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France et politique française - Page 4072

  • « Sans tabou » ? ça promet…

    Il convient de se féliciter comme il se doit du retour en France ce matin de notre compatriote d’origine hongroise Serge Lazarevic, dernier otage  français jusqu’alors aux mains d’une milice islamo-mafieuse affiliée à la nébuleuse al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi). Une libération qui n’était pas gagnée d’avance. Il avait été enlevé fin 2011 au Mali en compagnie de l’«homme d’affaires» Philippe Verdon . Celui-ci avait été décapité en mars 2013, selon un porte-parole d’Aqmi, en représailles à l’intervention militaire française. M. Lazarevic était présenté officiellement comme exerçant le métier de «géologue»…Cette bonne nouvelle ne parviendra pas à occulter complètement les chiffres publiés ce mercredi matin par l’Insee. L’institut indique que le troisième trimestre 2014 n’échappe pas à la tendance générale avec la disparition,  entre juillet et septembre, de 52 000 postes dans les secteurs marchands non agricoles.

     Une déplorable situation économique, sociale, identitaire, qui explique logiquement les revers électoraux de la gauche au pouvoir. Une nouvelle démonstration nous en a été donnée dimanche avec la législative partielle de la troisième circonscription de l’Aube, qui a vu notre ami Bruno Subtil se qualifier pour le second tour en laissant loin derrière lui le candidat du PS. Depuis mars 2013, c’est la quatrième  législative partielle qui voit l’élimination du PS dés le premier tour et la qualification du Front pour le second.

     Marine Le Pen le notait lundi «il y a quelque chose d’assez remarquable dans cette énième partielle: l’UMP ne bénéficie pas du tout du rejet de la gauche». Un constat que le politologue enseignant à  Science-po Pascal Perrineau tentait d’amoindrir sur le blogue de  L’Obs le 8 décembre en estimant qu’au vu du contexte,  le score du candidat UMP «n’est pas négligeable».

     Pour  le reste M. Perrineau  livre un constat d’évidence lorsqu’il souligne que dans ce fief de l’UMP,  «le grand vainqueur  (au premier tour, NDLR) de la législative partielle de l’Aube est l’abstention, qui explose littéralement avec un gain de 35 points par rapport à la législative de 2012. Il ne faut pas croire que cette abstention exprime seulement un désintérêt. Il y a là, aussi, l’expression d’une très forte contestation ».

     Contestation, nous le voyons élection après élection, qui ne profite pas aux formations progressistes: «Le candidat socialiste s’effondre, mais aucun autre candidat de la gauche n’enregistre de progression. Les autres composantes de la gauche se montrent incapables de récupérer des électeurs gagnés par le malaise et qui choisissent d’aller soit dans l’abstention, soit, même, à droite ».

     Bruno Gollnisch l’a dit, c’est en effet sur sa capacité à capter l’intérêt, à susciter l’espoir au sein de la grande masse  des grévistes du vote, des déçus de la politique, des écœurés du sempiternel et stérile balancier gauche-droite,  que le FN et Marine en 2017 peuvent bâtir de nouvelles victoires électorales.

     Pascal Perrineau enfonce ensuite des portes ouvertes en analysant les succès  du FN à l’aune de «sa capacité à s’ériger en force anti-système »,  à récupérer tout ou partie de la mauvaise humeur qui a gagné le pays ». Il admet certes du bout des lèvres que ce vote FN n’est pas uniquement  « un vote de protestation». Définition qui ne veut d’ailleurs pas dire grand chose. Ainsi, est-il légitime d’affirmer par exemple que tous les éclairés électeurs de l’UMP, contrairement aux électeurs du FN jugés bas de plafond,  voteraient uniquement par adhésion pleine et entière au  programme de l’UMP  et non  pour protester contre la politique du PS ? C’est bien évidemment absurde.

     Aussi,  M. Perrineau vaut bien admettre «la capacité (du FN) de capter les déçus de terrains différents, de milieux différents, car il est en train de bricoler un discours composite autour du rejet de l’euro et de la construction européenne, un syncrétisme de repli identitaire de droite et de protectionnisme économique de gauche». Un «bricolage»? Plutôt une série de mesures  qui ont leur cohérence programmatique, idéologique, qui sont  le fruit d’une vision pour la France qui n’est certes guère enseignée à  Science-po…  Le politologue devrait ainsi tenter d’expliquer à ses lecteurs en quoi le « protectionnisme économique de gauche» qu’il prête au FN serait différent d’un protectionnisme de droite ? Dans les faits le protectionnisme est bien évidemment  utilisé partout dans le monde, de la Chine aux Etats-Unis, pour  les mêmes raisons : la défense de secteurs commerciaux nationaux, au  nom d’une stratégie économique et d’un  patriotisme bien compris.

     Pascal Perrineau  indique aussi que la seule façon d’empêcher Marine d’être au second tour de la prochaine  présidentielle impliquerait que  « la gauche comme la droite changent complètement d’organisation, de stratégie, de programme et d’hommes ». «Si, en 2017, on ressort la même affiche que lors de la présidentielle de 2012, cela ne peut que favoriser le vote de protestation. Mais c’est difficile car l’UMP comme le PS sont des formations petites, peu ancrées dans la société, et qui visent surtout la reproduction des élites politiques ».

     Dans les faits, le choix à droite ne se fera pourtant  qu’entre chevaux de retour  qui ont échoué quand ils étaient au pouvoir. Le calamiteux Alain Juppé  explique qu’il est le seul capable de rassembler la droite et le centre.  Nicolas Sarkozy  rétorque que  l’élection se gagnera à droite, qu’il est le seul en capacité à  prendre des voix au FN et qu’entre lui et Marine les électeurs centristes, au second tour, seront bien forcés de voter pour lui. François Hollande en appelle pour sa part à l’unité de la gauche  contre le danger Le Pen, argumentation rejetée par le Front de Gauche et Cécile Duflot…

     Ce qui est certain, c’est que Nicolas Sarkozy a clairement désigné, comme MM. Hollande et Juppé,  le FN comme l’ennemi à abattre  lors de sa visite hier mardi au groupe UMP du Sénat. Un article publié sur le site des Echos le rapporte, il ne s’est pas contenté d’y entonner  le «chant du  rassemblement » et son souhait de  « travailler avec l’UDI ».

    « Le président de l’UMP a en effet exprimé sa vive inquiétude face au terrain gagné par le Front National. Il n’est pas devant nous, il est loin devant nous», a-t-il prévenu (…). « (…)  Il a répété que le FN était la première force politique, que tout le pays était touché et qu’à chaque élection, le FN engrangeait 10 points de plus , raconte un sénateur. Il a aussi dit que certes, les élections départementales et régionales de 2015 s’annonçaient gagnables pour la droite, mais qu’il fallait  se remettre au travail  en raison du FN».

     « Bref, l’adversaire numéro un n’est plus la gauche, mais le Front National, qui dispute à l’UMP la place de première force d’opposition et vise comme elle, l’alternance. Et pour lutter, Nicolas Sarkozy a martelé qu’il  faut être capable de parler de tout, sinon c’est le FN qui passera devant , rapporte-t-on. Un discours annonciateur d’une ligne  sans tabou , estime un sénateur ».

     Nous verrons bien alors dans les mois prochains, et dans l’hypothése de sa victoires aux primaires,  si M. Sarkozy peut se hisser à un niveau de mensonge et de duplicité encore supérieur à ce qu’il a pu faire dans le passé. Les Français jugeront et nous parions qu’ils ne seront pas tendres. Sans tabou.

    http://gollnisch.com/2014/12/10/sans-tabou-ca-promet/

  • Ségolène Royal laisse remonter son atavisme de droite…

    Distinction, discrétion, pondération, famille, Noël au coin du feu…

    De nombreux franciliens viennent d’apprendre qu’ils seraient, désormais, par arrêté préfectoral, privés de feu de cheminée. La faute aux particules fines émises par les combustion de bois, très « polluantes ». À la veille de Noël, cela jette un froid. Pas de petite flambée crépitante à côté du sapin scintillant ? Plus de grand-mère, le soir du réveillon, réchauffant ses vieux os près de l’âtre ? Et où passera donc le Père Noël, je vous le demande, s’il n’y a plus de cheminée ? Pourquoi pas, aussi, interdire le papier cadeau qui contribue à la déforestation ? Et quid de la filière « bois » ?

    Mais plus fine que les particules, il y a Ségolène Royal. Qui a perçu la violence psychologique d’une telle mesure : « Il faut raison garder. » a-t-elle déclaré. « Je vais faire changer cette décision qui ne va pas dans le bon sens. » Une décision qu’elle juge « excessive », « ridicule », « un peu absurde », et même « idéologique ». Ministre de l’Ecologie, oui. Mais pas de l’Ecologie fondamentaliste, façon « Cécile Duflot et ses couverts en bois », comme dit Bruno Roger-Petit, du Nouvel Obs.

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  • Le putsch qui a fait pschitt…

    08 décembre 2014. 17h45. RTL annonce le début de l’insurrection.

     

    Hier, après une journée de dur labeur et de fierté du travail accompli, comme tous les soirs, je remontai dans ma voiture pour aller préparer le repas de mes 3 korrigans. La radio se met alors automatiquement en marche dès que le contact est mis, cette fois sur RTL. Qu’entends-je alors ? Qu’ouïs-je ? Qu’acoustique-je ? Un chant venu des tréfonds de l’histoire

    « DEBOUT LES PARAS, IL EST TEMPS D’S’EN ALLER SUR LA ROUTE AU PAS CADENCÉ DEBOUT LES PARAS IL EST TEMPS DE SAUTER SUR NOTRE PATRIE BIEN AIMÉE. »

     

     

    Tonnerre de Brest ! Palsambleu ! Ventre-Saint-Gris ! Crévindiou !

     

    « PARACHUTISTE, VOIS LE CIEL EST CLAIR (BLANG, BLANG !)

    SERRE LES DENTS, IL EST TEMPS DE SAUTER »

     

    Un putsch ! Il y a eu un putsch ! L’armée a pris le contrôle de la radio et les généraux sont à l’Elysée ! Hollande est à Vincennes, pour y être fusillé dans les fossés demain à l’aube (en tenue de Ceausescu, bien sûr. Merci Nazarbaïev) !

    Et moi je suis à Nantes ??? C’est quoi, ce b….. ? Quel genaoueg* je fais !

    Ah les vaches ! Un putsch. Comme ça, sans prévenir… Me snober, moi le rebelle forcené, l’insurgé congénital ! M’oublier, me laisser hors du coup, moi l’émeutier du vignoble nantais, le factieux du muscadet, le séditieux du Sud-Loire, le chouan 2.0 ! En avoir rêvé jours et nuits de cette insurrection, même en me brossant les dents ou mes Bexley Remsey Light et ne pas en être… quelle guigne. Un oubli, c’est possible, un complot, nous verrons.

    Malgré des états de service reconnus dans toute la roycosphère, ne pas avoir été convoqué pour cette conjuration me laisse un goût amer. Nécessité de garder le secret le plus absolu sur une opération devant renverser le régime honni et envoyer les politiciens au cachot, me direz-vous (après quelques jugements sommaires de bon aloi et quelques dérapages sommes toutes bien compréhensibles et largement excusables. J’ai une liste, si besoin). Bref, passons. Oubliant déjà cette légitime déconvenue, je savais que de toute façon, l’on ferait appel à ma science pour redresser le pays, restaurer le Franc, juger les Taubira et autres Valls, supprimer les Vélib’, nettoyer les écuries d’Augias, bref, apporter ma pierre au Nouvel Edifice National ! Général, me voilà !

    Aujourd’hui, l’armée. Demain, la royauté ! Noël, Noël ! [....]

    La suite sur le blog de notre ami Soudarded

  • 76 775 € de subventions pour « Le Kiosque Infos Sida » qui endoctrine les étudiants…

    La semaine dernière, l’association « Kiosque Infos Sida » distribuait des tracts à l’Université Paris III-Sorbonne-Nouvelle intitulés « Tu suces ? ». A destination des étudiants, cette campagne s’inscrivait dans la semaine de prévention du VIH…

    Un combat que l’association porte fièrement et qui lui permet de récolter de grasses suventions publiques mais dans les faits c’est une dépravation sexuelle sans limite qui est encouragée (et accessoirement des comportements qui augmentent les risques de VIH d’ailleurs…)

    Avec les brochures distribuées, on se rend compte qu’il s’agit tout bonnement de faire la promotion d’une sexualité sans fin ni limite (entre « hommes qui aiment les hommes ») sous couvert d’encadrement des pratiques à risques.
    La semaine dernière, l’association distribuait des tracts sur le campus de l’Université, une série de trois dépliants difficilement classable dans le matériel de prévention des MST.

    [attention, images pour public averti, et nous ne mettons pas le pire]

    Lire la suite

    http://www.contre-info.com/

  • 11 millions de personnes en France se sentiraient en insécurité

    C'est ce qui ressort de la dernière enquête dite de «victimation», sondage annuel de grande ampleur, réalisé auprès d'un panel de 17000 ménages, par l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) et l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).

    Concernant les faits déclarés, la délinquance vécue et non plus ressentie, on note une hausse significative des victimes de vols ou tentatives de vols avec violences ou menaces: de 280.000 à 360.000 victimes estimées en une seule année (+ 28 %). 

    Le taux de plainte des femmes se déclarant victimes de ce type d'infractions explose : de 38,5 % pour les années 2007-2008 ou 2008-2009 à 53,3 % pour les années 2011-2012 et 2012-2013.

    Plus d'une victime sur deux juge désormais qu'une plainte est «inutile». La loi Taubira, censée faire de la probation la règle et de la prison l'exception, pourrait bien aggraver la situation.

    Michel Janva

  • Quand le gouvernement taxe en mode express

     

    Début novembre, lors de son émission Face aux Français, François Hollande avait fait une promesse : “Que les choses soient bien claires, il n’y aura pas d’impôt supplémentaire sur qui que ce soit” (à partir de 2015, ndlr).

    Il y a une semaine, son ministre des finances, Michel Sapin, a confirmé la promesse dans une interview accordée au journal Le Monde. Plus qu’un mois pour voter de nouvelles taxes… alors que les textes budgétaires sont quasiment bouclés.

    Le gouvernement a donc dû accélérer le mouvement et la scène s’est jouée mardi soir dernier à l’Assemblée nationale. Les députés réajustaient pour la dernière fois le budget de l’Etat. Le gouvernement en a profité pour faire passer en priorité un amendement visant à augmenter de 50% la taxe que paient les grandes surfaces. Est-ce un renoncement à la promesse présidentielle ?

    http://fortune.fdesouche.com/

  • Entretien avec Didier Patte, président du Mouvement normand – Réforme des régions : “Une formule technocratique” (Présent 8247)

    Didier Patte est le président du Mouvement normand depuis sa création en 1969. Enseignant en sciences humaines et en culture normande, il a présidé la Caisse d’allocations familiales de l’Eure du 1984 à 2006. Il a siégé au Conseil économique et social de la région Haute-Normandie de 1984 à 2006. Que pense-t-il de la réforme des régions, grand chantier socialiste de l’automne ?

    Eric Zemmour, dans Le Suicide français, affirme que la décentralisation/régionalisation est l’une des étapes du déclin suicidaire de notre pays. Qu’en pensez-vous ?

    Contrairement à la réponse que vous attendez peut-être de la part d’un régionaliste, j’estime qu’Eric Zemmour a, à la fois, tort et raison…

    S’agit-il d’une autre formulation du fameux adage normand « P’tet ben qu’oui, p’tet ben que non » ?

    Nullement. Seulement l’expression de l’esprit de nuance que le politologue havrais, André Siegfried, reconnaissait aux Normands pour lesquels « La vérité n’est jamais entièrement du même côté » ! Je m’explique : Eric Zemmour, avec juste raison, part d’une réalité : la France est un Etat-nation et non une nation-Etat. Par suite, toute remise en cause de la toute-puissance de l’Etat est une menace pour la cohésion de la France et le fameux « effort multiséculaire de centralisation » a longtemps été constitutif de l’espace français. Nos rois, nos empereurs, nos républiques ont tous tiré dans la même direction : renforcer le pouvoir de l’Etat afin d’unir « l’agrégat inconstitué de peuples désunis » de ce qui est devenu l’Hexagone. Au Mouvement normand, nous avons le parti pris d’assumer notre histoire, toute notre histoire, et nous relevons qu’à toutes les époques, même aux temps de la Normandie ducale (911-1204), la Normandie a été terre de France, terre du royaume de France…

    Même quand les ducs de Normandie étaient rois d’Angleterre ?

    Les ducs-rois étaient pairs de France… et, en y regardant bien, ce furent, la plupart du temps, les monarques français qui cherchèrent noise à ces vassaux trop puissants, ducs de Normandie et rois d’Angleterre. Bref, pour en revenir aux propos d’Eric Zemmour, toute remise en cause de l’Etat par des tendances plus ou moins centrifuges est un danger pour la France et, si Eric Zemmour considère que la décentralisation/régionalisation est un démantèlement des prérogatives régaliennes de l’Etat, alors il a raison. Si, à l’inverse, les régions n’ont pas la prétention d’empiéter sur ces prérogatives régaliennes de l’Etat, il faut voir dans les « trois actes de décentralisation » (nous en sommes présentement au troisième depuis 1969) une volonté de plus grande efficacité dans la gouvernance du pays (premier point), de souci d’un aménagement équilibré du territoire (second point), de participation de tous les citoyens dans la gestion à leur niveau des affaires quotidiennes.

     

     

    Une du numéro 8247 de "Présent"

    Une du numéro 8247 de “Présent”

    C’est bien beau tout cela, mais l’Ecosse, mais la Catalogne, mais la Ligue du Nord en Italie, mais, peut-être, demain, la Corse, le Pays basque…

     

    Ne comparons pas ce qui n’est pas comparable. Sous l’égide de l’Etat tutélaire, il existe un « peuple français » issu de toutes les composantes ethniques et régionales enracinées de l’espace France. Nous, Normands, nous en faisons partie, ce qui signifie que, bien que nous ayons une identité particulière, un passé singulier, nous avons un présent et un avenir obligatoirement dans la cohérence de l’ensemble. Et c’est là qu’Eric Zemmour a tort : il confond régionalisme et séparatisme. Le Mouvement normand est régionaliste, il n’est pas nationalitaire. Je tiendrais le même raisonnement si j’étais Poitevin, Alsacien ou Provençal. Notre régionalisme est participatif, nullement exclusif. Nous ne faisons pas du jacobinisme au petit pied…

    Vous seriez plutôt girondin…

    Si vous entendez par « girondisme » une sorte de fédéralisme, ma réponse sera négative. En effet, l’éventualité d’un fédéralisme à la française n’est plus concevable si l’on considère qu’à cause de l’hypercentralisation la région parisienne représente le cinquième de la population française et, sans doute, plus du tiers de la richesse produite en France. Voilà le motif premier de notre combat régionaliste : l’hypertrophie de la région-capitale déséquilibre l’ensemble et nous revendiquons un aménagement du territoire plus équilibré. Nous considérons que cette hypertrophie centrale anémie le reste du pays, dont la Normandie. Dans le même temps, nous refusons que la métropolisation au profit des grandes villes instaure une micro-centralisation et crée des sortes de « ploukistans », non seulement dans le rural, mais aussi au détriment des villes moyennes.

    L’Acte III de la décentralisation que l’Etat met actuellement en chantier permettra-t-il de corriger les effets néfastes de l’hypercentralisation, d’une part, de la micro-centralisation, d’autre part ?

    J’en doute, mais il ne faut pas insulter l’avenir. Que voulons-nous ? Qu’à partir des « régions vraies », toutes les parties de la France retrouvent un dynamisme plus ou moins confisqué aujourd’hui.

    Qu’entendez-vous par « régions vraies » ?

    Pour nous, il s’agit de régions à forte personnalité, s’appuyant sur le legs de l’histoire, cultivant une forte identité, jouant de tous leurs atouts, qui ne sont pas les mêmes selon les diverses régions de l’Hexagone, apportant à l’ensemble français la richesse de leurs potentialités. Ce peut être le cas de la Normandie.

    Précisez… et dans le même temps, pensez-vous que l’exemple de la Normandie soit reproductible dans toutes les régions préconisées par le gouvernement actuel ?

    La Normandie est une région essentiellement et originellement maritime. C’est la rencontre de la mer (la Manche) et d’un fleuve (la Seine). C’est la porte océane de la mégalopole parisienne et elle avait besoin d’être redevenue elle-même pour fonder un véritable partenariat avec la capitale.

    Qu’entendez-vous par le fait pour la Normandie de redevenir elle-même ?

    Depuis 1956, la Normandie était divisée en deux mini-régions, la haute et la basse Normandie. Depuis 1969, le Mouvement normand a lutté pour la réunification de la Normandie. Le projet gouvernemental prévoit la fusion des deux mini-régions et l’on peut remarquer qu’aucune voix ne s’élève contre la perspective de la réunification. Ce n’est pas le cas avec la plupart des fusions prévues de régions. Vouloir diviser par deux le nombre des régions est une formule… très technocratique. Cela se justifie pleinement pour la Normandie, peut-être aussi pour la Bourgogne et la Franche-Comté, mais quid d’un ensemble Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon ? La carte proposée par le Sénat (15 régions au lieu de 12) nous paraît mieux adaptée aux réalités de terrain.

    Vous remettez donc en cause le fait que ce soit le pouvoir central qui décide des fusions…

    Pas vraiment. Un Etat centralisé ne peut mener une vraie décentralisation que s’il décide lui-même de la création des nouvelles régions et des pouvoirs de celles-ci. Le problème, c’est l’esprit de système (ou de copinage…) qui a présidé à cette importante mutation. L’intention du projet de loi est bonne, sa mise en œuvre nous paraît ratée… sauf pour la Normandie.

    Propos recueillis par Guillaume Lanfranc

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  • L'interdiction du feu de cheminée c'est de l'absurditude

    Ségolène Royal, ministre de l'environnement, veut revenir sur l'arrêté préfectoral interdisant les feux de cheminée en Ile-de-France. Elle a qualifié l'interdiction des feux dans les cheminées à foyer ouvert en Ile de France de «décision un peu absurde. On était dans le ridicule, je vais faire changer cette décision». Elle a indiqué que de toutes façons, cette mesure ne serait «pas appliquée car il n'y a pas de sanctions». Et elle ajoute :

    «J'encourage le chauffage au bois».

    Elle ne souhaite pas pénaliser la filière biomasse et elle ne souhaite pas que toute la filière bois pâtisse de cette mesure.

    Michel Janva