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économie et finance - Page 824

  • L’impossible retour de la croissance

    Par Charles Sannat, diplômé de l’École Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d’Études Diplomatiques et Stratégiques. Directeur des Études Économiques d’AuCOFFRE.com, il rédige quotidiennement des articles sur l’actualité économique dans Le Contrarien Matin, journal gratuit accessible chaque jour sur le site d’AuCOFFRE.com.

    J’explique depuis plusieurs années qu’attendre la croissance, enfin son retour, même si notre Normal 1er pense avoir aperçu la reprise, est une illusion. La croissance c’est fini, il n’y en aura plus, ou en tout cas pas comme nous la pensons jusqu’à présent et pour plusieurs raisons.

    La répartition des profits est indispensable

    La croissance est liée à la notion de répartition des profits et de la création de richesse. La croissance est un « être » économique complexe. Très complexe même. Pour qu’il y ait création de richesses futures, il est nécessaire d’avoir une répartition optimale des richesses présentes (nous éviterons le mot « juste » qui n’a aucun sens).

    En clair, c’est parce qu’il y a des consommateurs solvables que les entreprises peuvent vendre ce qu’elles produisent. Point de croissance sans consommateur solvable, or le consommateur solvable devient une espèce en voie de disparition ces derniers temps.

    Les consommateurs solvables disparaissent sous la double pression de la mondialisation et de ses cohortes de délocalisations (je rappelle que délocaliser pour payer le même salaire n’a aucun sens, donc une entreprise qui délocalise le fait pour pouvoir verser des salaires de misère participant ainsi à la réduction du pouvoir d’achat global des consommateurs au niveau mondial), mais également des progrès techniques qui nécessitent de moins en moins de bras pour créer les nouvelles richesses. Moins de bras, égal moins de bras payés, égal réduction de la masse de consommateurs solvables donc, in fine, baisse de la croissance.

    Mais ce n’est pas tout.

    L’ère de la rareté

    Comme je le dis et je le répète, le monde, avec plus de 7 milliards d’habitants (de moins en moins solvables), est entré dans une période de raréfaction des ressources. Moins de matières premières, difficultés à augmenter les rendements agricoles, etc. Bref, sans parler de rationnement, il faudra devenir beaucoup plus économe et frugal… Ce qui est de facto le cas grâce à la crise économique mondiale qui réduit la consommation de chacun.

    Le plus grave dans tout cela c’est bien entendu les prix de l’énergie. Nous sommes « oléo-dépendant ». Tout dans notre économie de consommation de masse nécessite des masses d’énergies dont aucune n’est fondamentalement satisfaisante. Le nucléaire est très dangereux puisque sur environ 300 réacteurs nucléaires en service, nous avons connu trois accidents majeurs aux conséquences dramatiques et internationales, soit un taux d’échec d’environ 1 %. Appliquée à n’importe quelle industrie, un tel taux d’erreur serait insupportable. Imaginez 1 % des mangeurs de camembert tués par leur fromage préféré…

    Les énergies renouvelables sont une bien belle idée, néanmoins cela fonctionne mal. Le panneau solaire ce n’est que la journée, l’éolienne que lorsqu’il y a du vent, bref, ces énergies sont coûteuses et ne sont pas forcément disponibles lorsque l’on en a besoin, sans oublier que leur bilan écologique n’est pas forcément brillant.

    Il nous reste donc les énergies fossiles avec le pétrole et le gaz. Évidemment, pour tout ce qui est transport routier, fluvial, maritime, le pétrole est indispensable, de même que pour les usages agricoles. Bref, toute augmentation importante du prix du pétrole viendra fracasser toute velléité de reprise de la croissance.

    Actuellement, alors que l’activité économique est faible, qu’elle ralentit dans les pays émergents, qu’elle patine aux États-Unis et qu’elle s’effondre en Europe, les prix du baril du pétrole se maintiennent à des niveaux jamais vus lorsqu’il y a aussi peu de croissance.
    Le miracle des gaz de schiste est un mirage !

    Alors nombreux sont ceux à s’esbaudir sur la production de sables bitumineux au Canada. Pour visualiser ce que cela signifie, je vous propose d’aller jeter un œil sur le dernier numéro de Capital, dans la rubrique « L’économie en image ». Vous aurez les photos de ce progrès pour l’humanité que représente l’exploitation de sables bitumineux. Cautionner une telle exploitation est absurde. Nous sommes en train de nous tuer et de tuer les générations futures pour continuer à acheter des trucs complètement inutiles qui n’ont jamais apporté le bonheur à qui que ce soit.

    Reste les gaz de schiste. Évidemment, ils sont un enfer environnemental et détruisent nos réserves d’eau potables. C’est complètement là aussi absurde.

    Mais il y a plus grave. Il faut creuser des milliers de dizaines de milliers de puits qui s’épuisent à une vitesse folle, la durée de vie d’un puits de gaz de schiste n’excédant pas cinq ans et ne dépassant généralement pas trois ans. D’ici 5 ans, les gaz de schiste seront un miracle qui se sera évanoui ou presque.

    Enfin, il faut noter que malgré le miracle tant vanté des gaz de schiste et autres pétroles non conventionnels, les prix du baril de pétrole se maintiennent largement au-dessus des 100 dollars. Or un baril durablement au-dessus de 100 dollars casse toute reprise économique que notre Hollandouille est vraiment le seul à voir !

    Mais ce n’est pas tout !

    Le poids des dettes

    Comme l’être humain est ainsi fait qu’il n’anticipe jamais rien – d’ailleurs dès que l’on anticipe, on devient vite un pessimiste ou encore un « complotiste » –, nous nous sommes donc tous (aussi bien dans le monde anglo-saxon qu’en Europe) endettés massivement pour ne pas lever en impôts immédiatement le véritable coût de nos dépenses, en imaginant que la croissance future nous permettrait d’absorber et de camoufler tout ça tranquillement.

    Évidemment, ce qui était prévisible s’avéra réel. Dans un monde où la croissance est très faible voire inexistante, il devient très difficile de payer ses dettes.

    Le principe mathématique de l’affaire est assez simple à comprendre. Imaginez une dette sur PIB de 100 % (le cas de la France en 2014). Si les intérêts de la dette sont de 3 %, alors il nous faut 3 % de croissance du PIB pour financer seulement le poids de la dette. Pour avoir de la véritable croissance, il nous faudra donc plus de 3 % puisque jusqu’à 3 % de croissance, tout sera absorbé par le poids de la dette (en gros).

    Autant vous dire que même si Hollandouille voit la reprise venir, cela ne changera rien à l’état épouvantable de notre pays et des indicateurs qui prouvent tous, tous, que tout retour de la croissance ici comme ailleurs est devenu impossible, en tout cas dans sa forme que l’on connaissait jusque-là.

    Il y a un avenir !

    Tout cela étant dit, je fais partie de ceux qui pensent qu’il y a un véritable avenir. Que nous pouvons imaginer une autre façon de vivre, plus vraie, moins consommatrice, le bonheur de l’homme n’ayant jamais été dans la consommation. Nous n’avons jamais eu de technologies aussi puissantes et utilisables par le plus grand nombre. Nous pouvons vivre localement, produire localement et pourtant tous posséder une ouverture sur le monde global avec la fenêtre que représente Internet.

    Nous allons tout simplement devoir réinventer notre façon de vivre, ce qui est important et ce qui ne l’est pas, définir ce qui doit croître et ce qui doit décroître. [...]

    Un mouvement fort est en route et il représente un message d’espoir pour chacune et chacun d’entre nous. Nous pouvons changer les choses. Il n’y a aucune fatalité. Beaucoup se pensent impuissants, pourtant il appartient à chacun de nous de faire les choix nous permettant d’être le changement pour un monde plus humain.

    Le Contrarien   http://fortune.fdesouche.com/

  • « Faux », « escroquerie » et « blanchiment » : l’affaire Thomas Fabius commence…

    PARIS (NOVOpress) – Comment un homme de 31 ans n’étant pas assujetti à l’impôt sur le revenu peut-il s’offrir un appartement parisien de plus de 7 millions d’euros ? Voici la question que se pose le parquet de Paris. Il vient d’ouvrir une enquête pour « faux », « escroquerie » et « blanchiment », visant Thomas Fabius. Les enquêteurs ont découvert que le fils du ministre des Affaires étrangères a acheté, en juin 2012, un somptueux appartement de plus de 280 m² à St-Germain-des-Prés (Paris, VIème arrondissement) pour 7,5 millions d’euros. Transaction d’autant plus suspecte que Thomas Fabius ne paie donc pas d’impôt sur le revenu en France

     

    D’où venaient les 3,4 millions d’euros d’apport ? Comment a-t-il obtenu un prêt pour le reste de la somme, alors que son père, Laurent Fabius, a assuré que son fils « n’a bénéficié d’aucune dotation ou héritage familial ? » Autant de questions que se pose la justice. Ce n’est pas la première fois que le fils de Laurent Fabius trempe dans des histoires d’argent. Il a été condamné en 2011 à 15 000 euros d’amende pour « abus de confiance ». Deux personnes l’accusaient d’avoir fait disparaître des sommes d’argent destinées à lancer une nouvelle forme de carte à puce. Ses accusateurs le soupçonnent alors d’avoir « réglé des dépenses de casino » avec l’argent détourné. Dans une autre affaire, le fils du ministre des Affaires étrangères est visé pour « tentative d’escroquerie et faux ». Il est soupçonné d’avoir laissé une fausse montre de valeur en gage à un casino marocain, fin 2011…

    http://fr.novopress.info/

  • De la croissance à la résilience

    Par Jean-Marc Jancovici

    Qui n’a jamais entendu que les arbres ne grimpaient pas jusqu’au ciel ? Que cela soit heureux ou malheureux est un débat intéressant, mais il en est un qui l’est bien plus : savoir quoi faire quand l’arbre a terminé sa croissance. Depuis 2007, et pris en monnaie constante, le PIB français n’a pas augmenté. Celui de l’Europe pas plus, celui du Japon a un peu diminué, et même celui des États-Unis est globalement ce qu’il était il y a 5 ans.

    L’économie sans croissance dans l’OCDE, c’est maintenant, et c’est parti pour durer un certain temps. Affreux ? Intolérable ? Peut-être, mais réel. Pour un individu pris isolément, l’arrêt de la croissance physique ne pose pas le moindre problème. Comme nous savons que cela arrivera, nous avons le temps de préparer des activités et des motifs d’espoir qui sont adaptés à l’évolution de notre situation physique.

    L’économie industrielle est à ce tournant que nous connaissons tous comme individus : elle a vieilli, et ne peut plus assurer la performance d’antan. Les mines et puits de pétrole sont moins généreux, l’espace encore disponible est plus difficile à trouver, et plus généralement toutes ces ressources que 15 milliards d’années d’évolution depuis le Big Bang ont mis gratuitement à notre disposition se font un peu plus tirer l’oreille pour devenir disponibles.

    Le problème, c’est que, tel l’artiste qui refuse de se voir vieillir, nous n’avons pas voulu voir le coup venir. On a beau se tourner partout, il n’existe pas la moindre production intellectuelle digne de ce nom sur ce que signifie de gérer un univers sans croissance. Cette question n’a pas besoin de savoir si la croissance est désirable ou pas : elle a vocation à explorer les modes de gestion qui permettent de conserver une société avec un bon moral si la croissance physique n’est pas ou plus là.

    Habituées aux coups durs, les entreprises sont un peu mieux armées, mais guère plus. Il leur reste aussi à opérer la difficile mutation de la performance à la résilience, qui ne garantira plus les rendements d’antan quand tout va bien, mais assurera la survie à des horizons de temps plus longs. Sacré défi!

    Les Échos   http://fortune.fdesouche.com/

  • Marion Maréchal-Le Pen : recherche sur l'embryon: la primauté de la science et du marché sur l’humain

    MmlpCommuniqué de presse de Marion Maréchal-Le Pen :

    "L’Assemblée nationale s’est prononcée aujourd’hui en faveur d’une proposition de loi radicale de gauche et soutenue par le Gouvernement concernant la recherche sur l’embryon et les cellules souches embryonnaires. Ce texte majeur modifie la loi de 2004 en passant d’une interdiction de principe avec dérogation à une autorisation de principe assortie de conditions plus souples.

    Le débat a eu lieu en catimini, en quelques heures à peine et à l’insu des Français. Non content de ne pas respecter la loi de 2011 prévoyant un débat public sous forme d’états généraux pour les réformes éthiques, la ministre a demandé l’application de la procédure de « réserve des votes » empêchant ainsi les députés d’amender la proposition afin d’accélérer le débat.

    Par ce texte, l’humanité de l’embryon est niée par principe, l’humain en devenir sera réduit à l’état de matériau d’expérimentation au nom de la compétitivité scientifique. Et ce, alors même que l’utilisation des cellules souches adultes et du cordon ombilical sont à l’origine de la majeure partie des avancées scientifiques et qu’une solution alternative a été découverte par le chercheur japonais Yamanaka grâce aux cellules souches dites IPS.

    De surcroit, le texte a supprimé une disposition de la loi de 2011 prévoyant que les alternatives aux recherches sur l’embryon humain et conformes à l’éthique doivent être favorisées.

    Cette proposition est d’autant plus étonnante qu’une directive européenne de 2010 fixe comme objectif le remplacement total des procédures scientifiques appliquées aux animaux « sous forme embryonnaire ou fœtale » par des méthodes alternatives. Demain l’embryon humain vaudra moins que celui de la baleine…

    On peut s’étonner de la détermination du Gouvernement quand de nombreux chercheurs, comme le professeur Ménasché, affirment que l’ancien régime ne les empêchait pas de mener à bien leur recherche mais faisait obstacle aux investissements privés dans ce secteur…

    Pour toutes ces raisons, Marion Maréchal-Le Pen a voté contre ce texte et cosigné avec Jacques Bompard un amendement interdisant toute recherche sur l’embryon humain".

    http://www.lesalonbeige.blogs.com/

  • L'Assemblée nationale a cédé aux lobbies pharmaceutiques et à la culture de mort : l'embryon humain est chosifié et commercialisable

    Journée noire pour la France :

    "Le Parlement français a adopté aujourd'hui une proposition de loi qui autorise sous certaines conditions la recherche sur l'embryon et les cellules souches embryonnaires, malgré la vive opposition de la droite et des associations religieuses.

    La loi de 2011 prévoit une interdiction de la recherche sur les embryons mais assortie de dérogations accordées par l'Agence de biomédecine. La proposition de loi présentée par les radicaux de gauche prévoit de passer d'un régime "d'interdiction assorti de dérogations" à un régime "d'autorisation encadrée" de la recherche sur l'embryon". 

    On relira cet article de 2011 pour comprendre l'influence des lobbies.

    http://www.lesalonbeige.blogs.com/

  • Euromondialisme – 1.100 milliards déjà dépensés pour sauver l’euro !

    Le 11 juin, Charles Sannat, économiste, écrivait un édito intitulé « quel serait le véritable coût d’une sortie de l’euro », car de très nombreux lecteurs se posaient la question. Ce qu’il souhaitait entre autres démontrer dans cet article, c’était qu’il ne fallait pas non plus occulter le coût du maintien de la monnaie unique et le risque, à l’arrivée, de devoir assumer un double coût, celui du maintien et en cas d’échec, également celui de l’explosion de l’euro.

    Encore 3 ans à ce rythme et la France explosera, l’Italie aussi, sans même parler de l’Espagne. Les MES ou FESF ne seront plus suffisants et les digues seront emportées.

    À l’arrivée, nous devrons sans doute assumer un double coût. D’abord celui du maintien à tout prix de l’euro, puis son explosion, ce qui est le scénario catastrophe le plus coûteux. Belle affaire n’est-ce pas. »

     

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  • Opération Valérie Trierweiler à Paris

    COMMUNIQUÉ du Printemps Français : François et sa volaille

    un beau lâcher de poulets à Paris pour honorer la première poule de France, Valérie T. Samedi matin, le Printemps Français a lâché une basse-cour au pied de son immeuble parisien, gardé par deux poulets. Courant derrière nos coqs, les poulets de Manuel Valls tentaient de protéger la première poule de la République, et les plumes volaient
    Ça nous a bien fait rire, et c’est tout ce que ça nous rapportera. Car sinon, la dame à François, elle nous coûte de l’argent : soit c’est sa maitresse, et pourquoi l’entretenir sur un pied officiel, soit c’est sa concubine, et François a menti sur son patrimoine et ses revenus.
     
    Ce n’est qu’un mensonge de plus, de la part d’Hollandouille, qui veut bien du mariage pour tous mais n’en veut pas pour lui, qui veut bien changer la vie des Français mais refuse de toucher à son confort de célibataire à bonne fortune.
    Pourtant le temps des comptes est venu, ceux que la Cour lui jette dessus chaque matin, et le décompte de ses soutiens dans les sondages : la France n’a plus d’argent, François est à sec.

    PAS DE PETITES ÉCONOMIES, VALÉRIE N’A RIEN À FAIRE PARMI LES OFFICIELS DU 14 JUILLET !

    http://www.francepresseinfos.com/

  • L’euro, la crise et le grand hold-up

    Série internet basée sur le best-seller de Peter Mertens “Comment osent-ils ?- L’euro, la crise et le grand hold-up.

    En cinq épisodes, nous cherchons qui sont les gagnants et les perdants de la crise de l’euro. En nous demandant avant tout : quelle Europe souhaitons-nous?

    Partie 1: Une crise bancaire par semaine. Notre histoire commence à la chute du premier domino, lorsqu’éclata la bulle financière. Dans le présent épisode nous découvrons pourquoi les grandes réformes du secteur financier se font attendre.

    Partie 2: Le sauvetage du secteur financier a coûté des milliers de milliards. Dans le présent épisode, nous voyons à qui la facture a été présentée.


    Partie 3: C’est la crise et donc nous devons tous faire ceinture. Dans le présent épisode, nous constatons que cela ne vaut pas pour tout le monde.


    Partie 4: L’Union européenne est une union de concurrence et d’inégalité. Dans cet épisode, nous voyons comment l’Allemagne a donné l’exemple.


    Partie 5: L’Europe est à nous. Mais force est de constater que les grands groupes financiers et industriels se sont accaparés le projet. Est-ce là l’Europe que nous voulons ?

    http://fortune.fdesouche.com/

  • « La propriété, c'est le vol »

    Proudhon le disait, l’État socialiste le met en pratique, en empêchant les classes intermédiaires de se constituer un capital et en imposant des règles d'usage qui transforme le propriétaire en fonctionnaire administrant un bien dont il n'est plus libre de jouir : justice sociale ou ruine générale ?
    La haine marquée des socialistes français à l'égard des « Riches », catégorie imprécise et fantasmatique, tient à la fois de la nécessité de désigner un ennemi intérieur (moteur nécessaire à tout réformateur justifiant de ses échecs) et d'une conception foncièrement collectiviste de l'économie. Il ne s'agit pas de revenir ici sur cette idée chrétienne devenue folle d'une pauvreté érigée non pas comme vertu mais comme instrument de contrôle (la privation de toute fortune personnelle ayant pour unique but d'empêcher l'indépendance vis-à-vis de l’État), mais de considérer les actuels dispositifs, où toutes les classes moyennes ont appris avec ravissement qu'elles étaient riches (il suffit d'un revenu net de 4000 euros mensuels) en même temps qu'on leur assénait avec rigueur que cette richesse leur serait enlevée.
    Thésauriser, c'est mal
    La pression fiscale est à son comble, qu'il s'agisse des personnes physiques ou des personnes morales, et tout capital est vécu comme une spoliation doublée d'un scandale : celui qui thésaurise ne dépense pas ni n'investit, celui qui ne dépense pas ne soutient pas l'économie, celui qui ne soutient pas l'économie empêche celle-ci de redémarrer (puisque les socialistes sont convaincus qu'on ne relance la croissance que par la consommation...), bref celui qui ne dépense pas réduit les autres au chômage et à la misère. Sa propriété est vraiment un vol social, il thésaurise moins qu'il n'empêche l'argent de féconder la société. Il faut donc imposer tout et chacun, les plus-values de cession, les transactions financières, les droits de succession, diminuer les abattements fiscaux et relever le taux de TVA - tout ça non pas pour nourrir l’État mais au nom de la justice distributive (la même mesure devenant donc vertueuse ou vicieuse selon que la Gauche ou la Droite la propose). Le paradoxe est que ces mesures « d'encouragement » à l'investissement ont provoqué une baisse sans précédent des montants investis, car parallèlement à la pression fiscale, l’État continue à décourager l'entreprise privée (les modifications des règles de l'auto-entreprenariat étant emblématiques à cet égard) - et qui prendrait désormais le risque de se voir assujetti à l'ISF, qui taxe le capital constitué quand bien même il ne génère pas de revenus ?
    Le travail, c'est un capital
    Le travail lui-même devient un bien à partager, comme en témoignent les fameuses 35 heures, un bien collectif dont le salarié n'est pas propriétaire : tout est donc fait pour que l'organisation du travail soit elle aussi collective, en imposant d'employer (l'État se substituant parfois au marché, en comptant sur l'impôt pour financer ses embauches) - ou en faisant porter aux entreprises le poids de la taxation exceptionnelle à 75 % des revenus supérieurs à un million d'euros. Si les faillites à jet continu et les licenciements économiques en mode geyser diminuent la masse des emplois disponibles, l’État ne se sent pas responsable : la destruction d'un capital privé se retrouvera forcément selon un mystérieux et irrationnel « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » dans la masse d'argent publiquement distribuée qui permettra de financer mécaniquement des emplois (les fameux contrats de génération), de maintenir ou créer des emplois publics ou de dynamiser la consommation. L'idée que les emplois publics ne créent pas de valeur mais se contentent de distribuer un service « gratuit » semble n'effleurer personne, et l'évidente paupérisation des classes moyennes (qui perdent en plus le capital relationnel et intellectuel que représente une activité) n'est sans doute qu'un épiphénomène. Après tout, s'appauvrissant ils deviendront vertueux à proportion et pourront bénéficier des aides de l’État.
    Seul l’État a le droit d'abuser
    Quant au capital restant, il faut en diminuer le pouvoir de nuisance, en imposant des règles d'usage des biens immobiliers, par exemple : la vieille règle du jus utendi et abutendi (droit d'user et d'abuser) qui définissait la propriété est constamment remise en cause ; détenir un actif financier crée désormais plus d'obligations (temps de détention, règles de cession, etc.) que de richesse. L’État en arrive d'ailleurs à se « voler » lui-même : mauvais actionnaire dans sa gouvernance (mais est-ce vraiment le rôle de l'Etat que d'être actionnaire), insensible au cours de Bourse pour prendre ses décisions ou donner ses avis, ou prêt à donner ses terrains pour construire des logements sociaux (proposition du candidat Hollande comptée au rang des promesses tenues).
    Le paradoxe est bien sûr que cette haine des richesses se double d'un goût stupéfiant pour leur consommation, l’État providence étant d'une prodigalité folle, et témoigne d'une pensée magique qui veut que l'abondance soit un droit et qu'il existe forcément un trésor caché, inépuisable, que l’État socialiste a pour mission de trouver et de partager. En attendant, les recettes fiscales diminuent, la croissance ne revient pas, la France s'appauvrit, les fortunes fuient avant même que d'être constituées. La justice crée la ruine : amère consolation de se savoir vertueux.
    Hubert Champrun monde & vie 2 juillet 2013
    Lire Proudhon : http://kropot.free.fr/Proudhon-propriete.00.htm