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entretiens et videos - Page 904

  • Après 1 an, le mouvement des veilleurs est toujours bien vivant

    Axel Noorgard Rokvam, l'un des fondateurs du mouvement des Veilleurs, déclare au Figarovox :

    "Les veillées ont commencé grâce à la mise en place de la «loi Taubira» et le comportement scabreux des autorités politiques et préfectorales face à un mouvement populaire d'une consistance inédite dans notre histoire, tant sur le fond que sur la forme. Dans l'agacement général et face à la tentation de l'insurrection, nous nous sommes souvenus que «le bien ne fait pas de bruit» et que «le bruit ne fait pas de bien» (Saint François-de-Sales) et avons décidé d'organiser des veillées, assis calmement sur les places publiques pour «redevenir humain»selon le mot de Georges Bernanos.

    Je pense que les veillées sont avant tout le signe visible d'un mouvement de l'âme, d'une aspiration à davantage de justice dans une sociétéoù l'illusion, en toutes choses, prend le pas sur la réalité et où la notion de justice est pervertie. Les événements politiques ont suscité ou ressuscité chez de nombreuses personnesla prise de conscience d'une responsabilité personnelle face au délitement du sens de l'homme et la dissolution du lien social, à commencer par le lien familial.Partant de l'idée avancée par Emmanuel Levinas que «nous sommes tous coupables de tout et de tous devant tous, et moi plus que les autres» (Les frères Karamazov, Fedor Dostoïevski), les veillées sont pour nous une réponse possible à cette prise de conscience. Elles sont ouvertes à tous, gratuites, non-confessionnelles et non-partisanes.

    Quelle vision de la société défendez-vous? A quoi cela sert-il de veiller?

    Comme l'a si bien écrit il y a quelques mois Gaultier, un veilleur de Lyon: «Nous ne sommes ni un groupe de prière ni un meeting partisan, nous n'avons ni morale ni programme à asséner. Nous ne sommes pas des gardiens de musée, des conservateurs de l'ancien monde, ni même simplement des indignés. Nous sommes des amoureux de la vie, c'est-à-dire de ce qui se transmet

    Veiller, c'est sortir de son confort idéologique pour affronter la réalité. «Si rien n'est sacrifié, rien n'est obtenu», écrivait Hélie de Saint-Marc. La veillée est une main tendue à la société, un risque que le veilleur prend en donnant une part de lui-même, qu'il s'agisse d'un témoignage, d'une pensée philosophique, d'un talent musical ou d'une présence attentive. Les veillées ont le souci d'éveiller les consciences et de mener à l'engagement personnel par le biais de la rencontre. Nous espérons que naissent des liens entre les personnes présentes, ou au-delà, avec ceux qui nous ignorent et nous voient ou ceux qui nous connaissent et ne nous comprennent pas. Dans une société post-moderne où la «liberté» ne consiste plus à s'unir mais à se distinguer, unir les personnes autour d'un témoignage ou d'un poème a certes une portée politique, mais elle ne vient qu'en surcroît de la rencontre. Don Luigi Giussani disait que «les forces qui changent le cours de l'histoire sont les mêmes que celle qui changent le cœur de l'homme». Il y a quelque chose de plus qui ne s'explique pas, qui se déroule à l'intérieur et que l'on ne ressent qu'assis, humblement, parmi les veilleurs, et qui permet de dépasser la seule émotion de la rencontre et de s'engager.

    Le réseau s'est étendu au fil du temps, à près de 200 villes aujourd'hui. Comment cela fonctionne-t-il?

    Pour quantifier le mouvement, il serait plus pertinent de parler d'une cinquantaine de veillées par semaine en France, un nombre stable malgré une diminution du nombre de personnes dans les veillées dans le cœur de l'hiver. La question de l'organisation intrigue souvent, car on n'ose plus croire qu'un tel mouvement puisse apparaître spontanément et durablement. Pourtant, après la première veillée à Paris, nous avons seulement cherché à prendre contact avec les personnes qui organisent des veillées partout en France pour les relayer sur notre site internet. Chaque ville agit de manière autonome. A Paris, nous sommes une poignée de jeunes devenus amis et nous organisons environ une veillée par mois. Exceptionnellement, nous avons proposé à toutes les villes de veiller simultanément ce mardi 8 avril.

    Quel bilan peut-on tirer de cette première année? Est-ce un mouvement appelé à durer?

    Nul n'est en mesure d'établir un bilan exhaustif de ce qu'il s'est passé au sein d'environ 3.000 veillées (selon mon calcul). Je sais qu'à Paris, des personnes ont pris des engagements politiques, crée des associations au service du bien commun, des vies ont été «renouvelées». Deux mariages sont même prévus pour cet été, à la suite d'une rencontre au sein des veilleurs !

    Un an après son apparition, le mouvement semble toujours bien vivant. Il s'est même exporté en Italie où les «sentinelles» se réunissent par centaines sous une forme légèrement différente. En Espagne, à Madrid, des jeunes veulent aussi se lancer. Tout me laisse penser que cette forme de réappropriation de l'espace public s'installe durablement. En France, je pense que si le mouvement parvient à s'unir régulièrement autour de veillées nationales, il peut durer bien au-delà des contingences et mandats politiques passagers qui lui ont permis de naître.

    On entend souvent dire qu'il n'y a «plus de raisons de manifester». C'est bien mal connaître ce que font les veilleurs. Il suffit d'aller s'asseoir parmi eux un soir pour voir que les veillées se sont non seulement émancipées de la seule question de la filiation, mais qu'elles l'ont approfondie et élargies à une plus large réflexion sur l'homme, la liberté, la justice, la vie et la mort. Mardi soir, le thème de la veillée à Paris, place Saint- Michel, sera «Culture et démocratie»."

    Michel Janva

  • La « société civile », tarte à la crème des temps modernes…

    Entretien avec Alain de Benoist réalisé par Nicolas Gauthier

    La « société civile » est en train de devenir un nouveau mantra, que l’on dit susceptible de régénérer la vie politique. Mais au fond, c’est quoi, la société civile ? La société tout court ?

    Le fait est qu’on entend souvent dire que la « classe politique est dépassée » et que c’est à la « société civile » d’en prendre le relais. Politologues et sociologues rivalisent avec les grands organismes internationaux pour annoncer la renaissance de la « société civile » et en célébrer les vertus (compétence, expérience du terrain, liberté, créativité, etc.). Le problème, c’est qu’il s’agit d’une notion fondamentalement ambiguë et qui, surtout, n’a cessé d’engendrer au cours de son histoire des significations totalement opposées. Et les choses se compliquent encore sous l’influence de la langue anglaise, où « civil » (comme dans « civil rights ») peut aussi bien se traduire par « civique », ce qui achève de nous égarer.

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  • Interview de Pascal Marchand, spécialiste de la géopolitique de l'Europe et de la Russie

  • "L'Imperium contre le mondialisme" - entretien avec Gabriele Adinolfi

  • Ces Juifs de France qui ont collaborés

    « Ce sont surtout des Juifs assimilés et très attachés à leur citoyenneté française qui vont mettre le doigt dans l’engrenage d’une collaboration avec les autorités de Vichy »
    (d’après l’avant-propos de Jean-Claude Valla publié dans son livre Ces Juifs de France qui ont collaboré, « Cahiers Libres d’Histoire n°8  », éditions Dualpha).
    Des Juifs ont-ils réellement collaboré durant la IIe Guerre mondiale ?
    Les sionistes ont flirté avec l’antisémitisme qu’ils considéraient volontiers comme leur meilleur allié contre l’assimilationnisme. Dans un discours prononcé en 1960 à l’ouverture du Congrès juif mondial, le Dr Nahum Goldmann, son président, semblait encore regretter que « la disparition de l’antisémitisme classique » ait eu « un effet très fâcheux » sur le comportement des Juifs. Pourtant, ce sont surtout des Juifs assimilés et très attachés à leur citoyenneté française qui vont mettre le doigt dans l’engrenage d’une collaboration avec les autorités de Vichy et, en zone occupée, avec le service antijuif de la SIPO-SD.
    Paradoxalement, des antisémites ont choisi la Résistance ou la France libre ?
    Oui, tandis que des Juifs ont reconnu la légitimité du gouvernement de Vichy et fait preuve d’une totale loyauté à l’égard du Maréchal. Il s’en est même trouvé quelques-uns, comme Kadmi Cohen, pour collaborer avec le Commissariat général aux Questions juives et apporter une contribution à la législation antisémite, en attendant que soient réunies les conditions d’un retour en Palestine. Kadmi Cohen était un sioniste intégral, parfaitement logique avec lui-même.
    Une large part de ce cahier est précisément consacrée à l’Union générale des israélites de France (UGIF) ?
    C’est un organisme où des Juifs ont accepté, bon gré mal gré, d’exercer des responsabilités. Les lecteurs ne seront pas surpris que Jean-Claude Valla se soit abstenu de tout manichéisme pour étudier un sujet aussi complexe. Il aurait pu reprendre à son compte les graves accusations portées contre les dirigeants de l’UGIF par Maurice Rajsfus dans plusieurs de ses livres et relancer ainsi la polémique. Fils de déportés juifs, Rajsfus n’était pas suspect d’antisémitisme. S’il avait mis les pieds dans le plat, c’était sûrement à bon escient.
    Ces Juifs qui ont collaboré ont-ils été inquiétés à la fin de la guerre ?
    Aucun rapport avec les condamnations qui ont frappé les goyim engagés dans le même combat. Combien de Français qui n’étaient pas de confession ou de culture israélite ont été fusillés, abattus comme des chiens, lourdement sanctionnés ou mis au ban de la société pour avoir voulu, eux aussi, ruser avec l’ennemi et sauver ce qui pouvait l’être ? Or, à l’exception de Joseph Joinovici qui a bénéficié d’un traitement de faveur et d’un supplétif de la Gestapo, moins chanceux, qui a été condamné à mort et exécuté, aucun Juif suspecté de collaboration n’a été traduit devant la justice. Ce sont des jurys d’honneur mis en place par le Conseil représentatif des Juifs de France qui ont jugé les suspects en catimini et les ont systématiquement acquittés. Ainsi furent soustraits aux lois communes de la République les ressortissants d’une communauté qui ne cesse d’en invoquer les mânes.
    _ Jean-Claude Valla, (1944-2010) a été le premier directeur de la rédaction du Figaro Magazine et l’auteur de nombreux livres d’histoire. De même, il fut le directeur de Magazine Hebdo (1983-1985) avant de diriger La Lettre de Magazine Hebdo. Ancien collaborateur d’Historia, d’Historama, du Miroir de l’histoire et d’Enquête sur l’histoire, il collaborait depuis 2002 à la Nouvelle Revue d’Histoire de Dominique Venner. Il fut président d’honneur du Comité français des fils et filles de victimes des bombardements de la IIe Guerre mondiale (2001-2005).
    Ses « Cahiers Libres d’Histoire ont, dès leur parution, rencontrés un énorme succès qui ne se dément pas et sont sans cesse réédités.
    www.francephi.com.

  • L'historien face à l'économie. Entretien avec Goff Le Jacques, historien.

    Propos recueillis par Sylvain Allemand
    Historien médiéviste, Jacques Le Goff est l'un des principaux héritiers de l'école des Annales, qui a révolutionné l'approche historiographique.
    En quoi l'histoire de la pensée économique a-t-elle été utile à vos travaux de médiéviste ?
    Sans être un spécialiste de cette pensée, j'y ai consacré de longs développements dans deux de mes livres: Marchands et banquiers au Moyen Age (1956) et La Bourse et la vie (1986), qui a pour sous-titre "Economie et religion au Moyen Age". J'appartiens par ailleurs à une génération d'historiens et à un mouvement historiographique (les Annales) qui ont accordé à l'économie et à la pensée économique un intérêt notoire par rapport aux historiens traditionnels. Cependant, en tant que médiéviste, je m'intéresse à une période où le fait économique à proprement parler et la pensée économique proprement dite tiennent peu de place et dont on peut même dire, à la limite, qu'ils n'existent tout simplement pas en tant que tels. Ainsi que l'a montré le théoricien américain d'origine hongroise Karl Polanyi, qui m'a personnellement beaucoup marqué, ce qui relève de ce que l'on appelle aujourd'hui l'économie était "encastrée" dans le social.
    Même si cela ne m'a pas empêché de prendre en considération l'économie, je suis convaincu qu'il n'y a pas eu de pensée économique autonome au Moyen Age. En cela, je me démarque d'autres historiens qui, comme Raymond de Roover par exemple, ont jugé utile de parler de pensée économique pour cette période. Il me semble que c'est un anachronisme. Au Moyen Age, quand on parle d'économie, en particulier à partir du XIIIe siècle, c'est uniquement au sens aristotélicien du terme, c'est-à-dire d'oikonomia qui, en grec ancien, signifie la gestion de la maison. Et s'il existe des réflexions d'ordre économique, elles s'inscrivent dans la pensée scolastique en général.
    Prétendre trouver une pensée proprement économique est une erreur de perspective. Cependant, des opinions élaborées sur des phénomènes que nous qualifierions aujourd'hui d'économiques peuvent se trouver dans la pensée scolastique. A cet égard, un des scolastiques tardifs les plus intéressants est l'archevêque de Florence, Augustin: au début du XVe siècle, dans sa somme théologique, il étudia avec une grande acuité une notion particulièrement importante en économie, la valeur.
    C'est pourtant au Moyen Age que l'on doit des innovations économiques importantes comme, par exemple, la lettre de change…
    Elle voit en effet le jour au cours du Moyen Age, mais elle apparaît dans un contexte particulier et dans un tout autre horizon. Tout en ayant indéniablement une valeur financière, elle était d'abord considérée et utilisée comme un instrument de circulation des marchandises, plus que comme un instrument proprement économique. On peut dire la même chose de la monnaie, que la science économique moderne a annexée comme objet d'étude. Au Moyen Age, les frappes monétaires ont joué, comme les pratiques de crédit et de change ou encore les mutations monétaires, un rôle extrêmement important, mais en revêtant encore une fois des significations où se mêlent l'économique, le politique et le culturel. Les économistes ont eu tendance à réduire la monnaie à un instrument d'échange artificiel, alors que l'on sait très bien - si on lit les anthropologues et les ethnologues - qu'il y eut des monnaies d'échange de tout autre nature que celles que nous connaissons. Un historien spécialiste du XVIIe siècle, Jean Meuvret, auquel on ne fait pas à mon sens une place suffisante dans l'historiographie, s'était précisément employé à penser la monnaie dans une perspective qui n'était justement pas strictement économique.
    La mise en perspective historique des faits et des instruments économiques permet de faire apparaître des continuités, mais aussi leurs significations particulières selon les contextes. Et éviter ainsi la tentation d'une vision par trop linéaire de l'histoire des faits comme de la pensée économique à laquelle ont trop souvent recours les économistes d'aujourd'hui.
    Alternatives Economiques Hors-série n° 073 - avril 2007
    Source : Alternatives économiques : http://www.alternatives-economiques.fr/l-historien-face-a-l-economie_fr_art__6115.html
    http://www.voxnr.com/cc/dh_autres/EFAyVlEyFlLjlMuOyn.shtml

  • Monot (FN) : «Valls se heurtera rapidement aux obstacles économiques»

    Conseiller économique de Marine Le Pen et tête de liste du Front national aux élections européennes (région Centre), Bernard Monot estime que le nouveau premier ministre est dans une impasse.
    LE FIGARO. - Vous estimez que le nouveau gouvernement de Manuel Valls se trouve dans une impasse économique. Pourquoi ?
    Bernard MONOT. - Le premier problème est celui de la compétitivité de la France, mais aussi celle de l'Europe. Aujourd'hui, le monde entier est en situation de dévaluation compétitive - que ce soit au niveau du dollar, du yen ou de la livre sterling - et seuls les pays de la zone euro ne peuvent pas agir sur le taux de leur monnaie. Tous les gains de compétitivité que nous pourrions imaginer via les sacrifices des Français (réductions de prestations et hausses d'impôts) permettront au mieux de gagner 4%, mais cela ne vaudra jamais une dévaluation interne de la monnaie, qui permettrait de gagner immédiatement 20% de gains de compétitivité. C'est cela qui pourrait entraîner une reprise économique et un retour à l'emploi.
    Vous vous interrogez également sur la possibilité pour ce gouvernement de désendetter la France. Pourquoi ?
    Comment vont-ils pouvoir désendetter le pays ? La dette ne cesse de croître depuis quarante ans. Quant aux déficits, cela fait trente ans que la France n'a pas de budget en excédent. Malgré tous les efforts, et même si l'on atteignait un déficit zéro, nous n'avons pas encore commencé à rembourser un seul euro du stock de dette. Je rappelle que nous allons atteindre 2000 milliards d'euros !
    Que pensez-vous du pacte de responsabilité ?
    C'est la tenue de camouflage de l'austérité. Il faudra bien trouver les 50 milliards d'euros quelque part. En 2012, nous avions modélisé l'irrémédiable évolution de la dette publique et prévu sa croissance suivant cette politique ultra-libérale.
    Que répondez-vous à ceux qui observent pourtant des signes de reprise en Europe, comme en Espagne par exemple ?
    Peut-on appeler cela une reprise, dans ce pays, quand le système bancaire européen privé est au bord du gouffre ? On a oublié aussi l'ensemble des pertes non résorbées depuis la crise de 2008 et qui sont passées hors bilan. Si les banques ne se prêtent pas entre elles aujourd'hui, c'est bien qu'il existe un risque majeur de défaut. On met en place l'union bancaire de toute urgence parce qu'on sent que certaines banques risquent de basculer.
    Quels sont les principaux défis pour Manuel Valls ?
    D'abord l'emploi. Avec une inflation aussi basse, le chômage ne peut qu'exploser. C'est l'analyse faite par le FN en posant la problématique de l'euro. En taux réel, cette inflation n'a jamais été aussi basse depuis très longtemps. Actuellement, la zone euro est à 0,5% d'inflation. Nous ne sommes donc pas loin de passer en déflation, synonyme de catastrophes sociales. Le deuxième défi sera celui du pouvoir d'achat des Français qui va diminuer. Dans le prolongement, on peut imaginer les problèmes de sécurité apparaissant dans un pays qui s'appauvrit.
    Comment analysez-vous cette nomination à Matignon ?
    J'ai l'impression de voir un gouvernement de cohabitation entre un président social-démocrate et un Manuel Valls qui pourraient très bien faire partie du personnel de l'UMP. La politique macroéconomique de cette coalition UMPS sera la feuille de route d'une Union européenne inféodée aux marchés financiers.
    Selon vous, quelles actions prioritaires la France devrait-elle lancer sans attendre ?
    Ouvrir un sommet de la zone euro avec les dix-huit pays membres. Il faut mettre sur la table le problème de la monnaie surévaluée qui obère la croissance économique et provoque la désindustrialisation, à l'exception de l'Allemagne qui fait de la dévaluation compétitive territoriale. Ce sommet permettrait de passer aux monnaies nationales, dans la douceur et pas dans la douleur, tout en gardant un euro monnaie commune. Il faut absolument avoir la possibilité d'agir, au niveau national, sur la politique monétaire et sur la politique de change.
    Source

    http://www.oragesdacier.info/

  • « La nation, ce concept géopolitique fort, n'est pas d'essence populiste »

    Entretien avec Yves Lacoste par Christian David

    Géopolitologue de renom, le père de la revue "Hérodote" soumet l'actualité à sa grille de lecture, qui voit les espaces, les territoires et les frontières cristalliser les rivalités de pouvoir.
    À 84 ans, Yves Lacoste reste toujours passionné par le sujet de sa vie, la géopolitique. Ce docteur et agrégé en géographie né au Maroc est un adepte du travail de terrain, en Afrique du Nord et au Vietnam notamment. Un temps membre du PCF et partisan de l'indépendance de l'Algérie, il devient professeur à la bouillonnante université de Paris VIII-Vincennes en 1968, où il créera Hérodote en 1976, première revue de géopolitique où se croisent les regards de l'histoire et de la géographie pour analyser l'espace et le temps du monde. La même année, il publie chez Maspero La géographie, ça sert, d'abord, à faire la guerre, un ouvrage détonnant (réédité cette année par La Découverte).
    Soucieux de la précision des termes, il se considère moins comme un géopoliticien que comme un géopolitologue, et s'interroge sur des questions comme les frontières de l'Union européenne, les effets du réchauffement climatique, le conflit ukraino-russe ou l'idée de nation.
    Vous êtes l'un des précurseurs du concept de géopolitique omniprésent dès que l'on aborde les questions de diplomatie et de développement économique. Quelle en est votre définition ?
    Est géopolitique, à mon sens, tout ce qui est rivalité de pouvoir sur des territoires. J'ajouterais que ces questions ne concernent pas forcément de très vastes territoires. Des questions géopolitiques peuvent dégénérer en conflit autour de très petites zones. Le conflit israélo-palestinien porte sur des territoires limités qui n'avaient a priori pas de valeur économique déterminante, même si, récemment, on a découvert des gisements de gaz et de pétrole au large des côtes d'Israël, de la Palestine et du Liban.
    Ces rivalités de pouvoir se cristallisent autour de données pas nécessairement objectives et de questions pas purement stratégiques, mais aussi autour de ce que j'appelle, à tort ou à raison, les représentations de soi ou des autres. Ce territoire est à moi, parce que des gens, dont je me considère être le descendant, y ont vécu. Cette représentation peut être fondée, démontrée ou tout à fait illusoire. Généralement, chaque camp a tendance à sous-estimer la valeur de la représentation de la partie adverse, considérant qu'elle est fausse, secondaire ou dépassée.
    Cela conduit à des dialogues de sourds qui peuvent paraître sans grand intérêt à des tiers, mais susceptibles d'aboutir à des violences extrêmes, comme on l'a vu dans l'ancienne Yougoslavie. Là-bas, des gens se sont entre-tués pour des plateaux peu peuplés, sans valeur agricole ou stratégique, parfois, pour des cimetières. Il n'est pas question d'abandonner une partie de son espace à des musulmans, à des catholiques ou à des orthodoxes, alors que l'on pensait que les problèmes religieux avaient été dépassés dans l'ex-Yougoslavie.
    L'Europe, deux fois au centre de conflits mondiaux au XXe siècle, s'est transformée en une zone d'union à 28 pays. Quelle lecture faites-vous cette nouvelle Europe ?
    Certains analysent aujourd'hui la création d'une Europe unie comme ayant été le moyen d'empêcher le retour des conflits. Mais il faut conserver en mémoire que cet ensemble s'est constitué à l'origine sans qu'il s'agisse d'une union, mais d'une entente commerciale, héritière de la Communauté européenne du charbon et de l'acier. Il est intéressant de noter que les principaux protagonistes de ce mouvement, la France et l'Allemagne, n'étaient à l'époque ni l'une ni l'autre en position glorieuse au regard de leur puissance passée: la France avait subi la défaite de 1940 et l'Allemagne, celle de 1945, avec en outre la découverte de l'horreur qu'avait été la politique d'extermination de populations.
    On a pensé des deux côtés du Rhin que le commerce et la prospérité retrouvée permettraient aussi de reconquérir un poids institutionnel. Les diplomates ont invité d'autres Etats pour bâtir une Europe des Six qui restait dans le domaine du raisonnable. Ont été ajoutés ensuite d'autres partenaires, au début pour des raisons économiques, comme les Anglais, qui ont veillé à ce que cette union ne soit jamais autre chose que commerciale. Je comprends l'intérêt pour les différents Etats de l'UE à bien s'entendre sur le plan commercial et financier, mais cela ne forme pas pour autant un ensemble géopolitique cohérent.
    Ce manque de cohérence pose-t-il pour autant un problème pour l'action ?
    Evidemment, puisque des mesures élémentaires qui permettraient de bâtir un ensemble politique ne peuvent pas être prises. Face à la mondialisation qui entraîne des phénomènes de concurrence d'envergure planétaire, l'Europe est incapable de se défendre. Pour beaucoup de gens, il ne s'agit d'ailleurs pas d'un objectif. L'Allemagne, qui est en position de force pour ses exportations, refuse des mesures de protection qui risqueraient de pénaliser son activité internationale.
    Je ne prône pas le démantèlement de l'Europe, comme certains le proposent, parce que cela entraînerait des conséquences financières considérables pour les pays qui ont adopté la monnaie unique. Mais je me rends compte que, face au poids nouveau des pays émergents ou émergés, comme la Chine, il ne faut pas envisager le problème de la cohésion européenne d'un point de vue sentimental, mais politique.
    Il est curieux de noter que de nombreux pays veulent entrer dans l'Union européenne, alors que, dans les pays fondateurs, le ton monte contre l'Europe...
    Quand on n'en fait pas partie, l'entrée dans l'Union est évidemment très avantageuse. On s'ouvre un marché pour ses produits, mais aussi pour sa main-d'oeuvre, et l'on acquiert un statut diplomatique, par exemple. Les Polonais ont été rassurés d'appartenir à l'Otan pour se prémunir contre un retour de l'impérialisme russe, mais ont tenu à devenir membres de l'Union européenne pour des raisons économiques.
    Dans les pays fondateurs, en revanche, il y a beaucoup de déception à voir que la mise en place d'un vrai pouvoir politique n'a pas suivi les constructions économiques et financières.
    Le conflit ukrainien s'est cristallisé sur l'entrée dans l'Europe et pose le problème de la place de la Russie sur le continent européen...
    Les tensions ne sont pas nouvelles dans ce pays, dont la partie orientale est russe et dont la partie occidentale est ukrainienne. Dès le lendemain de la dislocation de l'Union soviétique et d'une indépendance guère réclamée, des risques de guerre sont apparus avec la Russie, on en a peu parlé. Le problème n'a pas changé, c'est celui de la Crimée. Elle appartient à l'Ukraine depuis 1954. Ses habitants sont en majorité russes et l'Ukraine ne la revendiquait pas, mais c'est Nikita Khrouchtchev, ukrainien d'origine, qui en avait décidé son rattachement.
    Or la principale base navale russe est installée de longue date à Sébastopol, en Crimée, et offre notamment l'accès à la mer. Les Russes ne tiennent donc pas à ce que l'Ukraine entre dans l'Otan. Intégrer l'Union européenne, cela veut dire rejoindre l'Otan, un peu avant ou un peu après.
    Quel est pour vous l'enjeu géopolitique majeur pour la Russie ?
    L'Eurasie, en réponse à l'offensive de la Chine en Asie centrale. Avant 1991 et la fin de l'Union soviétique, Moscou pensait que ces territoires n'avaient pas beaucoup de valeur. Les publications officielles expliquaient que les réserves pétrolières de l'Azerbaïdjan étaient limitées. Mais quand les compagnies occidentales ont commencé à prospecter avec des moyens dont ne disposaient pas les Soviétiques, des gisements ont été découverts au Kazakhstan et au large de Bakou.
    Les Russes se sont rassurés en pensant que l'exportation de ces produits vers l'Europe occidentale transiterait forcément par leur territoire. Mais ils n'ont pas mesuré l'extraordinaire rapidité de la poussée des Chinois vers l'Asie centrale. En deux ans, ils ont construit un oléoduc qui peut orienter les pétroles du Kazakhstan et de la Caspienne vers leur pays, avant que les Russes se rendent compte que leurs accords de coopération avec les Chinois ne leur sont guère utiles.
    La Russie peut-elle tirer profit de ce que l'on appelle le réchauffement climatique ?
    C'est l'un de ses atouts. Le dégel de toute la zone en bordure de l'Océan glacial arctique pose beaucoup de problèmes, comme l'ameublissement des couches de sous-sols gelés qui supportaient les bâtiments, les usines, les routes, ce qui provoque aujourd'hui leur effondrement. Mais l'atout est formidable pour la liaison maritime entre la Baltique et le Pacifique. L'exploitation de toute une série de gisements sera largement facilitée. Cependant, les bras pour en tirer profit ne seront pas faciles à trouver, car, démographiquement, la Russie est en voie d'appauvrissement, et les citoyens n'ont pas forcément envie d'aller travailler dans ces régions désolées.
    Y a-t-il, avec ce réchauffement, un vrai risque de voir évoluer nombre de données géographiques au point de modifier des équilibres ?
    On évoque souvent les conséquences de la montée du niveau des océans pour les atolls et les îles du Pacifique, mais cela ne concernerait qu'un nombre limité de terres, aux populations peu nombreuses. En cas de nécessité, des solutions seraient trouvées. Pour d'autres zones, en revanche, les conséquences peuvent être très graves. On peut redouter, par exemple, une aggravation de la sécheresse au Maghreb et au Moyen-Orient.
    Ces régions connaissent déjà des problèmes d'alimentation en eau du fait de la durée des étés secs, le climat méditerranéen étant caractérisé par le fait que l'été est la saison sèche. Dans la zone tropicale, dans la zone des moussons, l'été est la saison des pluies. Le réchauffement climatique risque de prolonger la saison sèche. Pour répondre aux besoins en eau dans ces zones, l'une des principales solutions sera la désalinisation de l'eau de mer, avec pour effet d'amplifier encore la tendance au réchauffement de la planète.
    Quel regard portez-vous sur la renaissance des nationalismes intérieurs, qui touche les pays de l'UE, de l'Ecosse à la Catalogne, en passant, en France, par le mouvement des "bonnets rouges" ?
    Je pense que le discours sur l'Union européenne a fait considérer comme ringarde l'idée de nation, alors que c'était un concept fort de la géopolitique qu'il ne faut pas assimiler aux idéologies populistes. Il se réfère à des territoires, à des hommes et à des ambitions, sans que cela conduise forcément à des affrontements.
    L'appartenance à une nation est une création intellectuelle, c'est l'idée que l'on a de composer un ensemble ou non, dont il faut ensuite trouver la cohérence. Certains territoires sont clairement définis par la géographie. Tous les Corses ne sont pas nationalistes, mais il n'y a pas de discussions pour savoir ce qu'est la Corse. De même pour l'Ecosse, où la question est de savoir où s'étend sa souveraineté maritime, avec l'enjeu pétrolier et gazier en mer du Nord. Le nationalisme catalan est très tardif. Il renaît au XIXe siècle avec le rétablissement de la royauté en Espagne, après la fin des guerres napoléoniennes.
    Mais, aujourd'hui, le projet d'indépendance d'une grande Catalogne vue de Barcelone intègre des zones de culture catalane comme les Baléares ou la région de Valence, qui ne veulent pas en dépendre. En Bretagne, le mouvement des "bonnets rouges", par exemple, reflète une action régionaliste, mais la définition même de leur Bretagne est floue. Que font-ils de Nantes, dont ils souhaitent le rattachement à la région bretonne ? Quelle sera la capitale de la région, Rennes ou Nantes ?
    A quoi sert la géopolitique aujourd'hui ?
    Amener les citoyens à raisonner en termes de géopolitique est leur donner un moyen de ne pas se faire imposer des décisions. La géopolitique impose la démonstration: celui qui veut prouver à d'autres la valeur de son projet pour de multiples raisons, historique, linguistique, religieuse, doit établir la logique.
    Longtemps, la géopolitique a été dénoncée comme un outil qui avait permis à Hitler d'entraîner le monde vers la catastrophe, au nom d'un grand destin politico-territorial. Lorsque j'ai créé la première revue de géopolitique, en 1976, je l'ai appelée Hérodote, parce que cet historien grec a été le premier à mener un raisonnement historique et géographique pour analyser les deux premiers conflits entre les Perses et les Grecs et éviter qu'un troisième ne soit fatal à ces derniers.
    Cette forme de compréhension de l'espace et du temps peut-elle jouer un rôle direct dans la vie du citoyen ?
    Prenez l'exemple du projet du Grand Paris. Il s'agit de constituer un ensemble réunissant autour de la ville capitale les 13 millions d'habitants de la région parisienne, dont les échanges sont quotidiens. Autour de cette idée géopolitique d'une nouvelle organisation de l'espace se posent la question des rivalités de pouvoir entre les élus et celle du partage des richesses. Le département des Hauts-de-Seine ne tient à dépendre ni d'un pouvoir central parisien, ni d'un département moins riche comme la Seine-Saint-Denis, d'autant plus qu'il n'y a pas un vrai sentiment francilien d'appartenance à une unicité territoriale.
    Un regard géopolitique sur cette ambition géographique nourrirait les discussions entre citoyens, en permettant d'exprimer et de comprendre les rivalités de pouvoir entre des hommes politiques de différentes sensibilités ou défendant les intérêts de tel ou tel quartier, de tel ou tel corps social. Les citoyens tentent de mieux analyser ce qui se passe tout près de chez eux, dans le cadre de la démocratie locale.
    Source : L'express : http://www.lexpress.fr/actualite/monde/yves-lacoste-la-nation-ce-concept-geopolitique-fort-n-est-pas-d-essence-populiste_1504212.html
    Biographie : http://fr.wikipedia.org/wiki/Yves_Lacoste
    http://www.voxnr.com/cc/di_antiamerique/EFAyuAlApEKStOaLBb.shtml

  • Rencontre avec Martial Bild, directeur de la rédaction de TVLibertes

    Martial Bild est avant tout un militant. Entré très jeune au Front national, il en a gravi les principaux échelons jusqu'à en devenir, notamment, le directeur de la communication. En 2008, c'est sous les couleurs du Parti de la France, avec Cari Lang, qu'il continue cette aventure.
    Mais, comme le laissait supposer certaines de ses fonctions, Martial Bild est aussi un homme de communication. Après Français d'abord, le mensuel aujourd'hui disparu du FN, dont il assura la direction de la rédaction, Radio Courtoisie, dont il anime un « Libre journal » c'est aujourd'hui TVLibertes, dont il a pris les rênes de la rédaction.
    Comment est né TVLibertes ?
    C'est au départ le pari un peu fou d'un homme, Philippe Milliau, et de quelques amis : créer une véritable télévision qui se fasse le défenseur de l'esprit français, de la culture et des traditions françaises et européennes.
    C'était aussi l'idée de redonner la parole aux Français.
    Comme par exemple, à ces millions de Français qui sont descendus dans la rue en 2013 pour dénoncer le « mariage » homosexuel et dont le beau et juste combat a été trop souvent minimisé, moqué, voire vilipendé par la presse audiovisuelle traditionnelle.
    TVLibertes est un projet qui constitue une véritable révolution dans le paysage médiatique français dominé par des chaines ou des programmes télévisés interchangeables. C'est le remède aux poisons que sont l'idéologie dominante, la bien-pensance, l'ironie et le cynisme, le mépris et l'arrogance, la malhonnêteté et la propagande.
    Et quand on sait que toute cette propagande anti-chrétienne ou anti-française qui se déverse est en partie financée par la redevance télévisuelle que l'on nous oblige à payer, on se dit qu'un don volontaire à TVLibertes, ce n'est pas cher payer pour voir ses idées, ses convictions, défendues avec vigueur et dans une démarche non partisane.
    D'autres média non-conformistes faisaient déjà un bon travail ?
    Grâce à Dieu, TVLibertes ne nait pas dans le désert. Il y a évidemment une presse écrite ou radiophonique qui mène, souvent depuis longtemps, un travail indispensable de réinformation. Il y a des média alternatifs, blogs et sites web, qui fonctionnent avec brio dans le même sens. Il n'est cependant pas faux d'affirmer que TVLibertes correspond à une autre dimension, une autre démarche.
    Nous avons, d'ores et déjà, une dizaine d'émissions par semaine. Nous nous sommes donné les moyens de présenter un vrai journal quotidien, avec des équipes de journalistes professionnels sur le terrain qui filment mais aussi enquêtent, approfondissent des sujets. C'est ainsi que TVLibertes avait deux équipes pour suivre La Marche pour la Vie, la Manif pour tous, Jour de Colère ou le rassemblement anti-Femen.
    Vous êtes entouré de journalistes jeunes ?
    De journalistes et de techniciens ! La petite direction de notre télé connectée bénéficie de l'apport de jeunes professionnels enthousiastes qui se démultiplient et font souvent des miracles avec des moyens ridicules au regard des chaînes classiques. Nous étoffons actuellement la rédaction avec l'arrivée de consultants. C'est ainsi, par exemple, que nous avions un reporter à Kiev pendant les événements de la place Maïdan. Notre prochaine étape sera d'installer des correspondants locaux dans toutes les grandes villes de France. Nous avons commencé avec Nantes et Rennes et ce réseau sera rapidement en place pour nous permettre d'avoir de nombreuses informations locales ou de proximité.
    TVLibertes a aussi lancé des magazines ?
    Nous avons fait le choix de lancer nos programmes le 30 janvier dernier puis de monter en puissance, semaine après semaine, en tenant compte de l'avis de nos téléspectateurs.
    Les premiers magazines qui sont apparus ont reçu un accueil vraiment très prometteur. Je pense tout particulièrement à l'émission d'histoire menée par Philippe Conrad, à « Perles de culture » dirigée par Anne Brassié et Maxime Gabriel, à l'émission sur le cinéma animée par Arnaud Guyot-Jeannin ou à I-Media avec Jean-Yves Le Gallou.
    Les prochains magazines seront consacrés à l'économie, à l'artisanat, à la musique, à la religion... De nouvelles personnalités vont nous rejoindre comme Robert Ménard, Paul-Marie Couteaux, Aymeric Chauprade, Guillaume de Thieulloy, Daniel Hamiche et beaucoup d'autres. Nous aboutirons rapidement à trois heures d'émissions quotidiennes, avec plus de débats et plus d'interactivité et des soirées spéciales comme la commémoration de la bravoure de nos soldats en Indochine avec Jean Luciani et Roger Holeindre.
    On n'a pas encore évoqué la question de savoir où regarder TVLibertes ?
    Rien de plus simple. Il suffit de se rendre sur le site internet www.tvlibertes.com. Et cela, je le précise, en attendant de bénéficier des mêmes canaux de distribution que les autres télévisions.
    Pour l'instant, on peut donc regarder le programme en direct ou en rediffusion à partir de son poste de télévision récent ou connecté. Sinon, l'ordinateur personnel est l'option la plus simple. La solution la plus confortable étant de disposer d'une tablette numérique tactile ou d'un téléphone intelligent (smartphone).
    Vous êtes totalement, à titre personnel, impliqué dans ce projet ?
    On ne s'engage pas dans une telle aventure sans y consacrer 100 % de son énergie. On pourrait en dire tout autant du directeur de la production Arnaud Soyez qui partage avec moi et les techniciens cette expérience que je considère comme une chance ou une grâce pour promouvoir nos idées et nos valeurs de civilisation attaquées comme jamais auparavant.
    Si les téléspectateurs nous restent fidèles et s'ils nous apportent aide et soutien, parce qu'il est vrai nous n'avons pas l'argent de la redevance ou des grands groupes industriels, on n'a pas fini d'entendre parler de TVLibertes.
    Propos recueillis par Monde & Vie
    TVLibertes, BP 435,94 271 Le Kremlin-Bicêtre Cedex. Tél.: 01 43 90 51 30. www.tvlibertes.com
    monde & vie 18 mars 2014

  • La mythologie du progrès repose sur l’idolâtrie du nouveau…

    Entretien avec Alain de Benoist, entretien réalisé par Nicolas Gauthier.
    À chaque élection, les hommes de gauche prétendent rassembler les « forces de progrès ». Mais un cancer peut, lui aussi, progresser ! Le progrès serait-il une fin en soi ?
    Les malheureux ne savent même plus de quoi ils parlent ! Historiquement, l’idée de progrès se formule autour de 1680, avant de se préciser au siècle suivant chez des hommes comme Turgot ou Condorcet. Le progrès se définit alors comme un processus accumulant des étapes, dont la plus récente est toujours jugée préférable et meilleure, c’est-à-dire qualitativement supérieure à celle qui l’a précédée. Cette définition comprend un élément descriptif (un changement intervient dans une direction donnée) et un élément axiologique (cette progression est interprétée comme une amélioration). Il s’agit donc d’un changement orienté, et orienté vers le mieux, à la fois nécessaire (on n’arrête pas le progrès) et irréversible (il n’y a pas de retour en arrière possible). L’amélioration étant inéluctable, il s’en déduit que demain sera toujours meilleur.
    Pour les hommes des Lumières, étant donné que l’homme agira à l’avenir de façon toujours plus « éclairée », la raison se perfectionnera et l’humanité deviendra elle-même moralement meilleure. Le progrès, loin de n’affecter que le cadre extérieur de l’existence, transformera donc l’homme lui-même. C’est ce que Condorcet exprime en ces termes : « La masse totale du genre humain marche toujours à une perfection plus grande. »
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