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France et politique française - Page 4022

  • Elisabeth Lévy: «Philippe Muray est l'imam caché des esprits libres»

    A l’occasion de la publication du journal inédit de Philippe Muray, dont le magazine Causeur publie les bonnes feuilles, Elisabeth Lévy nous trace le portrait d’un écrivain prophétique.

     

    Causeur publie en exclusivité les bonnes feuilles du journal inédit de Philippe Muray. La fidélité post-mortem, c’est unique, non ?

    Si vous parlez de la fidélité de Muray, sachez qu’il n’était fidèle qu’à lui-même ! Non, ce n’est pas à sa fidélité que je dois ce privilège mais à celle d’Anne Sefrioui, sa compagne puis son épouse - et sa lectrice la plus exigeante - pendant trente ans. Et le long entretien qu’elle a accepté de nous donner, non sans difficulté car elle n’aime guère la lumière, est, avec les extraits, le plat de résistance de notre dossier. En effet, Anne est aussi l’éditrice du Journal, et elle s’acquitte de cette tâche avec une rigueur et une probité indiscutables : tout le contraire de la veuve de Jules Renard qui a détruit beaucoup de textes ! Quoi qu’il en soit, je vois dans ce magnifique cadeau un témoignage d’amitié, bien sûr, mais aussi de confiance : s’il y a un numéro de Causeur que je ne voulais pas rater, c’est bien celui-là. Et j’ose croire que, grâce à son aide, nous avons réussi. Cela dit, il y a une certaine logique, non seulement amicale, mais intellectuelle : malheureusement, Philippe est mort avant la création de Causeur, mais si je ne l’avais pas connu, Causeur n’aurait sans doute pas existé, tout simplement parce qu’il a considérablement influencé ma façon de penser et de voir le monde. Bref, Muray, c’est notre imam caché !

    Il est vrai que ce numéro est très réussi, mais aussi un peu décalé. Muray a-t-il vraiment quelque chose à nous dire sur notre actualité ?

    Bien plus que ce que vous croyez ! Tout d’abord, Muray est un écrivain qui nous éclaire sur tout ce qui constitue notre présent. Et ni l’islamisme, ni le djihadisme, ni le terrorisme ne sont nés hier. Il a beaucoup écrit après le 11 septembre. Mais bien sûr Muray n’était pas un expert pour plateau-télé et il s’intéressait beaucoup moins aux problèmes du monde musulman qu’à ce que ces problèmes disent de nous. Dans Chers Djihadistes…(Mille et Une nuits, 2002), s’adressant (par choix rhétorique) aux assassins du World Trade Center, il leur dit en substance : vous êtes des éléphants arrivant dans un magasin de porcelaine dont les propriétaires ont déjà tout saccagé. Autrement dit, l’Occident n’a pas besoin d’ennemis, il se détruit très bien tout seul en renonçant à l’héritage de la modernité. Ce renoncement est l’un des fils conducteurs de toute l’œuvre de Muray. Et je crois en effet que ce qui nous arrive aujourd’hui en dit autant, sinon plus, sur « nous » que sur « eux ». Alors j’espère simplement que, pour une fois, la réalité, démentira la sombre prédiction par laquelle se conclut le livre : « Nous vaincrons. Parce que nous sommes les plus morts. » [...]

    La suite sur Le Figarovox

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?Elisabeth-Levy-Philippe-Muray-est

  • Marche pour la Vie : J - 7

    La Famille Missionnaire de Notre-Damequi a annoncé sa participation et son soutien fidèle à la Marche pour la Vie, a décidé d'effectuer un compte à rebours avant ce grand évènement pro-vie en publiant un communiqué par jour. Le premier s'intitule Pourquoi marcher pour la vie dimanche prochain à Paris ?

    "Nous avons déjà donné, dans notre communiqué invitant à marcher pour la vie, les raisons pour lesquelles nous participions à cette marche. Il nous semble important, en cette semaine, de reprendre des passages importants de l’enseignement de l’Eglise qui peuvent être compris par tous les hommes de bonne volonté, quelle que soit leur religion ou leur philosophie. Au numéro 42 de la Charte des personnels de la santé de 1995, promulguée par le Saint-Siège, il est dit au sujet de la dignité absolue de toute vie humaine :

    "Le corps participe, de manière indivisible avec l'esprit, à la dignité propre de la valeur humaine de la personne : corps-sujet et non corps-objet, et, en tant que tel, il est indisponible et inviolable. On ne peut disposer du corps comme d'un objet qui nous appartiendrait. On ne peut en faire une contrefaçon, comme s'il s'agissait d'une chose ou d'un instrument, dont on serait le propriétaire et le maître absolu. Chaque intervention abusive sur le corps est une offense à la dignité de la personne et donc à Dieu qui est le Seigneur absolu et unique : «L'homme n'est pas maître de sa propre vie, il le reçoit en usufruit ; il n'en est pas le propriétaire, mais l'administrateur, car Dieu seul est Seigneur de la vie.» (Charte 42). L'appartenance à Dieu, et non à l'homme, de la vie confère à cette dernière ce caractère sacré qui suscite une attitude de profond respect. Elle est indisponible et intangible parce que sacrée : elle est «sacrée par nature, et toute intelligence droite est capable de le reconnaître, même en faisant abstraction de toute croyance religieuse» (Charte 43).

    Nous continuerons à marcher pour la vie pour défendre ce caractère sacré de la vie. Nous n’acceptons pas l’affirmation de Pierre Simon, dans son livre « de la vie avant toute chose ». La vie n’est pas une production humaine, elle est sacrée parce que don de Dieu ! Elle doit être aimée, servie, protégée de sa conception à son terme naturel !"

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    Philippe Carhon

  • COMMUNIQUE DE RESISTANCE REPUBLICAINE ET DE RIPOSTE LAIQUE

    Conférence de presse européenne de résistance à l’islamisation de nos pays

    Le préfet Boucault, sous la pression de son ministre Cazeneuve, du maire écolo du 2e arrondissement Boutault, d’organisations musulmanes et de l’extrême gauche, a donc, avec un dossier totalement vide, décidé d’interdire le rassemblement du 18 janvier, organisé par Résistance républicaine et Riposte Laïque. Cette décision, hautement politique, a été cautionnée par les juges du tribunal administratif, qui ont considéré, de manière étrange, qu’appeler à expulser des islamistes qui sèment la mort dans notre pays était « un appel à la haine et à la division ».

    18 janvier

    Comme nous l’avions annoncé, nous organiserons donc, ce jour, à 15 heures, à Paris, une conférence de presse européenne, avecl’animatrice de Pegida Dusseldorf et Cologne, Melanie Dittmer, le responsable belge de Pegida Wallonie Pierre Renversez, le député suisse Jean-Luc Addor, l’italien Armando Manocchia, qui perpétue le souvenir d’Oriana Fallaci, et le philosophe Renaud Camus. Par mesure de sécurité pour les organisateurs et les intervenants, nous n’annoncerons le lieu de la conférence de presse que par téléphone, aux journalistes qui en feront la demande avant 14 heures.

    Nous nous réjouissons par ailleurs que la manifestation organisée par Vigilance halal à la ferme des Mille veaux ait été un succés, que se soit tenu un rassemblement à Lyon, et que se tiennent, cet après-midi, d’autres initiatives de ce type à Montpellier et à Bordeaux.

    Nous ne faiblirons pas dans notre résistance à l’islamisation, malgré un pouvoir totalitaire prêt à tout pour interdire la libre critique du dogme islamique et nous invitons les patriotes qui, venus à Paris pour demander que les islamistes soient jetés hors de France ne pourront se rassembler place de la Bourse à aller boire un verre avec les autres patriotes dans les cafés autour de la Bourse ou dans les rues adjacentes. Signes de ralliement, cocarde, pin-s, foulard, parapluie…  aux 3 couleurs, Et  à défaut de signe, rien n’empêche chacun de porter la bonne parole autour de lui…
    La Résistance, c’est maintenant.

    Christine Tasin et Pierre Cassen

    http://www.altermedia.info/france-belgique/uncategorized/communique-de-resistance-republicaine-et-de-riposte-laique_126050.html#more-126050

  • Leur « union nationale », c’est la « soumission »

    Tout cela était malheureusement prévisible

    « Dans un monde réellement renversé, le vrai est un moment du faux » (Guy Debord).

    C’est un indicible écœurement que toute personne intègre devrait ressentir devant le déferlement de glu sentimentale et d’obscénité auquel a donné lieu le massacre commis à l’encontre des journalistes de Charlie Hebdo. Et de mensonges, aussi. Notamment celui d’une France unie et debout face à l’intolérance, alors que la comédie de l’union nationale qui se joue devant nous, du NPA à l’UOIF en passant par l’UMPS, n’est rien d’autre que la manifestation de la soumission de la France institutionnelle devant l’islam le plus barbare.

    Lire aussiTrop forts, ces musulmans !

    Comment, en effet, qualifier l’invitation des Frères musulmans de l’UOIF (Union des organisations islamiques de France) à participer à la manifestation du 11 janvier, sinon de capitulation et de consentement à l’islamisation de la société française ? Comment ne pas voir que cette mascarade ne fait finalement que donner raison à Houellebecq : l’unité nationale du moment se réalisant sur le dos du Front national et des « méchants » du moment, les Zemmour, Camus, Millet et Finkielkraut qu’une certaine presse commence déjà à rendre responsable du carnage, du fait d’un climat « nauséabond » et « islamophobe » qui règnerait dans le pays ?

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  • Liberté d’expression et débat démocratique

    Texte n°5 (Rétablir la liberté d’expression – XXXe Université annuelle du Club de l’Horloge, les 15 et 16 novembre 2014)

    ♦ Jean-Philippe Feldman, avocat à la cour, professeur des universités.

    La démocratie est le système politique dans lequel le pouvoir souverain appartient au peuple qui l’exerce directement ou par l’intermédiaire de ses représentants. Dans ce type de régime, la conduite des affaires publiques repose sur la règle de la majorité.

    Mais, pour que celle-ci reste réelle, la démocratie implique la liberté d’expression donc le droit pour la minorité de manifester ses opinions. En conséquence, il s’agit de déterminer ce qui va réfréner le pouvoir de la majorité pour permettre la liberté d’expression et d’opinion, en y incluant la liberté de la presse. La question posée aux démocraties occidentales est alors d’apprécier le stade à partir duquel une limite doit être apportée à cette liberté d’expression. Ainsi, en France, pour les constitutionalistes, les libertés ne sont jamais absolues.


    En fait, la démocratie n’est pas libérale et elle n’est pas non plus une fin en soi. Pour Friedrich Hayek, si l’existence d’un régime démocratique revêt certainement une grande importance, cette institution politique représente surtout la seule qui puisse garantir un changement pacifique de gouvernement. Raymond Aron considérait, d’un point de vue sociologique, que la démocratie est l’organisation de la compétition pour l’accession au pouvoir. C’est pourquoi, il convient de respecter la minorité pour permettre à celle-ci de devenir un jour la majorité.

    La liberté d’expression est ainsi un élément fondamental pour le fonctionnement de la démocratie. Elle doit donc, en droit interne, faire l’objet d’une protection constitutionnelle. Edouard de Laboulaye (1811-1883), titulaire de la chaire d’Histoire des législations comparées au Collège de France de 1849 à 1883 et auteur, entre autres, de La République constitutionnelle (1871), distinguait deux écoles : l’école révolutionnaire ou française ; l’école américaine.

    L’école française

    D’un point de vue normatif, la liberté d’expression est une valeur plus élevée que les autres valeurs. De ce fait, la dimension libérale de la démocratie ne saurait reposer sur la loi. En effet, si elle dépendait du seul pouvoir législatif la liberté d’expression serait susceptible d’être amendée selon l’évolution des majorités.

    En France, il faut admettre que, dans ce domaine, les textes sont défaillants. Ainsi, l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 24 août 1789 stipule : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi ». Les derniers termes de l’article, « dans les cas déterminés par la loi », introduisent une restriction capitale, caractéristique du légicentrisme français. La France, en effet, héritière de la Révolution, pratique le « culte de la loi » : quand un peuple devenu libre a établi de sages lois, sa révolution est faite, déclarait Saint-Just.

    L’école américaine

    La Constitution américaine a été votée le 17 septembre 1787 par une convention réunissant à Philadelphie les représentants des treize premiers Etats fédérés. A l’origine, elle comprend sept articles dont le cinquième prévoit une procédure d’amendement.

    Le premier amendement porte sur la liberté d’expression : « Le Congrès ne fera aucune loi qui touche l’établissement ou interdise le libre exercice d’une religion, ni qui restreigne la liberté de la parole ou de la presse, ou le droit qu’a le peuple de s’assembler paisiblement et d’adresser des pétitions au gouvernement pour la réparation des torts dont il a à se plaindre ».

    La Constitution borne ainsi les dérives possibles. Edouard de Laboulaye prête une supériorité à cette Constitution.

    Mais quelles sont les raisons pour lesquelles l’Etat doit s’abstenir de toute intervention propre au domaine de la liberté d’expression ? Benjamin Constant y répond en affirmant que les opinions ne relèvent pas d’une juridiction humaine. Car les erreurs se détruisant par elles-mêmes, la législation n’a donc rien à y voir.

    Présentement, en France la liberté d’expression est contrainte par trois causes :

    • une législation abusive au travers, notamment, des lois mémorielles,
    • une direction de la pensée commune à la fois au monde politique, à celui des intellectuels et à la presse,
    • la dépendance de la presse à l’égard de l’Etat qui la finance et qui lui apporte son aide lors du lancement de certains journaux ; de plus, ils se nouent des liens « incestueux » entre la presse et le personnel politique.
    Il faut noter que cette dépendance des journaux vis-à-vis de la puissance publique n’est pas récente. Déjà, la Gazette de Théophraste Renaudot était financée secrètement par Richelieu.

    Dans cet univers où les médias exercent un rôle prépondérant dans la construction de la pensée et de l’opinion, l’une des singularités les plus manifestes tient à la prééminence des idées de gauche voire d’extrême gauche chez les journalistes.

    Leur engagement que reflète l’orientation de leurs informations et de leurs commentaires, représente une entrave majeure à la libre expression des positions et des réflexions. Divers sondages réalisés témoignent de cette nette inclination chez eux pour la gauche. En 2001, par exemple, un sondage avait montré que l’opinion d’une très nette majorité des journalistes penchait en faveur de la gauche. A la veille des élections présidentielles de 2012, deux sondages, l’un réalisé auprès des étudiants du Centre de Formation des Journalistes, l’autre à l’Ecole supérieure de journalisme de Lille donnaient des résultats encore plus accentués (100% des étudiants du CFJ s’étaient prononcés pour un candidat de gauche ou d’extrême gauche et 87% de ceux de l’ESJ de Lille).

    A propos de cette liberté d’expression, il convient également de souligner, à l’exemple de nombreux autres domaines, l’influence prégnante du droit européen sur le droit français. Ce qui n’empêche pas les règles européennes relatives à la liberté d’expression de revêtir un caractère ambivalent. Ainsi l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme stipule :

    Article 10-1

    Toute personne a droit à la liberté d’expression. Ce droit comprend la liberté d’opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu’il puisse y avoir ingérence d’autorités publiques et sans considération de frontière. Le présent article n’empêche pas les Etats de soumettre les entreprises de radiodiffusion, de cinéma ou de télévision à un régime d’autorisations.

    Article 10-2

    L’exercice de ces libertés comportant des devoirs et des responsabilités peut être soumis à certaines formalités, conditions, restrictions ou sanctions prévues par la loi, qui constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité nationale, à l’intégrité territoriale ou à la sûreté publique, à la défense de l’ordre et à la prévention du crime, à la protection de la santé ou de la morale, à la protection de la réputation ou des droits d’autrui, pour empêcher la divulgation d’informations confidentielles ou pour garantir l’autorité et l’impartialité du pouvoir judiciaire.

    L’alinéa 2 est rédigé à l’image d’un texte d’inspiration socialiste. En effet, il prévoit des limites très larges. Néanmoins, certains arrêts de la Cour européenne ont été particulièrement intéressants, tel l’arrêt Handyside du 7 décembre 1976.

    D’une manière générale, entre 1995 et 2004, il faut noter que la Cour a rendu neuf décisions sur l’exercice de la liberté d’expression en France et celle-ci a été condamnée sept fois. En droit interne, il existe assez peu de décisions du Conseil constitutionnel qui concernent la liberté d’expression, à l’exception de celle du 28 février 2012 annulant la loi du 31 janvier 2012 qui avait prévu de réprimer la contestation de l’existence de génocides reconnus par la loi.

    Par un arrêt du 7 mai 2010 la Cour de cassation a refusé de transmettre au Conseil constitutionnel une question prioritaire de constitutionnalité relative à la loi Gayssot.

    En conclusion, il convient d’observer que la liberté d’expression a été souvent la victime d’une vision moralisatrice. Il faut ajouter qu’elle a parfois été défendue par des personnes peu recommandables. Mais, avant tout, ce qui compte est le principe. On ne saurait juger des conséquences de ce principe car aucune d’entre elles ne devrait entraver la recherche de la vérité.

    (A suivre)

    Club de l’Horloge, 15/01/2015

    http://www.polemia.com/liberte-dexpression-et-debat-democratique/

  • Pour le sénateur Philippe Esnol (PRG) : “Un marché à Mantes-la-Jolie, c’est l’Arabie saoudite”

    Après Malek Boutih, le sénateur Philippe Esnol tient à rappeler certaines vérités face à la montée de l’islamisme en France.
    Celui qui a quitté le PS pour rejoindre le PRG dénonce la connivence entre certains élus locaux et le communautarisme religieux pour des raisons électoralistes. “On a reçu l’ordre de fermer les yeux sur le port de la burka” déclare-t-il au journal Le Point.

    Mais Philippe Esnol va plus loin :

    Avez-vous déjà fait un tour sur un marché à Mantes-la-Jolie ? C’est l’Arabie saoudite ! Une femme non voilée s’y sent mal à l’aise. J’ai été l’un des premiers au PS à défendre, avec Manuel Valls, l’interdiction de la burka. À l’époque, nos camarades socialistes nous traitaient d’”intégristes laïques”…

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  • Pas d’amalgame !

    Le fameux verset 9.30 du coran:

    29. Combattez ceux qui ne croient ni en Dieu ni au Jour dernier, qui n'interdisent pas ce que Dieu et Son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu'à ce qu'ils versent la capitation par leurs propres mains, après s'être humilies.
    30. Les Juifs disent : « Uzayr est fils de Dieu » et les Chrétiens disent : « Le Christ est fils de Dieu ». Telle est leur parole provenant de leurs bouches. Ils imitent le dire des mécréants avant eux. Qu'Dieu les anéantisse ! Comment s'écartent-ils (de la vérité) ?
    31. Ils ont pris leurs rabbins et leurs moines, ainsi que le Christ fils de Marie, comme Seigneurs en dehors de Dieu, alors qu'on ne leur a commandé que d'adorer un Dieu unique. Pas de divinité à part Lui ! Gloire à Lui ! Il est au-dessus de ce qu'ils [Lui] associent.
    32. Ils veulent éteindre avec leurs bouches la lumière de Dieu, alors que Dieu ne veut que parachever Sa lumière, quelque répulsion qu'en aient les mécréants.
    33. C'est Lui qui a envoyé Son messager avec la bonne direction et la religion de la vérité, afin qu'elle triomphe sur toute autre religion, quelque répulsion qu'en aient les associateurs.

    Trouvé ici

    Lois Spalwer

  • Attentats : une marche pour rien ?

    Il faut se demander si nous ne sommes pas, une fois de plus, en train de céder à l’ivresse des mots et à l’euphorie d’une cohésion nationale miraculeusement retrouvée.

    Ils mangèrent du raisin vert et leurs enfants ont eu les dents agacées 1…

    Comme le disait volontiers Edouard Balladur, « Il ne faut pas bouder son plaisir ». Ne boudons donc pas notre plaisir de voir la France, pour une fois, rassemblée. Mais il faut se demander si nous ne sommes pas, une fois de plus, en train de céder à l’ivresse des mots et à l’euphorie d’une cohésion nationale miraculeusement retrouvée. Or, c’est précisément là que le bât blesse. Car la France reste coupée en deux.

    En fait, si nous n’y prenons pas garde, nous sommes aujourd’hui, et encore plus demain, confrontés à une situation de guerre civile latente ou potentielle à caractère religieux.

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  • La conquête de la liberté de pensée en Occident

    Texte n°4 (Rétablir la liberté d’expression – XXXe Université annuelle du Club de l’Horloge, les 15 et 16 novembre 2014)

    ♦ Philippe Nemo, philosophe, historien, professeur des universités.

    En référence à l’intitulé de son livre paru en 2011, La régression intellectuelle de la France, Philippe Nemo observe qu’il n’est pas abusif aujourd’hui de parler de « La régression intellectuelle de la France ». On peut dire que l’on assiste à un retour de l’inquisition. En effet, le droit pénal doit normalement sanctionner des faits.

    Or, un certain nombre de juges, à l’image de ce qui est observé dans l’ensemble de la société, montrent d’indiscutables déficiences en termes de culture générale. Il ressort de cette lacune des décisions qui portent atteinte à la liberté d’expression sans que le propos incriminé n’ait fait l’objet d’une réelle compréhension. Dans la situation présente, il ne peut y avoir en France de véritables débats publics. L’affaire entourant la publication du livre de Sylvain Gouguenheim, Aristote au Mont Saint-Michel, est à cet égard emblématique. Des pétitionnaires ont apposé leur signature sur un texte par simple mimétisme écartant d’emblée toute discussion et toute réflexion.

    Pourtant la liberté d’expression est une idée très ancienne en Occident. Elle remonte à l’Antiquité grecque. Périclès, dans l’oraison funèbre qu’il prononça au début de la guerre du Péloponnèse et qui fut rapportée par Thucydide, insiste sur la tolérance (« Nous pratiquons notre liberté, non seulement dans notre conduite d’ordre politique, mais pour ce qui est suspicion réciproque dans la vie quotidienne : nous n’avons pas de colère envers notre prochain, s’il agit à sa fantaisie, et nous ne recourons pas à des vexations qui, même sans cause de dommage, se présentent au-dehors comme blessantes »). Au siècle suivant, les Dialogues de Platon donnent l’exemple d’une ouverture au pluralisme.

    Précédemment, dans le monde Perse, Darius 1er montra une bienveillance à l’égard de la religion égyptienne, ses prêtres et sa théologie, en réaction aux transgressions commises vis-à-vis de cette religion par son prédécesseur Cambyse II.

    La vertu de tolérance ne manqua pas, non plus, au temps de l’Empire romain. Après les persécutions à l’encontre des chrétiens, l’Empereur Constantin 1er, converti probablement en 312, promulgua en 313 l’édit de Milan qui accordait la liberté de culte à toutes les religions permettant ainsi l’expansion du christianisme. Julien l’Apostat devenu Empereur en 361 et rallié au paganisme voulut rétablir le polythéisme au sein de l’Empire. Il abrogea donc par un édit de tolérance toutes les dispositions prises contre le paganisme mais aussi contre les juifs et les dissidences chrétiennes.

    Au Moyen Age, dans l’esprit d’Abelard, toutes les pensées devaient être autorisées à s’exprimer pourvu qu’elles ne portent pas atteintes à l’ordre public. A cet égard, il faut observer que la France « socialiste » se situe, du point de vue de la liberté d’expression, en deçà de la conception avancée par le théologien du XIIe siècle. Au XIIIe siècle, Raymond Lulle, penseur néoplatonicien, prônait de son côté une conversion des infidèles par l’emploi d’arguments, en rejetant l’idée de tout usage des armes. Quant à Saint Thomas d’Aquin, l’idée générale de son œuvre se définit à ce sujet par la fragilité des connaissances humaines et la propension à l’erreur qui en découle, ce qui implique un certain degré de tolérance.

    Au XVIe siècle, à l’époque des affrontements religieux entre les partisans de la Réforme et les fidèles à l’Eglise catholique romaine, Jean Bodin, traitant de la souveraineté, défendit l’idée d’une plus grande tolérance religieuse. Tandis que Calvin, dans ses écrits sur la politique, ouvrait la voie à une conception moderne de la tolérance.

    C’est au siècle suivant, le XVIIe siècle, dans une Europe en pleine floraison intellectuelle mais profondément marquée par la guerre, où l’opposition religieuse revêt une grande acuité, que l’idée de tolérance prend cette forme moderne.

    Le penseur le plus éminent de cette « liberté intellectuelle », pour cette époque, fut certainement Grotius (Huigh de Groot), l’illustre philosophe et jurisconsulte de la première République Hollandaise. Auteur, en 1609, De la liberté des mers (Mare Liberum) » et, en 1625, de Sur les lois de la guerre et de la paix (De jure belli ac pacis), Grotius est considéré comme le fondateur du droit international qu’il s’agisse du droit des gens vis-à-vis de l’Etat dont il définissait l’essence comme « Un corps parfait de personnes libres qui se sont jointes ensemble pour jouir paisiblement de leurs droits et pour leur utilité commune » ou des « droits de base » attachés aux personnes, en premier lieu le droit de propriété.

    Ce philosophe et juriste érigeait sa réflexion sur un droit naturel qu’il situe au-delà de la volonté de Dieu et qu’il caractérise comme un ensemble de « principes de la droite raison, qui nous font connaître qu’une action est moralement honnête ou déshonnête selon la convenance ou la disconvenance nécessaire qu’elle a avec la nature raisonnable et sociable de l’homme ».

    Partant de ce droit et des limites qu’il impose au pouvoir de l’Etat, Grotius, sollicité comme médiateur dans la querelle théologique qui opposa dans les Provinces-Unies les arminiens qui récusaient la prédestination calviniste et les tenants de celle-ci, défendit une tolérance réciproque entre les parties. Il contesta, de ce fait, l’usage de la contrainte par le Stadhouder Maurice de Nassau à l’encontre des arminiens, en plaidant le fait qu’une pensée ne saurait être imposée par la coercition. Il ajoutait que seul était concevable le consensus qui portait sur des thèmes indiscutables.

    Si John Locke fut l’un des grands théoriciens du libéralisme pour lequel « la liberté de l’homme consiste à ne pas être soumis à la domination de quelque volonté », il ne montra guère de tolérance à l’égard des catholiques. Ceux-ci en effet, ne furent admis à participer à la vie publique qu’en 1829 par le Catholic Relif Act.

    Théoricien majeur pour l’influence qu’il exerça sur la philosophie des Lumières, Pierre Bayle énonça une conception spécifique de la tolérance en distinguant celle qui s’impose à l’Etat, la tolérance civile, du droit à l’intransigeance dogmatique pour toute religion, « si l’on peut dire, une intolérance idéologique ». Né dans une famille protestante, dans le Pays de Foix, Pierre Bayle se convertit au catholicisme lors de ses études au collège des jésuites de Toulouse avant abjurer dix-huit mois plus tard.

    Son retour au protestantisme le contraignit à se réfugier dans les Provinces-Unies. C’est en 1686, un an après la révocation de l’Edit de Nantes et la mort, en prison quelque temps avant, de son frère Jacob qui avait refusé d’abjurer, qu’il écrivit  Commentaire philosophique sur ces paroles de Jésus-Christ : « Contrains-les d’entrer ». Bayle y plaide non pas pour la tolérance mais pour le pluralisme religieux car « la concurrence des idées et des mœurs poussera vers l’émergence de meilleures idées et de meilleures mœurs » (Histoire des idées politiques aux Temps modernes et contemporains – Philippe Nemo).

    Ce pluralisme religieux s’inscrivait dans ce qu’il définissait comme « les droits de la conscience errante » ce qui signifie qu’un individu ne saurait se convertir à d’autres idées que celles auxquelles il croît, tant qu’il y croît. Cela signifie qu’au nom de la vérité ou de l’erreur, une religion ne peut contraindre la conscience, laquelle doit donc être respectée dans ses choix. Comme exemple de tolérance, il citait l’Empire ottoman où toutes les minorités religieuses avaient le droit de cité. Et pour Bayle, bien sûr, tout chrétien qui considérait que l’on avait le droit de tuer des non-chrétiens, cogitait à partir de fausses prémisses. S’il fut un apôtre de la tolérance et de l’ouverture, il convient d’observer que le jugement du philosophe sur la nature humaine n’était pas empreint d’optimisme au vu de cette considération qui figure dans le Dictionnaire historique et critique : « l’homme aime mieux se faire du mal pourvu qu’il en fasse à son ennemi, que se procurer un bien qui tournerait au profit de son ennemi ».

    Contrairement à Pierre Bayle et à sa défense du droit à une rigueur dogmatique des religions, Leibniz, dans cette recherche de la concorde au sein des sociétés européennes du XVIIe siècle, aura pour but la réconciliation œcuménique entre catholiques et protestants. L’expression de ce dessein a pour élément central la relation épistolaire qu’il entretiendra avec Bossuet de 1678 à 1702. Ce dialogue littéraire entre la grande figure de l’Eglise gallicane, ardent défenseur de la foi catholique, et celui qui fut considéré, à l’époque, comme le plus grand intellectuel d’Europe relevait à l’origine d’une initiative diplomatique du prince de Hanovre. Ce dernier, converti au catholicisme, avait mandaté Leibniz afin qu’il établisse une relation avec Bossuet dans l’objectif d’obtenir du Roi de France une entremise auprès de la papauté pour ouvrir de nouvelles voies de conciliation entre les fidèles de Rome et ceux de la Réforme. Le débat reposait sur le concile de Trente (1545-1563) dont Leibniz discutait le caractère œcuménique et souhaitait, de ce fait, une suspension des décisions jusqu’à la réunion d’un nouveau concile œcuménique entre catholiques et protestants.

    Les deux hommes se livrèrent à un travail de réflexion harassant, échangeant leurs arguments, les approfondissant et les étayant au fil des communications. Cependant, Bossuet refusa tout compromis quant à une mise en cause des conclusions du concile. « L’Eglise est infaillible », son autorité ne pouvait être contestée. Si Leibniz échoua dans sa démarche en cette fin d’un XVIIe siècle où les relations entre catholiques et protestants demeuraient conflictuelles dans toute l’Europe, cela n’empêcha pas que se tint une discussion fondée sur l’expression libre.

    On peut donc dire que la liberté d’expression définit l’une des marques de l’Occident et de sa pensée, et qu’elle en reflète le génie.

    (A suivre)

    Club de l’Horloge, 15/01/2015

    http://www.polemia.com/la-conquete-de-la-liberte-de-pensee-en-occident/