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France et politique française - Page 4210

  • Religion : le manque de culture des journalistes

    Extraits d'un entretien intéressant de l'abbé Grosjean dans Le Monde des Religions, notamment sur le traitement médiatique accordé aux religions :

    [...] D’abord, je considère qu’il y a un manque évident de culture religieuse chez les journalistes, qui est le fruit de leur génération. Ce n’est pas parce qu’ils sont journalistes, c’est tout simplement qu’ils ont été beaucoup moins confrontés à la religion que leurs aînés. Le fait religieux revient en force dans la société, surtout à travers l’islam mais aussi le catholicisme, par le pape François très médiatisé depuis un an…

    Du coup, ces journalistes sont confrontés à la question religieuse, qu’ils le veuillent ou non, etils n’ont pas la culture nécessaire, la capacité de compréhension, les clés pour traiter le fait religieux.Il leur manque des outils qui leur permettraient d’éviter les contresens, qui aideraient à la compréhension de certains évènements et à leur lecture. Comme je dis souvent, vous ne pouvez pas être commentateur d’un match de foot sans en connaître les règles. Vous ne pouvez pas parler de l’Église sans savoir ce que sont un évêque, un diocèse ou sans être entré dans une église. Il ne s’agit pas d’avoir un journaliste qui soit croyant, il s’agit d’avoir des journalistes qui ont une culture religieuse.

    Il y a aussiune ignorance de la part des représentants des religions, car ils sont encore sur la défensive par rapport aux médias. Ils ne les connaissent pas, en réalité. L’enjeu pour moi, c’est qu’il y ait une rencontre de ces deux mondes, une révolution culturelle à l’image de ce qui a eu lieu avec l’armée. Il y a quelques années, l’armée était vraiment sur la défensive vis-à-vis des médias. Le journaliste était un problème en soi et il fallait s’en protéger. De leur côté, les journalistes connaissaient très peu ce milieu. C’est l’armée elle-même qui a fait sa révolution culturelle en comprenant qu’il fallait travailler avec et non pas contre les journalistes. Qu’une vraie collaboration devait exister. Il y a donc aujourd’hui, dans les grandes rédactions, un spécialiste des questions de la défense. Ce journaliste est capable de comprendre ce qui se passe et de suivre une opération militaire en sachant pourquoi il ne faut pas dévoiler telle ou telle information, tout en gardant son regard critique. Un lien de confiance s’est établi. 

    [...]Le regard extérieur d’un journaliste sur la religion ne sera jamais celui d’un croyant.Il sera toujours en deçà de ce que peut vivre le croyant lui-même. Mais ce qui a nourri la peur du croyant, c’est la façon dont ses convictions et sa foi ont été, parfois, traitées.Le problème n’est pas que le journaliste ne partage pas celles-ci, c’est la méconnaissance et le jugement porté sur leur foi qui conduisent parfois le journaliste à dire des énormités. Prenons l’exemple récent du lycée Gerson. Quand le journaliste du Nouvel Observateur parle des dérives sectaires du lycée Gerson et qu’il évoque les enfants juifs obligés de se confesser, c’est une erreur factuelle. Ce n’est pas possible. Un prêtre ne peut pas confesser un non-catholique. Cela jette un discrédit sur le reste de l’article.On se dit que le journaliste qui écrit une telle absurdité, sans prendre la peine de vérifier, n’est plus dans l’information mais dans l’idéologie.

    Quels ont été les traitements médiatiques qui vous ont vraiment choqué ?

    La première blessure a été le traitement accordé à Benoît XVI,le lynchage médiatique de ce pape qui était vraiment d’une douceur et d’une humilité incroyables. Les médias ont donné la vision d’un homme dur, qu’ils appelaient le« Panzer Cardinal »,d’un intégriste… Ces propos sont vraiment décalés par rapport à la réalité du personnage. On l’a traité de criminel en lui reprochant ses positions sur la contraception et le préservatif, etc.C’était d’une mauvaise foi lamentable. On ne prend même pas la peine de reprendre la phrase en intégralité… Encore une fois, on peut ne pas être d’accord avec ses prises de position. Mais que la vérité de ses propos ne soit pas respectée est blessant. [...]

    Les médias recherchent des religieux qui peuvent et veulent expliquer le message de l’Église avec un langage simple, qui ne soit pas un jargon ecclésiastique. Ils attendent aussi de la réactivité. Et c’est un peu le problème de notre institution : on aime prendre un temps de recul, de réflexion, une distance qui est souvent légitime, mais qui ne répond pas tout le temps à l’empressement médiatique.  Si on prend les chaînes d’information continue qui sont dans l’immédiateté et l’Église qui doit prendre son temps pour répondre, l’équation s’avère impossible. Je considère qu’il est important que l’Église apprenne à être réactive, qu’elle puisse expliquer, se positionner rapidement – surtout en cas de polémique – pour qu’aucun reproche ne puisse lui être fait.Tout en gardant cette liberté de dire« non, je ne veux pas réagir »,ou« je réagirai plus tard ».Autrement dit, sans se sentir prisonnière de la dictature du court terme.

    Vous évoquez la lenteur de l’Église à répondre, quelles sont ses autres difficultés ?

    Il existe aujourd’hui un souci d’adaptation au format médiatique.Le prêtre est habitué à prêcher pendant 10 minutes à la messe pour s’exprimer sur un sujet. Les médias lui demandent une réponse en 20 secondes. Typiquement, sur les sujets éthiques forcément complexes, là où l’Église tient un langage tout en nuances, nous devons répondre en très peu de temps, en une phrase, tout en s’assurant que le contenu ne sera pas caricaturé et cité hors de son contexte. C’est un vrai travail. Avec l’avènement des blogs catholiques, la parole se diffuse, mais elle est aussi variée. Aujourd’hui, certains blogs laïcs ont plus d’audience que les pages officielles de beaucoup de diocèses. [...]"

    Michel Janva

     
  • L’émergence de l’État islamique déclenche un retournement géopolitique sans précédent

    Un décryptage très intéressant de Thomas Flichy de la Neuville (professeur à l'ESM de St Cyr) sur Liberté politique :

    "La brusque émergence de l’État islamique en Irak et au Levant, loin de se réduire, comme le voudraient certains commentateurs, à un simple épiphénomène, se présente comme un événement fondamental qui a d’ores et déjà entraîné un renversement géopolitique majeur.

    La liquidation du régime de Saddam Hussein par les États-Unis a entraîné un chaos interne à l’Irak qui a prioritairement bénéficié aux compagnies pétrolières chinoises. Ce sont elles qui ont raflé la mise du démantèlement de l’État irakien.

    Devant cette déroute géopolitique, les États-Unis cherchent aujourd’hui à préserver les contrats signés au sud dans la partie chiite et au nord, dans le Kurdistan.

    L’exploitation du gaz de schiste américain ne rend pas indispensable l’importation de gaz irakien. En revanche, il est important d’empêcher une mainmise totale de la Chine, devenue l’adversaire principale des États-Unis. 

    Un renversement complet

    Pour ce faire, les États-Unis ont décidé de mettre fin à la progression de l’État islamique. Armer les Kurdes ou d’autres minorités irakiennes au détriment des islamistes sunnites se présente, à l’évidence, comme un renversement complet de politique.

    En effet, le Kurdistan armé menace la Turquie, alliée traditionnelle de l’Amérique. D’autre part, il s’avère totalement illusoire de limiter l’avance djihadiste sans s’appuyer sur la Syrie de Bachar-el-Assad. Enfin, comment contenir l’essor islamiste sunnite sans le soutien de l’Iran ? Au cours des derniers mois, les États-Unis, se sont ostensiblement rapprochés de l’Iran tout en prenant leurs distances par rapport à Israël.

    Ce mouvement s’est aujourd’hui accéléré. Les États-Unis ménagent toutefois leur allié saoudien, terrorisé par la menace d’un État islamique pouvant le faire voler en éclats. Ils n’ont d’ailleurs pas émis de protestation à l'encontre des bombardements saoudiens en Libye, État destiné à devenir la métastase nord-africaine de l’EI. 

    Le choix du réalisme

    Le choix par les États-Unis d’une politique réaliste au Moyen-Orient, qui est en train de prendre de court l’ensemble des chancelleries européennes, se traduit par un nouvel équilibre dont les éléments majeurs sont les suivants :

    ♦ La Turquie, menacée à l’Est par le Kurdistan armé est fragilisée en raison de son soutien aux islamistes syriens et libyens.

    ♦ Israël, qui a le plus grand mal à stabiliser la bande de Gaza, peut tenter de jouer l’alliance avec l’Égypte afin de se présenter comme un glacis empêchant la connexion entre le Califat Irakien et son émirat Libyen.

    ♦ L’antagonisme entre le Qatar et l’Arabie Saoudite est exacerbé.

    ♦ Enfin, de nouveaux rapports vont se nouer entre les puissances géoculturelles que sont l’Iran et la Russie, qui ont misé triomphalement sur une politique réaliste du temps long, et l'Amérique de l'après État-islamique." 

    Marie Bethanie

  • A. F Communiqué du président du Comité directeur

    Réuni à l’occasion du CMRDS 2014 au château d’Ailly, dans le Roannais, le Comité directeur de l’Action française a pris deux décisions importantes : la nomination de François Bel-Ker comme Secrétaire-général du mouvement et celle de Philippe Mesnard comme rédacteur en chef de L’Action Française 2000. 

    Notre ami Olivier Perceval quitte le secrétariat-général mais continuera d’accompagner la progression du mouvement au sein du Comité directeur. François Marcilhac demeure le directeur politique et l’éditorialiste de L’AF 2000.

    L’affluence historique qu’a connue notre université d’été cette année et le développement rapide de nos sections à travers tout le pays sont les signes de la qualité du travail accompli ces dernières années. Le nouveau secrétaire-général aura à cœur de prolonger et d’amplifier ce développement.

    La crise de confiance d’une ampleur inédite qui touche non seulement l’exécutif, président de la République et gouvernement, mais plus généralement l’ensemble des partis politiques "républicains" devrait logiquement conduire à un changement de régime. Le nationalisme intégral est donc plus que jamais d’actualité. Notre tâche est d’en convaincre au plus vite les Français soucieux de l’avenir de leur patrie.

    Pour que vive la France, vive le roi !

    Stéphane Blanchonnet, Président du Comité directeur de l’Action française

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?Communique-du-president-du-Comite

  • Valls II ne survivra pas à l'hiver, affirme Marine Le Pen

    La nouvelle équipe de Manuel Valls n'aura pas de majorité pour survivre aux échéances législatives de l'automne, veut croire Marine Le Pen, qui se dit prête à gouverner si le Front national devait être porté au pouvoir par un scrutin anticipé.

    La présidente du FN, qui faisait sa rentrée politique samedi à Brachay, en Haute-Marne, où elle avait obtenu son score le plus élevé à la présidentielle de 2012, a affirmé que son parti était prêt à diriger le pays en cas de dissolution de l'Assemblée nationale.

    Si l'hypothèse semble exclue par François Hollande et si la plupart des figures de l'UMP n'y paraissent pas favorables, confrontées qu'elles sont à la reconstruction de leur parti, Marine Le Pen estime une dissolution inévitable à court terme.

    Devant les militants venus l'applaudir, celle qui est donnée en tête au premier tour de l'élection présidentielle de 2017 par certains sondages a dressé le portrait d'une France malade sur les plans économique et sociétal.

    Puis elle s'est attaquée aux socialistes au pouvoir, qui vivent une université d'été tendue après un remaniement sur fond de contestation, par l'ex-ministre de l'Economie Arnaud Montebourg notamment, du cap économique choisi.

    "En cette rentrée 2014, alors qu'aucun des problèmes que j'évoque n'est en passe d'être réglé, vient s'ajouter une terrible crise politique, une crise de régime même", a lancé la présidente du Front national.

    "Le gouvernement n'est plus seulement critiqué par l'opposition (...) Il l'est de l'intérieur, de l'intérieur même de sa majorité et il l'est désormais en son sein-même", a-t-elle dit.

    "Le pouvoir est nu, le roi François Hollande est nu, mais le prince aussi, Manuel Valls, est nu, contraint de faire un nouveau gouvernement alors que le précédent n'a même pas passé l'été. Et le nouveau ne survivra pas à l'automne ou à l'hiver, je vous le dis, ça ne tiendra pas."

    "Comme Valls I, il tombera car il s'écrasera sur le mur de la réalité", a-t-elle encore dit, fustigeant notamment l'arrivée au ministère de l'Economie d'Emmanuel Macron, signe selon elle d'un "ancrage dans l'ultralibéralisme le plus brutal, le plus stupide, le plus injuste."

    Réitérant les appels à la dissolution lancés par différents responsables du FN ces derniers jours, Marine Le Pen s'est dit convaincue de pouvoir remporter un scrutin anticipé après la victoire de son parti aux élections européennes de mai dernier.

    Elle a accusé les ténors de l'UMP, dont beaucoup disent ne pas souhaiter une dissolution, de ménager leur ambition en vue de 2017 et s'est offert une posture de femme d'Etat en se disant prête à prendre le pouvoir.

    "Si le peuple nous donne à l'Assemblée nationale une majorité pour gouverner, et bien nous gouvernerons", a-t-elle dit sous les applaudissements de son auditoire. "Nous ferons tout notre possible avec les moyens dont nous disposerons. Nous ne fuirons pas comme ces lâches nos responsabilités."

    "En pleine tempête, un capitaine ne peut refuser de prendre le commandement. C'est bien dans ces heures-là que l'on comprend de chacun s'il est ou non un homme d'Etat qui a ou non le sens de l'intérêt supérieur de notre pays."

    "Je suis d'une trempe suffisamment solide pour ne pas reculer devant les épreuves et comptez sur moi pour prendre sans hésitation la mesure du destin que le peuple me confiera. Jamais je ne me déroberai", a-t-elle conclu.

    source : Reuters via yahoo :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/politique/EupAuFllEEvuAcaudA.shtml

  • Changement de vie : Elle était informaticienne, elle élève des brebis

    Après des années à concevoir des sites web, Karine Andreï se lance dans l’agriculture avec un petit troupeau de brebis. Face à une société qu’elle conteste, elle choisit un lieu retiré du Puy-de-Dôme et un mode d’élevage alternatif. Un appel à financement participatif est lancé sur internet.

    À 950 mètres d’altitude, à deux pas du Sancy, le maire de Cros, appuyant la demande de sa communauté de commune d’installer un jeune agriculteur sur des terres en friche, voit arriver, au printemps dernier, un petit troupeau de dix brebis écossaises.

    Karine Andreï, 28 ans et une détermination de fer, tente ici sa deuxième installation, aidée par son compagnon, technicien forestier indépendant. Ici, ni ferme, ni bergerie. Seuls quelques abris peuvent servir à protéger les animaux de la rudesse de l’hiver.

    À la rentrée, trente nouvelles Scottish Black Face doivent rejoindre le cheptel. En attendant, peut-être, quelques vaches Highland Cattle. La jeune agricultrice recourt à une méthode originale pour compenser l’absence temporaire de subventions : début juillet, elle publie un appel à financement participatif sur la plateforme spécialisée Ulule.com.
    L’appel à la solidarité fonctionne. L’objectif de 3.500 euros pour l’achat des trente brebis est rapidement dépassé, et Karine Andreï vise désormais les 4.500 euros, le 8 septembre au plus tard, pour l’achat de sa première Highland.

    L’objectif est de disposer, dans cinq ans, de cent cinquante brebis, toutes de la race Scottish Black Face, et de quelques vaches Highland. La viande d’agneau sera vendue directement au consommateur, sur commande. Les premiers colis doivent être livrés mi-2015.

    De la photo à l’agriculture

    Les terres « ne sont plus exploitées depuis au moins quarante ou cinquante ans », explique Karine Andreï. « La végétation a poussé, et le terrain en est au dernier stade avant la forêt: il y a beaucoup de fougères, des bouleaux. » Peu d’herbe, d’où la nécessité de races assez rustiques.

    Autre inconvénient, ce type de terrains n’est pas éligible aux subventions européennes. Cerise sur le gâteau, ils sont classés sous régime forestier, ce qui n’autorise leur location qu’avec des baux d’un an, très précaires, et qui bloquent la possibilité de bénéficier de la dotation jeune agriculteur (DJA).

    « J’attends que la municipalité sorte les terrains de ce régime », s’impatiente Karine Andreï, qui pourrait alors signer un bail de neuf ans. En attendant, elle cherche des terres privées, qui lui permettraient de voir plus loin, de disposer de terrains peut-être plus favorables, et d’obtenir les précieuses aides.

    « Les subventions représentent 50 % des revenus dans l’élevage ovin ; il va falloir que j’en trouve. » Pour le moment, l’exploitation fonctionne grâce aux quelques économies du couple et à l’argent issu de la vente de leur précédente maison, dans l’Hérault.

    Au départ, cette habitante de toujours de la campagne ne pensait pas à devenir agricultrice. Son rêve : la photographie de nature. Un stage chez un photographe lui fait prendre conscience du peu de débouchés dans cette voie. À cette occasion, elle réalise son premier site web, puis profite de l’opportunité pour se former en autodidacte, avec l’aide d’un ami.

    Aujourd’hui, la photo reste son principal loisir, et la conception de sites un moyen d’améliorer l’ordinaire. L’intérêt pour l’élevage est venu petit à petit, au contact d’amis éleveurs. Tout comme la conscience politique. Sa référence : Pierre Rabhi.

    « J’ai été à une de ses conférences, il y a quelques années, à Vigan, dans le Gard, et j’ai beaucoup aimé la simplicité de cet homme », dit-elle. « Comme s’il parvenait à mettre des mots sur ce que je pensais. » L’affaire de la viande de cheval vendue comme du bœuf, en 2013, renforce aussi ses convictions et l’envie de faire de l’élevage autrement.

    Plein air et vente directe

    Elle choisit, en 2012-2013, de suivre une formation à distance, avec le Centre national de promotion rurale (CNPR). Il s’agit de son premier retour aux études depuis le bac. Plusieurs stages dans la commune de Saint-Maurice-Navacelles, dans l’Hérault, et un an d’études lui permettent de décrocher le précieux sésame : un bac pro agricole.

    Elle tente d’ailleurs la reprise de l’exploitation de l’un de ses tuteurs, en 2013, mais échoue et arrête après cinq mois. En cause, des divergences de vues avec l’ancien éleveur. En plein Larzac, « le lieu était plus fait pour le tourisme que pour l’élevage », ajoute-t-elle.

    Décidée à réaliser son projet, Karine Andreï, après « beaucoup de recherches et pas mal de faux espoirs », finit par arriver sur le territoire de la petite commune de Cros. Le mode d’élevage choisi découle naturellement de ses convictions : ce sera du plein air intégral, avec un petit troupeau.

    « Ce type d’élevage, il y en a vraiment besoin », plaide-t-elle. Une manière de revendiquer que son initiative n’est pas qu’une question de réussite individuelle, mais bien de celle d’un projet de société.

    Des méthodes douces pour préparer les terres

    Karine explique diverses techniques qu’elle va utiliser pour débroussailler le terrain :

    Le rouleau rouge est le rouleau brise fougères que nous allons utiliser pour essayer d’éradiquer les fougères sur les terrains en friches. C’est une méthode qui vient du Royaume Uni, qui consiste à écraser les fougères plutôt que les couper. Cela les épuise et petit à petit elles disparaissent. Cette méthode a été utilisée surtout par les collectivités (parcs régionaux notamment) mais en est juste au stade d’expérimentation.

    L’idée c’est d’utiliser cette solution douce plutôt que ce qui se fait dans le secteur : produits phyto, écobuage, qui sont très nocifs pour le sol. En théorie avec deux passages du rouleau par an, on devrait arriver à éradiquer la fougère en maximum cinq ans. Il faut bien entendu faire pâturer entre temps.

    Le petit engin orange est un débroussailleur forestier, très léger il ne tasse pas le sol et permet d’aller dans des zones non mécanisables. Les broussailles sont broyées par l’engin et laissées au sol afin de l’enrichir. On laisse des bosquets et des zones de friches, le but n’étant pas de faire un terrain de golf, seulement de laisser passer la lumière au sol pour avoir un peu d’herbe.

    Reporterre

    http://fortune.fdesouche.com/353163-changement-de-vie-elle-etait-informaticienne-elle-eleve-des-brebis#more-353163

  • Ukraine : le dessous des cartes...

    Ex: http://metapoinfos.hautetfort.com

    Nous reproduisons ci-dessous un entretien donné par le journaliste Jean-Michel Quatrepoint au Figaro et consacré aux dessous de la crise ukrainienne. Jean-Michel Quatrepoint a récemment publié un essai intitulé Le Choc des empires. Etats-Unis, Chine, Allemagne: qui dominera l'économie-monde ? (Le Débat, Gallimard, 2014).

    Ukraine, Poutine, Obama, Merkel : le dessous des cartes

    Entretien avec Jean-Michel Quatrepoint

    FigaroVox: Dans votre livre, Le choc des Empires, vous décriviez l'affrontement entre les Etats-Unis, la Chine et l'Allemagne. La situation en Ukraine ne rappelle-t-elle pas davantage la guerre froide ?

    Jean-Michel QUATREPOINT: En réalité, on assiste à un choc entre deux blocs: d'un côté, l'Amérique qui veut enrôler l'Europe sous sa bannière, et de l'autre, la Chine et la Russie qui de facto se rapprochent ne serait-ce que parce que les Américains mènent à leur encontre une politique de «containment» depuis 2010. Les Américains veulent imposer leur modèle économique et idéologique: le libre-échange et les droits de l'Homme. Le parti au pouvoir en Chine et les Russes ne veulent pas de ce modèle. Dans ce contexte l'Europe, notamment l'Allemagne, est prise en sandwich. Angela Merkel doit choisir et penche plutôt pour le moment pour les Etats-Unis. Cela signifie qu'à terme, tout le développement qu'elle pouvait espérer grâce à la Russie, va devoir être passé par pertes et profits. De la même façon, tous les projets d'investissement sur les transports , notamment la nouvelle route de la soie ferroviaire entre la Chine et l'Europe via la Russie, risquent d'être remis en cause. Si l'escalade des sanctions se poursuit, les Russes pourraient interdire le survol de la Sibérie pour toutes les compagnies aériennes avec pour conséquence une augmentation des coûts exponentielle et in fine l'affaiblissement économique puis politique de l'Europe. La légère récession qu'a connue l'Allemagne au troisième trimestre est un premier signal alors même que les effets du boycott russe ne se sont pas encore fait sentir.

    En quoi les enjeux politiques et économiques s'entremêlent-t-ils ?

    Aujourd'hui, l'investissement en Allemagne chute pour trois raison. D'abord à cause du coût de l'énergie. L'abandon du nucléaire coûte une fortune au pays et le rend dépendant du gaz russe. Deuxièmement, le coût de la main d'œuvre n'est plus aussi bas qu'il ne l'était, notamment avec la mise en place du smic et troisièmement l'Euro est surévalué par rapport au dollar. En conséquence, les industriels quittent l'Europe et préfèrent investir aux Etats-Unis qui redémarrent économiquement grâce à leur énergie à bas coût (gaz et pétrole de schiste) et sa main d'œuvre meilleur marché. L'Europe en stagnation est dans la situation du Japon dans les années 90-2000. Sa balance commerciale reste excédentaire grâce à l'Allemagne, mais elle vieillit et ne se développe plus. Cela signifie que nous allons perdre notre pouvoir sur la scène internationale.

    Dans ce contexte, les sanctions contre la Russie constitue-t-elle une erreur stratégique ?

    Oui, ces sanctions sont contre-productives. Malheureusement, la plupart des pays européens à commencer par les pays de l'Est, préfèrent les Etats-Unis à la Russie. La Pologne, les pays Baltes et la République Tchèque sont viscéralement antirusses et joueront toujours le jeu des Américains car le souvenir de l'occupation par les troupes soviétiques y est encore prégnant. L'Allemagne, elle, est écartelée et tout l'objectif des Américains est de la détacher de la Russie. L'axe entre Paris-Berlin et Moscou pour s'opposer à la guerre en Irak en 2003 est resté dans la mémoire du département d'Etat américain. Les dirigeants américains ont donc décidé de punir la Russie et de ramener l'Allemagne dans leur giron. C'est tout le but du traité transatlantique qui est en fait une grande alliance germano-américaine.

    La France, qui a une tradition de non-alignée, peut-elle jouer un rôle ?

    La SFIO n'a malheureusement jamais eu une tradition de non-alignée. La comparaison entre François Hollande et Guy Mollet est cruelle, mais pas dénuée de fondement. Il y a une vocation européano-atlantiste qui est dans les gènes du Parti socialiste. On peut d'ailleurs également déplorer l'abandon de la politique arabe de la France: non que les Israéliens aient toujours tort, mais on ne peut pas les laisser faire n'importe quoi.

    Iriez-vous jusqu'à parler de tournant néo-conservateur de la politique étrangère française ?  

    Oui, ce tournant a d'abord été pris par Alain Juppé lorsqu'il était au quai d'Orsay. Les diplomates français mènent désormais une politique de court terme. Lors des Printemps arabe, jouant aux apprentis sorciers, la France a réagi sur l'instant en se félicitant de la chute des dictateurs, mais sans en mesurer les conséquences, notamment l'arrivée au pouvoir des islamistes qui ont totalement déstabilisé la région. On a également oublié que les régimes autocrates, qui étaient en place, protégeaient les minorités chrétiennes. Pour un chrétien, il valait mieux vivre sous Saddam Hussein qu'aujourd'hui sous le régime chiite. De la première guerre d'Irak de 1991 jusqu'à la guerre en Libye de 2011, les pays occidentaux ont semé le chaos. Certes les dirigeants en place au Moyen-Orient n'étaient pas recommandables, mais au moins ces pays n'étaient pas des champs de ruines. On ne déclenche plus de guerre mondiale, mais on déclenche des guerres civiles avec des centaines de milliers de morts.

    Jean-Michel Quatrepoint (Figarovox, 23 août 2014)

    http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2014/08/28/ukraine-poutine-obama-merkel-le-dessous-des-cartes.html

  • Obama et Hollande : l’islam n’a rien à voir avec l’islam

    Dire que l'État islamique ne parle d'aucune religion ou que l'ennemi numéro un de l'islam, c'est l'État islamique, c'est comme affirmer que le catholicisme n'a rien à voir avec la chrétienté. C'est absurde. C'est une pantalonnade. Et c'est une traîtrise.   

    19 août 2014, le grand mufti d’Arabie saoudite a parlé : l’ennemi numéro 1 de l’islam, c’est l’État islamique.

    Le lendemain, Barack Hussein Obama lui emboîtait le pas : « L’État islamique ne parle au nom d’aucune religion. Il n’y a aucune religion qui incite à tuer des innocents. »

    Quant à François Hollande, à propos de la Syrie, il accuse, le même jour, la communauté internationale de ne lui avoir donné le choix qu’entre aider un dictateur ou un groupe terroriste. Mieux : il avoue avoir livré des armes à des terroristes tout en évoquant une « rébellion syrienne démocratique » dont il est de notoriété mondiale qu’elle ne fait qu’un avec ces derniers. En somme, le Président – qui recueille encore 13 % d’opinions favorables – réussit l’exploit d’avouer une faute grave (l’armement des djihadistes syriens), suggère une erreur (qui n’en est pas une) dans la destination d’armes, un fait dont il s’absout en raison d’un « matériel conforme aux engagements européens ». C’est bien.

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  • Quand Valls détricote et enterre les lois Duflot

    MPI s’était déjà fait l’écho de l’absurdité totale des lois Duflot sur le logement et de ses conséquences catastrophique sur le secteur de l’immobilier d’une façon générale. Dès le mois de juin, devant les chiffres catastrophiques, le gouvernement avait commencé à reculer. En cette fin de mois d’août, ce n’est ni plus ni moins que l’enterrement de cette loi.

    Voici le résumé (du Parisien) des principales réformes présentées par Manuel Valls pour tenter de relancer l’immobilier :

    Exit la loi Duflot ? Censée répondre aux problèmes de logements (prix, disponibilité. ..), la loi Duflot a plutôt paralysé le secteur. Des mesures correctives ont été présentées fin juin par le Premier ministre Manuel Valls. Notamment un reformatage, dès octobre 2014, du prêt à taux zéro avec un relèvement ciblé du plafond des revenus et du montant des prêts. Y figurent aussi 50 mesures de simplification des normes devant permettre de réduire les coûts de construction de 10 %. « Les mesures annoncées n’ont pas fait repartir l’activité », explique le président de la Fédération française du bâtiment (FFB), Jacques Chanut, qui rappelle que les demandes de permis de construire ont reculé de 20 % cette année. « Il est impératif de compléter ces annonces, comme le Premier ministre s’y est engagé si ça n’était pas suffisant », insiste-il.

    Libérer le foncier. Selon Europe 1 hier, le gouvernement envisage une révision de la fiscalité sur les ventes de terrains. Il s’agirait d’inverser le dispositif fiscal afin de favoriser les cessions rapides de foncier. Aujourd’hui, un propriétaire doit attendre de vingt-cinq à trente ans pour ne pas être taxé sur la plus-value réalisée. Demain, il pourrait, au contraire, être lourdement imposé s’il tarde à vendre. Le prix des terrains représente aujourd’hui entre 20 et 25 % du coût d’un logement. En favorisant la mise sur le marché de nombreux terrains, on fait baisser leur prix, donc celui des logements, et on stimule la demande.

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  • La Rochelle : ils sont venus, ils sont tous là, pour voir mourir la mamma…

    Alors, qu’est-ce qu’on fait : on dissout et on se casse, ou on plonge dans la cohabitation adultérine jusqu’à la fin du quinquennat ?   

    On dit que l’Histoire ne repasse jamais les plats. C’est à voir… Celle de La Rochelle, en effet, est riche d’enseignements.

    La Rochelle fut l’une des grandes marmites du protestantisme, enfant de la protestation, et de ce fait victime de sièges mémorables de la part d’un pouvoir aux abois. Le cardinal de Richelieu soi-même campa à ses portes, élevant une digue pour couper la ville de ses alliés tandis que le maire – déjà – opposait aux gouvernants de la France une résistance héroïque.

    Comme le chien de la bible qui retourne, obstiné, à ses vomissures, le Parti socialiste fait chaque année son pèlerinage à La Rochelle. Et chaque année explosent guerres de religion et querelles de chapelle. Et chaque année le maire fait dissidence. Cette fois, le nouvel élu Jean-François Fountaine (DVG) a été privé d’apéritif pour s’être maintenu aux municipales contre la candidate officielle du PS. Son prédécesseur, qui soutenait Ségolène Royal, fut battu aux législatives par son adjoint Olivier Falorni, soutenu, lui, par Valérie Trierweiler dont il hébergeait les amours coupables avec un certain François Hollande… Et ce 29 août, le PS, de nouveau, s’entredéchire à La Rochelle.

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  • Halte aux mensonges sur la sortie de l’euro

    Il y a plusieurs grands scénarios possibles de retour à une monnaie nationale...   

    Régulièrement des experts avancent un argument d’autorité pour expliquer qu’un retour à une monnaie nationale serait une catastrophe, toujours le même : une sortie de l’euro impliquerait une explosion des taux d’intérêts et par conséquent une augmentation importante du montant de la dette. A chaque débat sur le sujet cette idée anxiogène revient sur le tapis.

    Les Décodeurs (déconneurs pour les intimes) du Monde l’ont doctement professé dans les colonnes du journal. Plus récemment Maître Villemot, avocat et proche de François Hollande, l’affirma sur le plateau du Grand Journal de Canal+ dans un débat face à Michel Onfray.

    Disons le tout net, tout cela est faux. Quelques notions de droit permettent de décrypter quelles seraient les conséquences d’une sortie de l’euro sur les emprunts en cours contractés par les Français.

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