Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

élections - Page 514

  • Le peuple et les élites : pourquoi ce divorce ?

    Derrière les résultats des dernières élections et le simple constat de la montée du FN se cache, une réalité bien plus inquiétante : un fossé toujours plus grand entre le peuple et ses classes dirigeantes.
    La grande nouveauté du scrutin régional n'est pas la montée du Front national, qui n'est en vérité qu'une conséquence d'un phénomène primaire : le clivage devenu fossé, le fossé devenu abîme entre le peuple et ses classes dirigeantes.
    D'abord un constat à l'état brut : le peuple et les élites n'ont plus les mêmes valeurs ni les mêmes priorités.
    1. Pour le peuple, le danger principal est le terrorisme islamiste. Pour les élites, c'est le fascisme d'extrême droite. La preuve, c'est qu'avec un programme à peu près semblable les scores lilliputiens de la gauche radicale contrastent avec la poussée qui paraît irrésistible de la droite extrême... Un programme à peu près semblable, sauf un point de divergence essentiel : la question de l'immigration. C'est là que se fait la différence. Tandis que Claude Bartolone racialise le scrutin et stigmatise Neuilly avant d'aller s'y faire soigner, que Clémentine Autain invite Tarek Ramadan à l'un de ses meetings préélectoraux et que toute la gauche crie au fascisme, au nazisme, au totalitarisme, et même à Daech à propos du FN, celui-ci capitalise sur les massacres du 13 novembre.
    2. Pour le peuple, l'objectif principal est la sécurité : Sécurité sociale, sécurité de l'emploi, sécurité individuelle. Pour les élites, l'objectif principal est le progrès, grâce à la mondialisation, le commerce, les droits de l'homme. Le peuple se reconnaît dans la nation, comme en témoigne la floraison tricolore du mois dernier, tandis que les élites continuent d'espérer en l'Europe. La rupture entre le peuple et l'idée de progrès, dont la liaison fut constitutive de la gauche au XIXe siècle, est, hélas, le grand événement en fait de culture politique au XXIe.
    3. Le peuple rêve d'un gouvernement de l'intérêt général. Il a la nostalgie de l'unité, comme sous la Révolution française. Il vomit les partis dans lesquels il voit des mafias au service d'intérêts particuliers. Les élites à l'inverse restent attachées à ces partis qui symbolisent et garantissent la sauvegarde de leurs privilèges. Au lendemain du scrutin des régionales, beaucoup de leaders politiques préconisaient, pour favoriser le « renouvellemen t» des élites, le retour à la représentation proportionnelle qui signifie, nul n'en peut douter, le renforcement de l'emprise des partis sur la vie politique ! On croit rêver.
    Le discrédit des partis n'est pas propre à notre époque ; le décalage entre les électeurs et les élus est en quelque sorte constitutif de la démocratie. Le fait nouveau, c'est qu'il n'est plus toléré.
    Il n'est pas non plus propre à la France. En Grèce et en Espagne, il s'est traduit d'abord par des percées d'extrême gauche (Syriza) ; dans une grande partie de l'Europe, il prend la forme de partis d'extrême droite populistes nationalistes et xénophobes comme le FPO fondé par Jorg Haider en Autriche, le Jobbik en Hongrie, voire l'Ukip de Nigel Farage au Royaume-Uni, et bien entendu le Front national en France ; il peut même se donner des allures centristes, comme le Mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo en Italie. La forme, la dimension, les orientations de ces partis contestataires varient d'un pays à l'autre, en fonction du contexte local. Mais trois griefs reviennent un peu partout.
    1. Les partis traditionnels confondent leurs intérêts particuliers avec l'intérêt général ; ils estiment que tout va bien quand ils gagnent en puissance et confondent leur prospérité avec celle du pays. Or, en bonne démocratie, le critère de réussite d'un parti ne saurait être sa puissance, mais sa contribution à l'intérêt général, fût-ce au détriment de sa popularité. Les partis sont censés contribuer, selon les termes de notre Constitution, à l'expression du suffrage. Dans les faits, ils ont pour unique souci de le confisquer.
    2. Les partis traditionnels sont fermés comme les castes de l'Ancien Régime, verrouillés sur eux-mêmes ; imperméables aux influences extérieures. Lors de leur formation à la fin du XIXe siècle, les grands partis de la social-démocratie européenne reflétaient la diversité de la société civile, exprimée par les syndicats, les coopératives, les mouvements de pensée, les associations particulières. Aujourd'hui, ils se contentent d'être le milieu nourricier des ambitions et le lieu exclusif de recrutement du personnel politique. En stigmatisant l'UMPS, rebaptisée Erpès (Républicains + PS), le Front national tape dans le mille. Il oublie seulement de s'inclure dans ce système quasi mafieux, lui qui fonctionne selon le principe dynastique autour de la famille Le Pen.
    3. Les partis traditionnels, expression de la démocratie représentative, sont structurellement inadaptés à la démocratie d'opinion actuelle. La première ne soumettait les élus au contrôle des électeurs qu'une fois tous les cinq ans. La seconde implique un contrôle permanent par les canaux d'Internet et des sondages d'opinion. L'ère de la toute-puissance des partis quasi dépositaires de la souveraineté nationale dans l'intervalle de deux élections est terminée.
    Conclusion : pour venir à bout du Front national, il ne suffit pas de critiquer son programme ou ses intentions cachées. C'est la structure de la démocratie partisane qui est à réviser en profondeur. Chacun en appelle à un renouvellement. Cela suppose des sacrifices dans la classe politique régnante. En 1791, sur proposition de Du Pont de Nemours, la Constituante décida que la totalité de ses membres seraient inéligibles dans la prochaine Assemblée. Chiche !

    Jacques Julliard  Marianne :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/tribune_libre/EuVEEFlVlZacPRoWrZ.shtml

  • L’honneur perdu de la démocratie

    Les Français ont été bousculés, non pas pour consolider la gestion de leur territoire régional, mais pour sauver la mise d’un gouvernement minoritaire.
    La France vit depuis 15 ans une situation dramatique, dans l’impasse du chômage, la ruine des finances publiques, l’incapacité de réformer, la réaction tardive à une guerre terroriste implacable. Le gouvernement sonne le tocsin et – quelle surprise ! – il ne s’agit pas de rassembler nos forces mais de créer la fracture dans la nation pour s’opposer à une tendance majoritaire des citoyens.
    Ainsi, après la crise avortée de 2002, le deuxième rendez-vous avec le peuple vient d’être manqué. Les élections régionales des 6 et 13 décembre ont présenté une curieuse supercherie politicienne. La manipulation malhonnête des sectes partisanes qui capte le pouvoir du peuple depuis des décennies consiste seulement à se cramponner à l’apparence du pouvoir. La manœuvre habituelle des partis est allée jusqu’à l’abandon de poste électoral en rase campagne afin de préserver le système qui leur assure la survie.

    Lire la suite

  • Le programme économique : plafond de verre ultime du Front national

    Le plafond de verre n’a pas sauté. La leçon du scrutin des régionales est sans appel : le front républicain se montre encore efficace, du moins quand l’adversaire d’un candidat FN est une personnalité de la droite classique.

    Au deuxième tour, 82,2% des électeurs PS ont voté Xavier Bertrand et 58,9% pour Christian Estrosi.

    Ce premier constat, toutefois, est loin d’épuiser la complexité du sujet de la relation entre le Front national et l’électorat, le sien ou globalement parlant. L’élément le plus inattendu a été révélé par une étude de la société LMP qui fait ressortir la forte volatilité du vote FN (1).

    Un capital potentiel de 40%

    Si l’on tient compte des résultats de cette étude : 2,12 millions d’électeurs auraient voté pour le parti de Marine Le Pen seulement au premier tour et 2,92 millions seulement au second tour ; 3,9 millions auraient voté aux deux. Ce seraient donc 8,94 millions d’électeurs qui ont voté FN à l’issue des deux tours, et non 6,8 millions, comme admis auparavant. Ces quelque deux millions de voix supplémentaires pèsent potentiellement très lourd dans la balance électorale ; ils représentent, d’emblée, un capital de quelque 40% de voix qui change alors radicalement la donne politique nationale.

    Ces voix, bien sûr, ne peuvent être considérées comme, par nature, acquises au FN. Elles peuvent se fidéliser, mais également partir ailleurs. Toutefois, la spécificité du vote FN, compte tenu de la diabolisation dont il est l’objet, fait que l’électeur frontiste pose un acte de dissidence qui, subjectivement, le met hors Système, les commentateurs « officiels » lui expliquant d’ailleurs à l’envi que ce vote est un acte de colère et de désespoir qui échappe aux catégories de la raison et de la morale républicaines – quand il n’est pas tout simplement traité de « salaud » ou d’imbécile.

    En quelque sorte, comme tout acte transgressif, le premier pas, selon la sagesse populaire, est bien le plus coûteux, et il est logique de penser que l’électeur lambda passera plus facilement d’un vote FN une fois à un deuxième vote et au-delà, que de zéro à un. Autrement dit, ce bloc de près de neuf millions de voix, même non monolithique, est déjà un terrain préparé mentalement.

    Par ailleurs, malgré l’ahurissant matraquage médiatique de l’entre-deux-tours et les commentaires à chaud des résultats du second tour qui, unanimement, ont souligné que la mobilisation des abstentionnistes avait été très défavorable au FN, les chiffres analysés par l’étude de LMP nuancent fortement cette affirmation. Celui-ci dispose bien de réserves de voix au deuxième tour puisque, en PACA, ceux qui s’étaient abstenus au premier tour ont, au second, voté à 50% pour le FN, et en NPDCP, sur les 30% de nouveaux votants, un sur trois a voté pour Marine Le Pen. Dans les deux cas, en dépit de leur différence, la victoire des candidats du Système provient d’abord d’une mobilisation plus forte de leurs électorats d’un tour sur l’autre.

    Au niveau national, les abstentionnistes du premier tour qui se sont mobilisés au second se répartissent comme suit : 18,6% pour la droite, 14,7% pour la gauche et 11,3% pour le FN. Ce dernier est donc bien pénalisé au jeu de la mobilisation des réserves, mais il est loin d’être inexistant et peut même, dans certains cas, rivaliser efficacement avec ses adversaires.

    Un parti légitimé, mais…

    Un potentiel de 40% n’est donc pas qu’une simple hypothèse d’école. Il corrobore une étude antérieure (2), passée plutôt inaperçue, qui pourtant dévoilait bien les ambiguïtés des Français à l’égard du vote Front national : 44% d’entre eux, en effet, jugeaient le FN comme le parti le plus capable de « réformer la France en profondeur », devant l’UMP (28%) et le PS (23%). Ces chiffres auraient dû agiter le landerneau politique, car, clairement, ils annonçaient déjà le « choc » des régionales.

    Une autre étude récente (3) montrait également une assez large acceptation de nos compatriotes à l’égard du parti de Marine Le Pen, puisque 57% le jugeaient comme un parti « comme les autres ». A droite – UDI et Modem compris – 64% partageaient cette opinion. On peut noter également que 44% des Français estimaient entre les deux tours qu’il serait souhaitable que le FN dirige au moins une région, question de le juger sur pièce. A l’aune de ces chiffres, l’opération de dédiabolisation est une mission réussie. Voilà pour le côté verre à moitié plein de l’histoire.

    Côté verre à moitié vide, depuis 30 ans, entre 65 et 75% des Français jugent le FN dangereux ou incapable d’assumer le pouvoir et affirment qu’ils ne peuvent pas voter pour lui. Aujourd’hui, l’étiage est plutôt dans le bas de la fourchette, avec un chiffre de 66% qui estiment que le Front national « ne propose pas de solutions réalistes » et 60% « qu’il représente un danger pour la démocratie » (4). Mais, là encore, une lecture au premier degré ne rend pas compte de la complexité du sujet. Déjà, le fort rejet s’accompagne également d’une réelle acceptation de sa réalité puisque 49% des sondés le jugent utile.

    Mais surtout, le FN est l’objet d’une distorsion de perception que les spécialistes des études d’opinion connaissent bien : une différence, a priori illogique, entre le jugement global et le jugement particulier. L’exemple de l’image des banquiers est bien connu : les Français ont une opinion largement négative des banquiers en général, mais, très majoritairement, donnent un avis positif sur leur propre banquier. Le jugement global est beaucoup plus influencé par les représentations collectives que véhicule la société.

    Une image contradictoire

    Ainsi, si nous fragmentons les sujets par thème, la perception que les Français renvoient du FN devient beaucoup plus nuancée et contradictoire. En clair, sur les thèmes sociétaux, les idées du Front national sont, aujourd’hui, largement plébiscitées par l’opinion publique. Tous les sondages sur ce point concordent : 88%, notamment, demandent plus d’autorité et 67% s’inquiètent du niveau de l’immigration. La majorité (52%) est même désormais favorable à la peine de mort. Les chiffres, selon les dates ou l’actualité, peuvent plus ou moins varier de quelques points, mais la tendance structurelle n’est pas contestable. Le Front national sur ces thématiques civilisationnelles apparaît légitime et compétent. Marine Le Pen, sur les sujets de sécurité, est toujours classée en tête des personnalités politiques les plus aptes à agir efficacement.

    Il est clair, en conséquence, que l’image globale d’incompétence et de dangerosité du FN provient désormais pour l’essentiel de son programme économique, perçu de manière très négative. Les adversaires du Front national ont d’ailleurs parfaitement identifié cette vulnérabilité et l’attaquent prioritairement sur ses propositions économiques. Les autres dimensions polémiques apparaissent de plus en plus comme des incantations rituelles que le public, assez largement, écoute avec distanciation.

    Une problématique de communication

    La question pour les responsables du FN n’est plus même d’évaluer la pertinence ou la faiblesse de leur programme économique, mais de savoir s’ils veulent ou non affronter les échéances électorales de 2017, avec un handicap de crédibilité qui les plombe irrémédiablement. En termes de communication le produit est rejeté par l’opinion publique, et, sur les bases actuelles, il est impossible que celui-ci évolue vers une perception positive. Nous sommes là en présence d’un ancrage mental de type pavlovien qui provoque un rejet réflexe de l’objet désigné comme néfaste.

    Il ne suffit plus seulement de changer, ou de faire évoluer le contenu programmatique sur ses points les plus problématiques, mais, plus fondamentalement, de reconstruire une image qui change la perception de gestionnaire du FN aux yeux du public. Le temps est compté pour un tel travail de rénovation où la forme, c’est-à-dire les éléments de langage et leurs affects, compte tout autant, si ce n’est plus, que les propositions et leur logique.

    Didier Beauregard, 26/12/2015

    Notes :

    1) Etude publiée dans Le Monde du 19/12/2015.
    2) Sondage CSA/Atlantico du 19/10/2013.
    3)BVA/JDD du 8/12/2015.
    4) Le Monde du 6/05/2015.

    http://www.polemia.com/le-programme-economique-plafond-de-verre-ultime-du-front-national/

  • Après Tapie, revoilà Copé ! C’est ça, « faire de la politique autrement » ?

    Le maire de Meaux va nous livrer le fond de sa pensée le 20 janvier prochain : Le Sursaut français. On flaire d’ici le succès en librairie.
    Au soir du second tour des régionales, il y a exactement quinze jours, ils nous le juraient tous ; confrontés au score inégalé du Front national, les politiques l’assuraient en chœur : ils avaient « entendu le message des Français ». C’était sûr, promis juré, on allait « faire de la politique autrement ». Changer les têtes, arrêter les petites magouilles et les guerres de parti, nettoyer les écuries d’Augias, congédier les menteurs et les escrocs…
    Et que voit-on ? Le 20 décembre, Tapie, le marlou des années Mitterrand couvert d’or par la Sarkozie, qui prétend revenir en politique. Toujours la même gouaille, le même culot, le même costard, la même teinture, le même baratin… Toujours la même emphase et la même enflure pour mieux espérer enfler les Français. « Nanar le rempart contre le FN », une série des années 80 recolorisée.

    Lire la suite

  • Le Réveil Français aurait il quelque chose à voir avec le Réveil de la Force ?

    Ceux qui, à la droite des « Républicains » se présentent comme les tenants de la « France forte », pourraient répondre par l’affirmative à cette question hautement politique. Il est vrai que si l’on observe la situation de la France aujourd’hui, et plus singulièrement ceux qui en son sein se déclarent patriotes, c’est-à-dire au service de cette France aimée, ils on en effet quelque chose de comparable aux rebelles de « Stars Wars » qui luttent contre l’Empire.

    Le Réveil Français n’est pas un parti, ni même un mouvement. Il se donne la mission d’alimenter par la réflexion, les stratégies de gouvernements futurs quand « l’Empire » sera vaincu. De nourrir en construisant des hypothèses concrètes et tenant compte de la conjoncture réelle, un vrai projet politique applicable en s’appuyant sur les expertises que nous sollicitons dans tous les domaines relevant principalement des compétences régaliennes de l’Etat. En deux mots, un pouvoir essentiellement financier, international, oligarchique et d’une puissance incroyable, représente le côté obscur de la force et transforme les peuples riches de leurs particularismes en sociétés anonymes et cosmopolites asservies par la consommation, les sens et l’ambition matérielle, en faisant disparaître ceux qui résistent par la puissance militaire et financière. A cet égard on peut comparer la FED à l’Etoile noire avec son vaisseau interstellaire Goldman Sax. Un autre vaisseau de l’Empire, entièrement téléguidé, croise dans nos contrées pour soi-disant assurer notre sécurité, mais en réalité pour mieux contrôler les nations désarmées donc dépendantes : L’OTAN. Les vieilles nations, ayant quelques restes de personnalité et de fierté, ne supportent pas, du moins dans les profondeurs de leurs peuples insoumis, d’être sous la coupe des agents de l’Empire, comme le gouverneur Hollande et son porte flingue Valls en France. Les rebelles ont effectué dans notre pays une belle démonstration de force aux élections régionales, même si ça ne s’est pas soldé par une victoire concrète et que les forteresses édifiées par l’ennemi ont tenu au prix des pires compromissions. [....]

    La suite dans Le Réveil Français

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?Le-Reveil-Francais-aurait-il

  • Non, la gauche caviar n’est pas morte

    Ainsi, selon notre confrère Marianne, Claude Bartolone, candidat malheureux à la présidence de la région Île-de-France, a augmenté le budget de son cabinet à l’Assemblée nationale de 33 % en trois ans et de 6 % entre 2014 et 2015. Ça fait un petit billet de 244.000 euros, tout de même, rien que sur les douze derniers mois. Plus d’un million d’euros supplémentaires entre 2012 et 2015. Autrement dit, une paille ! Qu’on se rassure, le directeur de cabinet du président de l’Assemblée nationale (Barto n’a pas tout perdu) a la réponse, la justification, l’argument massif qui convainc : « Nous avons régularisé certaines situations. Des personnels étaient payés par d’autres administrations. C’était le cas de mon prédécesseur, par exemple. » Des « régularisations ». Il est vrai que, dans ce domaine, le Parti socialiste est un vrai spécialiste.

    Lire la suite

  • Catholiques de droite : l'extrême déception des bobos

    Voilà un article signé Bernadette Sauvaget, dans Libération, qui nous fait bien rire. Le sujet : la tentation (sic) du vote FN chez les catholiques. En gros c'est péché. Comme si cela ne devait poser aucun problème de voter pour des partis qui ont soutenu la dénaturation du mariage, la destruction d'embryons humains, l'avortement, et autres atteintes à la vie et à la famille. Non, le problème c'est que les "cathos de gauche", ces chrétiens qui se disent d'ouverture, restent fermés à la jeunesse catholique. Celle qui s'est révélée lors des Manifs pour Tous. Loin d'un feu de paille, ce printemps des consciences a révélé une génération forgée par les pontificats de Jean-Paul II et Benoît XVI. Une génération qui n'a donc plus peur comme le demandait le pontife polonais en 1978. Les fruits sont là et Libé se désespère du crépuscule des cathos de gauche :

    "[...] Malgré ces résistances ici ou là [parmi lesquelles Koztoujours, cité, qui s'est en somme planté de génération, NDMJ], l’aile conservatrice, ce catholicisme d’identité que la Manif pour tous a fédéré, a réussi son OPA, prenant en otage les autres courants. Son opposition s’est réduite à des marges et se tait. Il n’y a plus guère que l’avocat Jean-Pierre Mignard, proche de François Hollande, qui réussit à se faire entendre. Le catholicisme engagé, social, de gauche est devenu inaudible, pratiquement disqualifié par ses jeunes et coriaces adversaires, nombreux à écouter les Rey et Aillet. «Il nous manque des figures fortes qui puissent porter le message», reconnaissent nombre de cathos de gauche.

    Le catholicisme d’ouverture sans relève

    Certes, il y a bien eu un sursaut entre les deux tours des régionales. Lancée par d’anciens responsables de l’hebdomadairela Vie, une pétition mettait en garde contre le vote pour le FN.D’eux-mêmes, ses initiateurs reconnaissent que peu de jeunes l’ont signée. «Nous avons manqué le rendez-vous avec les jeunes générations», regrette un catholique lyonnais. De fait, très présent dans les années 70, le catholicisme social et d’ouverture n’a guère de relève. Sauf dans des associations très présentes sur le terrain social. Cette cassure est due, selon Jean-Louis Schlegel, ancien éditeur au Seuil et l’une des figures intellectuelles du catholicisme français de gauche, aux pontificats de Jean-Paul II et Benoît XVI. «Ma génération a beaucoup douté,contesté, raconte-t-il. Nous étions atteints, secoués, parfois ébranlés par le monde. Les jeunes générations raisonnent, elles, en terme d’orthodoxie. Elles sont vent debout contre ce monde, un peu comme des chevaliers du Bien contre le Mal. Ils portent leur foi conme une sorte de contre-culture.»"

    Une contre-culture face à la culture de mort laissée par nos aînés : c'est exactement cela. Nos bien-pensants le constatent : les jeunes catholiques préfèrent les convictions défendues par la fraiche Marion Maréchal Le Pen aux idées sclérosées de la catho de gauche Martine Aubry.

    Michel Janva

  • Hystérie à froid contre le FN

    Marine Le Pen n’est pas ma tasse de thé. J’explique pourquoi depuis une dizaine d’années, et en quoi la ligne dite Philippot me déplaît. Ça ne me donne que plus de liberté pour m’ébahir de la vague d’hystérie à froid dont le Front national est aujourd’hui victime.
    L’hystérie à chaud, nous l’avons connue en avril 2002. Pour qui rentrait alors de l’étranger, c’était proprement hilarant de voir Paris et ses circuits se battre les flancs pour entrer en transe, comme un enfant qui se force à crier et qui crie très bien en effet, tous les réseaux bandés pour hurler au loup, toutes les lies, la lie révolutionnaire et la lie du pouvoir, conjuguées dans l’exploitation appliquée de l’antifascisme.
    Lionel Jospin qui, à la différence d’Alain Juppé, est le plus honnête d’entre eux, a reconnu pourtant que jamais, depuis qu’elle nous joue la comédie du front républicain, la classe politique française (gauche, droite et centre confondus) n’a cru au danger fasciste. Il n’y en avait pas plus que de beurre à la cuisine sous l’Occupation. On nous a joué un film d’épouvante pendant trente-cinq ans avec un épouvantail de paille, on l’a avoué et l’on remet ça tranquillement, comme si ses aveux n’engageaient que le bon monsieur Lionel.
    C’est Jean-Jacques Bourdin, qui compare le FN au califat islamiste, et qui bien sûr ne s’excuse pas, pendant qu’HystéroValls et ses polices tombent sur le dos de Marine. C’est Raffarin, le mieux ciré des polichinelles, qui appelle à un front commun contre le chômage et le FN. C’est l’ineffable Stéphane Richard, PDG d’Orange, fort bien épinglé ici même par M. Fabre-Bernadac (1), qui appelle les richards du CAC 40 à financer un fonds contre le front. Cela, après les forfaits (c’est le mot juste) de Mgr Ulrich, de La Voix du Nord, des présidents d’université du Grand Est. Enfin, les démocrates qui gouvernent la chaîne parlementaire LCP ont supprimé l’émission « Causes communes » pour la simple raison qu’elle avait donné la parole à Robert Ménard en mai dernier. On nous explique cela uniment, sans éclat de voix, comme s’il s’agissait de la chose la plus naturelle au monde. C’est cela, l’hystérie à froid : il est devenu si normal, si moral, si urgent d’éradiquer le Front national que les personnes les plus pondérées, j’allais dire les plus plan-plan et les plus gna-gna, s’autorisent à agir comme des forbans, des idéologues sanglants, piétinant avec un sourire de madone toutes les lois du bon sens, des convenances, de l’honnêteté et de la raison.
    La fusion à froid – nous l’espérons d’ITER – domestiquera un jour l’énergie des bombes H à notre profit ; l’hystérie à froid, technique française brevetée, exploite sans bruit la sombre fureur des foules et des transes au profit d’un système qui refuse de mourir.

    Martin Peltier

    http://www.bvoltaire.fr/martinpeltier/hysterie-a-froid-contre-fn,226952?utm_source=La+Gazette+de+Boulevard+Voltaire&utm_campaign=63e71bf522-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_71d6b02183-63e71bf522-30425913&mc_cid=63e71bf522&mc_eid=45f36b52ce

     

  • La presse française face à la primaire Républicaine aux Etats-Unis

    Lu dans Les 4 Vérités :

    "[...] Deux jeunes sénateurs d’origine cubaine issus des Tea parties font partie du quatuor de tête, Ted Cruz et Marco Rubio. C’est déjà incompréhensible, semble-t-il, pour un journaliste français moyen. Qu’un grand chirurgien noir, chrétien et conservateur, Ben Carson, soit si populaire à droite ne peut que donner une crise d’apoplexie au même journaliste français moyen. Qu’un homme comme Donald Trump soit en tête provoque, chez le journaliste français moyen, des convulsions. Trump était censé n’être qu’un clown. Qu’il soit multimilliardaire et à la tête d’une entreprise planétaire est sans aucun doute clownesque pour le journaliste français moyen. Que Trump ne se soit pas effondré et ait désormais, à six semaines des premières primaires, des chances réelles, fait qu’il n’est plus censé être un clown, mais un quasi fasciste – ce qui n’est pas surprenant, puisque, pour le journaliste français moyen, George Walker Bush était un nazi. La plupart grands médias français ne sont pas seuls à être atteints du syndrome anti-Trump, c’est un fait. L’établissement républicain américain est touché lui aussi, mais cela ne justifie rien. Je ne sais si Trump sera le candidat opposé à Hillary Clinton. Je ne sais si, le cas échéant, il gagnera. Tout est ouvert. Mais j’imagine déjà la tête de nombre de journalistes français moyens si Trump est candidat, et si (qui sait ?) il est élu. J’imagine les crachats et les trépignements. Le spectacle qu’offriront les journalistes français moyens, si les choses se passent de cette façon, sera intéressant à observer. Je m’en réjouis d’avance…"

    Michel Janva