monde : « Le mariage monogame est biphobe et ceux qui ne réclament que cela le sont aussi, en dépit de leurs tours de passe-passe rhétoriques. Un contrat universel à trois ou quatre constituerait un cadre idéal pour ce que l'on appelle l'homoparentalité » (cité par B. Bourges et al.).
    Vous ne savez peut-être pas ce que sont les biphobes? Vous êtes comme moi. J'ai consulté Wikipédia et j'y ai trouvé cette définition admirable : « La biphobie est le fait d'avoir une attitude de peur, discrimination, ou haine des bisexueIs, des pansexuels où des omnisexuels ». Et on peut lire en outre cette petite précision : « La biphobie se rencontre indifféremment dans les communautés hétérosexuelles ou homosexuelles ». Les homosexuels en effet jalousent souvent leurs camarades bisexuels, qu'ils soupçonnent de vouloir le beurre et l'argent du beurre, la respectabilité et la paternité d'un côté, les aventures de l'autre. Mais cette fois, vous vous demandez peut-être ce que sont les pansexuels ? Voici Wikipédia : « La pansexualité (on utilise parfois le terme omnisexualité) est une orientation sexuelle caractérisant des personnes potentiellement attirées sexuellement et/ou sentimentalement par d'autres personnes, indifféremment du sexe anatomique ou du genre de celles-ci ». On trouve là aussi une petite note digne d'intérêt, qui contribue à mettre cette querelle sémantique à son véritable niveau : « La notion de pan-sexualité n'a pas été utilisée seulement pour parler des humains. Le primatologue Frans de Waal l'a utilisée pour décrire le comportement des bonobos ». Voilà donc une autre manière de comprendre et d'exaucer Dame Nature !
    Si nous en restons à l'idée que c'est l'affect qui fait le contrat, il est clair qu'il y a du pain sur la planche. Les partisans du PACS ou du CUC devraient comprendre que lorsque l'on sépare totalement la réalité sociale de la réalité naturelle, lorsque l'on scinde totalement reconnaissance sociale et complémentarité naturelle l'une de l'autre, lorsque l'on veut considérer tous les couples à égalité, alors que manifestement tous les couples ne sont pas égaux devant la biologie, on va vers de véritables catastrophes sociales. Lucien Labosse décrit cette catastrophe, sans qu'on ait besoin de forcer le trait à sa place : « Pourquoi, dans une société démocratique ne devrait-on pas laisser les personnes organiser leur vie privée par le biais de contrats, au lieu de les obliger à rentrer dans des institutions standards comme le mariage et le pacs ? Un contrat universel rendrait possible des unions dans lesquelles chacun des contractants serait à égalité avec chacun des autres ». Béatrice Bourges (toujours elle) note que aux Pays-Bas, on a reconnu le mariage des personnes de même sexe dès 2001 et l'union civile entre trois personnes en 2005. Dans cet acte de permissivité maximale, il y aurait, paradoxalement, une formidable légitimité donnée aux pratiques polygames de la communauté musulmane en France et en Europe. Une loi est-elle nécessaire pour cela ? Un peu de logique peut suffire. Au Brésil, l'année dernière, l'union civile d'un homme et deux femmes a été reconnue devant notaire à Tupa. Objectif affiché par l'avocat des contractants : protéger les droits des partenaires en cas de décès ou de séparation. L'argument est choc. Il me semble que si l'on accepte cette logique de l'union civile, on va y venir très vite en France. Pourquoi ? Au nom d'innombrables victimes de polygamies non déclarées et mal gérées par exemple...
    C'est donc la logique de l'union civile qu'il faut rejeter avec la dernière énergie, si nous ne voulons pas que le Monde, notre humanité éduquée se transforme en un vaste lupanar, où les bonobos eux-mêmes auraient du mal à retrouver leurs petits... La régression civilisationnelle qui s'annonce à travers cette idée - révolutionnaire, merci 1789 - du Contrat universel serait sans doute sans exemple dans l'histoire de l'Humanité. Oh ! Il n'y aurait pas besoin d'ailleurs d'en venir au Contrat universel du camarade Lucien Labosse. L'utopie garde ses droits d'utopie ! Un système à options serait déjà profondément subversif. Il suffirait de reconnaître à égalité d'une part l'institution du mariage, qui nous vient du fond de notre culture chrétienne (3) et qui a permis un progrès culturel considérable de l'humanité, et d'autre part le contrat, polymorphe, adaptable à toute volonté, reconnaissant tout affect d'une reconnaissance vraiment sociale. Ce serait déjà une belle pagaille. D'ailleurs, on y va...
    Reste la deuxième question posée par Frigide Barjot, celle du droit des homosexuels. Là encore Béatrice Bourges apparaît autrement armée. Il suffit de consulter son petit livre : elle soutient, avec toute raison que les homosexuels n'ont aucun droit en tant qu'homosexuels. Le droit est le droit des personnes. Il n'est ni homo ni hétérosexuel. Frigide envoie ses ambassadeurs de la Manif pour tous version consensuelle adresser un message au roi du Maroc à propos du droit des homosexuels. La démarche est étrange. Il est étrange d'abord qu'en tant que Français aujourd'hui, ayant à gérer le bazar made in France, l'on se sente concerné par le Maroc. Mais surtout la seule question à poser n'est pas celle du droit des homosexuels, mais celle du droit des personnes, tout simplement. Au nom du droit des personnes, il n'est pas possible qu'un État légifère sur les comportements privés des uns et des autres, du moment bien sûr qu'il respecte la liberté d'autrui. Certes le droit du Maroc, issu pour partie de la charia, en dispose autrement dans un certain nombre de domaines. On peut regretter par exemple que le droit à la conversion religieuse qui constitue l'article 17 de la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 ne soit respecté ni au Maroc ni d'ailleurs dans aucun pays officiellement musulman. Dans le domaine de la liberté sexuelle, il me semble que quelques-unes de nos élites qui possèdent de grandes villas au Maroc, sont bien placées pour savoir que la plupart du temps le législateur ferme les yeux. Mais alors pourquoi revendiquer le droit des homosexuels... au Maroc ? Pour démontrer que l'on peut être opposé au mariage pour tous et néanmoins réclamer des droits pour les homosexuels, être attentif à la communauté homosexuelle et à ses revendications communautaires. Mais justement, un État qui prétendrait donner des droits à la vie privée des homosexuels pratiquerait une forme de discrimination dommageable. Comme s'il jugeait (en bonus ou en malus qu'importe) des citoyens en fonction de leurs mœurs...
    Le propre d'un État de droit ? C'est de ne pas faire acception de personne. Mais justement, direz-vous, les homosexuels déplorent une inégalité face au mariage puisqu'ils n'y ont pas accès. 
Erreur ! Homosexuels et hétérosexuels peuvent s'engager dans le mariage et aussi avoir des enfants. L’État n'exclut personne du mariage au titre de son orientation sexuelle : tout cela relève de la vie privée ! Plutôt que de parler d'un hypothétique droit des homosexuels, prenons garde au droit des personnes et d'abord à leur dignité en tant que personnes.
    Abbé G. de Tanoüarn monde & vie 21 mai 2013
    1) L’union civile ouvre droit néanmoins (dans l'état actuel du droit français) à l'adoption simple, c'est-à-dire à l'adoption dans laquelle l'enfant connaît l'identité de son père et de sa mère naturels.
    2) Béatrice Bourges, Aude Markovic et Elizabeth Montfort, De la théorie du genre au mariage de même sexe, L'effet dominos, éd. Peuple libre 2013,128 pp. 8 euros
    3) je ne dis pas judéo-chrétienne, car les juifs des temps bibliques reconnaissaient la polygamie. On pourrait dire néanmoins « biblique » car depuis Adam et Eve, le modèle n'a pas changé. En ce sens, il n'est pas spécifiquement chrétien.