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lobby - Page 1944

  • Christiane Taubira, un laxisme à géométrie politiquement variable

    Qui a dit que Christiane Taubira était laxiste ? Lorsque les opposants à sa politique sont traduits devant les tribunaux, elle ne se fait pas faute de croire aux vertus, sinon éducatives, du moins dissuasives, de la prison !

    Le 7 août 2012, Christiane Taubira, garde des Sceaux, déclarait dans Libération : « Il y a des années au 'on sait que la prison, sur les courtes peines, génère la récidive, c'est presque mécanique. Je le dis, il faut arrêter! Ça désocialise, ça coûte cher et ça fait de nouvelles victimes. » Récidivant, si l'on ose dire, dans un entretien donné au Monde en septembre 2012, elle s'y indignait : « L'opinion a été intoxiquée par un discours sommaire, qui consiste à dire que chaque délinquant est un criminel en puissance qu'il faut enfermer. Est-ce que, dans ce pays, les gens ont renoncé au raisonnement et à l'intelligence ? Ne peut-on pas débattre du sens de la peine, du fait que le tout-carcéral augmente les risques de récidive ? »

    Le 20 août de la même année, dans une circulaire adressée aux magistrats du siège et aux présidents des cours d'appel et des tribunaux de grande instance, « indiquant les éléments fondamentaux devant guider la politique pénale », Christiane Taubira écrivait que « Le recours à l'incarcération doit répondre aux situations qui l'exigent strictement, selon les termes mêmes de la loi du 24 novembre 2009, qui prévoit (...) qu'en matière correctionnelle, en dehors des condamnations en récidive légale (...), une peine d'emprisonnement sans sursis ne peut être prononcée qu'en dernier recours si la gravité de l'infraction et la personnalité de son auteur rendent cette peine nécessaire et si toute autre sanction est manifestement inadéquate ».

    La prison ne convient donc pas au commun des délinquants ni même des criminels, qui, comme l'enseigne le Syndicat de la magistrature - auquel appartient une bonne partie de l'entourage du ministre - sont de malheureuses victimes de la société.

    Le cas des opposants politiques

    Il existe pourtant une circonstance dans laquelle le garde des Sceaux la considère visiblement comme légitime et croit à sa vertu dissuasive, y compris dans le cadre d'une mesure préventive : lorsqu'elle punit ses adversaires politiques, comme on l'a vu à plusieurs reprises et notamment avec la condamnation et l'incarcération, le 19 juin 2013, de Nicolas Bernard-Buss. Interpellé à l'issue d'une manifestation et traduit devant la XVIe chambre - qui, d'ordinaire, s'occupe des affaires de stupéfiants -, ce jeune opposant à la loi Taubira a été condamné à quatre mois de prison dont deux ferme pour « rébellion » (sans avoir commis de violences sur des policiers) et fourniture d'une identité imaginaire, et immédiatement incarcéré à Fleury-Mérogis. Le même magistrat qui prononça cette condamnation très sévère, avait eu à juger en mars 2011 « l'humoriste » et animateur de télévision Michaël Youn, reconnu coupable d'avoir frappé des policiers qui l'avaient arrêté pour une infraction au code de la route... et l'avait dispensé de peine.

    Justice et politique : cerbère a deux têtes

    De nombreuses voix s'élevèrent à l'époque contre le caractère politique de l'incarcération de Nicolas Bernard-Buss, comme celle de l'évêque de Bayonne, Mgr Aillet, pour lequel il s'agissait « manifestement d'une forme politique de répression policière et judiciaire qui marque un tournant dans le traitement arbitraire des opposants au mariage et à l'adoption par des couples de même sexe ». La peine ne visait-elle pas, en faisant un exemple, à porter un coup d'arrêt à la contestation de la loi Taubira, qui, contrairement à ce qu'avait espéré le gouvernement, ne faiblissait pas après le vote de la loi par l'Assemblée nationale et le Sénat? On pourrait en dire autant des poursuites contre les « hommen » qui ont saisi l'occasion de la finale du tournoi de Roland-Garros de 2013 pour manifester contre la loi Taubira. Les quatre prévenus ayant été relaxés en première instance en raison de vices de procédure, le parquet a fait appel et, le 24 juin 2014, le ministère public, qui dépend hiérarchiquement du garde des Sceaux, a requis contre eux des peines de sursis, et de 6 mois ferme contre l'un d'entre eux. Faut-il encore parler de magistrature debout, ou couchée ? La cour d'appel doit rendre sa décision prochainement.

    Dans un genre certes différent, la condamnation d'une commerçante des Ardennes, Anne-Sophie Leclère, ex-candidate du Front national, à neuf mois de prison ferme et 50000 euros d'amende pour avoir affiché sur sa page facebook un montage comparant Christiane Taubira à un singe, n'est pas moins significatif de l'utilisation politique de la justice. Elle a pour but, comme différentes « affaires » antérieures, d'ériger le garde des Sceaux en icône « victimisée » de l'antiracisme. Les circonstances de la condamnation (la plainte a été déposée par l'association guyanaise Walwari, créée par Christiane Taubira, et la condamnation prononcée en Guyane par un tribunal dont le président a été accusé par le Front national d'appartenir au syndicat de la magistrature), lui confèrent par ailleurs l'aspect d'un effarant règlement de comptes entre le ministre de la justice et la commerçante qui a osé l'outrager.

    Des mutations « dans l'intérêt du service »

    Est-il abusif de parler d'une utilisation de lajustice à des fins politiciennes ? Force est de constater qu'il y a loin des déclarations du garde desSceaux, qui insiste volontiers sur la nécessaire indépendance des magistrats, à ses actes. La listes'allonge des magistrats mutés « contre leur gré »,ou dans « l'intérêt du service », comme l'ex-procureur de Nanterre, Philippe Courroye, réputé sarkoziste, le procureur de Saint-Denis-de-la-Réunion, Philippe Muller, ou le procureur généralprès la Cour d'appel de Paris, François Faletti(dans son cas, la Chancellerie a finalement dû reculer).

    Hervé Bizien monde & vie  9 septembre 2014 

  • L’ENM ou l’Ecole nationale de l’injustice

    Incontestablement, il y a un malaise dans la justice française, les magistrats étant soupçonnés, non sans raison, d'être plus souvent mus par l'idéologie que par le souci de justice.   

    La relaxe des Femen et la condamnation simultanée des vigiles de la cathédrale Notre-Dame est un nouvel épisode de ceux qui, de la répression contre la Manif pour Tous au mur des cons, alimentent le sentiment d’une justice à deux vitesses. Incontestablement, il y a un malaise dans la justice française, les magistrats étant soupçonnés, non sans raison, d’être plus souvent mus par l’idéologie que par le souci de justice. Comment expliquer une telle dérive ? Peut-être faut-il chercher du côté de leur formation.

    Ils sont formés par l’ENM (École Nationale de la Magistrature) depuis 1958. Ils y entrent par concours, la plupart après un diplôme de niveau bac+5, et y suivent une formation de 31 mois. C’est la grande école chargée de former les juges, comme Saint-Cyr forme les officiers et l’Ecole nationale d’Administration (ENA) les hauts fonctionnaires. Si ce système des grandes écoles est assez spécifiquement français, il est notre façon de produire une élite et beaucoup d’autres écoles existent (Ecole normale supérieure, Polytechnique, Mines, etc.). Pourquoi alors pointer l’ENM ?

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  • LMPT lance une pétition contre la GPA

    Ici :

    "Monsieur le Président de la République, il ne vous reste que quelques jours, le compte à rebours arrive bientôt à sa fin : vous avez jusqu’au 26 septembre prochain pour faire appel des arrêts de la CEDH (Cour Européenne des droit de l’Homme) condamnant la France au sujet de la gestation pour autrui. [Lire la suite]"

    Michel Janva

  • Le Dessous des Cartes : les OGM, état des lieux (1/2)

    Depuis la naissance de l’agriculture, l’Homme cherche à modifier son environnement. Aujourd’hui, trente ans après la création de la première plante génétiquement modifiée, le débat sur les OGM reste ouvert et controversé. Le Dessous des Cartes consacre deux numéros à cette question et tente de comprendre les enjeux du débat.

    Le Dessous des Cartes (Arte – Septembre 2014)

  • La trahison économique, suite

    Trouvé ici. On n'ose imaginer comment ça se passera une fois signé leTAFTA/TTIP.

    A l’heure des luttes mondiales pour le contrôle des énergies, le gouvernement français vient d’abandonner sa minorité de blocage sur GDF Suez, le premier distributeur de gaz dans l’ouest européen.

    Le fait est à peine croyable. Le 25 juin, le ministre des finances Michel Sapin saluait la vente de 3,1% des actions de GDF Suez effectuée par l’Agence des participations de l’Etat auprès d’investisseurs institutionnels. « Au terme de ce placement, l’État détiendra 33,6% du capital de GDF Suez », affirmait le communiqué, qui omettait la vente concomitante de 0,35% du capital dans le cadre d’un plan d’actionnariat salarié. Une semaine plus tard, les syndicats CFE-CGC et CGT révélaient quel’État français était ainsi passé – à 38 millions d’euros près – sous le seuil du tiers du capital qui lui permettait d’exercer sa minorité de blocage en cas d’OPA, de projets de fusion ou de transfert du siège à l’étranger. « On a tapé dans le mille ; le gouvernement et la direction n’étaient pas très contents… », affirme un responsable de la CFE-CGC contacté par téléphone.

    A peine l’opération de cession était-elle terminée que le directeur général de l’Agence des participations de l’État, David Azéma, quittait son poste pour rejoindre Bank of America-Merrill Lynch,l’établissement qui a préparé discrètement cette année la vente de la division « énergie » d’Alstom au géant américain General Electric… Autre coïncidence, presque tous les mandats des administrateurs du groupe arrivent à échéance entre 2014 et 2016, année durant laquelle l’État pourrait retrouver sa minorité de blocage par le jeu de droits de vote double. Dans le conseil d’administration de GDF Suez, on trouve – entre des délégués de l’État et du personnel – une représentante attitrée des intérêts allemands, l’ancien président de British Petroleum (et ex conseiller de la Commission européenne pour la réforme de l’UE) ou encore un administrateur de l’établissement bancaire appartenant à General Electric.

    200 000 km de gazoducs et de tubes urbains

     

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    Paula Corbulon

  • L'ABCD de l'égalité de retour en novembre

    Le plan d'action pour l'égalité entre filles et garçons, qui a succédé aux « ABCD de l'égalité », prendra forme à l'automne.

    Le ministre du gender poursuit son travail.

    Pour le secrétaire national de l'UMP Vincent le Biez, une véritable idéologie du genre est en train de s'imposer dans la société :

    "[...] cette idéologie du genre repose sur une vision très extensive du rôle du politique dans la société. Derrière la candide expérimentation des ABCD de l'égalité, on sent bien la volonté de réorienter les consciences, pour ne pas dire de redresser les torts, en confiant à l'éducation nationale des missions assez éloignées de ses préoccupations originelles. Ce faisant, le politique infantilise la société et minimise les évolutions qui s'opère naturellement en son sein: qui ne voit pas que le sexisme et le machisme ont, fort heureusement, largement diminué au cours des dernières décennies et que ce mouvement n'est pas prêt de s'arrêter, sans qu'il soit besoin d'un quelconque activisme politique ? [...]"

    Michel Janva

  • Documentaire : la mort est dans le pré

    Émouvant documentaire sur les ravages des pesticides sur la santé des agriculteurs et sur la difficulté pour eux de passer à l’agriculture biologique.
    « Quand on découvrira toute la vérité sur les dangers des pesticides ce sera un scandale pire que celui du sang contaminé. Je n’ai pas de raisons de me taire. » L’agriculteur qui nous parle est atteint d’un cancer à 47 ans. C’est une victime des pesticides qu’il manipule tous les jours. Des centaines d’agriculteurs sont frappés. Victimes des produits phytosanitaires que l’on croyait « anodins ». Ces élèves issus de l’école agricole intensive les utilisent depuis les années 50 sur leurs exploitations jusqu’au jour où les maux de tête, la fatigue, les leucémies, les cancers… apparaissent un jour »

  • Reflets de l'Utopie mourante

    Les courageuses déclarations du président du Medef (1)⇓ ce 16 septembre sont appelées à faire date. M. Pierre Gattaz constate en effet : "notre modèle social a vécu". Et il en appelle à la liberté de pensée et au sens critique des Français : "les mots interdits, les tabous, ça suffit". Bravo !

    Ceci constitue certes une riposte à la polémique abusive déclenchée, la veille de la publication de cet entretien, par la mauvaise foi médiatique, ou la sottise, ou les deux, autour d'un simple document technique de réflexion sur les pistes possibles pour un retour de notre pays à la croissance et à l'emploi.

    Comme le soulignait Éric Woerth "toute réforme provoquera des hurlements". (3)⇓

    Tout ceci me confirme dans une détermination à aller jusqu'au bout de la critique de ce fameux "modèle social", et de l'analyse de ses véritables origines, lesquelles expliquent largement ses nuisances.

    Ne nous y trompons pas, avec le règne calamiteux de François Hollande, nous vivons une sorte de grand paradoxe. La gauche, politiquement en crise, se porte pourtant assez bien en tant que rassemblement des forces de destruction culturelle de l'Europe : elle balaye, sur ce terrain, ses adversaires car ceux-ci considèrent toutes les décisions prises sous l'emprise des lubies gauchistes, comme irréversibles.

    C'est la gestion économique des socialistes qui, rencontrant des échecs cuisants, provoque des désarrois momentanés dans l'opinion publique. Ceux-ci ne devraient pas nous endormir.

    On présente ce 16 septembre pour assuré le vote de la confiance parlementaire en faveur d'un gouvernement qui ne dispose plus de l'adhésion du pays. On dit que le 28 septembre la gauche politique devrait perdre la majorité sénatoriale. Souhaitons-le.

    Mais même une telle défaite ne l'empêchera pas d'avancer, et, en tous les cas d'avoir avancé depuis 2012, sur le terrain de l'école, sur le terrain de ce qu'on appelle "sociétal" qui relèvent du pouvoir culturel.

    Ce qui est en train de mourir c'est la gauche telle qu'on nous la présentait dans ma jeunesse, la gauche sociale. Le parti qui se voulait autrefois celui de la classe ouvrière a complètement cessé de ressembler en quoi que ce soit à ce concept : je répète les chiffres que je donnais dans ma chronique d'hier : en 30 ans le pourcentage des ouvriers dans l'appareil du PCF s'est divisé par 5, passant de 45 % à 9 %. Il comportait alors deux fois plus d'ouvriers que la moyenne nationale (23 %). Aujourd'hui ce pourcentage est devenu moins de deux fois moindre.

    Cette mort ne se réalise pas sans douleur.

    L'astre éteint nous envoie encore les reflets de ses anciennes brûlures.

    Et ceci m'amène à évoquer des images et des idées du passé.

    Il y a 50 ans, en 1964, candidat à la présidence de la république, un Tixier-Vignancour pouvait dire qu'il ne fallait pas penser en termes de droite et de gauche mais en termes de liberté du pays, d'Europe unie et d'Occident chrétien face au communisme. La question de l'islamisme ne semblait même plus se poser depuis la fin de la guerre d'Algérie.

    Le moins que l'on puisse dire est que les choses ont évolué.

    La gauche, il y a un demi-siècle se présentait en effet comme le reflet plus ou moins extrême, plus ou moins intolérant, plus ou moins totalitaire, d'une Utopie bien précise qui s'affirmait encore en URSS et en Chine.

    Ce dernier pays reste certes gouverné par le parti communiste chinois, et je lis même aujourd'hui ceci, dans un journal qu'il est de bon ton de freindre d'ignorer, car il reste le seul à attacher de l'importance à ce genre de faits dérangeants : "On apprenait début septembre à Pékin que les trois plus prestigieuses universités chinoises se sont engagées à renforcer leur "contrôle idéologique".
    Ce programme, qui semble venu d'un autre âge, a été adopté par les universités respectives de Pékin, Shanghaï et Canton. Pour défendre la pensée marxiste et consolider le système socialiste, il faut "se méfier des idées occidentales"(4)⇓

    Au moment de la chute de l'URSS (1989-1991), j'eus le plaisir de m'entretenir grâce à Jean Ferré avec un homme remarquable, le physicien Georges Lochak. Je lui posai la question : selon vous est-ce la mort du communisme et de la Révolution ? Sa réponse impressionnante de lucidité et de concision à l'époque fut de dire qu'il souhaitait surtout assister à la mort de l'Utopie. Sans doute pressentait-il combien les illusions dont on se nourrissait alors se révéleraient fragiles.

    À l'époque on imaginait encore que la Russie pourrait, d'un simple réveil, se reprendre de 70 ans de destruction léniniste, d'atrocité stalinienne, de goujaterie khrouchtchévienne et de stagnation brejnévienne.

    On peut ainsi toujours se référer à la définition de la vie par Charcot comme l'ensemble des forces qui résistent à la mort. La Droite résiste de la même manière à la gauche. Elle se reconnaît, face à l'égalitarisme de masse, dans tout ce qui rejette l'Utopie.

    JG Malliarakis

    Apostilles

    1.  cf. Le Parisien le 16 septembre.
    2.  cf. Les Échos le 15 septembre.
    3.  cf. Radio Classique à 8 h 15 le 16 septembre. 
    4.  cf. Présent N° 8188 daté du 16 septembre, en ligne sur present.fr.
  • Le goût des pesticides(3/3)

    Ces étiquettes muettes

    Sols détruits et faune menacée: le constat serait déjà alarmant à lui seul. Il n'est pourtant pas terminé. Car, « les substances pénètrent dans l'organisme selon trois voies: la voie cutanée, la voie digestive (ou orale) et la voie respiratoire »(1). Nous avons vu la cutanée et la respiratoire. Reste à traiter la voie orale, par l'ingestion d'aliments contenant des résidus de pesticides.

    Les récentes enquêtes d'analyse des vins ont clairement établi que des résidus subsistaient jusque dans vos verres et pour certains d'entre eux à des doses au-delà de la législation, voire même avec des molécules... interdites depuis plus de vingt ans. La plus parlante de ces enquêtes a été réalisées en 2013 par la revue Que choisir ?(2) Ici, pas de tricherie sur le fond : l'ensemble des vins a été confié à un laboratoire spécialisé et le constat est accablant L'enquête fait d'autant plus mal qu'elle montre ce que tout le monde sait mais ne dit pas. Chacun peut témoigner de ces vins-blanc-qui-donnent-mal-à-la-tête, de ces aigreurs, voire même de plaques rouges sur le visage ou sur le corps chez certains en buvant certains vins.

    Études et enquêtes

    Une autre étude détaillée dénonçait déjà en 2008 les excès de l'utilisation des pesticides dans le monde viticole, notamment des fongicides : « Une grande partie des fongicides synthétiques appliqués aux raisins présente d'importants risques pour la santé humaine. Par exemple, les dithiocarbamates, une famille de produits chimiques qui représentent 49 % des fongicides appliqués aux raisins, et qui comprennent les pesticides manèbe et mancozèbe qui sont à la fois classés par l'UE comme substances carcinogènes et perturbateurs endocriniens. D'autres fongicides appliqués en plus petites quantités, comme la procymidone, ipmdione, le folpet ou iprovalkarbe sont connus pour leurs dangers pour la santé humaine »(3).

    L'étude relève ainsi que les niveaux de contamination des vins conventionnels sont en moyenne 5 800 fois plus élevés que pour l'eau potable. Une broutille.

    Naïveté ?

    Car, naïvement ou non, certains ont voulu faire croire que les processus de fermentation des moûts de raisin en vin détruisaient les éventuels résidus de pesticides, laissant ainsi indemnes les consommateurs. Naïf ou de mauvaise foi : comment peut-on sciemment vider le bidon ci-dessus sur ses propres vignes sans s'inquiéter des conséquences. Ce bidon n'est pas une photographie issue d'une banque d'images : j'ai moi-même trouvé ce bidon cet été dans les Corbières...

    De surcroît, à ce jour, peu d'enquêtes étudient ce sujet en se cachant certainement derrière une idée séduisante (en apparence seulement) : il ne faut pas dénigrer la filière vin française, qui est d'un poids non négligeable dans la balance commerciale.

    Mais le discrédit qui pointe dépasse la seuleprofession viticole conventionnelle et doit s'étendre aux journalistes gastro. Qui d'autres qu'euxpourraient contraindre la filière à plus de transparence ? Pourquoi leur rôle critique se limite-t-il à desimples commentaires, quasiment interchangeables, se contentant de surenchère d'adjectifs dansle style « goût de violette », «fruits rouges », « nezde truffe » ou de portraits dithyrambiques de vignerons. Pourquoi, aucun média spécialisé sur le vinne prend le budget nécessaire pour faire des analyses en labo des vins goûtés ? Est-ce bien normal ? Que dirait-on d'un critique littéraire qui nelirait que les quatrièmes de couverture? Le problème est identique. Cela pourrait ainsi pousser lalégislation à évoluer pour obliger les vignerons àmarquer la composition de leur vin sur les étiquettes. Ce serait un grand progrès dont seuls les marlous peuvent avoir peur...

    Elise Canavesio monde & vie 9 septembre 2014 

    1) Institut national de la santé et de la recherche médicale. Etude de juin 201 3 disponible en téléchargement gratuit : www.inserm.fr/actualites/rubrsques/actualites -societe/pesticides-effets-sur-la-sante-une-expertise-collective-de-l-inserm

    2)Que Choisir ?, n° 518, octobre 2013,

    3,« Message dans une bouteille ». Etude sur la présence de résidus de pesticides dans le vin, étude PAN-Europe /' MDRGF, 26 mars 2008. 

  • Manif du 5 octobre : le coup d’envoi

    C’est à l’étage de la brasserie Le Concorde (près de l’Assemblée nationale) que la Manif pour tous a tenu mercredi matin sa conférence de presse. Le mouvement qui mobilise des Français par centaines de milliers n’attire pas plus d’une dizaine de journalistes… Mépris médiatique qui fait écho au mépris gouvernemental.

    Présent

    Ludovine de La Rochère a rappelé la raison de manifester le 5 octobre : l’humain n’est pas une marchandise, la GPA doit être combattue à tout prix. Les faux arguments socialistes ne doivent tromper personne. « Najat Vallaud-Belkacem, ce matin encore, a déclaré que les enfants nés de GPA ne doivent pas être “des fantômes de la République”. Ce propos est absolument scandaleux. Les enfants nés de GPA ont l’état civil et la nationalité du pays de leur naissance. Le prétexte est malhonnête. » Et de rappeler la réalité : « La gestation pour autrui est un asservissement de la femme et une marchandisation de l’enfant. » Le gouvernement, sur la question, louvoie autant que Hollande entre deux femmes : « Il n’est absolument pas opposé à la GPA. Laisser faire, tolérer, est contradictoire avec sa position officielle. Nous demandons une cohérence. »

    Mais la cohérence du projet gouvernemental est connue, comme l’explique le délégué général de l’association Alliance VITA et porte-parole de la Manif pour tous, Tugdual Derville : « Le “mariage pour tous” était une façade, un piège dialectique… Nous disions déjà à l’époque, après le vote de la loi Taubira, que les premiers enfants adoptés seraient des enfants conçus artificiellement et à l’étranger. »

    Et le gender, dans tout cela ? Les Mères-Veilleuses dénoncent clairement l’emprise de l’Education nationale sur les enfants, bien souvent à l’insu des parents. Ludovine de La Rochère tient à dissiper des termes équivoques : « Je parle toujours d’idéologie du genre. La “théorie du genre” relève de l’enfumage de Najat Vallaud-Belkacem qui veut empêcher le vrai débat de se développer. Nous ne sommes pas dans une théorie mais dans une idéologie. »

    Tous au kiosque !

    Cette manifestation du 5 octobre (Paris et Bordeaux) se prépare dès aujourd’hui avec notre nouvel hors-série en kiosque : GPA, PMA, gender… C’est non ! J’insiste : vous ne le recevrez pas par la poste ou en complément à un numéro de la semaine. Vous ne le trouverez qu’en kiosque, au prix de 2,50 euros. Un numéro tout en couleurs à lire, à faire lire, à distribuer autour de vous. Une idée de son sommaire ? Des entretiens avec Marion Maréchal-Le Pen, Ludovine de La Rochère, Béatrice Bourges… mais aussi Albéric Dumont (coordinateur national LMPT), Philippe Brillaut (le courageux maire du Chesnay, représentant des élus à la Manif pour tous). Et des entretiens avec les porte-parole de mouvements comme le collectif Stop Gender et les Antigones.

    C’est vous qui ferez le succès de ce hors-série, avant le succès de la manifestation du 5 octobre !

    Samuel MARTIN