
Il y a deux idées aussi fausses l’une que l’autre : la première est que la droite et la gauche n’existent plus, la seconde est que les premiers ministres de M.Macron seraient « de droite ». La vraie coupure entre la droite et la gauche ne réside pas dans l’appartenance à un parti qui est situé d’un côté ou de l’autre, mais dans une opposition constante depuis la Révolution entre le conservatisme et le progressisme. La vraie droite est conservatrice, et peut se vouloir réactionnaire. La vraie gauche est progressiste et peut se vouloir révolutionnaire. Lorsque des gens qui se disent de droite en arrivent à faire lentement et en douceur ce que la gauche fait brutalement et rapidement, ils mentent évidemment : il sont de gauche. Bien sûr le mot « progressiste » est à relativiser. Une « avancée » peut être une amélioration mais aussi la présentation avantageuse d’une décadence. Le conservateur, c’est-à-dire l’homme de droite est celui qui trie systématiquement les changements nécessaires pour conserver l’essentiel et rejette ceux qui sont superflus voire néfastes. Dès le début de ce clivage, la droite voulait conserver la monarchie et le pouvoir du roi. Elle savait parfaitement que les privilèges devenus injustifiés, que la confusion dans l’organisation du Royaume, et l’anarchie de ses finances ne pouvaient durer. Pour autant, elle ne voulait ni la république, ni la destruction de l’Eglise. Le mouvement sinistrogyre de la période révolutionnaire de 1789 à 1794 a correspondu à la victoire constante et de plus en plus sanglante du « progressisme ». L’égalité civile s’étendait à la politique et abordait le social. Le mouvement s’arrêta à ce point lorsqu’on revint du suffrage universel de 1793 au suffrage censitaire et qu’on ne suivit pas la « conspiration des Egaux » de Babeuf qui mettait fin à la propriété privée des moyens de production.







