international - Page 1290
-
Radio Courtoisie - Libre journal de la France libre 20131015 1ère partie
-
Ukraine / Union européenne / Russie : point de situation par Xavier Moreau
Xavier Moreau se penche sur les raisons profondes du projet d’accord d’association entre Kiev et l’UE, et sur les motivations du président Viktor Ianoukovytch.

La vidéo sur RealPolitikTV
-
Un shutdown européen ?
La Commission européenne a demandé lundi au Parlement européen d'approuver en urgence un versement de 2,7 milliards d'euros supplémentaires pour le budget 2013 afin d'éviter à l'Union européenne de se retrouver en cessation de paiement à la mi-novembre.
http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2013/10/un-shutdown-europ%C3%A9en-.html
-
Washington en tremble déjà
Le gouvernement français a-t-il vraiment découvert par la presse que notre « allié» et «maître» américain » espionnait notre pays ? Il faudrait être bien naïf pour le croire. Un article du Monde, fut-il le fruit de révélations de l’ancien consultant de la NSA (National Security Agency) Edward Snowden, n’est pas nécessaire pour que l’étendue de cette réalité soit perçue par l’Etat français et les politiciens qui feignent ici l’indignation. François Mitterrand lui-même confia à la fin de sa vie que la France était engagée dans « une guerre » impitoyable contre les Etats-Unis. Elle n’a cessé depuis de rendre les armes. Selon M. Snowden, ce programme d’espionnage à l’encontre de la France (nom de code US 985D) aurait permis à la NSA d’intercepter 2 millions de communications par jour en France et 15 millions en Allemagne (programme US 987), à des fins principalement de collectes de renseignement dans les domaines industriel et politique. Un ciblage effectué par numéros appartenant à des personnalités dans le collimateur de la NSA ou en fonction de mots clefs. D’après Le Monde, entre le 10 décembre 2012 et le 8 janvier 2013, 70,3 millions d’enregistrements de données téléphoniques des Français ont été effectués par l’agence de cybersurveillance américaine.
« Après une première vague de révélations, en juin, sur le programme international de surveillance américain Prism » rappelle Les Echos, « le parquet de Paris avait ouvert en juillet une enquête préliminaire sur le programme d’espionnage des communications téléphoniques et internet par la NSA ». « La lutte contre le terrorisme a bon dos ». « Elle sert de prétexte au programme d’écoutes américain dont l’ampleur a suscité hier une protestation des autorités françaises. »
« Une collecte d’une telle ampleur financière et technologique entre pays alliés en temps de paix est inédite, souligne Julien Nocetti, spécialiste de la gouvernance du Web à l’Institut français des relations internationales ».
Autant dire que les «consultations» transatlantiques formalisées cet été et que Laurent Fabius décrivait sans rire comme susceptibles de mettre fin à ce type de comportement de la part de Washington, étaient des leurres grotesques.
Le ministre des Affaires étrangères du gouvernement Ayrault a donc été contraint de convoquer lundi l’ambassadeur des Etats-Unis à Paris, Charles Rivkin. La Maison Blanche a annoncé lundi soir que Barack Obama s’était entretenu au téléphone avec François Hollande pour lui faire part de sa « profonde réprobation à l’égard de ces pratiques, inacceptables entre alliés et amis car portant atteinte à la vie privée des citoyens français ». Dans la soirée, le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, en visite à Paris (il rencontre aujourd’hui M. Fabius), a de nouveau passé la pommade en qualifiant la France de « vieil allié »…sur lequel on s’essuie les pieds ?
Ivan Blot, ancien inspecteur général de l’Intérieur, ex député européen FN, relevait sur le site La voix de la Russie la légalité de ces écoutes du point de vue américain, dont le principe a été validé par « une loi du Congrès qui donne des pouvoirs d’espionnage des étrangers aux agences américaines (…).Que le cadre soit légal du point de vue de la loi américaine, c’est vrai ! Mais la loi américaine n’est pas vraiment la loi naturelle ! ».
Il note encore qu’ «il y a (en France) une vieille tradition des socialistes d’être très soumis aux Américains pour des raisons historiques tout à fait évidentes (…). C’est qu’après la Seconde Guerre mondiale, les Américains ont proposé de l’argent aux socialistes et aux syndicats socialistes français pour lutter contre le communisme. Donc il y a une tradition non seulement entre les Etats-Unis et le PS, mais même un peu de soumission du PS aux exigences des Etats-Unis. »
L’atlantiste Hollande est en effet aussi inféodé à Washington que le fut en son temps Nicolas Sarkozy, accusé en septembre 2006 par un Laurent Fabius alors dans l’opposition d’être « le futur caniche du président des Etats-Unis »…
Nous le rappelions dernièrement sur ce blog , notre pays, comme d’autres pays de l’UE, c’était déjà humilié en refusant, sur ordre de la Maison Blanche comme l’a avoué François Hollande, le survol de notre territoire à l’avion du président bolivien Evo Morales ; au motif que son appareil était soupçonné d’abriter Edward Snowden, alors à la recherche d’un asile politique.
Le quotidien Le Monde relevait alors que « l’autorisation d’accès au territoire national fait partie des droits régaliens des Etats. Mais une interdiction après décollage d’un avion transportant un président et qui a fait approuver son plan de vol au préalable semble sans précédent. »
Depuis le siège du Parlement européen, Bruno Gollnisch s’était «étonné » de ce que ledit Parlement qui se dit soucieux des droits de l’homme, « donne des leçons de non-discrimination à tout le monde », n’ait pas saisi « l’occasion de se racheter » en donnant « l’asile à Edward Snowden -réfugié en Russie au printemps, NDLR- et à Julian Assange ».
Un parlement qui s’était évertué à minimiser le programme de surveillance de la NSA au motif que « tous les pays, finalement, s’espionnent les uns les autres ». Certes notait Bruno, « mais le problème, c’est que tous les pays résistent ! ».
Et « si cela se passait sur le territoire américain, quand cela se passe sur le territoire russe, nous avons une réaction sérieuse de la part des Russes et des Américains. Nous n’avons pas cette espèce de lâcheté visqueuse que nous rencontrons aujourd’hui de la part des européens »… au moment ou nous ouvrons en grand les portes de l’UE aux Etats-Unis, par le biais du catastrophique Grand marché transatlantique.
Une lâcheté que pointe Le Figaro aujourd’hui qui constate que le peu que le gouvernement veut faire pour ne pas perdre la face est déjà de trop pour beaucoup puisque « La France trouve peu d’appuis en Europe lorsqu’elle réclame des comptes à la Maison-Blanche ». « Lundi, il ne s’est trouvé que l’Allemagne pour partager la colère et l’indignation de l’Hexagone face aux écoutes téléphoniques massives lancées par la NSA. »
« Je ne crois pas qu’il y ait beaucoup de candidats en Europe pour aller chercher des noises aux Américains», confesse au Figaro l’eurodéputé Arnaud Danjean, ancien de la DGSE. Et « au bout du compte, tout front européen risque de se briser sur un ultime obstacle: le Royaume-Uni. Les services britanniques de renseignement et le GCHQ, héritier du fameux MI6, travaillent main dans la main avec la NSA ; quand ils ne jouent pas les sous-traitants. Ils ne veulent pas que l’UE vienne mettre son nez dans leurs affaires… ».
Aussi François Hollande «demandera à l’UE de se doter d’un règlement sur la protection des données personnelles», a précisé le ministre des Affaires étrangères. Washington en tremble déjà…
http://www.gollnisch.com/2013/10/22/washington-en-tremble-deja/
-
Londres invite les immigrés clandestins à rentrer chez eux... par texto
Après les camionnettes placardées d'affiches "Go Home" à l'intention des immigrés illégaux, le gouvernement britannique a envoyé un texto à près de 40 000 personnes soupçonnées d'être en situation irrégulière, les invitant à quitter le territoire."Nos registres montrent que vous pourriez ne pas être en droit de rester au Royaume-Uni. Merci de nous contacter afin que nous puissions discuter de votre cas": près de 40 000 personnes, soupçonnées d’être en situation irrégulière, ont reçu ce texto des autorités britanniques entre septembre 2012 et juin 2013.
En ajoutant celles contactées par courrier, e-mail ou téléphone fixe, 58 800 personnes au total ont été ainsi approchées par le Ministère de l’Intérieur, qui les invite à se faire connaître et, en cas d’irrégularité avérée, à quitter le territoire.
Marge d’erreur
Qualifiée de "proactive" par le gouvernement, la méthode a soulevé des critiques au Royaume-Uni de la part de l’opposition, comme de la société civile, qui a dénoncé des erreurs de destinataires. Selon le ministère de l’Intérieur, 14 personnes sur les 58 800 contactées n’étaient pas concernées par le texto. Les militants des droits civiques affirment qu’elles ont été bien plus nombreuses à recevoir le message à tort.
Suresh Grover, militant des droits de l’Homme, et Bobby Chan, avocat spécialiste de l’immigration, ne décolèrent pas depuis qu’ils ont vu le message laconique s’afficher sur l’écran de leur téléphone. "Je suis arrivée en Grande-Bretagne en 1966 avec mes parents, je suis né en Afrique de l’Est et j’ai un passeport britannique", a expliqué Suresh Grover dans les colonnes du quotidien The Independent, se disant "choqué" et "horrifié" d’avoir été contacté de la sorte.
Si le ministère se défend d’avoir envoyé le message à Suresh Grover, ce dernier a déclaré à la BBC vouloir porter plainte. Plus de 140 plaintes ont été reçues à ce jour par les autorités.
"Go Home"
Le secrétaire d'État à l'Immigration, Mark Harper, a défendu sa politique, déclarant qu'il n'avait "pas de problème à dire aux personnes qui sont là illégalement qu'elles ne devraient plus l'être". Il a ajouté que la campagne "Go Home" (Rentrez chez vous), pourrait être étendue au reste du pays.
Cette campagne, vivement critiquée outre-Manche, a été testée pendant deux semaines en juillet dans six quartiers londoniens à forte population étrangère. Deux camions, ornées d’une affiche représentant une paire de menottes géante, portait le slogan: "Illégal au Royaume-Uni ? Rentrez chez vous ou prenez le risque d’être arrêté". Prospectus et affiches proposant une aide au retour ont également été distribués.La tournée des camions, appelés "racist vans" par leurs détracteurs, avait suscité une vive émotion en Grande-Bretagne l’été dernier. Les organisations des droits de l’Homme avaient accusé le gouvernement de créer un climat de peur et d’intolérance. La coalition au pouvoir elle-même s’était divisée sur la question.http://www.oragesdacier.info/2013/10/londres-invite-les-immigres-clandestins.html
-
Deux ans après le lynchage du colonel Kadhafi, la Libye n’existe plus.
Deux ans après le lynchage du colonel Kadhafi (20 octobre 2011), la presse découvre que la Libye est en plein chaos. Il lui aura donc fallu 24 mois pour s’en apercevoir à travers une sanglante succession de massacres, d’attentats et de désordres divers…
Longtemps, journalistes, observateurs et « experts » ont voulu faire croire que, « libéré » du dictateur, le pays était sur la voie de la normalisation, que l’économie redémarrait avec la reprise des exportations de pétrole et de gaz et que des institutions démocratiques avaient été mises en place à la suite des élections législatives du 7 juillet 2012. Aveugles et sourds, ils s’enthousiasmèrent quand la « maturité » du corps électoral libyen permit la défaite des fondamentalistes islamistes et la victoire de l’Alliance des forces nationales (AFN) insolitement baptisée « libérale ». La Libye allait donc à son tour connaître la félicité démocratique… Ils n’avaient oublié qu’une chose : le pays n’existe plus…
Le colonel Kadhafi avait réussi, certes au prix d’une dictature, à imposer la stabilité intérieure à un ensemble naturellement éclaté. Lui parti, la Libye s’est fragmentée en cinq zones. Ce sont donc cinq stratégies différentes que nos impératifs sécuritaires nous imposent désormais de suivre car la conséquence de l’erreur historique, politique et stratégique que fut l’intervention militaire française en Libye a eu pour résultat la création d’un foyer de déstabilisation majeur en Méditerranée et dans toute la zone sahélo saharienne.
Pour recevoir par courriel l’intégralité de cette analyse, vous devez être abonné à l’Afrique Réelle.
Pour vous abonner : cliquer ici
http://www.actionfrancaise.net/craf/?Deux-ans-apres-le-lynchage-du
-
Une « convergence stratégique » entre l’Egypte et Israël
Comment interpréter la décision des Etats-Unis de suspendre une partie de leur aide à l’Egypte ? Si les médias égyptiens se déchaînent contre ces mesures et croient y trouver la confirmation que le ministre de la défense et véritable maître de l’Egypte, le général Abdelfatah Al-Sissi est un nouveau Nasser, le dessin de Chappatte dans le International Herald Tribune (11 octobre 2013) semble plus proche de la réalité : on y voit le président Barack Obama en policier infligeant une amende pour excès de vitesse à un véhicule militaire qui tire sur la foule et écrase les partisans de l’ancien président Mohammed Morsi.
Les officiels américains — pas moins de cinq mais protégés par l’anonymat — ont été chargés d’expliquer à la presse cette décision et de préciser que l’administration n’avait toujours pas décidé si le renversement du président Mohammed Morsi était un coup d’Etat ou non. Ils ont aussi précisé que la conversation entre le secrétaire à la défense Chuck Hagel et le général Al-Sissi s’était très bien passée, et que les deux hommes s’étaient parlé une vingtaine de fois au cours des derniers mois (Jim Lobe, « Egypt’s Sisi unruffled by US aid cut », 11 octobre, Asiatimes.com)
Selon l’un de ces officiels (cité par Bob Dreyfuss, « Obama is Flailing on Egypt », The Nation, 10 octobre), l’administration ne veut pas aller trop loin :
« Nous allons également maintenir les aides qui contribuent à assurer nos objectifs vitaux de sécurité, comme la lutte contre le terrorisme, contre la prolifération, et pour assurer la sécurité dans le Sinaï. Nous allons également continuer à soutenir la formation militaire et l’éducation, et nous continuerons à fournir des pièces de rechange, des pièces détachées et des services connexes pour l’équipement militaire que nous fournissons. »
" Lire Philippe Leymarie, « Des amis de trente ans », Défense en ligne, 10 juillet 2013. "Avant d’ajouter que le gel de l’aide serait suspendu s’il y avait des progrès dans la transition démocratique au pays du Nil : une formulation assez vague pour permettre à Washington, si la tension retombe un peu en Egypte, de reprendre la coopération telle qu’elle existait au temps du régime de Hosni Moubarak.
Comme l’écrit Hannah Allah, du bureau de Washington de McClatchy (« U.S. cuts in Egypt military aid not likely to hurt relations, analysts say », 9 octobre) :
« Les spécialistes qui suivent les relations américano-égyptiennes affirment que cette décision [de suspendre l’aide] est essentiellement symbolique, et laisse intacts les éléments clés d’une alliance à toute épreuve qui a été mise en place depuis que l’Egypte est devenue le premier pays arabe à faire la paix avec Israël, dans les années 1970.(...) Les relations américano-égyptiennes sont trop imbriquées et mutuellement bénéfiques pour les deux parties pour qu’elles puissent être rompues. Les Etats-Unis ont besoin que l’Egypte respecte le traité de paix de Camp David avec Israël, surveille les frontières avec les pays voisins, et combatte la présence grandissante d’extrémistes dans le Sinaï. Et l’armée égyptienne serait quasiment paralysée sans les équipements, la logistique et la maintenance fournis par les Américains... »
Ce que résume Adel Iskander, de l’université de Georgetown, cité dans le même article : « Cette mesure [le gel de l’aide] est destinée à sauver la face du gouvernement américain alors que les forces de sécurité égyptiennes se conduisent de manière effrayante. Ce n’est même pas une claque sur la main, c’est un simple froncement de sourcils. »
Pourtant, même ce « froncement de sourcils » a soulevé une grande inquiétude en Israël. Comme le rapporte la correspondante du New York Times à Jérusalem, Isabel Kershner (« Israel Expresses Dismay at Cutback of U.S. Aid to Egypt », 9 octobre), un haut responsable israélien, s’exprimant anonymement « a mis en garde contre les conséquences de coupes punitives de l’aide à l’Egypte qui pourraient avoir des conséquences bien au-delà de la question des relations israélo-égyptiennes. Les Etats-Unis jouent avec le feu, a-t-il dit. (...) Notant que l’aide militaire ne se limite pas seulement aux livraisons de chars, mais sont aussi un signe de présence et d’engagement, il a ajouté : “Si l’Amérique est vue comme tournant le dos à l’Egypte, un ancien allié, comment peut-elle être perçue (dans la région) ? Les gens vont croire que les Etats-Unis laissent tomber un ami” ».
En fait, Israël a mené un lobbying actif dans les jours qui ont précédé l’annonce américaine pour tenter de faire revenir Washington sur ses décisions (Jonathan Lis, « Washington cuts Egypt aid despite intense Israeli lobbiying », Haaretz, 10 octobre 2013).
Cet activisme israélien s’explique par le spectaculaire rapprochement entre Tel-Aviv et Le Caire depuis le coup d’Etat qui a renversé le président Morsi. Ce dernier avait pourtant maintenu le traité de paix avec Israël et donné toutes les garanties aux Etats-Unis qu’il ne le mettrait pas en cause. Mais l’inquiétude de Tel-Aviv était réelle, leur hostilité aux Frères musulmans étant très forte. Les dirigeants israéliens ont donc accueilli avec soulagement l’arrivée du général Al-Sissi, comme le note Amos Harel dans le quotidien Haaretz (« Ties between Israel and Egypt only getting stronger, despite regional tension », 8 septembre 2003). Le journaliste souligne même que la coopération entre les deux pays n’est pas seulement tactique, mais qu’elle repose sur « une convergence d’intérêts stratégiques ». Alors que le gouvernement israélien défendait le général Al-Sissi auprès de Washington, l’armée égyptienne menait des opérations à Gaza et dans le Sinaï conformes aux vœux israéliens, accusant même le Hamas d’entretenir des relations avec les organisations terroristes dans le Sinaï (ce dont les Israéliens eux-mêmes ne sont pas convaincus). Et, au Caire, se poursuit une campagne dans les médias pour accuser les Palestiniens (et aussi les Syriens) de tous les maux que connaît l’Egypte.Alain Gresh http://www.voxnr.com/cc/etranger/EFlkFEVkEEcxyLkNea.shtml
-
Olivier Delamarche : Le Japon est-il fini ?
-
Tokyo, Pékin se préparent à une nouvelle crise aux USA
Echaudés par la menace d’un défaut américain évité une fois encore in extremis, la Chine et le Japon, principaux créanciers des Etats-Unis, cherchent à se prémunir contre une résurgence de la crise budgétaire à Washington même si leurs options sont assez limitées.
Le compromis auquel républicains et démocrates sont parvenus mercredi n’apporte qu’une solution temporaire et ne résout en rien la question du contrôle des dépenses fédérales ni celle du déficit budgétaire.
Le texte de loi adopté par le Congrès permet le financement des services fédéraux jusqu’au 15 janvier et autorise le Trésor à emprunter jusqu’au 7 février, en lui laissant une marge de manoeuvre supplémentaire si aucun accord définitif n’est trouvé au début de l’an prochain.
“Nous sommes heureux qu’un accord ait été trouvé“, a déclaré un responsable japonais qui a requis l’anonymat. “Mais l’incertitude va persister et tout va recommencer de la même façon au début de l’année prochaine.”
Selon ses dires, corroborés par d’autres représentants des autorités japonaises, Tokyo a préparé un plan d’urgence en cas de défaut américain prévoyant notamment d’inonder le système bancaire de liquidités pour assurer le fonctionnement des marchés et faire face à une panique des investisseurs.
Pékin pourrait de son côté accélérer l’internationalisation du yuan dans la perspective d’en faire une véritable alternative au dollar en particulier comme devise de libellé des échanges internationaux, selon plusieurs analystes.
Le Japon et la Chine, respectivement deuxième et troisième économies mondiales, sont les principaux créanciers des Etats-Unis, Tokyo détenant 1.140 milliards de dollars de titres du Trésor américain et Pékin 1.280 milliards.
Les deux pays cherchent à relancer leurs économies et dans ce contexte, une appréciation de leur devise qui résulterait d’un affaiblissement du dollar ne leur serait pas nécessairement favorable.
L’absence de marchés de la dette aussi liquides et profonds que celui des bons du Trésor américain ne laisse en outre guère d’alternative aux deux géants asiatiques pour placer les réserves accumulées au fil des ans et leurs excédents commerciaux.
Reuters (via Les Echos)
http://fortune.fdesouche.com/329119-tokyo-pekin-se-preparent-une-nouvelle-crise-aux-usa#more-329119
Lien permanent Catégories : actualité, économie et finance, géopolitique, international 0 commentaire -
Le Grand Marché Transatlantique contre notre liberté
La « crise » précipite les choses, aux deux sens du verbe : accélère leur cours, et les révèle, comme dans un tube à essai où se mélangent divers liquides. Ce qui semblait presque une vue de l’esprit il y a quelques lustres, et augures improbables dignes de Cassandre, devient redoutablement concret. Il fallait le temps que certains nœuds se défassent, que des résistances faiblissent, qu’une génération disparaisse. Les esprits n’étaient pas encore mûrs, expliquent les progressistes. Les temps sont désormais consommés, et la parousie est imminente.
La ruine et le terrorisme, les chantages à la guerre et à la misère, l’invocation de la nécessité du marché, comme jadis on expliquait les hécatombes humaines par les dieux ou le destin, pèsent comme un couvercle sur l’esprit des peuples. Les fieffés coquins nous mènent savent par le bout du nez, les partis 1 et 2, en maestros du mensonge, de la perfidie et du mépris, en tricheurs maniant avec dextérité leurs cartes, embobinent les masses, et les mènent à leur perte.
Après le putsch budgétaire européen de l’an dernier, et le basculement vers le fédéralisme ultralibéral, c’est la fusion des parties occidentales et orientales de l’Atlantique Nord qui est projetée. L’absorption de l’Europe par les États-Unis est proche, elle est pour demain, pour 2014 ou 2015. Les échéances sont fixées : dans deux ans, nous auront achevé notre temps, notre destin, notre existence, et nous n’aurons plus aucun pouvoir sur notre avenir.
Comme toujours, l’Union européenne et les États-Unis ont manigancé leur coup par-dessus les peuples. Sans qu’ils en aient été avisés, et qu’on leur ait donné la parole, on leur annoncera bientôt une libéralisation quasi totale des échanges commerciaux et financiers, et une harmonisation complète des politiques judiciaires et sécuritaires. On agitera comme il faut la presse propagandiste, on ne prendra pas le risque du référendum, les parlements voteront comme un seul traître, et l’affaire sera pliée.
Le coup est pourtant préparé de longue date. Mais en catimini. En 2004, en effet, le P.D.G. d’Unilever, président européen du Transatlantic Business Dialogue (T.A.B.D.) et son homologue américain, P.D.G. d’U.P.S., rencontraient à Dublin les présidents Bush, Prodi et le Premier ministre irlandais dont le pays assumait la présidence tournante de l’Union européenne. Il fut question de lever les « obstacles à l’intégration » dans le domaine du commerce, des investissements et de la réglementation.
Dans un autre domaine, la bonne volonté collaboratrice des bureaucrates de Bruxelles avait été jusqu’à échanger avec les services américains de sécurité les données sur les passagers empruntant les lignes transatlantiques. Sans réciprocité, bien sûr.
Le projet bloquait néanmoins, notamment au niveau des biotechnologies, des problèmes environnementaux et de ceux liés à la consommation, les normes américaines de protection et de qualité étant, comme l’on sait, très laxistes (commerce et lobbies obligent). La pression des associations et des protestataires alternatifs ont sans doute eu quelque effet sur l’opinion. Les résurgences d’une guerre commerciale plus ou moins ouverte avec les U.S.A., notamment au sujet de l’acier, mettaient aussi un frein au projet.
Mais les commissaires mondialistes Erkki Liikanen et Pascal Lamy veillaient, aidés efficacement par Elmar Brok, député européen chrétien démocrate allemand qui présidait la Commission des Affaires étrangères du Parlement. Tout ce beau monde agit par le truchement plus ou moins occulte, mais bien pourvu financièrement, du Réseau politique transatlantique (T.P.N.), un « groupe de réflexion » qui rassemblait en 2004 plus de quatre-vingt parlementaires européens et environ quarante-cinq membres du Congrès ainsi que trente-cinq entreprises géantes dont A.B.B., Daimler Chrysler, B.P., Nestlé, U.P.S., I.B.M., Boeing, Microsoft, Philips et Unilever.
À son tour, le mai 2008, le Parlement européen a prévu pour 2015 la création d’un grand marché transatlantique, avec , de facto, dans la plupart des secteurs, l’application du droit états-unien.
L’objectif est bien sûr économique, et obéit à la pensée unique ultralibérale qui domine actuellement, aux dépens des peuples. Mais il est évident que l’idéologie atlantiste des responsables politiques européens y trouve sa place, l’Union européenne s’étant systématiquement alignée sur la ligne de la diplomatie étrangère américaine, en l’appuyant et en participant, via l’O.T.A.N., à ses aventures guerrières.
L’intégration de la France au commandement intégré de l’Organisation de l’Atlantique Nord a fait sauter tous les obstacles. Le prestige français, animé par l’esprit d’indépendance gaullien, n’est plus qu’un souvenir. Pour paraphraser Tacite, comme le Sénat romain, l’élite de notre pays, comme du reste l’oligarchie de l’Europe occidentale, suivie par la partie abusée du peuple, se rue vers la servitude.
À terme, c’est une plus grande symbiose entre les politiques et les législations américaines et européennes qui va être à l’œuvre. Mais l’on ne voit pas pourquoi et comment l’hyper-puissance yankee n’imposerait pas ses normes et ses usages, dans la « protection » de l’environnement et des consommateurs, dans le domaine de la santé, au sujet du problème très sensible des O.G.M., , de la législation sur les produits chimiques. Tout cela se traduira inévitablement par une régression, à la grande satisfaction de ceux qui tentent, avec une obstination remarquable, de déréguler tous ces secteurs, sans trop de succès jusqu’à maintenant. Il est assuré que le Traité transatlantique va leur donner le sésame pour ouvrir toutes les portes, d’autant plus que ces combinaisons sont ficelées sans contrôle démocratique.
Ce traité achève donc la perte de la souveraineté de l’Europe, qui, pour autant, n’en a eu que dans l’étroite marge que lui laissait la puissance américaine. Celle des vingt-sept nations européennes a pris fin l’an dernier, par le Traité d’équilibre budgétaire européen. Or, les lois qui régissent les relations internationales sont comme celles de la nature, nonobstant l’inévitable hypocrisie inhérente à l’espèce humaine. Le plus fort impose sa volonté, que l’on essaiera d’incarner, par exemple, par l’usage obligatoire de l’anglais comme langue maternelle.
Parallèlement, la création d’un espace commun de contrôle des populations, d’une aire de coopération transatlantique en matière de « liberté de sécurité et de justice » est prévue d’ici 2014, surtout au profit de l’ultra-sécuritaire État américain, obsédé par le terrorisme et encouragé par le Military Commissions Act de 2006, qui permet de poursuivre toute personne quelle qu’elle soit, y compris non américaine, considérée comme ennemi, « combattant illégal ».
L’étape suivante sera la réalisation d’un pouvoir exécutif, qui sera institué dans les dix ans, et qui usera comme il l’entend de la force judiciaire, policière et militaire. Les peuples devront se plier. Et comme le processus de domestication ne s’effectuera pas sans réactions, il est probable que des révoltes auront lieu, sans doute violentes, avec des réponses répressives adéquates. Une ère de dictature s’annonce.
Nous sommes, nous, Français, Européens, à un tournant de notre histoire. Sera-t-il dit que nous ne savions pas, et que, quand il sera trop tard, nous n’ayons d’autre choix qu’entre la servitude et la mort ?
Claude Bourrinet http://www.europemaxima.com/
• D’abord mis en ligne sur Vox N.-R., le 2 février 2013.