Lorsqu'on lit tous les livres qui ont été écrits sur la crise ainsi que la presse économique, chacun donne sa vision des causes les plus profondes allant jusqu'aux causes des causes.
Une des causes la plus fréquemment citée est bien sûr l'évolution des pays développés vers une société postindustrielle constituée de services. Ceci n'est pas sans danger puisque l'industrie aspirait tout le monde à tous les postes.
On peut aller plus au cœur et dire que cette crise économique vient fondamentalement de la coupure qui existe entre les intérêts des multinationales et ceux des pays occidentaux. Avant, aux États-Unis, on disait que ce qui est bon pour General Motors est bon pour les États-Unis et réciproquement. Les intérêts des mastodontes économiques et du pays convergeaient. Maintenant les multinationales ont tout intérêt à délocaliser dans les pays émergeants sur l'injonction de leurs dirigeants qui augmentent de façon colossale leurs bénéfices, donc leurs salaires et les dividendes des actionnaires au détriment des salariés américains ou occidentaux. Cette évolution n'a pu se faire qu'en installant un nouveau cadre institutionnel façonné par le consensus de Washington s'imposant grâce à la pression des dirigeants des multinationales sur les gouvernements américains.
Ces multinationales s'appuient sur l'idéologie du libre échange qui dans les faits n'est que l'existence d'une jungle économique où l'on cherche à utiliser toutes les disparités locales pour être hors des garanties sociales ou environnementales.
La droite libérale s'appuie idéologiquement sur la gauche internationaliste par essence.
Le protectionnisme est donc l'ennemi absolu à combattre pour les multinationales et leurs dirigeants ainsi que leurs actionnaires. La finance s'appuie sur le libre échange.
Guillaume Sarkozy (si ce n'est toi, c'est donc ton frère) Président de l'Union des industries textiles déclarait dans un journal : « je suis fier d'être un patron qui délocalise » sur le ton de « je suis fier d'être un salaud » comme le disait aussi Galabru dans un film sur la seconde guerre mondiale et l'occupation « je suis une ordure mais une ordure RICHE ».
L'économiste Patrick Artus a écrit un livre avec Olivier Pastré pour dire tout le mal qu'il pense du protectionnisme. Peut-on même de bonne foi être indépendant dans sa pensée lorsqu'on est salarié d'une grosse banque.
Il va de soi que les banques ont joué à fond le jeu de la mondialisation et du libre échange sans se soucier de l'intérêt des salariés français et de l'intérêt de la France à long terme.
Selon certains économistes, les gagnants de la mondialisation et du libre échange représentent 1% de la population mais contrôlent le reste de la société par leur puissance financière. La réalité du chômage crée des bornes qu'il sera de plus en plus difficile à franchir. Malheureusement, on n'aura pas le protectionnisme avant la catastrophe économique et sociale mais la catastrophe et ensuite le protectionnisme.
Parlons sans obsession de l'immigration qui dans un contexte effrayant d'augmentation du chômage continue de façon massive. On ne cherche même plus à donner de justification à cette immigration. Elle est devenue d'idéologie. Celui qui s'inquiète de ce phénomène est vilipendé d'emblée. En tout cas, elle ne fait qu'exacerber la crise économique.
Patrice GROS-SUAUDEAU, Statisticien-Economiste
économie et finance - Page 828
-
La crise et ses racines profondes - arch 2010
-
Monsanto se paye la plus grosse armée privée du monde
Un cauchemar qui devient réalité… La multinationale en pointe dans la fabrication de pesticides et d’OGM s’offre la puissante société de mercenariat Academi (ex-Blackwater). Si vous ne connaissez pas Monsanto et son influence malfaisante sur les agricultures du monde entier, voyez ce reportage : « Le monde selon Monsanto »
Lu sur le Réseau Voltaire :
Academi (ex-Blackwater), la plus puissante armée privée du monde, indique avoir été cédé, sans indiquer ni le nom de l’acquéreur, ni le montant de la vente.
Selon SouthWeb.org, c’est la multinationale de biotechnologies Monsanto qui est l’heureux acquéreur [1].
Créé en 1901, Monsanto a débuté en fabriquant la saccharine utilisée par Coca-Cola. Durant la Seconde Guerre mondiale, il fournit l’uranium du projet Manhattan, puis durant la guerre du Vietnam, un puissant herbicide pour défolier la jungle, l’Agent orange. Depuis une trentaine d’années, Monsanto est devenu le leader mondial des organismes génétiquement modifiés. Avec un chiffre d’affaire annuel de 13,5 milliards de dollars, il est la 206e multinationale US.
Academi été créé par Erik Prince en 1997 sous le nom Blackwater Worldwide. La société, dont certains dirigeants sont liés à des Églises évangéliques financées par le Pentagone, a joué en Afghanistan et en Irak un rôle comparable à celui de l’Ordre de Malte durant la guerre du Nicaragua. Elle est présidée par Billy Joe (Red) McCombs (347e fortune des USA), John Aschcroft (ancien Attorney general des États-Unis) et l’amiral Bobby R. Inman (ancien directeur de la National Security Agency et directeur adjoint de la CIA). Academi, qui travaille principalement pour le gouvernement US, a participé à la bataille de Tripoli (Libye) et recrute actuellement des combattants pour faire le jihad en Syrie.
La croissance de Blackwater doit beaucoup au projet de privatisation des armées US défendu par l’ex-secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld. Cependant cette politique ayant été un échec et les restrictions budgétaires aidant, Academi ne se voit plus confier par Washington que des contrats de gardiennage ou d’escorte sur des théâtres d’opération et des opérations secrètes « non-revendiquées ». Sa réputation lui a également permis d’obtenir des contrats de mercenariat de petits États, notamment dans le Golfe persique.
Selon SouthWeb, la vente d’Academi correspond à l’entrée de la Bill and Melinda Gates Foundation au capital de Monsanto. Créée par le fondateur de Microsoft et le spéculateur Warren Buffet (les deux premières fortunes des États-Unis), c’est la plus importante fondation « philanthropique » au monde. Elle a notamment lancé, avec la fondation Rockfeller, l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) qui vise à étendre l’usage des semences Monsanto sur le continent noir.
-
CHARLES ROBIN ou "Le libéralisme comme volonté et comme représentation"
« L’une des confusions habituelles de l’extrême gauche contemporaine (…) réside dans cette idée que le libéralisme ne désignerait rien d’autre qu’un système d’organisation économique de la société (fondé sur la propriété privée des moyens de production et la liberté intégrale des échanges marchands), qui trouverait ses adeptes les plus enthousiasmes, en France, sur la rive droite de l’échiquier politique. » Or, ce qu’explique Charles Robin, dans la veine de Jean-Claude Michéa et de Dany-Robert Dufour, c’est qu’en fait, l’extension indéfinie de l’économie de marché, va obligatoirement avec une société de marché dont l’un des éléments essentiels est l’extension continue des « droits individuels », ces mêmes droits dont l’illimitation est soutenue résolument par l’extrême gauche.La neutralité axiologique du libéralisme aboutit à ce que le seul critère de légitimité des actions sociales soit l’intérêt et la maximisation des satisfactions matérielles. La doctrine du droit naturel – qui seraient des droits qui tiennent à la nature même de l’homme - , qui fonde celle des droits de l’homme, postule l’auto-institution nécessaire et suffisante de la société- la fameuse « société civile » chère aux libéraux – et donc l’inanité de la recherche d’une « société bonne ».Le libéralisme prend les hommes comme ils sont, et il les prend même tels qu’ils sont, le pire. Dans la vision libérale, la société bonne, ou même seulement meilleure, ne peut avoir de place, non plus que l’idée de la nécessaire amélioration morale de l’homme, ou l’idée d’excellence morale, notamment par l’éducation, et par une élévation des idéaux mis en valeur ou portés en exemple. Les humanités sont ainsi naturellement appelées à disparaître dans une société libérale – et c’est bien ce que l’on observe. Le vrai législateur tout comme le vrai éducateur deviennent, en société libérale, le Marché et l’Argent.
Tout comme Jean-Claude Michéa, Charles Robin insiste sur l’unité du libéralisme : il est économique et culturel. Il ne serait pas efficacement économique s’il n’était culturel. Etymologiquement, le commerce (neg-otium) c’est le contraire du loisir. Entendons le loisir au sens où il est liberté, ouverture à la contemplation, rendez-vous avec soi-même.On le constate en pratique tous les jours : la société libérale distrait chacun mais empêche le vrai loisir, celui qui permet de prendre du recul en soi. Le libéralisme postule que la liberté consiste en fait dans la capacité de se déraciner continuellement. Charles Robin tout comme Jean-Claude Michéa fait remonter cette vision à Kant et à Rousseau. Elle est aujourd’hui parfaitement illustrée par Vincent Peillon pour qui « l’école doit dépouiller l’enfant de toutes ses attaches [pré-républicaines]».Quoi de plus naturel, si l’homme est détaché de toutes attaches, en apesanteur, hors-sol, qu’il n’ait plus comme référence que le « souci de soi », vite devenu le « je ne me soucie que de moi ». L’inconvénient c’est notamment que le souci de soi d’hommes sans passé ne draine pas beaucoup de richesses humaines collectives. Il arase les diversités. En effet, seul celui qui a des traditions peut comprendre celles des autres. C’est pourquoi la diversité de l’homme en apesanteur est réduite à peu de choses. C’est une diversité-alibi d’un aplatissement généralisé. L’Européen est réduit à un Blanc, l’Africain ou l’Antillais est réduit à un Noir (et même un « black »). Le Français est réduit à un citoyen de « la patrie des droits de l’homme » (rappelons que c’est le pays qui a inventé le génocide avec la Vendée). Cette réduction des authentiques différences se fait au nom de l’autonomie de l’individu mais au mépris du sens exact de ce principe qui ne signifie aucunement « faire sans les autres » ou « se passer des autres » mais choisir librement la règle que l’on se donne. C’est tout cela, et encore bien d’autres choses, que Charles Robin, de solide formation philosophique, nous donne à comprendre en un livre non seulement important mais essentiel.Pierre Le Vigan http://euro-synergies.hautetfort.com/Charles Robin, Le libéralisme comme volonté et comme représentation, Thebookedition, 2012, 120 p., 12 €. -
Les dépenses sociales explosent en Europe
Les dépenses sociales ont augmenté en moyenne de 22% depuis 2007 pour les pays de l’OCDE. Une hausse due à la crise économique ainsi qu’au vieillissement de la population en Europe. Mais certains pays touchés de plein fouet par la rigueur, comme la Grèce ou le Portugal ont réduit ces dépenses, amplifiant ainsi la récession.
Les aides sociales, derniers remparts face à la crise. D’après un rapport de l’OCDE, les dépenses des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques dans ce domaine ont augmenté de 22% depuis 2007-2008.
Les premières années de la crise ont vu les prestations sociales rehaussées. L’allocation chômage est revalorisée dans certains pays. Cette aide croît respectivement de 2,6% et 3,5% en 2009 pour l’Islande et l’Espagne.
Même évolution pour les allocations familiales. Entre 2007 et 2009, elles augmentent d’1,2% en Irlande. Tandis que des pays comme le Royaume-Uni encouragent l’instauration de mesures, comme le crédit à l’impôt pour les frais de scolarité, afin d’aider la population.
Merci la crise. Selon l’OCDE, elle aurait engendré ces réformes permettant d’atténuer les conséquences de la dégradation de la situation économique.
Les seniors coûtent de plus en plus cher
L’accroissement des prestations sociales s’explique également, pour l’Europe, par le vieillissement de la population. Selon les prévisions de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), plus de 10% de la population européenne aura plus de 80 ans en 2045. Le taux de dépendance des personnes âgées atteindrait les 50%.
D’où la nécessité pour les États d’investir massivement dans le domaine de la santé. Un secteur clé pour les années à venir selon l’OCDE. Les dépenses publiques dans ce domaine devraient passer de 7 à 13% en 2050 pour les pays de l’organisme.
Les nations où la population est encore jeune sont moins susceptibles de voir les dépenses en faveur des seniors augmenter. La part consacrée à l’Éducation y est plus élevée. Tandis qu’en Allemagne, pays vieillissant, on préfère investir dans l’amélioration des conditions de vies pour les personnes âgées.
Deux poids, deux mesures
D’après l’organisme, les pays où l’État providence culmine sont : en tête, la France, avec près de 33% de son PIB dédié aux pensions et autres prestations sociales, puis le Danemark (30,8%) suivi de près par la Belgique (30,7%).
Mais tous les pays d’Europe ne sont pas logés à la même enseigne. La Grèce et l’Irlande ont vu le niveau de leurs prestations sociales chuter de 13 à 14% depuis 2007. L’extrême rigueur budgétaire imposée par la Troïka (FMI, BCE, Commission européenne) a laminé la protection sociale.
L’OCDE prévoit toutefois une augmentation générale des dépenses dans les prestations sociales pour tous les pays de l’organisme.
-
Pierre Jovanovic : Présentation du livre “le retour au standard or” d’Antal Fekete
Les raisons pour lesquelles le standard-or va remplacer l’argent-papier, et pourquoi l’économie mondiale est condamnée à exploser.
Le professeur Antal Fekete est un théoricien de l’or depuis quarante ans et forme les spécialistes du métal jaune des banques centrales. Dans ce livre, il explique les raisons pour lesquelles le système financier mondial se dirige vers l’explosion, comme un train lancé à toute vitesse et auquel on a enlevé les freins, alors que la presse tente de vous faire croire par tous les moyens que tout va bien.
“Les économistes actuels sont des charlatans, des bonimenteurs qui, tout en se délectant de leur propre gloire, sont totalement incapables de prévoir un effondrement financier, même quand ils le regardent fixement dans les yeux, comme l’a montré leur misérable performance de 2007. Pire encore, ils sont même totalement incapables d’admettre leurs propres erreurs. Ils sont une malédiction jetée sur le corps politique et des verrues sur le corps académique. Ils conduisent le monde vers un désastre monétaire et économique sans précédent à la minute où je vous parle“.
Pour le Pr Fekete, le système reposant sur la monnaie-papier (euro, dollar) est arrivé à son terme, exactement comme les billets de banque de John Law ont disparu en fumée sous Louis XV.
Il explique aussi pourquoi Nicolas Sarkozy avait vendu l’or de la France de toute urgence alors que le cours était au plus bas en 2002, il est alors Ministre du budget, puis en 2010 ds l’intérêt des USA pour soutenir le dollar ‘un acte imbécile’ dit l’auteur. Dans le même temps, les USA ne vendirent aucun gramme d’or. Cet or a disparu chez des personnes privées. Il n est plus mobilisable en cas de crise majeure comme aujourd’hui.Mr Fekete prédit même : un jour viendra pour N. Sarkozy de faire comme John Law avant lui qui avait tenté de fuir Paris comme un voleur et déguisé en femme.
Dans la crise actuelle de l’or, ns retrouvons 2 acteurs centraux de la crise des produits dérivés JP Morgan et la Deutsch Bank, grandes détentrices d’or tandis que d autres banques st incapables de rembourser à terme les contreparties en or.
Aujourd’hui, toutes les grandes banques sont insolvables et maquillent la réalité.
Il note que “la destruction de l euro, puis celle du marché commun vont appauvrir tous les européens. Il y aura toujours plus de chômage, de faillite, moins d’ordre et de respect des lois et envisage une guerre civile“. Pour lui, l’or est un formidable extincteur de dettes mais les gouvernements interdisent son utilisation.
Antal Fekete est né à Budapest en 1932. Diplômé en mathématiques de l’Université Lorant Eötvös de Budapest en 1955, il a quitté la Hongrie dans le sillage du soulèvement de 1956 réprimé par les forces d’occupation soviétiques. Émigré au Canada, il a été nommé en 1958 professeur à la Memorial University de Terre-Neuve, poste qu’il occupa jusqu’en 1993. Dans ce cadre, il a également été « professeur invité » à Columbia ( 1961 ), au Trinity College de Dublin ( 1964 ), Acadia University Wolfville Nouvelle-Écosse ( 1970 ) et à Princeton ( 1974 ) où il a rencontré Paul Volcker, futur patron de la Fed. Depuis 2000, il a été professeur au Intermountain Institute for Science and Applied Mathematics, Montana et a donné des cours dans le cadre de sa Gold University, afin d’expliquer au monde entier que le système économique va à sa ruine si on ne réinstalle pas une forme de standard or au plus vite. À partir de 2009, il a commencé à enseigner à Munich à la New Austrian School of Economics. Ses séminaires privés sont suivis par les responsables des plus grandes banques centrales et hedge funds qui utilisent l’or comme investissement.
Lien permanent Catégories : actualité, culture et histoire, économie et finance, international, lobby 0 commentaire -
Introduction à l’économie moderne de Georges Sorel
Georges Sorel (1847-1922) est un philosophe et sociologue français. Polytechnicien, ingénieur des Ponts et Chaussées, il publie différentes études sur des questions de météorologie, d’architecture, de physique, mais aussi d’histoire politique et religieuse. Ce n’est qu’assez tardivement, à 46 ans, que, démissionnant de son poste à Perpignan, il s’installe à Paris et que, prenant appui sur ses lectures de Proudhon, Marx et Bergson dont il suit les cours au Collège de France, il affirme son engagement socialiste et marxiste.
Dans son Introduction à l’économie moderne, édité pour la première fois en 1903, Georges Sorel s’arrête sur différentes thèses, présente les penseurs et précurseurs de la science économique, prend parti dans leurs controverses, livre ses réflexions. Il ne s’agit donc pas tant d’une simple introduction à l’économie que d’une introduction commentée à l’économie moderne.
Sorel s’interroge sur les interactions entre le droit et la propriété, de ces dernières avec la liberté, la constitution de la famille ou l’héritage. Ces questions fondamentales s’articulent avec celles concernant les rapports de la production et de la consommation : coopératives paysannes ou coalitions commerciales, mais aussi caisses de secours et de retraite. Surtout, au-delà des considérations économiques, il pose la question de la place de l’homme : « ce n’est point pour les artisans que cette socialisation est faite, mais pour les forces de travail, pour des abstractions d’hommes. »
ll faut, nous dit-il « séparer la production et tout ce qui se rapporte à l’échange » car sinon, « au lieu de changer l’organisme vivant on se borne à améliorer l’appareil mécanique dont il se sert ; - on passe de la transformation par le changement du principe fondamental au perfectionnement empirique de ce qui est étranger au principe de la société. »
Il ne peut se résoudre à ce dévoiement et fustige les philanthropes qui ne cessent de répéter « qu’il faut rendre à la consommation son pouvoir directeur ; de pareils sentiments sont naturels chez ces personnes qui, recevant des rentes, des traitements ou des honoraires, vivent en dehors du pouvoir productif ; elles ont pour idéal la vie de l’oisif lettré. Tout autre est l’idéal socialiste. »
Plus d’un siècle après lui nous pourrions dire de même, à une nuance près : par cette logique de la consommation, l’oisif est devenu illettré.
-
Objectif final du marché : la naissance d’une société décervelée
L’âme du monde est devenue marchande avec, partout sur la planète, une offre illimitée de produits et de services qui s’adresse à des individus avides de consommation que la baisse des inégalités mondiales plonge dans le grand bain de l’hyperconsommation. Le monde est devenu ce « grand marché unique » dont rêve depuis toujours le « capitalisme total ».
Les nouveaux libéraux, vainqueur par k.o. depuis la chute du Mur de Berlin, du bien médiocre adversaire que fut le « socialisme total » des anciens collectivistes, refusent aujourd’hui que le capitalisme continue comme avant, sur un mode fordien, uniquement productiviste et quantitatif, sans ambition esthétique. Longtemps accusé de répandre la laideur des usines et des objets, ce vieux capitalisme subit des métamorphoses constantes qui l’éloignent sans cesse de l’image lourde des modes de production anciens qui ont ravagé la beauté des villes et des paysages.
Aujourd’hui, il est faux de dire, comme le prétendent Bernard Maris et Gilles Dostaler, dans leur essai Capitalisme et pulsion de mort, que « la beauté ne fait pas partie du plan capitaliste ». Rien n’était plus laid que l’usine et l’objet communistes. Bien au contraire, le capitalisme est devenu « artiste », comme le démontrent Gilles Lipovetsky et Jean Serroy, dans leur dernier livre L’Esthétisation du monde : « c’est un mode de production esthétique qui définit le capitalisme d’hyperconsommation ».L’objet industriel s’éloigne de sa fonction purement utilitaire pour entrer dans la sphère de l’art. L’industrie et les services deviennent des machines à produire du beau. Icône de la haute couture, incarnation du Beau, Yves Saint-Laurent est convoqué dans une publicité pour parler de la DS3, prolongeant ainsi le coup d’éclat des Citroën Picasso. Le stockage des fichiers informatiques se fait dans « les nuages » avec le « cloud ». Les designers comme Philippe Starck relookent les objets, les restaurants, les hôtels. Tel est l’impératif stratégique du capitalisme moderne : « le style, la beauté, la mobilisation des goûts et des sensibilités ».
En s’emparant de la notoriété globale des formes et des couleurs de l’art, le capitalisme moderne participe à l’esthétisation de la consommation de masse et à la démocratisation du Beau. Se pose alors non plus la question marxiste du confort matériel « bourgeois », mais celle, plus complexe, que nous tendent les pièges du capitalisme artiste. Longtemps perçu comme un « être social » inscrit dans une lutte des classes, l’individu est aujourd’hui un « être unique » détaché du collectif et qui accepte de vivre le surgissement anarchique du moi.
Il ne veut plus vivre par procuration à travers des discours extérieurs qui lui proposent des normes collectives comme la politique, la religion, le syndicalisme, la morale. Le capitalisme artiste définit des nouveaux modes de vie dont la compréhension échappe aux derniers gardiens du monde ancien. Signe de cette évolution : la dépolitisation de la société.
Le confort matériel était l’argument du capitalisme ancien, le désir est le moteur du capitalisme postmoderne dans une société fragmentée à l’intérieur de laquelle chaque individu, comme le prophétisait l’artiste américain Andy Warhol dès 1968, cherche à vivre ses « 15 minutes of fame », c’est-à-dire son « quart d’heure de célébrité »… Le « grand soir » collectif et marxiste s’est effondré dans les sables mouvants du postmodernisme pour laisser la place à la recherche du « quart d’heure de célébrité » proposé par le capitalisme artiste qui génère ainsi une société de l’hyperindividualisme.
L’homme ne veut plus vivre au garde-à-vous devant les catéchismes figés des normes collectives. Choisissant de vivre sa singularité, il accepte de succomber aux tentations d’un hédonisme de pacotille que lui propose la société marchande. Le capitalisme ancien trop visiblement inégalitaire, avait pour effet la mobilisation des individus qui s’engageaient dans un combat collectif contre l’exploitation. Plus subtil, le capitalisme postmoderne isole les individus en répondant à une demande croissante de satisfactions égoïstes.
Le progrès que représente le confort matériel ne suffit plus. La société marchande ne vend plus des objets, des services, elle vend du rêve. Le moindre objet transcende sa médiocrité utilitaire et sa mauvaise qualité dans une esthétisation forcée. L’univers consumériste propose un bonheur immédiat en déployant dans tous les domaines la séduction du style. Il reste des individus déboussolés, qui avancent comme hébétés dans les allées des nouveaux temples d’un Beau prolétarisé que sont les grands centres commerciaux.
L’adhésion massive à ce Beau médiocre traduit la déchéance intellectuelle d’une société dépolitisée qui ressemble de plus en plus à cet univers concentrationnaire que dénonce Aldous Huxley dans son roman prophétique Le meilleur des mondes. En s’appropriant le Beau, le marché réalise son objectif final : la naissance d’une société décervelée.
-
Edouard Balladur soupçonné de détournement de fonds publics
PARIS (NOVOpress) – Le parquet de Paris a conforté les soupçons de malversations entourant le financement, en 1995, de la campagne présidentielle d’Edouard Balladur (photo), en élargissant l’enquête à un éventuel « détournement de fonds publics » afin d’approfondir les investigations sur le financement de sa campagne en 1995. Les témoignages et documents sur le financement de la campagne présidentielle d’Edouard Balladur s’orientent vers deux directions : le détournement de commissions sur des contrats d’armement et les fonds spéciaux distribués par Matignon en argent liquide à l’ensemble des ministères.
L’homme d’affaires Ziad Takieddine a récemment affirmé que des versements d’argent pour la campagne d’Edouard Balladur provenaient des commissions perçues au titre de son intervention dans les contrats d’armement conclus en 1994 avec le Pakistan pour des sous-marins et l’Arabie Saoudite pour des frégates. Parallèlement à ces informations, plusieurs témoins ont évoqué devant les juges la piste des fonds secrets. Notamment, l’ex-trésorier d’Edouard Balladur, René Galy-Dejean. Il avait affirmé fin 2012 que l’argent liquide versé sur le compte de campagne ne provenait pas des meetings mais des fonds secrets. Depuis des décennies, la République française s’enfonce dans les magouilles, qu’elle soit dirigée par la droite comme par la gauche.
-
Detroit hideuse banqueroute de la gauche
La faillite de Detroit, officiellement annoncée le 17 juillet sera difficilement comprise par l'opinion hexagonale. Et pour cause.
Cette ville représentait un cas d'école de la politique de gauche aux États-Unis. (1)⇓ Aujourd'hui elle paye le prix de 50 années de contrôle par les partisans de l'étatisme et par les bureaucraties syndicales, qui ont fait d'une grande ville américaine un champ de ruines.
Ne nous étonnons pas si, par conséquent, les homologues français des banqueroutiers cherchent à expliquer autrement la déconfiture, en feignant de n'en remarquer que ses conséquences dommageables. Et en l'imputant aux affreux ressorts de l'économie de marché.
L'Huma du 21 juillet 2013 donne ainsi comme d'habitude le ton. Le journal communiste prétend fournir "les trois raisons de la faillite de Detroit : la désindustrialisation (…) ; le 'white flight' ou l’exode des classes moyennes" (…) et… l’inaction de l’État du Michigan et du gouvernement fédéral"
Commentaire encore plus typique : celui de "Solidarité et Progrès", surenchérissant dans la bêtise le 22 juillet : "les emprunts toxiques m'ont tuer". Les esprits faux confondent toujours joyeusement les causes et les effets. Ainsi, l'usure ne crée jamais elle-même le surendettement. Les 18 milliards de dollars de dettes sous lesquels cette municipalité s'est effectivement écroulée, n'ont pas été produits par les conditions d'emprunts. Ceux-ci n'auraient jamais dû être contractés, certes, mais ils n'ont jamais fait qu'aggraver la gabegie. Nombre de collectivités locales françaises ont subi le même phénomène, plombant la banque Dexia instituée précisément pour assurer ces financements contraires à l'ordre naturel.
Ce que l'Huma appelle 'white flight' c'est-à-dire la fuite des ouvriers blancs, hors des faubourgs de l'assistanat, n'est que le produit de la gestion laxiste et faussement "sociale" de services publics devenus parallèlement inexistants et coûteux. Malgré son déclin démographique, lent et régulier depuis un demi-siècle, Detroit comptait encore 1 fonctionnaire municipal pour 55 habitants contre 115 pour la ville comparable d'Indianapolis.
Attendons-nous donc à ce discours préfabriqué. On va l'entendre partout, sous des formes plus ou moins édulcorées : c'est la faute à l'ultra libéralisme.
En fait l'essor et la prospérité de Détroit auront été produits par la libre entreprise. En 1903 Henry Ford y fonde sa compagnie ; en 1908, General Motors, suivi en 1925 par Chrysler. C'est l'époque glorieuse du fordisme, fondé sur l'organisation rationnelle du travail et sur le compromis salarial en relation directe avec la productivité. Bien entendu cette médaille n'est pas dépourvue de revers, et Céline lui consacre un texte célèbre. (2)⇓
À partir des années 1930, l'agitation marxiste en fera la capitale du syndicalisme : en 1935, fondation de l’United Auto Workers (UAW) ; en 1937 General Motors et Chrysler cèdent devant les grèves. Ford tiendra le choc quelque temps. (3)⇓ Mais en 1941 une première "convention collective" est signée.
Après la guerre le système américain limite administrativement les augmentations de salaires. Ceci conduit les grandes entreprises à créer des "avantages sociaux". Elles développent notamment les "retraites maison" qui vont durablement plomber les comptes de production.
Dans les années 1950 Detroit paraît encore une très grande ville américaine. Son influence culturelle n'est pas négligeable. Mais son déclin matériel a déjà commencé : elle perdra 60 % de sa population en 60 ans, passant de 1,8 million d'habitants en 1950 à 702 000 en 2010. D'autres paramètres aggravent le score : taux de chômage, gestionnaires corrompus, absence de couverture des régimes de pensions. L'ancien maire Kwame Kilpatrick, un politicien du Parti Démocrate, comme d'habitude, poursuivi pour fraude sous 24 chefs d'inculpation. La criminalité galopante, aggravée par l'existence de 78 000 immeubles réduits à l'état de squat, se traduit par un appel d'urgence toutes les 58 minutes.
Aujourd'hui le déclin de cette collectivité semble irrémédiable sauf à prendre des mesures radicales d'assainissement rendues incontournables par le chapitre IX de la loi sur les faillites.
Observons ici que cela ressemble beaucoup à ce que le "modèle français" de la sécurité sociale en général, et en particulier des retraites dites par "répartition" (un mot qui ne veut rien dire) est parvenu à réaliser au niveau de la nation, – et pas seulement dans l'industrie, mais aussi dans l'agriculture, l'hôtellerie-restauration, les métiers d'art etc. – détruisant ainsi toute la filière du "fabriqué en France". (4)⇓JG Malliarakis http://www.insolent.fr/Apostilles
- cf. la chronique de la "Heritage Foundation" en date du 22 juillet⇑
- cf. dans le Voyage au bout de la nuit : "Et j’ai vu en effet des grands bâtiments trapus et vitrés, des sortes de cages à mouches sans fin dans lesquelles on discernait des hommes à remuer, mais à remuer à peine, comme s’ils ne se débattaient plus que faiblement contre je ne sais quoi d’impossible. C’était ça, Ford ?"⇑
- cf. 26 mai 1937 : "bataille de l’Overpass", où les syndicalistes "maison" de Ford rossent copîeusement les agitateurs de l’United Auto Workers, devant l’usine de River Rouge à Dearborn.⇑
- cf. La Sécurité sociale et comment s'en sortir" par Georges Lane.⇑
-
Le Siècle Post-Européen
Les exactions soutenues des croisades de l’austérité financière transatlantique continuent de manufacturer leurs pathologies en Europe en imposant une nouvelle grammaire de la croissance pour l’avenir du vieux continent. Aujourd’hui, à l’instar d’une pilule du lendemain, l’austérité financière se vend bien comme l’ultime alternative pour une relance économique. L’argumentaire tout trouvé consiste à postuler que bien que nous soyons sortis de la récession, nous subissons les effets d’une dépression déflationniste. On rassure que les obligations de la dette seront honorées. Concomitamment, les salaires sont en chute libre, la spéculation immobilière a retrouvé sa vitesse de croisière. Pendant ce temps, le coût réel de la vie connait une hausse notoire quand bien même il faut paradoxalement dégager des revenus pour le service de la dette. Un truisme qui ne souffre pas de propagande. Le service de la dette est en passe de phagocyter les autres activités économiques, voire, l’investissement indispensable pour les générations futures.
Les djihadistes de l’austérité financière ont réussi à coloniser le discours public de leurs maître-récits d’une économie des agonisants. De fait, ils semblent, à ne point s’y méprendre, des serviteurs dociles des intérêts des créanciers internationaux. Pour illustration, gouvernements de centre-droit ainsi que leurs alliés dans le business international instrumentalisent la crise fiscale à desseins pour opérer des coupes sombres dans les dépenses sociales bien que celles-ci n’ont aucun rapport avec les causes de la récession. Ce compromis tacite avec les créanciers internationaux contribue doublement à la marginalisation de l’Europe dans les relations internationales, d’une part, tout en tissant le lit d’une dynamique d’insécurité humaine et de retrait stratégique et économique pour le continent, d’autre part. Le retrait programmé de l’Europe du centre du monde va au-delà d’une simple crise de l’eurozone. L’Europe semble avoir renoncé à ses grandes ambitions de locomotive économique du monde pour enfiler le brassard de capitaine de la micro-finance des agonisants.
Du Miracle Economique à la Micro-Finance des Agonisants
Après la Seconde Guerre Mondiale, la dette publique Américaine dépassait 120% de son PIB. Contrairement aux dogmes des élites financières en vogue aujourd’hui, la dette Américaine ne fut pas une menace à la prospérité économique des Yankee. Bien au contraire, l’Amérique choisit de vaincre la dette, non par des mesures punitives d’austérités financières, mais plutôt par une libération de son génie économique par le recours à l’innovation industrielle. Fidèle à son passé, l’économie Américaine est sortie du creux des turbulences économiques après le plan de stimulus de l’ordre de $775 billions de dollars lancé par le président B. Obama en 2008.
Contrairement aux USA, la Grande Bretagne et certains pays en Europe ne sont pas encore sortis de la récession en dépit de leur programme d’austérité. En 2010, le gouvernement du Premier Ministre Britannique, David Cameron, a choisi d’opérer des coupes sombres budgétaires dans les bénéfices de santé et les aides sociales. George Osborne, le chancellier du trésor britannique annonça une mesure d’austérité de l’ordre de £83 milliards de compression budgétaire. Ces mesures d’austérité ont coûté 200.000 jobs dans la construction et la maintenance de l’immobilier en 2011. Dans les rues de Londres, on estimait que le nombre de jeunes sans abri a connu une hausse de 32% entre 2010 et 2011. L’Irlande pour sa part, enregistrait 68% de hausse des sans-abri. Tandis que Barcelone connaissait 31% de sans-abri entre 2008-2013. Le Portugal comptabilisait 25% d’augmentation de sans-abri entre 2007-2011. En Grèce, Le taux de sans-abri a connu une hausse de 25% entre 2009 et 2011.
Le choix de mesures punitives d’austérités ont des répercussions graves sur la qualité de la santé publique et de la sécurité humaine. Pour sa relance économique, la Grèce s’est vue imposée les plus larges coupes draconiennes en Europe depuis la Seconde Guerre Mondiale. Rien qu’en 2009, le budget de santé publique en Grèce a connu un effondrement de €24 milliards d’euros à près de €16 milliards d’euros. Traduites en coût humain, ces mesures autoritaires se sont illustrées, entre janvier et mai 2011, par une hausse de 52% du taux de seropositivité dans la pandémie du VIH/Sida. La Grèce a opéré des coupes radicales dans son budget de santé publique sous la pression du Fonds Monétaire International et de la Banque Centrale Européenne. Entre juillet et août 2010, la Grèce a vu l’apparition, la plus large en Europe depuis 1996, d’une épidémie du Virus du Nil Occidental. Aujourd’hui, nous assistons au retour de la malaria, de l’augmentation du taux de suicide et des homicides en Grèce. Ces regressions brutales dans la sécurité humaine ont été largement occultées par la littérature fiscale et les plans de redressement économique. Elles ont eu pour effet de masquer le fait que l’Europe tout lentement est en train de s’exclure du centre du monde.
Le Traité de Lisbonne de 2007 posait les jalons d’une Europe comme marché mondial le plus compétitif. Le rêve européen d’une économie de la connaissance apporterait caution à la qualité de son capital humain, liquidant ainsi de sa zone les bas salaires. L’absence d’une Europe de la recherche scientifique et de l’innovation technologique ou d’une eurozone de l’énergie et de l’environement sonne en faux contre les lyriques élitistes de l’Union. Les grands maux de l’Europe ne sauraient se décliner grosso modo en ce double handicap historique souvent relayé par la presse : les crises budgétaires et le financement du bien-être social. L’Europe a perdu le centre du monde par son auto aliénation par rapport à sa responsabilité financière, économique, politique et démographique.
La Vieille Europe Demilitarisée et Désargentée
L’Europe représente ¼ de la production écononomique mondiale. Elle se pose comme le plus large partenaire économique des USA avec plus de $600 milliards de commerce annuel. Mais le piédestal économique de l’Europe prend appui sur du sable mouvant. Avec ses 500 millions d’habitants, la population Européenne est sur une forte pente de vieillissement démographique. D’ici 2050, le ratio des retraités relativement à la classe des travailleurs va simplement doubler de 0.54. Dans la même période, la population européenne va décliner de 20 millions, avec pour corollaire, un déséquilibre de la stabilité fiscale du continent. Les pensions retraites généreuses, la faible mobilité du travail, l’hostilité contre l’immigration comme gage de renouvellement démographique ainsi que le système exorbitant de taxation provoqueront un déclin significatif du rayonnement économique en Europe. L’exit de l’Europe du centre économique mondial s’accompagnera de sa marginalisation diplomatique et militaire.
Aujourd’hui, semblent tournées définitivement les pages où l’Europe était au centre de la diplomatie mondiale et du théâtre des deux grandes guerres mondiales ainsi que des programmes de reconstruction post-crise. Avec un budget de défense de l’ordre de $250 milliards par an, l’Europe compte environ 2 millions de troupes bercées dans l’ambiance d’une culture largement anti-militaire, faute d’ennemis. L’armée continentale manque de pertinence en ce sens qu’elle n’a pas les moyens d’une auto-projection en dehors de l’Europe continentale. Le rêve d’une politique commune de défense européenne se heurte à l’insularité particulière des entités nationales. En matière de défense, les forces spéciales européennes manquent de vision commune stratégique géopolitique autant pour le continent que la stabilité du monde. Ce qui la rendrait quasi-amorphe et assoupie, pour ne pas dire vulnerable.
Aujourd’hui, la vieille Europe se métamorphose progressivement en une relique de musées de luxe à contempler pour les touristes Asiatiques. Le siècle post-européen a rattrapé le vieux continent ! L’Europe gagnerait cependant l’absolution des pays émergents en tempérant ses programmes austères par un allègement de la dette et par le choix d’une politique plus attrayante de nouveaux investissements. Cette stratégie ne peut être efficiente que si elle intègre l’européanisation des politiques fiscales et d’investissements dans sa zone pour freiner son expulsion forcée du centre du monde.
Narcisse Jean Alcide Nana, International Security Studies
Bibliographie
- Richard N. Hass, Foreign Policy Begins At Home : The Case For Putting America’s House In Order (New York, Basic Books, 2013)
- Robert Kuttner, Debtor’s Prison : The Politics of Austerity Versus Possibility (New York, A. Knopf, 2013)
- David Stuckler & Sanjay Basu, The Body Economic, Why Austerity Kills : Recessions, Budget Battles, and The Politics of Life and Death (New York, Basic Books, 2013)