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culture et histoire - Page 1867

  • Vendredi 14 juin : Opération “Pour la fête des pères, les papas parlent aux papas”

    Vendredi 14 juin : Opération “Pour la fête des pères, les papas parlent aux papas”

    Ce dimanche 16 juin 2013 est certainement  la dernière fête des pères. Désormais, pour empêcher toute discrimination envers les enfants de familles dont les parents 1 et 2 sont des lesbiennes, la fête des pères doit être retirée des calendriers. Ainsi, on évitera que des enfants ne puissent, ce dimanche là, offrir un cadeau à un papa… qui n’a pas d’existence. Et puis désormais le mot père est banni de l’état civil. Il en est de même concernant la fête des mères.

    En attendant, on va expliquer aux enfants qu’au nom de la théorie du « gender », de toute manière tout cela n’a pas de sens puisque « papa porte une robe ». C’est en effet le titre d’un album que l’éducation nationale de Vincent Peillon fait entrer dans le programme des CP-CE1. Pour « arracher les enfants à leurs stéréotypes familiaux » (sic).
    Si le port de la robe par les hommes n’était qu’une mode, cela ne nous dérangerait pas : après tout, les Ecossais portent le kilt, les Latins portaient la tunique, et dans de nombreux pays du Moyen-Orient et d’Afrique les hommes portent des robes… sans parler des prêtres catholiques avec leurs soutanes !
    Sauf qu’ici, il ne s’agit pas de mode : le « papa » que Vincent Peillon propose à nos enfants ne se contente pas de porter une robe, il se maquille comme une femme, et peut-être s’épile-t-il comme elle ; passons sur le reste. L’objectif est donc bien l’indifférenciation des genres : avec le « gender », papa porte les attributs de maman, papa est une femme comme les autres.

    On se demande pourquoi Vincent Peillon n’est pas venu présenter sa réforme en robe ? Peur du ridicule ? Serait-il aussi sclérosé que la société dont il condamne les modèles ?

    Alors, nous, PAPAS EN COLERE, nous proposons de faire cela à sa place et d’aller présenter en robe le programme que Vincent Peillon destine à nos enfants, pour que les gens sachent de quoi il nous parle réellement, ce que nous propose en vérité le gouvernement.

    Nous vous proposons donc de participer à l’opération :« Pour la fête des pères, les papas parlent aux papas »

    Vendredi 14 juin, à la sortie de l’école primaire de votre quartier ou de votre village, 16h30 (sortie de classes), venez tracter contre « le gender à l’école » habillés en robe (nos épouses arriverons à coup sûr à trouver quelque chose qui nous ira !) : la robe est le point essentiel car c’est ce qui pour nous, papas, sera un attifement qui donnera son retentissement à l’opération : nous démontrerons ainsi que la question des rôles respectifs de la femme et de l’homme n’est pas une question de préjugés mais que l’apparence vestimentaire est la clef de l’identification visuelle de nos égales, inimitables et naturelles respectives dignités.

    Il n’y a pas besoin de déclaration préalable à faire aux autorités publiques pour un tractage : on y va, on le fait, on explique aux parents d’élèves, aux enfants, c’est tout.

    Auparavant, imprimez les tracts joints à ce message et photocopiez-les : deux tracts format B5 sur une même feuille A4 que vous coupez en deux permettra des économies de papier (pauvres arbres…), et limitez le nombre de tracts au nombre d’élèves de l’école. La BD en partie gauche est destinée aux enfants, la partie droite aux parents.

    Soyez au minimum deux pour un tractage : il n’est pas donné à tout le monde d’affronter, isolé, les sarcasmes inévitables ; on tient parce qu’on se soutient.

    Ne forcez pas les gens à prendre vos tracts s’ils n’en veulent pas : votre présence est en soit un témoignage et nos actions sont aussi pacifiques que transgressives.

    N’en rajoutez pas sur le ridicule : il ne s’agit pas d’une gay-pride à l’envers mais d’une opération d’information des familles de vos écoles sur les dangers de l’idéologie du gender que Vincent Peillon veut introduire dans les programmes scolaires. Maquillages outranciers et autres strings doivent rester l’apanage des provocations du lobby gay. Comme toujours nous saurons agir avec la plus grande dignité.

    Avant de quitter les lieux, ramassez les tracts que des gens auraient jetés par terre.

    L’avant-veille ou la veille, prévenez la presse locale pour que l’opération ait du retentissement.
    Pour récupérer le tract en format PDF, un modèle de communiqué de presse et un argumentaire, écrivez-nous à : papasencolere@gmail.fr

    Nous voulons notre fête des pères : ni le gouvernement, ni le lobby gay ne pourront nous en priver.

    Faites passer largement.

    Bon courage à tous les participants et en avant les PAPAS EN COLERE contre le « gender ».

    Retrouvez-nous sur Facebook : www.facebook.com/papas.encolere.fr

    http://www.printempsfrancais.fr

  • Gender S.O.S. ! Pour les pervertir, l’Etat kidnappe nos enfants !

    Parents, indignez-vous !

    Enseignants, rebellez-vous !

    Educateurs : insurgez-vous !

    L’endoctrinement des enfants sur le gender est une des pires calamités qui les menace, et à long terme l’ultime coup de bélier achevant la destruction interne de nos familles [1].

    Déjà, il était imposé aux 1ères-secondes – non en philo comme une thèse à débattre, mais en SVT alors qu’elle est totalement anti-scientifique [2]. Et voici qu’en septembre, elle sera obligatoire dès le primaire  ! (et sous forme d’exercice pratique dès la maternelle et même la crèche). C’est-à-dire que cette idéologie débile va formater tous les élèves de France, sans exception de la maternelle au lycée, de leurs 5 à 18 ans et encore… vont-ils retrouver ces sornettes à la Sorbonne  ! (chaire de Gender studies — «  présage  » — à Sciences Po.). Elle risque aussi de s’infiltrer par le biais des cours d’éducation sexuelle qui vont être obligatoires dès la rentrée, à partir de 6 ans  !

    L’objectif visé est explicite  : «  Dépasser la binarité historique entre féminin et masculin  » (sic). En général, l’enseignement ne sera plus «  fondé sur le postulat de la complémentarité des sexes  ». La preuve  : les enseignants doivent s’appuyer sur la Ligne Azur 2012, dont une des dominantes est que l’identité se fonde sur le sentiment d’appartenance à un genre ou à un autre, indépendamment de toute donnée anatomique ou biologique. [...]

    Père Daniel-Ange - La suite sur France Catholique

    http://www.actionfrancaise.net

  • 5 novembre 1193 : la répudiation d'une reine

    Dans la tradition de la monarchie sacrée, le roi ne s'appartient pas. Il se doit de conformer, à chaque moment de sa vie, son existence quotidienne à la loi non écrite qui en fait tout à la fois le chef (la "tête") et le premier serviteur de son peuple. C'est dire que la notion de vie privée est, dans son cas, toute relative. y compris en ce qui concerne sa vie amoureuse.
    Peut-on parler de vie amoureuse lorsqu'il est question de mariage ? La question, appliquée au monde féodal, paraît saugrenue. Le mariage est en effet un contrat entre deux clans familiaux, qui y trouvent le moyen d'apaiser un conflit, de conclure ou de renforcer une alliance, de concilier des intérêts. Moins, encore qu'un autre, le roi de France ne peut échapper à cette règle. Ainsi le jeune roi Philippe, sacré et couronné quelques mois plus tôt, épouse-t-il en avril 1180 Isabelle, fille de Baudouin, comte de Hainaut, et de Marguerite, sœur du comte Philippe de Flandre. Le mariage est célébré à l'abbaye royale de Saint-Denis et le comte de Flandre porte l'épée pendant la procession. À son époux de quinze ans, la mariée, âgée elle-même de dix ans, apporte l'importante région qui prendra plus tard le nom d'Artois. Par ailleurs, cette union met en échec la puissante maison de Champagne, à laquelle appartient la mère du roi, Adèle, et son oncle l'archevêque de Reims le clan champenois rêvant de tenir sous sa tutelle le nouveau souverain.
    En 1184, le roi annonce devant une assemblée de barons son intention de se séparer de son épouse. Il ne met pas ce projet à exécution et Isabelle lui donne un fils trois ans plus tard. Une seconde grossesse lui est fatale. Inquiet de la chétivité de son premier héritier, Philippe Auguste entend se remarier pour procréer d'autres garçons et son choix se porte sur Ingeburge, sœur du roi de Danemark. La rencontre a lieu le 14 août 1193 et le mariage est célébré le jour même. Le lendemain, Philippe expédie la jeune mariée au monastère de Saint-Maur-des-Fossés ... et annonce son intention de faire annuler le mariage. Motif invoqué : les nouveaux époux auraient de trop proches liens de parenté. Personne n'est dupe. La non consommation du mariage paraît une raison plus fondée, Philippe ayant manifesté à l'égard d'Ingeburge une répulsion physique qui ne se démentira jamais. Toujours est-il qu'une assemblée, où figurent quinze évêques et dont les membres sont en majorité tout acquis au roi déclare, le 5 novembre 1193, Philippe légalement séparé de la reine.
    Séquestrée dans un monastère, la jeune répudiée en appelle au pape. Le vieux Célestin III ne se presse pas de répondre. Pendant ce temps, Philippe s'éprend d'Agnès de Méran, fille du duc Bertold, née au Tyrol. La belle Agnès ne quitte plus le roi, l'accompagnant même à la chasse où, dit-on, elle manie l'épieu avec efficacité. Elle lui donne un fils et une fille. Amant et père comblé, Philippe doit déchanter lorsqu'il reçoit l'injonction du nouveau pape Innocent III, farouchement attaché aux principes théocratiques et qui entend donc régenter toute la chrétienté, y compris en pliant les souverains à sa volonté. Ordre est donné au roi de France de reprendre Ingeburge, l'épouse délaissée. Comme il ne veut rien entendre, l'interdit est jeté sur le royaume de France, c'est-à-dire que toute activité religieuse y est suspendue. Ne pouvant faire payer par son peuple le prix de sa passion pour Agnès, qui attend un nouvel enfant, Philippe se résout, la mort dans l'âme, à l'éloigner. Retirée au château de Poissy, elle meurt en couches, donnant naissance à un fils qui ne lui survit que de quelques heures. 
    Philippe reprend Ingeburge auprès de lui en 1213. Mais il ne lui ouvrira jamais son lit.
    P V National Hebdo du 5 au 11 novembre 1998

  • Chronique de livre : Anarchie et Christianisme de Jacques Ellul

     

    anarchie et christianisme.jpgAnarchie et Christianisme, deux gros mots pour certains, deux mots inconciliables pour d’autres. Jacques Ellul ne s’y trompe pas et l’écrit lui-même en introduction:

    « La question ici posée est d’autant plus difficile que les certitudes à ce sujet sont établies depuis longtemps, des deux côtés, et jamais soumises à la moindre interrogation. Il va de soi que les anarchistes sont hostiles à toutes religions (et le christianisme est de toute évidence classé dans la catégorie), il va non moins de soi que les pieux chrétiens ont horreur de l’anarchie, source de désordre et négation des autorités établies. » (p.7)

    Jacques Ellul aborde ici deux sujets qui lui tiennent à cœur. L’auteur est surement un des plus brillants intellectuels d’après-guerre. Spécialiste de Marx il prend pourtant parti pour la mouvance anarchiste. Protestant, il brosse une vision d’un christianisme qui se rapproche du christianisme des origines, ce « bolchevisme de l’Antiquité » qu’a tant fustigé la Nouvelle Droite. Il demeure aussi un spécialiste du droit romain et un critique de la pensée bourgeoise et de la technique. Il est l’auteur, à la suite de Léon Bloy, d’Exégèse des nouveaux lieux communs (1966).

    Anarchie et Christianisme est un livre assez court, 160 pages environ dans l’édition dont je dispose. Encore une fois, il est assez appréciable de pouvoir lire des livres synthétiques, sans que cela dénature la pensée ou le propos de l’auteur. Deux grandes parties structurent cet ouvrage. Tout d’abord le Chapitre Ier : L’anarchie du point de vue d’un chrétien puis le Chapitre II : La Bible, source d’anarchie.

    L’auteur commence par poser les bases de son anarchisme : « Si j’écarte l’anarchisme violent, reste l’anarchisme pacifiste, antinationaliste, anticapitaliste, moral, antidémocratique (c'est-à-dire hostile à la démocratie falsifiée des Etats bourgeois), agissant par des moyens de persuasion, par la création de petits groupes et de réseaux, dénonçant les mensonges, les oppressions, avec pour objectif le renversement réel des autorités quelles qu’elles soient, la prise de parole par l’homme de la base, et l’auto-organisation. Tout cela est très proche de Bakounine. » (p.24)

    Cette partie est d’ailleurs remarquablement intéressante car Jacques Ellul plaide pour des actions de rupture avec la société. L’auteur donne un certain nombre de domaines : refus de l’enseignement obligatoire, du service militaire, des vaccinations, de la police, retour à la terre, … et donne l’exemple d’un ami à lui, persécuté par l’administration pour avoir refusé de vacciner son bétail… Lorsque nous voyons le chemin parcouru depuis, avec les normes toujours plus drastiques de l’UE, soutenu par les lobbies pharmaceutiques, chimiques, etc…, on ne peut que saluer la clairvoyance de ces quelques lignes. D’ailleurs, la profondeur de sa pensée s’exprime en ces quelques mots : « Bien attendu, ce ne sont que des petites actions, mais si on en mène beaucoup, si on est vigilant, on peut faire reculer l’omniprésence de l’Etat. Compte tenu que la « décentralisation » menée à grand bruit par Defferre a rendu la défense de la liberté beaucoup plus difficile. Car l’ennemi ce n’est pas l’Etat central aujourd’hui, mais l’omnipotence et l’omniprésence de l’administration. » (p.28). Décédé en 1994, Jacques Ellul n’aura pas eu le temps de mesurer les effets dévastateurs du traité de Maastricht soutenu par la gauche (y compris Mélenchon). Lui le pourfendeur de l’administration et des techniciens… traité qui rajoute des contraintes à celles dénoncées par Ellul dans l’action des mouvements dissidents. Par ailleurs, comme le rappelle l’auteur « qui paie, commande ! » (p.29). Une phrase qui devrait restée gravée dans les esprits, car elle est non seulement au cœur du rapport de domination capitaliste, mais également plus largement dans la plupart des rapports de domination entre les hommes.

    Ces quelques pages sur l’anarchisme sont très vivifiantes pour accroître certaines réflexions quant aux façons d’agir. Jacques Ellul aura écrit avant l’avènement d’internet, qui constitue aujourd’hui un formidable moyen de contournement de l’Etat et de diffusion des idées comme le sont les radios internet (Méridien Zéro) ou les différents blogs (Novopress, Zentropa, …). La technologie peut avoir du bon…

    La deuxième partie, La Bible, source d’anarchie défend la thèse selon laquelle le message du Christ, puissamment révolutionnaire, s’oppose aux différentes formes de domination de l’homme par l’homme selon le sens composé à partir du grec an-arkhé. Cette partie se présente donc comme une forme d’exégèse et s’attarde aussi sur la Bible hébraïque, problématique de ce point de vue, en raison de l’omniprésence des figures royales. Jacques Ellul fait aussi œuvre d’historien, en replaçant le message christique dans son contexte et particulièrement dans celui de l’affrontement avec le pouvoir romain et le pouvoir hérodien, dépendant des Romains. Un élément est particulièrement intéressant dans cette partie du livre, la réflexion sur le Diable, bâti sur le terme grec diabolos, qui signifie « le diviseur ». Pour Ellul, « l’Etat et la politique sont facteurs de division entre les hommes ». Cette réflexion pourrait faire écho à cet extrait de l’Epitre aux Galates de Paul de Tarse : « Il n’y a plus ni Juif, ni Grec ; il n’y a plus ni esclave, ni homme libre ; il n’y a plus l’homme et la femme ; car tous, vous n’êtes qu’un en Jésus-Christ. » Un chrétien doit donner sa priorité à la Foi et tenter de rompre les barrières qui divisent l’humanité. La sous-partie Apocalypse est d’ailleurs très claire sur ces différents points d’après l’auteur : « […] il y’a une opposition radicale entre la Majesté de Dieu et toutes les puissances et pouvoirs de la terre (d’où l’erreur considérable de ceux qui disent qu’il y’a continuité entre le pouvoir divin et les pouvoirs terrestres, ou encore, comme sous la monarchie, qu’à un Dieu unique, tout-puissant, régnant dans le ciel, doit correspondre sur Terre un Roi unique, également tout-puissant ; l’Apocalypse dit exactement le contraire !) »

    Nous ne doutons pas que cette seconde partie, dont nous vous laissons découvrir l’intégralité de la réflexion, pour éviter les raccourcis, suscitera des débats autant au sein des Chrétiens, qu’au sein de tous ceux qui sont attachés à leur terre, à leur patrie.

    Ce qui me frappe dans la lecture de ce petit livre, c’est qu’on y trouve une pensée qui s’oppose en bien des points à ce qui fut celle de la Nouvelle Droite et en particulier de celle de Dominique Venner qui notait dans le Choc de l’histoire ou encore dernièrement dans son testament politique que l’Europe n’avait pas de religion identitaire (à l’inverse, par exemple, de l’Inde). La ND proclame une pensée très marquée par le paganisme et l’importance de la hiérarchie (aristocraties), là où Ellul en chrétien sincère s’y oppose. Pourtant, je dois bien admettre que la pensée d’Ellul est fortement « séduisante » car elle présente un christianisme qui s’oppose dans ses bases au monde dans lequel nous vivons et qui offre l’espérance.

    Que l’on s’intéresse à la pensée anarchiste, au christianisme ou qu’on cherche quelques « cartouches intellectuelles », la lecture d’Anarchie et Christianisme s’impose. C’est aussi un moyen d’entrer en contact avec la pensée de Jacques Ellul avec ce qu’elle a de plus profonde : sa foi chrétienne.

    Jean http://cerclenonconforme.hautetfort.com/

  • L’échec total de la volonté de puissance de l’Afrique du Sud de l’ANC

    Des années 1950 aux années 1980, l'Afrique du Sud blanche avait réussi à devenir la puissance dominante de la partie méridionale du continent, bien au-delà de ses frontières. La Namibie dépendait directement de Pretoria ; la Rhodésie jusqu'à l'abandon de 1979 avait constitué un allié proche, comme les pouvoirs coloniaux portugais jusqu'aux indépendances chaotiques suivies de guerres civiles en 1975 en Angola et au Mozambique. Cette puissance régionale reconnue avait su construire une armée efficace, héritière des unités terrestres, aériennes, navales, formées durant la seconde guerre mondiale sous supervision britannique - hélas contre l'Allemagne idéologiquement plus proche-.
    LE DÉTESTABLE SUICIDE DE L'AFRIQUE DU SUD BLANCHE
    La rupture progressive avec Londres après 1945, avait donné l'occasion de développer une industrie militaire autonome, très capable, en particulier dans les armes légères, les véhicules rustiques, tel le célèbre Ratel, la production sous licence, souvent copie avec amélioration de matériels européens éprouvés, tel le char Centurion anglais, base de l'Olifant, ou le chasseur léger Mirage III français, base du Cheetah (guépard). L'entraînement, intensif et adapté, avait élevé l'armée sud-africaine à un niveau d'excellence, qui avait permis de contenir voire de vaincre, les troupes gouvernementales angolaises et cubaines, alors surarmées d'un matériel soviétique supérieur, dans les années 1980. Elle a possédé aussi en 1980 la bombe atomique. Significativement, il y a lieu de regretter la renonciation, au nom d'illisibles intérêts supérieurs d'équilibres, le refus volontaire d'emporter des victoires décisives notamment lors des multiples sièges de Cuito Canavale (dont celui célèbre de 1988) ; de même la Rhodésie blanche a nonobstant toutes les déclarations de soutien et les aides significatives antérieures été franchement abandonnée en 1979, prélude sinistre au naufrage de l'Afrique du Sud elle-même a posteriori. 
Enfin, problème à la fois intérieur et extérieur, on regrettera le peu d'efficacité de la propagande favorable à une immigration blanche, alors que le Sud de l'Europe des années 1950 aux années 1970 émigrait encore massivement, tout comme le manque de sérieux relatif de la politique de regroupement des Noirs dans des bantoustans appelés à devenir des républiques noires indépendantes, laissant l'Afrique du Sud à sa composante blanche comme minorité menacée structurellement, avec au maximum 20 % de la population totale, contre moins de 10 % aujourd'hui.
    Tous les pouvoirs marxistes de la région, après 1975 de Luanda à Maputo, puis Harare après 1980, ont eux apporté une aide efficace, constante, aux opposants noirs à l'Afrique du Sud, principalement l'ANC - Congrès National Africain -, conjuguant fort bien racisme de fait antiblanc et forte influence des théories marxistes, assumées au moins jusqu'au milieu des années 1990.
    Malgré quelques limites nettes, dont sur le plan extérieur une dimension un peu velléitaire qui a fini par se payer très cher, il faut reconnaître la réussite globale du régime de l'Apartheid, la construction effective d'une vraie puissance régionale. Une excellente armée correspondait au développement d'une véritable économie nationale, vivant une intéressante expérience de semi-autarcie, en s'appuyant sur les riches ressources naturelles de l'Afrique du Sud, avec des pistes encore aujourd'hui d'avenir, comme la transformation du charbon en carburants, en remplacement du pétrole, selon le procédé Fischer-Tropsch.
    Même si les pressions extérieures, trop mollement combattues, ont été indéniables, jusqu'à d'iniques sanctions économiques, non bénignes contrairement à la légende dans les années 1980, l'effondrement de la domination blanche en Afrique du Sud a correspondu à un effondrement moral intérieur, un suicide volontaire collectif. Nous déplorons philosophiquement le suicide à titre personnel au collectif, privilégiant la lutte jusqu'au dernier souffle. On ne répétera jamais assez la faiblesse intrinsèque de l'idéal démocratique, conduisant mécaniquement à des abandons selon les caprices des foules ; il est impossible de les sauver contre elles-mêmes lorsque leurs humeurs deviennent morbides, autodestructrices. Le Parti national a fini par organiser lui-même la fin de l'Apartheid ; le cœur du débat a été sur la renonciation totale et immédiate dès le milieu des années 1980, avec les ultralibéraux, ou le démantèlement par étapes, avec les libéraux, derrière Frederik de Klerk, qui n'en est pas moins un traître, le soutien populaire même blanc n'excusant rien. Ce dernier, homme-clef à partir du milieu des années 1980, a conclu le processus par sa présidence de l'Afrique du Sud de 1989 à 1994 ; il ne faut pourtant pas idéaliser la présidence précédente de Pieter Botha de 1978 à 1989, clair précurseur, qui avait démantelé de nombreuses lois essentielles de l'Apartheid, comme l'interdiction des mariages racialement mixtes, et mené déjà cette politique extérieure de retraits constants, sinon de capitulations systématiques. Parfois, l'extrême-droite, politique ou militaire, a le devoir de se saisir du pouvoir, ou du moins de tenter de le faire, même si la masse démocratique opine en faveur du suicide collectif - 68 % de oui pour la poursuite de la politique de destruction de l'apartheid en 1992 - ; nos amis d'Afrique du Sud n'ont rien tenté de concret, beaucoup misant à tort sur l'échec de négociations face à la maximaliste ANC, des promesses non-tenues, ou d'illusoires percées électorales avant la catastrophe finale.
    LES REVERIES DE L'A.N.C. ET L'ÉCHEC COMPLET DE L'AFRIQUE DU SUD NOIRE
    Nelson Mandela avait su construire, dès les années 1960, une image de héros de tous les hommes noirs, sinon tous les "opprimés" de la planète, avec le soutien massif des média occidentaux, champions de la haine du Blanc, et des propagandes des pays communistes. La complaisance a été quand même étonnante : non Mandela n'a nullement désapprouvé la lutte armée, ni même les attentats terroristes frappant des civils ou les infrastructures économiques essentielles du pays. Jim Reeves l'a déjà assez démontré avec constance dans Rivarol et Ecrits de Paris, mais il est bon de le rappeler tant est forte la prégnance de la propagande du Système encensant un prétendu "Gandhi" sud-africain, ignorant délibérément tous ses aveux postérieurs publics au nom du prétendu processus dit de « vérité et réconciliation », chasse asymétrique systématique aux anciens responsables blancs. Il faut lui reconnaître une certaine habileté dans la manipulation de ses partisans ou adversaires, la détermination dans sa volonté de se donner l'apparence d'un martyr, prisonnier volontaire embarrassant pour un régime sud-africain en décomposition délibérée... Il n'a accepté d'être relâché que contre la certitude d'accéder au pouvoir.
    La très grande majorité des populations noires vote massivement pour le candidat noir, Mandela, donc président de l'Afrique du Sud de 1994 à 1999. Il symbolise. C'est son action essentielle. Il laisse d'autres gouverner dans son ombre tutélaire, de façon parfaitement détestable, transformant l’État en État-Parti, celui de l'A.N.C, contrôlant la politique comme jamais le Parti National du temps des Blancs. L'effondrement économique, prévisible, n'est que partiel à cause de la forte hausse des cours des matières premières dans la seconde moitié des années 1990 ; à l'exception d'une élite noire ANC kleptomane, le niveau de vie des Noirs stagne, tandis que celui des Blancs s'effondre. La criminalité explose. Toutefois l'Afrique du Sud est constamment louée par le Système, car elle incarne une forme d'utopie mondialiste à son échelle. Bien évidemment, elle ne fonctionne pas plus que le mondialisme à l'échelle globale. À la volonté d'exemplarité a été couplée celle de la responsabilité régionale, la "nouvelle" Afrique du Sud devant assurer une forme de puissance imposant la paix sur une Afrique troublée, au Sud du Sahara, ou du moins de l'équateur. Cette dernière ambition, avec le legs sans heurts de l'excellente armée des Blancs, n'est pas apparue sur le coup absurde.
    L'Afrique d'après 1994 a donc pour ambition d'incarner une vitrine africaine des rêves maçonniques du Nouvel Ordre Mondial. Derrière l'icône Mandela, personne la plus décorée au monde, dont un « prix Nobel » en 1993, croulant littéralement sous les milliers de distinctions au point de finir par en refuser systématiquement de nouvelles, devait se construire un modèle de démocratie, de diversité ethnique, de société harmonieuse, avancée en pointe dans lutte "antidiscriminations" jusqu'aux droits explicites pour les minorités sexuelles - avec le mariage et l'adoption pour les couples homosexuels en 2006 -. On a vu l'échec des mythiques progrès économique et social.
Ces droits formels ne correspondent à rien de réel. Les Blancs, en particulier les courageux fermiers demeurés sur leur terre, sont constamment massacrés par des bandits noirs, impunis, tandis que leurs  complices s'emparent des propriétés, transformant un grenier à blé de l'Afrique en agriculture vivrière sinon désert ; une évolution de long terme semblable au Zimbabwe voisin est à craindre. Outre la persécution de fait des Blancs, dont un million aurait quitté le pays - aucune statistique officielle évidemment-, les affrontements ethniques entre Noirs causent des centaines de morts chaque années ; ils sont dissimulés dans les chiffres, énormes et pourtant sous-évalués de l'insécurité générale. Quant aux Noirs étrangers, ils sont souvent violemment chassés, là encore avec des centaines, sinon des milliers de morts. Les Noirs seraient-ils racistes, contre les Blancs, mais aussi entre leurs différentes ethnies ? Le discours sur la prétendue harmonie devient de plus en plus comique tant le décalage avec les réalités s'accroit. Les minorités sexuelles demeurent fort peu appréciés dans les quartiers noirs, là encore avec des centaines de meurtres annuels ; les discours spontanés indigènes continuent à qualifier le vice de Laïos de « maladie des Blancs » ; toute la propagande officielle n'a guère de prise. Évidemment, les « droits des femmes » sont promus ; toutefois ils coexistent difficilement avec les droits coutumiers traditionnels, totalement réhabilités : ainsi le président sud-africain Jacob Zuma (au pouvoir depuis 2009), s'affirme un ferme partisan des traditions bantoues, dont le mariage avec plusieurs femmes, le pratique personnellement. Mandela n'avait eu que de multiples épouses successives, dont les enfants s'opposent d'ailleurs les uns aux autres, tandis que Zuma, polygyne toujours, mais aux multiples divorces, offre des motifs d'amusement aux caricaturistes de son pays, dont il apprécie d'ailleurs peu l'humour - nombreux procès pour offense au chef de l’État-. Il en est résulté des difficultés protocolaires régulières lors des rencontres internationales.
    L'échec de la vitrine est total. Durant la Coupe du Monde de 2010, la sélection nationale a effectué une prestation pitoyable selon les experts, à défaut du degré de comique de l'équipe de France, tout aussi mélanoderme. Quant à la grande politique étrangère, concrète, vaut-elle mieux ? Elle souffre déjà du sabotage continue de l'armée sud-africaine, très réduite en volume, hommes, moins de 50 000 militaires, comme matériels, privée des exceptionnelles compétences des officiers blancs systématiquement chassés, avec comme conséquence immédiate la disparition ou presque des éléments prometteurs d'industrie de défense autonome. Evidemment, la bombe atomique a été sacrifiée. Au final, l'armée de Pretoria compte quelques chasseurs légers suédois Grippen qui ne volent plus, comme les 4 frégates et 3 sous-marins qui ne naviguent plus. Les équipements terrestres ont vieilli de vingt ans, sans guère de remplacement - il ne reste qu'une trentaine de vieux chars -, tout comme la restreinte mais essentielle capacité de projection. Quelques hélicoptères d'attaque Rooivalk, une douzaine, excellent type développé à la fin de l'Apartheid, volent encore et forment l'essentiel de la capacité offensive du pays. Elle ne serait plus en mesure d'assurer en dernier recours l'ordre intérieur, quand bien même l'ANC le voudrait. Ancienne première armée d'Afrique, elle est aujourd'hui bien loin de l'Égypte, l'Algérie, le Maroc, même derrière l'Angola et le Nigeria, voire l'Ethiopie et l'Erythrée. Une grande armée n'est plus que la milice de l'ANC.
    En conséquence les initiatives diplomatiques de l'Afrique du Sud ne sont absolument plus prises au sérieux. Les multiples médiations au Zimbabwe voisin, ou même dans l'enclavé Swaziland, n'ont débouché sur rien. A fortiori, les accords de paix, multiples, au Burundi, ont échoué, tout comme ceux pour le Congo démocratique, signés solennellement à Sun City en 2003 en Afrique du Sud ; la guerre ravage toujours terriblement l'Est de cet État, avec la guérilla du M23 au Kivu, encore soutenu par le Rwanda. Récemment, en mars 2013, l'Afrique du Sud a été humiliée à Bangui par la coalition Seleka, à la force armée pourtant faible ; les bataillons sud-africain défendant la capitale sud-africaine au nom de l'ONU ont subi une claire défaite. Ils ont depuis été rapatriés en urgence.
    Aussi, dans tous les domaines, l'ANC a échoué. Même le prélat noir anglican, icône de la lutte contre l'Apartheid et ancien fervent supporter de l'ANC, Desmond Tutu, vient d'annoncer en termes durs sa très forte déception. Pourtant par les lois de la démocratie, elle se maintiendra vraisemblablement au pouvoir ; aucun opposition cohérente n'est construite. L'affaiblissement possible de l'ANC profiterait d'ailleurs davantage à une extrême-gauche raciste antiblanche noire, partisane de la confiscation des biens des Blancs, voire des riches en général - élite-ANC comprise donc -, d'une forme de socialisme panafricain, plutôt qu'à des centristes mous libéraux qui chantent l'impossible « nation arc-en-ciel ».
    Un éventuel effondrement de l’État-ANC, fort possible, surtout en cas d'entrée en un cycle, même court, de baisse des prix des produits primaires, s'il déboucherait dans l'immédiat sur une situation encore pire pour les Blancs, pourrait peut-être enfin permettre la création indispensable du Volkstaat Afrikaner. Cet État légitime, plus ou moins promis en 1994 par Mandela dans le cadre de son Afrique du Sud de la diversité, demeure sans aucune réalisation pour l'instant. Il n'existe que la très symbolique enclave d'Orania, de 2000 habitants. Ce Volkstaat regrouperait les 5 % de Blancs de langue afrikaner, soit 2,5 millions d'habitants potentiels, sauvés de la disparition dans la Tour de Babel ingérable de l'Afrique du Sud de l'ANC. Il prendrait place sur les territoires semi-désertiques quasiment vides d'une partie de l'Ouest de l'Afrique du Sud actuelle. Les Blancs anglophones, moins de 2 millions aujourd'hui, plus urbains, arrivés plus tard, assez facilement cosmopolites, émigrent le plus facilement, particulièrement vers l'Australie, et le flux s'amplifierait.
    Scipion de SALM Rivarol du 31 mai 2013

  • Tous les espoirs sont permis

    A"[...] Oui, cette mobilisation a ceci d'historique qu'elle a "révélé", au sens chimique du terme, la République : pas une institution "républicaine" qui, aujourd'hui, ne soit discréditée aux yeux des Français, lesquels assistent, en direct, à la décomposition d'un régime qui, tout en recourant au mensonge institutionnel pour imposer le mensonge anthropologique, est parallèlement devenu incapable de dissimuler les pratiques mafieuses qui n'ont cessé d'alimenter ses profiteurs, droite et gauche confondues. C'est désormais à la page des faits divers qu'il faut prendre connaissance de la vie politique française, et ce, comble de l'indécence ou de l'insouciance, alors que le chômage touche désormais de plein fouet cinq millions de nos compatriotes ! Certes, le pays légal peut respirer ! Paris ne vaut plus une messe puisque NKM a été élue candidate de la droite parlementaire aux municipales parisiennes et que le prochain maire sera de toute façon sociétaliste. Hollande peut continuer en toute tranquillité à racketter les familles pour rééquilibrer une branche famille qui n'est en déséquilibre que parce que l'État la pille allègrement, puisque l'opposition, d'accord sur le fond, fait le service minimum. L'Europe peut continuer à faire semblant de nous donner des leçons et de vouloir nous imposer ses "réformes", puisque nos élites dénationalisées ont déjà tout abdiqué ! N'empêche, retourner à ses occupations comme si rien ne s'était passé, ce serait ignorer ce qui frappe les observateurs les plus impartiaux : à savoir que ce n'est pas un pays réel vieilli et fatigué qui s'est levé et s'est mobilisé, et ne cesse désormais de veiller, mais la jeunesse même du pays, celle qui, assurément, ne vole, ne casse ni n'organise de tournantes - c'est pour ça qu'elle n'intéresse pas Taubira - mais qui, en revanche, est destinée, demain, à prendre les rênes du pouvoir. À côté de cette jeunesse-là, la quadra NKM paraît d'un autre siècle - d'un vingtième qui n'en finit plus de se liquéfier dans ses utopies permissives.

    Tous les espoirs sont permis. Ils le sont parce que ces jeunes ont eu, finalement, la chance à leur premier engagement d'être confronté au vrai visage de Marianne. Ils ont en même temps appris et compris que les fameuses valeurs républicaines dont ils étaient bassinés depuis l'enfance dissimulaient un mensonge et une compromission, bref, une imposture de tous les instants, sur fond de corruption et d'indifférence aux malheurs réels des Français. Oui, ce qui s'est levé depuis six mois finira bien par croître et produire ses fruits car cette espérance repose sur des racines solides : celle d'un peuple qui, en dépit des attaques de toutes sortes - morales, intellectuelles, démographiques, sociales et avant tout spirituelles - dont il est l'objet depuis tant de décennies, continue de résister. C'est à cette résistance du peuple français contre la tyrannie de l'imposture qu'il convient de consacrer toutes ses forces. La résurrection est à ce prix."

    Action Française 200O

  • Votre bel aujourd’’hui de Charles Maurras

    En mars 1952, Charles Maurras était emprisonné depuis sept ans et demi à la suite de sa condamnation pour avoir soutenu le maréchal Pétain sous l’Occupation. Malade. il avait été transféré de la maison centrale de Clairvaux à l’hôpital de Troyes et il allait bénéficier d’une grâce médicale accordée par le président de la République d’alors, le socialiste Vincent Auriol. À peine libéré et assigné à résidence à Saint-Symphorien-lès-Tours, il adressait à ce dernier une lettre où il estimait qu’ayant été emprisonné injustement, sa liberté lui était due et où il demandait la tête de François de Menthon, garde des Sceaux de l’Épuration, qui avait couvert les milliers d’exactions et de condamnations iniques qui avaient accompagné la libération du territoire. Cette lettre - qui prouvait que Maurras, malgré son âge (84 ans) n’avait rien perdu de sa pugnacité, fit grand bruit, au point de provoquer l’interpellation du gouvernement à l’Assemblée nationale le jour du Vendredi-Saint ! Mais Maurras ne fut pas remis en prison...
    Un ton pédagogique
    Votre Bel Aujourd’hui est une autre lettre - une « lettre fleuve » de cinq cents pages - adressée par le maître de l’Action française à Vincent Auriol. Elle est une réponse à un ouvrage écrit par celui-ci en 1943 : Hier-Demain qui se voulait une analyse des événements ayant conduit au désastre militaire de 1940 et une présentation de projets pour l’après-guerre.
    Maurras s’empare de l’ouvrage qui, sans lui, serait bien oublié aujourd’hui, le décortique et le réfute point par point. Le ton n’est pas agressif, bien que vigoureux. Il serait plutôt pédagogue. Maurras démontre à Auriol l’inconsistance et la malfaisance des « nuées » que ses amis politiques et lui ont professées et quels malheurs elles ont attirés sur la France. Convaincu que parvenu au sommet de l’État, Vincent Auriol perçoit mieux les hautes nécessités nationales, Maurras l’incite à préparer l’accession du Comte de Paris au pouvoir en se faisant le restaurateur de la monarchie. La plume de Maurras est animée d’une telle flamme, d’une telle force de conviction que cette conclusion n’a rien d’incongru et s’impose naturellement.
    Achevé d’écrire en avril 1950 à Clairvaux, Votre Bel Aujourd'hui ne fut publié qu’en 1953 après la mort de Maurras. L’ouvrage a le caractère d’un testament politique à plusieurs titres. D’abord il est nourri par l’immense culture de son auteur et l’expérience de toute sa vie politique. D’où une foule de références qui éclairent le propos de Maurras. Ensuite, celui-ci y développe les thèmes essentiels de sa pensée. Enfin, l’ouvrage est une illustration de la méthode intellectuelle de l’auteur : l’empirisme organisateur. Maurras écrit (p. 182) : « ... Je ne veux être ici que le greffier des choses ». Il laisse parler les événements ou plutôt, il tire des événements les vérités qu’ils contiennent, en pratiquant une induction rigoureuse.
    De solides vérités
    On ne peut rapporter toutes les solides vérités contenues dans cet ouvrage. Évoquons-en quelques unes. Ainsi Maurras écrit-il, après Joseph Calmette, que la République a accordé « plus d’attention aux remous intérieurs qu’à la situation extérieure ». D’où les déboires de sa politique dont la France a fait les frais.
    Signalons aussi le refus du principe des nationalités et de l’égalité des nations. Le nationalitarisme revendicateur et agressif de certains peuples ne doit pas être confondu avec le nationalisme français, essentiellement défensif. C’est pourquoi en 2005, ajouterons-nous, l’Europe des États doit être préférée à « L’Europe des nations ».
    Ou encore : « L’histoire de nos rois avère deux choses. En monarchie, l’institution est encore plus importante que la personne du monarque bien que celle-ci passe tout. Et puis, dans cette longue liste de personnages royaux, si divers, il y eut de grands rois, de très grands rois, qui avaient été des dauphins discutés comme Louis XI, ou des « Monsieurs » aussi douteux que le futur Louis XVIII, frère médiocre, beau-frère regrettable envers Louis XVI et Marie-Antoinette. Il s’est rangé depuis dans les Pères de la Patrie : La prétendance n’est pas le règne. La monarchie est bien, comme on l’a dit, un état d’esprit, mais cet esprit royal procède de ce qu’on peut appeler géométriquement sa position ». Ce point est essentiel. L’homme le plus intelligent, le plus dévoué à l’intérêt public serait-il placé au sommet de l’État, il ne pourra réaliser une œuvre durable et efficace s’il ne dispose que d’un pouvoir éphémère et controversé.
    Les deux cent vingt premières pages de Votre Bel Aujourd’hui sont consacrées à dénoncer la malfaisance de l’Idée révolutionnaire et à stigmatiser la légèreté des hommes qui l’ont incarnée. À la patrie idéologique chère aux socialistes, Maurras oppose la patrie concrète et il montre comment les intérêts de celle-ci ont été sacrifiés à l’idéologie démocratique. Ainsi sont survenues la catastrophe de 1940, puis la révolution de 1944. Maurras met le doigt sur les crimes de l’Épuration et les gabegies des débuts de la IVe République. Le « Demain » prophétisé par Vincent Auriol s’avère désastreux sur le plan moral, politique, social, économique.
    Les Biens publics de la France
    Dans la dernière partie de son ouvrage, Maurras met en évidence les quatre « Biens publics de la France » dont il démontre qu’à l’avenir ils ne pourront être assurés que par la monarchie : 1) la sauvegarde de l’indépendance nationale : l’État non envahi. 2) la restitution au peuple de ses libertés au sein d’un État organique. Il n’y a pas de contradiction foncière entre l’État et les « États » c’est-à-dire les libertés locales, régionales, professionnelles, si leurs domaines respectifs sont définis. 3) La Justice, dont tant de bons Français, victimes du terrorisme - sous le masque de la Résistance - et de l’Épuration ont été privés au cours d’une guerre civile dont la France subit encore les séquelles. Hélas, il n’y a pas eu de roi pour promouvoir la réconciliation nationale. 4) La concorde entre les citoyens. Maurras le répète : « Les nations sont des amitiés ». Il faut rejeter la haine entre les classes.
    À la fin de sa lettre fleuve, Maurras aborde encore trois questions qui faisaient l’objet de débats il y a un demi-siècle : l’Europe, marquée par la permanence des nations ; l’union franco-allemande, dont on parlait déjà comme le moyen de réconcilier les deux peuples, mais dont Maurras montre les dangers ; enfin la bombe atomique dont il pense que la France doit se doter pour assurer sa défense et maintenir son rôle dans le monde.
    Nous ne savons pas comment Vincent Auriol, dont le mandat de président de la République expira en décembre 1954, a réagi à la lettre géante de Maurras. Son successeur, René Coty, ne fut élu qu’après treize tours de scrutin. La IVe République annonçait - déjà - son déclin.
    Pierre Pujo L’Action Française 2000– du 15 décembre 2005 au 4 janvier 2006
    * Librairie Arthème Fayard, 1953.