Vox populi vox dei ? Mais la voix du peuple est étouffée. Le 29 mai 2005, les Français avaient rejeté par un non franc et massif, près de 55 % des suffrages, la constitution privant quasiment d'autonomie les membres de l'Union européenne - un exemple vite suivi par les Néerlandais. On ne leur donnera donc plus la parole. Le 4 février, ce sont les députés et sénateurs issus de scrutins illégitimes puisque éliminant tous les partis dissonants qui, réunis en Congrès à Versailles, seront chargés de ratifier le traité dit simplifié signé le 13 décembre à Lisbonne pour remplacer la constitution refusée. Dont il n'est qu'un servile démarquage même si la présidence portugaise de l'UE a jugé bon de donner la plus grande solennité à cet « acte fondateur » par une cérémonie à laquelle assistèrent tous les chefs d’État ou de gouvernement des Vingt-Sept à l'exception très notable du Premier ministre travailliste Gordon Brown, ce qui n'a pas empêché notre petit Nicolas de bredouiller en anglais : « We need Gordon », nous avons besoin de Gordon ... Ce qui est pour le moins surprenant puisque le Royaume-Uni a su obtenir toute une série de dérogations lui rendant le traité peu contraignant.
Mais s'il s'agit d'un tournant "historique" pour notre continent, pourquoi ne pas alors convier les peuples à l'approuver dans l'enthousiasme ? Nicolas Sarkozy avait vendu la mèche à Bruxelles le 13 novembre dernier devant le gratin de l'eurotechnocratie, où il se croyait à l'abri des oreilles indiscrètes : « Des référendums sur le nouveau traité seraient perdants et dangereux » car « il y a un gouffre entre les peuples et les gouvernements ... La France n'était qu'en avance sur les autres pays dans son vote pour le non. La même chose arriverait dans tous les États membres si un référendum y était organisé. »
Le recours à la ratification parlementaire dans tous les pays de l'Union sauf l'Irlande ne réduira évidemment pas le "gouffre", bien au contraire puisque le mouvement pro-référendum se propage de Manchester à Cracovie en même temps que la révolte contre les pouvoirs d'« en haut », mais il empêchera les gouvernements en place d'être désavoués, et les partis politiques, presque tous parcourus de clivages, d'être déchirés. Récemment invité de France Inter, l'ancien ministre socialiste des Affaires européennes Pierre Moscovici exprimait ainsi son lâche soulagement de voir une telle épreuve évitée à son parti qui, déjà bien malade, n'aurait pas survécu, avouait-il, aux accrocs d'une campagne référendaire. Le PS, qui serait en mesure le 4 février d'infliger une défaite cinglante à l'ennemi Sarkozy en refusant le traité de Lisbonne (qui doit être approuvé par les trois-cinquièmes du Parlement), se place donc ouvertement en allié objectif de l'ennemi désigné, aussi bien par européisme que par calcul politicien. Et dire que José Manuel Barroso, le président de la Commission de Bruxelles, a osé célébrer le "courage politique" des dirigeants européens !
En tout cas, si, après l'éviction de Christoph Blocher du gouvernement helvétique alors même que sa formation, l'UDC, avait réussi le plus gros score jamais réalisé dans la Confédération depuis 1919, on avait encore des illusions sur la démocratie en Europe, intégrée ou pas, les conditions dans lesquelles sera promulgué le traité de Lisbonne devraient les dissiper définitivement.
Et ceux qui, en votant Sarkozy le 6 mai dernier, croyaient fermer définitivement la porte du « club chrétien » au nez de l'Ottoman, devraient aussi déchanter. Certes, le président français a obtenu de ses partenaires que soient supprimés les mots adhésion et accession dans le communiqué européen sur les négociations avec Ankara, mais ces afféteries sémantiques ne trompent personne, et surtout pas le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, qui a aussitôt déclaré que Paris ne pourrait exercer aucun blocage « parce que la Turquie reste et continuera de rester décidée à avancer sur la voie de l'Union européenne » et que sa détermination est bien supérieure à la nôtre.
Le Turc aurait-il fait preuve d'une telle insolence sans le « cirque Kadhafi » qui a fait rire à nos dépens tout le monde arabo-musulman, ravi de voir l'un des siens traiter la France « comme un paillasson » ? Au demeurant, on voit mal comment notre pays, favorable à l'indépendance du Kossovo - à l'encontre de l'Espagne, de la Slovaquie et de Chypre, qui redoutent d'être à leur tour victimes d'une partition-, pourrait longtemps s'insurger contre l'adhésion à l'Union d'un pays mahométan alors qu'elle encourage la candidature de la Bosnie islamique et milite pour la naissance au sein même de l'Europe d'un troisième État musulman, le Kossovo, embryon de la Grande Albanie, sur le berceau duquel s'abattront aussitôt les bienfaits et subventions communautaires refusés depuis 1999 à la Serbie orthodoxe.
Délicate attention des francs-macs lusitaniens ou mauvais présage ? C'est dans le cloître du monastère des Hiéronymites qu'a été solennellement signé jeudi dernier le traité de Lisbonne. Monastère superbe, mais désaffecté. Tout un symbole pour cette Europe invertébrée, tiers-mondisée et réduite à un tiroir-caisse au service du Nouvel Ordre mondial (voir les 7,4 milliards de dollars débloqués le 17 décembre à Paris par la Conférence des donateurs pour favoriser l'émergence d'un État palestinien de toute manière refusé par Israël), cette Europe qui, de constitution en traité simplifié, refuse obstinément toute référence à son identité et notamment à ses racines chrétiennes.
RIVAROL. Camille Galic
France et politique française - Page 4737
-
Europe : un traité au mépris des peuples (arc 2007)
-
Tir groupé sur Marseille
« Le gouvernement va continuer à se battre, […] secouer le cocotier, […] s’attaquer aux racines du mal, aux portefeuilles des trafiquants » a proclamé le Premier ministre à Marseille.
Quel sens accorder à cette descente de ministres décidée à chaud hier matin en ouvrant le journal après le 13e assassinat de l’année dans la nuit sur la voie publique à Marseille ?
Serait-ce l’occasion d’afficher la belle cohésion gouvernementale autour du chef Ayrault dans une ville qui ne s’étonne plus de rien, entre un président du Conseil général renvoyé en correctionnelle, une députée condamnée pour détournement de fonds, des policiers ripous pris la main dans le sac, le tout en quelques mois et sur fond de gangstérisme généralisé ?
Faut-il plutôt y voir le souci de contrôler le turbulent ministre de l’Intérieur parti pour une échappée solitaire avant que la brigade ministérielle ne le remette dans le rang. L’activisme et le « parler- vrai » de Manuel Valls en agacent beaucoup à gauche et au gouvernement, son chef n’aura pas manqué l’occasion de le remettre à sa place, tout près de lui. A sa gauche Valls, à sa droite Taubira et Touraine.
Jean-Marc Ayrault s’est donc appliqué à montrer qu’il ne suffisait pas de mettre des uniformes à toutes les entrées d’immeubles pour faire la paix à Marseille. Chacun sait que les quartiers nord de la ville sont ravagés par la pauvreté et le chômage et qu’ils fournissent la main-d’oeuvre de tous les trafics possibles.
Marseille connaît le plus fort taux de récidive en France, des cités à l’abandon et le poids de l’immigration s’y fait sentir plus qu’ailleurs. Ça vaut largement un déplacement ministériel. Là où la droite ne montrait que bâton et coups de menton, la gauche a encore la faiblesse de croire qu’elle peut rompre la fatalité dans cette ville unique et fascinante. À suivre.
Il n’échappera pourtant à personne que c’est à Manuel Valls que revient en premier la besogne du champion de l’ordre qu’il veut devenir. Autant la liste des crimes s’allongera à Marseille, autant Valls portera après Sarkozy, Hortefeux et Guéant, le chapeau de l’impuissance publique. La gauche aurait tort de se pincer le nez, l’enjeu est de taille.
Les politiques marseillais des deux bords trop occupés à leur clientélisme et à leurs rivalités internes voient, élections après élections, une troisième force monter. Aux prochaines municipales marseillaises, c’est le FN qui leur tend une embuscade.
Jean-Louis Hervois, Edito Charente Libre, 21/08/2013
http://www.polemia.com/tir-groupe-sur-marseille/ -
Dimanche 25 août : manif pic-nic devant l’église Saint Pierre de Gesté
Lu ici :
"Le collectif St Jacques d’Abbeville et le Souvenir Chouan de Bretagne vous invitent à manifester votre opposition à la destruction illégale de l’église St Pierre, le dimanche 25 Aout à 12 h 30.
Ceux qui habitent trop loin peuvent envoyer au maire une simple carte postale avec l’église de leur ville ou de leur village et écrire : Touche pas à mon église.
Son adresse : Jean Pierre Léger, Hotel ville 9 place Monseigneur Dupont BP 9 49600."
-
Contre la dictature socialiste, Justice pour Esteban!
-
Hollande président, un an, ca suffit, non ?
-
que justice soit faite MR Valls !!
Lien permanent Catégories : actualité, France et politique française, immigration, insécurité, lobby 0 commentaire -
L'Europe : une idée de la bourgeoisie française (arch 2010)
La construction européenne voulue à tout prix par la droite libérale a comme conséquence immédiate de l'anéantir politiquement.
Les analyses en termes de classes sont devenues peu à la mode, le marxisme semblant mort depuis la chute du communisme. Mais maintenant que ce dernier ne présente plus grand danger nous n'aurons pas l'hypocrisie d'appeler catégorie sociale ce qu'on peut de façon plus triviale appeler classe.
Depuis le XXème siècle la bourgeoisie française n'a jamais été cocardière. Elle envoie ses enfants pendant les vacances en Angleterre ou aux États-Unis apprendre l'anglais et les manières anglo-saxonnes.
Quant à ses intellectuels de gauche, issus de son milieu, ils ont toujours fantasmé sur l'URSS, la Chine, Cuba ou le tiers-monde. La fierté nationale n'a jamais été le propre de la bourgeoisie française qu'elle soit de droite ou de gauche (qu'elle se nomme Giscard ou Fabius). Elle a de plus toujours éprouvé le besoin d'être protégée, par Hitler contre le Front Populaire, par les États-Unis contre le communisme, maintenant par la construction européenne contre la France elle-même. Il faut se rappeler le slogan de toute une partie importante de la droite pendant la campagne pro-Maastricht « plutôt Maastricht que la gauche » qui nous «protège» des velléités populacières toujours prêtes à renaître de la gauche en France. Ce slogan qui avait un semblant de raison d'être lorsque Kohl et les conservateurs anglais étaient au pouvoir est devenu ridicule avec un SPD allemand qui n'a jamais été autant à gauche avec des ministres d'extrême gauche et Tony Blair en Angleterre. La rhétorique de la protection sous fond de trouille a été reprise par Dominique Strauss-Khan lorsqu'il déclarait : « l'Euro nous protège ».
La construction européenne est donc celle de la bourgeoisie française et le paradoxe c'est que la droite libérale la plus désireuse d'Europe n'a pas compris que celle-ci l'anéantit totalement. Juppé est sans doute l'homme politique qui a donné le coup de grâce à la droite classique. Le seul mythe qui restait aux yeux du peuple était que la droite classique était économiquement «meilleure», plus performante que la gauche. Juppé dans son délire européiste en voulant respecter les critères de Maastricht comme une quête absolue, a créé vingt mille chômeurs de plus tous les mois et a coupé à tout jamais le peuple français de la droite classique.
La droite en effet ne peut être au pouvoir que lorsqu'une partie importante du peuple vote pour elle. Dans le cadre de la nation ceci s'est souvent passé puisque le thème de la nation exalte, transcende les classes sociales et depuis De Gaulle jusqu'à Pompidou et Giscard de nombreux Français d'origine populaire ont voté pour celui qui leur semblait le plus incarner la France.
Bien sûr Pompidou et Giscard n'avaient plus guère la «tripe» nationale mais ils ont profité de cet état de fait. La vente du paquebot France sous Giscard était plus qu'un symbole. On a accusé la CGT, ce qui était astucieux politiquement mais c'était le triomphe de l'esprit libéral et anti-national, l'abandon d'un monument qui appartenait à tous les Français sentimentalement. L'Europe pour le peuple ne sera toujours qu'une abstraction. Depuis la révolution faite par la bourgeoisie, ses valeurs certes hypocrites (égalité, universalisme, ... ) ont triomphé. La bourgeoisie française, à la différence de l'anglaise ou de l'allemande, rêve la disparition de sa nation. L'auto-dénigrement est une spécialité de nos élites bourgeoises et libérales. La construction européenne est devenue son idéal politique. La France n'est rien pour la bourgeoisie.
La politique finit par se venger. L'Europe sans doute plus que l'immigration, autre facteur de désagrégation, détruira complètement la droite libérale si ce n'est déjà fait.
Le peuple français n'a maintenant d'autre choix que de voter soit pour la gauche, soit pour une droite nationale et sociale. La bourgeoisie française qui vote De Villiers a la particularité d'être provinciale et encore teintée de catholicisme. La droite libérale qui n'a jamais compris la perversité de sa démarche dans la construction européenne va l'apprendre avec beaucoup de dureté dans la recomposition politique qui va s'opérer à l'aube du XXIème siècle.
PATRICE GROS-SUAUDEAU STATISTICIEN-ECONOMISTE
* Drieu la Rochelle écrivait "rêveuse bourgeoisie". Depuis qu'elle s'est convertie à l'Europe de Maastricht et au libéralisme, cela fait longtemps qu'elle ne rêve plus et ne fait plus rêver personne. -
Mais où est la police ?
Le cauchemar à Nantes :
"J'habite Bellevue depuis seize ans. J'ai trois fils. Un grand, de 23 ans, qui est indépendant aujourd'hui. Le plus jeune a 12 ans. Le troisième a 15 ans. En septembre, il a commencé à changer, à fumer, à faire des bêtises. Un jour, en avril, je l'ai empêché de sortir... et il s'est battu contre moi ! Il m'a même menacée avec un couteau pour pouvoir franchir la porte.
C'était allé trop loin. Il a craqué, il m'a tout dit. Comment des garçons de 15 à 17 ans lui avaient d'abord donné un peu de shit, avant de lui faire comprendre que tout ça, ce n'était pas gratuit. Il a fallu qu'il travaille carrément pour eux. Il est devenu leur bonne. En quelques mois, ils lui ont tout appris. À faire le guet pour les trafics de stups, à voler des quads, des scooters.
Je me suis rendu compte qu'il était déscolarisé. Moi, je travaille, et j'avais repris mes études pour obtenir le master que je viens d'avoir. Il profitait du fait que je n'étais pas là pour sécher le collège. Je l'ai changé d'établissement, il est allé à Saint-Herblain. Mais sa bande est venue le chercher jusque dans sa classe ! Il m'a dit : « Tu ne peux pas me protéger. »
Les policiers aussi m'ont dit que ça ne s'arrêterait jamais si on restait dans le quartier. Et c'est vrai. Si on déménage, je pourrais récupérer mon fils, vivre avec lui. Pour l'instant, on est séparés, punis, c'est injuste. Grâce à la brigade des violences urbaines et au juge des enfants, mon fils a été envoyé en Vendée dans une famille d'accueil. Il a repris une scolarité normale, il s'est reconstruit. Il a même changé physiquement, il finissait par être marqué. À 15 ans ! Mais même là-bas ils l'ont harcelé. On a dû changer deux fois son téléphone.
Et depuis son départ de Bellevue, c'est l'enfer pour nous ici. On est assaillis par cette bande qui vient le chercher sans arrêt. Au moins une fois par semaine depuis janvier. On a débranché l'interphone, mais ils arrivent à entrer quand même. Ils cognent à la porte, me menacent de mort. Ils me rackettent aussi (elle montre un SMS) : regardez, ils me réclament 200 €. Ils disent aussi qu'ils vont casser la tête de mon plus jeune fils, au collège. Le 13 juillet, ils sont encore venus. J'ai fini par payer pour qu'ils nous laissent tranquilles. J'ai donné tout ce que j'avais sur moi. [...]"
-
La France en 2025 : la presse internationale se moque
Lu dans La Tribune :
«French rêverie»: la définition donnée par The Times du séminaire organisé ce lundi par François Hollande sur la France en 2025 exprime bien le regard ironique que la presse étrangère semble porter sur l'exercice.
Fidèles à la tradition du british humour, les Anglais sont justement les plus moqueurs. Ainsi, selon The Times, Hollande doit certes être loué pour «avoir invité son équipe à penser grand». Mais les propositions présentées par les ministres frôlent «l'optimisme naïf», voire même parfois le délire. Il est à souhaiter au fond qu'elles soient vite mises au rebut...
The Telegraph confère le prix de l'utopie à Cécile Duflot, pour son portrait d'un avenir où tout le monde pourra facilement accéder à un logement social, dans un pays pourtant connu pour sa bureaucratie. Pour le Financial Times, la «vision d'une France forte» en 2025 serait aussi «utopique» que «brumeuse». Mais le quotidien des affaires reconnaît un certain «retour à la réalité»: une denrée rare. Le ministre Pierre Moscovici envisage ainsi l'inévitable déclassement que subira la France parmi les économies mondiales, en raison de l'essor des marchés émergents.
La presse nord-américaine ne consacre pas autant d'attention aux rêveries françaises. Mais, lorsqu'elle le fait, le ton est également celui de l'ironie anglo-saxonne. The Washington Post pointe ainsi le contraste entre le «rose avenir» que se prédit la France et le présent de son «économie empêtrée et bureaucratie rampante».
Du côté germanique, Die Welt traite François Hollande de «capitaine qui laisse ses ministres imaginer une France heureuse». En lisant les copies de cinq ministres rendues publiques par Le Point, les Allemands ne peuvent «s'empêcher d'imaginer leurs auteurs en train de les écrire par une douce soirée d'été, après avoir bu quelques bouteilles de rosé». Et de conclure: «Ainsi donc voilà la situation de la France à la fin de l'été 2013: les uns rêvent d'un avenir lointain quand les autres sont bloqués dans le passé».
Les pays latins, bien que sceptiques, se montrent moins cassants.
Les quotidiens francophones belges et suisses s'intéressent au revers de la médaille. Selon Le Temps, «le message adressé aux Français d'un exécutif qui travaille à la fois à résoudre les problèmes immédiats et à dessiner l'avenir tranche avec le climat de l'année dernière, à la même époque». L'Echo insiste sur la volonté du gouvernement de s'afficher soudé, bien que ce soit autour d'un exercice très théorique. Ainsi que le pointe Le Soir«au-delà de la communication, l'exercice est pourtant indispensable».
Les quotidiens espagnols semblent même exprimer une vague forme d'admiration. «Le président François Hollande a choisi la stratégie à moyen terme comme thème d'ouverture de la nouvelle saison politique», sans pour autant oublier d'envisager les réformes à court terme qui seront annoncées dans quelques jours, souligne El Pais. El Mundo apprécie notamment l'exercice d'autocritique: même si les hommes politiques français n'ont procédé qu'à un brainstorming marqué par un excès d'optimisme, du moins ils «savent que la France est en train de perdre du pouvoir mondial et désirent reprendre le contrôle du navire»."
-
Éducation nationale : une rentrée qui a mauvais “genre”…
La rentrée scolaire approche. Quelle est la priorité du gouvernement ? Lutter contre les « stéréotypes de genre », afin qu’ils soient « déconstruits et mis à distance », selon les mots d’un rapport remis fin juillet au ministre de l’Enseignement.
Vincent Peillon, flanqué de l’inénarrable Najat Vallaud-Belkacem, y travaille donc dur : une formation obligatoire des professeurs est prévue dans les « ESPE » (Écoles supérieures du professorat et de l’éducation), qui remplaceront en septembre les IUFM ; les manuels scolaires seront revisités, et dès la rentrée, un dispositif baptisé « Les ABCD de l’égalité » sera lancé dans 500 classes de primaire, visant, comme dans la crèche Bourdarias que Najat Vallaud-Belkacem a visitée il y a quelques mois, à éradiquer dès le plus jeune âge les clichés et comportements sexistes. Une formation et des outils spécifiques sont prévus pour repérer les attitudes « genrées »…
Même si nos deux compères au gouvernement ont conscience, comme le dit toujours le même rapport, que la question du « genre » peut susciter de « fortes résistances et des réactions très négatives ». On rigole. La gauche fait l’expérience du mot piégé qui vous explose entre les mains. Eux, les maîtres artificiers du verbe, les spécialistes de la manipulation sémantique à la nitroglycérine viennent de comprendre qu’ils ne pourront plus dégoupiller le mot « genre » qu’avec d’infinies précautions.
Quoi qu’il en soit, comme le stipule le rapport, il faudra par exemple en finir avec le cliché de la « fille sage et laborieuse ». Quelle bonne idée. Vive la fille agitée et qui n’en fout pas une. Il restait un segment de population tenant à peu près en place pendant les heures de cours, il serait dommage de ne pas l’encourager à mettre le boxon. Dans la crèche Bourdarias aussi, on recommande aux fillettes de « faire du bruit, crier, grimper ». C’est le ci-devant secrétaire d’État à la Justice Jean-Marie Bockel qui ne doit pas en revenir… lui qui, fin 2010, dans un rapport sur la prévention de la délinquance juvénile, mettait en garde contre le développement exponentiel des bandes de filles « mimant des conduites jusqu’à présent masculines ».
Est dénoncée aussi, dans le secondaire, la sous-représentation des filles dans les filières scientifiques. Non qu’elles n’en aient pas le choix – puisque les filles, « sages et laborieuses », réussissent mieux à l’école –, mais elles n’en ont pas le goût. Et libérer la femme, ce n’est pas, pour le gouvernement, lui laisser le choix, c’est la forcer à faire le « bon » choix, comme on l’a déjà vu pour la réforme récente du congé parental. Il faudra donc faire rentrer à la trique et au chausse-pied les récalcitrantes dans une filière scientifique, faire d’elles des malgré-nous du BTP, de l’informatique et de la maintenance de plate-forme off shore. Ce qui contribuera fortement, on s’en doute, à leur épanouissement.
Si l’on voulait réellement œuvrer pour les femmes, ne faudrait-il pas au contraire revaloriser les filières littéraires, pour lesquelles elles ont visiblement de l’appétence ? À l’instar de Serge Villepelet, président (jusqu’au mois dernier) de PricewaterhouseCoopers France et auteur du livre Un patron qui aime les littéraires, ne faudrait-il pas mettre en avant les qualités propres d’une formation littéraire – de rédaction, de synthèse et d’analyse – pour l’entreprise ? Ne faudrait-il pas en finir avec le « tout sélection par les sciences », voulu par le sociologue marxiste Bourdieu, celui-ci accusant les formations littéraires d’être socialement discriminantes et de favoriser « l’endorecrutement » des classes dominantes ?
Gabrielle Cluzel dans Boulevard Voltaire