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  • Les Veilleurs à Paris samedi soir : nouvelle provocation de Manuel Valls

    Bras de fer entre les « veilleurs » et la Préfecture

    Partis le 11 août de Rochefort, les marcheurs appellent à un rassemblement final samedi soir place de la Concorde. L’État s’y oppose.

    La mise en garde de la préfecture de police de Paris ne semble pas avoir découragé les « veilleurs » qui doivent achever samedi à Paris leur marche à la rencontre des Français, entamée le 11 août à Rochefort (Charente-Maritime). Les participants de ce mouvement né en marge de la contestation contre le mariage homosexuel sont plus que jamais déterminés à se rassembler avec ceux qui les rejoindront sur l’esplanade de la Défense, samedi à 17 h 30, pour relier la place de la Concorde. Ils organiseront là, en plein cœur de Paris, une veillée sur le thème « mémoire et espérance », à partir de 21 h 30. « Nous prévoyons de rester toute la nuit sur place, comme ce qui s’est fait sur l’esplanade des Invalides », détaille l’un des « veilleurs », qui confie attendre « beaucoup plus qu’un millier de personnes ». Au programme, lectures dans le calme de textes de Confucius à Bernanos en passant par Victor Hugo, comme cela s’est fait lors des veillées précédentes. À Nantes, mercredi soir, ils étaient trois cents.

    Emprunter les Champs-Élysées

    Mercredi, la préfecture de police de Paris a indiqué que « le cortège ne pourra pas emprunter le trajet envisagé et que la veillée ne pourra pas avoir lieu dans les conditions projetées ». Le trajet prévu pour relier la Défense à la Concorde passe en effet par l’avenue de la Grande-Armée et surtout les Champs-Élysées. Lors de la dernière Manif pour tous contre le mariage gay, le 26 mai, la célèbre artère parisienne avait été interdite aux manifestants, entraînant une polémique puis des incidents en marge de la manifestation le jour J. « C’est un axe symbolique mais ce choix n’a rien à voir avec les événements de la dernière manifestation », lance l’un des participants à la marche.

    Jeudi, les « veilleurs » ont indiqué qu’ils maintenaient leur projet. « Les “veilleurs” attirent l’attention de chacun sur le fait qu’ils ne constituent pas une manifestation : leurs rassemblements n’entravent pas la circulation et ne présentent aucun slogan ni aucun signe distinctif », ont-ils précisé.

    Les « veilleurs » défendent la liberté de se réunir librement

    De son côté, la Préfecture a indiqué que des contacts avec les « veilleurs » avaient eu lieu jeudi. « Lors de ces échanges, la Préfecture de police a rappelé aux “veilleurs” qu’elle n’était bien sûr pas opposée au principe de la marche et de la veillée dans la capitale samedi soir mais qu’elle souhaitait que leurs modalités soient étudiées conjointement, sur un autre itinéraire et dans des conditions compatibles avec les exigences de l’ordre public et dans le respect du cadre légal, y compris pour la propre sécurité des “veilleurs”. » Et de poursuivre qu’elle souhaitait que les contacts se poursuivent en ce sens. Du côté des « veilleurs », on ne souhaite pas communiquer sur ces discussions.

    Sur le fond, les « veilleurs » défendent la liberté de se réunir librement et pacifiquement sur la voie publique, dénonçant « l’arbitraire du contrôle des forces de l’ordre lors de rassemblements ». Et s’attendent en tout état de cause à une présence policière. « En cas de demande de dispersion, l’un d’entre nous prendra la parole pour demander qui veut rester et nous ferons un vote. La consigne sera alors de rester en tailleur, dans une attitude silencieuse, paisible et non violente à écouter les textes. S’il y a des interpellations, nous nous laisserons faire et nous constaterons ensuite », lâche un « veilleur ». En juin dernier, 52 d’entre eux avaient été interpellés place de la République.

    Le Figaro      http://www.actionfrancaise.net/craf/?Les-Veilleurs-a-Paris-samedi-soir

  • Meeting "Le Printemps des libertés" à Lyon le 31 août

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    Après un mois d’accalmie sur le front de la contestation au mariage gay, ses opposants organisent un meeting de rentrée dans le centre-ville de Lyon.

    Le gouvernement pensait avoir tourné la page et cloué définitivement le bec aux adversaires du mariage gay, mais il s’avère qu’après un printemps brûlant l’automne s’annonce également très chaud.

    Alors que l’incarcération de Nicolas B est encore dans toutes les têtes, plusieurs organisations battent le rappel de leurs troupes pour un meeting qui se déroulera samedi 31 août 2013 sur la place Carnot.

    Avec apéro pour tous à la clé.

    Le Printemps des libértés donne RDV samedi 31 août à 16h30, place Carnot 

  • Veilleurs : Nous irons bien de la Défense à la Concorde samedi

    RDV comme prévu ce samedi 31 aoûtà 17h30 à la Défense et à 21h30 place de la Concorde pour l'arrivée de la Marche. Venez comme vous êtes, sans signe ou vêtement distinctif, en simple veilleur.

    "Nous sommes dans un État de droit, je me déplace librement dans notre pays. Ce n'est pas une manifestation. J'estime n'avoir besoin de l'autorisation de personne pour lire des textes de Camus ou Bernanos dans la rue. Nous ne troublons en aucun cas l'ordre public, nous sommes sur la chaussée, simplement sur les places publiques. Samedi nous irons sur le parvis de la Défense et la place de la Concorde comme prévu."

    "Nous rappelons la résolution 1947 du 27 juin 2013 de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe qui rappelle à la France que "la liberté de réunion et d'association, y compris lors de manifestations non organisées et non autorisées, est un droit essentiel dans une démocratie, garanti par l'article 11 de la convention européenne des droits de l'homme" et que "des manifestations se déroulent souvent de façon non organisée, dont les participants se coordonnent entre eux au moyen des médias sociaux".

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    http://www.lesalonbeige.blogs.com/

  • Les 1er résultats d'enquête de l'ONU indiquent que ce sont les rebelles qui ont utilisé du gaz sarin

  • Démographie : Les chiffres trompeurs (arc 2002)

    774 800 naissances en 2001 pour combien d'enfants français ? Les chiffres publiés par l'Insee sont ceux de la natalité en France et non de la natalité française. Une différence de taille qui relativise les déclarations triomphalistes du gouvernement.
    Peut-on établir une corrélation entre la hausse de la natalité et l'augmentation vertigineuse de l'immigration ? En regardant de plus près les statistiques, la concordance entre les deux phénomènes semble évidente. La remontée des naissances qui étaient descendues sous la barre des 725 000 en 1997 a été constante durant les cinq années suivantes. Une inversion de tendance se produisant concomitamment au retour de la gauche socialo-communiste au pouvoir et à l'entrée en vigueur des nouvelles lois laxistes sur l'immigration : réforme du code de la nationalité, assouplissement des critères de régularisation, facilité d'octroi du droit d'asile ... « Il n'y a donc hélas pas lieu de se féliciter d'un plus grand nombre de naissances ces deux dernières années et de la hausse de la fécondité : ce phénomène est dû à la hausse de l'immigration » déplore Jean-Marie Le Pen. « Ces statistiques n'indiquent ainsi qu'une progressive substitution de population. » En effet, si les chiffres publiés par l'Insee ravissent les immigrationnistes forcenés, ils assombrissent un peu plus l'avenir d'une nation rongée par le communautarisme.
    Cette tendance à la hausse concerne les naissances et les mariages (8 % des nouveaux mariés sont étrangers alors qu'officiellement 6 % de la population est de nationalité étrangère) mais également les acquisitions de nationalité française. Avec 150 000 nouveaux « Français de papiers », la France enregistre une hausse de 2 % par rapport à l'année précédente atteignant un chiffre jamais atteint depuis plusieurs décennies. Gommés des statistiques recensant la population de nationalité étrangère par le biais de la désastreuse loi Chevènement adoptée en 1998, les centaines de milliers d'étrangers sont ces nouveaux «Français» qui ont largement contribué à doper l'indice de fécondité et faussé par conséquent les chiffres de la démographie.
    Avec un excédent «naturel» de 246 800 personnes et un solde migratoire net de 60 000 personnes, la France compte en 2002 300 000 habitants supplémentaires et certainement plus de «Français de papiers» que de « Français de souche » ...
    ED Français d'abord ! - 2e quinzaine février 2002

  • Portrait du pilote de l'ULM "Hollande démission"

    Lu dans Le Figaro :

    "Comme la plupart de ces nouveaux militants, il n'avait jamais manifesté avant le grand rassemblement du 24 mars 2013 contre le mariage pour les couples de même sexe ; ne s'était jamais engagé en politique. Agé d'une trentaine d'années, brillant - il est diplômé de polytechnique et d'une grande école de commerce -, c'est pourtant un idéaliste. La meilleure partie de sa vie, raconte-t-il: l'armée, quelques mois en Côte d'Ivoire où, après la fin de la guerre civile, il a travaillé auprès d'organismes de désarmement. «J'avais l'impression d'être utile, comme maintenant.»

    Il a fallu les gaz des CRS et quelques heures en garde à vue pour que tout change: le jeune entrepreneur est devenu l'un des plus ardents militants contre le mariage pour tous. Avec les amis qu'il a rencontrés sur le pavé, les idées fourmillent: le «Camping pour tous»: un sit-in devant le Sénat, 70 gardes à vue, c'est eux. Puis, le 14 juillet, nouvelle provocation: ils achètent 150 sifflets pour que le Président soit copieusement hué lors de son passage sur les Champs-Elysées. Ça marche un peu trop bien… La police le repère. En essayant de lui arracher sa caméra, les agents lui cassent un pouce, dit-il. David Van Hemelryck a quelque chose du paysan breton: calme et têtu comme une mule. Il est vexé et ne va pas s'arrêter là. L'idée de la banderole naît ce jour-là. «Nous voulions dépasser le cadre de l'engagement contre la loi Taubira, inciter les gens à se mobiliser contre ce Président impopulaire et incompétent» explique Agnès Berthéol, une mère de famille qui s'est mobilisée à temps plein pour le succès de l'opération.

    En quelques jours, le jeune homme et son équipe de choc, une dizaine de bénévoles ultraconnectés, vont monter l'opération. Soit: obtenir le brevet nécessaire pour piloter un ULM, fabriquer la banderole, acheter un avion… Sans le sou, il se fait prêter près de 30 000 € par des amis. Le vendredi 9 août, il achète sa machine, le lendemain il survole sa première plage. On a jasé sur les serviettes de plage au passage de la banderole: c'est drôle, c'est stupide, laissez-nous bronzer en paix… David Van Hemerlyck et ses amis ont obtenu ce qu'ils voulaient: réveiller les dormeurs. Sur la route, il y a eu quelques contrariétés: de l'eau mystérieusement introduite dans le réservoir, un pneu crevé, une sortie de piste, les multiples contrôles de police, des difficultés pour trouver un aérodrome où atterrir qui remettent chaque jour toute l'intendance en question. Mais les vents contraires semblent renforcer sa détermination.

    Car David Van Hemelryck n'est pas aussi seul qu'il en a l'air. Arrive bientôt derrière lui une adorable petite famille, boucles blondes et robes à fleurs. Des sympathisants qui l'ont hébergé pour la nuit. Ils sont comme ces dizaines d'anonymes qui se sont relayés pour accueillir le jeune pilote épuisé, le nourrir, laver ses vêtements, lui fournir de l'essence et le raccompagner le lendemain matin. Depuis son départ de Pau, il a ainsi remonté tout le littoral ouest aux commandes de son petit avion, banderole déployée: quarante heures de vol, 2 800 kilomètres parcourus, 12 étapes. La plaisanterie potache s'est transformée en un marathon harassant…"

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  • Les Occidentaux sont-ils prêts à bombarder la Syrie ?

    Faisant mine de croire à une attaque chimique du gouvernement syrien contre son propre peuple, Washington, Londres et Paris battent les tambours de la guerre. Faut-il prendre ces menaces au sérieux de la part d’États qui annoncent comme imminente, depuis plus de deux ans, la chute de la Syrie ? Bien qu’il ne faille pas exclure cette option, Thierry Meyssan pense qu’elle est moins probable qu’une intervention organisée par l’Arabie saoudite. Cette agitation aurait plutôt comme objectif de tester les réponses de la Russie et de l’Iran.

    Quelle mouche a donc piqué le Prix Nobel de la Paix Barack Obama ? Dimanche 25 août, la Maison-Blanche a diffusé un communiqué dans lequel un haut-fonctionnaire anonyme explique qu’il y a « très peu de doutes » de l’usage par la Syrie d’armes chimiques contre son opposition. Le communiqué ajoute que l’accord de la Syrie pour laisser pénétrer les inspecteurs de l’Onu dans la zone concernée vient « trop tard pour être crédible ».

    Si l’usage d’armes chimiques dans la banlieue de Damas, le mercredi 21 août 2013 est fort probable, le Conseil de sécurité des Nations-Unies n’a pas conclu qu’il était le fait du gouvernement syrien. Réuni en urgence à la demande des Occidentaux, les ambassadeurs ont eu la surprise de voir leur collègue russe leur présenter des photos satellites montrant le tir de deux obus, à 01h35 du matin, depuis la zone rebelle de Douma dans les zones rebelles affectées par les gaz (à Jobar et entre Arbin et Zamalka) à des heures coïncidant avec les troubles relatés. Les photos ne permettent pas de savoir s’il s’agit d’obus chimiques, mais elles laissent penser que la « Brigade de l’islam », qui occupe Douma, a fait d’une pierre trois coups : d’une part éliminer les soutiens de ses rivaux au sein de l’opposition, d’autre part accuser la Syrie d’avoir recours aux armes chimiques, enfin perturber l’offensive de l’armée arabe syrienne pour dégager la capitale.

    Si le gouvernement syrien —comme son ennemi israélien— n’est pas signataire de la Convention contre les armes chimiques et dispose de stocks importants, les jihadistes en ont aussi, comme l’a confirmé Carla del Ponte à la grande fureur du haut-Commissaire aux Droits de l’homme. En décembre, l’Armée syrienne libre avait diffusé une vidéo montrant un laboratoire chimique et menaçant les alaouites. Cette semaine, le gouvernement a découvert plusieurs caches d’armes chimiques, de masques à gaz et d’antidotes, dans la banlieue de Damas. Les produits provenaient d’Arabie saoudite, du Qatar, des États-Unis et des Pays-Bas. C’est d’ailleurs à la demande du gouvernement syrien, et non des Occidentaux, que des inspecteurs de l’Onu sont présents en Syrie pour deux semaines, afin d’enquêter sur les allégations d’usage. Enfin, le 29 mai 2013, la police turque a arrêté une douzaine de membres du Front Al-Nosra et saisi des armes chimiques qui devaient être utilisées en Syrie.

    Pourtant, vendredi le président Obama réunissait son Conseil national de sécurité pour examiner les options d’attaque contre la Syrie en présence de l’ambassadrice Samantha Power, chef de file des faucons libéraux. Il décidait de renforcer la présence militaire US en Méditerranée en y envoyant un quatrième destroyer, chargé de missiles de croisière, l’USS Ramage. Il s’ajoute à l’USS Gravely, l’USS Barry et l’USS Mahan qui est maintenu sur zone alors qu’il devait rentrer au port.

    Samedi il appelait au téléphone le Premier ministre britannique David Cameron. Et dimanche, il parlait avec le président français François Hollande. Les trois hommes convenaient qu’il fallait intervenir sans préciser de quelle manière. Dimanche encore, le secrétaire d’État John Kerry appelait ses homologues britannique, français, canadien et russe pour leur dire que les États-Unis avaient la conviction que la Syrie avait franchi la « ligne rouge ». Si ses trois premiers interlocuteurs l’écoutaient petit doigt sur la couture du pantalon, le Russe Sergey Lavrov s’étonna que Washington se prononce avant le rapport des inspecteurs des Nations Unies. Il lui répondit sur les « conséquences extrêmement graves » que représente une intervention dans la région.

    Lundi le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian était au Qatar et devait se rendre aux Émirats pour se coordonner avec eux. Tandis que le conseiller de sécurité nationale israélien, le général Yaakov Amidror, était reçu à la Maison-Blanche. Lors d’un entretien téléphonique entre le premier ministre britannique David Cameron et le président russe Vladimir Poutine, ce dernier a souligné qu’il n’existait aucune preuve de l’usage d’armes chimiques par la Syrie. De son côté, le vice-ministre des Affaires étrangères chinois, Li Baodong, a téléphoné à son homologue US, Wendy R. Sherman, pour appeler les États-Unis à la retenue. Conscient du risque de guerre régionale dont les chrétiens seraient les premières victimes, le pape François Ier a réitéré ses appels à la paix.

    Doit-on pour autant penser que les Occidentaux vont entrer en guerre sans mandat du Conseil de sécurité, comme l’Otan le fit en Yougoslavie ? C’est peu probable car à l’époque la Russie était en ruines, aujourd’hui elle devrait intervenir après avoir émis trois vétos pour protéger la Syrie ou renoncer à toute action internationale. Cependant Sergey Lavrov a sagement écarté une Troisième Guerre mondiale. Il a indiqué que son pays n’était pas prêt à entrer en guerre contre qui que ce soit, même à propos de la Syrie. Il pourrait donc s’agir d’une intervention indirecte de soutien à la Syrie, comme le fit la Chine durant la guerre du Vietnam.

    L’Iran a alors fait savoir, par le biais de son chef d’état-major adjoint, Massoud Jazayeri, que pour lui l’attaque de la Syrie serait le franchissement de la « ligne rouge » et que, si elle passait à l’acte, la Maison-Blanche endurerait de « graves conséquences ». Certes l’Iran n’a ni les moyens de la Russie, ni ses alliances, mais elle fait certainement partie des 10 premières puissances militaires mondiales. Dès lors, attaquer la Syrie, c’est prendre le risque d’une riposte sur Israël et de soulèvements dans une grande partie du monde arabe, notamment en Arabie saoudite. L’intervention récente du Hezbollah libanais et les déclarations de son secrétaire général Hassan Nasrallah, comme celles de l’organisation palestinienne FPLP-Commandement général, ne laissent aucun doute.

    Interrogé par la presse russe, le président syrien Bachar el-Assad, a déclaré : « Les déclarations émises par des politiciens états-uniens, occidentaux et d’autres pays constituent une insulte au bon sens et une expression de mépris envers l’opinion publique de leurs peuples. C’est un non-sens : d’abord on accuse, ensuite on rassemble les preuves. Cette tâche est menée par un pays puissant, les États-Unis (…) Ce genre d’accusation est exclusivement politique, elles répondent à la série de victoires enregistrées par les forces gouvernementales sur les terroristes ».

    En Russie, le président de la Commission des Affaires étrangères de la Douma, le journaliste et géopoliticien Alexeï Pouchkov, a commenté sur son compte Twitter : « Washington et Londres ont déclaré Assad coupable bien avant les conclusions des inspecteurs de l’Onu. Ils n’accepteront qu’un verdict de culpabilité. Tout autre verdict sera rejeté ».

    Le principe d’une nouvelle guerre en Syrie cadre mal avec les problèmes économiques des États-Unis et des Européens. Si vendre des armes est un moyen de gagner de l’argent, détruire un État sans espérer de retour sur investissement à court ou moyen terme, ne pourra qu’aggraver la situation.

    Selon un sondage Reuters/Ipsos réalisé après l’attaque du 21 août, 60 % des États-Uniens sont opposés à une intervention en Syrie contre 9 % qui y sont favorables. S’ils étaient convaincus de l’usage d’armes chimiques par la Syrie, ils resteraient 46 % à s’opposer à la guerre et deviendraient 25 % à la soutenir. Le même sondage indique que les États-uniens apprécient encore moins la guerre secrète : ils sont 89 % à déclarer qu’il ne faut pas plus armer les rebelles, contre 11 % qui veulent les armer encore. Enfin, quatre options étaient proposées aux sondés : des frappes aériennes (soutenues par 12 %), la création d’une zone de non survol (11 %), le financement d’une force multinationale (9 %), et une intervention US directe (4 %).
    En France, Le Figaro, édité par le marchand d’armes Dassault, a posé la question à ses lecteurs : au bout d’une journée, ils étaient 79,60 % à s’opposer à la guerre contre 20,40 % à la soutenir.
    Il sera certainement difficile pour les Occidentaux de renverser leur opinion publique et d’entrer en guerre.

    Une autre interprétation des événements est possible : certaines des vidéos montrant les victimes des attaques chimiques ont circulé sur Internet quelques heures avant les attaques. Il sera donc toujours possible aux Occidentaux de « découvrir » la supercherie le moment venu et de faire machine arrière. Cependant l’affaire des armes chimiques en Irak a montré que les Occidentaux pouvaient mentir à la communauté internationale et le reconnaître sans conséquence une fois leur forfait accompli.

    Les accusations des jihadistes et de leurs sponsors occidentaux interviennent alors que l’Armée arabe syrienne lançait une vaste offensive, « Bouclier de Damas », pour dégager la capitale. Le tir des deux obus de la « Brigade de l’islam » correspondent au début de cette offensive qui s’est déroulée durant 5 jours et s’est soldée par d’importantes pertes parmi les jihadistes (au moins 1 500 blessés et tués, sur les 25 000 présents). Toute cette agitation peut n’être qu’une guerre psychologique à la fois pour masquer cette défaite et pour tenter de paralyser l’offensive syrienne. C’est surtout un moyen pour Washington de tester la réponse iranienne après l’élection de cheikh Hassan Rohani à sa présidence. Et il est désormais clair que celui-ci ne pourra pas s’opposer à la politique du Guide de la Révolution, l’ayatollah Ali Khamenei.

    Cependant, durant la guerre contre la Libye, j’avais sous-estimé la possibilité des États-Unis de violer toutes les règles, y compris celles de l’Otan. Alors que, me basant sur des documents de l’Alliance atlantique, j’insistais sur la longue capacité de résistance de la Jamahiriya face à son opposition armée, j’ignorai la tenue d’une réunion secrète sur la base Otan de Naples, dans le dos du Conseil atlantique. À l’époque, les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, le Danemark et la Turquie, ainsi qu’Israël, le Qatar et la Jordanie planifiaient en secret l’usage des moyens de l’Alliance pour bombarder Tripoli [1]. Ne faisant pas confiance à leurs alliés, qu’ils savaient opposés à une attaque si coûteuse en vies humaines, ils ne les avaient pas prévenus. L’Alliance atlantique n’était plus une Alliance proprement dite, mais une Coalition ad hoc. En quelques jours, la prise de Tripoli fit au moins 40 000 morts, selon les rapports internes de la Croix-Rouge. Un tel dispositif est peut-être en cours d’organisation : les chefs d’état-major d’à peu près les mêmes États, plus l’Arabie saoudite et le Canada, sont réunis depuis dimanche et jusqu’à ce soir à Amman, sous la présidence du commandeur du CentCom, le général Lloyd J. Austin III. Ils envisagent cinq options possibles (fournitures d’armes aux Contras ; bombardements ciblés ; création d’une zone de non-survol ; mise en place de zones tampons ; et invasion terrestre).

    La presse atlantiste appelle à la guerre. Le Times de Londres l’annonce.

    Le président Barack Obama pourrait ainsi suivre le plan de guerre établi par son prédécesseur George W. Bush, le 15 septembre 2001, qui prévoyait, outre les attaques de l’Afghanistan et de l’Irak, celles de la Libye et de la Syrie, ainsi que l’a révélé l’ancien commandeur de l’Otan, le général Wesley Clark [2]. Sauf que, pour la première fois, la cible dispose d’alliances sérieuses.

    Toutefois, la nouvelle rhétorique US contredit l’ensemble des efforts de l’administration Obama depuis un an qui s’est appliquée à éliminer les obstacles à la tenue de la conférence de Genève 2 : démission du général David Petraeus et des partisans de la guerre secrète ; non-renouvellement du mandat d’Hillary Clinton et des ultra-sionistes ; mise en examen des opposants irréductibles à une alliance avec la Russie, notamment au sein de l’Otan et du Bouclier antimissiles. Il contredit également les efforts de John Brennan de provoquer des affrontements au sein de l’opposition armée syrienne ; d’exiger l’abdication de l’émir de Qatar ; et de menacer l’Arabie saoudite.

    Côté syrien, on se prépare autant que se peut à toute éventualité, y compris un bombardement par l’Otan contre les centres de commandement et les ministères coordonné à un assaut des jihadistes contre la capitale. Cependant, l’option la plus probable n’est pas le déclenchement d’une guerre régionale qui déborderait les puissances occidentales. C’est une attaque, à l’automne, supervisée par l’Arabie saoudite, et endossée par les combattants qu’elle recrute actuellement. Éventuellement, cette opération pourrait être soutenue par la Ligue arabe.

    [1] Le relevé des décisions de cette réunion comprend une longue liste de cibles et les moyens qui leurs sont attribués. Un alinéa prévoyait d’envoyer un commando m’éliminer à l’hôtel Radisson où je résidais. Cependant, lors de l’attaque, je me trouvais au Centre de presse de l’hôtel Rixos.

    [2] Ce plan prévoit de détruire également le Liban, puis le Soudan et la Somalie et de finir avec l’Iran.

  • De l’actuelle dictature de l’opinion…

    Il n’est pas un de nos actuels politiciens qui, usant de la candeur et de la verve que n’auraient guère renié les antiques sophistes, s’évertue à démontrer l’ineptie profonde des trop nombreux sondages de notre temps, dès lors que l’idée qu’ils défendent se trouve affaiblit ou pire, donnée perdante. Diatribes souvent pitoyables et peu crédibles car une fois élus, ces mêmes politiciens n’auront de cesse de regarder avec la juvénile fébrilité de l’adolescent boutonneux ces sondages, ajustant leur politique et leurs décisions sur l’opinion majoritaire, cette doxa vulgus qu’exécrait Platon pour sa volatilité et sa fragilité.

    L’objectif quasi-affiché de cet « ajustement » politique est évident : ramener le maximum de voix, user encore et toujours de manipulations démagogiques pour s’assurer une majorité relative d’électeurs et donc, conserver le poste et ses privilèges. L’exemple présidentiel est à ce propos édifiant : depuis le véritable commencement des instituts de sondages au début des années 1970, chaque président de la république a décidé de fixer sa politique non plus sur le Bien Commun, non plus sur un réel programme politique, mais sur les résultats des sondages et sur l’idée qu’ils avaient de « l’opinion publique ». Si les récents quinquennats (Sarkozy, Chirac) pullulent littéralement d’exemples, force est de constater cette constance chez leurs prédécesseurs : par exemple, la Loi de 1973 sur l’avortement fit écho à un « sondage » manipulateur de l’Institut SOFRES où une majorité des françaises interrogées « aideraient une amie en cas de grossesse non désirée, dans des conditions matérielles, sociales ou psychologiques très mauvaises ». Entre l’entraide à une amie et l’avortement de l’enfant à naître, il n’y a qu’un pas que de nombreux malthusiens s’étaient empressés de franchir…

    Or, ce changement complet de ligne directrice politique, cette « dictature de l’opinion », revêt aujourd’hui un caractère particulièrement dangereux pour notre pays : parce qu’elle est intrinsèquement volatile et manipulable au niveau national, l’opinion publique n’est à l’évidence pas garante de la vérité. Loin de l’utopique « volonté générale éclairée» décrite par Rousseau dans son livre Le Contrat Social, la majorité est aujourd’hui, à l’heure où le pouvoir médiatique est à son paroxysme, un ensemble malléable et informe, incapable de poser une réelle pensée objective et intelligible. Alexis de Tocqueville, remarquable chantre de la démocratie, concevait déjà à l’époque de la rédaction de son œuvre les risques d’une « toute-puissance démocratique », ce qu’il nomma « Tyrannie de la majorité ». Face à ce danger, Tocqueville écrivait :

    «La toute-puissance me semble en soi une chose mauvaise et dangereuse. Son exercice me parait au-dessus des forces de l'homme, quel qu'il soit […]. Ce que je reproche le plus au gouvernement démocratique, tel qu'on l'a organisé aux Etats-Unis, ce n'est pas […] sa faiblesse, mais au contraire sa force irrésistible. Et ce qui me répugne le plus en Amérique, ce n'est pas l'extrême liberté qui y règne, c'est le peu de garantie qu'on y trouve contre la tyrannie. Mais la majorité elle-même n’est pas toute-puissante. Au-dessus d’elle, dans le monde moral, se trouvent l’humanité, la justice et la raison ; dans le monde politique, les droits acquis. La majorité reconnaît ces deux barrières, et s’il lui arrive de les franchir, c’est qu’elle a des passions, comme chaque homme, et que, semblable à eux, elle peut faire le mal en discernant le bien »

    Ces barrières, la reformation intellectuelle et sociale d’un bicentenaire républicain aura suffit à en venir à bout. La morale et la raison, le bon sens et le Droit naturel semblent aujourd’hui relégués aux oubliettes de la politique, comme l’affligeante campagne présidentielle a pu malheureusement le montrer. Demain, l’actuel président socialiste fera adopter les lois consacrant le mariage et l’adoption par les homosexuels (prévus pour Août 2012), l’euthanasie et le renforcement du droit à l’avortement, bafouant ainsi toute notion de Droit Naturel , de raison et de morale en basant sa politique sur cette « opinion publique » si volatile et fragile…

    Demain, la crise économique appellera les gouvernements européens à bien plus de courage politique et de décisions économiques probablement impopulaires. Il est dès lors évident que les gesticulations politiques qui eurent cours pendant le dernier quinquennat ne pourront dès lors plus faire illusion : le gouvernement français sera appelé à poser de réelles mesures d’austérité et à réformer complètement son système politique et économique. Mais ces réformes ne verront certainement pas le jour, surtout sous une présidence socialiste : l’actuelle « dictature de l’opinion » aura évidemment raison du courage politique et du bon sens qu’appellerait pourtant la fonction gouvernementale…

    Augustin Debacker - ASC N°20 - Juin 2012

    http://www.actionroyaliste.com/articles/republique-et-democratie/1249-de-lactuelle-dictature-de-lopinion

  • Guerre Iran-Irak : les États-Unis coupables de complicité de crimes de guerre et de complicité de génocide

    1980 : mécontent de la tournure que prend la Révolution islamique (avec en point d’orgue la prise en otage du personnel de l’ambassade des États-Unis à Téhéran) et de ses conséquences géopolitiques, Washington rompt ses relations diplomatiques et instaure des sanctions économiques contre l’Iran.

    Le projet de conquête par Saddam Hussein des champs de pétrole du Khuzestan en territoire iranien enthousiasme les États-Unis, qui y voient de nombreux avantages. Pendant que les deux nations s’épuiseront dans une lutte implacable, elles ne s’occuperont pas des projets d’Israël et de l’Oncle Sam au Moyen-Orient... C’est aussi une opportunité de vente massive d’armes aux deux camps [1].

    En septembre 1980, Saddam Hussein donne l’ordre à son armée de pénétrer en Iran. C’est en 1983 que celle-ci procède à l’utilisation de l’arme chimique sur le front, en la combinant avec des tirs d’artillerie conventionnelle pour masquer son usage.

    Reagan et son administration sont parfaitement au courant de l’existence d’usines de fabrication de gaz moutarde ou de gaz sarin, et de l’achat d’équipement, facilitant la production d’obus pouvant contenir des agents neurotoxiques, à des fournisseurs italiens.

    « Les Irakiens ne nous ont jamais dit qu’ils avaient l’intention d’utiliser un gaz neurotoxique. Ils n’avaient pas besoin de le faire. Nous savions déjà  [2].

    Déclaration du colonel de l’US Air Force en retraite Rick Francona (ayant servi pour la NSA, la DIA, la CIA au Vietnam, au Laos et au Moyen-Orient).

    L’Iran tente, en vain, d’alerter l’opinion publique sur ces attaques chimiques.

    « Au fur et à mesure que les attaques irakiennes se poursuivent et s’intensifient, les chances augmentent de voir les forces iraniennes mettre la main sur un obus au gaz moutarde non-explosé et portant des marques de fabrication irakienne. Téhéran présentera de telles preuves devant l’ONU et accusera les États-Unis de complicité de violation de lois internationales  [3].

    Rapport top secret de la CIA de novembre 1983.

    Saddam Hussein (tout comme les « combattants de la liberté » afghans qui luttent contre l’Armée rouge) est alors dans le camp du « Bien ». Les médias ne se mobiliseront que pour dénoncer l’usage de ces armes... par l’Union soviétique en Afghanistan.

    Bien que l’utilisation du gaz de combat ne permette pas de remporter une victoire décisive, elle est un moyen de contrer la stratégie iranienne, inspirée des Soviétiques, de vagues d’assauts successives de fantassins.

    En 1987, l’état-major iranien aperçoit une faille dans le dispositif militaire irakien à la hauteur de la ville de Bassorah. Le cours de la guerre risque de basculer au profit de Téhéran. Ronald Reagan informe ses collaborateurs, à la lecture du rapport de la CIA à ce sujet qu’« une victoire de l’Iran est inacceptable ».

    Fort des informations livrées par le Pentagone, l’armée irakienne déjoue le projet d’offensive décisive de l’Iran et lance quatre attaques chimiques de grande envergure pour affaiblir ses adversaires.

    Du 16 au 19 mars 1988, La dernière de ces attaques aura pour cible la ville d’Halabja, dont vient de s’emparer l’Union patriotique du Kurdistan (UPK), allié de la République islamique. Le bombardement massif de la ville, sur ordre du général Ali Hassan al-Majid (dit « Ali le Chimique »), fera près de 5 000 morts, victimes d’un mélange de gaz moutarde et des neurotoxiques Tabun, Sarin et VX [4].

    Le 22 juillet 1988, un cessez-le-feu entre en vigueur entre les deux belligérants, épuisés par 8 ans de guerre.

    http://www.egaliteetreconciliation.fr/Guerre-Iran-Irak-les-Etats-Unis-coupables-de-complicite-de-crimes-de-guerre-et-de-complicite-de-19780.html

    Notes

    [1] La vente d’arme à l’Iran servira à financer la lutte contre-révolutionnaire des Contras au Nicaragua.

    [2] http://www.huffingtonpost.com/2013/08/26/us-gave-iraq-intel-ignored-chemical-attacks_n_3817868.html

    [3] http://www.huffingtonpost.com/2013/08/26/us-gave-iraq-intel-ignored-chemical-attacks_n_3817868.html

    [4] Une vingtaine de victimes de cette attaque ont porté plainte contre X en juin 2013 à Paris pour « génocide et crimes contre l’humanité » à l’encontre d’entreprises françaises, qui auraient une part de responsabilité dans la fourniture de matériel ayant faciliter la production de gaz de combat.

  • Égypte : Le public occidental effrayé par le général Al-Sissi

    Alors que les Égyptiens soutiennent à 95 % le coup d’État militaire qui a renversé le président Morsi, la presse occidentale hurle au retour de la dictature et pleure les morts civils de la répression. Pour Thierry Meyssan, cette attitude trouve son origine dans l’émasculation des populations occidentales qui ont oublié les leçons de leurs aînés et pensent que tous les conflits peuvent trouver des solutions pacifiques.

    La presse aux États-Unis et en Europe fait cause commune contre le coup d’État militaire en Égypte et se lamente sur le millier de morts qui a suivi. Il est évident pour elle que les Égyptiens, qui ont renversé la dictature d’Hosni Moubarak, sont aujourd’hui les victimes d’une nouvelle dictature et que Mohamed Morsi, élu « démocratiquement », est le seul légitime à exercer le pouvoir.

     

    Or, cette vision des choses est contredite par l’unanimisme de la société égyptienne derrière son armée. Abdelfatah Al-Sissi a annoncé la destitution du président Morsi en présence des représentants de toutes les sensibilités du pays, y compris le recteur de l’université Al-Azhar et le chef des salafistes, venus l’approuver. Il peut se targuer d’être soutenu dans son combat par les représentants de 95 % de ses compatriotes.

     

    Pour les Égyptiens, la légitimité de Mohamed Morsi ne se mesure pas à son mode de désignation comme président, avec ou sans élections, mais au service qu’il a rendu ou pas au pays. Or, les Frères ont surtout montré que leur slogan « L’islam, c’est la solution ! » masquait mal leur impréparation et leur incompétence.

     

    Pour l’homme de la rue, le tourisme s’est raréfié, l’économie a régressé, et la livre a chuté de 20 %.

     

    Pour les classes moyennes, Morsi n’a jamais été élu démocratiquement. La plupart des bureaux de vote étaient occupés militairement par les Frères musulmans et 65 % des électeurs se sont abstenus. Cette mascarade a été couverte par les observateurs internationaux dépêchés par les États-Unis et l’Union européenne qui soutenaient la Confrérie. En novembre, le président Morsi a abrogé la séparation des pouvoirs en interdisant aux tribunaux de contester ses décisions. Puis, il a dissous la Cour suprême et révoqué le Procureur général. Il a abrogé la Constitution et en a fait rédiger une nouvelle par une commission nommée par lui, avant de faire adopter cette loi fondamentale lors d’un référendum boycotté par 66 % des électeurs.

     

    Pour l’armée, Morsi a annoncé son intention de privatiser le canal de Suez, symbole de l’indépendance économique et politique du pays, et de le vendre à ses amis qataris. Il a débuté la vente des terrains publics du Sinaï à des personnalités du Hamas afin qu’ils transfèrent en Égypte les travailleurs de Gaza et permettent ainsi à Israël d’en finir avec sa « question palestinienne ». Surtout, il a appelé à entrer en guerre contre la Syrie, avant-poste historique de l’Égypte au Levant. Ce faisant, il a mis en danger la sécurité nationale qu’il lui revenait de protéger.

     

    Cependant, le problème de fond des Occidentaux face à la crise égyptienne reste le rapport à la violence. Vu de New York ou de Paris, une armée qui tire à balles réelles sur des manifestants est tyrannique. Et la presse de souligner, pour ajouter à l’horreur, que nombre de victimes sont des femmes et des enfants.

     

    C’est une vision émasculée des rapports humains où une personne serait prête à débattre parce qu’elle serait désarmée. Mais le fanatisme est un comportement qui n’a aucun rapport avec le fait d’être armé ou pas. Les Occidentaux ont pourtant affronté ce problème il y a 70 ans. À l’époque Franklin Roosevelt et Winston Churchill firent raser des villes entières, comme Dresde (Allemagne) et Tokyo (Japon), dont la population civile était désarmée [1]. . Ces deux leaders ne sont pas considérés pour autant comme des criminels, mais sont célébrés comme des héros. Il était évident et indiscutable que le fanatisme des Allemands et des Japonais rendait toute solution pacifique impossible

     

    Les Frères musulmans sont-ils des terroristes et doivent-ils être vaincus ? Toute réponse globale serait erronée car il existe de nombreuses tendances au sein de la Confrérie internationale. Cependant, leur bilan parle de lui-même : ils ont un lourd passé de putschistes dans de nombreux États arabes. En 2011, ils ont organisé l’opposition à Mouamar el-Kadhafi et ont profité de son renversement par l’Otan. Ils continuent la lutte armée pour s’emparer du pouvoir en Syrie. Concernant la Confrérie en Égypte, le président Morsi a réhabilité les assassins de son prédécesseur Anouar el-Sadate et les a libérés. Il a également nommé gouverneur de Louxor le second du commando qui y massacra 62 personnes, principalement des touristes, en 1997. En outre, durant le simple appel à manifester des Frères pour le rétablissement de « leur » président, ils se sont vengés en brûlant 82 églises coptes.

     

    La répulsion des Occidentaux pour les gouvernements militaires n’est pas partagée par les Égyptiens, seul peuple au monde à avoir été exclusivement gouverné par des militaires –à l’exception de l’année de Morsi– durant plus de 3 000 ans.

     

    Source : Al-Watan (Syrie)

    [1] Videos : Dresde, Tokyo