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France et politique française - Page 4209

  • Front national : On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs

    « Un tel bouleversement a un nom, même si on ne le prononce jamais afin de ne pas effrayer les braves gens : ce nom est révolution. »

    Dans Boulevard Voltaire Nicolas Bonnal, favorable au Front national, explique qu’à tout prendre il ne faut pas souhaiter… sa victoire car les banques et le pouvoir américain dresseraient «un mur, plus haut et plus électrifié que le Mur de Berlin». L’essayiste espagnol Javier Portella ne partage pas ce point de vue. Pour lui «on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs» et il faut accepter le principe d’un grand bouleversement. Au passage Portella rappelle que «toutes les révolutions que l’histoire a connues (qu’elles aient été vertueuses ou crapuleuses) se sont produites, d’abord, dans un seul pays qui, isolé, a dû faire face à des ennemis internes et externes». Un texte à lire et à méditer.
    Polémia

    Le 25 août – au lendemain de la Saint-Barthélemy, comme l’auteur le souligne avec intention– il est paru sur Boulevard Voltaireun article signé Nicolas Bonnal et intitulé «La victoire du Front national est-elle souhaitable ?» dont l’importance me paraît incontestable… même s’il me faut contester tout à fait ses conclusions  :

    http://www.bvoltaire.fr/nicolasbonnal/victoire-du-front-national-souhaitable,100739

    Celles-ci mènent l’auteur, qui partage pourtant les vues du Front national, à souhaiter… sa défaite. Pour une seule raison : la crainte d’effaroucher nos puissants ennemis – les banques et le pouvoir américain –, qui dresseraient «un mur, dit-il, plus haut et plus électrifié que le Mur de Berlin» afin d’empêcher les bouleversements de politique, d’économie et de société qu’entraînerait la victoire du Front si celui-ci était conséquent, bien entendu, avec lui-même.

    A suivre un tel raisonnement, nous sombrerions alors dans la paralysie la plus complète – pire : dans la servitude volontaire – jusqu’à la fin des temps. Ce n’est pas là l’intérêt de l’article. C’est dans ses prémisses.

    Oui, c’est vrai, personne ne l’a jamais dit, et il est grand temps de le dire : l’arrivée du Front au pouvoir – la chose semble désormais imparable, quelle qu’en soit la date – ne devrait pas se borner à quelques retouches par-ci, à quelques remaniements par-là. Si le projet du Front est sérieux, si ce n’est pas de la frime, s’il ne consiste pas à rafistoler un peu la façade pour mieux laisser la maison intacte, ce projet ne peut que conduire à un grand, à un profond bouleversement politique, social, économique, culturel.

    Un tel bouleversement a un nom, même si on ne le prononce jamais afin de ne pas effrayer les braves gens : ce nom est révolution. Une révolution, certes, voulue dans l’ordre, entreprise dans la légalité. Mais révolution quand même.

    Serait-ce donc une révolution pacifique, qui n’aurait à connaître ni heurts ni affrontements ? Voilà ce que Nicolas Bonnal met en doute. Il a raison. Devant un tel bouleversement, rappelle-t-il, ni le pouvoir de l’argent ni celui de l’empire d’outre-Atlantique – celui des banlieues non plus – ne vont rester les bras croisés. Que peuvent-ils faire ? Jusqu’où peuvent-ils aller ? De quelle nature serait ce mur «plus haut que le Mur de Berlin» qu’ils vont sans doute tenter de dresser ? On n’en sait rien, certes, mais il est légitime de tout craindre – et donc de tout prévoir.

    Ce qui, par contre, n’est pas du tout légitime, c’est qu’une telle crainte nous fasse baisser, frileux et peureux, les bras. Il y a des risques, c’est vrai, et il serait fou de l’oublier. (Les risques sont même là avant toute prise effective du pouvoir : les assassinats, par exemple, du leader identitaire Pim Fortuyn, alors que sa popularité montait en flèche, et du cinéaste Theo van Gogh au Pays-Bas sont là pour nous le rappeler ; peu importe, d’ailleurs, quels aient été les commanditaires derniers des crimes : des islamistes du Grand Remplacement ou d’une tout autre nature.)

    Il faut rappeler les enjeux et les risques auxquels il faudra un jour faire face. Mais pour une seule raison : pour mieux y parer le moment venu. Il faut également rappeler que toutes les révolutions que l’histoire a connues (qu’elles aient été vertueuses ou crapuleuses) se sont produites, d’abord, dans un seul pays qui, isolé, a dû faire face à des ennemis internes et externes.

    Il faut rappeler, en un mot, qu’on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs. Déteste-t-on les éclaboussures des œufs ? Tient-on à garder la cuisine toute proprette et douillette ? Alors, de grâce, qu’on ne fasse surtout pas d’omelette ! Si l’on est timoré, qu’on reste pataugeant dans ses craintes. Mais à une seule condition : celle de savoir que rien ne va alors changer et qu’on va se retrouver, au lendemain d’une «éclatante victoire électorale», Gros-Jean comme devant.

     Javier Portella, 29/08/2014

    Voir aussi : Front national : vers les grandes turbulences ?

    http://www.polemia.com/front-national-on-ne-fait-pas-domelette-sans-casser-des-oeufs/

  • Leur peur du peuple

     Il paraitrait, si l’on en croit un sondage Ifop publié dans leJournal du Dimanche que 75% des Français auraient  unemauvaise opinion du PS, pratiquement autant  du FN (74%) et plus de deux sondés sur trois   (67%) jugeraient  tout aussi sévèrement l’UMP.  Il est légitime de « s’étonner » des résultats de cette enquête au regard des  résultats du scrutin des européennes qui a placé l’opposition nationale largement en tête.  Mais nous pouvons aussi y voir  la confirmation selon laquelle le FN a encore un gros travail pédagogique à fournir pour convaincre nos compatriotes, et notamment le premier parti de France, celui des abstentionnistes. Selon une autre enquête Ifop, parue également hier dans Dimanche Ouest-France, 72 % des sondés trouveraient que le PS ne soutient pas suffisamment le gouvernement… alors même que huit Français sur dix, selon des sondages récurrents, ont une mauvaise opinion du chef de l’Etat et qu’une large majorité conteste la politique de l’équipe Valls. Reste qu’à l’instar d’une UMP à la dérive et ravagée par la guerre des chefs, le PS a encore donné de lui une image bien lamentable de divisions et d’errance programmatique à l’occasion de son université d’été de La Rochelle cette fin de semaine. Les gesticulations démagogiques d’un Manuel Valls à la tribune dimanche, tentant de concilier avec beaucoup de rouerie et de métier l’inconciliable pour éviter les sifflets, ne changent rien à cette réalité, bien au contraire.

    Un spectacle qui contraste fortement avec le volontarisme affiché par Marine Le Pen àBrachay (Haute-Marne) samedi lors de son allocution (consultable sur le site du FN). La présidente du Front National s’est dite prête à assumer la responsabilité du pouvoir en cette période ou  » l’instabilité ministérielle revient comme au temps de la IVe République ». « Le gouvernement Valls 2 n’est qu’une illusion de changement. Ça ne tiendra pas. Valls 2 tombera car il s’écrasera sur le mur de la réalité « , a-t-elle prédit.

    Selon un sondage publié dans Le Parisien, deux tiers des personnes interrogées appellentFrançois Hollande à dissoudre l’Assemblée nationale, et sur Sud Radio (émission en ligne sur notre blogue), Bruno Gollnisch affirmé que dans cette hypothèse, à l’heure ou l’UMP« est divisée, empêtrée dans différents scandales », « il n’est pas absolument impossible que nous (le FN, NDLR) accédions aux responsabilités du pays ». La capacité d’attraction de l’opposition nationale lui permettant même de tabler sur un certain nombre de ralliements, de « droite », comme de « gauche »…

    « Je n’envisage pas d’entrer (dans un gouvernement de cohabitation) a affirmé Bruno Gollnisch. J’envisage que nous en formions un. Le président de la République est tenu politiquement d’investir un gouvernement qui a la confiance du Parlement. Si le Front National, éventuellement avec des alliés, gagnait les élections, bien évidemment le président de la République serait tenu d’investir un tel gouvernement. À ce moment-là, il devra se soumettre ou se démettre. Soit c’est pour lui une situation insupportable et il se démet, soit il se soumet à la volonté exprimée par les Français. » « La dissolution est un mécanisme constitutionnel. Ce n’est pas un putsch, pas un coup d’État, pas une crise de régime. C’est un recours au peuple. Comment pourrait-on dire qu’en ce moment il n’est pas justifié ? »

    L’idée même de la légitimité et de la crédibilité de l’alternative nationale ne cesse en tout cas de se renforcer. Si l’on en croit l’enquête du CSA pour le site Atlantico mise en ligne le 30 août, 28 % de nos compatriotes (score identique pour Nicolas Sarkozy, de 37% pour Alain Juppé) souhaiteraient que Marine Le Pen ait à l’avenir plus d’influence sur la vie politique française, la plaçant ainsi dans le trio de tête. Mieux encore, rapporte Atlantico, « Près de quatre Français sur dix se disent d’accord avec les idées de Marine Le Pen, 39% sont très souvent d’accord avec ses prises de positions » et déjà  » un Français sur trois pense qu’elle est capable de réformer le pays« . « Les Français sollicitent toujours plus d’influence politique pour Marine Le Pen face aux déceptions récurrentes des mesures gouvernementales. »

    De quoi faire paniquer les petits marquis de l’UMP, comme l’ancien ministre du LogementBenoist Apparu, qui a déclaré samedi: « Soyons sérieux (sic), madame Le Pen peut dire ce qu’elle veut, elle est loin de gagner », « elle veut juste se donner un peu de respectabilité ». »La méthode Coué ça marche toujours », mais « je rappelle qu’elle a gagné 5 villes » aux élections municipales, la présidente du FN « est loin des 289 députés qu’il lui faudrait » pour avoir la majorité à l’Assemblée nationale.

    Certes, mais c’est justement le scandale anti-démocratique de la non représentativité du parlement, lui même devenant une simple chambre d’enregistrement des diktats bruxellois, la manière dont le suffrage populaire est bafoué qui indigne un nombre croissant de nos compatriotes. Et qui manifeste clairement à quel point ce Systéme à bout de souffle est illégitime et condamné à court ou moyen terme.

    Bruno Gollnisch le rappelait aussi sur Sud Radio, « le chef de l’État et le Gouvernement n’ont plus la confiance des Français. S’ils l’ont eue, ils l’ont perdue. Ce n’est pas le fait de changer deux ou trois ministres qui va changer la donne. La Constitution est claire. L’article 12permet au peuple de modifier la composition de la représentation nationale. Quand 6 millions d’électeurs sont représentés par deux députés, ce n’est pas sérieux! »

    Faisant écho aux angoisses de l’UMP, Bruno Le Roux, le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, lançant un fraternel signal de détresse, a appelé samedi sur Europe 1ses amis à  serrer les rangs face aux patriotes. « Les propos de Marine Le Pen doivent nous faire prendre en compte la réalité a-t-il déclaré : c’est l’extrême droite qui est aujourd’hui en embuscade des croche-pieds que se donne la gauche« .

    Pour M. Le Roux, si l’hypothèse d’une cohabitation Le Pen-Hollande en cas de dissolution a « fort peu de chances, voire pas du tout de chances de se réaliser », il met cependant en garde : « Je n’ai rien à craindre des votes qui vont arriver à l’Assemblée… sauf si une partie de la gauche décidait de faire chuter la gauche ». « C’est là que j’appelle à la responsabilité dans notre débat parce que si nous ne savons plus le maitriser, c’est notre pays que l’on met en danger », a-t-il poursuivi avec solennité.

    M Le Roux s »amuse donc à (se) faire peur en imaginant que ce sont les députés frondeursdu PS qui seraient en capacité de faire chuter le gouvernement, et non les propres échecs de celui-ci. Tout le monde le sait, les pseudo frondeurs crient à la trahison des catégories populaires mais ne prendront pas la responsabilité de s’opposer concrètement au gouvernement Valls II au risque de le faire chuter…et d’être balayés à leur tour dans les urnes en cas de législatives anticipées… Une peur du peuple qui n’empêchera pas le danger de son réveil pour les rentiers de l’UMPS.

    http://gollnisch.com/2014/09/01/lundi/

  • Le repos dominical est sacré, il doit être sanctuarisé !

    « Paris pourrait davantage s’ouvrir au travail dominical pour que le dimanche, les touristes fassent les magasins à Paris plutôt qu’à Londres », a estimé hier Nathalie Kosciusko-Morizet (propos publiés aujourd’hui par Direct-Matin). De son côté, Manuel Valls, a précisé, lors de l’université d’été du MEDEF, avant-hier, que le gouvernement allait assouplir la législation concernant le travail dominical, dans la ligne des rapports remis par Jean-Paul Bailly en décembre 2013 et Gilbert Cette en avril dernier 

    Face à l’égarement conjoint d’une « droite bobo » et d’une gauche libertaire, oublieuses de nos racines et promptes à remettre en cause les fondements de notre société, il est urgent de rappeler un certain nombre de vérités déjà ébauchées sur mon blog, il y a un an.

    D’abord, le repos dominical est conforme à la nature profonde de l’homme qui n’est pas uniquement un consommateur (80kg de matière, comme aimait à dire Marx) mais avant tout un être spirituel et charnel, doué d’intelligence et de volonté, capable de sentiments et d’affections, et dont l’horizon dépasse, quelque soient les croyances de chacun, le cadre matériel de la vie en société. « Toute l’histoire de l’humanité est l’histoire du besoin d’aimer et d’être aimé » résumait dans une formule percutante le pape Jean-Paul II, dans son discours prononcé au Bourget, le 1er juin 1980. « L’homme ne se nourrit pas seulement de pain » précise de son côté l’Évangile (Lc, IV, 4). Le repos dominical vient donc nous rappeler que c’est l’économie qui est au service de l’homme et non l’inverse. Le jour chômé (seul ou en famille) est à lui seul la justification du travail effectué au cours des six autres jours de la semaine. S’il venait à disparaître, ce serait la finalité même du travail qui serait en cause. Car le travail existe pour l’homme et non l’homme pour le travail. Prétendre le contraire reviendrait à inverser les finalités de la vie humaine et à dévoyer le travail en nouvel esclavage des temps modernes. Pour noble et épanouissant qu’il soit, le travail reste un moyen ; il ne constitue jamais une fin en soi. Y a-t-il derrière cette idolâtrie du travail une vision protestante de la société, qu’a si bien analysée Max Weber dans son ouvrage L’éthique protestante ou l’esprit du capitalisme ? [....]

    Charles Beigbeder

    La suite dans Nouvelles de France

     
  • La nomination de Najat Belkacem porte le coup de grâce à l'Éducation nationale

    Anne Coffinier, directrice générale de la Fondation pour l'École, écrit dans leFigarovox :

    "Voici que Najat Vallaud-Belkacem est placée à la tête de l'Éducation nationale, elle qui est l'emblème même de l'idéologisation à outrance de l'école. La réalité dépasse la fiction. Alors que tous appelaient à un apaisement après les tensions suscitées par l'ABCD de l'égalité et sa paradoxale suppression-généralisation, une telle nomination interpelle fortement.

    Le président cherche-t-il à faire mieux passer le tournant libéral qu'il a été contraint d'opérer en économie en donnant à sa base militante une compensation sociétale (notre pauvre école étant désormais ravalée au rôle de laboratoire sociétal, cessant d'être une institution consacrée à l'instruction des citoyens)?

    Cette nomination porte en tout cas le coup de grâce à l'Éducation nationale. Ce n'est pas que la personne du ministre soit décisive: on sait depuis longtemps que c'est une marionnette à laquelle on ne consent de pouvoir que pour autant qu'il s'exerce dans le sens souverainement déterminé par les syndicats enseignants. Mais cette décision constitue tout de même un symbole qui démoralisera à coup sûr les derniers résistants de l'intérieur qui, envers et contre toute la bêtise technocratique qui les opprimait, instruisaient jour après jour leurs élèves avec un dévouement admirable, malgré les programmes aussi mal fichus que changeants et un cadre administratif infantilisant et oppressant.

    Il est fascinant de constater que c'est l'État lui-même, au plus haut niveau, qui aura tué l'école républicaine, en la détournant si ostensiblement de sa mission légitime qui est d'instruire. Il n'y aura pas eu besoin d'un grand complot «ultralibéral» pour venir à bout de l'école publique. Cette thèse apparaît aujourd'hui pour ce qu'elle a toujours été: un fantasme sans fondement. Non, il suffit pour assassiner l'école républicaine d'avoir des responsables politiques et administratifs ne croyant plus au devoir sacré de transmettre, comme l'a montré en 2008 Philippe Nemo dansPourquoi ont-ils tué Jules Ferry?.

    Rien n'est plus urgent que de sanctuariser l'école, de la préserver des querelles politiques, pour lui laisser faire son travail: transmettre la culture d'une génération à l'autre par un travail lent et humble, selon des programmes scolaires progressifs, structurés et cohérents. Les professeurs ne doivent plus être évalués sur leur docilité à l'égard de circulaires politisées mais sur le niveau académique de leurs élèves. Mais c'est bien le signal contraire qui est passé par la nomination de Najat Vallaud-Belkacem, ou par le projet de supprimer les notes ou encore par l'improbable taux de réussite record enregistré cette année au baccalauréat. Pendant ce temps, l'école publique française agonise. Socialement, elle est la plus inégalitaire de tous les pays de l'OCDE. Elle est aussi la plus inapte à assurer la formation des élèves les plus en difficulté, qui décrochent plus que dans les autres pays. L'OCDE tire la sonnette d'alarme, mais le gouvernement refuse d'en tirer des conséquences. Il n'y aura pas de «choc Pisa» en France malgré nos piètres performances à ce test de référence.

    Aucune réforme d'envergure ne se profile, bien au contraire. Force est de constater qu'il n'y a plus rien à attendre de l'Éducation nationale. Il n'y a donc pas de raison d'immoler plus longtemps nos enfants sur cet autel au nom d'une fidélité à l'école publique, et à l'idéal qu'elle a pu incarner.

    Dans un tel état de nécessité, il faut sortir des sentiers battus. Si le navire de l'Éducation nationale s'obstine à foncer dans les icebergs, il n'est point d'autre solution que de mettre à l'eau de multiples nefs. Les enfants d'abord! C'est ce que font tous ces parents qui ont retiré cette rentrée leurs enfants de l'école publique pour le privé. Aucune lâcheté à cela, mais bien plutôt la réaction mûre et déterminée de parents qui se savent être les premiers éducateurs et responsables de leurs enfants, quoi qu'en dise le gouvernement.

    Mais les places sont rares dans le privé, puisque l'État organise sciemment la pénurie de places en refusant de financer le développement des écoles sous contrat. Les parents sont ainsi conduits à ouvrir de nouvelles écoles libres. Soixante et une, c'est le nombre des nouvelles écoles indépendantes qui ouvriront leurs portes à la rentrée, contre trente-sept l'an dernier. Le boom des créations d'école est un signe d'espérance. Ce mouvement de la société civile n'est-il pas de bon augure sur la capacité du peuple français à se prendre lui-même en main et à innover dans le contexte de la défaillance croissante de l'État?"

    Michel Janva

  • Réduire les déficits : les manœuvres de Hollande pour y échapper

    François Hollande milite pour un sommet d’urgence de la zone euro en vue de redéfinir le rythme de réduction des déficits publics.

    Par Nicolas Nilsen.

    Il y a deux jours, devant la Conférence des Ambassadeurs réunie à l’Élysée, François Hollande a annoncé qu’il demanderait aujourd’hui lors du Conseil européen à Bruxelles, la tenue « dans les meilleurs délais », d’un sommet de la zone euro, en vue de définir une nouvelle trajectoire de réduction des déficits.

    Le but de la manœuvre, pour le chef de l’État, est de bénéficier d’un nouveau répit compte tenu de ses difficultés politiques manifestes et de la faiblesse de l’activité économique. Michel Sapin a d’ores et déjà avoué cet été que le déficit public dépasserait 4% cette année (bien au-delà des 3,8% prévus). Ramener le déficit sous la barre des 3% du PIB en 2015 devient un objectif irréalisable pour l’exécutif qui finira bien par demander officiellement à Bruxelles un délai supplémentaire.

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  • Taubira, la méthode Pasqua ?

    L’intransigeant Manuel Valls s’est couché samedi devant une Christiane Taubira pourtant agressivement frondeuse.

    Le passé de ce « coucou » volant de droite à gauche, électron volage plutôt que libre, entraîne une question : quel(s) cadavre(s) a-t-elle découvert(s) dans les placards de MM. Hollande et/ou Valls pour qu’elle conserve son ministère ?

    En 1978, Christiane, militante indépendantiste de 26 ans, entre dans le Mouvement Guyanais de Décolonisation fondé par son mari, Robert Delannon, qui tentera un attentat contre les installations pétrolières de Guyane. Il est emprisonné suite à des émeutes. Recherchée alors par les RG, celle que M. Hollande nommera, malgré ces faits, Garde des Sceaux, entre en clandestinité.

    En 1993, présidente de son parti Walwari, elle fait son nid de députée dans le groupe du « très droitiste » Jean Royer et vote pour Balladur.

    En 1994, aux européennes, elle vole vers Tapie, « missile » élyséen contre Rocard.

    En 1997, elle niche au PS.

    En 1998, elle quitte son mari qui, las de sa politique, se présente contre son candidat Walwari.

    En 2001, elle loge au groupe Radical, Citoyen et Vert.

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  • MAURRAS AU XXIe SIÈCLE : Actualité d'une pensée

    Nous reproduisons ci-dessous le texte de la conférence prononcée à Biarritz le 30 août par Stéphane Blanchonnet, président du Comité directeur de l’Action française.

    Il n'est pas inutile de remettre de temps en temps en question nos certitudes en matière philosophique et politique afin de nous prémunir contre un engourdissement dogmatique qui nuit autant à notre propre réflexion qu'à notre capacité à convaincre nos interlocuteurs sur le terrain du militantisme.

    Je suis personnellement devenu maurrassien au début des années quatre-vingt-dix en même temps que je faisais mes premières armes de militant politique. À l'époque, j'ai été séduit par le prestige de l'homme Maurras, académicien, chef de file d'une école de pensée prestigieuse, figure parfaite du maître jusque dans sa physionomie, mais surtout par les réponses que sa doctrine apportait à mes interrogations de patriote : qu'est-ce que la France ? Par qui a-t-elle été faite ? Quelle est la formule de l'ordre qui lui correspond le mieux et lui appartient en propre ? Comment établir un pouvoir fort et prestigieux sans tomber dans l'embrigadement idéologique des totalitarismes ? Qu'est-ce que la légitimité ?

    À toutes ces questions Maurras m'a apporté des réponses que j'ai jugé satisfaisantes : la France est le fruit de l'histoire, l'oeuvre de la monarchie et non le résultat d'un contrat social ou de quelque autre forme de volontarisme abstrait ou juridique ; la formule de l'ordre qui lui correspond n'est pas une forme quelconque de césarisme mais la royauté traditionnelle dont elle est justement le fruit ; un État régalien, recentré sur l'essentiel, et dont le chef n'est pas la créature de l'opinion peut exercer son autorité sans craindre l'existence d'une société organisée, hérissée de libertés locales et de contrepouvoirs ; la légitimité ne se crée pas ex nihilo, elle procède du passé et s'exprime par des symboles forts dont la monarchie est l'un des plus puissants.

    Mais d'autres questions ont depuis attiré mon attention. Des questions que je ne suis pas le premier à découvrir et qui ont ébranlé les convictions de nombreux maurrassiens de ma génération. Je vous propose ici un parcours en trois temps à travers les raisons à mes yeux les plus sérieuses de choisir Maurras comme maître, à travers les raisons de mettre ce choix en question, de le passer au crible d'une critique sans concession ni complaisance et à travers les raisons qui me font penser que, malgré tout, ce choix reste le meilleur, celui qui peut encore aujourd’hui le mieux servir de règle à notre réflexion et à notre action dans la Cité.

    Les raisons du choix de Maurras

    On fait d'abord le choix de Maurras pour les fondements philosophiques solides de sa pensée. Contrairement à Rousseau, Maurras ne répudie pas les faits. Il n’a pas recours à un hypothétique état de nature présocial pour fonder les droits d’un citoyen imaginaire. Il constate simplement avec Aristote la nature sociale de l’homme d’où découle la nécessité de reconnaître les autorités naturelles qui s’exercent le plus souvent dans l’intérêt du gouverné. L’amour gratuit et sans contrepartie des parents pour le nouveau-né en est l’exemple le plus universel. C'est le fond même de la philosophie politique moderne qui oppose systématiquement l'individu à l'État, la liberté à l'autorité que Maurras réfute et contre lequel il nous vaccine en quelque sorte.

    Critique efficace des Lumières

    Sa critique des faux principes des Lumières est efficace car les idées du libéralisme politique n'y sont pas attaquées en raison de leur caractère abstrait comme chez d'autres contre-révolutionnaires mais tout simplement parce qu'elles sont fausses, y compris sur le terrain de la logique qu'elles prétendent occuper. Prenons l’exemple de l’article II de La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Son énoncé n’est pas seulement contestable parce que, voulant fonder la cité sur des principes universels, il en oublie que la politique s’occupe d’hommes concrets qui vivent dans une société réelle, mais surtout parce que, sur le plan même des idées pures, son raisonnement est faux. Relisons cet article : « Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression. » Maurras remarque que ce texte définit la société comme la conséquence d'une "association" volontaire (proposition irrationnelle puisque la société préexiste à l'individu et à son éventuelle volonté de s’associer) et lui assigne pour but non le bien commun (l'intérêt du tout étant nécessairement supérieur à celui des parties) mais la conservation de "droits", en particulier du droit de propriété.

    Par ailleurs, selon Maurras la politique doit avoir pour maîtresse la science historique et non le nombre ou l’opinion. Cette méthode de pur bon sens est à l'origine d'une longue et fructueuse école historique avec des auteurs comme Jacques Bainville, Pierre Gaxotte mais aussi Michel Mourre ou Philippe Ariès, dont les oeuvres, qui éclairent si bien les enjeux de notre histoire, sont nées de ce concept maurrassien. Aymeric Chauprade n'hésite pas d'ailleurs dans ses ouvrages à faire de Maurras un maître de la géopolitique, cette science si appréciée aujourd’hui pour sa capacité à mettre l'histoire et la géographie au service du politique.

    De plus, la réflexion de Maurras ne se situe pas dans les nuées, elle procède d'une réflexion sur les conditions actuelles du salut de la nation, elle-même conçue comme le cadre actuel du plein épanouissement de la nature sociale de l'homme. J'ai toujours été frappé par l'humilité d'une pensée qui ne prétend pas faire le salut de l'humanité ni trouver la formule politique valable en tout temps ou en tout lieu comme la plupart des idéologies.

    Maurras enfin n'est ni un rêveur, ni un batisseur d'utopie. Il a participé à la fondation d'un mouvement politique et d'un journal quotidien et s'est préoccupé de la question de la prise du pouvoir. Dans ce domaine, on lui fait souvent un faux procès (en lui imputant l'échec du 6 février 1934). Bernanos par exemple n'a jamais compris que Maurras ne croyait pas à une prise du pouvoir dans la rue mais à un coup de force depuis le coeur même de l'État.

    Des problèmes et des enjeux nouveaux

    Malgré toutes ces raisons de suivre Maurras, notre modernité nous pose un certain nombre de problèmes que le maître n'a pas connus et qui paraissent parfois menacer la validité de nos analyses. Nous assistons depuis cinquante ans à une transformation radicale de la société. Tous les repères de ce que Maurras appelait le « pays réel », c'est-à-dire la France dans son patrimoine moral et matériel, indépendamment de l'État républicain et de son idéologie, semblent voués à disparaître. La France rurale a quasiment disparu alors que les paysans représentaient jadis et depuis l'origine l'essentiel de la population du pays, les terroirs comme facteurs d'enracinement ont vécu, le catholicisme lui-même, pilier principal de la civilisation française, s'est brutalement effondré. Par ailleurs, l'explosion des flux migratoires pendant la même période a bouleversé plus rapidement qu'à aucune autre époque la composition de la population. Comment dans ces conditions espérer que la seule chute du pays légal (la République) pourrait entraîner la reconstitution d'un ordre traditionnel ?

    Changement profond

    Autre changement profond survenu dans ces dernières décennies : un certain effacement de l'histoire et du politique comme transcendances. L'individu post-moderne, notre contemporain, est décrit par les sociologues comme un être sans attache avec le passé, qui ne se définit plus comme un héritier mais se réalise comme un consommateur, un jouisseur, dans le meilleur des cas “un citoyen du monde”. Quant à la politique, elle cesse d'être au service de la grandeur de la nation pour se limiter à la fameuse gouvernance chère à M. Raffarin, c'est-à-dire à une gestion purement économique et financière à laquelle on ajoute à titre de supplément d'âme, un vague humanitarisme. Comment dans ces conditions espérer restaurer une forme aussi emblématique de la transcendance du politique par rapport aux individus que la monarchie traditionnelle ?

    Dernier sujet d'inquiétude pour le nationaliste intégral : des principes faux en eux-mêmes comme ceux du libéralisme politique semblent toutefois réussir à façonner un monde qui pour être contre-nature n'en est pas moins parfaitement cohérent comme le fait remarquer très justement Maxence Hecquard dans sa thèse sur la démocratie. Quoi de plus absurde par exemple - et je parle d'un point de vue strictement politique - que le "mariage" homosexuel ? Et pourtant, il finira très vraisemblablement par s'imposer en France comme il s'est imposé dans de nombreuses autres démocraties. La démocratie ne connaît que la volonté libre des individus et aucune norme transcendante, aucune loi naturelle, ne saurait être pour elle un obstacle à son travail de sape égalitariste. Comment dans ces conditions restaurer la primauté du tout sur les parties ? Du bien commun sur les intérêts ou les passions des particuliers ? En bref, comment refaire de la politique classique ?

    Maurras malgré tout

    Toutes ces considérations ne doivent cependant pas nous désespérer. L'effacement apparent du politique ne doit pas en effet cacher la permanence des problèmes politiques, qu'ils soient intérieurs ou extérieurs (« les faits sont têtus » comme aimait à le rappeler Maurras). Que les Français le veuillent ou non, leur qualité de vie et même leur vie tout court dépendent de réalités politiques, de rapports de force politiques. Il n'y a jamais de fin de l'histoire et donc pas plus de fin définitive du politique. Si nos concitoyens ne s'intéressent plus à la politique, si nos gouvernants se bornent à être des gestionnaires, ce n'est pas forcément que le politique a disparu mais que les décisions sont prises ailleurs et par d'autres à Bruxelles, à Moscou ou à Washington par exemple. Or, si les enjeux demeurent politiques, les leçons du Politique d'abord de Maurras ne sont pas vaines et sa manière justement politique d'envisager la réalité non plus.

    Même affaiblie, même en partie défigurée, la nation demeure pour nous Français l'échelon politique principal pour ne pas dire unique. C'est un héritage de l'histoire, qu'elle soit ancienne ou récente et c'est surtout un fait qui s'impose de lui-même. Il suffit pour s'en convaincre de considérer le peu d'enthousiasme produit par l'idée européenne malgré la propagande que l'on déverse en permanence dans les écoles, les collèges et les lycées pour faire éclore une hypothétique conscience européenne. On aurait sans doute moins de mal à tenter de ranimer la conscience française dont les bruyantes manifestations de patriotisme sportif montrent de temps en temps qu'elle existe encore au moins à l'état latent. Or, si la nation est encore le lieu du politique, la question de la forme politique qui convient à cette nation n'est pas dépassée et Maurras non plus.

    Actualité métaphysique

    Sur le terrain métaphysique aussi Maurras est étonnamment "moderne", ou plutôt "actuel". Maurras nous ressemble par son agnosticisme, par sa quête presque désespérée d'un ordre du monde dont il voudrait trouver le reflet dans les lois de la physique sociale. Avec lui, nul besoin de prendre comme point de départ une foi, une révélation, un dogme admis par principe. D'ailleurs combien de maurrassiens depuis les débuts de l'Action française et jusqu'à aujourd’hui sont passés de l'admiration pour l'ordre politique à la recherche puis à la contemplation d'un ordre supérieur ? Maurras est bien de ce point de vue un penseur de la redécouverte de l'ordre dans un monde qui en est privé.

    Maurras n’est pas bien entendu l’alpha et l’oméga de la pensée et il faut se prémunir contre toute tentation hagiographique. Par ailleurs, il écrivait en un temps où, à bien des égards, il était plus facile d'espérer dans la France et dans le combat politique qu'aujourd'hui. Il reste toutefois un penseur majeur et sans conteste le plus important philosophe politique contre-révolutionnaire du XXe siècle et, de même qu’une étude objective de la pensée politique ne peut faire l’économie de sa doctrine, de même les royalistes et les nationalistes auraient tout à perdre à négliger une oeuvre qui leur fournit la plus complète théorie de la France qui puisse être, une fois rejetée l'identification de notre pays à la République et à son idéologie.

    Stéphane Blanchonnet  L’Action Française 2000 du 4 au 17 septembre 2008

  • Valls ou la frime

    C'est le titre de l'analyse d'Hilaire de Crémiers dans le numéro à paraitre dePolitique magazine.

    Unnamed

    Tous ne pensent plus qu’à « l’après-Hollande » qui se résumera à : « Moi ou Marine Le Pen ». Valls le premier. C’est à ce dilemme que se réduit aujourd’hui la politique française. Les événements qui la secouent corroborent, et même plus qu’il ne faut, les analyses de Politique magazine.

    Le régime politique français est entré en phase avancée de décomposition. Il n’y a plus qu’un simulacre de chef de l’État. Ses propres ministres l’ont bafoué et ce qui s’est passé avec un Montebourg et un Hamon, manifeste le souverain mépris de la classe politique pour la personne même de François Hollande. Il en résulte que, dorénavant, toute personne avisée qui fait de la politique ne pense plus qu’à « l’après-Hollande ».

    Ainsi Montebourg s’est mis publiquement en réserve de la République, en précisant que son objectif était de la sauver. Autrement dit : encore un candidat à la candidature ! A gauche, cette fois, quand à droite il y a dès maintenant pléthore, comme si tout le monde s’attendait à une précipitation des évènements et à une accélération des échéances.

    Aussi l’affolement est général chez les élus de gauche qui ont raison de redouter le pire dans les mois qui viennent et ce « pire » ne peut que favoriser une réaction nationale dont profitera, ce qui est naturel, le Front National. C’était le sens de la déclaration de Montebourg, en annonçant son départ : dans son esprit il appartient à une « vraie gauche » de récupérer la réaction populaire à son profit. Et lui se sent capable de porter ce défi, là où un Mélenchon a échoué.

    Un ministère de combat

    Dans pareilles conditions le Premier ministre, fût-il Valls, ne pourra commander ses troupes. écologistes et frondeurs socialistes vont lui mener la vie dure. Les ricanements redoubleront quand il affectera ses airs martiaux ; c’est que tout le monde comprend que lui-même, comme les autres, fixe son attitude sur les perspectives de « l’après-Hollande », unique explication aujourd’hui de tous les positionnements politiques, à gauche comme à droite.

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    Paula Corbulon

  • Entretien du “Rouge et le Noir” avec Philippe Vardon sur l’immigration

    Il a écrit plusieurs ouvrages (notamment un intéressant abécédaire :Éléments pour une Contre-Culture identitaire) et publiera fin août un recueil de nouvelles intitulé Militants. Philippe Vardon a récemment participé à l’élaboration des « 26 mesures pour une politique de remigration » présentées par le Bloc identitaire en réponse à la feuille de route délirante du Parti socialiste. Et c’est notamment à ce titre qu’il nous a semblé opportun d’interroger l’auteur et activiste identitaire dans le cadre de notre controverse estivale (sur l’immigration, note de Novopress).

    Vous êtes l’un des propagateurs du concept de remigration. Pouvez-vous nous l’expliciter ?

    Philippe Vardon : C’est assez simple en fait : l’immigration massive que subissent la France et l’Europe crée des troubles majeurs qui mettront en danger l’existence de notre nation et notre civilisation elles-mêmes si l’on ne travaille pas rapidement, c’est-à-dire dans les décennies qui sont devant nous, à inverser la tendance. Pour clore cet interlude, cet accident historique, qu’aura été la présence massive dans notre pays de millions de Français administratifs, n’étant en fait Français ni de sang ni même de cœur pour la plupart, il faut donc envisager – calmement, sereinement, mais sérieusement – qu’une grande partie de ces immigrés ou descendants d’immigrés retrouvent leur patrie, c’est-à-dire la terre de leurs pères.

    Il ne s’agit donc pas uniquement de stopper l’immigration, urgence absolue et évidente mais à laquelle je pense que nos politiques (à l’exception de quelques extrémistes ou cinglés) finiront par se ranger, mais bien de mettre en place politiquement les conditions d’un grand retour qui est la seule possibilité d’enrayer le Grand Remplacement.

    Le constat de l’échec de la société multiculturelle (donc multiconflictuelle) et multiraciale (donc multiraciste) imposée aux Français est désormais largement partagé.La remigration, c’est-à-dire le retour dans leurs pays d’origine, de manière pacifique et concertée, d’une majorité des immigrés extra-européens présents sur notre territoire est la seule solution permettant de répondre à l’ampleur du phénomène et d’éviter le chaos.

    La seule solution ? Pourtant d’autres voix en appellent au recours à l’assimilation républicaine, ou encore à la « réconciliation ».
    Philippe Vardon :
     C’est déjà ennuyeux de se mentir à soi-même, mais quand on est un responsable public il faut aussi s’efforcer de ne pas mentir aux autres…

    Quelqu’un peut-il réellement s’imaginer que nous allons « assimiler » la dizaine de millions de musulmans, de plus en plus revendicatifs et radicaux, aujourd’hui présents sur notre sol, ou bien que nous allons nous « réconcilier » avec les sympathiques supporteurs de l’équipe d’Algérie ayant démontré suffisamment clairement quel était leur vrai pays de sang et de cœur ?

    Imagine-t-on que d’un coup ceux qui brandissent des étendards du djihad ou sortent leurs drapeaux algériens à la moindre occasion, ceux qui se gavent de chansons où l’on répète que l’on « nique la France » à chaque refrain, vont devenir des bons petits Français parce qu’ils chantent la Marseillaise et agitent le drapeau tricolore ?

    On me dira qu’il s’agit là de minorités sur lesquels je me focalise, eh bien je crois en fait tout l’inverse. Je pense, et je parle ici par empirisme, qu’ils sont l’expression de la majorité.

    J’entends d’autres encore me dire que la France n’applique plus une politique d’assimilation volontariste. C’est en partie vrai, mais quand bien même serait-ce le cas, cela ne suffirait plus. Le seuil où l’assimilation républicaine, comme réponse globale, pourrait encore s’avérer opératoire est largement dépassé.

    Vous connaissez la formule : on peut assimiler des hommes, pas des communautés. En effet, l’assimilation est une démarche personnelle profonde, elle exige un dépouillement et une renaissance. D’une certaine manière je pense qu’on peut la comparer à une conversion religieuse. Il n’est d’ailleurs pas rare que dans notre pays le processus d’assimilation de personnes n’ayant pas été élevées dans la religion catholique se termine par un baptême. Cela me semble très significatif.

    On me dit souvent aussi que l’assimilation est la « ligne » du Front National, mais je crois qu’elle en est plutôt l’idéal. J’ai entendu à plusieurs reprises Marine Le Pen déclarer que cet idéal d’assimilation était désormais rendu impossible justement par le caractère trop massif de l’immigration. Elle a aussi parfois ajouté, à juste titre, que les différences culturelles trop importantes constituaient un facteur aggravant. [1] C’est aussi la position d’un Eric Zemmour, pourtant grand défenseur de l’assimilation à la française, quand il déclare : « Il y a trop d’immigrés venus d’Afrique du nord et d’Afrique noire, et ils n’arrivent pas à s’intégrer parce qu’ils sont trop nombreux. » C’est en effet à mes yeux la conjonction entre le nombre d’immigrés et l’origine d’une majorité d’entre-eux – trop éloignée de notre identité française et européenne – qui rend aujourd’hui impossible l’assimilation. Pour résumer, l’assimilation massive ne peut être présentée comme une solution à l’immigration massive.

    Pour lire l’article dans son intégralité

    http://fr.novopress.info/174089/chez-nos-confreres-entretien-du-rouge-noir-philippe-vardon-l-immigration/