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élections - Page 515

  • Christophe Guilluy : « Le FN est le baromètre de l’inaction des partis au pouvoir »

    Christophe Guilluy, dont les travaux sont connus sur la sociologie du vote en faveur du Front national, analyse les différentes fractures qui expliquent ce vote. Outre celle qui sépare les métropoles de ce qu’il appelle la France périphérique, il y a la fracture culturelle liée à l’immigration qui l’emporte sur la fracture sociale mais il y a aussi, point très important, la fracture entre les générations. Les jeunes votent très majoritairement pour les listes de droite et du FN. Enfin, dernier élément et non des moindres, au sein des jeunes générations, il remarque la fracture identitaire, en cours, entre la jeunesse issue de l’immigration (avec un vote spécifique qui apparaît : Union des démocrates musulmans) et cette jeunesse habitant « les territoires ruraux et périurbains ». 
    Le vote pour le Front national se révèle une expression identitaire qui prévaut sur la question sociale, laquelle néanmoins s’y ajoute. Cette expression est plus forte parmi la jeunesse que chez les plus anciens. Enfin, elle se heurte à celle de jeunes issus de l’immigration, qui opposent leur propre culture musulmane à celle du pays d’accueil. 
    La France est confrontée à deux défis majeurs : sa situation économique et l’immigration
    La situation économique résulte de la rupture du modèle de croissance de l’après-guerre intervenue au milieu des années soixante-dix. Elle est à l’origine d’un chômage de masse. Dans un entretien télévisé du 20 janvier 1967, Georges Pompidou déclarait : « Nous devons considérer l’emploi comme un problème permanent ; en permanence en France il y aura un problème de l’emploi ; en permanence on devra veiller à ce que l’emploi soit assuré aux Français. Si un jour on atteint les 500.000 chômeurs, ce sera la révolution. » 
    Le chiffre de 500.000 chômeurs a été multiplié, statistiquement par sept, certainement plus dans la réalité. Pour autant, il n’y a pas eu de révolution ; seulement, depuis 1981, une alternance politique entre les partis traditionnels, aux élections générales. Le basculement politique, avec la montée du Front national, est venu de l’immigration et de ses conséquences ; en témoigne, notamment, le sondage d’Opinion Way publié le 7 décembre dernier au lendemain des élections régionales. 
    Parmi les motivations de leur vote, les électeurs du FN se prononcent à 74% pour la sécurité et à 76% pour l’immigration. L’idéologie marxiste réduisant l’histoire à la lutte des classes est bien morte. 
    L’entretien LE FIGARO – Quelle est votre lecture du scrutin ? 
    Christophe GUILLUY – D’élection en élection, on s’aperçoit que la France périphérique (celle des petites villes, des villes moyennes et des zones rurales) est un phénomène réel, qui se cristallise. Cette grille de lecture sociale et spatiale explique la recomposition politique à laquelle on assiste depuis deux décennies. La carte politique traditionnelle s’efface au profit d’une dichotomie entre la France périphérique où vit 60% de la population et la France des métropoles, qui se renforce dans toutes les régions, y compris celles où le FN a fait un score plus faible – par exemple, en Bretagne, où le parti de Marine Le Pen a fait 18% : un score modeste par rapport à la moyenne nationale, mais très important pour le FN dans cette région. 
    Existe-t-il désormais deux France ? 
    La dynamique provient des zones rurales, des petites villes et des agglomérations de taille moyenne, où se concentre la grande majorité des classes populaires et situées à l’écart des métropoles mondialisées. Le FN, à lui seul, capte près des trois quarts des votes des classes populaires. Il est logiquement surreprésenté sur ces territoires. Les logiques économiques accentuent cette rupture entre ces deux France puisque désormais l’essentiel des créations d’emploi se concentrent dans les grandes villes, et qu’au contraire l’emploi se désertifie dans la France périphérique. Ainsi, pour la première fois dans l’histoire, les catégories populaires ne vivent pas là où se crée l’emploi. Cette situation se renforce au rythme de l’évolution du prix du foncier, ce qui contribue à ce que les grandes métropoles, et les gagnants de la mondialisation, s’enferment, telles des citadelles médiévales, derrière le mur invisible de l’argent. 
    Peut-on parler d’une fracture générationnelle ? 
    56% des moins de 35 ans ont voté pour les listes de droite ou du FN. Chez les 18-24 ans, la droite et le FN atteignent même 61% des suffrages ! En fait, nous le disions avec le sociologue Serge Guérin depuis des années : le vieillissement de la population est le rempart au vote « populiste ». Un sondage Ipsos réalisé après les attentats montre que les plus de 60 ans sont deux fois moins tentés par le vote FN en raison des attentats que les plus jeunes : 5,7% contre 10,6% chez les 35-59 ans. Une partie d’entre eux sont effrayés par les propositions économiques du FN, notamment la sortie de l’euro. Il y a une vraie cohérence de classe dans le vote de la jeunesse. Les jeunes de la France périphérique touchés par le chômage, la précarité et la fin de l’ascension sociale ne votent pas comme les jeunes de la bourgeoisie urbaine mondialisée. Cependant, il existe deux jeunesses populaires : celle des banlieues et celle des territoires ruraux et périurbains. La réislamisation de la jeunesse de banlieue est parallèle au réveil identitaire des jeunes de milieux populaires de la France périphérique. Le vecteur n’est pas la religion mais le vote FN, car cette France est largement déchristianisée
    C’est le fameux clivage culturel… 
    Les classes populaires se déplacent d’abord pour protester contre l’immigration. Si leur premier ressort était la question sociale, ils voteraient pour le Front de gauche. Les catégories modestes s’inquiètent de la montée du chômage et de la dégradation du modèle social, mais également de l’insécurité culturelle, conséquence d’une instabilité démographique liée à l’intensification des flux migratoires. Nous assistons en fait au retour du conflit social et du conflit culturel. Le rêve de la mondialisation heureuse et d’un « peuple Benetton » a échoué ; cet échec est en train de revenir à la face des partis traditionnels avec une force sans précédent. Des attentats au vote FN, c’est la fin du rêve d’une société mondialisée et apaisée. 
    Croyez-vous à « un réveil citoyen » ? 
    Le fameux « réveil citoyen des abstentionnistes » qui iraient à mains nues faire barrage au FN fait partie de la pensée magique des partis de gouvernement et plus généralement des classes dominantes. La réalité, c’est que le profil sociologique de l’abstentionniste est le même que celui de l’électeur du FN. Le gros bataillon des votants de LR (retraités et bourgeoisie traditionnelle) ou du PS (fonctionnaires et bourgeois urbains) sont des couches qui ont toujours voté. S’il y a une réserve de voix chez les abstentionnistes, elle se trouve du côté du FN. 
    Le FN est un baromètre qui mesure l’inaction des partis au pouvoir. Il est la conséquence de l’amplification de la fracture sociale, spatiale et identitaire. En estimant que le vote FN est impulsif, l’expression d’une colère irréfléchie, on dénie aux classes populaires le droit de faire leur propre diagnostic. En faisant intervenir Pierre Gattaz, Laurence Parisot, BHL ou Dany Boon pour dire que le FN n’est pas républicain, économiquement nul ou crypto-fasciste, on fait progresser une défiance qui s’étend aussi aux médias et aux élites. 
    Va-t-on vers une recomposition politique ? 
    Le vote FN devrait continuer à progresser. A terme, cela provoquera soit l’implosion des partis traditionnels, soit leur recomposition interne. Sur le terrain, on observe que les élus locaux sont conscients des réalités ; ils ne sont pas déconnectés des problèmes des gens comme peuvent l’être les caciques des partis. Pourquoi, dès lors, les habitants n’ont-ils pas voté pour eux ces dernières élections ? Parce qu’ils ont compris que ces élus n’avaient aucun pouvoir au sein de leur propre parti et que les décisions étaient prises par les ténors qui sont élus dans les grandes métropoles. S’ils ne veulent pas être balayés par le FN, les élus de la France périphérique devront porter le fer à l’intérieur de leur appareil et faire naître des consensus au-delà des frontières partisanes… Si le PS et les Républicains assument leur statut de partis des grandes métropoles, il y a des places pour d’autres partis à côté du FN pour représenter la France périphérique. La consolidation d’un parti musulman en banlieue n’est pas à exclure non plus. On note que l’Union des démocrates musulmans français a réalisé une percée dans certaines villes de Seine-Saint-Denis ou des Yvelines.

  • De l’urgence du rassemblement

    Le camp patriote ne peut pas faire l’économie d’une réflexion - immédiate, imminente, urgente et vitale ! - sur ce que doit être sa stratégie vis-à-vis des médias.
    « L’heure est venue, pour les patriotes de la Droite classique, de former un grand Mouvement Français avec le FN. La survie du pays est en jeu ! » Robert Ménard, 18 décembre 2015
    La semaine dernière, dans Z&N, Philippe de Villiers a eu à répondre à cette question cruciale : comment expliquer que, depuis plus de 20 ans, les patriotes perdent systématiquement face aux mondialistes (sauf au référendum de 2005, NDLA) ?
    Philippe de Villiers répondait en rappelant qu’il s’était produit, le 13 décembre, une sorte de « première » politique en France, puisque le PS avait fait cause commune avec l’ex-UMP face au Front national. Est-ce à dire que du seul fait de la clarification de ce clivage désormais structurant – entre mondialistes d’un côté et patriotes de l’autre -, les conditions suffisantes seront remplies pour rétablir une sorte d’équilibre électoral entre les deux camps ? Je ne le crois pas.

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  • Épilogue tardif pour un second tour

    Comme l'avait dit humblement Xavier Bertrand lui-même à propos de sa propre carrière, il y a quelques années, si je monte c'est que le niveau baisse.

    Deux pèlerinages familiaux, l'un au nord de Milan, l'autre en Normandie, m'ont dispensé de publier, et privé mes amis lecteurs du partage, d'une réaction à chaud, sur le second tour passionnel des élections régionales françaises. Livrons donc aujourd'hui une version de ces réflexions sans doute lestées d'un peu de recul.

    Ne cherchons pas inutilement à nous satisfaire de la défaite de second tour de nos adversaires socialistes. Elle n'a pas suffisamment sanctionné leur nuisance. Et elle pourrait, malgré leur discrédit dans l'opinion, ne pas demeurer définitive.

    La diversité des oppositions classées à droite est un fait. Hollande a jugé stratégique en vue de sa réélection, seule pensée coutumière à un élu républicain, de les scinder en deux blocs antagonistes, tirés chacun de leur côté par leur frange extrême et caricaturale.

    Ainsi, telles listes arrivaient en tête dans 6 régions sur 12. Ce n'était pas pour rien le 6 décembre : ce n'est pas pour rien non plus, si le 13 décembre aucun essai n'a été transformé. La matière explosible reste intacte. Mais la mèche a été maniée maladroitement, en assortissant certaines positions sectaires d'une emphase contre-productive.

    Ceci a d'ailleurs conforté leurs confrères en sectarisme, et néanmoins voisins. Ces gens semblent redécouvrir toute la nuisance dont étaient capables leurs prédecesseurs : "nous ne sommes pas morts, disaient-ils après la liquidation de la CED en 1954, puisque nous pouvons encore détruire."

    Et, 60 ans plus tard, Hollande, méthodique destructeur du pays, se frotte les mains de telles surgeons.

    Un jour plus lumineux pourrait poindre dès que les chefs de file imposés, les coulissiers et autres rédacteurs de programme coupés du réel, apprendront à ne plus se contenter de flatter le mécontentement structurel des électeurs, et à proposer enfin une vraie plateforme réaliste d'évolution de la France vers la liberté.

    On observera aussi l'inquiétant glissement de l'aile gauche de la majorité présidentielle de 2012 vers un recours au vote communautariste.(1)⇓

    Le cas de la Corse ne peut pas non plus être passé, comme le font négligemment les médias, par pertes et profits : après l'Italie, la Belgique, la Grande Bretagne et l'Espagne, la république jacobine se trouvera désormais en présence d'une contestation séparatiste qui s'est bel et bien emparée d'une région.

    Sans vouloir comparer nos politiciens à Napoléon Bonaparte, on se souviendra aussi que c'est dans la retraite que les génies tactiques se révèlent peut-être plus encore que dans l'offensive. On cite ainsi classiquement sa campagne de France de 1814. En cela, donnée au départ pour vouée au désastre, la gauche qui détenait, à la seule exception sur de la droitière Alsace, la quasi totalité des régions continentales ancienne manière, se tire assez bien d'affaire.

    Elle devait tout perdre, elle le méritait. Elle conservera cependant l'exécutif de 5 régions sur 12. Elle a, de plus, rappelé à ses électeurs que sa partie la plus critique, la plus turbulente, la plus engagée, celle qu'on nomme parfois la gauche de la gauche, ne peut survivre que satellisée par le parti de gouvernement. À remarquer quand même que dans les régions où elle s'est ralliée à la droite républicaine, elle perd tout.

    Le Figaro au lendemain du second tour ne semblait pas mécontent. Il considère que "le PS subit un nouveau revers mais limite la casse". Peut-être aurait gagnée à imprimer que "le PS limite la casse mais il subit un nouveau revers".

    Ne laissons pas au politicien nommé Hollande le loisir de transformer ce revers en répit lui permettant de construire sa revanche

    Retrouver la version audio de cette chronique

    JG Malliarakis

    Apostilles

    1. On lira ainsi sur le site de l'Institut d'Histoire sociale la chronique du 14 décembre "Extrême gauche : les régionales, "Ensemble" et la carte du communautarisme"

    http://www.insolent.fr/

  • Les 13 conseillers régionaux Front National des Pays de la Loire

    Les élections régionales ont vu se concrétiser la forte implantation du FRONT NATIONAL dans notre département.

    À l’issue du second tour des élections régionales, ce dimanche soir, ont été élus au conseil régional des Pays de la Loire treize des candidats de la liste du Front national (FN) conduite par Pascal Gannat.

    Le FN avait été représenté au conseil régional des Pays de la Loire sans discontinuer entre 1992 et 2004. Depuis près de douze ans, il n’y avait plus d’élus.

    Dans le département du Maine-et-Loire, trois candidats du FN ont été élus :

    • Aymeric MERLAUD,
    • Monique LIEUMONT-BRIAND,
    • Jean GOYCHMAN,

    Ont également été élus au sein des rangs du FN :

    • En Loire Atlantique, Samuel Potier, Brigite Nédélec, Jean-Claude BLANCHARD, Marguerite Lussaud ;
    • en Vendée, Brigitte Neveux et Alain Avello ;
    • dans la Sarthe, Pascal Gannat, Marie Genévrey et Pascal Nicot ;
    • en Mayenne, Bruno de la Morinière

    La Fédération du Maine et Loire relaiera les prises de positions de ses conseillers régionaux qui seront des acteurs actifs au sein de la nouvelle assemblée.

    Barbara MAZIERES

    http://fn-49.fr/page/4/

  • Régionales : 10 élus de Sens Commun

    Sens Commun présente la liste des ses 10 élus :

    • Sébastien Pilard, élu au Conseil Régional des Pays-de-Loire sur la liste de Bruno Retailleau, Président de Sens Commun, Secrétaire Général du comité des entrepreneurs pour les Républicains.
    • Roch Brancour, élu au Conseil régional des Pays-de-Loire sur la liste de Bruno Retailleau, Adjoint au maire d’Angers en charge de l’urbanisme.
    • Maxence de Rugy, élu au Conseil Régional des Pays-de-Loire sur la liste de Bruno Retailleau, Maire de Talmont-Saint-Hilaire, Vice-Président de la communauté de communes du Talmondais.
    • Anne Anne Lorne, élue au Conseil régional Rhône-Alpes-Auvergne sur la liste de Laurent Wauquiez, Secrétaire Nationale à la Petite Enfance pour les Républicains.
    • Arnaud Le Clere, élu au Conseil Régional d’Ile-de-France sur la liste de Valérie Pécresse, Conseiller municipal de Meudon.
    • Sylvie Piganeau, élue eu Conseil Régional d’Ile-de-France sur la liste de Valérie Pécresse, Adjointe au Maire de Versailles.
    • Caroline Carmantrand, élue eu Conseil Régional d’Ile-de-France sur la liste de Valérie Pécresse, Adjointe au maire d’Asnières-Sur-Seine, en charge de la famille et à la petite enfance depuis 2014.
    • Marie Angélique Latournerie, élue au Conseil Régional Aquitaine Poitou-Charente-Limousin sur la liste de Virginie Calmels, Conseillère Municipale d’opposition à Langon.
    • Thierry Dulière, élu au Conseil Régional de Normandie sur la liste de Hervé Morin. 56 ans, Délégué de la 6e circonscription de Seine-Maritime des Républicains.
    • André-Paul Leclercq, élu au Conseil Régional du Nord-Pas-de Calais-Picardie sur la liste de Xavier Bertrand.

    En Ile-de-France, Valérie Pécresse a nommé 15 vice-présidents et 6 conseillers en charge de dossiers stratégiques : aucun n'est membre de Sens Commun.

    Michel Janva

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Faux prophètes, faux messies, vrais menteurs !

    La percée du FN leur fait-elle perdre le sens commun, la retenue la plus élémentaire ? Depuis que le journaliste militant anti FN Renaud Dély a établi un parallèle oiseux entre le FN et l’Etat islamique, cette analyse assez répugnante a fait florès dans les rangs des adversaires de l’opposition nationale. En réponse à une nouvelle attaque sur ce mode comparatif,  émanant de Jean-Jacques Bourdin sur BFM-RMC,   Marine a publié sur son compte Twitter des photos des exactions commises par  les fous d’Allah…Que n’avait-elle pas fait ! Les médias  qui ont diffusé en septembre  la photo du petit Aylan Kurdi, noyé sur une  plage turque, pour appeler à l’accueil massif des migrant en Europe,  les membres de ce gouvernement qui a armé et soutenu les djihadistes massacreurs pour liquider le régime laïque syrien,  jouent aux vierges effarouchées ! Ils  se piquent désormais de nous donner des leçons de bon goût…on aura tout vu, tout entendu! Et pourtant comme le souligne Bruno Gollnisch, «ne nous montre-t-on pas très souvent films et photos insoutenables de victimes du nazisme pour nous en rappeler l’horreur ?  Ou des photos des victimes de Hiroshima pour illustrer les ravages de l’arme atomique ?»

    Manuel Valls, tremblotant de colère, voire de haine,  ne se contente pas  de promettre la guerre civile aux mauvais Français qui votent FN. Comme l’a encore  relevé Bruno Gollnisch dans untweet, avec son complice Bernard Cazeneuve «ils veulent nous faire endosser les exactions islamistes que nous seuls (au FN, NDLR)  avions prévues et dénoncées. Les misérables… ». « Cazeneuve et Valls horrifiés ? Pas par le parallèle de Bourdin entre Daesh et le FN. Mais par le fait qu’ on leur montre la réalité. Nul… ».

    Le journaliste de France 3, Hervé Ghesquière, prend la pose du moraliste et s’est lui aussi fendu d’une attaque  en règle, sous la forme d’une lettre ouverte à Marine Le Pen,  publiée notamment par Le Monde.  Enlevé avec son collègue Stéphane Taponier fin décembre 2009 en Afghanistan, dans un  secteur non sécurisé à la recherche de contacts avec les talibans, MM. Ghesquière et  Taponier  furent libérés contre rançon en 2011…et au cœur alors  d’une polémique.   Ils furent  en effet   très critiqués  pour n’avoir pas tenu compte des  avertissements répétés, et qui leur furent directement et nommément adressés  par l’armée française, la veille même de leur enlèvement. 

    Dans sa «lettre », Hervé  Ghesquière se livre à une mauvaise compilation de tous les poncifs et récents  axes d’attaque contre la présidente du FN :  « Ma réaction est d’abord celle d’un citoyen outré par tant de bassesse (…). En politique, vous estimez certainement que tous les coups sont permis. La provocation est une arme que vous utilisez sans cesse. L’héritage paternel sans doute. Votre tactique est de faire parler de vous, en bien ou en mal, à chaque instant. L’essentiel est de saturer l’espace médiatique (…). L’Etat islamique se sert en France du Front National qui prône la division, la suspicion envers les musulmans, les étrangers et classe les citoyens en catégorie. Et le Front National utilise la monstruosité de Daech pour attiser la peur. Finalement, l’un se nourrit de l’autre. L’utilisation de ces photos est une abomination, une atteinte à la dignité humaine et une insulte à toutes les victimes du terrorisme. Votre terreau Marine Le Pen est la misère du monde, votre moteur la haine des autres. Jusqu’à la nausée. »

    Cette mauvaise prose, sorte de synthèse pas très finaude  entre les fiches  anti FN descommunicants de Matignon, la pensée d’un  Enrico Macias ou d’un  BHL, est certes affligeante  mais est-elle étonnante ? Yves Debay,   grand  reporter de guerre, journaliste reconnu dans les milieux militaires,  dirigeant du  magazine Assault, ancien de chez  Raids,  tué à  58 ans sur le terrain à Alep (Syrie)  en 2013 , ne mâchait pas ses mots sur le personnage .

    Le site fdesouche le rappelle, «(Yves Debay critiqua) très sévèrement la conduite de Taponier et de Ghesquière durant leur séjour en Afghanistan, parlant d’ imbécile ambition des héros  et voyant les causes de l’enlèvement dans leur  mélange d’anti militarisme… additionnée d’une recherche malsaine du sensationnel (ayant) mené au drame de cette prise d’otage qui a causé mort d’homme. Il évoque également le coût payé pour la libération des deux journalistes (montant avancé de 20 millions d’euros) et les 17 chefs talibans libérés à cette occasion ».

    Quand on monte au cocotier il faut avoir la culotte propre  comme le souligne un sage proverbe antillais…  Ce qu’a oublié également Stéphane Richard, patron d’Orange. Dans un entretien aux Echos paru le  10 décembre, entre les deux tours des élections régionales, M. Richard déclarait la guerre à l’opposition nationale : «Il faudrait expliquer aux électeurs FN que, si ce parti accède au pouvoir, cela aura des conséquences immédiates et graves sur l’image de la France à l’étranger: cela rejaillira sur les investissements et sur les marques » disait-il,  avant de se prononcerpour  la création d’un fond d’un milliard d’euros pour mener notamment  «des campagnes anti-FN.»

    Le dernier «coup d’éclat» de Stéphane Richard, on s’en souvient,  datait d’il y a six mois  quand  il avait déclaré  au Caire, le  3 juin,  que si cela était possible il cesserait les  activités d’Orange enIsraël. Une déclaration alors  assimilée à une demande de boycott qui lui avait valu de se faire gronder très fort  par Nicolas Sarkozy   et Benjamin Netanyahou. Bien  sûr, M. Richard  n’avait pas tardé à revenir sur ses propos, acceptant même de se faire humilier publiquement  en se rendant à Tel-Aviv  où il présenta ses excuses au Premier  ministre.

    Un mois auparavant, le 21 mai, autre facette de notre PDG antifrontiste, Stéphane Richard, déjà poursuivi en 2013 pour «escroquerie en bande organisée » dans l’affaire Tapie, était de nouveau été mis en examen, pour le chef de «complicité de détournement de fonds publics par une personne privée», en l’espèce Bernard Tapie lui-même. Le patron d’Orange est cité dans cette carambouille judiciaire en tant qu’ex directeur de cabinet de Christine Lagarde, alors ministre de l’économie, actuellement directrice générale du FMI.

    Comme le monde est petit !  Ce même Bernard Tapie,  condamné le  3 décembre à rembourser plus de 404 millions d’euros dans l’affaire de la cession d’Adidas, voit certainement d’un bon œil  les initiatives antinationales de  son ami Stéphane Richard. L’ex député des Bouches-du-Rhône  etministre de la Ville de Mitterrand, ex soutien de Sarkozy,  vient d’annoncer dans un entretien   auJournal du dimanche qu’il a «décidé de revenir en politique»,   vu le «signal d’alarme» du résultat des régionales.

    Entre plaidoyer pro domo et étalage de lieux communs, l’actionnaire du quotidien  La Provence,  avec son sens habituel  de l’esbroufe, dit vouloir «mettre sur pied, d’ici à fin janvier, un premier projet pour la remise en activité de tous les 18 à 25 ans» et remettre ce «plan aux chefs de groupe de l’Assemblée nationale, du Sénat, et aux ministères concernés».   Il faut, dit-il, que les politiques «apportent des remèdes aux causes» des problèmes des électeurs FN, à commencer par le chômage, surtout «des jeunes, les plus nombreux à voter FN».

    Les  remèdes de M. Tapie pour l’emploi  et pour contrer le vote FN? Mediapart rappelle qu’il fut « redresseur d’entreprise plus prompt à licencier qu’à embaucher », « un  terrasseur  du Front National qui a affirmé sans rire que  Moi, vivant, le FN n’atteindra jamais les 20% , bref… Tapie c’est un Messie…. mais si… mais si ! »

    Un faux messie volant au secours d’un Système se vautrant  dans l’inversion des valeurs, de faux prophètes lançant l’anathème sur ceux qui luttent pour la noble et belle cause de la renaissance nationale,  rien de bien étonnant au final…

    http://gollnisch.com/2015/12/21/faux-prophetes-faux-messies-vrais-menteurs/

  • Les élites paniquent

    Leur impuissance est structurelle, et pas seulement le fruit d’une décrépitude politique. Et les yeux de nos concitoyens se décillent.
    À regarder les « journaux télévisés » de tous bords, on constate que l’auto-intoxication se poursuit inexorablement.
    L’explication du vote FN ? Le chômage. Du reste, les cartes du vote FN et de Pôle emploi se superposent.
    Immigration remplaciste, islam conquérant, insécurité, laxisme généralisé, défaillance de l’État, question de l’identité française ou même souveraineté perdue ? Circulez, cela n’a rien à voir – contre toute évidence.
    Sa consistance ? Fragile, ce n’est qu’une réaction de colère, un vote de protestation – sous-entendu : réglons le problème social et la baudruche se dégonflera (c’est bien connu : son programme est un tissu d’âneries dangereuses, un galimatias pour gogos ; et les autres sont des champions).

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  • Pour lutter contre le FN, ils nous ressortent Tapie

    Ruiné au terme de 20 ans d’un bras de fer judiciaire qu’il a successivement un peu gagné, un peu perdu, beaucoup gagné, et finalement entièrement perdu? Bernard Tapie annonce son retour en politique afin de lutter contre le FN. Voilà une idée politique ! Et le bien commun ? Le chômage ? L'insécurité ? Non : la lutte contre le FN constitue un programme à part entière. Mais avec quel argent puisqu'il est ruiné ? Il laisse une ardoise à 404 millions d’euros… dont le règlement se décidera à Bercy et à l’Élysée. Pas besoin d'être prophète pour comprendre qu'il ne paiera pas.

    En 2010, Bernard Tapie déclarait ironiquement qu'il voyait régulièrement Jean-Marie Le Pen dans les années 1990 :

    « Evidemment, et pas qu’en 1993, on est des vieux copains. Il faut savoir qu’on se voyait régulièrement parce qu’on jouait au poker ensemble à peu près une fois par semaine à Versailles, chez lui. Mais pas pour parler de politique, on est des copains, on parle ensemble.

    — Vous blaguez, là...

    — Non, pas du tout. Quand il était à Marseille, on faisait presque tous les jeudis des tournois de tennis-ballon au stade Vélodrome. On se voyait sans arrêt.

    — Sérieusement...

    — Non, mais sérieusement. Pourquoi voulez-vous que je le vois pour les élections, puisque le soir même du premier tour, il avait annoncé qu’il laissait tous ses candidats présents ? Donc il n’y avait pas de raison que je le vois pour autre chose que pour une grande amitié.

    Quand je le traitais de “gros con”, c’était uniquement pour amuser la galerie. Un jour, j’ai dit aussi que c’était un salaud. Tout ça, c’était de la comédie.

    — Evidemment vous le prenez sur le ton de l’humour..."

    Michel Janva

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Élections régionales : bâtir l’arche nouvelle (article paru dans L’Action Française n°2922, 18 décembre 2015)

    Les succès électoraux du Front national doivent être mis en rapport avec l’abstention : son ampleur illustre la faillite d’un régime politique dont les acteurs prétendent pourtant tirer leur pouvoir du peuple.

    On peut lire ces élections régionales de plusieurs manières. Se satisfaire par exemple du vote nationaliste, qui consacre le Front national comme premier parti de France, en voix, et savourer – ou non – que l’abstentionniste qui vote se révèle FN autant que LR ou PS (là où l’abstention est faible, le FN progresse, sur plusieurs élections). On peut aussi remarquer que l’abstention a tendance à dépasser la moitié du corps électoral potentiel ; potentiel, car il y a plusieurs millions de non-inscrits [1], angle mort des commentateurs.

    Brevet de citoyenneté

    Dans le premier cas, on constatera que ce vote exprime un souhait que les institutions ne veulent pas réaliser ; dans le second, on s’interrogera sur un régime qui se satisfait d’être si peu représentatif qu’il envisage même de ne plus l’être du tout. Car au fond, expliquer qu’il est légitime que le plus grand parti, celui qui rassemble le plus grand nombre de Français – le plus démocratique, donc –, ne soit pas le vainqueur et ne doive pas l’être, c’est bien assumer que le peuple n’a rien de nécessaire dans l’exercice du pouvoir, que la représentativité est soumise à une loi plus haute, et que la République n’accepte d’être fille que de ceux qu’elle a élus elle-même, décernant un virtuel brevet de citoyenneté. Les dernières élections confirment que la République est toute entière aux mains d’une caste qui refuse que le pouvoir soit transmis. D’une élite qui ne veut pas être régénérée mais qui veut se perpétuer, tirant de son seul sein (bourgeoisie urbaine bien éduquée et fonctionnarisée) ses nouvelles forces. Alors que le FN est le seul parti à proposer à des ouvriers d’être élus (aux départementales de mars dernier, sur quatre-vingt-dix-sept candidats ouvriers, il y en avait quatre-vingt-huit au FN), le seul, surtout, à ne pas proposer des “professionnels de la profession”, le seul, en fait, à repolitiser les électeurs perdus ; ce qui jette un jour nouveau sur les méfaits qu’on lui prête : là où l’abstention permettait d’imaginer une démocratie sans peuple, le voilà qui remobilise et relégitime le peuple, au grand dam des antipopulistes. Mieux encore, et au-delà de lui-même, il génère une forte augmentation du vote blanc et nul : Jérémie Moualek notait dans Marianne, le 14 décembre, que près de 5 % des votants avaient choisi d’exprimer une incapacité ou un refus de choisir, mais avaient surtout choisi de ne pas s’abstenir. Résultat remarquable, c’est dans les deux régions où le FN risquait de l’emporter (Paca et NPCP) que ce vote a été le plus élevé, dépassant les 7 % ! Comme il y a peu de chances que les électeurs du FN aient décidé de “mal” voter au deuxième tour, ce sont donc les électeurs de gauche qui ont refusé et le Front national et le front républicain. [....]

    Philippe Mesnard

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    http://www.actionfrancaise.net/craf/?Elections-regionales-batir-l-arche