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international - Page 1294

  • Alexandre Latsa : « la Russie connait un renouveau religieux sans précédent »

    Alexandre Latsa est un Français qui travaille en Russie et réside à Moscou depuis 2008. Il est blogueur et analyste politique et géopolitique pour les agences russes RIA-Novosti et Voix de la Russie. Il tient aussi un site d’information intitulé la Dissonance: un autre regard sur la Russie. Nous lui avons posé des questions sur la France et la Russie, le dossier syrien…

    1) Comment qualifierez-vous les relations entre nos deux pays qui défendent des valeurs totalement différentes (loi Taubira et loi interdisant la propagande homosexuel)?

    Du point de vue économique elles sont encore plutôt bonnes puisque les indicateurs économiques sont positifs et les échanges entre les deux pays sont croissants. On constate depuis 2009 une hausse des investissements français en Russie et surtout plus récemment une hausse des investissements russes en France. On a d’ailleurs récemment parlé de diplomatie économique pour qualifier la relation de la Russie avec nombre de pays européens, dont la France.

     Sur le plan politique, la relation semble s’essouffler, ce qui était assez prévisible avec l’arrivée de la gauche au pouvoir en France. La France affirme son statut de terre d’asile pour de nombreux agitateurs politiques, qu’ils s’agissent d’opposants libéraux soupçonnés de corruption ou d’agents provocateurs comme les Femen qui bénéficient des grâces de la république.

    L’affaire Syrienne a en outre porté un coup très dur aux relations entre les deux pays car la Russie et la France ont clairement sur ce dossier des approches différentes et surtout des objectifs opposés.

    Sur le plan des mœurs enfin une rupture Russie/Europe de l’ouest semble clairement s’établir. Cette rupture semble due aux choix des modèles de société diamétralement opposés que l’Europe de l’Ouest (donc la France) et la Russie développent. Et sur ce plan la nous sommes clairement face à un nouveau rideau de fer moral et sociétal. Il y a aussi le facteur religieux qui est important, la Russie connaît en effet un renouveau religieux sans précédent et dont on ne peut que difficilement mesurer l’ampleur vu de France. A contrario la France semble être entrée dans une période d’athéisme totalitaire qui vise en premier lieu la religion catholique.

    2) Poutine a porté un sérieux coup à la diplomatie française sur le dossier syrien mais Fabius a déclaré que la position française avait obligé les Russes à négocier. Êtes-vous d’accord avec lui ?

    Malheureusement il semble que la diplomatie Française se soit un peu trop rapidement avancée dans cette affaire. La France a joué les Va-t-en guerre de façon irrationnelle et injustifiée et au final l’accord Russo-américain qui émerge de la crise nous laisse totalement à l’écart du centre de prises de décision et nous affaiblit considérablement sur la scène internationale.

    Le président Assad, qui est visiblement pour l’instant du moins en train de gagner sur tous les fronts (militaire, politique et médiatique) s’est même permis de rappeler que : « l’Europe n’avait pas mot à jouer dans le règlement de la crise ». Ce faisant on peut penser qu’il visait clairement l’Angleterre et la France.

    Laurent Fabius a été ridiculisé et au passage a fait ridiculiser la France, ce qui est plus grave. Il est bien évident que les affirmations que vous citez sont une bien piètre tentative de tenter de sauver le peu qui reste à sauver. Personne ne peut sérieusement croire que la France a dans cette affaire influé la position russe d’une quelconque façon. Au contraire, on peut plutôt penser que les diplomates français ont dans cette affaire pris une bonne leçon de la part de la diplomatie russe. N’est pas joueur d’échec qui veut.

    3) Certains parlent de l’émergence d’un monde bipolaire ou d’une nouvelle guerre froide entre les USA et la Russie, est-ce exact ?

    La guerre froide n’a jamais cessé. Elle s’était atténuée car à la chute de l’URSS les élites russes se sont retrouvées désorientées, à la tête d’un Etat à la dérive et aux mains de lobbies et groupes mafieux qui ont totalement parasitée tant le fonctionnement intérieur qu’extérieur du pays. Certains stratèges américains ont alors pensé qu’il suffisait d’accompagner l’effondrement inévitable de la Russie.

    Mais en 2000 à la surprise générale, un nouveau visage est apparu dans la politique russe. Un homme dont le projet politique, le redressement de la Russie, est en train de se réaliser. Ce redressement entre en conflit total avec les projets américains pour l’Europe et le monde, qui passait notamment par une prise de contrôle politique et militaire maximale sur la région Eurasie et la prise de contrôle des réserves énergétiques et des voix énergétiques d’Eurasie.

    Plus la Russie se relève et reprend sa position de puissance régionale et désormais (on vient d’en avoir la preuve avec la Syrie) de puissance mondiale, plus la tension entre Amérique et Russie va s’accroitre mais l’Amérique a de moins en moins les moyens de nuire à la Russie. On l’a bien vu historiquement du reste, le département d’Etat américain a d’abord mené la guerre contre la Russie sur son territoire (guerres dans le Caucase russe en 1994 et 1999), puis dans l’étranger proche russe (guerre de Géorgie en 2008) et désormais encore plus loin à l’extérieur des frontières russes (guerre en Syrie de 2011) car il s’agit d’une guerre directement dirigée contre la Russie comme je l’ai expliqué ici.

    4) En général, comment les Russes perçoivent la politique française et le mandat de Hollande plus particulièrement?

    Avec un relatif désintéressement mais une certaine incompréhension.

    Le peuple russe a clairement compris la nécessite d’un homme fort à la tête de l’état. Ils savent que la France traverse des moments troubles et donc ils se demandent pourquoi voter pour un socialiste qu’ils assimilent à raison du reste, à plus d’immigration et de laxisme.

    Par conséquent, les russes estimant qu’ils faillent moins d’immigrés et plus d’ordre, et ce de façon générale et permanente, chez eux comme chez nous, on peut comprendre leur relative incompréhension face au choix du peuple français de voter pour un candidat socialiste.

    5) Pour finir, Poutine est l’homme fort de la Russie, qui pourrait lui succéder dans un avenir plus ou moins lointain?

    Il y a une science qui est celle de la Kremlinologie et qui consiste à tenter de prévoir ce qui se passera au Kremlin. Je peux vous certifier qu’il s’agit de la science la plus incertaine et la plus improbable qui soit!

    Il y a de nombreux personnages clefs autour de Vladimir Poutine mais de la à prévoir qui sera le successeur de Vladimir Poutine c’est chose impossible croyez moi. On ne sait toujours pas du reste si Vladimir Poutine se présentera de nouveau en 2018 ce qui repousserait le nécessaire choix d’un successeur à 2024.

    D’ici la, beaucoup de choses auront inévitablement changé, en Russie comme ailleurs. Il est plausible que de nouveaux visages apparaissent et peut être de façon aussi surprenante ou inattendue que n’est apparu Vladimir Poutine en 1999.

    L’histoire russe est ouverte, contrairement à la situation actuelle dans nombre de nations ouest-européennes, et ce pour une raison principale: les élites russes ont réellement le pouvoir, elles sont souveraines et surtout elles ont un projet colossal pour le futur.

    http://medias-presse.info/?p=1022

  • Esclavage moderne au Qatar : l’émirat n’aime pas les curieux…

    DOHA (NOVOpress) – Deux semaines après la parution d’une enquête du Guardian sur les conditions de travail au Qatar, qualifiées par le quotidien anglais d’« esclavage moderne », une délégation syndicale internationale a été refoulée d’un chantier de l’entreprise QDVC, une joint-venture entre Qatari Diar, la division BTP du fonds souverain qatari, et la société française Vinci Construction.

    Au Qatar, les travailleurs immigrés (99 % de la main-d’œuvre dans le secteur du bâtiment) n’ont le droit ni de faire grève ni de former des syndicats. Salaires de misère (environ 150 euros par mois en moyenne), logements exigus et insalubres, passeports confisqués par l’employeur, accidents du travail ignorés, primes non versées… ils doivent travailler comme des forçats pour organiser sur place la très controversée Coupe du monde de football 2022.

    http://fr.novopress.info/142094/esclavage-moderne-au-qatar-lemirat-naime-pas-les-curieux/

  • A New York, la Fed en plein conflit d’intérêts avec Goldman Sachs

    Pendant deux ans, une inspectrice de la branche new-yorkaise de la Réserve fédérale (Fed) s’est inquiétée de ce que Goldman Sachs n’a pas les procédures adéquates pour se prémunir contre les conflits d’intérêts et a alerté son institution pour qu’elle prenne des mesures et vote la baisse d’une note confidentielle que la Fed attribue à la banque d’affaires américaine.

     

    Carmen Segarra devant la Réserve fédérale de New York, le 10 octobre 2013

     

    La dégradation de la note qu’attribue la Fed à un établissement financier entraîne en général des mesures coûteuses pour mettre en place les recommandations du régulateur et d’autres sanctions réglementaires, tout aussi onéreuses.

     

    Sauf que personne ne sait, en l’occurence, si le vote a de fait conduit à un changement de notation : l’inspectrice chargée du dossier, Carmen Segarra, a en effet été licenciée après avoir refusé de modifier ses éléments d’enquête, comme le lui demandaient ses supérieurs.

    Elle a porté plainte jeudi 10 octobre et accuse la Fed d’être elle-même en plein conflit d’intérêts : “Il y a un historique des employés qui sont venus de Goldman à la Fed et vice-versa. La direction travaillait chez Goldman“, pointe Mme Segarra, dénonçant à mots à peine couverts les liens étroits que le gouvernement américain, le Trésor et la Fed entretiennent avec l’établissement new-yorkais. Mme Segarra affirme en outre que son renvoi viole une loi fédérale qui protège les inspecteurs pointant des irrégularités dans le cadre de leur travail.

    APPLIQUER LE “DODD-FRANK ACT”

     

    Ancienne des universités Harvard et Columbia, passée par la Société Générale, Citigroup et Bank of America, Carmen Segarra n’est pas exactement une débutante à Wall Street. Spécialisée dans le droit des affaires, elle a été embauchée, aux côtés de plusieurs autres anciens de la finance en 2011, pour appliquer la loi Dodd-Frank sur la réforme et la réglementation du secteur financier.

     

    Dès son arrivée à la Fed, des enquêtes sur trois potentiels conflits d’intérêts concernant Goldman Sachs lui ont été confiées. Conformément aux directives de la Fed de New York, les banques sont tenues d’avoir “des processus pour gérer le risque de conformité dans toute l’entreprise, à la fois entre les activités de trading, de support, les départements juridiques et administratifs“.

     

    Un porte-parole de Goldman, Michael DuVally, a réagi en déclarant que son entreprise n’avait pas connaissance de discussions internes à la Fed de New York et a réaffirmé que la firme avait “une approche globale de la gestion des conflits à travers des politiques et des infrastructures au niveau du groupe et au niveau des divisions“.

     

    Sauf que Mme Segarra affirme exactement le contraire : “J’irai même jusqu’à dire qu’ils n’ont jamais eu une politique de prévention des conflits d’intérêts”, a-t-elle écrit à Michael Silva, un haut dirigeant de la Fed de New York, chargé des relations avec Goldman Sachs.

     

    RELATIONS OPAQUES PUBLIC-PRIVÉ

     

    Le procès, s’il a lieu, donnerait un aperçu des relations souvent opaques entre le public, en particulier les organismes de réglementation, et le privé, via le système de “revolving door“, c’est-à-dire d’allers et retours entre la banque et la haute administration. Pour ne citer qu’un exemple, Henry Paulson a été le président de Goldman de 1999 à 2006, avant d’être nommé secrétaire au Trésor par George W. Bush. Et l’actuel directeur de la Fed de New York est un ancien de Goldman, William Dudley.

     

    La banque n’a certes pas été reconnue coupable de délit d’initié dans la vente des produits pourris Abacus, taillés sur mesure pour des investisseurs pariant à la hausse sur le marché immobilier : Goldman Sachs a payé 550 millions de dollars pour solder les poursuites sans reconnaissance de culpabilité, mais ses méthodes douteuses ont été exposées au grand jour.

     

    Lire : Les “conflits d’intérêts” d’Abacus

     

    Selon le blog financier du New York Times, DealBook, des bruits courent dans la banque centrale régionale sur l’employée licenciée et son goût supposé pour les théories du complot. Pourtant, selon des documents internes consultés par le journal, lors d’une réunion en mars 2012, une vingtaine de personnes de la Fed de New York ont conclu à un manquement de Goldman dans ses procédures de prévention des conflits d’intérêts et donné leur accord de principe pour baisser la note de Goldman.

     

    Au final, des échanges de courriels entre Carmen Segarra et son supérieur prennent une autre tournure et témoignent d’une remise en cause du travail de l’inspectrice : le site Internet de Goldman Sachs mentionne effectivement une politique concernant les conflits d’intérêts, et cela est, pour Michael Silva, suffisant.

     

    Le Monde

    http://fortune.fdesouche.com/327727-a-new-york-la-fed-en-plein-conflit-dinteret-avec-goldman-sachs#more-327727

  • Les conséquences de la résolution 2118

    Bien que le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, se soit bruyamment félicité du vote de la résolution 2118 sur les armes chimiques en Syrie, ce texte marque à la fois la victoire de la Russie et celle du président Bachar el-Assad. Il porte en lui-même deux conséquences qui ruinent définitivement les prétentions franco-britanniques sur le pays.

    Une fois passé l’étonnement face au tête-à-queue US en Syrie, une nouvelle situation politique se fait jour correspondant point par point aux plans élaborés conjointement par la Russie et la Syrie en juin 2012, c’est-à-dire avant la conférence de Genève 1. À l’époque, le Kremlin envisageait de négocier un accord avec Washington à la fois pour régler la crise syrienne et pour permettre au président Obama de sortir de son tête-à-tête étouffant avec Israël. Cependant ce plan, qui allait devenir un projet de partage de la gouvernance au Proche-Orient, supposait la présence de troupes russes en Syrie. Le général Hassan Tourekmani avait alors proposé que des troupes d’interposition mandatées par les Nations Unies soient déployées par l’Organisation du Traité de sécurité collective (« l’Otan russe »), comme il existe déjà sur le sol syrien une Force des Nations Unies chargée d’observer le désengagement au Golan.

     

    L’idée de ce déploiement a fait son chemin. L’OTSC a signé un Protocole avec le département des Opérations de maintien de la paix de l’Onu en septembre 2012 qui lui permet, comme l’Otan, de sous-traiter des actions du Conseil de sécurité. Depuis un an, l’OTSC a préparé 50 000 hommes qui peuvent être projetés en moins de deux semaines. Mais Moscou craignait de tomber dans un piège : c’était pour détruire l’Armée rouge que la CIA avait créé, en 1979 avec l’Arabie saoudite, le mouvement jihadiste international aujourd’hui appelé Al-Qaëda. La Syrie serait-elle le nouvel Afghanistan de l’armée russe ?

     

    Compte tenu des hésitations et contradictions US, le projet fut interrompu, mais pas abandonné. Or, la solution de la crise des armes chimiques ouvre de nouvelles possibilités.

     

    En premier lieu, la résolution 2118 ne se contente pas de soutenir le plan russe de destruction des restes du programme chimique syrien des années 80, elle implique implicitement le maintien du président Bachar el-Assad au pouvoir pour au moins un an afin qu’il supervise cette destruction. Du coup, non seulement les grandes puissances occidentales ne réclament plus son départ, mais seraient favorables à un allongement de son mandat et à un report de la prochaine élection présidentielle.

     

    En second lieu, la transmission par la Syrie de la liste de ses stocks d’armes chimiques à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) les rend vulnérables, puisque cette liste ne manquera pas de parvenir à « l’opposition armée ». Malgré ses efforts, l’Armée arabe syrienne ne pourra pas à la fois combattre les jihadistes internationaux sur l’ensemble du territoire et défendre ses arsenaux. Prévoyant cette situation, les chefs d’État de l’OTSC, réunis autour de Vladimir Poutine le 23 septembre à Sotchi (c’est-à-dire quatre jours avant le vote de la résolution 2118 du Conseil de sécurité), ont donné ordre de se tenir prêts à sécuriser la destruction des armes chimiques, si le Conseil de sécurité en faisait la demande. Les troupes arméniennes, biélorusses, kazakhs, kirghizes, russes et tadjiks ne seraient plus déployées pour s’interposer entre les deux camps comme cela était envisagé il y a un an et demi, mais pour défendre les arsenaux de l’État. Leur mission serait donc beaucoup plus simple et efficace.

     

    Dans cette perspective, les 2 500 hommes de l’OTSC qui doivent participer à des manœuvres au Kazakhstan, du 7 au 11 octobre, procéderont à une simulation.

     

  • « Qui instrumentalise l’Eglise ? » de Martin Peltier

    « Comment certains lobbies tentent d’asservir Rome au politiquement correct »
    Le livre « Qui instrumentalise l’Eglise ? » n’a pas eu beaucoup d’écho dans la grande distribution. Pourtant, paru au printemps 2012, c’est-à-dire avant l’élection de Hollande, avant la loi Taubira sur le mariage des homosexuels, avant le retrait de Benoît XVI et les nouveautés du pape François, il paraît aujourd’hui rétrospectivement presque prophétique. Parce qu’il s’est posé des questions qui restent actuelles : Qui se sert de l’Eglise catholique ? Comment ? Pourquoi ? A quoi tendent les controverses dont elle est l’objet ? Que valent les reproches qu’on lui fait ? Qui sont ses ennemis, à l’intérieur et à l’extérieur ? Que veulent-ils ? Accessoirement, comment « lire » les actes et les paroles d’un pape ? Il s’agit là d’un vaste programme, que ce livre remarquablement documenté, et argumenté pied à pied, résume dans un sous-titre exprimant son hypothèse de travail : « Comment certains lobbies tentent d’asservir Rome au politiquement correct. »
    Peltier examine les groupes de pression à la manœuvre, certains avec des données nombreuses et probantes, groupes homosexuels, juifs ou chrétiens modernistes, d’autres un peu brièvement (francs-maçons, protestants anglo-saxons). La méthode retenue par tout ce beau monde est l’intimidation. Par le biais de controverses explicites, voire tonitruantes, et par une propagande diffuse, omniprésente dans les médias, ces lobbies tendent à faire honte à l’Eglise de son passé et de son enseignement pour la terroriser par l’image qu’ils en donnent.
    Quant aux buts visés par ladite manœuvre, trois sont principalement recensés :
    –      le premier, le plus évident, qui n’a pas besoin d’autre développement, est l’affaiblissement de l’enseignement traditionnel de l’Eglise sur les questions de mœurs et de foi – on en a vu maint exemple dans l’affaire du mariage gay ;
    –      le deuxième est l’asservissement de l’Église à l’idéologie des droits de l’homme et son enrôlement au profit du mondialisme politiquement correct ;
    –      le troisième, d’ordre théologique, est la mise sous tutelle de Rome, accompagnée d’un changement radical de sa doctrine et même de ses textes fondateurs, de sorte qu’elle ne soit plus que la servante d’un nouveau superpouvoir moral.
    L’ancien chroniqueur religieux du Monde Henri Tincq, l’un des gourous du catholicisme progressiste en France, tombait d’accord avec l’historien René Rémond pour « observer que l’opinion tolère mieux les prescriptions de l’Eglise dans le champ de la morale collective – justice sociale, droits de l’homme, paix et solidarité – que dans celui de la morale personnelle et sexuelle ». Autrement dit, que le pape s’occupe de ses affaires, ou plutôt qu’il ne s’occupe pas de celles des autres, mais qu’il fasse des déclarations socialistoïdes, qu’il promeuve l’immigration/invasion, et, là, on l’écoutera. La stratégie a été payante : en France comme en Italie, on a vu l’épiscopat en pointe dans la diabolisation des partis nationaux, FN ou Ligue du Nord, pour la défense des roms, des clandestins, etc. L’étude est parfaitement convaincante.
    Peltier ajoute que les prélats politiques d’aujourd’hui peuvent faire semblant de se fonder sur un texte de Pie XII, la constitution apostolique Exsul Familia Nazarethana d’août 1952, pour justifier leurs extravagances : la doctrine chrétienne, évidemment non raciste, comporte un droit à l’émigration, assortie de circonstances et de conditions et il suffit d’oublier les circonstances et les conditions pour faire de bon nombre d’églises européennes les complices revendiqués de l’invasion en cours. Le constat va plus loin : certains papes dits « conservateurs », sur le plan de la morale sexuelle, ou du dogme, ou de la liturgie, tels Jean Paul II ou Benoît XVI, peuvent être plus utiles en matière d’invasion que de plus modernistes, parce qu’ils rassurent les catholiques conservateurs, lesquels seront plus enclins à les écouter sur le plan de la « morale collective ».
    Le troisième but, sans doute le but ultime, des lobbies qui instrumentalisent l’Eglise, i.e. sa mise sous tutelle doctrinale et scripturale au profit d’un nouveau magistère moral, demandait une analyse plus fine et aussi plus longue et plus détaillée :
    - Une grande première partie est consacrée à l’examen des principales attaques dont l’Eglise a été la cible depuis les années quatre-vingt. Pourquoi ? Parce que, parmi les reproches qui lui sont ordinairement faits, certains (pédophilie, refus de la capote pour lutter contre le Sida, béatifications diverses, Pie XII, Isabelle la Catholique, célibat des prêtres, ordination des femmes, carmel d’Auschwitz, affaire Williamson, etc.), certains semblent faits de bonne foi. Bien des braves gens se disent, ma foi oui, on a beau ne pas être anticatholique, l’Eglise ferait bien de faire son mea culpa et de la mettre un peu en veilleuse. Il fallait donc étudier ces controverses en détail pour établir en quoi elles sont faibles, comment, par qui et pour quoi elles ont été agitées.
    Peltier démonte les erreurs de la vulgate anti-romaine, les intentions et les trucs de ses promoteurs, officines gaies, juives et modernistes souvent liées. Les chapitres sur la déclaration de Mgr de Berranger à Drancy, le prétendu silence de Pie XII durant la seconde guerre mondiale, la canonisation d’Edith Stein et le carmel d’Auschwitz sont véritablement sans réplique.
    On découvre à leur suite une entreprise, qui n’est pas cachée, et qui trouve des complices, tel Christian Terras, directeur de la revue « catholique » Golias, pour changer de fond en comble les textes chrétiens, leur exégèse, et en particulier la christologie, afin que le judaïsme conquière le primat intellectuel et moral parmi les religions. Après le prétendu « enseignement du mépris » viendrait l’enseignement de la prosternation : la Shoah devant remplacer la Croix, Auschwitz le Golgotha. Benoît XVI était judéophile et plutôt immigrationniste, mais il a préparé pour Jean Paul II la déclaration Dominus Jesus ; il n’était donc pas du tout malléable ni même compatible de ce côté-là. Son retrait a sûrement fait plaisir.
    Le livre se termine sur des questions, dont la principale est : Comment se défend l’Eglise, ou : Se défend-elle ? Ou encore : Comment lire le pape, sa politique et sa doctrine ? A l’époque, c’était Benoît XVI, ce n’était déjà pas facile ; aujourd’hui, avec François, ça ne s’est pas simplifié. L’ouvrage montre là son ambiguïté : l’auteur a deux regards, celui d’un observateur laïc et celui d’un croyant. L’observateur convainc, le croyant est parfois pathétique. Les catholiques le comprendront, les autres retiendront une œuvre riche, dépaysante, très utile dans de nombreuses controverses, et qui, sans révisionnisme proclamé, fait litière d’un nombre impressionnant de mythes et d’arguments faux.
     Marcelle Puttemans, 7/10/2013
     Martin Peltier, Qui instrumentalise l’Eglise ?, éditions Godefroy de Bouillon (www.godefroydebouillon.fr), 315 p.
    http://www.polemia.com/qui-instrumentalise-leglise-de-martin-peltier/

  • Lakim Faust, le tueur de Blancs que l’on vous cache

    WASHINGTON (NOVOpress) - Avez-vous entendu parler de Lakim Faust ? Lakim Faust est un américain de 23 ans. Il vient d’être incarceré pour le meurtre de quatre personnes en juin dernier, en attendant son procès. La presse locale – les médias nationaux sont plus silencieux… – vient de révéler que Lakim Faust « choisissait ses victimes parce qu’elles étaient blanches ». L’une d’entre elles est morte et les trois autres ont « des blessures traumatisantes à vie » (« A man who shot four people near a Greenville Walmart in June picked out his victims because they were white, according to several indictments handed down against him »).

    On doit cette révélation aux chefs d’inculpation retenus par le juge américain. Jusqu’à maintenant, la police était soigneusement restée silencieuse sur le sujet. Les enquêteurs ont fini par déclarer à la télévision avoir « saisi des ordinateurs et des documents au domicile de Lakim Faust, qui démontrent qu’il planifiait une attaque et voulait tuer un très grand nombre de personnes ». En effet, on a retrouvé une centaine de balles sur Lakim Faust au moment de son interpellation.

     

    Et si les rôles étaient inversés ? Que se serait-il passé si on avait retrouvé chez l’accusé, Blanc et choisissant ses victimes “parce qu’elles sont noires”, un plan de meurtre collectif ? N’aurait-on pas parlé de “tentative d’attentat” ? De “terrorisme” ? L’affaire n’aurait-elle pas été montée en épingle par les grands médias internationaux, avec déclarations solennelles de chefs d’Etat à l’appui ? Si, bien sûr. On aurait parlé d’“assassin d’extrême droite”, voire de “nouveau Breivik”. L’écho médiatique et officiel serait d’une portée phénoménale et les populations seraient à juste titre traumatisées.

    Mais Lakim Faust est noir. Si les rôles avaient été inversés, ce serait le plus gros fait divers de tout le monde occidental. Frustré de ne pouvoir déclarer la guerre à un pays quelconque en guise d’exutoire, Bernard-Henri Lévy se consolerait en se précipitant au devant de tous les micros pour se déverser en appels à l’ouverture à l’Autre…

    La seule omerta sur ce fait divers est la meilleure preuve du racisme anti-Blanc qui règne dans la presse occidentale. Des victimes blanches d’un tueur raciste avéré ne méritent pas la même couverture médiatique qu’une victime noire d’une bande de skinheads.

    Ce racisme-là n’intéresse personne. Car il fait peur : si les victimes d’un meurtre raciste sont des blanches, c’est que le coupable ne l’est pas. Il a alors de fortes chances d’être un immigré ou descendant d’immigrés extra-européens. Le phénomène du racisme anti-Blanc déchire le voile du mensonge multiracial et ruine l’utopie du métissage.

    Julien Langella,
    co-fondateur de Génération Identitaire

    http://fr.novopress.info/142088/lakim-faust-le-tueur-de-blancs-que-lon-vous-cache/#more-142088

  • Poutine plus cool que Fabius…

    Que serait notre monde sans vilains dirigeants étrangers et sans gentils écologistes ? On se le demande…
    Depuis le 24 septembre dernier, l’Arctic Sunrise, le brise-glace de Greenpeace, fait escale forcée à Mourmansk, tandis que sa trentaine d’occupants est en détention provisoire. Motif ? Pour protester contre les forages pétroliers en Arctique de Gazprom, le géant russe de l’énergie, ils avaient tenté sans succès le 18 septembre d’aborder sa plateforme Prirazlomnaïa.
    Ils entendaient ainsi dénoncer sa vétusté : cette plateforme présenterait selon eux de graves risques potentiels de marée noire « à proximité de réserves naturelles. »
    Les Russes, de leurs côtés, considèrent cette tentative d’abordage comme un pur « acte de piraterie ».
    Depuis, évidemment, c’est la guerre des communiqués et des demandes de pressions internationales pour régler l’affaire pour obtenir la libération des écologistes. De l’habituel, somme toute, tandis que les deux camps s’invectivent férocement…
    Pour le président Poutine, « ces gens ont enfreint le droit international. Nos forces de l’ordre, nos garde-côtes, ne savaient pas qui tentait de s’emparer de la plateforme sous couvert de l’organisation Greenpeace. »
    Pour Kumi Naidoo, directeur de Greenpeace International, « (les garde-côtes russes) nous ont suivis pendant près de 24 heures avant le début de la protestation. Nous avons une longue histoire de militantisme pacifique en Russie et sommes bien connus des autorités »… et de surenchérir en soulignant dans un communiqué qu’il s’agit ni plus ni moins que « de la plus grave atteinte contre nos activités pacifiques depuis que les services secrets français ont coulé le Rainbow Warrior en Nouvelle-Zélande, en 1985. »
    C’est que, justement, parmi les emprisonnés se trouve l’Américain Peter Willcox, capitaine de l’Arctic Sunrise, mais également du Rainbow Warrior, à l’époque.
    Il est donc assez cocasse de voir l’association écologiste en appeler le 4 octobre dernier à François Hollande pour intervenir en faveur de leur libération.
    L’actuel locataire de l’Élysée aura peut-être le bon goût (ou à défaut le sens du ridicule) de ne pas faire plaider la cause des greenpeaciens par Laurent Fabius, notre actuel Ministre des Affaires étrangères.
    Le terrible dictateur Vladimir Poutine, honni de tous les donneurs de leçons humanistes de la planète, pourrait lui faire remarquer qu’il s’est contenté, lui, de faire arrêter sans violence les trublions écologistes. Pas de faire exploser leur bateau comme les services secrets de la France mitterrandienne.
    Rappelons que Laurent Fabius, alors Premier ministre, avait été obligé d’admettre, le 22 septembre 1985 à la télévision, que les services secrets français avaient bel et bien mené l’attaque mortelle (un mort parmi l’équipage) du Rainbow Warrior : celui-ci faisait route vers Mururoa pour protester contre les essais nucléaires français.
    Maladroit et coupable à l’époque, ridicule aujourd’hui ? Pourquoi pas !

    Philippe Randa http://www.voxnr.com/cc/etranger/EFlEuEukklDUjUkPDQ.shtml

  • Discours d’Aymeric Chauprade à la tribune des Nations unies

    Voici le discours prononcé par Aymeric Chauprade le mardi 8 octobre à la tribune des Nations unies, 4ème commission, à propos de la question du Sahara occidental.

    À New York, la 4e commission des Nations unies, le 8 octobre 2013

    Excellence, Mesdames et Messieurs

    Durant ces dix dernières années, à plusieurs reprises à cette même tribune, je n’ai cessé de tenter d’avertir sur les risques géopolitiques immenses que faisaient peser sur la région sahélo-saharienne la combinaison infernale des séparatismes et du fondamentalisme religieux.

    Comme vous le savez, ce que l’on appelle désormais l’arc de crise saharo-sahélien est cette région immense couvrant plus de 8 millions de km2 de désert et plus de 3 millions de km2 d’un Sahel vide d’hommes. Le relief y est propice au camouflage de petits commandos mobiles et chaque tribu saharienne dispute avec les autres le contrôle des axes de commerce traditionnels. Des populations essentiellement nomades y ont hérité d’une tradition de concurrence pour les maigres ressources en eau et pâturages. Gorgée de ressources comme l’uranium, le fer, le pétrole, la région attise les convoitises des grands acteurs du monde multipolaire, tandis qu’elle est aussi une plaque tournante des flux migratoires clandestins vers l’Europe et l’un des axes principaux du trafic de stupéfiants avec désormais 15% de la production mondiale de cocaïne qui transite par le Sahara.

    Que se passe-t-il dans cette région depuis des décennies maintenant ? Dans le but d’accroître leur influence et d’affaiblir leurs voisins jouant un rôle stabilisateur, comme le Maroc et le Mali, d’autres grands États de la région, avec la complicité, tantôt naïve tantôt cynique, de certains pays occidentaux, ont favorisé les séparatismes sahraouis et touarègue avec, comme conséquence prévisible, l’accroissement du désordre dans toute la zone.

    Ce jeu a fini par se retourner contre tout le monde. La Libye du colonel Kadhafi d’abord a été rattrapée et avec l’éviction de celui-ci, c’est toute la politique sahélo-sahélienne qui s’est effondrée comme un château de cartes, laissant un vide de puissance qui libère les forces fondamentalistes et dope les trafiquants d’êtres humains, comme l’illustre encore récemment la tragédie de Lampedusa.

    La nouvelle Libye est réduite à une bande côtière coupée en deux blocs séparés par 1000 km de désert, avec la Tripolitaine qui regarde vers Tunis et la Cyrénaïque tournée vers l’Égypte. Plus personne ne contrôle les prolongements sahariens qui risquent de devenir un nouveau sanctuaire pour le fondamentalisme religieux de l’AQMI – Al Qaïda du Maghreb islamique.

    L’anarchie qui règne en Libye nous montre les conséquences de guerres inconsidérées qui, au nom des Droits de l’homme, prétendent libérer les peuples de régimes autoritaires mais aboutissent à des situations pires encore.

    L’un de ces résultats catastrophiques a été, cette année 2013, la déstabilisation du Mali. Les Touaregs du MNLA (Mouvement de libération de l’Azawad) de retour de Libye début 2012, ont repoussé l’armée malienne avant de proclamer l’indépendance de la province à forte identité touarègue. C’était sans compter sur la puissance financière des mouvances fondamentalistes, qui ont rapidement pris de vitesse les séparatistes touarègues et dont l’oeuvre destructrice en Afrique n’a pu être stoppée que par la décision courageuse de la France d’intervenir militairement dans la zone.

    Ce qui s’est passé au début de l’année 2013, cette rapidité avec laquelle un séparatisme a cédé la place au fondamentalisme, devrait nous faire réfléchir sur la situation du Sahara occidental. Nous en avons analysé les mécanismes lors d’un colloque important qui s’est tenu à la Sorbonne en février 2013 et dont nous publions les actes, en co-direction avec le professeur Frémeaux, sous le titre “Menaces en Afrique du Nord et au Sahel et sécurité globale de l’Europe“. Il est disponible ici en langue française, espagnole et anglaise et nous ne pouvons qu’en recommander la lecture aux participants de cette 4e commission.

    Ce qui s’est passé récemment au Kenya doit aussi faire réfléchir car le terrorisme de grande ampleur qui s’étend en Afrique est aussi le résultat du pourrissement de situations auxquelles nous n’avons pas le courage de donner fin grâce à des décisions fortes et justes.

    Mesdames et Messieurs, la leçon évidente de cela, sur laquelle j’essaie d’alerter depuis des années, est que l’affaiblissement des grands États-nations de la région par le jeu du séparatisme, fait le lit d’un fondamentalisme que rejette pourtant l’immense majorité des musulmans, non seulement dans l’arc sahélo-saharien, mais aussi dans l’ensemble du monde islamique.

    Après avoir failli laisser le Mali à des fanatiques religieux qui ont récupéré le projet séparatiste en un tour de main, est-ce cela que l’on veut pour le Sahara occidental, dans le Sud immense de cet autre grand État stabilisateur de la zone saharienne, le Maroc ?

    Ce Maroc qui dès juillet 2012, de manière visionnaire, appelait à une intervention urgente pour protéger le riche patrimoine du Mali et surtout sa population. Ce Maroc qui depuis des années, et pas seulement contre la menace du séparatisme sahraouis, mais aussi face à toutes les menaces séparatistes, ne cesse d’avertir ses voisins et le monde occidental quant au danger de l’émiettement des États-nations…

    Je m’adresse aux États de la région. Allez-vous laisser des forces qui s’appuient sur la combinaison de soutiens financiers lointains et de trafics criminels locaux, massacrer vos populations, détruire vos souverainetés, vos frontières, votre patrimoine culturel ?

    Je m’adresse au peuple algérien qui est contraint aujourd’hui de déployer 20000 hommes à ses frontières pour se protéger des dangers du fondamentalisme, et je lui demande d’ouvrir les yeux sur ces séparatismes fabriqués de toute pièce qui finiront par ramener le chaos sur le territoire algérien.

    Contrairement à ce qu’en disent certains, la question du Polisario ne peut être distinguée des questions touarègue et fondamentaliste. Chacun sait que les populations sahraouis sont travaillées par ces mêmes forces fondamentalistes comme l’ont été les populations touarègues, fait qu’en 2005 déjà le chef du Polisario reconnaissait lui-même dans les colonnes d’un journal algérien. Par quel miracle le Polisario aurait-il échappé à la dérive mafieuse et fondamentaliste que connaissent toutes les populations nomades du Sahara depuis plus de 10 ans ?

    Chacun le sait bien ici, et les élites algériennes doivent avoir l’honnêteté de le reconnaître, pas seulement par devoir de vérité mais parce que le temps approche où le séparatisme sahraoui va se retourner contre eux de manière cauchemardesque : l’idéologie du Polisario ne repose sur aucun fondement historique et géopolitique susceptible de conférer une légitimité à leur projet. Cette idéologie est si vide qu’elle sera balayée en un instant par le fondamentalisme si la communauté internationale commet l’erreur de laisser pourrir la situation ou de faire le jeu du Polisario.

    Il s’agit d’une construction idéologique artificielle née des circonstances de la Guerre froide. A partir du moment où aucune substance nationale n’existe et qu’en plus des générations de sahraouis n’ont connu que la culture totalitaire qui règne dans les camps de Tindouf, oseriez-vous parier, Mesdames et Messieurs, qu’une reconnaissance d’indépendance sahraouie ne tournerait pas rapidement au cauchemar fondamentaliste ?

    Je le répète, la région a besoin à la fois de justice et de pragmatisme, et ces deux mots sont la clé d’un retour à la stabilité.

    La justice c’est la reconnaissance des spécificités des uns et des autres, c’est à dire le cadre autonome. Le pragmatisme c’est la consolidation des États tels qu’ils existent aujourd’hui. Nous avons besoin de consolider les souverainetés du Maroc, du Mali, du Niger, de l’Algérie de la Libye, et nous pouvons le faire en aménageant des autonomies pour les sahraouis comme pour les touarègues, mais l’avenir c’est l’autonomie dans la souveraineté Mesdames et Messieurs, pas l’émiettement et l’affaiblissement des États. D’ailleurs, nos amis espagnols menacés par le séparatisme catalan ne commencent-ils pas à s’en rendre compte ?

    Mesdames et Messieurs, le Maroc a donné l’exemple ces dernières années en étant le premier à mettre en place les conditions d’une véritable autonomie sahraouie dans le cadre de la souveraineté marocaine. Cette formule, juste, équilibrée et pragmatique, car garante de la stabilité de la sous-région, c’est la formule d’avenir et c’est pour cela d’ailleurs que le fondamentalisme la combat avec une cruauté sans limites.

    J’invite tous ceux qui regardent le problème du Sahara occidental avec les vieilles lunettes idéologiques du passé, celles de la Guerre froide, à reconsidérer leur regard et à inscrire celui-ci dans la réalité géopolitique du moment. La nouvelle ligne de fracture sépare bien ceux qui souhaitent conjuguer souveraineté des États et autonomies, les mêmes défendant un islam modéré et enrichi des traditions locales, et ceux qui, a contrario, veulent purement et simplement détruire l’État-nation au profit d’un projet religieux extrémiste.

    Aux idéalistes sincères dont la clairvoyance politique est hélas masquée par leur compassion bien légitime pour les populations de Tindouf, je dis, ne soyez pas les idiots utiles du fondamentalisme qui est en train de gangrener tout le Sahara. Les grandes puissances attachées à la défense de l’intégrité territoriale et de la souveraineté, je pense à la Chine, à la Russie, à l’Inde, au Brésil, à la Turquie et à bien d’autres, doivent peser, elles aussi, de tout leur poids afin qu’une solution juste et réaliste soit enfin apportée à ce conflit. Elles comprennent déjà sans doute que la validation d’un nouveau séparatisme aurait des conséquences internationales néfastes.

    Les populations sahraouies du Sud du Maroc ont le droit à un avenir stable et au développement. Elles ont compris, dans leur très large majorité, que le Maroc pouvait offrir cet avenir. Il est donc du devoir des Nations unies d’entendre ces populations qui veulent construire leur avenir dans un État moderne, respecté, écouté, et stabilisateur pour l’Afrique.

    Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, je vous remercie de votre attention.

    Aymeric Chauprade
    Professeur de géopolitique

    http://www.realpolitik.tv/2013/10/discours-daymeric-chauprade-a-la-tribune-des-nations-unies/

  • Kosovo : Quelques années après le Grand Remplacement

    Kosovo, août 2013 : un étrange mélange d’absurde, d’horreur, de charme et de merveilles.
    Au Kosovo, l’intervention « occidentale » contre la Serbie, effectué au nom de la protection humanitaire des Albanais musulmans, a débouché sur l’épuration ethnique des Serbes orthodoxes. Quatorze ans plus tard, voici le témoignage d’une correspondante italienne sur la situation réelle.
    Polémia.

    Kosovo, août 2013

    L’absurdité d’un « Etat » qui naît de bombardements de civils et d’intérêts étrangers plutôt que d’une histoire et d’une volonté nationales.

    Un « pays » où le choc des civilisations se manifeste en tout : aux noms serbes barrés sur les panneaux ; aux cimetières chrétiens en ruines parce qu’il est interdit aux Serbes de s’y rendre ; aux drapeaux albanais plantés sur les milliers de maisons en construction avant même que celles-ci ne soient finies…

    Le peuple serbe, celui-là même qui baptisa les fleuves, montagnes et villages du Kosovo ; qui y construisit ses splendides monuments ; qui mit en valeur le territoire, y est aujourd’hui enfermé dans des enclaves, prisons à ciel ouvert. Dangereux d’en sortir car chaque contact entre les deux communautés, serbe et albanaise, pourrait dégénérer en un conflit qui enflammerait à nouveau la poudrière balkanique. Et de toutes façons, il n’y a rien ici pour un Serbe hors de son enclave.

    Les Serbes des autres villes et villages de ce qui était encore avant 2008 une région de la Serbie, ne peuvent toujours pas retourner dans leur maison. Ils en furent sauvagement chassés durant les pogroms de 2004 où huit d’entre eux trouvèrent la mort et une grande part de leur patrimoine religieux et architectural fut détruite (1). L’absurde est que cette chasse au Serbe se produisit devant 20.000 soldats des forces militaires internationales, immobiles et incapables de freiner la furie albanaise.

    Avec le départ forcé d’environ 300.000 Serbes, la situation s’est beaucoup calmée. Pourtant, on tue encore au Kosovo. En avril 2013 un vieil homme serbe a été assassiné pour avoir revendiqué la propriété de sa maison. Oui, ici l’on meurt pour vouloir vivre sur la terre de ses ancêtres (2).

    Alors on reste dans son enclave. Cela signifie ne plus avoir de travail, être coupé du reste du monde, devoir prendre un des rares bus rigoureusement titrés « service humanitaire » pour se rendre chez le médecin… à plusieurs centaines de kilomètres : en général à Kosovska Mitrovica, cette absurde ville coupée en deux par un pont où les positions des snipers (albanais au sud, serbes au nord) sont encore aménagées et prêtes à l’emploi.

    Mitrovica, une ville de la République du Kosovo pour certains, une ville de la Serbie pour d’autres.

    La contradiction de cet Etat fantoche se profile dès que l’on y pénètre, en traversant la douane kosovare d’une part (où sont toujours présents les militaires de la mission européenne Eulex) et, quelques mètres plus loin, une simple ligne administrative de la Serbie qui ne reconnaît pas l’existence de la République du Kosovo et jure qu’elle ne lâchera jamais ses citoyens restés dans le berceau de leur nation.

    Une promesse cependant peu visible dans ces enclaves : pourquoi si peu est-il fait ? Pourquoi est-ce la solidarité internationale, et souvent de petites associations de bénévoles, qui sont là pour fournir le matériel nécessaire à ce qui reste de quelque hôpital quand il y en a un ? Pourquoi sont-ce ces associations (Amici di Decani, Belove Revolution, Solidarité Kosovo) qui, avec les monastères, parviennent à porter un repas quotidien aux Serbes des enclaves les plus isolées ?

    Parce que la réalité des enclaves serbes c’est l’abandon : politique, médiatique, humain.

    En Kosovo et Métochie (3) ce ne sont pas seulement ces situations qui rappellent l’horreur de la guerre et des pogroms, c’est la suie partout visible dans les anciens quartiers serbes ; les traces de bombardements ; les établissements productifs détruits ou abandonnés ; les gravats des monastères démolis ; la présence des soldats internationaux devant chaque site chrétien…

    Et si cette horreur ne saute pas encore aux yeux, les plaques érigées en honneur des  terroristes de l’Uçk s’en chargeront : tous les deux cents mètres un monument, décoré du récurrent drapeau rouge avec l’aigle noir à deux têtes. Car dans la tradition des Albanais, chaque place où a coulé le sang albanais devient terre albanaise. Une autre façon – outre la volonté de se faire identifier comme les seuls « kosovars » (4)  – de légitimer leurs revendications sur ce territoire.

    L’horreur, ce sont aussi les plaques des dizaines ou des centaines de Serbes victimes d’un des plus féroces trafics d’organes de l’histoire (5) ; et aussi les jeunes filles qui vendent leur corps et leur dignité pour quelques euros.

    Ce sont les conditions d’existence d’un peuple européen qui nous ressemble tant, mais qu’une situation politique empêche de vivre comme nous, la dépression qui touche les plus âgés, ceux qui ont connu une vie « normale » avant la guerre et l’indépendance.

    Voici donc le résultat de siècles de déplacements artificiels de populations et de stratégies géopolitiques étrangères.

    Le charme d’un peuple qui a maintenu son identité

    Le Kosovo c’est aussi le charme d’un peuple qui, malgré l’horreur et l’absurdité de sa situation, a maintenu vivante son identité à travers les siècles, pendant lesquels diverses forces et empires ont tenté de faire oublier son histoire et sa culture. Ottomans, Austro-Hongrois, Yougoslaves de Tito, Albanais et Américains. Non, il n’est pas si facile d’effacer l’existence des Serbes en Kosovo et Métochie !

    Une identité forte, faite de fierté et d’obstination, d’extrême hospitalité et dignité. Un des traits de caractère serbes les plus séduisants est leur haut sens de la famille, unie, harmonieuse et nombreuse. La revoilà l’obstination serbe : il vit dans un enclos dévasté mais ne connaît pas le fils unique et continue à faire des enfants !

    Impossible donc de ne pas tomber sous le charme des personnes rencontrées le long du chemin : celles qui ont décidé de rester sur leur terre quoi qu’il en coûte, maintenant, et transmettant la civilisation serbe au Kosovo ; celles qui consacrent leur vie à aider cette minorité ostracisée, à améliorer le monde dans ce petit coin du  continent. Une présence qui procure joie et espérance aux autochtones et qui se concrétise dans la construction de maisons pour les plus démunis, la création d’écoles, de cantines populaires, de fermes sociales, l’approvisionnement hospitalier et pharmaceutique… Une fraternité européenne touchante et… nécessaire, car tout manque ici. Du lait à la liberté.

    Et s’il y en a pour ne pas vouloir partir, c’est aussi parce que le Kosovo est le cœur historique de la Serbie, siège de l’Eglise et du patriarcat serbe orthodoxe (6). C’est en entrant dans un de ses nombreux monastères que l’on en comprend la portée : l‘émerveillement l’emporte. Le patrimoine religieux et architectural est d’une incroyable richesse : depuis les somptueuses icônes qui recouvrent chaque centimètre des intérieurs des monastères jusqu’aux reliques mystérieusement intactes du saint roi de Serbie Stefan, aux premières traces d’alphabet cyrillique reporté sur une antique croix de bois, au grandissime – par taille et importance – chandelier fait de la fonte des armes des héros tombés à la bataille de Kosovo Polje (7). Oui, c’est ici que tout cela se trouve, ici, c’est la terre sacrée des Serbes. Avec la beauté en plus.

    Ces monastères sont bien plus que des lieux de culte ou des galeries d’art. Ils font partie intégrante de la société serbe. Ils sont le refuge instinctif de la population en cas de danger, le lieu de travail de nombreux habitants des enclaves, l’autorité et la représentation pour un peuple séparé de ses institutions. Les prêtres et les moines sont en étroit contact avec la population et font preuve d’une chaleur humaine et d’un sens du réel qui souvent font défaut ailleurs. Leur fonction sociale est évidente : guides spirituels, bien sûr, mais garants d’une identité surtout.

    Pour combien de temps encore cette identité, cette culture, ces personnes résisteront-ils ?

     Audrey D’Aguanno, 8/10/2013

     Notes :

    1. Cent cinquante églises ou monastères y ont été détruits depuis la guerre de l’OTAN de 1999. Pendant la même période, quatre cents mosquées ont été bâties, grâce aux générosités d’autres pays comme la Turquie ou l’Arabie Saoudite.
    2. Après les pogroms les Albanais se sont installés dans les maisons des Serbes, qu’ils continuent d’occuper abusivement. Les archives ayant été brûlées et avec elles les cadastres, impossible pour les Serbes de prouver la propriété de leur demeure, qu’ils devraient de toute façon enregistrer auprès de l’administration ou de la police kosovare… entièrement composées de Kosovars d’ethnie albanaise.
    3. Le nom complet de la région, Kosovo et Métochie, est d’origine serbe. Le second terme faisant allusion à « la terre des monastères » il fut abandonné car témoignant de son passé serbe et chrétien. Ces mots n’ont, en revanche, aucune signification en langue albanaise.
    4. Le terme de kosovar semble désormais désigner les habitants ethniquement albanais du Kosovo, au grand dam des Serbes.
    5. La plupart des enquêtes sur le trafic d’organes (source de financement de l’Uçk) ont été ensablées par l’ONU. L’actuel premier ministre et ex-commandant de l’Uçk, Hashim Thaci, ainsi que plusieurs autres hauts fonctionnaires du Kosovo sont toujours mis en examen pour leur implication dans ce trafic.
    6. La région compte la plus grande concentration de sites sacrés chrétiens des Balkans.
    7. La bataille de Kosovo Polje a opposé, en 1389, 12.000 guerriers serbes à 50.000 soldats de l’armée ottomane. La défaite des Serbes signa le début de la conquête turque des Balkans.

    http://www.polemia.com/kosovo-quelques-annees-apres-le-grand-remplacement/

  • Marche mondiale contre Monsanto

    Le 12 octobre 2013, pour la seconde fois de l’année, des citoyens du monde entier marcheront contre Monsanto (&co) – la multinationale de l’agrobusiness, des organismes génétiquement modifiés et de leurs pesticides associés.

    Déjà le 25 mai dernier dans 52 pays, plus de 2 millions de personnes manifestaient leur volonté d’une agriculture plus saine, respectueuse des paysans, garantissant notre santé et celle de nos enfants.

    Alors que partout dans le monde l’indignation fait trembler les gouvernements, mobilisons-nous pour montrer que les peuples refusent le diktat de quelques multinationales qui marchandisent nos vies et la nature. Nous, citoyens, réclamons la fin des monopoles sur nos aliments, refusons les OGM, et plus encore désirons apporter notre soutien aux porteurs d’alternatives, à la fois solidaires, responsables et écologiques.

    Ce samedi 12 octobre, le collectif citoyen les Engraineurs invite tous ceux qui souhaitent entrer dans cet esprit de résistance mondiale à se joindre à un pique-nique convivial et généreux auquel chacun est appelé à venir partager ses plats.

    Une prise de parole sur les alternatives à l’agrobusiness sera suivie de multiples ateliers, foire aux initiatives, auxquels tous serons conviés à participer et à partager leurs expériences. De nombreux artistes interviendront tout au long de l’après midi et des stands seront organisés pour les enfants !
    Le 12 octobre 2013 de 12h30 à 17h: Venez manifester, venez participer, venez partager ! Place de la Bataille de Stalingrad, 75019 Paris – Métro : Jaurès/Stalingrad

    ATTENTION : Comme le 25 mai dernier, il s’agira d’une manifestation non partisane. Cela signifie : pas de drapeaux ni de tractage de partis politiques, quels qu’ils soient. Et aussi, LES BANDEROLLES ET PANCARTES DEVRONT ÊTRE EN RAPPORT AVEC LE SUJET OGM, PESTICIDES, ABEILLES : les messages ne répondant pas à cette consigne (PMA, Chemtail etc) seront systématiquement écartés, les organisateurs seront extrêmement vigilants à ce que cela soit respecté. Merci.

    Tract à télécharger ici.
    Pétition
    Page pour le covoiturage
    Trouvez votre manifestation

    http://fortune.fdesouche.com/327003-marche-mondiale-contre-monsanto