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France et politique française - Page 4733

  • Six naïvetés à propos du mot « race »

    Supprimer le mot ne supprime pas le fait.
    Le projet de suppression du mot «race» de la Constitution française repose sur plusieurs raisonnements implicites qui constituent autant de naïvetés, doublées d’un chantage sous-jacent à la rectitude morale. Tâchons d’y voir plus clair dans ces bêtises argumentatives.
    S’insurger contre l’idée qu’existeraient des races humaines sous-entend que c’est leur réalité objective qui serait en question. Or, comme toute représentation, les races sont des conceptions de l’esprit humain consistant à agréger d’une certaine façon les faits observés (couleur de peau ou types de chevelures). Elles existent donc bien, mais seulement à titre de modes de catégorisation, exactement comme les «classes» sociales. Vouloir supprimer le mot pour tuer une chose qui n’existe que dans les esprits, c’est partir à la chasse aux fantômes (ou aux moulins à vent).
    Première naïveté.
    2. Nier qu’il existerait des catégories «raciales» suppose de considérer que la notion de race renverrait à des regroupements non seulement réels mais aussi clairement différenciés, avec des frontières discontinues, de sorte qu’un être humain appartiendrait ou n’appartiendrait pas à telle ou telle race. C’est oublier qu’en matière de condition humaine les «catégories» sont rarissimes, alors qu’on a beaucoup plus souvent affaire à des «types», c’est-à-dire à des regroupements flous, de l’ordre du «plus ou moins» – de sorte qu’un être humain appartient plus ou moins à tel ou tel type racial (blanc, noir, asiatique, indien…). La notion de catégorie relève plutôt de la logique, alors que celle de type est plus adaptée à la réalité observée. Ceux qui «croient» à l’«existence» réelle de «catégories» raciales regardent aussi peu autour d’eux dans la rue que ceux qui n’y «croient» pas : les uns comme les autres confondent tant le type avec la catégorie que la réalité avec les représentations.
    Deuxième naïveté.
    3. Vouloir supprimer le mot race parce qu’il ne renverrait pas à une réalité génétique, donc à un fait de «nature», n’a de sens qu’en vertu du raisonnement implicite selon lequel tout ce qui est «naturel» serait nécessaire et intangible, alors que tout ce qui est «social» serait arbitraire, donc modifiable. Pour pouvoir modifier un phénomène contraire à nos valeurs, il faudrait donc prouver qu’il est «socialement construit» – et donc, par exemple, que la race n’a aucun fondement génétique, ce qui rendrait cette notion arbitraire et le mot inutile. Classique méprise : en matière humaine, le «social», les institutions, les règles de vie commune, le langage etc., sont des réalités autrement plus contraignantes – ou «nécessaires» – que les réalités présumées «naturelles». Vouloir dénier tout fondement naturel à la perception des différences raciales (comme, sur un autre plan, des différences sexuées) n’enlève rien à la réalité, ni aux éventuels effets problématiques de ce phénomène social qu’est la perception des différences d’apparence.
    Troisième naïveté.
    4. La dénégation des différences (de race, de sexe ou de catégorie sociale) repose sur un raisonnement implicite : toute différence impliquerait forcément une discrimination. C’est là la classique confusion entre similitude et égalité, qui plombe également une grande part du mouvement féministe actuel, persuadé qu’il faut nier la différence des sexes pour lutter contre les inégalités sexistes. Mais le racisme, contrairement à ce qu’on entend souvent, ne consiste pas à « croire que les hommes sont différents entre eux » : il consiste à croire qu’il existe entre eux des inégalités fondées sur la race. Vouloir remonter de l’inégalité à la différence pour mieux combattre la première est aussi intelligent que d’utiliser un marteau pour venir à bout d’une colonie de mouches dans un magasin de porcelaine.
    Quatrième naïveté.
    5. Les opinions racistes ne sont pas fondées sur des arguments scientifiques, mais sur des affects, comme tout ce qui touche à l’amour et à la haine du prochain. Si ces opinions utilisent à l’occasion le langage de la «preuve» et la caution de la «science», ce n’est qu’à titre de rationalisation et d’argument de persuasion d’une opinion déjà constituée. Les spécialistes de psychosociologie des représentations savent bien qu’il ne sert à rien de combattre des croyances, des affects ou des rapports aux valeurs avec des contre-arguments scientifiques : on ne les combat qu’avec d’autres valeurs et, s’il le faut, avec des lois (qui, en matière de lutte contre le racisme, existent déjà). S’imaginer que la science génétique serait à même d’éradiquer le racisme est tout aussi irréaliste que d’imaginer qu’elle serait à même de le conforter.
    Cinquième naïveté.
    6. Pour lutter contre une chose, il faut disposer de mots adéquats. Pour lutter contre la réalité du racisme, il faut bien pouvoir se considérer comme «antiraciste», stigmatiser les «racistes», et expliquer que quel que soit le degré d’existence ou de non-existence de différences fondées sur des types «raciaux», le comportement moral exige qu’on ne juge et traite les individus qu’en fonction des caractéristiques dont ils sont personnellement responsables, et non en fonction de propriétés avec lesquelles ils sont nés, telles que l’appartenance à un type racial, à un sexe, à une religion ou à un milieu social. Se priver de ces mots, c’est se priver des instruments pour combattre la chose.
    Sixième naïveté.
    Arrivés à ce point, la conclusion s’impose : animé des meilleures intentions mais digne des pires régimes totalitaires, ce projet «politiquement correct» de modification autoritaire de la langue est simplement stupide.
    Nathalie Heinich, Sociologue au CNRS, 22/08/2013

    Auteur du «Bêtisier du sociologue» (éd. Klincksieck, 2009). Dernier ouvrage paru : «Maisons perdues» (éd. Thierry Marchaisse).

    Article paru dans Libération du 25 juillet 2013 et dans Libération.fr , repris par Metamag.fr, le 22/08/2013


    http://www.polemia.com/six-naivetes-a-propos-du-mot-race/

  • Le parquet de Carpentras ouvre une enquête contre le maire de Bollène

    BYannick Blanc, le préfet du Vaucluse fait savoir qu'il a téléphoné ce lundi, en fin de matinée, à Marie-Claude Bompard, qui lui a répété son opposition de marier les deux femmes et de déléguer son pouvoir.

    Une enquête judiciaire a été ouverte ensuite : la gendarmerie de Bollène va demander aux 2 militantes LGBT de leur répéter que le maire refuse de les marier. Une fois que le refus aura été constaté par les gendarmes, ils entendront le maire avant d'envisager les éventuelles suites pénales à donner.

    Pénalement, le maire risque jusqu'à 5 ans de prison et 75000 euros d'amende. Administrativement, elle peut faire l'objet d'une mesure ministérielle de suspension. Voire d'une révocation pure et simple en Conseil des Ministres. Auquel cas, elle pourrait être réélue en mars prochain...

    Pétition pour soutenir Madame Bompard

    A signer ici.

    http://www.lesalonbeige.blogs.com/

  • Journal hebdomadaire de Voix de la Russie – 26 aout 2013

    Au sommaire de cette édition
    EHollandie : des rats des villes « émeutifs » et des rats des champs de moins en moins patients.
    ESyrie : les amis de Laurent Fabius abattent leurs dernières cartes : assassinat ciblé ou gazage de masse.
    EAllemagne : revue des troupes politiques avant le grand soir électoral de septembre.
    EHongrie : interview exclusive  de Gabor Vona, président fondateur du Jobbik.
    EFukushima : pour une nécessaire entente Russo-japonnaise.
    ECannes : prend les habits de la Sibérie à l'occasion du Festival des arts russes.
    EQuittez la Hollandie pour revenir en France, le temps d'un Spectacle médiéval à la Chapelle d'Angillon les 7 et 8 septembre prochain.

    EL'émission "A bâton rompu" reçoit le politologue russe Segey Fedorov pour une analyse de la scène politique française.


    http://www.francepresseinfos.com/

  • Paris 14 septembre : manifestation de soutien à nos camarades emprisonnés!

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    Esteban et Samuel passent l'été en prison. Leur crime ? S'être défendus face à une violente attaque de militants d'extrême gauche.

    Partout en France, les persécutions judiciaires et financières se multiplient à l'encontre des patriotes, pendant que d'autres populations semblent bénéficier d'une impunité totale lorsqu'ils commettent leurs méfaits.

    Afin de dénoncer cette dictature qui se met en place depuis plusieurs mois déjà, le Collectif pour la défense des libertés publiques a décidé de réagir en invitant tous les patriotes et les personnes attachés à leurs libertés individuelles et collectives à venir manifester, samedi 14 septembre, à Paris, à 14h.

    Des bus partent de toute la France, et vous avez la possibilité de vous inscrire dès à présent, directement par Internet, via la billetterie en ligne mise en place pour l'occasion, ou par mail, en laissant vos coordonnées à :

    manif14septembre@gmail.com.

    Samuel, Esteban, Pierre, Pascal, Nicolas et tous les autres comptent sur votre présence !

    Pour vous inscrire, cliquez ici

    http://blogdemariepauledarchicourt.hautetfort.com/

  • France : La drogue génère 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires par an

    Deux milliards d’euros! C’est, selon Manuel Valls, ce que rapporte la drogue au crime organisé chaque année en France. C’est aussi l’équivalent de l’ensemble des salaires versés chaque année aux agents en tenue de la police nationale. L’État et l’Assurance-maladie ont budgété, pour leur part, en 2012, un montant total de 1,5 milliard d’euros pour lutter contre ce fléau… La résine de cannabis occupe la moitié du marché.

    Les chefs de réseaux doivent bien sûr financer l’approvisionnement et l’armée des petites mains qui font vivre ce commerce illicite. Les quelque 250 tonnes de résine de cannabis consommées annuellement dans l’Hexagone rapportent un milliard d’euros environ aux voyous. Et l’ensemble des autres drogues (cocaïne, héroïne, produits de synthèse) vient abonder ce pactole d’un milliard d’euros supplémentaire.

    «À Marseille, il nous arrive maintenant d’arrêter en flagrant délit des dealers porteurs d’un bracelet électronique! C’est dire la valeur dissuasive de certaines sanctions…» Cette confidence teintée d’ironie émane d’un haut responsable policier de la cité phocéenne. À l’entendre, «les profits réalisés dans les quartiers sont tels aujourd’hui que les voyous se croient intouchables. Le trafic de stups a ruiné la valeur du travail».

    Les banlieues sont mises en coupe réglée par des mafias structurées

    Pour la police judiciaire, «l’activisme et les capacités d’adaptation des organisations criminelles issues des cités sensibles, responsables des importations massives de cannabis marocain et du déploiement continu des flux de stupéfiants, demeurent la principale source d’irrigation de l’économie souterraine».

    Les banlieues sont aujourd’hui mises en coupe réglée par des mafias structurées. Avec une jeune génération, issue de ces quartiers, qui «monte en puissance», selon la police, mais aussi des organisations criminelles étrangères, russophones, italiennes, chinoises, africaines, entre autres, qui s’implantent dans toutes les grandes villes.

    Les plus impliqués dans ces trafics se considèrent avant tout comme des commerçants. Ils tiennent même une comptabilité. Le 30 décembre 2011, Le Figaro avait révélé le contenu des livres de compte d’un dealer de la cité de la Visitation, dans les quartiers nord de Marseille: 100.000 euros de bénéfices par mois, pour quelques halls d’immeubles. Or la Cité phocéenne compte des dizaines de pas-de-porte «exploités».

    En Seine-Saint-Denis, il n’est pas rare d’arrêter au bas des immeubles des dealers en possession de 30.000 euros. La justice, débordée, est lente à les condamner. Mais elle agit, malgré tout, élaborant de nouvelles stratégies. Au début de l’année, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), elle a ordonné l’expulsion de plusieurs familles d’une cité en raison des troubles occasionnés par le trafic de drogue orchestré localement par leurs enfants.

    Administrer une amende douanière au vendeur comme au client

    D’autres solutions alternatives voient le jour sur le terrain. Ainsi, la la taxe directe au portefeuille. Son principe: administrer une copieuse amende douanière au vendeur comme au client lorsqu’ils sont pris sur le fait. Des équipes mixtes de policiers et de douaniers montent donc des opérations coup de poing sur les lieux de deal. Ce qui est censé avoir des vertus dissuasives.

    Les policiers toutefois ne sont pas naïfs, leur travail au quotidien ne mettra pas fin au trafic. Mais des points de vente ferment et cela assure, pour un temps au moins, la tranquillité publique là où la pression du deal devenait insupportable. «Cette action est essentielle, assure un commissaire de la police judiciaire parisienne. Ne serait-ce que pour signifier aux riverains de certains HLM soumis à la loi de l’omerta et des représailles que l’État ne les abandonnera pas.»

    Le Figaro  http://fortune.fdesouche.com/316121-france-la-drogue-genere-2-milliards-deuros-de-chiffre-daffaires-par

  • Entretien avec Philippe Randa, auteur de Maffia rose.

    Vous en entendez beaucoup parler, mais qu’est-ce que vous en connaissez ?
    « J’espère que certains lecteurs de mon livre reverront leur jugement après avoir pris connaissance d’éléments que les médias évitent parfois, par ignorance, paresse ou malhonnêteté, de mettre en avant » Philippe Randa.
    Entretien avec Philippe Randa, auteur de Maffia rose. Des fantasmes dénoncés à l’exaspération actuelle. (propos recueillis par Aliénor Marquet)

    En quoi votre livre diffère-t-il des autres livres consacrés à l’homosexualité ?
    À ma connaissance, il n’existe que deux genres d’ouvrages traitant de ce sujet. D’une part, ceux écrits par des homosexuels éprouvant le besoin de justifier leurs mœurs. Pour cela, ils tombent souvent dans des considérations philosophiques parfois tirées par les cheveux et, quoi qu’il en soit, ennuyeuses. De plus, en tout état de cause, ces ouvrages ne s’adressent qu’aux membres de leur communauté. D’autre part, les ouvrages écrits par des homophobes à l’intention exclusive des hétérosexuels se complaisant dans la lecture des horreurs censées être commises par ceux qu’ils nomment les « invertis ». N’étant pour ma part ni homosexuel, ni homophobe, j’ai décidé de présenter tous les aspects de cette communauté sans aucun tabou… Au lecteur de tirer les conclusions qu’il entendra, mais en connaissance de cause : sur des faits indéniables, basés sur des documents et avec des contributeurs d’opinions différentes.
    Pourquoi vous être intéressé à cette communauté ?
    J’ai voulu éclairer le grand public sur ce qu’est véritablement ce monde et dénoncer les lieux communs trop souvent répandus par les uns comme par les autres. Le grand public, en effet, met trop facilement les homosexuels dans un même sac : folle, pédéraste, transsexuel, hermaphrodite, travesti se confondent bien souvent dans l’esprit de certains. Quant ce n’est également la pédophilie. Par ailleurs, la presse dans son ensemble est souvent trop heureuse, pour augmenter ses tirages, de monter en épingle, d’amplifier et malheureusement trop souvent de déformer tout ce qui touche à l’homosexualité. Que ce soit dans la condamnation radicale ou la complaisance partisane. Ce livre ayant été conçu à partir de témoignages et d’avis de multiples personnes, le lecteur comprendra aisément que s’expriment des opinions très différentes, voire opposées, que ce soit sur la condition homosexuelle à travers les âges, les chiffres avancées, les considérations morales, les attitudes partisanes, la dé­non­ciation des mensonges, sublimations, exagérations, manipulations, etc.
    L’homosexualité est revenu un sujet à la une de l’actualité avec le projet de loi sur leur mariage et l’ouverture de droit à l’adoption d’enfant… Qu’en pensez-vous ?
    Au moment de l’adoption du PACS, peu de monde osait le réclamer. Même les plus virulents des défenseurs des minorités sexuelles avaient compris qu’il ne fallait surtout pas laisser envisager cette possibilité… Mais à peine celui-ci entré en vigueur, ce fut leur revendication immédiate. Sans trop mettre en avant l’autre revendication qui en est pourtant la conséquence logique : le droit à l’adoption d’enfants par les couples de même sexe.
    J’espère que certains lecteurs de mon livre reverront leur jugement après avoir pris connaissance d’éléments que les médias évitent parfois, par ignorance, paresse ou malhonnêteté, de mettre en avant.
    Maffia rose. Des fantasmes dénoncés à l’exaspération actuelle, Philippe Randa, préface de Pierre Gripari, Éditions Déterna, collection « Documents pour l’Histoire », 500 pages, 39 euros.
    (Philippe Randa peut dédicacer ses livres ; pour cela, merci d’en faire la demande et d’indiquer le nom). Francephi diffusion - Boite 37 - 16 bis rue d’Odessa - 75014 Paris - Tél. 09 52 95 13 34 - Fax. 09 57 95 13 34 – Mél. diffusion@francephi.com . www.francephi.com.

  • Le régime plébiscitaire des Napoléons comme remède à l’hérédité et à l’élection

     

    De même qu’une famille ne peut être normalement constituée sans un père qui la sauvegarde et la « dirige », de même un État ne saurait exister sans un chef responsable revêtu du pouvoir suprême. Mais quel sera ce chef ? Quel titre portera t’il ? De quel pouvoir sera t’il investi ? Le titre importe peu, il s’adapte ordinairement au caractère et aux traditions de la nation. Quant au pouvoir qu’il exercera, quelle en sera la nature ? Sera t-il héréditaire ou électif ?

     

    Nous avons vu en France les abus de la monarchie héréditaire causer la bourrasque révolutionnaire, nous avons vu de même par les excès de nos Républiques les dangers du pouvoir électif. Alors lequel de ces deux systèmes faut il adopter ? Cette importante question est difficile à solutionner. L’hérédité et l’élection présentent l’une et l’autre des avantages et des imperfections, aussi l’une et l’autre ont-elles trouvé des adeptes dans tous les temps.

     

    Avantages et imperfections du système héréditaire

     

    Le pouvoir héréditaire est non seulement majestueux mais fécond. Tout d’abord il assure la stabilité à la nation, il éloigne les convoitises malsaines de l’ambition, et dans le calme qu’il enfante se développent progressivement la sécurité, la confiance, l’expansion des affaires et la prospérité générale. Certaine de son lendemain, une nation gouvernée par le pouvoir héréditaire s’avance d’un pas assuré vers l’avenir sans se sentir menacée par aucun des aléas dont souffrent les États régis par le système électif.

     

    La mort même du souverain ne saurait faire rétrograder ce pays dans sa voie paisible. Cette nation continue d’avancer dans ses destinées, les yeux toujours fixés sur l’héritier présomptif connu depuis longtemps et qui sera salué comme un « anneau »de la chaîne retenant dans la nation la concorde et le bonheur qui la suit.

     

    Mais où trouver la perfection sur notre terre ? Elle n’existe ni chez les hommes, ni dans les institutions qu’ils édifient. L’hérédité du pouvoir, il faut le reconnaître et le clamer, entraîne de graves abus.

     

    Une famille, assise sur un trône depuis des siècles, assurée d’un règne intangible, surtout comme durée, gardera-t-elle toujours conscience de ses lourdes responsabilités ? Ne perdra-t-elle jamais l’ambition de rester digne de l’honneur dont elle est revêtue ? Tout s’use ici bas !

     

    Lorsqu’une dynastie se perpétue aussi longuement, la vertu ou la morale qui l’ont élevée au rang suprême s’affaiblissent et déclinent progressivement jusqu’à l’incapacité ou à l’extravagance, nous avons pu le constater chez nous avec les Bourbons et nous le voyons aujourd’hui en Angleterre. La sagesse humaine est vraiment trop fragile pour que l’on tente d’enchainer, de domestiquer la fortune au service d’une dynastie. Dès que cette dynastie se voit invulnérable, elle perd, avec le respect de ses devoirs, le sentiment de sa propre dignité. L’Histoire démontre trop fréquemment que la décadence de la dynastie fut chez certains peuples la cause des plus terribles revers. La France elle-même n’en fit elle pas la cruelle expérience, et le règne de Louis XIV, quelle qu’en fut la splendeur, n’est il pas le vestibule de la Révolution ?

     

    Alors, faut-il préconiser l’éligibilité du pouvoir suprême ?

     

    Les partisans du système électif entendent sauvegarder par ce moyen d’investiture du « souverain » l’entière liberté de la Nation, en lui attribuant la faculté de ne suivre que le chef d’État qu’elle jugera digne de sa confiance. En théorie, le système purement électif est une garantie de liberté pour le peuple, en le préservant de l’arbitraire qui devient souvent un l’écueil du pouvoir inamovible. Il permet de placer l’autorité souveraine dans des mains capables d’en porter le fardeau. Si la nation s’aperçoit de la défectuosité de son choix ou si son Élu démérite, il lui est loisible, à brève échéance et sans révolution, de retirer le soin de ses destinées à un mandataire insuffisant ou indigne. Ce système serait parfait si, là comme ailleurs, la passion ne trouvait un champ trop favorable à ses ravages.

     

    Le système purement électif présente, lui aussi, de très graves dangers, tant pour l’Élu que pour ses électeurs. Il n’est certes pas impossible qu’un élu temporaire, président ou autre, accomplisse des actes féconds pendant son passage au pouvoir; plusieurs d’entres eux se sont montrés inspirés par un esprit intègre et patriotique. Mais aussi combien est plus considérable le nombre de ceux qui se sont laissés absorber par l’intérêt personnel ? Ne faudrait il pas qu’un Chef d’État, appelé au pouvoir pour quelques années seulement, fut doué d’une nature presque surhumaine pour consentir à s’immoler aux redoutables nécessités du gouvernement des peuples ? Comment lui demander l’effort de labourer un champ dont la moisson enrichira un successeur ? Comment ce passager de quelques jours entreprendra-t-il l’étude laborieuse de tant de problèmes à la solution desquels il ne saurait espérer arriver en peu de temps ?

     

    L’Élu temporaire adoptera une politique d’expédients, un programme mesquin, mais sans risque, lui permettant d’atteindre sans encombre le terme de son mandat. Et si ce chef d’État est rééligible, à quelles visées personnelles, à quelles intrigues ne sacrifiera-t-il pas les grands intérêts publics ? La périodicité de l’élection ôte forcément au chef de l’État le goût et la possibilité des grandes choses. Nul ne se plait à construire un édifice dont il sera expulsé, peut être même avant son achèvement, et qui risque en outre d’être démoli par son nouvel occupant.

     

    C’est ainsi que l’électivité du pouvoir est incompatible avec l’épanouissement de la fortune nationale, dont les bases indispensables sont la sécurité dans l’évolution sociale et la quiétude résultant de la stabilité gouvernementale.

     

    Alors quelle option s’impose entre le pouvoir héréditaire et le pouvoir électif ?

     

    Cette question n’est pas facile à solutionner. On ne peut que souhaiter un système idéal assez parfait pour réunir les avantages des deux modes en question, tout en en écartant les périls. Ce système idéal existe, il rayonne sur toute la France qui, à deux tournants de son histoire, vint s’y réfugier pour son plus grand bien.

     

    Ce système, c’est le régime plébiscitaire des Napoléons.

     

    Parmi les esprits enclins à juger superficiellement les doctrines qu’ils n’ont point vu pratiquer, plusieurs allèguent que le plébiscite exclut l’hérédité ou que l’hérédité doit exclure le plébiscite. Il n’en est absolument rien.

     

    Le plébiscite de 1804 ratifiant le Sénatus-Consulte du 18 mai, décernait au Premier Consul le titre d’Empereur de la République Française avec hérédité. Mais les Napoléons, seuls interprètes fidèles des principes de la Révolution, ne se voulurent jamais que les mandataires de la nation dont ils ne cessèrent de reconnaître le pouvoir souverain.

     

    Il résulte de cette alliance de la nation avec les Napoléons que l’hérédité, dont sont en principe investis nos Empereurs, reste toujours révocable par le plébiscite. Par cette ingénieuse conception, la nation jouit des bienfaits du pouvoir héréditaire tant qu’elle approuve la direction politique suivie par son Élu « ou par l’héritier de son Élu ». Et tout aussitôt que la nation désapprouverait l’orientation où la dirige son mandataire, le plébiscite avertirait ce mandataire que la volonté souveraine, dont il détient le pouvoir, lui demande d’en modifier l’exercice ou même d’y renoncer en faveur d’un nouvel Élu.

     

    D’autres esprits, ignorants ou hostiles, croient voir dans le plébiscite un élément de guerre civile en ce sens qu’un Empereur dépossédé par un plébiscite pourrait revendiquer contre le nouvel Élu les pouvoirs dont l’avait investi lui-même le plébiscite antérieur. Un Napoléon émettant une prétention semblable sortirait tout à la fois de la doctrine napoléonienne et des principes du droit le plus élémentaire. Le dernier plébiscite n’infirme-t-il pas de plein droit, s’il lui est contraire, le plébiscite précédent ? D’ailleurs, un Napoléon ne contestera jamais le verdict populaire, celui-là serait désavoué de tous les Napoléons qui, dans leurs actes comme dans leurs discours, rendirent hommage à l’infaillible valeur du plébiscite.

     

    Quant au plébiscite lui-même, loin de présenter un risque quelconque, il est le régulateur par lequel les Napoléons surent concilier la liberté de la Patrie avec la stabilité du Pouvoir, source de toute prospérité nationale. Quant à l’hérédité révocable par plébiscite, elle est le chef-d’œuvre de la doctrine démocratique.

     

     « Le plébiscite c’est le droit, c’est le salut. C’est un grand parti national sans vainqueurs ni vaincus, s’élevant au-dessus de tous pour les réconcilier. » Le Prince Impérial 16 mars 1874.

     

     David Saforcada (France bonapartiste)

    Source: Le bréviaire des patriotes

    http://cerclenonconforme.hautetfort.com/

  • Le rôle essentiel de la culture dans le combat politique

    Du professeur Philippe Pichot-Bravard sur Le Rouge & Le Noir :

    "L’action politique doit être nourrie par une vie spirituelle exigeante et par un travail régulier de formation intellectuelle et culturelle. Nos adversaires révolutionnaires, et notamment marxistes, ou marxisants, ont parfaitement compris le rôle essentiel de la culture dans le combat politique. La grande faute des libéraux a été d’abandonner la culture à leurs adversaires pour se concentrer sur l’action économique.

    La reconquête politique implique une entreprise de reconquête culturelle, comme l’a illustré Philippe de Villiers en Vendée, le seul département de l’Ouest de la France où la droite a renforcé ses positions entre 1990 et 2010. Ceci ouvre d’ailleurs à ceux qui brûlent de s’engager en politique un champ d’action beaucoup plus vaste qu’ils ne l’imaginent. L’action politique ne se résume pas à la vie électorale, qui peut fort bien n’être qu’une perte de temps. Elle peut consister à organiser un cycle de formation, ou simplement à y participer. Elle peut consister à animer une émission de radio, une revue ou un site, comme vous le faites. Elle peut consister à restaurer et à mettre en valeur une chapelle ou un monument menacé de ruines, à l’instar de Reynald Sécher à La Chapelle Basse-Mer. Elle peut consister à créer, ou à faire vivre une école vraiment libre. Elle peut consister à animer une association ou un mouvement de jeunesse. Elle peut consister à participer à des manifestations, comme le font aujourd’hui les « Hommen ».

    Il y a bien des façons de combattre. Notre monde contemporain réduit l’action politique à l’empoignade partisane. Il faut se garder de tomber dans ce piège. Rappelons-le : la politique consiste dans le service du bien commun. Sans doute ce service implique, à un moment ou à l’autre, la conquête du pouvoir, mais cette conquête, pour être effective, efficace et durable, exige d’abord une conquête des intelligences. Elle exige de transmettre des valeurs et des connaissances, de batailler sans concession contre la « novlangue » de la pensée officielle, contre les mensonges de la désinformation, de réhabituer les oreilles de nos compatriotes à entendre un discours traditionnel afin de les amener d’abord à considérer que ce discours fait partie des choix possibles, avant de les convaincre que ce choix est le meilleur pour la restauration de la France."

    http://www.lesalonbeige.blogs.com/

  • Agriculture : revenir aux sources avec le semis direct sous couvert végétal

    Agriculteur dans la Meuse, Philippe Lemey exploite 250 hectares de céréales à Aulnois-en-Perthois en utilisant une méthode qui rompt avec l’idéologie productiviste et machiniste qui règne en France.

    Il a complètement changé sa façon de travailler en 2004 en se lançant dans le semis direct sous couvert végétal, une technique agricole importée d’Amérique du Sud, où les terres ne sont pas très fertiles. Pendant cinq ans, il a accepté de perdre entre 20 et 30 % de son chiffre d’affaires. Mais aujourd’hui, il dépasse les rendements d’avant 2004 et pourrait presque vivre de son métier sans aucune aide européenne.

    En effet, le semis direct sous couvert végétal lui a permis depuis de réaliser d’importantes économies. Il est désormais capable de gérer tout seul son exploitation, alors qu’avant il devait faire appel à au moins une personne pour s’occuper d’une surface plus petite. Il a par ailleurs considérablement réduit sa facture énergétique. Il consomme ainsi six fois moins de litres de fioul par hectare que ses collègues. Ses tracteurs ont par conséquent une durée de vie plus longue, aux alentours de 40 ans, contre 8 ans pour ceux des autres exploitants.

    En fait, il ne travaille pas sa terre. Il sème la récolte avec un semoir importé du Brésil qui dépose la graine dans le sol, puis rebouche la terre après son passage. Cet outil ne laisse quasiment aucune trace. A la différence du labour, il ne perturbe pas la microfaune et la microflore souterraines. En surface, Philippe Lemey cultive une dizaine de plantes, à l’image du sarrasin et du trèfle d’Alexandrie couplées avec de la paille. Ce mélange donne un parfait équilibre azote-carbone. En se dégradant, il nourrit les sols. En quelques années, le pourcentage de terre noire de ses champs est passé de 1,2 % à 3,5 %. Le sol de son exploitation devient naturellement de plus en plus riche en matière organique, ce qui augmente sa fertilité sans avoir recours à des engrais chimiques.

     

    Cette méthode de production protège aussi davantage ses récoltes des aléas climatiques. Le couvert végétal sert d’isolant. Si bien que ses cultures sont moins impactées que celles de ses voisins en cas de froid ou de forte chaleur. Le sol de son exploitation a plus de réserves d’eau. Ses céréales sont en outre moins attaquées par certains parasites et maladies puisqu’il diversifie ses cultures. Par exemple, pour le blé, il plante huit variétés différentes sur la même parcelle. Cela désoriente les insectes et limite l’impact d’une maladie sur la récolte entière.

    Enfin, l’agriculture meusien n’utilise pas d’insecticides. « A long terme, c’est un mauvais calcul ». Par exemple, en pulvérisant de l’anti-limace, il tuerait les limaces mais aussi leur prédateur, un scarabée noir. Par conséquent, le nombre de limaces augmenterait au fil des ans et il serait obligé d’acheter toujours plus de produit. Les champs de Philippe Lemey sont également devenus des îlots de survie pour les vers de terre anéciques. Ces derniers, qui ne peuvent pas se développer dans les sols labourés, creusent des galeries verticales dans le sol qui drainent et oxygènent la terre. C’est un cercle vertueux. Plus le sol est riche, plus ces vers prospèrent et plus ils le bonifient.

    Cette exploitation d’Aulnois-en-Perthois est, pour le Groupe BLE Lorraine, un modèle du genre qui utilise à bon escient les forces et les ressources de la nature. Ce n’est malheureusement pas à un hasard si, sous la pression des lobbies des industries chimiques et autres, une telle méthode de production ne soit plus diffusée dans le monde agricole français, malgré son efficacité. Pire, le semis direct sous couvert végétal n’est même pas enseigné dans les écoles agricoles.

    (Source : RL du 18/08/2013)

    http://www.agoravox.fr/actualites/info-locale/article/agriculture-revenir-aux-sources-140015

  • Les Grands Entretiens de NOVOpress : Jean-Yves Le Gallou (1/3)

    Figure majeure de la dissidence enracinée, Jean-Yves Le Gallou a participé depuis plus de 40 ans à de nombreuses initiatives tant sur le terrain électoral que sur celui du combat culturel. Il se consacre désormais à ce dernier, dans une perspective gramsciste assumée. La fondation Polémia, dont il est le président en est une belle illustration.

    Jean-Yves Le Gallou, bonjour. Avant de recueillir votre point de vue sur quelques thèmes essentiels d’actualité, pouvez-vous revenir brièvement sur votre parcours de militant enraciné et d’intellectuel organique ?

    Je distinguerai trois grandes étapes dans mon parcours d’identitaire engagé :

    - De 1968 à 1985 d’abord dans le combat des idées au sein du GRECE (cercle Pareto à Sciences-Po) puis du Club de l’Horloge. Avec deux publications principales :  Les Racines du futur(1) qui analyse des seuils de rupture (délinquance, dénatalité, immigration), dénonce la société marchande (qui n’avait pas encore atteint son apothéose !) et prône le ré-enracinement dans les valeurs européennes. C’était un livre à contretemps qui aujourd’hui pourrait être dans l’actualité. Et La préférence nationale : réponse à l’immigration(2), un sujet – l’immigration/ catastrophe – sur lequel je reviendrai en 2014, chez Via Romana, dans un livre sans concessions ni compromis.

    - De 1985 à 2002/2004, j’ai accordé la priorité au combat politique au Front National d’abord puis après la scission de 1999 au MNR. Je m’y suis occupé de l’implantation militante en Île-de France, des études et des idées et du travail dans les municipalités. J’ai pas mal participé à la revue Identité. Au Parlement européen, je me suis battu (contre l’actuel président du Parlement, le socialiste Schulz) pour la défense des libertés publiques. A la région Île-de-France (ou j’ai présidé un groupe qui a toujours pesé grâce à la proportionnelle), j’ai empêché ou réduit les subventions à des associations nocives : la LGBT par exemple. Hélas, le chapitre subventions a quadruplé depuis 2004 !

    - Depuis 2002, je me suis réinvesti à fond dans le combat culturel et le combat d’idées en créant la fondation Polémia le 2 décembre 2012.

    Le “combat culturel” et ce que l’on peut également la “métapolitique” ont en effet été très tôt, au cœur de vos préoccupations, pouvez-vous revenir sur ces notions et leur importance dans votre démarche ?

    Je crois que les idées mènent le monde : pour les idées des hommes sacrifient leur carrière, leurs biens, leur liberté et parfois leur vie. C’était vrai hier. C’est encore vrai aujourd’hui comme Dominique Venner vient de le rappeler dans son geste sacrificiel. Bien sûr les intérêts comptent aussi (et pour beaucoup !), mais pour s’imposer ils doivent aussi prendre le détour des idées : c’est pour cela que la finance mondiale et les grandes multinationales ont envahi le champ culturel.

    Polémia a été le fer de lance de ce combat culturel, 10 ans après sa création, quel bilan tirez-vous ?

    Ce qui compte c’est durer. On ne bâtit rien sur l’éphémère.

    En dix ans Polémia a mis en ligne sur son site plusieurs milliers de contributions parfois reprises sur d’autres sites, le plus souvent originales. C’est une véritable encyclopédie politiquement incorrecte. Un outil à disposition de tous : réinformateurs, étudiants, élus ou militants.
    Nous avons aussi accompli un gros travail sur le vocabulaire en publiant deux dictionnaires : un Dictionnaire de Novlangue(3) (pour dénoncer les manipulations du vocabulaire par les dominants), un Dictionnaire de la Réinformation(4) (pour doter notre camp de ses propres outils d’analyse).

    On en vient naturellement à ce que vous avez si bien nommé “la tyrannie médiatique”. Vous semblez face à cette dernière user de deux stratégies : la riposte avec l’OJIM ou encore la cérémonie annuelle des Bobards d’Or (photo ci-dessus) ; et le contournement avec Radio Courtoisie, qui conquiert chaque jour de nouveaux auditeurs, grâce notamment à la diffusion sur internet. Est-on en passe de fissurer le blockhaus médiatique ?

    La tyrannie médiatique(5) définit le régime que nous subissons : la classe financière et la classe journalistique imposent leur vue du monde à travers le contrôle des médias : mondialisme, libre-échangisme financier et commercial, sans-frontiérisme et immigrationnisme, rupture des traditions et culpabilisation. La tyrannie médiatique s’impose aux esprits par un matraquage permanent et l’arme suprême de la diabolisation. Elle tétanise les hommes politiques : il n’y a plus ni hommes d’Etat, ni démagogues il ne reste plus que des médiagogues : des hommes et des femmes qui déclarent ce que les médias veulent entendre…simplement pour s’y faire inviter. Le Maire, NKM, Pécresse et quelques autres ont découvert le zéro absolu en politique.

    Alors depuis 10 ans Polémia s’est attaché à analyser la tyrannie médiatique, parce que décrire une tyrannie, c’est déjà l’affaiblir. Notre travail alterne samedis austères, les journées d’études de la réinformation (la prochaine aura lieu le 26 octobre et sera consacré à la publicité) et soirées de détente comme la cérémonie des Bobards d’Or. Au demeurant très sérieuse, au-delà de son côté ludique….

    D’autres prennent le relais et je m’en réjouis. Créé par Claude Chollet, l’Observatoire des journalistes et de l’information médiatique (OJIM) fait effectivement un travail remarquable.

    D’un mouvement marginal limité aux militants traditionnels “pro-vie”, la contestation contre la dénaturation du mariage et la loi dite Taubira, a embrasé l’opinion publique et fait converger à plusieurs reprises plus d’un million de manifestants sur Paris. La pétition devant le CESE, en rassemblant 700 000 signatures en quelques jours, est probablement la plus forte tentative de démocratie directe de cette décennie. Que retenir de cette vague ? Que peut-on espérer pour l’avenir ?

    Il y a deux lectures possibles des événements.

    Selon la lecture pessimiste, c’est un échec : la loi est voté et pour le gouvernement c’est « circuler, il n’y a plus rien à débattre, c’est une loi de la République ». Reste qu’en passant en force le régime a montré son vrai visage, celui d’une dictature de minorités : minorités sexuelles, sectaires et médiatiques. Une dictature pépère, pépère peut-être mais dictature quand même qui veut façonner l’opinion des enfants dès la maternelle !

    Je préfère la lecture optimiste ! Selon cette lecture, pour la première fois depuis 1968 les défenseurs de la tradition se sont réveillés pour refuser une dérive libérale-libertaire qui n’en finit plus et un constructivisme sociétal aberrant. Et pour réaffirmer l’évidence des identités primordiales : les différences sexuelles aujourd’hui, les différences raciales demain. Mai 2013 est le pendant de mai 1968. Une nouvelle génération politique y est née. Et la volonté de continuer à combattre sur le terrain (dans les villes, dans les écoles) est intacte.

    Le terme de “populisme chrétien” évoqué par Patrick Buisson vous semble-t-il signifiant ?

    Cela me paraît plus large que cela. C’est la France réelle qui s’est levée : blanche toujours, chrétienne de croyance ou d’origine, européenne de civilisation. C’est une France bien élevé qui élève des enfants et paie des impôts. Ses adversaires auraient tort de ricaner sur son côté « classes moyennes ». Ce sont toujours les classes moyennes qui font les révolutions. Même si nous n’y sommes pas encore.

    Au cœur d’une crise économique dont nous ne pouvons réaliser l’importance réelle, notre famille politique semble enfin prendre conscience que l’enracinement et la défense de notre identité n’est pas conciliable avec un capitalisme sans frontières, un libéralisme sans limites dont l’intérêt réside justement dans la disparition des identités. Dans quelle mesure souscrivez-vous à la formule d’un “socialisme identitaire”, telle qu’elle est défendue – entre autres – par Alain de Benoist ?

    Alain de Benoist est un grand anticipateur. Il a toujours eu plusieurs coups d’avance notamment pour dénoncer l’empire mondial et la société marchande, ce qu’il appelle la « forme capital ». Pour le socialisme identitaire je suis un peu dubitatif : le concept de socialisme me paraît daté et l’Etat –providence et l’assistanat ont beaucoup d’effets pervers.

    Le système UMPS semble à bout de souffle, chaque nouveau sondage confirme la montée des convictions populistes dans l’opinion. Malheureusement, nous connaissons la relative inconstance de cette dernière et la puissance des médias pour la retourner au moment opportun. Une réussite durable ne passe-t-elle pas par un patient et profond travail de terrain, qui puisse durablement marquer les esprits des Français en les libérant du maelström politiquement correct ? Marine Le Pen semble consciente de ce nécessaire ancrage local, est-on sur la bonne voie ?

    Parlons des municipales si vous voulez bien.

    Il n’y a pas beaucoup de suspense ! Sauf dans les grandes villes, le PS va prendre une raclée. Sans beaucoup d’efforts ni de mérite, l’UMP va gagner des communes. Et le FN remportera quelques victoires : à Carpentras ? À Hénin-Beaumont, A Forbach ? A Béziers avec Ménard ? Sans doute dans des endroits auxquels nous ne pensons pas !

    Mais au-delà de la géographie électorale, la question qui se pose à ceux qui vont se faire élire – en particulier sur des listes « modérés » ou « divers droite » ou « intérêt local » est la suivante : pour quoi faire ? Pour l’écharpe ou le grigri ou pour agir ?

    Entrer dans une municipalité n’a de sens que si on y va dans un esprit de résistance ou de reconquête. Quitte à choisir un secteur de combat et s’y consacrer et à celui-là seul ! Les écoles, la culture, le patrimoine, les cantines, les subventions, les locaux municipaux, les terrains d’exercice sont nombreux !

    Mais encore ?

    Sur les écoles, il ne faut pas s’intéresser seulement à l’intendance mais au fond. Comment ? En fédérant les parents d’élèves qui en ont marre des dérives politiquement correctes dès le primaire. Ou en boycottant l’achat d’ouvrages malsains : histoire-propagande ou théorie du genre. Et puis en aidant des écoles indépendantes à trouver des locaux.

    Sur les cantines, il faut refuser tout achat de viande halal et revenir à des menus plus traditionnels tout en privilégiant le localisme.

    Sur le patrimoine, il faut veiller sur l’entretien des bâtiments historiques et des églises, cesser de sacrifier les musées et remplacer les minables logos commerciaux par les blasons : le temps des armes de la ville doit revenir !

    Sur la culture ?
    Vaste chantier ! Y rétablir la pluralité et la diversité à la bibliothèque municipale, au cinéma, au théâtre. Sans sectarisme bien sûr mais aussi sans accepter le sectarisme des autres. Et cesser de céder aux sirènes du non-art contemporain. Retrouver l’art caché selon la jolie expression d’Aude de Kerros.

    Sur les subventions ?
    Il faut taper dans la butte et cesser de subventionner les nuisibles : les syndicats politiquement corrects, les lobbys gays, antiracistes, et immigrationnistes, les associations étrangères, les communautaristes musulmans et autres, tout ce petit monde doit être mis à la diète.

    Sur les locaux ?
    Là aussi un mot d’ordre : pluralisme pour permettre aux nôtres de s’exprimer

    Quant à “l’union des droites”, où en est-on ? Est-ce même un concept réaliste ?
    L’union des droites me paraît un concept un peu politicien. Je suis plus proche des gens de Riposte laïque venus de la gauche que des UMP mous, pardon du pléonasme, dont la devise des dirigeants est « grandes gueules, petits bras » !

    Ce dont il faut se méfier par-dessus tout ce sont les médiagogues : ces hommes et ces femmes qui calquent leur attitude sur celle que les médias de l’oligarchie attendent. Les « quadras » de l’UMP se croient « avancés », ils ne sont qu’avariés. Leur modèle est périmé.

    Bref à une illusoire union des droites je préfère pour ma part une autre démarche « politiquement incorrects de toutes origines, entendez-vous, unissez-vous ».

    Quels sont les conditions d’une telle entente ?
    D’abord le respect de la diversité des uns et des autres ; tout le monde n’est pas obligé de partager les combats d’autrui. Ainsi, il est permis d’attacher plus d’importance à la lutte contre la dénaturation du mariage qu’à la lutte contre l’immigration ou l’inverse bien entendu. Il est loisible d’accorder plus d’importance à la sortie de l’euro qu’à la dénonciation du non art contemporain ou l’inverse évidemment. C’est affaire de gout, de conviction, de capacités aussi.

    Mais attention à ne pas dénigrer l’action du voisin. L’arme du système, c’est la division de ses adversaires ; et l’instrument de la division c’est la diabolisation. Evitons de tomber dans ce piège !

    Pour moi, la faute politique absolue, c’est de croire qu’on peut se dé-diaboliser en participant à la diabolisation de ses voisins. Une erreur que beaucoup commettent (pensez aux tentations de certains dirigeants de la Manif pour tous). Cela s’appelle « hurler avec les loups » : c’est moralement minable et parfaitement inefficace pour deux raisons : cela renforce le processus global de diabolisation et par contagion cela contribue à diaboliser le gros malin qui croit se dé-diaboliser !

    Pour cela il faut refuser d’entrer dans le jeu des médias dominants : ce n’est pas à eux de délivrer les certificats de fréquentabilité ! Avec l’émergence des médias alternatifs, il n’est plus nécessaire de payer son droit de péage aux autoroutes du politiquement corrects.

    Le mot de la fin ?

    Le mur de Berlin est tombé, le mur médiatique tombera !

    Propos recueillis par Pierre Saint-Servant

    http://fr.novopress.info/141014/les-grands-entretiens-de-novopress-jean-yves-le-gallou-13/

    Notes :

    1) Les racines du futur, Masson, 1977.
    2) La Préférence nationale : réponse à l’immigration, Albin Michel, 1985, réédition 1988.
    3) http://archives.polemia.com/article.php?id=5443
    4) http://www.polemia.com/pdf/DicoTotal.K.pdf
    5) http://www.polemia.com/la-tyrannie-mediatique-de-jean-yves-le-gallou-2/