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France et politique française - Page 4684

  • La publicité élément clé de l’idéologie dominante (2/5)

    B) La « société de l’information », société de l’intrusion publicitaire
    B.1. La publicité est dans une relation symbiotique avec les médias
    B.1.1. La publicité ne pourrait pas se passer aujourd’hui du système médiatique et réciproquement.
    Il y a une osmose entre les deux domaines (des affiches de film ressemblent à des publicités, des films servent à faire la publicité des produits (cf. le film Diana et les marques de luxe : « Les marques sont d’autant plus intéressées que Diana a eu de vrais liens avec elles. Et son image est non seulement glamour mais également associée aux actions caritatives », Paul Morizet, directeur mode et luxe de Corbis Entertainment, Les Echos du 1/10/2013. Voir aussi la publicité La Légende de Shalimar pour un parfum de Guerlain ; des acteurs de cinéma ou des vedettes du sport et des médias jouent ou posent pour des publicités : ex. la campagne « What else ? » de G. Clooney pour Nespresso ; la publicité, comme les médias, utilise la transmission de mots, d’images et de sons comme vecteurs).
    Significativement c’est en 1934, en réaction contre l’interdiction de la publicité à la radio, que M. Bleustein-Blanchet, fondateur de Publicis, créait ainsi sa propre radio, Radio-Cité (La Correspondance de la presse du 29 juillet 2013) illustrant l’alliance durable entre médias et publicité.
    B.1.2. Les ressources publicitaires font vivre les médias (cf. Ils ont acheté la presse, Picollec, 2013) ou au contraire les font mourir (ex. la mise au pas du Figaro Magazine dans les années 1980, la mise à mort de Médias en 2011) ; une grille de programmes ne peut désormais être pensée qu’en fonction de la manne publicitaire escomptée. La course à l’audience au sein des médias est en réalité une course aux recettes publicitaires. De fait les agences publicitaires sont devenues des poids lourds médiatiques (ex. Publicis) et aussi économiques.
    B.1.3. Les médias vendent en échange du « temps de cerveau disponible » au bénéfice des messages publicitaires : en fait ils vendent les lecteurs/spectateurs aux annonceurs et non pas l’inverse.
    L’étude de TFI-TNS Worldpanel Mediaway parue en 2010 montre, par exemple, que les campagnes de publicité télévisée ont fait progresser de 15% la part de marchés des marques auprès des personnes qui y étaient exposées ; de même 58% des campagnes télévisées génèrent des progressions de parts de marché en volume, sur la période 2007/2009 ; et 58% des personnes interrogées estiment que la publicité télévisée « rend les marques plus proches d’elles » (Les Echos du 14 mai 2010).
    « Vu à la télé » : une accroche publicitaire symbolique de la symbiose médias/pub !
    B.1.4. Le style publicitaire et le style de l’information médiatique se ressemblent beaucoup (pauvreté du vocabulaire, accent mis sur la sensibilité [images] aux dépens de la réflexion, préférence pour la nouveauté comme l’illustre le double sens du mot « nouvelles » ou « new(s) », etc.).
    B.1.5. Les commanditaires des campagnes publicitaires sont les mêmes que ceux qui possèdent les médias : l’oligarchie financière et de grandes entreprises mondiales. Médias et publicitaires ont de fait les mêmes patrons ou les mêmes clients et la même cible : la population est donc en réalité un temps publicitaire et inversement
    On rappellera que la moitié du temps libre serait passée devant un écran, selon l’enquête INSEE « Emploi du temps » (Le Monde du 10/11/2011). Selon l’enquête de Médiamétrie (Media in life), les Français déclaraient avoir 40 contacts avec les médias par jour en 2009 (Le Monde du 5/3/2010), 41 contacts en 2011 (Le Monde du 2/3/2011) et 42,5 en 2012 (La Correspondance de la presse du 15 mars 2013) ; 75% des personnes interrogées consultent au moins 3 médias par jour (La Correspondance de la presse du 15 mars 2013).
    Ce qui signifie que le temps d’exposition publicitaire suit la même progression.
    La pression publicitaire journalière (nombre de messages publicitaires présents dans l’environnement et pas uniquement dans les médias) serait estimée de 500 à 2000 en environnement urbain (voir site etopia.be) avec un taux d’attribution moyen de 60% (phénomène par lequel des personnes exposées déclarent reconnaître le message qui leur est montré et qui sont capables de citer sans erreur l’annonceur correspondant au message publicitaire).

    B.2.   Le temps médiatique
    B.2.1. Personne n’est donc à l’abri de l’emprise publicitaire en Occident de nos jours, ni dans le temps ni dans l’espace, ni les enfants ni les adultes ni les vieux. Le bombardement de messages publicitaires est permanent et de nature totalitaire.
    • Les enfants et les adolescents constituent en particulier une cible publicitaire majeure.
    Cela est vrai depuis les débuts de la publicité. V. Packard cite une vedette de la télévision américaine qui déclarait en 1956 : « Je ne dis pas que l’on doive forcer les enfants pour qu’ils harcèlent leurs parents afin qu’ils achètent des produits vantés à la télévision, mais je ne peux nier qu’on agit tous les jours en ce sens » (op. cit., page 151). Cinquante ans après, l’explosion des moyens de communication n’a fait que renforcer le phénomène.
    On estime aujourd’hui qu’à 18 ans un jeune décide au sein de la famille de 90% des achats le concernant directement, de 73% des achats de ses petits frères et sœurs, de 65% des achats de la famille et de 48% des achats des parents pour eux-mêmes (Eléments, hiver 2004-2005).
    La présence d’enfants encourage en outre l’équipement numérique des ménages, selon l’étude du ministère de la Culture sur « Les ménages et les technologies de l’information et de la communication en France et en Europe en 2012 » (La Correspondance de la presse du 31 mai 2013). Enfin, le poids économique des adolescents augmente avec leurs ressources (argent de poche, petits jobs). Les enfants et les jeunes sont donc un fort enjeu de publicité.
    On rappellera qu’au début de l’année le bureau américain chargé de la protection des consommateurs (Federal Trade Commission) a alerté sur le fait que les boutiques en ligne d’Apple et de Google et les applications pour appareils portables pour enfants collectaient des informations privées et les partageaient souvent avec des développeurs et des commerciaux, permettant d’envoyer des publicités personnalisées (La Correspondance de la presse du 3 janvier 2013). L’étude Kids TV Report citée plus haut montre aussi que les géants du Web proposent tous désormais des programmes TV jeunesse (Amazon, Hulu, Itunes ou Samsung, par exemple) dans une logique de fidélisation commerciale (La Correspondance de la presse du 12 septembre 2013).
    Dans son ouvrage Born to Buy (2005), l’Américaine Juliet Schor affirme que l’enfant moyen regarde par an plus de 40.000 messages commerciaux (soit plus de 100 par jour !) sans compter les publicités se glissant dans les films, les jeux vidéo et l’Internet. On rappellera à cet égard qu’en 2010 55% des enfants de 11 à 13 ans possédaient un compte Facebook, selon le baromètre Calysto (Le Monde du 26 avril 2011).
    • Les femmes de la classe moyenne ont aussi été une cible publicitaire majeure et ancienne, dans la mesure où les études montraient qu’elles décidaient une part importante des dépenses des familles.
    • Les seniors deviennent aussi une cible, pour la promotion de la « silver economy ». Bref toute la population !
    • Les espaces « sans publicité » vont en outre en se réduisant car on assiste dans le même temps à un phénomène de privatisation de l’espace public (sponsoring, privatisation et sous-traitance des services publics ; voir la transformation de la Gare St-Lazare en centre commercial, etc.) qui s’accélère depuis la fin du XXe siècle.
    La publicité a par exemple aussi conquis, sinon créé, le sport contemporain. Comme le déclarait significativement le directeur d’Imalis : « Pour nous la coupe du monde [de football] est un levier. C’est l’un des moments forts où chacun veut montrer son appartenance tribale » (Le Monde du 18 juin 2010). On pourrait même se demander si aujourd’hui le sport, devenu « spectacle sportif », et la publicité n’ont pas fusionné en Occident (non seulement le sponsoring ; ex. la mode du jogging a aussi été encouragée par les vendeurs d’équipements et par le cinéma américain, alors que ses vertus réelles sont douteuses).
    En conclusion, la publicité c’est la même chose que les médias, mais dit autrement.
    Or ces espaces commerciaux ne sont plus des espaces publics, des forums où l’on peut par exemple manifester (les manifestants politiques sont interdits de centre commercial au motif qu’il s’agit d’un espace privé). Non seulement la publicité envahit tout mais elle neutralise tout.
    Le nombre d’espaces où seule la publicité commerciale est autorisée progresse. La publicité moderne a pour caractéristique, en effet, d’envahir l’espace où elle s’introduit ou le support qu’elle utilise.
    B3)    Les techniques publicitaires ne se dissocient plus des techniques de communication
    B.3.1. La publicité colle étroitement au développement des nouvelles technologies de communication car l’indice d’influence d’Internet serait 2 fois plus élevé que celui de la télévision et 5 à 6 fois plus fort que celui de la presse.
    Les dépenses publicitaires se concentrent donc sur les médias en expansion (principalement Internet et les tablettes) et diminuent dans les médias en déclin relatif (télévision et surtout presse écrite).
    A noter que les dépenses mondiales de publicité dans les nouvelles technologies s’élèveraient selon Magna Global (Mediabands) à 378 Mds € dont 23% pour les médias numériques en 2013, avec une forte croissance sur les moteurs de recherche (+14,6%), la vidéo en ligne (+21%) et les formats mobiles (+54%) (La Correspondance de la presse du 17 juin 2013). Aujourd’hui en Europe, selon l’Adex Benchmark Report (IAB Europe /IHS), Internet représenterait ¼ de la publicité (la publicité en ligne ne représentait que 10,6% encore en 2006) ; les investissements dans la publicité en ligne dépassent désormais ceux de la presse quotidienne (Les Echos du 29 août 2013).
    91% des internautes sont exposés quotidiennement à la publicité diffusée sur Internet (étude Adyoulike et Ifop du 29 au 31 mai 2013 – La Correspondance de la presse du 1er juillet 2013). Selon cette étude sur Internet et la télévision, les Français seraient exposés à 70 publicités par jour sur chacun de ces supports.
    B.3.2. Des techniques de plus en plus sophistiquées sont mises au service de la publicité.
    On notera au préalable que la littérature est peu prolixe sur les outils aujourd’hui mis en œuvre par les agences de publicité. On attend encore le J. Assange ou l’E. Snowden des agences de publicité et de marketing ! A noter que de son temps déjà V. Packard se plaignait de l’opacité des publicitaires quant aux techniques mises en œuvre (op.cit., page 13).
    Les nouvelles technologies permettent en tout cas une action d’influence ciblée, donc plus efficace, plus réactive et aussi moins coûteuse qu’une publicité à caractère général (moins chère qu’un affichage dans un grand quotidien ou un spot télévisé). C’est pourquoi les grandes marques s’en emparent avec avidité (ex. Nike cible de plus en plus sa publicité sur le web, le street marketing et les réseaux sociaux [« Running avec Nike »]).
    Ces techniques permettent de passer d’une publicité « industrielle » cherchant à toucher le plus vaste public possible au moyen de supports de grande diffusion spectaculaire (presse, cinéma, affiches, télévision) à une approche beaucoup plus individualisée et « intelligente » (comme il y a des bombes intelligentes…) des cibles. C’est notamment le grand apport de la publicité sur Internet, les écrans nomades et les réseaux sociaux ; ils permettent en effet :
    a)- le ciblage du profil de l’internaute puisque celui-ci laisse des traces. On estime que 40 à 50% de ces traces seraient utilisées à des fins publicitaires (cahier du Monde n° 21214 du 3 avril 2013), malgré l’interdiction de croisement des fichiers. Concernant uniquement la France, la CNIL a mené son audit sur 250 sites Internet « régulièrement fréquentés par les internautes français » au terme duquel « il apparaît que 99% d’entre eux collectent des données à caractère personnel » (LeMonde.fr du 13 août 2013). La CNIL et l’INRIA avaient déjà relevé, dans leur rapport « Mobilitics », l’utilisation des données des smartphones sous le système d’exploitation Apple à des fins publicitaires : notamment accès à Internet, géolocalisation du mobile, accès à l’identifiant unique de l’iPhone, voire accès aussi au carnet d’adresses et au calendrier de l’utilisateur, etc. (LeFigaro.fr du 11 avril 2013). A noter aussi que les cookies ne sont pas effaçables des applications mobiles…
    Comme le déclare Nicolas Teisseire, associé au cabinet Roland Berger, « avec les données Internet, les publicitaires peuvent s’adresser à l’identité virtuelle de la personne » qui est plus précise que les données par CSP, par exemple, et mieux connaître le profil du client, donc lui proposer les produits qu’il est susceptible de demander (Cahier du Monde n° 21214 du 3 avril 2013).
    Ces techniques permettent en outre de calculer avec grande précision le retour sur investissement des campagnes.
    b)- un effet d’orchestration et de bouche à oreille, beaucoup plus efficace pour la publicité qu’un discours de marque (cf. travaux de K. Lewin déjà cités) : les ¾ des mentions d’une marque sur Internet ne seraient pas aujourd’hui le fait de la marque elle-même (Cahier du Monde n° 21214 du 3 avril 2013). De fait, ce sont les consommateurs eux-mêmes qui deviennent des agents publicitaires.
    c)- une interactivité propice à la fidélisation des clients. Le directeur marketing de Proctor et Gamble affirme que la campagne interactive pour le rasoir Gillette « Fusion proglide power » (sic) a permis de « gagner de la préférence de marque, ce qui est le but de toute campagne télévisée traditionnelle ; et de faire tester notre produit : 90% des internautes qui ont été sur nos pages ont consommé » (Les Echos du 23 mai 2011) ; voir aussi la méthode « play along » qui associe à des jeux télévisés des internautes, ce qui permet de « qualifier » un public, donc de le cibler ; de même Nespresso a mobilisé les 7 millions de membres de son club pour imaginer une nouvelle campagne publicitaire avec G. Clooney (Le Monde du 7/11/2009). Bel exemple de victimes contribuant à resserrer la maille du filet publicitaire !
    d)- d’une façon générale l’utilisation d’outils informatiques permet une plus grande flexibilité du support publicitaire (cf. panneaux publicitaires J.C. Decaux pour La Redoute qui présentent des vêtements différents selon… la météo ambiante grâce à des capteurs – cf. Cahier du Monde n° 21214 du 3 avril 2013). Et le suivi du consommateur est plus étroit (cas des produits en gondole qui changent de place pour se trouver sur le trajet du client dont les attentes ont été ciblées et qui a été géolocalisé, études de « eye tracking » observant le cheminement du regard du client sur un rayon de supermarché, filmage pour analyse du comportement des clients devant un étalage, la plupart du temps à leur insu). Le magazine en ligne britannique Quartz a aussi révélé la mise en place à Londres de poubelles « intelligentes » équipées de wi-fi qui absorbent les données des smartphones des passants pour leur proposer des publicités ciblées (LeFigaro.fr du 14 août 2013).
    e)- enfin, les nouvelles technologies permettent de multiplier les écrans : « To be everywhere, everytime » (cf. le développement des panneaux publicitaires sous forme d’écrans). Le but est de faire que le spectateur puisse voir partout et à toute heure l’émission de son choix, donc être soumis partout à la publicité, grâce à l’informatique nomade. C’est bien la réalisation de la prédiction d’Orwell : la télévision qu’on ne peut éteindre et qui vous regarde (ce que fait Internet).
    La société de l’information, tant vantée par l’oligarchie, est donc aussi une société de l’intrusion publicitaire et donc de l’emprise commerciale croissantes.
    Michel Geoffroy, 6e Journée de la réinformation, 26/10/2013
    http://www.polemia.com/polemia-6e-journee-de-la-reinformation-la-publicite-element-cle-de-lideologie-dominante-25/

  • Delamarche Déclare: "Ça va aller de plus en plus mal. Et il faut s'attendre à ce que ça pète."

  • L’immigration n’est une chance pour personne

    Extrait d'une tribune d'Yves Meaudre, président d'Enfants du Mékong, sur Liberté Politique :

    "Pour éviter que ne recommence la tragédie de Lampedusa, il faut retenir une seule idée : l’immigration n’est une chance pour personne. C’est un drame pour tous, un retour du servage et du pillage avec la complicité des bonnes consciences.

    Comme ONG consacrée à l’aide aux enfants du Sud-Est asiatique, pour nous qui depuis trente ans avons attaché nos actions quotidiennes à des populations qui fuient la guerre, la faim ou l’oppression politique, nous disons que l’immigration est le drame absolu. Un arrachement pour les parents qui ne reverront jamais leurs enfants, pour les vieux qui n’ont comme sécurité que leur descendance, pour les nations désorganisées qui perdent leurs futures élites. Le cri des évêques d’Orient qui appellent les chrétiens à rester en est le symbole pathétique !

    Beaucoup de nos contemporains ne réalisent pas que l’immigration à laquelle ils condamnent des populations affolées enrichit les trafiquants et les exploiteurs. Parmi ces trafiquants, il y a des policiers et des douaniers. On le sait : ces marchands de voyage embarquent à prix d’or des désespérés qui engouffrent des fortunes auxquelles a contribué toute leur parentèle.

    Les chiffres donnent le vertige. Plusieurs des enfants exilés pris en charge par Enfants du Mékong à Paris, retournaient à l’état servile dès leur départ de l’association. Pendant un an ou plus, ils se retrouvaient dans des ateliers clandestins de la Porte de Choisy pour rembourser leur passage. Nos moralistes s’associent à ces trafiquants.

    Comparer l’immigration espagnole, italienne ou polonaise avec celle venant d’Afrique est malhonnête. Il y a trop de drames aujourd’hui pour oser dire que l’immigration est une chance. C’est une tragédie. On vide certains pays d’Afrique ou d’Europe centrale de leurs meilleurs médecins parce que les ministères concernés (Santé, Finances) sont incapables de changer la loi. Il suffirait de lever les numerus clausus de nos facultés. Cela permettrait d’avoir plus de diplômés pour nos campagnes. Résultat : on pille les pays pauvres de leurs meilleures ressources, eux qui ont tant besoin de leurs rares médecins !

    Oui, l’immigration est un drame. Il faut se décider à aider les enfants à vivre auprès de leurs parents, c’est ce que fait Enfants du Mékong depuis trente ans. Nous l’avons fait alors que la guerre se poursuivait au Cambodge, nous l’avons fait en Birmanie alors que le régime était la dictature que l’on sait, nous le faisons au Tibet. [...]"

    http://www.lesalonbeige.blogs.com/

  • La publicité élément clé de l’idéologie dominante (1/5)

    Avant d’aborder la question de savoir comment la publicité se met au service de l’idéologie dominante, il convient de rappeler quelle est cette idéologie.
    L’idéologie dominante est un mélange (explosif) de trois composantes principales :
    - l’idéologie des Lumières, revisitée par l’idéologie libertaire de Mai-1968 et qui s’exprime notamment aujourd’hui dans la nouvelle idéologie des droits de l’homme, l’antiracisme, et la promotion de la « diversité » et du cosmopolitisme ;
    - le libre-échange comme modèle économique et le monde anglo-saxon comme modèle social ;
    - la prétention à créer un homme nouveau et une société nouvelle, qui emprunte à l’appareil idéologique de la gauche et qui suppose de s’affranchir des principes démocratiques traditionnels, pour imposer à la population des évolutions qu’elle ne souhaite pas.
    Au plan sociologique cette idéologie sert de justification et de levier à la prise du pouvoir par l’oligarchie des dirigeants des grandes entreprises mondialisées et des institutions financières, au sein des sociétés occidentales (post-démocratie).
    Pourquoi la publicité diffuse-t-elle cette idéologie ?
    Cinq raisons.
    A) La publicité, une idéologie intrusive
    A.1. La persuasion publicitaire est une idéologie
    A.1.1. Selon la définition de l’idéologie selon Jean Baechler (Qu’est-ce que l’idéologie ? Idées Gallimard, 1976), la publicité est une idéologie, c’est-à-dire un discours qui vise à produire des effets sur le comportement de ceux qui le reçoivent. L’idéologie politique est un discours qui vise une finalité politique (en particulier qui légitime la distinction ami/ennemi).
    La publicité est une idéologie à finalité commerciale qui vise à légitimer un comportement d’achat compulsif.
    Par essence la publicité est donc une « manipulation » qui vise à provoquer un comportement que le sujet n’a pas nécessairement voulu consciemment ou personnellement. Vance Packard définit ainsi dès 1957 les publicitaires comme des « manipulateurs » (La Persuasion clandestine, Calmann-Lévy, 1958).
    La publicité s’efforce en effet de faire apparaître au client potentiel que le produit qu’elle met en scène présente :
    - une valeur perçue supérieure à son coût perçu : il s’agit de mettre l’accent sur les qualités réelles et supposées (ex. la mise en exergue de qualités en réalité accessoires : les gadgets destinés à vendre des automobiles, alors qu’ils n’augmentent pas en général les performances ou la sécurité du véhicule, et à en diminuer le coût apparent (d’achat [ex. 499 € et non pas 500…] ou d’usage) ;
    - une valeur supérieure à celle des produits de la concurrence (même si la publicité comparative est interdite).
    Il s’agit donc à chaque fois de jouer sur les perceptions du sujet autant et sinon plus que sur le produit lui-même. Pour cette raison la publicité se rattache à la désinformation, à l’action psychologique et à l’influence.
    A.1.2. Il n’y a pas de différence de nature entre publicité, propagande et influence, sinon que les émetteurs des messages peuvent différer. La publicité est une forme d’influence de la population qui ne se différencie pas fonctionnellement de la désinformation à caractère politique, idéologique ou sectaire. La seule différence tient à ce que cette désinformation se développe à une échelle très vaste et qu’elle est encouragée ouvertement.
    Par contre, la cible est bien la même : formater le même citoyen, qu’il se présente sous la forme de l’électeur, du lecteur, de l’auditeur, du téléspectateur ou du consommateur.
    Non seulement la cible est la même, mais le contenu des messages est en outre très proche au fond, qu’il s’agisse de la propagande médiatique ou de la propagande publicitaire. « La publicité n’est pas seulement parole commerciale, mais aussi parole politique, parole sociale, parole morale, discours idéologique toujours. Elle est le langage dominant de la culture », Bernard Cathelat (Publicité et Société, Payot 2001).
    A.1.3. La publicité (comme la propagande politique…) aime se présenter sous la forme de communication (ex. la charte de Publicis fait référence à la communication et non à la publicité). Lors de l’ouverture de la télévision française à la publicité (le 1er octobre 1968 sur la première chaîne et en 1971 sur la seconde, soit après Mai-1968, ce qui est significatif), le slogan était d’ailleurs « Avec la publicité vous êtes informés » : une façon d’identifier information et publicité.
    Mais c’est une communication biaisée car :
    - elle ne repose pas sur un dialogue ni sur une demande : elle impose des messages unilatéralement au public pour le transformer en consommateur ;
    - les publicitaires s’arrogent en outre le droit intrusif de « communiquer » quand bon leur semble (ex. coupures de films, publicité subliminale, profilage des consommateurs, envoi de messages publicitaires sur Internet, ciblage du profil des internautes, etc.) et en tout cas de plus en plus.
    En fait, ce n’est pas de la communication mais bien de l’intrusion, une intrusion à caractère totalitaire, en outre.
    A.2. La persuasion publicitaire est une coercition
    La publicité relativise la portée de l’affirmation selon laquelle la concurrence et le marché donnent au consommateur la liberté de choisir le produit « qu’il veut » (le consommateur/client n’est-il pas roi ?). En fait, cette liberté du choix cache l’obligation de choisir, donc d’acheter, comme le souligne de son côté François Brune : obligation justement créée par la désinformation publicitaire.
    A.2.1. Les techniques de manipulation publicitaire ont commencé d’être théorisées aux Etats-Unis au moment de la seconde guerre mondiale, lorsqu’il s’agissait de préparer les ménages américains à l’économie de guerre (cf. travaux de Kurt Lewin, Décisions de groupe et changement social, 1947). Les travaux de Lewin ont montré qu’en passant d’un modèle de commandement à un modèle plus suggestif, car donnant l’apparence du libre choix, on parvenait mieux à faire changer le comportement des gens (en l’occurrence les ménagères américaines) dans le sens souhaité.
    Dans la suite de ces analyses fondatrices, Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois (Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens, PUG [Presses universitaires de Grenoble] 2002), enseignants de psychologie sociale, affirment que les techniques de manipulation sont d’autant plus efficaces qu’elles sont pratiquées dans un contexte de liberté de choix apparente. Les études montrent que les comportements attendus seraient 25% fois plus élevés quand l’expérimentateur a apparemment donné le choix à ses sujets (« mais-bien-sûr-vous-êtes-libre-de ») que dans le cas contraire.
    A.2.2. La publicité est justement une douce coercition qui repose sur la fiction du choix raisonné laissé au consommateur. Mais c’est une désinformation car la publicité vise à provoquer en réalité l’achat compulsif permanent.
    Joule et Beauvois, dans leur Petit traité, mettent l’accent sur le comportement de persévération comme vecteur de manipulation, c’est-à-dire le fait que les personnes aient tendance à adhérer durablement à leurs décisions initiales en rationalisant leurs choix a posteriori, même si ces décisions se révèlent peu profitables.
    Comme l’écrivent Joule et Beauvois on peut se demander paradoxalement « si l’une des fonctions essentielles des images publicitaires, plutôt que d’appâter le client potentiel, ce que l’on proclame, ne serait pas de conforter les clients effectifs dans les comportements d’achat qu’ils ont déjà réalisés, ce qu’on ne dit pas » (op. cit., page 224).
    - La « fidélisation » des consommateurs autour des marques renvoie clairement à ce processus de persévération/rationalisation.
    - La publicité cherche en outre à créer une tension destinée à donner naissance à une envie à assouvir (créer une envie pour la transformer ensuite en « besoin »). D’après certaines études (notamment évoquées par V. Packard), 7 achats sur 10 seraient compulsifs, comme pour se libérer d’une tension (qui a été provoquée par la manipulation publicitaire justement).
    Vance Packard montre comment les psychologues, les psychiatres et les psychanalystes ont investi après la seconde guerre mondiale le domaine de la publicité et des relations publiques aux Etats-Unis. Ils vont en effet fonder une nouvelle démarche publicitaire sur le principe que les attentes des consommateurs ne sont pas rationnelles et qu’une publicité efficace passe par « l’analyse » de leurs mobiles et motivations réels, afin de découvrir et d’exploiter leurs phobies ou leurs préférences cachées. D’où le développement exponentiel des recherches de motivation (à base d’entretiens, de sondages ou de dynamiques de groupe) pour connaître les « véritables raisons » pour lesquelles les gens achètent ou n’achètent pas un produit. Comme dans la démarche psychanalytique, il s’agissait de « libérer » le consommateur en quelque sorte du refoulé qui ferait obstacle à sa pulsion de consommation.
    Packard mettait par exemple en lumière le fait que les supermarchés (et a fortiori les hypermarchés de nos jours !) ont justement pour effet de soumettre le consommateur à un stress créé par l’accumulation de produits sur les rayons, dont il doit se libérer justement en remplissant son caddie. Accessoirement les étalages sont conçus pour attirer l’œil des client(e)s sur les produits où la marge de profit est la plus grande (notamment par l’usage des couleurs ou des emballages adéquats), ou sont constamment maintenus pleins car cela stimule l’achat (22% d’achats en plus si les rayons sont toujours pleins (op. cit., page 106). Il cite des études montrant aussi que les achats sont moindres quand le client doit s’adresser à un vendeur plutôt que se servir lui-même (ce qui était d’ailleurs la règle jusque dans les années 1950).
    Il ne s’agit pas que d’une approche de théoriciens.
    Ainsi, par exemple, M6 Publicité, en collaboration avec Ipsos Trend Observer, présentant ses tendances publicitaires pour 2013 insiste sur trois axes majeurs : la créativité pour tous (« jusqu’à l’exubérance, l’extravagance »), le luxe pour tous (merci la crise !!!…) et la « liberté avant tout », c’est-à-dire le « sans engagement, sans contrainte d’une consommation rapide et spontanée » (sic)… (La Correspondance de la presse du 18 avril 2013). C’est reconnaître ouvertement que l’on vise l’achat compulsif « spontané » et non pas raisonné.
    Michel Geoffroy, 6e Journée de la réinformation, 26/10/2013
    http://www.polemia.com/polemia-6e-journee-de-la-reinformation-la-publicite-element-cle-de-lideologie-dominante-15/

  • L’AF 2000, un instrument fondamental dans la diversité royaliste

    La qualité de « L’Action Française 2000 » ne se dément pas.

    Le dernier numéro titre sur « Les Français rejettent les partis », thème de l’éditorial de François Marcilhac.

    Il contient aussi un dossier sur « Immigration, le naufrage de l’Europe »

    - et des articles de Flavien Bertran de Balanda (sur l’islamo-laïcité),

    - Philippe Besnard sur le travail du dimanche,

    - d’Aristide Leucate sur « la topographie du FN », et d’autres encore,

    - sans oublier un entretien avec l’abbé Guillaume de Tanoüarn sur le pape François.

    Il est indispensable de se le procurer, soit auprès des vendeurs volontaires, soit chez les marchands de journaux (cliquer ici), soit par internet (cliquer ici).

    Mais, justement, à l’époque d’internet, n’est-il pas ringard de promouvoir encore un journal papier ?

    Internet a de grandes qualités. Il est rapide et permet d’obtenir vite une large audience. Il est facile d’accès et permet l’expression de nombreuses sensibilités.

    L’imprimé permet de présenter les idées maurrassiennes dans une publication facile à lire et à transporter. La vente à la criée est une bonne école militante pour les jeunes d’Action Française. Elle permet de montrer une présence réelle dans la rue et non pas dans le monde virtuel. Elle facilite les contacts et les discussions.

    La suite dans le blog de l’Action francaise Provence

  • Libé, 40 balais et quelques casseroles

    Libération s'autocélèbre à l'occasion de ses 40 ans, en publiant un livre... qui fait glousser Marianne :

    Libé

    "Le 18 avril 1975, tandis que les Khmers rouges commencent à déporter l'entière population de Phnom Penh, Libération choisit de saluer avec enthousiasme l'entrée de ses frères « révolutionnaires » dans la capitale cambodgienne. Etrangement, on ne trouve aucune trace de cette une historique - « Phnom Penh : sept jours de fête pour une libération » - dans le livre collectif que Flammarion publie pour les 40 ans du journal. Qu'importe ! On sait tous que Libé a toujours raison, même lorsqu'il écrit une chose et son contraire, ou qu'il troque le maoïsme sénile de Sartre pour le sweat-capuche de Demorand.

    Libé a donc 40 ans (pardon, « 40 balais ») et il a tout compris à l'art de l'anniversaire réussi, s'offrant une autoapologie grand format sur papier luxueux, histoire de mieux célébrer son propre génie visionnaire... A l'adresse des grincheux et des bouseux qui en douteraient encore, ce « roman d'un journal, récit d'une époque », cherche donc à nous persuader que Libé est un « intellectuel collectif » depuis toujours à l'avant-garde de la dénonciation des « injustices, oppressions, violations», à jamais détenteur de la «liberté de [ses] choix éditoriaux »..."

    Les lecteurs de Libé ne lui font pas de cadeau : au premier semestre, les ventes en kiosque ont chuté d'un tiers par rapport à l'année précédente.

    Louise Tudy

  • PEA, PEL, assurances-vie : l’Etat socialiste s’attaque sauvagement à l’épargne des Français

    MAJ 27/10/13 : devant l’émoi suscité par cette loi, le ministre du Budget Bernard Cazeneuve a annoncé dimanche que le gouvernement allait extraire les plans d’épargne en actions (PEA), plans d’épargne-logement (PEL) et épargne salariale. Mais d’autres formes d’épargne restent frappées, et surtout, la préparation des esprits se poursuit.

    Les députés ont voté mercredi une hausse brutale du taux de «prélèvements sociaux », à 15,5 %, pour certains contrats d’assurance-vie, les plans d’épargne en actions (PEA) et plans d’épargne logement (Pel).

    Ils ont décidé que cette mesure s’appliquait dès le 26 septembre (avant le vote donc, pour empêcher les gens de réagir), sur les placements faits à partir de 1997 !
    Il s’agit donc bien d’une mesure rétroactive, prenant au piège les Français qui ont pu épargner .

    Ils n’osent pas encore taper directement dans les comptes bancaires, mais on y vient par étapes.

    Une mesure scandaleuse et injuste à l’encontre du peuple, votée par 64 voix contre 22 (sur 577 députés, payés une fortune)…

    Le gouvernement espère ainsi extorquer au peuple 600 millions d’euros.

    Le prétexte évoqué cette fois est le fameux trou de la sécurité sociale (creusé par l’Etat en bonne partie au profit des étrangers).

    Tiens, c’est le même montant que l’Aide médicale d’Etat (AME), versée gracieusement à tous les clandestins qui entrent en France en violant la loi !
    Ca nous rappelle aussi les 500 millions d’euros d’aide à la Tunisie islamisée promis par François Hollande en juillet dernier !

    Ou encore, la dette actuelle de l’Algérie antifrançaise envers la France, et qui s’élève à … 600 millions d’euros !

    http://www.contre-info.com/

  • Les Sentinelles reviennent sur leur action au domicile de Manuel Valls

    Sentinelles devant l'Elysée (c) cliché les Sentinelles

    Sentinelles devant l’Elysée
    (c) cliché les Sentinelles

    Via un communiqué de presse, les sentinelles ont tenu à apporter un éclairage suite à leur action au domicile de Manuel Valls mais aussi sur leurs motivations:

    « Vendredi 25 octobre soir onze Sentinelles sont allées monter la garde devant le domicile du ministre de l’Intérieur.

    Un important dispositif policier a immédiatement été mis en place et a chassé les Sentinelles.

    Quelques heures auparavant, place Vendôme, l’horloger Blancpain était victime d’une tentative de cambriolage (Le Parisien édition en ligne du 26 octobre 2013). Il s’agit du troisième acte de grand banditisme place Vendôme en quelques semaines, mais la Police préfère s’intéresser en priorité aux Sentinelles pourtant totalement pacifiques, postées devant le ministère de la Justice.

    Rappel historique :

    Le 31 août dernier la Préfecture de police de Paris a intimé l’ordre à un malheureux commissaire de police d’organiser une conférence de presse improvisée sur le Parvis de la Défense, pour rappeler l’arrêté préfectoral interdisant à la Marche des Veilleurs de se rassembler à la Défense, de rejoindre à pied la place de la Concorde et de s’y installer pour la dernière grande Veillée de la Marche.

    On connaît le succès de cet arrêté : les Veilleurs se sont rassemblés sur le Parvis de la Défense, ont rejoint à pied la place de la Concorde, et s’y sont retrouvés à plus de cinq mille pour la Veillée.

    C’est lors de cette Veillée que les Veilleurs Debout ont annoncé leur décision d’adopter leur nouveau nom de « Sentinelles ». Tous les mouvements spontanés et indépendants issus de La Manif Pour Tous cultivent une profonde solidarité. Et les Veilleurs Debout souhaitaient témoigner ainsi de leur volonté de ne pas brouiller l’image des Veilleurs en se distinguant mieux par un nom différent.

    Le mot « Sentinelles » avait en outre pour objet de faciliter l’internationalisation du mouvement.

    (c) cliché Les Sentinelles

    (c) cliché Les Sentinelles

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  • Montée fulgurante du FN, ce choc du réel qui laisse sans voix

    PARIS (via Nouvelles de France) – Marine Le Pen est perçue par 50 % des Français comme la personnalité politique « la plus capable de réformer en profondeur le pays ». Voici le résultat d’une enquête de l’institut CSA pour le site d’informations Atlantico, conduite en octobre 2013. La question était même plus précise, évoquant la capacité des politiques à « surmonter les blocages au sein de la société française ». Autrement dit, à faire preuve de courage face aux coteries défendant leurs privilèges ou aux communautarismes souhaitant désormais imposer leur loi. Un tel chiffre n’est pas anodin, d’autant plus qu’il contraste avec les 21 % du président en exercice, et avec les 26 % du patron de l’UMP, Jean-François Copé.

    Les chiens aboient, de plus en plus seuls…

    Ce dernier sondage succède à de nombreux autres qui ont commencé à poindre au début de l’été. Les citer tous serait aussi laborieux qu’inutile. La fissure du mur médiatique est autrement plus intéressante. Ne pouvant plus nier la triple évidence de l’impopularité croissante de François Hollande et de sa majorité, de l’absence de crédibilité de l’UMP en tant qu’opposition et de la montée des idées populistes, les médias se sont enfin saisis de la montée de Marine Le Pen et de son parti. Pour en dire quoi ? C’est là que les choses deviennent intéressantes. La très grande majorité du personnel médiatique, formaté par des décennies de conformisme idéologique et de rigoureuse autocensure, reprend les grands chants de la lutte contre les extrémismes, de la nécessité de préserver le « pacte républicain » voire de sauver la liberté, la démocratie et leur package habituel. Mais parmi le troupeau, nous pouvons trouver quelques voix, rares encore, qui ne peuvent cacher leur malaise et qui se contentent de « rendre compte » de cette incroyable mais bien réelle poussée populiste. Il faut bien le reconnaître, chaque jour de nouvelles personnalités que l’on n’attendait pas, rejoignent avec sourire et conviction, le mur des cons.

    La perplexité du camp dissident

    Pour ceux qui bataillent depuis plusieurs années voire décennies, dans le camp de la dissidence patriote et identitaire, ces sondages sont tout aussi troublants. Car être troupier dans ce camp, c’est très souvent lutter à la Don Quichotte, pour la beauté du geste plus que pour le confort du siège, c’est apprendre à avancer face aux vents contraires, à prendre les coups en serrant les dents. Or, il apparait de plus en plus que la silencieuse et héroïque résistance de quelques-uns porte peu à peu du fruit. La belle sentence de Saint-Exupéry : « Nos fidélités sont des citadelles » trouverait-elle enfin l’occasion de prendre corps ? N’allons pas trop vite. Gardons notre sûr pessimisme qui nous distingue du progressisme fou des foules de gauche. Mais sachons également reconnaître que nous avons réellement quitté nos positions défensives et que la contre-attaque donne d’excellents résultats. La défense de notre identité est loin d’être acquise, mais nous avons fait de belles prises et conquis de solides positions.

    Après la surprise, poursuivre l’offensive

    Face au rouleau compresseur du système, qui s’appuie sur l’efficacité idéologique des médias et de l’Education nationale, rien n’est acquis. Il convient donc, chaque jour, de consolider nos positions. Comment ? Le texte de Jean-Yves Le Gallou « Municipales 2014, pour quoi faire ? » résume parfaitement les principaux axes de travail, y compris les plus concrets : poursuivre et soutenir l’effort de ré-information, se réapproprier notre identité culturelle et notre plus longue mémoire, lutter sur le terrain contre la dégradation ou la privatisation communautariste de nos quartiers et de nos villages, soutenir les écoles hors-contrat et l’enseignement traditionnel avec sa beauté et son exigence, faire de nos familles et de nos communautés amicales des bastions, et au final cultiver l’esprit de résistance et de reconquête, inlassablement.

    Pierre Saint-Servant

    http://fr.novopress.info/143105/tribune-libre-montee-fulgurante-du-fn-ce-choc-du-reel-laisse-voix-pierre-saint-servant/#more-143105

  • Ecotaxe : le feu sous la Breizh

    Le gouvernement a reporté au 1er janvier 2014 l'application (complexe et coûteuse) de l'écotaxe, cette transposition d'une directive européenne votée à l'unanimité par l'UMP et le PS en 2009. Il a promis un abattement de 50 % aux Bretons en raison de leur éloignement géographique. Exempté la route nationale 164 ainsi que les départementales et les communales. Mais les exploitants et transporteurs agricoles bretons, qui étaient un millier à manifester hier à Pont-de-Buis (Finistère), ne lâchent rien :

    Bretagne 3

    "Les manifestants, dont certains encagoulés, ont lancé l'assaut peu après 14h [hier], jetant des pneus en feu et d'autres projectiles, provoquant une réplique de lacrymogènes. Au milieu des fumées, des tracteurs se sont dirigés vers le barrage des forces de l'ordre, arrachant les traverses de la voie express. Des scènes de guérilla ont alors commencé sur les collines qui entourent le portique avec plusieurs blessés à déplorer du côté des manifestants, dont un homme qui a eu la main arrachée et a été évacué par hélicoptère, selon les pompiers. La préfecture du Finistère faisait état de deux blessés du côté des manifestants.

    L'autre cible des manifestants : le dernier des trois portiques écotaxe du Finistère encore en état de fonctionner. Les manifestants avaient déjà tenté de s'en prendre à ce portique il y a une semaine, en vain. Cette fois ils étaient venus en force avec environ 250 camions, des tracteurs et des remorques pleines de pneus, de choux-fleurs et de bottes de paille, selon la police.
    Ils avaient par ailleurs enfilé des bonnets rouges, 900 en tout, distribués par les organisateurs, le symbole de la révolution antifiscale en Bretagne au XVIIe siècle, sous l'Ancien Régime."
    Le portique a tenu bon. Suite le 2 novembre, avec un nouveau rassemblement à Quimper.

    Louise Tudy

    http://www.lesalonbeige.blogs.com/