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culture et histoire - Page 1860

  • 50 ans après… une critique positive toujours d’actualité ?

    À partir d’avril 1961, un prisonnier est amené à faire le bilan sans concession de l’échec de son combat politique et activiste pour une cause perdue. Dominique Venner n’est pas encore l’historien et fondateur de la Nouvelle Revue d’Histoire qu’il est devenu par la suite, il est un condamné politique à la prison de la Santé.

    UN “QUE FAIRE ?” NATIONALISTE

    Responsable d’un mouvement nationaliste interdit par le régime gaulliste, Jeune Nation, son engagement dans le combat de l’Algérie française l’a conduit à être arrêté et d’écoper de 18 mois de prison. Symbole de courage pour une génération de jeunes militants nationalistes de Jeune Nation mais surtout de l’importante Fédération des Etudiants Nationalistes (FEN), il est un observateur impuissant de la fin du combat des partisans de l’Algérie Française. Dans sa cellule, il rédige une courte brochure qui est un solde pour tout compte avec la ligne stratégique adoptée jusque-là. La rédaction du texte s’accompagne de longues discussions avec ses camarades détenus pour tirer les leçons de leur engagement, son analyse s’affine et devient un véritable plan de reconquête de l’influence perdue. George Bousquet, journaliste à RIVAROL, sortira le document lors de sa libération de la Santé. Pour une critique positive se diffuse alors rapidement dans les réseaux nationalistes en pleine recomposition. Le texte est anonyme, mais il est fait sien par la majorité des étudiants de la FEN. « Ecrit par un militant pour les militants », il touche directement sa cible. Dominique Venner exprimait clairement la volonté d’une jeunesse en quête d’un idéal révolutionnaire. Sévère et lucide, ce texte n’est nullement fait pour s’apitoyer sur une défaite. Il affirme que le combat ne fait que commencer, que le nationalisme est au début de sa longue marche. Pour une critique positive reste une référence pour tout un courant activiste, rarement un texte politique influence plusieurs générations de militants nationalistes. Cette brochure connut plusieurs éditions dans les années 1970, plus ou moins artisanales, et elle est maintenant diffusée gratuitement sur Internet par de nombreux sites de téléchargement. Comment expliquer cette longue postérité d’un texte écrit dans une situation d’urgence ? Tout simplement parce qu’il pose les problématiques de base que rencontrent les militants nationalistes authentiques et révolutionnaires depuis 50 ans. Dès les premières lignes, Pour une critique positive établit une distinction fondamentale et sans équivoque entre les “nationaux” et les “nationalistes”. L’attitude des premiers est dénoncée en des termes très durs. La « confusion idéologique » des nationaux est critiquée sans appel : « Les “nationaux” s’attaquent aux effets du mal, pas à ses racines. Ils sont anticommunistes mais oublient que le capitalisme et les régimes libéraux sont les principaux artisans de la propagation du communisme. Ils étaient hostiles à la politique algérienne du gouvernement, mais oublient que cette politique était le produit d’un régime, de son idéologie, de ses intérêts, de ses maîtres réels financiers et technocrates, comme de ses structures politiques et économiques. Ils voulaient sauver l’Algérie française contre le régime, mais ils reprennent à leur compte ses principes et ses mythes ». L’opportunisme et la mythomanie de ces milieux (« Un bridge avec un général en retraite, un parlementaire ou un sergent de réserve devient une sombre et puissante conjuration ») n’ont d’égal pour Venner que leur arrivisme électoraliste. Sur la question de l’action violente, le texte est clair sur l’importance de rompre avec les pratiques “terroristes” désorganisées des derniers feux de l’OAS : « Le terrorisme aveugle est le meilleur moyen pour se couper d’une population. C’est un acte désespéré ». Mais c’est surtout le manque de discipline et d’organisation qui reste une constante dans les rangs de la mouvance. Dès lors le jugement est sans appel. « Zéro plus zéro, cela fait toujours zéro. L’addition des mythomanes, des comploteurs, des nostalgiques, des arrivistes, ne donnera jamais une force cohérente. »

    POUR UNE NOUVELLE THÉORIE RÉVOLUTIONNAIRE

    On l’aura compris, Pour une Critique positive était sans concession. Dominique Venner s’appuyait sur l’exemple de rigueur de Lénine et des Bolcheviks russes à la veille de la Révolution d’Octobre 1917. Lecteur du « Que faire ? » du fondateur de l’URSS, il établit une nouvelle théorie révolutionnaire créant un unité entre réflexion et action radicale. Ce rôle est donnée à la « conscience révolutionnaire », elle est le cœur de la méthode qu’il veut mettre en place : « Le révolutionnaire est entièrement conscient de la lutte engagée entre le Nationalisme, porteur des valeurs créatrices et spirituelles de l’Occident et le Matérialisme sous ses formes libérales ou marxistes. Il est libéré des préjugés, des contre-vérités et des réflexes conditionnés par lesquels le régime se défend. L’éducation politique qui permet de s’en affranchir s’acquiert par expérience personnelle, bien sûr, mais surtout à l’aide de l’enseignement que seule l’étude permet de dégager. Sans cette éducation, l’homme le plus courageux, le plus audacieux, n’est plus qu’une marionnette manipulée par le régime […] Par une propagande permanente à sens unique, à laquelle chacun est soumis dès l’enfance, le régime, sous ses multiples aspects, a progressivement intoxiqué les Français.

    Toutes les nations à direction démocratique en sont là. Tout esprit critique, toute pensée personnelle sont détruits. Il suffit que soient prononcés les mots-clefs pour déclencher le réflexe conditionné prévu et supprimer tout raisonnement ». Si des notions comme l’Occident ou le Régime (à lire dans le contexte de l’époque) sont datées, le fond reste d’une actualité intéressante. L’enjeu est donc de donner une direction révolutionnaire à toutes les forces nationalistes, dans la perspective d’un changement de la société sur des bases nouvelles. « Maintenir le moral offensif de ses propres partisans, communiquer ses convictions aux hésitants sont deux conditions indispensables au développement du Nationalisme. La preuve est faite que dans l’action ou en prison, quand la démoralisation guette, quand l’adversaire semble triompher, les militants éduqués, dont la pensée cohérente soutient la foi, ont une force de résistance supérieure ». Voulant doter le nationalisme d’une organisation centralisée et“monolithique”. tirant les enseignements de la période de Jeune Nation, le texte rappelle une règle fondamentale du militantisme : « La preuve est faite que cinq militants valent mieux que cinquante farfelus. La qualité des combattants, est, de loin, préférable à leur quantité. C’est autour d’une équipe minoritaire et efficace que la masse se rassemble, pas l’inverse. Que les mouvements révolutionnaires soient des minorités agissantes ne signifie évidemment pas que tous les groupes minoritaires soient, pour autant, révolutionnaires. C’est une excuse trop facile pour la médiocrité de certains. Les minorités agissantes ne sont pas des sectes stériles, elles sont en prise directe sur le peuple. » La définition même que Dominique Venner donne au nationalisme fit couler beaucoup d’encre et devait provoquer de nombreuses ruptures avec d’anciens camarades : « Fondé sur une conception héroïque de l’existence, le Nationalisme, qui est un retour aux sources de communauté populaire, entend créer de nouveaux rapports sociaux sur une base communautaire et bâtir un ordre politique sur la hiérarchie du mérite et de la valeur. Dépouillé de l’enveloppe étroite imposée par une époque, le Nationalisme est devenu une nouvelle philosophie politique. Européen dans ses conceptions et ses perspectives, il apporte une solution universelle aux problèmes posés à l’homme par la révolution technique. » L’orientation européenne et quasiment nietzschéenne du texte n’échappe pas, et laisse entrevoir l’évolution vers les premières formes de la pensée de la « Nouvelle Droite ». L’éthique de l’honneur de « l’homme européen » et l’appel à la naissance d’une « Jeune Europe » font encore débat. Mais comment ne pas souscrire à l’affirmation que l’Europe doit avoir un autre destin que la mondialisation. « L’unité est indispensable à l’avenir des Nations européennes. Elles ont perdu la suprématie du nombre ; unies, elles retrouveraient celle de la civilisation, du génie créateur, du pouvoir d’organisation et de la puissance économique. Divisées, leurs territoires sont voués à l’invasion et leurs armées à la défaite ; unies, elles constitueraient une force invincible […] La jeunesse d’Europe aura de nouvelles cathédrales à construire et un nouvel empire à édifier. ».
    Monika BERCHVOK Rivarol du 31 mai 2013

  • Le mai du Maréchal

    Le mois de mai s'ouvre sur une journée qui fut instituée officiellement en 1941 « Fête du Travail et de la Concorde sociale » C'était une façon très claire de récuser la lutte des classes tout en honorant comme ils le méritent les travailleurs, habitués depuis 1889 à rappeler par des manifestations leurs exigences de justice sociale (en particulier réduction de la semaine de travail à 48 heures) et le sacrifice des ouvriers américains qui, après la grève générale du 1er mai 1886, ont eu trois morts lors de la manifestation du 3 mai puis quatre autres, pendus en 1887.
    En cette année 2013 est célébrée à la fin du mois de mai la Fête des Mères. Cette journée fut instituée fête nationale, sous la dénomination de « journée des Mères », en 1941, avec la précision qu'elle devait se dérouler le dernier dimanche de mai. Ainsi l'Etat français du Maréchal Pétain a-t-il choisi de marquer le « joli mois de mai » par deux illustrations de sa devise « Travail, Famille, Patrie », qui reste une bonne référence pour les femmes et les hommes de bon sens, comme l'a reconnu un jour un certain Raymond Barre...
    Mais il est bon de rappeler que bien d'autres initiatives, heureuses, de l'Etat français ont perduré jusqu'à nos jours. Tout simplement parce que la diabolisation, inique, de la figure du Maréchal, n'a pas réussi à faire oublier le riche héritage qu'il a laissé, pour améliorer la vie quotidienne des Français, ce « legs immense » qu'évoque Emmanuel Le Roy Ladurie (dont le père fut ministre de l'Agriculture et du Ravitaillement à Vichy en 1942) dans la préface qu'il a donnée au livre fort instructif de Cécile Desprairies, L'héritage de Vichy, ces 100 mesures toujours en vigueur (Armand Colin, 2012). Beaucoup de lecteurs découvriront sans doute, dans cet ouvrage, que bien des mesures jugées aujourd’hui, à juste titre, si positives, sont dues à cet État français officiellement honni et dont les haineux professeurs de morale du style Bernard-Henri Lévy voudraient gommer jusqu'au moindre souvenir. Heureusement, ils se cassent les dents sur les réalités. Les réalités ? Parmi beaucoup d'autres, en voici quelques-unes.
    Le 29 mars 1941, l'allocation de mère au foyer est transformée en allocation de salaire unique, étendue aux épouses d'artisans et d'agriculteurs, tandis que loi du 22 septembre 1942 en faveur du travail féminin donne capacité à la femme mariée de disposer seule de son capital dans le cadre de la séparation de biens, d'ouvrir un compte en banque sans l'autorisation du mari, de conclure un contrat de travail...
    En 1941 une loi stipule que « pendant le mois qui précédera et le mois qui suivra l'accouchement, toute femme enceinte devra, sur sa demande, être reçue gratuitement et sans qu'elle ait besoin de justifier son identité, dans tout établissement hospitalier public susceptible de lui donner les soins que comporte son état ». Cette loi « sur la protection des naissances » met en place ce que l'on appelle aujourd'hui « l'accouchement sous X ». Une loi de 1943 organise la prise en charge par les services de l’État des enfants « trouvés, abandonnés, pauvres, sans soutien, maltraités, délaissés ou moralement abandonnés ». Quant aux allocations familiales, elles sont étendues et augmentées à plusieurs reprises de 1940 à 1943.
    Dans le domaine de la santé, l'instauration d'un carnet de santé imposé à chaque enfant, avec un carnet de vaccination qui doit être régulièrement mis à jour par un médecin, permet un efficace suivi sanitaire. Fin 1941 est rendue obligatoire la visite médicale à l'école, l'accent étant mis sur la prévention des maladies contagieuses. Quant au monde du travail, il bénéficie d'une loi promulguée en 1941 « relative à la protection médicale du travail », qui met en place des services médicaux et sociaux du travail. Naît ainsi une médecine du travail qui - n'en déplaise aux esprits chagrins - s'inspire directement des réalisations de l'Allemagne nationale-socialiste. Il en va de même pour les « comités sociaux d'entreprise », destinés à associer employeurs et salariés pour la prise en compte des intérêts légitimes de ceux-ci. Ces structures survivront, après 1945, sous le nom de « comités d'entreprise ». Il en va de même pour bien d'autres organismes qui, même en changeant de nom (INSEE, INED, par exemple), devront leur existence à la politique pétainiste. Leur liste est trop longue pour être donnée ici. Ce rappel serait pourtant salutaire car, comme disait le Maréchal, les Français ont la mémoire courte. Il est vrai que certains font tout pour qu'il en soit ainsi...
    Pierre VIAL. Rivarol du 31 mai 2013

  • Nietzsche judéophile et germanophobe

    - Quel bienfait semble être un juif,
    lorsque l’on vit parmi des Allemands !

    Nietzsche est fameux pour sa phrase sur ce qui ne nous tue et nous rend plus fort, phrase qui s’applique merveilleusement aux Juifs, ce peuple aussi, disait un ancien président, qui a tant de fois su mourir pour renaître. Penseur polyfacétique et contradictoire, il fut aussi récupéré par tous les partis et toutes les écoles philosophiques au vingtième siècle. Son surhomme sert de catalyseur à la plateforme trans-humaine en ce moment (qu’on le veuille ou non...).

    Proche de Wagner et du pangermanisme dans sa jeunesse, Nietzsche change vite de camp sous l’impulsion de son amourette avec Lou Von Salomé (future égérie de Freud, Rilke et quelques autres) et de l’intellectuel Paul Rée dont Cosima Wagner dénoncera une influence malveillante sur l’ancien ami de son mari.

    La portée subversive de la pensée de Nietzsche, très populaire un temps chez les socialistes et les sionistes, a été soulignée par les fameux Protocoles (avec Darwin, il est le penseur recommandé des "sages") et par la pensée de mai 68, liquidatrice de ce qui nous reste de famille et de nation.

    Mais je préfère citer : on trouvera tout cela facilement sur le web dans "la Généalogie", "Par-delà le bien et le mal", "Humain trop humain" (ouvrage discret et pourtant le préféré de Gilles Deleuze et de la Gauche nietzschéenne).

    ***

    Nietzsche hait et méprise les antisémites de son temps (un peu comme Léon Bloy, et presque pour les mêmes raisons). L’antisémite c’est le raté, l’homme jaloux, l’esprit plein de ressentiment...

    « Eugène Dühring qui, dans l’Allemagne contemporaine, fait l’usage le plus immodéré et le plus déplaisant du tam-tam moral : Dühring, le plus grand hâbleur moral de notre époque, même parmi ses pareils, les antisémites. Ce sont tous hommes du ressentiment, ces disgraciés physiologiques, ces vermoulus, il y a là une puissance frémissante de vengeance souterraine, insatiable, inépuisable dans ses explosions contre les heureux, ingénieux dans les travestissements de la vengeance, dans les prétextes à exercer la vengeance. »

    On voit que pour Nietzsche l’antisémite est un chrétien qui s’ignore, le chrétien un antisémite qui s’ignore. C’est la pensée du soupçon en état de marche.

    Dans un célèbre aphorisme de Jenseits, Nietzsche professe ainsi son admiration pour le « peuple élu » ou « sûr de soi et dominateur » :

    « Ce que l’Europe doit aux Juifs ? Beaucoup de choses, bonnes et mauvaises, et surtout ceci, qui appartient au meilleur et au pire : le grand style dans la morale, l’horreur et la majesté des exigences infinies, des significations infinies, tout le romantisme sublime des problèmes moraux, et par conséquent ce qu’il y a de plus séduisant, de plus captieux et de plus exquis dans ces jeux de lumière et ces invitations à la vie, au reflet desquels le ciel de notre civilisation européenne, son ciel vespéral, rougeoie aujourd’hui, peut-être de son ultime éclat. Nous qui assistons en artistes et en philosophes à ce spectacle, nous en sommes reconnaissants aux Juifs. »

    J’ai toujours trouvé ce passage un peu confus d’ailleurs (j’ai pourtant presque quarante ans de nietzschéisme derrière moi...). Puis Nietzsche pronostique même - comme Vacher de Lapouge - une domination future des Juifs en Europe avec pour ce faire une nécessaire expulsion des antisémites (et dire qu’il passe pour avoir inspiré Hitler !) :

    « C’est un fait que les Juifs, s’ils voulaient - ou si on les y forçait, comme semblent le vouloir les antisémites -, pourraient dès maintenant exercer leur prépondérance et même littéralement leur domination sur l’Europe ; c’est un fait également qu’ils n’y travaillent pas et ne font pas de projets dans ce sens. Pour le moment, ce qu’ils veulent et souhaitent, et même avec une certaine insistance, c’est d’être absorbés dans l’Europe et par l’Europe, ils aspirent à s’établir enfin quelque part où ils soient tolérés et respectés, et à mettre enfin un terme à leur vie nomade de "Juifs errants". On devrait bien tenir compte de cette aspiration et de cette pression (où s’exprime peut-être déjà une atténuation des instincts juifs) et les favoriser ; et pour cela il serait peut-être utile et juste d’expulser du pays les braillards antisémites. »

    Cela aurait été le décret Nuit et braillard...

    ***

    Antichrétien fanatique à la fin de sa vie, Nietzsche recourt à sa formation de philologue pour dénier au christianisme tout fondement scientifique et donc moral :

    « Mais, en fin de compte, que peut-on attendre des effets d’une religion qui, pendant les siècles de sa fondation, a exécuté cette extraordinaire farce philologique autour de l’Ancien Testament ? Je veux dire la tentative d’enlever l’Ancien Testament aux Juifs avec l’affirmation qu’il ne contenait que des doctrines chrétiennes et qu’il ne devait appartenir qu’aux chrétiens, le véritable peuple d’Israël, tandis que les Juifs n’avaient fait que se l’arroger. »

    Sa haine des chrétiens est égale à sa haine des Allemands à qui il finit par tout reprocher (les Croisades ou la réforme comme mise à mort de la Renaissance, par exemple dans "l’Antéchrist"). Mais voici une longue parenthèse du "Gai savoir" :

    « (L’Europe, soit dit en passant, doit avoir de la reconnaissance à l’égard des Juifs, pour ce qui en est de la logique et des habitudes de propreté intellectuelle ; et avant tout les Allemands, une race fâcheusement déraisonnable, à qui, aujourd’hui encore il faut toujours commencer par "laver la tête". Partout où les Juifs ont eu de l’influence, ils ont enseigné à distinguer avec plus de sensibilité, à conclure avec plus de sagacité, à écrire avec plus de clarté et de netteté : cela a toujours été leur tâche d’amener un peuple "à la raison"). »

    ***

    Très hostile aux nations, indifférent à la notion de race, mais favorable au métissage, à la civilisation maure du sud de l’Europe, Nietzsche écrit encore que :

    « Dès qu’il n’est plus question de conserver des nations, mais de produire et d’élever une race mêlée d’Européens aussi forte que possible, le Juif est un ingrédient aussi utile et aussi désirable que n’importe quel autre vestige national. »

    Pour Nietzsche le futur en Europe opposera Juifs et Russes :

    « Le penseur que préoccupe l’avenir de l’Europe doit, dans toutes ses spéculations sur cet avenir, compter avec les Juifs et les Russes comme avec les facteurs les plus certains et les plus probables du jeu et du conflit des forces. »

    Enfin notre grand penseur de la droite occidentale (pensons au GRECE !) insiste sur le génie juif qui a occidentalisé l’Europe aux heures les plus sombres de son histoire (ie le Moyen Age) tandis que ce pauvre christianisme ne songeait qu’à la retarder et l’orientaliser.

    « En outre : aux temps les plus sombres du Moyen Age, quand le rideau des nuages asiatiques pesait lourdement sur l’Europe, ce furent des libres penseurs, des savants, des médecins juifs qui maintinrent le drapeau des lumières et de l’indépendance d’esprit sous la contrainte personnelle la plus dure, et qui défendirent l’Europe contre l’Asie ; c’est à leurs efforts que nous devons en grande partie qu’une explication du monde plus naturelle, plus raisonnable, et en tout cas affranchie du mythe, ait enfin pu ressaisir la victoire, et que la chaîne de la civilisation, qui nous rattache maintenant aux lumières de l’Antiquité gréco-romaine, soit restée ininterrompue. Si le christianisme a tout fait pour orientaliser l’Occident, c’est le judaïsme qui a surtout contribué à l’occidentaliser de nouveau : ce qui revient, en un certain sens, à faire de la mission et de l’histoire de l’Europe une continuation de l’histoire grecque. »

    Nietzsche défend une notion désormais classique : le gai savoir c’est le savoir juif, mauresque, provençal, toulousain, cathare, courtois.... Chassé par le pape et par l’odieuse Inquisition. Ajoutons en passant (c’est un autre sujet) que le rôle de Nietzsche dans la formation de la pensée juive moderne, sioniste et conquérante, a été très bien étudié par David Ohana ("Zarathoustra à Jérusalem", Controverses, mai 2008). Nous laisserons un sioniste conclure, son traducteur en hébreu, qui écrivait en 1944 :

    « La jeunesse juive doit s’élever aux sommets de Zarathoustra, là où règne un air pur et vif, non seulement pour le plaisir esthétique, mais aussi pour apprendre ce que signifiait être un homme libre. » (Israël Eldad).

    Nicolas Bonnal http://www.france-courtoise.info

  • Les exercices d’admiration de Christopher Gérard

    Dans le langage courant, le quolibet est un propos plaisant, ironique ou injurieux, lancé à quelqu’un. En fin lettré pétri par les classiques gréco-romains, Christopher Gérard utilise ici le mot dans son acception étymologique. Le sous-titre est plus explicite puisqu’il s’agit d’un « journal de lectures ». L’exercice n’est pas nouveau. Il y a peu, Bruno de Cessole sortait Le Défilé des réfractaires, une approbation très remarquée pour des écrivains originaux.

     

    Ancien directeur de la revue de réflexions païennes Antaïos et désormais heureux auteur de cinq romans ou récits (Maugis, Porte Louise, Vogelsang, etc.), Christopher Gérard tient à exprimer avec ce recueil son admiration pour soixante-huit hommes (et femmes) de plume placé dans un strict ordre alphabétique. En païen conséquent, il fait commencer son journal par un « Hymne à Apollon » suivi d’un exorde percutant. Quolibets se comprend comme « une déclaration d’amitié à mes maîtres et à mes lecteurs (p. 11) ».

     

    Par un style clair, ciselé et concis (souvent en une page, parfois deux, rarement plus et ce, malgré quelques exceptions), Christopher Gérard éprouve sa dette envers des romanciers, des poète ou des penseur. Il est évident qu’il ne se réfère à aucune vedette de l’industrie littéraire qui produit à la chaîne des bouquins vite lus et vite oubliés. Dans cette liste subjective d’écrivains salués, on y trouve, outre des individus « sulfureux » (Pierre Drieu La Rochelle, Arnaud Bordes, Bruno Favrit, Jean Parvulesco, Dominique de Roux, Vladimir Volkoff, Dominique Venner ou Hervé Juvin), des écrivains renommés (Guy Dupré, Marcel Conche, Jean Clair, Renaud Camus, Ernst Jünger, Philippe Muray…) et d’autres, guère connus (Corinne Hoex, Jean-Baptiste Baronian, Yves-William Delzenne ou Jaan Kross). On peut néanmoins regretter l’absence de Cioran, de Houellebecq ou de François Augiéras. Tant pis !

     

    En revanche, Christopher Gérard aime toujours charger, sabre au clair, contre les horreurs de notre sordide époque. Avec une belle imprécation, il condamne « les traits post-historiques, c’est-à-dire post-humains de l’homo festivus […] : demande obsessionnelle de protection, effacement des identités, moralisme pleurnichard allié à un libertarisme cynique, démence maniaco-légalitaire, sans oublier [… le] “ mélangisme ” – le métissage accéléré comme arme de désintégration des communautés vivantes (p. 171) ». Insouciant de scandaliser les belles âmes humanitaristes et renonçant de ce fait à la vaine vaine gloriole médiatique, il ose affirmer que « la négation dogmatique des réalités ethniques et culturelles, l’obsédant mantra en faveur d’un métissage rédempteur (le métis ayant pour certains pris la place du prolétaire), l’anesthésie programmée de notre système immunitaire par, notamment, la démolition pierre par pierre de l’école comme des autres services publics, cadenassent notre parole, et même notre imaginaire (p. 185) ».

     

    Lire Quolibets devient alors une excellente thérapie contre « l’idéologie matérialiste et égalitaire qui fonde l’actuel système techno-marchand. Hostile à toute quête du divin et allergique à toute verticalité, l’inconscient collectif moderne se trouve ainsi modelé par une caste marchande propulsée au sommet et qui, par un phénomène d’inversion des valeurs, domine sans partage (p. 13) ». On n’y vend pas ici sa plume au plus offrant; on la troque volontiers pour une belle rapière d’encre afin de faire face à l’ignominie présente. Christopher Gérard est bien un franc-tireur des belles lettres.

     

    Georges Feltin-Tracol http://www.europemaxima.com/

     

    • Christopher Gérard, Quolibets. Journal de lectures, L’Âge d’Homme, Lausanne, 2013, 224 p., 14 €.

  • Du génocide au mémoricide et le roman de Charette

    Le film tourné à Grand Champ, dans le Morbihan, est enfin disponible ; c'est un DVD d'une durée de 155 minutes, remarquablement réalisé par un cinéaste professionnel. En plus de la qualité des intervenants, Reynald Secher et Philippe de Villiers, le Souvenir Chouan de Bretagne vous propose une production de haute qualité que méritent largement les deux acteurs de cette soirée. Reynald Secher présente son thème favori : "Vendée, du Génocide au Mémoricide" avec sa conviction bien connue. Philippe de Villiers entre dans le personnage de François Athanase Charette de La Contrie qui nous raconte le roman que fut sa vie. Connu comme homme politique convaincu, Philippe de Villiers nous révèle ses très grandes qualités d'acteur au service de l'Histoire et d'un personnage emblématique, avec humour et émotion.

    Ce DVD est l'unique compte-rendu d'un parcours de conférences qui s'est terminé le 17 avril dans le Morbihan. Il est la chance pour ceux qui n'ont pu y assister ; mais il est aussi, pour ceux qui y ont assisté, la façon de conserver dans leur vidéothèque un moment rare.

    Son prix est de 13,55€ (port compris). Adresse de commande: Souvenir Chouan de Bretagne 2 rue de Solferino, 44130 Fay de Bretagne France.

    Michel Janva   http://www.lesalonbeige.blogs.com/

  • Eglise orthodoxe à Paris : plainte contre le ministre de la culture

    Manuel Yanowsky, l'architecte choisi pour construire la grande église orthodoxe russe quai Branly, à Paris, estimant avoir été injustement écarté de ce projet prestigieux pour des raisons politiques, alors qu'il avait gagné en mars 2011 un concours officiel, a décidé de porter plainte contre Aurélie Filippetti pour "abus d'autorité publique". Me Louis Fauquet, l'avocat de l'architecte, explique :

    "Elle a donné des instructions aux Architectes des bâtiments de France (ABF) et à la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) d'Ile-de-France pour qu'ils rendent des avis négatifs sur la demande de permis de construire".

    A l'appui de ses accusations contre Aurélie Filippetti, l'avocat a joint à sa plainte l'enregistrement clandestin d'une réunion de travail tenue le 16 octobre 2012 à l'ambassade de Russie. Alexandre Orlov, l'ambassadeur, y déclare notamment :

    "Nous avons parlé avec les personnes concernées qui nous ont avoué avoir reçu des instructions de faire un avis défavorable".

    Selon Me Fauquet,

    "Aurélie Filippetti a surtout voulu faire plaisir à son ami Bertrand Delanoë, opposé depuis le début au projet de Manuel Yanowsky".

    Le maire de Paris n'a jamais caché son hostilité à l'encontre de cette église, élément central d'un grand centre spirituel et culturel orthodoxe édifié à la place du siège de Meteo France, vendu 60 millions d'euros à la Fédération de Russie en mars 2010. Estimant que le maire a mené une campagne de déstabilisation contre lui, l'architecte assigne également Bertrand Delanoë pour "violation des obligations contractuelles découlant du concours auquel la ville de Paris avait participé", et lui réclame 10 millions d'euros.

    Michel Janva  http://www.lesalonbeige.blogs.com/

  • Charles Maurras et le nationalisme de l'Action française du marquis de ROUX

    La doctrine d'Action française est si forte que ses détracteurs, plutôt que d'en discuter les thèses, ont souvent préféré se fabriquer une idée de l'Action française à laquelle ils ont attribué des idées philosophiques et religieuses qu'elle n'a jamais professées. C'est cette malhonnêteté intellectuelle que dénonce le marquis de Roux, grand avocat des causes nationales, dans un petit mais substantiel ouvrage paru en 1927 sous le titre Charles Maurras et le nationalisme de l'Action française. Sa lecture reste indispensable à quiconque veut se débroussailler l'esprit des idées toutes faites et des calomnies sans cesse déversées sur notre école de pensée.
    L'intérêt national
    L'essentiel s'y trouve, à commencer par l'affirmation que l'Action française n'est pas un parti : elle se refuse « à ce rôle de faction organisée qui dominerait l'État. Elle déclare à l'avance que le roi, restauré par elle, devra gouverner avec le concours de tous et en employant les plus compétents ». De même elle met en garde contre tout parlementarisme, « même tempéré par la couronne », car c'est toujours un gouvernement de partis.
    Première condition pour être d'Action française : « éliminer de la discussion politique nos goûts, penchants ou répugnances, partis-pris de sentiment ou habitudes d'esprit ». Alors, s'étant ainsi libéré, savoir s'appuyer sur l'expérience historique montrant ce qui réussit ou échoue, ce qui produit des effets heureux ou malheureux : c'est « l'empirisme organisateur ». La première leçon de l'observation objective des faits est que « les intérêts particuliers doivent être non sacrifiés mais subordonnés à l'intérêt général » qui est pour nous Français « l'intérêt national », lequel requiert le bienfait de « l'autorité ».
    Celle-ci doit être désignée de façon qu'elle puisse « réaliser l'unité du commandement, avoir l'indépendance, la durée et la continuité » et que « l'intérêt de celui qui l'exerce coïncide avec l'intérêt de ceux sur qui et pour qui elle s'exerce ». C'est la monarchie héréditaire. Une monarchie respectueuse de la foi catholique, dont toute l'Histoire atteste les bienfaits. Une monarchie en outre assez forte pour ne pas avoir besoin d'entretenir une clientèle de fonctionnaires, donc pour décentraliser, faire revivre les petites « républiques locales » et les organisations professionnelles.
    Au bout de ce résumé de la méthode propre à notre mouvement, le marquis de Roux précise que les royalistes d'Action française n'ont pas à attendre la restauration pour servir : « Ils ne sont royalistes que parce qu'ils sont patriotes : ils se sentiraient donc inexcusables de ne pas défendre de tout leur pouvoir l'héritage en l'absence de l'héritier. » Langage toujours actuel.
    Définitions
    Restent alors à bien définir trois locutions que la mauvaise foi a si souvent travesties : Le « nationalisme intégral » est « celui qui sacrifie au bien de la nation les préjugés révolutionnaires », donc celui qui conclut « à la monarchie » ; le « politique d'abord » exprime tout simplement la « priorité (et non la primauté) du moyen politique », étant bien entendu qu'il s'agit ici de l'ordre des moyens purement humains ; le « par tous les moyens » veut dire tous les moyens légaux ou illégaux, mais honnêtes et avouables, comme par exemple, même sans avoir encore la force de remplacer le mauvais législateur, tout mettre en oeuvre pour faire échec à une mauvaise loi.
    Il faut lire attentivement les pages où le marquis de Roux parle de la nécessaire collaboration des croyants et des incroyants. Il en précise les conditions : se réunir au nom de l'intérêt national, dans un but donc temporel, qui ne suppose ni interconfesionnalisme, ni spiritualisme syncrétiste, ni libéralisme mettant toutes les religions sur le même plan.
    Voilà donc l'Action française telle qu'elle est, telle qu'elle se définit, telle que l'honnêteté commande de la considérer, qu'on l'approuve ou non. On a malheureusement voulu en faire un mouvement aux préoccupations philosophiques ou religieuses suspectes. Les diffamations de prétendus bien-pensants, démocrates chrétiens pour la plupart, aboutirent en 1926 à la mise à l’index de L’Action Française par Rome. C’est à eux que répond le marquis de Roux.
    Le bienfait catholique
    D'abord l'agnosticisme de Maurras. Notre maître avait eu en effet le malheur de perdre la foi au sortir de l'adolescence, mais il en souffrait et restait assoiffé de vérité. « Ce n'est pas assez dire, écrit le marquis, de constater que la politique de Maurras ne se déduit pas de son agnosticisme. Loin d'en découler elle est psychologiquement une réaction contre lui. » Nul danger de paganisme, ou de panthéisme, ou d'immoralité à fréquenter Maurras ; sa façon de dénoncer les faux dieux que le monde moderne fait souvent passer pour le vrai a ramené plus d'un de ses amis à retrouver la foi de leur enfance (à commencer par Henri Vaugeois). Et si Maurras a montré qu'il existe « une physique politique qui étudie légitimement les conditions et les résultats de nos activités d'un point de vue qui n'est pas celui de la morale », il a toujours reconnu que la morale reprend ses droits « pour nous dicter notre devoir d'état de citoyen ». Il va même plus loin, reconnaissant que « non seulement l'obligation morale, mais l'obligation juridique n'a de sens et de force que par référence de l'Absolu ». Tout à l'opposé de la morale kantienne, Maurras pense que « transformer en accord les oppositions de l'intérêt et du devoir c'est le chef-d'oeuvre de la politique », en quoi il se trouve en plein accord avec les plus grands politiques catholiques qui avaient avant lui étudié les institutions secourables à la faiblesse humaine. Accord qui se manifeste éminemment dans le domaine de la doctrine sociale de l'Église, si bien exposée et approfondie par le marquis de La Tour du Pin et que l'Action française a faite sienne.
    Universalité
    Dans sa critique de la démocratie, dans son anti-libéralisme et dans sa conception du catholicisme, Maurras a toujours insisté « sur l'universalité du bienfait catholique, sur la situation privilégiée qui est due entre toutes les confessions, entre tous les cultes, à l'Église catholique sur la terre de France et sur toute la terre habitée ». On sait en effet où la "séparation" de la république d'avec la foi qui a fait la France nous mène aujourd'hui...
    Ce sens catholique de l'universalité, d'un juste et d'un bien communs à l'humanité inspire aussi le nationalisme de l'Action française, pour lequel « le génie national correspond aux façons qui nous sont le plus naturelles et faciles de nous élever à un type supérieur d'humanité ».
    Ce ne sont là que quelques exemples de la richesse de l'ouvrage du marquis de Roux. Un livre que le temps n'en nullement démodé, qui confirme les adhérents dans leur choix et qui guérit les hésitants de leurs états d'âme.
    Michel FROMENTOUX L’Action Française 2000 du 1er au 14 décembre 2005
    * Marquis de Roux : Charles Maurras et le nationalisme de l'Action française. Éd. Grasset, 1927.