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lobby - Page 1696

  • Jean-Philippe Chauvin : Le référendum, déni de la démocratie représentative ? Ma réponse à Jean-Marie Colombani (2)

    Décidément, le référendum agace ou fait peur, au moins à une partie de la « classe dominante », et M. Colombani ne manque pas à la liste des dénonciateurs de ce mode d'appel au peuple souvent mal considéré dans la plupart des pays européens. Ainsi, dans son article de Direct-Matin du lundi 6 juillet, le deuxième argument de Jean-Marie Colombani contre le Grec Tsipras est donc un grand classique : « Deuxième illusion : le référendum serait le triomphe de la démocratie. Il s'agit pourtant d'abord d'un déni de la démocratie représentative, de la part d'un gouvernement qui, fuyant ses responsabilités de peur d'avoir à assumer des mesures impopulaires, trouve un dérivatif. » Un déni de la démocratie représentative ? Cela mérite examen, mais rappelle furieusement l'argumentaire des parlementaires socialistes et républicains de tous les bords contre le recours au référendum (« au plébiscite », disaient alors certains, reprenant le terme employé par les pouvoirs napoléoniens, premier et second, au XIXe siècle) par le général de Gaulle qui avait ainsi, à la grande fureur des députés dépossédés et impuissants, fait avaliser par le peuple électoral français l'élection du président de la République au suffrage universel direct, en 1962.

    En fait, la réalité est moins simpliste que le propos de M. Colombani : le référendum s'apparente effectivement à une forme de démocratie directe plus « immédiate » et qui appelle une réponse claire, concise et, d'une certaine façon, qui tranche quand la démocratie représentative incite plus à la négociation, à la manœuvre ou au compromis (voire à la compromission) : c'est peut-être ce côté « tranchant » du référendum qui déplaît tant aux appareils politiques et partisans qui n'y retrouvent pas vraiment leur compte car un référendum « divise » souvent les partis eux-mêmes. C'est aussi sans doute ce court-circuitage des assemblées, « doublées » par l'appel direct aux électeurs, sans intermédiaires représentatifs, et qui rend ces derniers et leurs institutions apparemment inutiles : d'ailleurs, il m’apparaît très significatif que le corps électoral se soit plus mobilisé à l'occasion du référendum de mai 2005 sur le Traité constitutionnel européen que lors des consultations électorales suivantes pour la désignation des députés européens, ces dernières battant des records d'abstention, symbole d'une certaine fatigue démocratique ou d'un désaveu non moins démocratique...

    En somme, le désamour démocratique actuel n'est-il pas, aussi, la marque d'une moindre efficacité ou popularité (ou les deux à la fois) d'un système parlementaire qui souffre d'un éloignement de sa base citoyenne et de l'accélération du temps (en fait d’une perception différente de celui-ci, renforcée par les moyens modernes de l'information et par les réseaux sociaux d'origine technologique qui « écrasent » le temps, et donc imposent une sorte d'impatience permanente) ?

    Mais, pour autant, le référendum est-il un « déni de la démocratie représentative » à tout coup ? Dans le cas grec, cela serait plutôt, et au moins pour la Grèce elle-même, le contraire ! Effectivement, c'est le gouvernement issu des urnes de janvier dernier, qui dispose d'une majorité au parlement, qui en appelle à tous les électeurs au lieu de s'en remettre uniquement aux siens, à sa majorité parlementaire (qui lui aurait, de toute façon, donné son aval face aux créanciers) ou au lieu, comme cela se peut en France (mais pas en Grèce, me semble-t-il), d'appliquer un « 49-3 » qui aurait tous les aspects d'une défiance du Pouvoir à l'égard de sa propre majorité, ce qui n'est visiblement pas le cas à Athènes... Ainsi, M. Colombani me semble bien mal fondé à parler comme il le fait du référendum hellène, car ce dernier me semble plutôt « doublement » démocratique, d'autant plus que M. Tsipras n'avait pas d'obligation constitutionnelle à le convoquer : c'est plutôt un moyen de légitimer à nouveau, et même de « sacraliser démocratiquement » sa politique face à ses partenaires internationaux. La réaction de M. Colombani, a contrario, montre sa propre peur du corps électoral, et des peuples en général, à qui il semble ne vouloir accorder que le droit de désigner épisodiquement des représentants qui, ensuite, pourront faire ce qu'ils veulent ou ce que veulent ou exigent d'autres, au-delà des instances démocratiques, y compris à rebours des programmes ou des promesses qui leur ont permis de se faire élire...

    Est-ce « fuir ses responsabilités de peur d'avoir à assumer des mesures impopulaires », comme le prétend encore M. Colombani ? N'est-ce pas, au contraire, associer les électeurs à la prise de décision et de direction, les responsabiliser au risque d'en assumer les conséquences, quelles qu'elles soient ? Dans une situation difficile, cette forme de mobilisation électorale peut se défendre et me semble audacieuse : à défaut de résoudre le problème de la dette grecque, elle engage concrètement les citoyens qui, justement, ne peuvent plus se défausser sur le parlement, trop souvent dénoncé (et souvent à raison dans nos démocraties représentatives contemporaines assimilées de plus en plus à des oligarchies « illégitimes » si elles peuvent être légales) comme « le tombeau des espoirs du peuple »... Les réactions des partisans du « Oxi » grec insistent d'ailleurs sur ce point : reprendre en main leur destin, même si celui s'annonce bien incertain et, peut-être même, cruel, est le plus important : en somme, rompre avec le sentiment de dépossession qui, trop souvent, prévaut en démocratie représentative !

    M. Colombani, faute de s'extraire du mode de pensée oligarchique d'une certaine « classe discutante » (selon l'expression de Max Weber), ne peut pas vraiment saisir cette sorte de « révolution politique » qui, pourtant, n'en est une que parce que les démocraties et les institutions européennes comme internationales ont négligé ce qui fait le fondement de toute véritable légitimité : non le peuple (au sens du corps civique « unique » de la nation) en lui-même, mais le service de celui-ci, de son présent comme de son avenir, et de ses différentes composantes, aussi diverses et hétérogènes soient-elles, sa « satisfaction » (qui se doit d’éviter d’être une flatterie démagogique, mais doit valoriser le meilleur de lui-même en tant que peuple « communauté de destin ») par le service de sa structure d'accueil et de vie, éminemment politique, et que les anciens Grecs nommaient la Polis, ou « Cité », en attendant qu'elle devienne Etat.

     

    Si l’on s’extrait du contexte hellène, et que l’on se penche sur le cas de la France, il n’est pas inutile de se rappeler des propos de Pierre Boutang : ce philosophe monarchiste considérait que, dans notre pays et au regard de son histoire politique, la République était incapable de mener cette révolution civique, et que la Monarchie, si elle revenait, ne devrait pas, elle, oublier cette source de la légitimité politique : « le droit du Prince naît du besoin du peuple »... Et ce droit comme ce besoin peuvent s’accorder, sans doute, par le moyen du référendum (qui n’est pas une fin, juste un outil), ce moyen qui fait si peur à notre cher M. Colombani ! Une leçon à méditer, en somme, au-delà de la seule Grèce qui, comme dans l’Antiquité, nous donne peut-être quelques nouvelles occasions de (re)penser la politique…

    (à suivre, ce soir ou demain : encore quelques réponses aux arguments de M. Colombani…)

    http://nouvelle-chouannerie.com/index.php?option=com_content&view=article&id=1236:le-referendum-deni-de-la-democratie-representative-ma-reponse-a-jean-marie-colombani-2&catid=49:2015&Itemid=60

  • USA : « 40 noirs lynchent un blanc » parce qu’il est blanc

    Une vidéo et un fait divers que l’on ne verra pas dans les médias français aux ordres. Par contre lorsqu’il s’agit de faire pleurer la ménagère sur le sort de gangsters noirs tués par la police américaine (tout comme les gangsters blancs), il y des candidats.

    Trouvé sur FDS :

    Une vidéo choquante, diffusée sur les réseaux sociaux, montre un homme inconscient entouré d’une foule de badauds qui ricane et se moque de lui.

    Cette vidéo a été filmée tard samedi soir dans Cincinnati juste après les célébrations du 4 juillet. L’homme a été attaqué par une bande de jeunes Noirs a rapporté un officier de police présent au moment des faits sur les lieux de l’agression.

    « J’ai été témoin d’une attaque sournoise à 40 contre 1, c’était 40 jeunes noirs qui se sont déchainés sur ce pauvre homme, Blanc. Il n’a rien fait de mal mis à part le fait d’être Blanc…« 

    Traduction résumée par Fdesouche, d’après l’article du New York Post

     

    Le rapport de police indique clairement qu’il s’agit d’une agression Anti-Blanc

    http://www.contre-info.com/

  • Poutine cristallise la haine occidentale envers la Russie

    Nos dirigeants ne sont plus que des boules de haine prêtes à fondre sur n’importe quel individu ou nation. Ne supportant plus le débat, ils cherchent à imposer les dogmes atlantistes par la contrainte ou la force.

    « La haine rend non seulement aveugle et sourd mais incroyablement bête » (Konrad Lorenz).

    Comment ne pas voir les désastres économiques qui se profilent en poussant la Russie à se tourner vers l’est ? La Russie aurait pu permettre de tisser des liens avec les pays du BRICS 1 et de l’OCS 2. À la vitalité extérieure, nos dirigeants préfèrent s’enfermer dans le cercueil bruxellois.

    Ils ont été sourds aux cris d’un peuple grec ravagé par une austérité venant principalement d’un endettement lié à des dépenses militaires ordonnées par l’OTAN pour faire prospérer le complexe militaro-industriel occidental. Combien de retraites ou d’emplois sacrifiés pour un F-16 américain financé par la dette ?

    Lire la suite 

  • Les USA orchestrent la politique de Kiev: la preuve dans le texte

     

    Source : Sputnik

    L’ancien ministre ukrainien des Affaires étrangères Leonid Kozhara a publié le 3 juillet sur sa page Facebook un extrait de la lettre du sénateur américain Dick Durbin au premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk, dans laquelle il donne des conseils sur la gestion des ressources humaines au sein du groupe dirigeant en Ukraine.

    Cher Monsieur le Premier Ministre Iatseniouk,

    Je vous écris afin de vous assurer que le Sénat continue d’avoir confiance en vous et partage vos préoccupations concernant le licenciement imminent du président Piotr Porochenko, l’une des figures clés du gouvernement ukrainien, entièrement dévoué à la promotion de la démocratie dans votre pays. Je suis d’accord qu’il est nécessaire de faire tous les efforts pour garder Alexeï Pavlenko à son poste de ministre de la politique agraire de l’Ukraine. Son licenciement créerait des obstacles supplémentaires à l’expansion de la coopération entre les entreprises agricoles des Etats-Unis et l’Ukraine. Je crois aussi qu’il est crucial de s’assurer que Yuri Nedashkovsky restera président de la société Energoatom (Compagnie nationale de production d’énergie nucléaire d’Ukraine, ndlr).

    On peut déduire de la lettre que M. Durbin et M. Iatseniouk ont négocié sur des remaniements au sein du gouvernement ukrainien à différents moments. Le sénateur écrit notamment que ses collègues se sont mis d’accord et partagent entièrement son point de vue selon lequel ni Vladimir Demchishin, le ministre ukrainien de l’énergie, ni Sergueï Kostiuk, directeur de Ukrgazvydobuvannya, une entreprise spécialisée dans l’exploration et la gestion pétrolière et gazière, ne répondent aux exigences de leurs fonctions. Pourtant, pour le moment, il n’existe aucune solution claire s’agissant du ministre de l’Intérieur Arsen Avakov.

    “Les voilà, de vrais marionnettistes de la politique ukrainienne moderne”, déplore Leonid Kozhara

    Crédit photo : Sénateur Dick Durbin via Flickr (CC) = Center for American Progress Action Fund

    lettre senateur us a ukrainehttp://fr.novopress.info/

     

  • Thomas Guénolé persiste à vouloir déchristianiser les jours fériés

    Thomas Guénolé suggère, depuis un certain temps, de déchristianiser les jours fériés. Marion Maréchal-Le Pen avait vivement réagi à cette proposition dans l’entretien publié dans le trimestriel Charles.

    Pour le politologue, sa proposition ne constitue pas un “délire”. elle lui semble argumentée et réfléchie. Pour lui, “au sens strict de la loi de 1905 (la vraie), la laïcité est la séparation de l’Etat et des églises. Elle inclut, entre autres points, la stricte neutralité de l’Etat envers les opinions spirituelles de tous, quelles qu’elles soient. Cette neutralité s’applique même aux locaux de la puissance publique et aux individus, élus ou fonctionnaires, qui l’incarnent. Il est donc contraire à la laïcité –au sens de 1905 et sans même virer au laïcard– que six jours fériés de notre République le soient en référence à des fêtes religieuses”.

    Mais Thomas Guénolé va encore plus loin en défendant une France sans racines et sans identité :

     

    Votre France distingue les Français de souche et les autres. La mienne ne voit que des citoyens français.

    Votre France s’obsède pour certaines racines, chrétiennes, de l’arbre national. La mienne se préoccupe de son tronc laïc et de ses fruits républicains.

    Votre France est différentialiste: elle définit des castes dans la société, basées sur des différences essentialisées selon la couleur de peau, la religion, le pays d’origine; l’ethnie. La mienne est méritocratique: elle veut la réussite de chacun strictement selon son talent; elle veut l’intégration de tous, dans l’exigence que tous adhèrent aux valeurs républicaines (ces valeurs auxquelles vous-même n’adhérez pas).

    http://fr.novopress.info/

  • Pourquoi le chiffre de « 89 mosquées salafistes en France » est biaisé

    Le chiffre de 89 mosquées salafistes a été divulgué afin de rassurer la population, car sur 2400 mosquées (et 300 en chantier!) cela fait 3,7 %, une quantité ultra minoritaire. Mais à quoi se réfère cette typologie « salafiste » ? En réalité, ce chiffre ne correspond qu’à une sous famille salafiste, celle qui adhère à la vision de Ben Laden ou du « calife » Al-Baghdadi. Car il faut bien comprendre que le voie salifiya classique et majoritaire se réfère aux wahhabites dont les gardiens du temple sont les fameux savants et cheikhs (shouyouk) officiels de l’Arabie Saoudite : Al-Otheymine, Al Albani, Ibn Baz, Al-Fawzan, dont les héritiers actuels comme Haytham Sarhan enchainent les tournées dans les grandes mosquées françaises. Comme ils condamnent les méthodes d’Al-Qaida et de l’Etat Islamique, ils ne sont pas comptabilisés dans les mosquées « salafistes djihadistes/takfiristes ». Mais si leurs moyens pour arriver au pouvoir divergent, proposent-ils pour autant un islam moins modéré ? Pas du tout, les peines légales (hudûd) approuvées par ces pontes contemporains des universités de Médine ou de Riyad prescrivent de condamner à mort les musulmans coupables d’innovation dans leur religion (bida’) de tuer apostats (murtad), hérétiques (zindinq) homosexuels et d’expulser tout chrétien pratiquant de la Péninsule Arabe, entre autre.  Ce salafisme classique gangrène nombre de mosquées françaises, et même des grandes comme à Puteaux, Clamart, Pontoise, Mantes, Longwy, Chanteloup, Cannes, Roubaix, Massy, Le Mirail…
     

     

     
    Jusqu’à son expulsion en 2004 pour appels à la violence et liens avec l’islamo-terrorisme, le leader salafiste de la région lyonnaise Abdelkader Bouziane donnait des conférences à la Grande Mosquée de Lyon, qui n’est pourtant pas comptabilisée dans le chiffre des 89, correspondant à des petites salles de prières expurgé de toute « grande mosquée » afin de ne pas effrayer les français.
     
    Autre catégorie salafiste qui ne rentre pas dans le chiffre des 89 mosquées, le « salafisme réformiste » ainsi que les islamologues classent les Frères Musulmans, représentée ar l’UOIF. L’imâm Tareq Oubrou de l’UOIF affirmait dans une de ses conférences il y a encore quelques années:  « L’imam Al-Banna veut qu’on soit comme des salafistes car on interprète pas, car l’interprétation peut prêter à l’abus (…) tout homme qui réfute un verset formel du Coran, ou bien qui interprète un verset du Coran abusivement est considéré comme en dehors du cercle de l’islam » .L’idéologie des Frères Musulmans est aussi totalitaire que celle des wahhabites, même si ces deux groupes sont rivaux et se critiquent âprement. Il ne s’agit que de querelles intra islamistes portant sur le leadership de l’islam mondial. L’UOIF en France contrôle nombre de Grandes Mosquées telles que Caen, Poitiers, Mulhouse, Nîmes, Nice, Lille, Beauvais, Cergy etc.
     
    En quoi les cheikhs vénérés et invités par l’UOIF qui appellent à conquérir l’Europe et à tuer apostats, juifs et homosexuels, tout en soutenant les Frères d’Egypte qui ont attaqué des dizaines d’églises, seraient-ils à long terme moins dangereux ? Nous nous référons aux cheikhs Qaradawi, Suwaidan, Hijazi, entre autre.
     
    Donc pour résumer, si on ajoute aux mosquées salafistes/takfiristes préconisant le jihâd immédiat, les mosquées wahhabites s’abreuvant aux « savants » saoudiens, et les mosquées des Frères Musulmans, on atteint sans peine la moitié des mosquées en France.  En dépit de la difficulté à comptabiliser avec grande précision les petites salles de prières, qui, par hypothèse prudente, ont en moyenne les mêmes orientations que les grandes mosquées déjà acquises aux différents types de salafisme.
     
  • Pédagogistes : l'école des cancres

    L'idéologie « pédagogiste », qui imprègne les nouveaux programmes, poursuit à travers l'école la chimère de l'égalité... et a fini par déboucher sur la pire forme d'élitisme.

    « Changer la société pour changer l'école, changer l'école pour changer la société ». Cette maxime des Cahiers pédagogiques, revue mensuelle du CRAP (Cercle de Recherche et d'Action Pédagogique) qui « promeut un militantisme pédagogique » « dans la mouvance des mouvements d'éducation nouvelle », pourrait résumer les ambitions de ce que Ton appelle le « pédagogisme » et le vice original qui, depuis plus d'un demi-siècle, a progressivement détruit renseignement en France.

    Cette idéologie vient, à l'origine, des Etats-Unis, où elle a produit les mêmes catastrophes qu'en France. Au début du XXe siècle le philosophe américain John Dewey (1859-1952), pour faire de l'école un « instrument de démocratisation radicale de la société américaine », écrit le professeur Henri Nivesse (1), s'attaque aux notions traditionnelles de discipline et de programmes. « Ces présupposés idéologiques vont entraîner une série de conséquences pratiques qui aboutiront, un demi-siècle plus tard, à un véritable désastre : un "illettrisme fonctionner touchant 60 millions d'Américains », constate Henri Nivesse.

    En France, l'irruption de l'idéologie égalitaire à l'école date du plan préparé entre 1944 et 1947 par les communistes Paul Langevin et Henri Wallon, successivement nommés à la tête de la Commission ministérielle d'études pour la réforme de l'enseignement par René Capitant, ministre de l'Education nationale dans le gouvernement provisoire formé par le général De Gaulle. Ce plan, qui a inspiré les réformes qui ont suivi, visait à établir une école unique (unification des filières et des structures d'enseignement), pour former les enfants dans un même moule et réaliser ainsi l'égalité sociale. Le contenu et la forme des enseignements n'étaient cependant pas mis en cause. Cette nouvelle étape allait s'imposer à la faveur des événements de Mai 68, notamment avec le sociologue néo-marxiste Pierre Bourdieu, qui affirma dès 1964 que renseignement dispensé par l'école républicaine reproduisait la culture bourgeoise et favorisait les élèves issus de la bourgeoisie : l'égalité des chances n'existait donc pas. Cette critique s'accompagnait de la contestation des savoirs et des modes de transmission (y compris le découpage en disciplines).

    Les connaissances deviennent un outil de discrimination

    Le problème, en effet, n'est plus tant de transmettre des connaissances que créer les conditions d'une « école de masse ».

    En parallèle de la pensée des sociologues à la Bourdieu, sévit celle des « pédagogistes », dont le principal doctrinaire est Philippe Meirieu, professeur en sciences de l'éducation à l'université Lumière-Lyon 2 et inspirateur de la loi d'orientation sur l'éducation de Lionel Jospin en 1989, qui déboucha sur la création des IUFM (instituts universitaires de formation des maîtres) et du Conseil national des programmes. Ce personnage est plus influent dans les rouages de l'Education nationale que le ministre lui-même. Ceci explique sans doute que Xavier Darcos, ministre de l'Education de Nicolas Sarkozy avant le calamiteux Luc Chatel, n'ait pas davantage lutté contre cette pensée, qu'il accusait pourtant d'être à l'origine de l'échec scolaire, touchant 15 % des élèves « qui entrent chaque année au collège avec de graves lacunes en lecture, en écriture ou en calcul ».

    Selon les pédagogistes, le professeur ne doit plus être le détenteur d'un savoir à transmettre, mais un pédagogue dont la mission consiste à aider les « apprenants » à construire eux-mêmes, en tâtonnant, leurs propres savoirs. Dans cette optique, les connaissances elles-mêmes apparaissent comme un outil de discrimination et d'exclusion, et les disciplines sont condamnées au bénéfice de la « transdisciplinarité » un thème que l'on retrouve dans les nouveaux programmes de Najat Vallaud-Belkacem, qui font la part belle au pédagogisme.

    Le résultat ? Jamais l'école n'a été aussi réellement inégalitaire: au sein de l'Education nationale « pédagogiste », seuls les meilleurs élèves arrivent à s'en tirer. Et si Révolution il y a, c'est une révolution de la médiocrité.

    Hervé Bizien Monde & Vie

     

    Henri Nivesse, les fondements idéologiques du « pédagogisme », Les Cahiers de l’éducation n° II,mai 2008.

  • Couverture médiatique du référendum en Grèce : le meilleur du pire

    Quand la désinformation côtoie le ridicule... C'est à découvrir ici pour ceux qui auraient encore un doute sur l'objectivité des "médias encadrants".

    Philippe Carhon

  • Christiane Taubira s'est opposée à la mise sur écoute des prisons

    Il existe un aspect peu connu de la construction  de la loi liberticide sur le renseignement adoptée le 24 juin dernier, qui permet au premier ministre de place sur écoute quiconque sur simple décision administrative. C'est que ces possibilités d'écoutes ne s'appliqueront pas dans les prisons françaises là où l'islamisme radical se développe si facilement...

    Et on doit cette exception à ...Christiane Taubira :

    "Guillaume Larrivé a vu rouge. Alors que côté opposition, il a été, avec Eric Ciotti, l'un des plus grands défenseurs du texte sur le renseignement voulu par le gouvernement, le député Les Républicains de l'Yonne a décidé de s'abstenir mardi matin et de ne pas voter le texte dont il est co-rapporteur, pour son application. Il s'insurge en effet que le renseignement pénitentiaire ait été sacrifié sur l'autel de la commission mixte paritaire et que «le statu quo demandé par Christiane Taubira sur le sujet l'ait emporté" (source)

    "Paradoxe suprême de la loi sur le renseignement adoptée le 24 juin : un usage potentiellement généralisé des interceptions pour traquer et prévenir le terrorisme, mais pas dans les prisons, là même où Chérif Kouachi achève de se radicaliser... Christiane Taubira, la garde des Sceaux, s'est opposée à ce que le service du renseignement pénitentiaire puisse procéder à la sonorisation des parloirs et des cellules" (source)

    Les violeurs, assassins et terroristes n'ont jamais connu un ministre de la justice aussi attentionné à leur égard.

    Philippe Carhon

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • « La repentance n’a strictement rien à faire en politique »

    Entretien avec Alain de Benoist, intellectuel, philosophe et politologue, mené par Nicolas Gauthier.

    ♦ Peu de temps avant son décès, François Mitterrand avait eu ces mots définitifs vis-à-vis d’un Jean-Pierre Elkabbach éberlué : « La France n’a pas à s’excuser. » Il parlait des fameuses « heures les plus sombres de notre histoire ». Aujourd’hui, la mode est à la « repentance ». Qu’est-ce que cela signifie ?

    « Le passé étant réduit au « devoir de mémoire », le présent devient flottant, autoréférentiel, existentiellement vide

    Réduite à sa plus simple expression, la repentance peut se résumer ainsi : des gens s’excusent de méfaits qu’ils n’ont pas commis pour complaire à d’autres qui ne les ont pas subis. Ceux qui se repentent n’ont commis aucun tort, ceux qui reçoivent la demande de pardon n’en ont subi aucun. Tout cela est donc parfaitement ridicule. La repentance consiste, en fait, à faire un choix sélectif dans notre histoire, et à n’en retenir que certaines périodes, toujours les mêmes (esclavage, colonisation, etc.), considérées comme « sombres » au regard des idées actuelles pour s’en repentir officiellement. Une très imaginaire culpabilité collective héréditaire s’ajoute à cet anachronisme majeur qui consiste à « rétrojecter » dans le passé des jugements de valeur qui n’appartiennent qu’à notre époque. Le passé étant réduit au « devoir de mémoire », le présent devient flottant, autoréférentiel, existentiellement vide.

    Mais le procédé n’est évidemment pas innocent. D’un côté, il s’agit de convaincre nos compatriotes qu’en se retournant sur leur passé, ils ne découvriront que de l’horreur. Corollaires : l’identité est forcément douteuse, le nouveau est forcément meilleur. De l’autre, à une époque où le statut de victime se révèle extrêmement rentable, il s’agit d’assurer aux descendants de victimes présumées divers avantages, qui vont de la bonne conscience à la supériorité morale en passant par les « lois mémorielles » et les réparations financières. L’enjeu de ces invocations du passé se situe donc dans le présent : les « heures sombres » sont alléguées ou instrumentalisées pour légitimer ou délégitimer des opinions actuelles. Mgr Nunzio Galantino, secrétaire général de la Conférence épiscopale, déclarait ainsi récemment qu’« accueillir les immigrés est une sorte de réparation pour les dommages que nous avons accomplis pendant des années […] Nous devons l’hospitalité aux migrants pour ce que nous avons fait dans le passé dans leur pays. » Le problème de l’immigration est ainsi traité sous l’angle de l’expiation. Ce qui permet à des groupes de pression minoritaires d’exciper de leur qualité de victimes par procuration pour s’ériger en justiciers du présent.

    Le pape Jean-Paul II, en son temps, a lui aussi fait repentance pour certains crimes commis par l’Eglise au cours de son histoire. On peut dire à sa décharge que le catholicisme est une religion qui exige que ses fidèles confessent régulièrement leurs péchés…

    Ce qui est sûr en tout cas, c’est que la dialectique du péché, de la repentance, de l’expiation, de la réparation, de la téchouva et du pardon appartient au langage religieux. Elle n’a donc strictement rien à faire en politique. La collectivisation du repentir ne doit en revanche pas nous faire oublier que la civilisation européenne est la seule à ce jour qui se soit mise en question jusqu’à intérioriser sa propre critique. Comme le disait Jean-François Mattéi, « La raison n’a pas à demander pardon pour répondre à ses critiques car elle comparaît toujours devant son propre tribunal ».

    N’y a-t-il pas un risque, pour ceux qui refusent la repentance, de tomber dans l’excès inverse, c’est-à-dire de nier purement et simplement l’existence de zones d’ombre dans notre histoire ?

    C’est en effet un risque symétrique. Tous les pays du monde ont eu leurs heures sombres et leurs périodes lumineuses. Dans un Etat normal, on apprend aux jeunes à être fiers de leur pays en leur inculquant le souvenir de ce que celui-ci a fait de plus grand. Cela ne signifie pas que le reste n’a pas d’existence, mais que l’on a conscience que l’estime de soi commence par l’estime de ce dont on a hérité et qui contribue à nous définir. Il n’y a sans doute pas à être fier de l’esclavage, mais il n’y a pas non plus à être fier du sac de Béziers, de la Saint-Barthélemy, des dragonnades, du génocide vendéen ou de la répression de la Commune. Toute la question est de savoir si l’on veut ou non inculquer aux Français la fierté d’eux-mêmes plutôt que la honte ou le doute de soi.

    Quant au reste, il est inutile, et même nuisible, d’entretenir ad æternam les guerres civiles. L’Histoire est un tout, et l’on ne va pas loin en égrenant comme des perles de chapelet l’inusable séquence Clovis-Charles Martel-Jeanne d’Arc en croyant ainsi répliquer ainsi à ceux pour qui l’Histoire de France commence en 1789. Le passé n’est pas un patrimoine « muséifié » ni une essence immuable, mais une substance narrative complexe dont le récit, sans cesse revisité, permet à un peuple de se raconter sa propre histoire. Vouloir d’un côté identifier l’« anti-France », s’en tenir de l’autre à « la France, pays des droits de l’homme », c’est pareillement mutiler notre histoire. Marc Bloch disait très justement qu’être vraiment français, c’est être capable de vibrer au souvenir du sacre de Reims aussi bien qu’à celui de la Fête de la Fédération. C’était aussi l’avis de Charles Péguy – et c’est le mien.

    Entretien réalisé par Nicolas Gauthier, 30/06/2015

    Source : Boulevard Voltaire.fr

    http://www.polemia.com/la-repentance-na-strictement-rien-a-faire-en-politique/