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France et politique française - Page 2786

  • LE MATIN, LE PREMIER MINISTRE REFUSE UNE LOI POUR LES POLICIERS. LE SOIR, LE PRÉSIDENT VEUT UNE LOI POUR CONTRÔLER L’INFORMATION

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    Mercredi, le Premier ministre Édouard Philippe est l’invité d’une émission matinale, « Les 4 vérités », sur France 2. Il balaie tous les sujets de son ton posé sans jamais se départir de sa grisaille habituelle. Certes, pour évoquer Champigny, il a préparé son effet et il se dit « horrifié ». Très bien, mais ensuite ? Devant le sentiment d’impunité des agresseurs ? Devant les attaques à répétition contre les forces de l’ordre ? Devant le petit jeu médiatique des Kassovitz et autres princes des médias déversant leurs insultes sur la police à longueur de tweets ?

    L’interviewer de France 2 n’est pas Laurent Delahousse. Il s’appelle Guillaume Daret, mais il a brillamment franchi l’examen de l’interviewer complaisant avec Édouard Philippe. Il a gagné son ticket 1re classe pour aller déambuler avec Jupiter sous les ors de l’Élysée en toute quiétude. Ou poursuivre tranquillement son dialogue avec le Premier ministre, par exemple en avion privé Tokyo-Paris, histoire que M. Philippe ne s’ennuie pas trop dans son avion vide.

    Car devant ces agressions violentes et répétées contre la police, le rôle du Premier ministre aurait été d’examiner ce que le gouvernement pouvait proposer comme loi pour mieux protéger, mieux punir, mieux dissuader. Et celui du journaliste de stimuler un peu son invité en manque d’idées. Eh bien, voilà la réponse qui, visiblement, n’a secoué personne :

    « Les peines plancher ont été introduites dans le droit français en 2007 pour tous les crimes et délits en cas de récidive. Elles ont été supprimées en 2014. Je me méfie des réactions face à des événements qui passeraient par des éléments législatifs. »

    En substance : pas de loi. Braves policiers, on continue comme ça. Les uns à appeler à vous tabasser sur les réseaux sociaux. Les autres à le faire dans les cités. Et moi à ne rien faire. Circulez, y a rien à voir, le gouvernement ne légiférera pas. Vous comprenez, toucher à la loi, c’est quelque chose de grave qui demande beaucoup de sérieux, beaucoup de grisaille, beaucoup de réflexion. Et, surtout, on ne légifère pas sous le coup des passions, des pressions, des « événements ». C’est bien connu. C’est même écrit en grosses lettres dans le Manuel de l’immobilisme que tout bon Premier ministre a en permanence sur son bureau.

    Les « événements »… Les policiers apprécieront l’euphémisme. Mais le plus révélateur de cet immobilisme tranquille de notre Premier ministre, c’est son « Je me méfie des réactions… »

    Avec Édouard Philippe, nous n’avons décidément pas les mêmes méfiances : dans ma petite ville de province (et malheureusement dans la France entière), l’insécurité explose ces dernières semaines (braquages, cambriolages, agressions, voitures incendiées, violences contre les policiers) mais lui, ce n’est pas de cela qu’il se méfie, non, il se méfie des réactions d’indignation et de colère… À bien y réfléchir, il a peut-être raison. De là à vouloir légiférer pour maîtriser ces « réactions à des événements »… Non, mon esprit méfiant va trop loin.

    Trop loin ? Le soir même, le président de la République annonce à la (bonne) presse rassemblée à ses pieds qu’il veut « une loi contre les fake news » pendant les campagnes électorales… Il y a de la suite dans les idées entre notre Premier ministre si réticent à légiférer du matin et notre Président législateur du soir. Car, finalement, ces « réactions » de colère, ce sont peut-être des fake news, non ? Et puis, ça ferait désordre pendant une campagne électorale… Donc, il faut légiférer d’urgence, Jupiter l’a dit.

    Une chose est sûre : ils se méfient des réactions, donc ils vont davantage contrôler l’information. Édouard Philippe s’est, une fois de plus, comparé à un chef d’orchestre. En tout cas, on a bien compris quelle serait la musique, et qu’il faudrait la suivre à la baguette.

    Ainsi va la démocratie au pays des Lumières et de la liberté d’expression, en 2018, sous la présidence de M. Macron…

    http://www.bvoltaire.fr/matin-premier-ministre-refuse-loi-policiers-soir-president-veut-loi-controler-linformation/

  • SPES CONTRA SPEM

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    PAR HILAIRE DE CRÉMIERS

    4170074262.jpgAnalyse de l'actualité à cheval sur deux années et présentation du dernierPolitique magazine vont ici de pair. Les lecteurs de Lafautearousseau seront intéressés par ce double aspect de cet éditorial.  LFAR 

    Nous voici à là fin de l'année 2017 qui a vu beaucoup de changements en France, et au début de l'année 2018 qui est grosse d'incertitudes. Amis lecteurs, vous aimez votre journalPolitique magazine : il traite des questions d'actualités comme aucun autre journal. Dans ce numéro, comme dans les précédents, une vaste étendue d'informations mais aussi d'explications est abordée : l'Europe, la Défense, la décentralisation et l'organisation territoriale, les risques monétaires, les dangers économiques, l'actualité culturelle. Tous ceux qui sont habitués à lire nos chroniques et nos articles, savent qu'il y a là une ligne éditoriale pour ainsi dire unique dans la presse française : les actualités y sont analysées en profondeur dans le cadre d'une réflexion historique et, à sa manière, philosophique qui n'hésite pas à rappeler quelques vérités fondamentales dont les constructeurs d'abstractions et les politiciens en mal de domination prétendent se soustraire.

    Politique magazine n'a pas cédé aux charmes macroniens. L'homme a été assez habile pour se présenter à un de ces moments décisifs qui reviennent de manière récurrente dans l'histoire de notre pays et où les Français, lassés des luttes partisanes stériles, s'en remettent à un pouvoir venu « d'ailleurs » qui leur offre d'autres horizons que les perpétuelles et insanes querelles idéologiques et politiciennes. Macron a profité de la situation.

    Cependant, il n'est pas venu réellement « d'ailleurs ». Loin d'être au-dessus du système, il en sort fort concrètement et il essaye d'en combiner les forces. Laissant, par exemple, un Blanquer mener sa juste réaction dans l'Éducation nationale dont il sait par son propre milieu familial à quel point les familles françaises y sont attachées, gardant un Hulot fébrile à ses côtés pour rassurer les écologistes, donnant à un Philippe adroit ses coudées franches pour gérer le quotidien de la France, menant par des ministres qui sont tout sauf socialistes, des réformes partielles autant que les circonstances le permettent, il se réserve le rôle de « patron ». Lui voit où il faut aller. Il se met en position et en scène, comme son dernier entretien à l'Élysée l'a suffisamment montré.

    Mais ce qu'il voit, ce n'est pas la France, ce n'est plus la France en tant que telle ; c'est un rêve, son rêve, tel qu'il l'a forgé à l'écoute de ses professeurs, de ses inspirateurs et de ses instigateurs : la construction d'une Europe fédérale totalement intégrée qui aurait, de plus, dans son esprit, l'avantage de résoudre le problème français, car la France est pour lui un problème. Il n'en a pris la direction que pour la conduire vers l'Europe du seul salut. Il croit en sa mission : cette certitude ressort de tous ses discours. Son action n'est dictée que par cette conception qui est une sorte de foi laïque. Il n'envisage de règlement des difficultés que dans cette configuration. Il le dit à toutes occasions, en toutes circonstances, comme ce numéro de Politique magazine le montre encore. En cela il est le parfait élève de toute la génération précédente dont il prend la suite. Sauf que lui, il croit : il y croit et il se croit. Il se sert de sa foi comme d'un tremplin.

    Il ne refaçonne le système que pour réussir dans son entreprise. Comprenons bien : il ne renie nullement le système ; il le transforme pour en améliorer l'efficacité à son service et pour son plan ; il joue des partis, bien sûr, en installant le sien qui doit absorber les autres ou les annihiler. Son intention est de renouveler au niveau européen ce qu'il considère comme son succès français. Demain Macron, chef charismatique d'abord, puis président d'une nouvelle Europe : oui, tel est le rêve !

    Les Français sont floués. Une fois encore. Par une sorte de faux sauveur. Alors, que faire ? dira-t-on. Eh bien, expliquer et expliquer encore le pourquoi et le comment de cet invraisemblable et, cependant, perpétuel marché de dupes. Politique magazine s'attelle à cette tâche : aller au fond du problème politique.
    Concluons : s'il faut désespérer, désespérons donc du système... Oui, parfaitement : ce désespoir-là est salutaire. Car si la France est susceptible d'espérance - et elle l'est -, elle doit l'attendre « d'ailleurs ». D'un véritable « ailleurs ». Comment ne pas y penser en ces jours de Noël et de Nouvel An ?   

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    http://lafautearousseau.hautetfort.com/archive/2018/01/04/spes-contra-spem-6014131.html

  • RETOUR DES DJIHADISTES : ON N’EN VEUT PAS ! QU’ÉMILIE KÖNIG RESTE LÀ OÙ ELLE EST !

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    Émilie König n’est pas une victime. Elle a revendiqué ses choix devant les caméras. Pourquoi devrait-on l’exonérer de ses crimes ?

    Arrêtée en Syrie, détenue par les forces kurdes avec d’autres Françaises, on nous a montré Émilie König en larmes, implorant l’État français de la récupérer avec sa progéniture. Enfin, quand je dis montrer, j’exagère, puisqu’elle était planquée sous sa burqa. Disons qu’on l’a entendue sangloter et demander pardon à sa mère, à ses concitoyens, à la France.

    Il y a longtemps que les avocats connaissent la combine : l’accusé doit se tordre les mains, pleurer abondamment et se couvrir la tête de cendres devant les caméras. Il lui faut dénoncer d’affreuses conditions de détention, le viol et la torture, et battre sa coulpe en public pour arracher des sanglots à la ménagère puis aux jurés. Sur ce plan, les avocats d’Émilie König sont de grands professionnels. Ainsi Me Bruno Vinay a-t-il déclaré à l’AFP qu’il demande le rapatriement de sa cliente aux autorités françaises parce qu’elles « ont l’obligation de la juger ». Et puis, dit-il, elle « est la mère de trois enfants français » et « tout doit être mis en œuvre pour faciliter leur rapatriement, conformément aux engagements internationaux de la France ».

    Pour ce qui est de la mère de famille exemplaire, on rappellera ici que lorsqu’elle est partie porter les armes en Syrie, en 2012, Émilie König a laissé ses deux premiers enfants au pays. Comme quoi l’amour maternel a des limites. On se demande, alors, ce qui fait du petit garçon âgé de quatre ans et de ses sœurs jumelles âgées de un an seulement des petits Français ! Qui est leur père ? Un barbu fanatique, sans doute, puisque la Lorientaise était, là-bas, l’égérie des fous d’Allah.

    L’argument entendu de la bouche de son avocat dans un entretien télévisé ne manque pas de sel : sa cliente « se tient à la disposition de la justice […] dans un esprit de coopération ». Sans blague ?

    Émilie König est l’une des pires furies que les islamistes aient pu produire, alors son « esprit de coopération », on s’assoit dessus. Radicalisée au sortir de l’adolescence, devenue propagandiste zélée puis recruteuse pour Daech, appelant à attaquer les institutions françaises et à s’en prendre aux épouses de nos soldats, elle a été placée en septembre 2014 par l’ONU sur la « liste noire des combattants les plus dangereux ». Et il faudrait, aujourd’hui, la sauver d’un sort qu’elle réservait aux autres ?

    Le Figaro écrit aujourd’hui qu’une trentaine de djihadistes français ayant été arrêtés par les forces kurdes et les Irakiens, « le cas des femmes et de leurs enfants est le plus épineux ».

    Pourquoi ? Est-ce parce qu’elles sont femmes, donc d’office présumées irresponsables et victimes, ou bien à cause de leurs enfants ? L’argument des avocats est, là aussi, connu : ces femmes, forcément abusées, ont servi de simples « génitrices », leurs ventres seulement recrutés pour fabriquer des combattants.

    Émilie König n’est pas une victime. Elle a revendiqué ses choix devant les caméras, entraîné des adolescents dans sa folie meurtrière, porté les armes contre son pays. Pourquoi devrait-on l’exonérer de ses crimes ?

    Emmanuel Macron a affirmé, en novembre dernier, que le sort des djihadistes françaises serait examiné au « cas par cas ». Alors, si je peux émettre un avis : qu’Émilie König reste là où elle est ! Tentée par l’exotisme, qu’elle en profite pleinement et croupisse chez les Kurdes. Je ne veux pas devoir débourser un centime pour elle et ses enfants.

    Je finirai sur une anecdote qui date de quelques années. J’étais avec un ami à attendre le métro quand sont venues s’asseoir à côté de nous deux adolescentes fièrement voilées jusqu’aux pieds et gantées. On voyait encore leur visage : teint de porcelaine, yeux bleus qui fixaient avec arrogance le petit peuple ébahi.

    Répondant à leur regard insistant, mon ami leur a alors lancé cette remarque : « Décidément, le costume breton a bien changé ! »

    Il ne croyait pas si bien dire…

    http://www.bvoltaire.fr/retour-djihadistes-on-nen-veut-quemilie-konig-reste/

  • Réflexion : Ça veut dire quoi « bien vivre ensemble » ?

    Il y a des jours où tout passe et d’autres où on se dit que c’est ras-le-bol de cette affirmation. Ainsi, on ne cesse de nous rabattre les oreilles avec le « bien vivre ensemble ». Ça veut dire quoi au juste ? Que nous sommes amenés à accepter tout comportement qui ne serait pas tout à fait le nôtre, questions vestimentaire et alimentaire ?

    Habitant dans le sud de la France, il m’est parfois bien difficile de ne pas réagir face à certaines situations, qui ne seraient acceptées nulle part ailleurs. Mais sous prétexte de « bien vivre ensemble », on accepte tout, en faisant parfois semblant de ne rien voir. C’est tellement plus facile de ne pas réagir. Ça évite les problèmes et les remises en question. Personnellement, je ne supporte pas de voir des femmes « déguisées » en fantômes noirs, dont on ne voit que les yeux. Si je ne me retenais pas, je pourrais arracher leur voile, mais, ça ne se fait pas et je me mettrais en danger car personne ne viendrait à mon secours.

    Hé bien non ! Ce n’est pas à nous à subir, mais à faire comprendre à l’autre qu’il y a des efforts à faire pour s’intégrer en bonne intelligence et être accepté. La France est un pays où dominent la générosité et la tolérance. Nous, Français de souche, de génération en génération (ne remontons tout de même pas au Moyen-âge, quoique…), sous le fallacieux prétexte de notre bon cœur et de notre intelligence, nous acceptons tout en essayant de comprendre que « l’autre » a traversé bien des frontières, a subi bien des épreuves et qu’il est juste de l’accueillir avec la plus grande tolérance.

    Cet « autre » a faim, a peur, ne sait pas encore parler notre langue (mais il apprendra) et surtout il arrive avec ses traditions, sa culture, ses habitudes et il fera venir les membres de sa famille dès qu’il le pourra, ce qui paraît tout à fait normal. Il n’est pas bon qu’un homme reste seul.

    Bien sûr, il sait que la France est un pays grand et généreux et qu’elle ne peut certes « accueillir toute la misère du monde » pour reprendre une expression utilisée par un politique qui n’était pas de notre bord, mais permettre aux plus malheureux de survivre,  dans un premier temps, puis de vivre dans un second temps, sous réserve que des efforts aient été faits pour l’intégration, ce qui n’est pas toujours facile, il faut en convenir, d’un côté comme de l’autre.

    Les difficultés économiques actuelles de notre pays doivent cependant nous inciter à de la prudence pour éviter des débordements de toute nature. Il importe également que des structures, tant sociales qu’humaines, permettent le « bien vivre ensemble » dans des régions, des départements, des villes, des quartiers, qui peuvent accueillir et accompagner les nouveaux venus. Ils sont une richesse pour notre pays quand ils arrivent avec un savoir et une bonne volonté pour vivre autrement que là d’où ils viennent, suite à des guerres, des conflits, des problèmes graves divers et variés. Ils peuvent trouver une place dans notre société sous réserve que celle-ci ait la capacité de prendre le temps d’écouter et d’intégrer qui en sera digne.

    La France n’est pas n’importe quel pays, elle qui fut Royaume et dispose d’une histoire extraordinairement riche, dont peu de pays peuvent se prévaloir. La France se distingue en tous points et mérite toute notre fierté, de la dynastie des Mérovingiens, à celle des Valois en passant par les Carolingiens et les Capétiens.

    Il reste à espérer que cette histoire de France restera enseignée dans tous les lieux d’enseignement public et privé. Nous le valons bien et la question du « vivre ensemble » ne doit pas se poser. Elle s’impose naturellement. Question de respect et d’intelligence !

    Solange Heisdorf

    http://www.vexilla-galliae.fr/actualites/divers/2602-reflexion-ca-veut-dire-quoi-bien-vivre-ensemble

  • Voeux à la presse : Macron lance la Pravda - Journal du Jeudi 04 Janvier 2018

  • Hervé Juvin : la fin de la mondialisation et le retour des identités

    On croyait que la mondialisation conduirait à l'uniformisation du monde sous la bannière du modèle occidental. Mais l'auteur de La grande séparation montre que celle-ci réveille au contraire les particularismes identitaires.
    Hervé Juvin est un écrivain et essayiste français. Il poursuit un travail de réflexion sur la transformation violente de notre condition humaine qui, selon lui, caractérise ce début de XXIè siècle. Il est par ailleurs associé d'Eurogroup Consulting. Son dernier livre La grande séparation, pour une écologie des civilisations a été publié aux éditions Gallimard (Le Débat, 2014). 
    Figarovox : Votre livre s'intitule La grande séparation. Qu'est-ce que cette grande séparation ? De quoi nous séparons nous ? 
    Hervé Juvin : La condition politique repose sur la séparation des groupes humains qui assure leur diversité. Jusqu'ici cette séparation entre les hommes provenait de la langue, des mœurs, des lois et des cultures, et se traduisait par le phénomène universel de la frontière: on traçait des séparations matérielles entre «nous» et les «autres». Il s'agissait d'une séparation géographique, matérielle, et horizontale. La Nation était la traduction politique de cette séparation. Depuis une trentaine d'années, on assiste à un phénomène nouveau, une forme de transgression qui se traduit par le «tout est possible» ou «le monde est à nous». Tout cela est en train de faire naitre une nouvelle séparation qui bouleverse radicalement tout ce qui faisait le vivre-ensemble et le faire société. Ce que j'appelle «grande séparation», c'est cet espoir un peu fou, très largement dominant aux États-Unis, notamment à travers le transhumanisme, de s'affranchir totalement de la condition humaine. L'ultra-libéralisme, l'hypertrophie du capitalisme financier, le retour du scientisme sont l'une des faces d'un visage dont le transhumanisme, la transexualité, le transfrontiérisme sont l'autre face. Il faut en finir avec toutes les limites, toutes les déterminations de la nature. Ainsi Google a pour objectif affiché de lutter contre la mort à travers sa filiale Calico. L'idéologie transgenre veut que chaque homme et chaque femme puisse choisir leur sexe. Des entreprises très «humanistes» comme Goldman Sachs remboursent les opérations de changement de sexe de leurs employés ! 
    Cette idéologie des «trans» vise à construire un homme hors-sol, délié de toute origine, et déterminé uniquement par sa propre volonté. C'est le retour du mythe de l'homme nouveau appuyé sur un délire scientiste qui voudrait que chacun soit à lui-même son petit Dieu autocréateur, pur produit de son désir, de ses intérêts ou de sa volonté propre. C'est cela, la grande séparation: la fabrique d'un homme sans origines, sans liens et sans foi, mais qui a chaque instant se choisit lui-même et choisit qui il est. 
    «Plus rien ne nous est étranger», tel est le résultat de la mondialisation. Pourtant à mesure que l'on cherche à détruire le même, l'autre revient toujours plus fort. L'uniformisation a pour conséquence un retour des particularismes. Comment expliquez-vous ce paradoxe ? 
    On peut considérer qu'à bien des égards la mondialisation est achevée. J'ai la chance de voyager beaucoup dans le monde: il n'y a plus de jungles, de mangroves, de déserts, aussi perdus soient-ils où vous n'avez pas des gens qui sortent un téléphone portable de leur poche. La mondialisation des outils techniques - pour la plupart conçus en Occident- est à peu près aboutie. Le phénomène auquel on ne s'attendait pas, ce que j'appelle dans mon livre «l'aventure inattendue», c'est que l'uniformisation du monde est en train de réveiller les différences. L'exemple le plus frappant est celui de l'islam radical. Malraux parlait de «l'invincible sommeil de l'islam»: il y a trente ou quarante ans, l'islam était quelque chose d'endormi, d'immobile et d'assez pacifique. On peut dire ce qu'on veut sur les dérives extrémistes de l'islam, mais une chose est sûre: le retour (et dans certains cas l'invention) d'un fondamentalisme musulman (pratiques, cultes et doctrines rigoureux et agressifs) est généralement le produit direct d'une confrontation avec la modernité occidentale. Ceux qui vont combattre le djihad, en Syrie ou ailleurs, ceux qui ont commis des attentats en Occident, notamment le 11 septembre n'étaient pas des pauvres sans boulot ni éducation, mais des ingénieurs, des gens diplômés, parfaitement intégrés à la civilisation moderne. Il est intéressant de voir qu'une partie des mouvements fondamentalistes en Afrique - je pense notamment à Boko Haram- sont directement l'effet de l'agression de sociétés traditionnelles par les évangélistes et les missionnaires financés souvent par les fondations américaines. La mondialisation, dans laquelle on a voulu voir une homogénéisation du monde est en train de déboucher sur son contraire : le retour des particularismes identitaires, des singularités, et plus généralement un retour du «nous».
    L'illusion du multiculturalisme du «village monde» a-t-elle vécu ? 
    Depuis 40 ans on avait assisté à la proclamation de l'individu absolu, sans aucune appartenance, seul face au monde. On a aujourd'hui un retour de bâton de la réalité : on ne vit pas riche et seul dans un océan de ruines, on ne vit bien que quand on sent qu'on appartient à un ensemble, à un groupe, quand on est dans le faire-société avec d'autres, et c'est probablement ce que cette phase très déroutante de la mondialisation est en train de nous révéler. 
    Est-ce à dire que chacun va retourner chez soi et se confiner dans le séparatisme ethnique ? 
    Quelle forme la séparation politique va-t-elle prendre en réaction à cette grande séparation ? Difficile de le dire. Mais ce qu'il est important de comprendre c'est qu'on ne peut dire «nous» que lorsqu'on a déterminé qui sont les «autres». Il y a quelque chose de profondément mensonger et dangereux dans la grande séparation qui fait de tous les hommes sont les mêmes - les hommes réduits à l'idiot utile des économistes! Si tous les hommes sont les mêmes, je suis absolument isolé, seul et incapable de dire «nous». Dans la plupart des pays occidentaux, on assiste à cet isolement croissant des individus, qui n'ont plus de repères, plus de structures, plus de capacité à dire «nous». Pour dire «nous», il faut qu'il existe des «autres» qui ne sont pas appelés à devenir les mêmes. Nos amis américains disent volontiers : tout homme ou femme sur cette terre n'aspire qu'à une chose: devenir un américain comme les autres. C'est la négation absolue de l'altérité. C'est aussi l'inverse du respect pour l'Autre, celui qui ne sera jamais le même, celui qui à ce titre m'aide à sentir mon identité. La paix dans le monde repose sur l'idée inverse : indépendance et différence. j'ai trop longtemps vécu et travaillé à Madagascar, eu des amis marocains, fréquenté l'Inde, je respecte trop les Malgaches, les Marocains, les Indiens, pour vouloir qu'ils deviennent des Français comme les autres. Ils ont leurs identités, leurs coutumes religieuses, leurs mœurs, qui sont éminemment respectables: au nom de quoi puis-je dire que je suis supérieur à eux ? Quel droit m'autorise à dire que l'avenir d'un malgache, d'un marocain ou d'un hindou est de devenir un Français comme moi ? 
    C'est quelque part le crime de l'universel : de penser que ce qui est bon pour moi est bon pour le reste de l'humanité. 
    Oui, mais nier l'universel, n'est-ce pas nier le propre de la culture européenne ? 
    C'est le grand débat des Lumières et de la prétention au règne universel de la raison. L'idée que nous, Occidentaux, Européens, Français, Américains, aurions mis en place depuis les Lumières un modèle idéal de vie pour l'humanité, entre la croissance économique et la révolution industrielle, la démocratie et les droits de l'homme. Je ne le crois absolument pas. Je crois que d'autres sociétés qui vivent avec d'autres lois, d'autres mœurs, selon d'autres règles, ont su offrir les conditions du bonheur à leurs habitants. Je ne souscris pas à l'idée selon laquelle notre régime politique, notre musique, notre art, notre culture seraient le point d'aboutissement de l'humanité vers lequel tous les autres peuples devraient converger. Il y a une voie chinoise, une voie hindoue, des voies africaines, qui feront des sociétés équilibrées et heureuses, sûres de leurs identités, différentes de la voie américaine ou de la voie européenne. 
    Toutes les civilisations se valent, alors ? Il n'y a pas de valeurs transcendantes, pas de droits de l'homme, pas d'universel… L'excision et le mariage forcée des petites filles est de même valeur que la quasi égalité hommes-femmes en Occident ? 
    On a le droit de défendre un système de valeurs qu'on croit universel. Vous n'allez pas me faire dire que je suis pour la lapidation ! Personne évidement ne peut souhaiter être mis en détention sans jugements, être torturé, etc… Mais on ne peut pas ne pas constater les désastres que produit l'imposition par le haut du modèle occidental dans les sociétés traditionnelles. L'universalisme européen et américain n'a abouti qu'à des champs de ruines : en Afrique, en Afghanistan, en Irak, en Libye… Et la folle course en avant du développement menace la survie de l'humanité ; au nom de quoi arracher ces millions d'hommes qui vivaient hors de l'économie du capitalisme, de l'accumulation, dans un équilibre avec la nature, pour les précipiter dans un système qui détruit les biens vitaux et les services gratuits de la nature ? 
    Les motifs humanitaires masquent souvent des ingérences guerrières. Le «droit au développement» masque l'agression impitoyable de l'obligation de se développer, qui a fait des ravages en Asie et en Afrique. Les limites à l'universel ne sont pas seulement morales, mais physiques. La pénétration sans limites d'internet répand dans des populations entières des rêves qu'elles n'auront aucun moyen de satisfaire, à moins de faire exploser la planète. Il est impossible que 9 milliards d'humains vivent comme un Américain moyen. Ne pas se rendre compte de cela, c'est créer les conditions d'une humanité frustrée. Non seulement cet universalisme sème les graines du malheur, mais il est contre-productif : plus il essaie de s'imposer, plus il réveille des particularismes de plus en plus agressifs. 
    C'est là un point essentiel en géopolitique aujourd'hui : l'agression des modèles universels réveille les logiques de la différence politique. Je cite dans mon livre celui que je considère comme le plus grand ethnologue du XXème siècle Elwin Verrier, pasteur britannique marié avec une fille de la tribu des Muria : au bout de quarante ans passés à côtoyer les tribus indiennes, il a abouti à la conclusion suivante : laissons-les vivre comme ils sont, hors du développement économique. Mêlons-nous de ce qui nous regarde : sagesse qui nous éviterait bien des bêtises !

  • RT France répond au projet de loi anti-fausses nouvelles de Macron

    RT France, qui semble visée par la loi anti Fake News de Macron, et qui n'était pas non-invitée à ses voeux à la presse lui répond lors d’une émission spéciale de 25 minutes :

    Michel Janva

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Marc Fromager : "Il y a 70 fois plus de mosquées en France que d'églises dans la péninsule arabique"

  • SuperMacron et les fausses nouvelles

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    Bernard Plouvier

    Par son nouvel effet d’annonce, notre Super-Président veut pourfendre les Fake News d’Internet (en français courant : les fausses nouvelles des réseaux sociaux). Comme disait le général De Gaulle : « Vaste problème ! ».

    Et l’on ne s’attendait pas à un enfant chéri des media sophistiqués, un chevalier du Tweet, un pur produit de la publicité politique, si l’on préfère de la communication pré-électorale de 2017, se muer, à l’occasion des vœux de nouvel An, en Saint Michel ou en Saint Georges désireux de terrasser le dragon des media modernes, aussi menteurs que les anciens, mais avec une efficience multipliée par les réseaux sociaux, omniprésents et – sans jeu de mots – immédiats, soit instantanés.

    En 2017, Super-Macron est élu chef de l’État grâce à un marketing politico-médiatique d’une ampleur exceptionnelle et dont on ne sait ce qu’il a coûté aux sponsors... et l’on se doute bien quels ils sont, par le discours du Président russophobe et Poutinophobe enragé.

    En 2018, Saint-Georges Macron veut interdire les « fausses nouvelles », alors même que les promesses électorales sont, par essence et sauf exception populiste, mensongères autant que démagogiques, soit d’authentiques faux en matière d’information.

    Faut-il croire que notre Hercule veut nettoyer les écuries de la Ve Ripoublique agonisante ? On serait heureux, sur ce plan, de le voir à l’œuvre.

    Car, plutôt que de se mêler de ce qui se passe en Russie ou de tenter d’aider une nouvelle-née, l’insurrection iranienne fomentée par les maîtres de Washington–New York-Jérusalem (le trio infernal qui menace la sécurité planétaire, bien plus que le fou furieux de Corée du Nord, dépourvu de réelle capacité de nuire à l’Occident), Macron, superstar médiatique, a de quoi faire en France.

    Notre Superman pourrait, entre bien d’autres exemples, lutter contre la corruption politique et administrative. Car c’est faire une fausse nouvelle que de présenter une fois tous les deux ou trois ans un pourri et le lyncher médiatiquement, pour laisser dans l’ombre des milliers d’autres. Et on pourrait en dire autant des crapules sexuelles perverses, mâles, mais aussi femelles et homosexuelles.

    Superhéros pourrait aussi cesser le Fake New français permanent à propos des statistiques ethniques. La Nation, seul souverain naturel de l’État, pourrait ainsi apprendre combien d’extra-Européens, combien de mahométans, on lui a fait accueillir sans lui demander, le moins du monde, son avis.

    De même, on cesserait d’employer l’euphémisme constant des « Jeunes » à propos des voyous d’origine exotique, car en matière de Fake News, la France bat tous les records de désinformation sur l’origine ethnique des détenus emprisonnés, des racketteurs et des violeurs, des trafiquants de drogue et d’armes, des vols avec violence, des attaques de vieillards en leur domicile, des agressions de membres des forces de l’ordre ou des pompiers, voire des médecins et du personnel hospitalier.        

    Si Superman-de-l’information-honnête veut pourfendre le dragon de la Fake New à la mode : le réchauffement climatique, on n’y voit aucun inconvénient. On ne nie pas qu’il existe un faible réchauffement en régions intertropicales. Ce n’intéresse guère les Français de métropole, sauf quand les dirigeants des multinationales s’agitent pour refiler aux contribuables occidentaux la facture très lourde des exigences monétaires des excellences locales.

    Pour avoir le droit d’exploiter les ressources naturelles des pays sous-développés de ces zones, les grands prédateurs doivent graisser, et abondamment, la patte très avide des élus locaux.

    Ceci n’est ni un scoop ni une fausse nouvelle et ne tombe donc pas dans les objectifs annoncés de notre jeune et sémillant Président. Dommage ! Pour une fois, la recherche de la vérité aurait pu devenir utile, ne serait-ce qu’en évitant d’aggraver la charge fiscale, par la Fake New du réchauffement généralisé.

    Allons, il est plus simple de se limiter à la politicaille franchouillarde et de préparer les échéances électorales prochaines en sortant une législation qui, curieusement, ne touchera que les adversaires du grand homme solidement installé sur son trône... grâce à une campagne de publicité qui fut en grande partie mensongère.

    On nous avait vendu un réformateur sérieux et dynamique. L’on a acheté un tweeter, certes remarquable, mais qui joue un peu trop au cowboy du star system globalo-mondialiste, au lieu de se soucier de notre Bien commun.

    http://synthesenationale.hautetfort.com/

  • BANLIEUES : LA GUERRE QU’ON N’OSE PAS DÉCLARER ?

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    L’année 2018 a commencé très fort avec deux agressions commises contre des policiers dans la banlieue parisienne, à Champigny-sur-Marne et à Aulnay-sous-Bois. Tout amalgame entre ces événements sans doute liés à l’ambiance festive de la nuit du Nouvel An et l’immigration africaine et musulmane dans les quartiers sensibles de la région parisienne est évidemment à proscrire parce que « politiquement incorrecte ». On sait bien qu’une population particulièrement jeune et qui manque de distractions ne demande qu’à se défouler pour oublier la rigueur du climat, les horreurs de la répression coloniale subie par les parents et les affres du chômage qu’une scandaleuse discrimination à l’embauche accentue dès qu’on n’est pas « souchien ». Alors, un soir de réveillon, il est normal d’allumer le feu, comme disait un grand disparu, de brûler 1.031 voitures (une centaine de plus que l’année dernière), de forcer la porte d’une soirée à laquelle on n’est pas invité, de voler un véhicule et, cerise sur le gâteau, de tabasser les uniformes qui viennent bêtement s’offrir au défoulement collectif. Lorsque c’est une femme qui est en « bleu », c’est encore plus drôle, parce que plus facile, et plus logique. Il faut respecter la seule hiérarchie qui compte : celle de la force physique.

    Dans les jours qui suivent, les commentaires vont bon train. 

    Le président de la République, qui s’était bien gardé d’évoquer ce problème « français » lors de ses vœux, parle de « lynchage », en introduisant une note américaine, qui est une sorte de lapsus révélateur. Ce mot américain désignait l’exécution sommaire d’un présumé coupable par une foule en colère en dehors de toute procédure judiciaire avec, pour exemple caricatural, la pendaison d’un Noir accusé de viol. Ce mot appelle deux remarques : d’abord, la situation est inverse. Ici, c’est un représentant de la loi qui est « lynché » par des barbares, ce mot ayant le mérite de les désigner exactement et d’être identique à lui-même en verlan. En second lieu, l’américanisation de notre société, avec une immigration excessive, une communautarisation ethnique et une ségrégation urbaine, produit des effets qu’il n’était nullement indispensable de provoquer dans le pays alors qu’ils sont inscrits dans l’histoire profonde des États-Unis.

    Nous vivons une catastrophe nationale que l’on se refuse obstinément à nommer, à stopper, et qui est aggravée par la pensée unique imposée par les médias, l’aveuglement des autorités et les contradictions de notre système. La réalité est qu’une immigration non assimilée et même pas intégrée a créé, il y a longtemps, des enclaves où non seulement la loi n’est pas respectée, mais où elle est combattue au travers de ceux qui la représentent.

    En France, il n’y a que l’État qui détienne le monopole de la violence légitime. Ses agents ne composent pas des équipes qui devraient affronter celles de l’autre camp sous l’arbitrage d’un rappeur ou du réalisateur du brûlot cinématographique La Haine. Ils doivent faire respecter la loi à tout prix, ce que les politiques par couardise, et les juges par idéologie, ont oublié. Pour éradiquer les nids du terrorisme, les foyers d’islamisme, les réseaux de trafics, les repaires de la violence urbaine, ces lieux que fuient nos compatriotes juifs et où une partie de la population vit sous une loi et des coutumes qui ne sont ni celles de la République, ni celles de la France, il faut d’abord, comme le disait le regretté Charles Pasqua, que la peur change de camp, qu’un délinquant ou un criminel qui ne respecte pas la loi, avec le sentiment d’une totale impunité, sache désormais qu’il encourt à coup sûr une longue et pénible perte de sa liberté assortie d’un travail obligatoire, et risque même sa vie s’il s’en prend à un policier armé. Nous en sommes évidemment loin. Lorsqu’on tentera une nouvelle fois de reconquérir les territoires perdus de notre nation, il sera sans doute trop tard…

    http://www.bvoltaire.fr/banlieues-guerre-quon-nose-declarer/