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France et politique française - Page 5158

  • « Qui va payer la crise ? » de François Lenglet

    « Qui va payer la crise ? » : le Nord ou le Sud, la finance ou les contribuables, les jeunes ou les rentiers ? Jacques Georges, consultant européen, présente pour Polémia le livre du journaliste François Lenglet.
    Polémia.

    Dans Qui va payer la crise ? le journaliste François Lenglet développe avec des mots simples des idées fortes, qui peuvent plaire ou ne pas plaire, qu’on peut à loisir étiqueter « de droite » ou « de gauche », mais qui en tout cas méritent réflexion.

    Un pamphlet terrible

    Le livre commence comme un pamphlet terrible et quasi populiste et se termine par un plaidoyer raisonnable et raisonné en faveur de l’Europe et de l’euro. En voici quelques étapes, avant de proposer quelques réflexions et commentaires :

    • L’euro s’étant révélé, du fait même de sa conception (le « thermostat unique ») comme « une gigantesque machine à accroître les divergences économiques », son sauvetage s’apparente de plus en plus à un désastre annoncé (« le Sud ne peut plus payer, et le Nord ne veut plus payer, voilà l’équation de l’automne 2012 ») ; les pays du Sud s’épuisant comme des hamsters dans leur cage sous le poids d’un euro devenu « le CFA de l’Europe du Sud », l’Europe s’achemine vers une sorte de Guerre de sécession.
    • Cette fracture en cache une autre plus fondamentale encore : celle qui oppose « la finance », toujours gagnante, au contribuable, toujours perdant : « Derrière le tabou de la dette se joue la lutte entre les détenteurs de capitaux et les contribuables ». Plus profondément encore, une autre fracture sépare les classes d’âge démographiques : les jeunes contre les vieux ; les baby-boomers, ex-révolutionnaires devenus libéraux à tout crin, ayant pris l’Europe et l’euro en otages (« l’euro, c’est le coup de force des vieux contre les jeunes »), et devenus rentiers, contre les jeunes, les forces vives et le reste de la société.
    • Le salut par l’Europe fédérale n’est qu’une fausse promesse qui reproduit à plus grande échelle le drame italien. Basée sur un malentendu fondamental (« Le fédéralisme selon Berlin, c’est la prise de contrôle sur le budget et la politique économique de ses partenaires. Selon Paris, Madrid, Rome et Athènes, c’est la prise en charge des dettes par l’Allemagne »), elle risque en fait d’aggraver le mal plutôt que de le réduire (« Il y a fort à parier qu’un fédéralisme européen déboucherait, lui aussi, sur une envolée de la dette européenne »). Elle prendrait à volonté diverses formes, notamment les euro-bonds, pur produit de la « révolte des cancres de l’Europe », ou le puits sans fond toujours menacé du FESF-MES, ou encore les illusions d’une union bancaire destinée moins à sauver l’Europe qu’à sauver la City et Wall Street… sans compter que l’Europe fédérale n’est plus dans le vent et n’a pas ou plus la faveur des opinions publiques.
    • Les « vendeurs de repas gratuits » constitués par les « sécessionnistes » pour qui la sortie de l’euro réglerait toutes les difficultés et nous mettrait à l’abri de la dictature des marchés ne sont, comme les fédéralistes, que des idéologues, raisonnent faux, font valoir des exemples (Danemark, Suède, Suisse) qui sont tout sauf convaincants, et ne sont en définitive que des marchands de sable.
    • Dernière illusion : le thème répandu dans le Sud et jusqu’en France de « l’Allemagne paiera ! » est stupide, dangereux et moralement scandaleux. Quelle que soit la forme d’une monétisation de la dette européenne (euro-bonds, licence bancaire donnée au MES, intervention illimitée de la BCE), cette manœuvre serait à terme nuisible à tous et notamment à la France, pousserait l’Allemagne et quelques pays bien gérés à quitter l’euro, conduirait à l’hyperinflation et s’analyserait in fine comme un nouveau coup de force de la finance contre les peuples, et des rentiers contre l’économie.
    • Les issues miraculeuses de type forte reprise américaine doublée d’un renchérissement du dollar ou forte baisse de l’euro ayant peu de chances de se réaliser, nous sommes donc apparemment confrontés à une impasse, avec une union monétaire « bâtiment en feu sans issue de secours ». Ce n’est pas tout à fait vrai. Reste donc à choisir sans passion et sans exclusive la solution, ou le combiné de solutions partielles, le plus efficace.
    • En pratique, les pays du Sud, et la France elle-même, vont devoir choisir entre l’euro et leurs créanciers. La préférence de l’auteur va fortement à la seconde solution : « Il nous faut à nouveau euthanasier les rentiers pour nous libérer du fardeau que constituent des dettes excessives ». La bataille de l’épargnant et du contribuable, qui est aussi celle des générations, est légitime. C’est en définitive une solution à l’islandaise qui est préconisée, celle d’un pays véritable « laboratoire de la répudiation de la dette ».
    • Enfin, avantages et inconvénients de chaque solution bien pesés, l’auteur plaide pour les pays du Sud, à l’exception toutefois de la Grèce, et plus encore pour la France, en faveur d’une solution de maintien dans l’euro. La monnaie unique présente de forts avantages : développement des échanges commerciaux intra-zone, solidarité financière et monétaire, poids mondial accru en matière monétaire, diplomatique ou militaire. Ce maintien se ferait sans concessions à la pente française de la fuite dans la dépense publique et la dette : « Ni l’Allemagne ni la France n’ont intérêt à la mutualisation de la dette. C’est une fausse solution, qui ne s’attaque qu’aux conséquences de la crise européenne et non pas à sa cause… En contrepartie, il faut convaincre l’Allemagne d’assouplir le rythme de l’assainissement budgétaire et d’alléger la facture de la dette en faisant payer les créanciers ».

    Une crise globale

    On peut discuter diagnostic, grille de lecture et esquisses de remèdes, mais on doit reconnaître à cette thèse sa solidité, son honnêteté, son pragmatisme et une dose raisonnable de neutralité idéologique et trans-partisane. Voici quelques réflexions et questions proposées à votre réflexion et à celles de l’auteur s’il vient à nous lire :

    • Ce qui est traité est essentiellement la crise européenne. Celle-ci est un gros morceau d’une crise plus vaste née de la confrontation doucereuse sur trente ans d’un Sud jeune, travailleur, spartiate et épargnant et d’un Nord vieillissant, riche, aux emplois de plus en plus précaires, consommant à crédit « avec la complicité d’une industrie financière devenue experte dans l’art de dissimuler les risques et de faire passer des vessies pour des lanternes »(Thierry Pech, Alternatives économiques). On aurait aimé de plus longs développements sur cette crise globale, même à plusieurs reprises il en est fait mention.
    • On peut être surpris du décalage entre prémisses tonitruantes, à forts accents populistes anti-finance, anti-vieux, et même anti-euro, et conclusions finalement très prudentes (sortie ordonnée de la seule Grèce de la zone euro, confirmation du tandem franco-allemand sur la base d’une ligne monétaire et budgétaire très orthodoxe). On y trouvera, selon son goût, un peu de démagogie ou de défoulement gratuits, un plaidoyer hypocrite pour le statu quo en faveur d’une Europe allemande, ou – et c’est mon interprétation – la coexistence dans le même homme de pulsions contradictoires, d’une saine vitalité, d’une sincérité, où la raison finit toujours par l’emporter.
    • La « finance », bête noire de l’auteur, est sa part d’idéologie, d’irrationnel, de passion. On y trouve mêlés financiers calculateurs et cyniques, banquiers peu sympathiques, mais aussi ceux pour qui ils roulent, au moins en partie : bobos honnis de la génération de 1968, mais aussi épargnants comme vous et moi, et même veuve de Carpentras. A cette étape du livre, on craint un instant de tomber dans une version atténuée de populisme, frère inversé du vieux poujadisme, mais on est ensuite rassuré. Reste qu’il y a un zeste de hargne pro-jeune, anti-banquier et anti-veuve de Carpentras là-dedans.
    • La rage anti-bancaire, anti-finance de nombreux économistes indépendants trouve sa source dans le sentiment, sans doute légitime, que le pouvoir politique, et donc le contribuable, s’est fait berner dès l’éclatement de la crise des subprimes, en 2007. Se fût-il opposé par principe au renflouement des banques, quitte à les nationaliser ou à les adosser provisoirement aux Etats le temps qu’elles apurent leurs comptes et se recapitalisent, l’évolution des déficits et des dettes publiques eût été très différente dans de nombreux pays, à commencer par l’Irlande. Ce hold-up initial est d’autant plus regrettable qu’il n’a même pas eu l’excuse de régler le problème, mais au contraire de l’aggraver.
    • L’interprétation de la crise comme la résultante d’un conflit de générations entre soixante-huitards, ex-braillards gauchistes devenus rentiers égoïstes forcenés, identifiés de façon paradoxale mais convaincante comme la « génération libérale », et le reste de la société (entrepreneurs et jeunes notamment) est séduisante et d’ailleurs pas nouvelle (c’est l’une des marottes de l’auteur du présent article depuis 1968 ou presque…).
    • Les remèdes ne sont qu’esquissés (pages 139 et 201-202), ce qui est inévitable compte tenu de la complexité du sujet et de la nature de l’ouvrage. Ils tournent tous autour de la notion de restructuration (version dure) ou de moratoire (version soft) de dettes : prolongation de toutes les échéances de trois ans pour les pays les plus endettés, avec suspension ou annulation des intérêts, rééchelonnement de la dette sur vingt ans, période de grâce, etc. Certaines conséquences sont citées, notamment le rétablissement du contrôle des capitaux et des changes aux frontières de l’Union, mais presque rien n’est dit sur les dépôts bancaires, l’assurance-vie et la veuve de Carpentras. Il est vrai que, sur de tels sujets, on tangente immédiatement l’incitation à la panique bancaire.
    • Le « laboratoire islandais » est présenté honnêtement, mais positivement au global. Questions : une Islande dans l’euro aurait-elle pris le même chemin ? Quelle est donc la valeur de cet exemple pour une France ou un pays du Sud restés dans l’euro ? Et, surtout, que se passerait-il si tout le monde ou juste quelques gros ou simplement moyens pratiquaient la même politique ?

    Une remarque pratique pour finir : s’agissant de la genèse de la crise, on aurait aimé en annexe un rappel chronologique détaillé qui aurait ajouté à la solidité de la démonstration. Avis à l’auteur pour une prochaine édition augmentée, forte probabilité vu que le sujet risque de rester actuel très longtemps !

    Enfin, ce livre est un plaidoyer raisonnable et sans illusion pour l’Europe et pour l’euro, expurgé de ses vices de construction les plus rédhibitoires. En tant qu’Européens de destin, dans la lignée des Drieu, des Jünger et des Denis de Rougemont, we can live with it.

    Jacques Georges  26/11/2012 http://www.polemia.com

    François Lenglet, Qui va payer la crise, Fayard, Collection Documents, septembre 2012, 216 pages.

  • Le monopole du bitume – par Philippe Randa

    S’il y en a un qui a retenu la leçon, c’est bien Jean-François Copé, actuel secrétaire général de l’UMP et candidat à la présidence de ce parti. Quelle leçon ? Celle qu’a érigé en modèle de conquête élyséenne Nicolas Sarkozy, le premier président de ce parti, justement.
    À défaut d’avoir brillé durant son quinquennat à la tête de notre pays, celui-ci était passé maître dans l’art de la communication, soit, pour parler comme les « djeuns » –et comme les moins « djeuns » d’ailleurs – de la manière de « faire du buzz ». Et pas seulement sur Internet.
    La déclaration-menace de JFC de faire descendre dans la rue « les Françaises et les Français qui s’indignent et qui s’inquiètent pour l’avenir de notre pays et des enfants de France » a fait mouche : toute la gauche s’est immédiatement étranglée d’indignation… et son rival François Fillon en est resté muet de stupéfaction ! 
    La droite dans la rue ! En voilà une idée ! Une idée saugrenue pour certains, jugée peu convenable par les plus bourgeois dans les rangs UMP… et carrément odieuse par la gauche qui voit là un véritable hold-up sur ses traditions.
    Car pour la gauche et ses ténors, elle seule est habilitée à occuper les rues pour brailler… Voilà maintenant plus de six décennies qu’elle s’est approprié le monopole du bitume et c’est au moment où elle contrôle la totalité des institutions politiques, qu’elle a réalisé le Grand Chelem des victoires électorales, qu’un malappris lui dispute son terrain de revendications habituels.
    Ceux qui ont quelques connaissances historiques savent qu’avant la dernière guerre mondiale, la rue était loin d’appartenir à la gauche… De l’Action française aux Croix-de-Feu, puis au Parti social français du colonel de La Roque, en passant par de multiples autres formations plus ou moins importantes, mais plus nationales que socialistes, c’était à celui qui tiendrait le pavé le plus haut… Et le 6 février 1934, il s’en est fallu d’un pont que les députés faillis soient « pendus à la lanterne »… D’un pont et d’un chef !
    Mais ce n’est sans doute pas à cette époque-là que songe Jean-François Copé. Ses connaissances historiques de la France ne vont pas s’y loin. Lui se contente de songer au défilé de 1984 contre le projet de loi Savary, à Versailles, où un million de personnes avaient manifesté pour la  défense de l’école libre. Le projet de loi visant à la création d'un grand service public de l'éducation, projeté par Alain Savary, alors ministre de l'Éducation nationale, fut alors retiré par François Mitterrand. La rue avait fait reculer le Pouvoir. 30 ans après, la gauche en fait encore des cauchemars.
    On imagine donc la terreur des caciques à la rose sous le nez desquels le responsable de l’UMP agite le spectre de manifestations possibles pour contrecarrer les projets de lois accordant le droit de vote aux immigrés ou le mariage des couples homosexuels et leurs droits à l’adoption d’enfants.
    Il est facile de brandir des sondages affirmant qu’une majorité de plus en plus grande de Français est favorable à ces deux mesures… Mais sans doute serait-il plus difficile d’ignorer des centaines de milliers de Françaises et de Français qui battraient le pavé pour affirmer leur opposition à de tels obsessions spécifiques d’une France d’en haut sortie de l’ENA ou des rangs trotskystes…
    Imaginons une manifestation contre le droit de vote des immigrés au premier rang de laquelle défileraient les ex-salariés d’Hermès-Métal, de Carrefour, de Viveo, de PSA, de Cofinoga, de la sidérurgie lorraine, etc., etc.
    Et une autre contre le mariage et l’adoption accordés aux couples homosexuels dans laquelle se côtoieraient catholiques, musulmans et juifs, tous unis, pour un jour et une cause, tous choqués pareillement en leur âme et conscience face à une réforme qui bouleversera la structure familiale, fera disparaître les notions de père et mère du Code civil et engagera l’avenir de milliers d’enfants…
    En mai 68, c’était sous les pavés, la plage… et désormais, sur le bitume, si c’était le peuple ? Chiche ! http://www.francepresseinfos.com/

    Philippe Randa est écrivain, chroniqueur politique et éditeur (www.francephi.com).

  • Victoire sémantique : 5 ans après Fabrice Robert, les médias utilisent de plus en plus le concept de « droite identitaire »

    PARIS (NOVOpress) — Si l’on peut le résumer grossièrement, le principe de base du « gramscisme » est que les victoires culturelles précèdent les victoires politiques. D’où l’importance de la sémantique comme vecteur de nouveaux paradigmes.

    C’est ainsi que les Identitaires, dans le droit fil de leur volonté d’être des éveilleurs de peuple, lancent des concepts repris (souvent avec déformation) par les politiques, les journalistes et les chercheurs. Dernier exemple en date : la droite identitaire.

    Concept mis en avant dès 2007 par Fabrice Robert, président du Bloc identitaire, dans un texte exposant les différences entre les Identitaires et ce que l’on appelle communément la droite nationale. Intitulé « Orientations pour une droite identitaire », ce texte décrit un certain nombre de thèmes susceptibles de définir ce qui pourrait caractériser cette droite identitaire : Europe, social, identité. Ainsi que les méthodes et stratégies de cette droite identitaire. Méthodes et stratégies rappelées par Fabrice Robert  et Philippe Vardon dans leurs diverses interventions lors de la dernière Convention identitaire. Cinq ans plus tard, il semble que ce concept de droite identitaire soit de plus en plus repris par les politiques, les journalistes et les chercheurs.

    Précurseurs
    Précurseurs, les Identitaires le sont. D’une part, parce que Patrick Buisson a défendu pendant la campagne présidentielle cette exigence d’identité et de social pour obtenir les suffrages des classes populaires. Alliance qu’il a développée dernièrement dans un entretien au Figaro, reprenant qui plus est les travaux du géographe Christophe Guilluy sur les fractures françaises, fractures notamment identitaires. Un Patrick Buisson pertinent vu que ce sont ces thématiques qui ont permis à Nicolas Sarkozy d’être proche de la victoire lors de la dernière campagne présidentielle. Une réussite reconnue par  Christophe Guilluy lui-même.

    Cependant, les termes identitaires ont récemment mis sur le devant de la scène dans le cadre de l’élection pour la présidence de l’UMP. Ainsi dans un billet pour le site du Point, Philippe Tesson indique : « Du fait de la fracture qui la divise, fracture qui affecte même sa composante principale : l’UMP. On sait où passe cette ligne de fracture. Elle oppose une droite plus moderne, plus ouverte, à une droite plus conservatrice, plus identitaire. » Et ce pour expliquer la soi-disant fracture idéologique entre Jean-François Copé et François Fillon.

    Or, s’il est bien une droite qui peut sembler moderne et novatrice, c’est la droite identitaire, notamment parce que la démondialisation, le localisme sont de nouveaux paradigmes, bien plus pertinents que le « centrisme » dont François Fillon serait l’une des incarnations.

    La droite identitaire à la barre ?
    Mais ce n’est pas la première fois que Jean-François Copé serait censé incarner cette droite identitaire. Ainsi, lors du lancement de la campagne « Pas mon président », le journaliste de Marianne Joseph Macé-Scaron, sur twitter, tenta d’imposer le terme de #droiteidentitaire pour tout ce qui se situerait – à ses yeux –  «  trop à droite  »,  c’est-à-dire plus clairement dans une droite se voulant (ou se prétendant…) en rupture avec la « bienpensance multiculturaliste ».

    Ensuite, le politologue Gaël Brustier avait fait paraître le 21 novembre dernier une tribune dans le Monde titrée : « La droite identitaire à la barre ». Dans cette tribune, Gaël Brustier revient à la fois sur les thèmes mis en avant par Patrick Buisson mais aussi sur la stratégie suivie par Jean-François Copé.

    Puis, toujours pour le Monde, la blogueuse et journaliste Coralie Delaume, du collectif « gauche populaire », comparait droite identitaire et gauche « diversitaire » : « Droite identitaire et gauche “diversitaire” : mêmes armes, même combat ? »

    Cette « gauche populaire », très critique de la gauche « diversitaire » qu’est Terra Nova, prend au sérieux la dimension identitaire du combat politique et les nouveaux paradigmes qui en découlent. Ainsi, Laurent Bouvet, animateur de la « gauche populaire »,  est l’anti-Terra Nova par excellence et c’est en esprit libre qu’il avait répondu aux questions de Novopress sur son opposition au droit de vote des étrangers, voici quelques mois.

    Le 6 mai dernier (jour de la victoire de François Hollande), Laurent Bouvet livrait sur les réseaux sociaux son malaise quant aux drapeaux étrangers brandis un peu partout sur la Place de la Bastille, et plus encore sur l’absence manifeste de drapeaux tricolores. Un peu dur à avaler pour celui qui entend redonner à la gauche le sens de la Nation et de la République, et dénonce la dérive communautariste.

    Commentant la polémique, il s’effraie d’un affrontement entre « droite identitaire » et « gauche identitaire » (et l’on saisit bien que les deux ne défendraient pas la même identité…). Commentant l’émission de Frédéric Taddéi Ce soir ou jamais, il va même plus loin en affirmant que cet affrontement sera « l’un des clivages fondamentaux des temps à venir ».

    Trait d’union valabale et viable
    Si l’on constate que les éditorialistes et les chercheurs s’emparent aujourd’hui de ce concept – avec  leur propre définition qui ne prend pas complètement en compte la spécificité des Identitaires – l’utilisation de ces termes montre bien que la thématique identitaire est une thématique majeure de la politique. A tel point que l’on peut affirmer que si d’aventure une union des droites devait se réaliser entre une partie de l’UMP et le FN, le seul trait d’union viable et valable serait la droite identitaire.

    Arnaud Naudin, Novopress http://fr.novopress.info/

  • Mécanisme européen de stabilité : refuser l’abandon de souveraineté, par Raoul Marc Jennar

    « Avec le Mécanisme européen de stabilité et le Pacte budgétaire, les peuples qui ont déjà été dépossédés des choix en matière monétaire du fait de la manière dont est géré l’euro (en particulier, le statut et les missions de la Banque Centrale Européenne), seront désormais dépossédés de tout pouvoir en matière budgétaire. » Raoul Marc Jennar est membre du Conseil scientifique d’Attac.

    Le mardi 21 février, à la demande du gouvernement, l’Assemblée nationale examinera en procédure d’urgence deux projets de loi :

    a) le projet de loi ratifiant la décision du Conseil européen de modifier l’article 136 du TFUE [1]

    b) le projet de loi ratifiant le traité instituant le Mécanisme européen de stabilité (MES)

    Ce qui se prépare dans un silence scandaleux alors que ces projets devraient être au cœur des débats dans toute la presse, va au-delà de tout ce qu’on a connu jusqu’ici, au niveau européen, en matière d’abandon de souveraineté, de recul démocratique et d’opacité.

    Pour s’en rendre compte, il faut savoir ce qu’est le MES et de quelle procédure on use pour le faire adopter.

    Le Mécanisme Européen de Stabilité (MES) : un FMI européen

    Le texte définitif du traité instituant le MES a été adopté par les représentants des Etats membres de la zone euro le 2 février 2012.

    Ce MES est destiné à prendre, à partir de juin 2013, la suite des instruments créés en 2010 pour faire face à la crise de la dette. Ce MES et le Pacte budgétaire (TSCG) sont complémentaires : à partir du 1 mars 2013, pour avoir accès aux aides du MES un Etat devra avoir accepté toutes les dispositions sur l’austérité budgétaire contenues dans le TSCG.

    Le MES, dont le siège est fixé à Luxembourg, est doté du statut d’une institution financière internationale bénéficiant des immunités dont jouissent les institutions internationales. Il n’a donc aucun compte à rendre ni au Parlement européen, ni aux parlements nationaux, ni aux citoyens des Etats membres et ne peut en aucun cas faire l’objet de poursuites. Par contre, doté de la personnalité juridique, le MES pourra ester en justice. Locaux et archives du MES sont inviolables. Il est exempté de toute obligation imposée par la législation d’un Etat Membre. Le MES, ses biens, fonds et avoirs jouissent de l’immunité de toute forme de procédure judiciaire.

    En cas de litige entre le MES et un Etat Membre, c’est la Cour de Justice de l’UE qui est compétente.

    Les membres du MES sont les Etats de la zone euro. L’institution est dirigée par un collège composé des ministres des finances des Etats membres appelés pour la circonstance « gouverneurs ». Ces gouverneurs désignent un conseil d’administration. Un Directeur général est nommé. Le Conseil des gouverneurs est compétent pour toutes les décisions relatives à l’intervention du MES. Le Conseil d’administration est compétent pour la gestion de l’institution. Le secret professionnel est imposé à toute personne travaillant ou ayant travaillé pour le MES. Toutes les personnes exerçant une activité au sein du MES bénéficient de l’inviolabilité de leurs papiers et documents officiels et ne peuvent faire l’objet de poursuites en raison des actes accomplis dans l’exercice de leurs fonctions.

    Le but du MES est de « mobiliser des ressources financières et de fournir, sous une stricte conditionnalité, » un soutien à la stabilité d’un de ses Etats membres qui connaît des graves difficultés financières susceptibles de menacer la stabilité financière de la zone euro. A cette fin, il est autorisé à lever des fonds. Son capital est fixé à 700 Milliards d’euros. La contribution de chaque Etat a été déterminée de la manière suivante :

    (JPG)

    Les Etats Membres, par ce traité, s’engagent « de manière irrévocable et inconditionnelle » à fournir leur contribution au capital du MES. Ils s’engagent à verser les fonds demandés par le MES dans les 7 jours suivant la réception de la demande.

    Le MES peut décider de revoir les contributions de chaque Etat membre. Cette décision s’imposera automatiquement.

    Lorsqu’un Etat Membre sollicite une demande de soutien à la stabilité, c’est la Commission européenne en liaison avec la Banque Centrale Européenne (BCE) qui est chargée d’évaluer le risque pour la stabilité de la zone euro, d’évaluer, en collaboration avec le FMI, la soutenabilité de l’endettement public du pays demandeur et d’évaluer les besoins réels de financement de ce dernier.

    Lorsque le MES décide d’octroyer un soutien à la stabilité, c’est la Commission européenne, en liaison avec la BCE et le FMI, qui négocie avec l’Etat demandeur les conditions dont est assorti ce soutien. Cette négociation doit s’inscrire dans le respect du Pacte budgétaire (TSCG). La Commission européenne, en liaison avec la BCE et le FMI, est chargée du respect des conditions imposées.

    Le traité entrera en vigueur deux mois après le dépôt des instruments de ratification par les Etats signataires dont la souscription représente 90% du total.

    On s’en rend compte, les gouvernements signataires de ce traité ont créé un monstre institutionnel contre lequel les Etats eux-mêmes et à fortiori les peuples seront désormais totalement impuissants. Ainsi se poursuit, sous la pression du monde de la finance et des affaires, le démembrement du siège de la souveraineté populaire, l’Etat, au profit d’institutions échappant à tout contrôle.

    Une procédure illégale

    La création du MES exige une modification de l’article 136 du TFUE. Cette modification, qui est possible si on recourt à la procédure simplifiée pour modifier un traité européen, a été proposée par la Commission européenne et adoptée par le Conseil européen le 25 mars 2011. Elle est formulée comme suit :

    « A l’article 136, paragraphe 1, du TFUE, le point suivant est ajouté :

    Les Etats membres dont la monnaie est l’euro peuvent établir un mécanisme de stabilité pouvant, si nécessaire, être activé dans le but de préserver la stabilité de la zone euro dans son ensemble. L’octroi de toute aide financière en vertu du mécanisme sera soumis à de strictes conditionnalités. »

    Il est précisé que la base légale de cette modification de l’article 136 du TFUE, via la procédure simplifiée, est fournie par l’article 48, paragraphe 6, du TUE.

    Or, cet article stipule, en son §6, alinéa 3, qu’une décision prise sous le régime de la procédure simplifiée « ne peut pas accroître les compétences attribuées à l’Union dans les traités. »

    Les défenseurs du MES considèrent qu’ils n’y a pas accroissement des compétences de l’Union puisque, formellement, le MES ne serait pas une institution de l’Union. C’est jouer avec les mots, et manipuler dangereusement les textes, car le traité créant le MES indique clairement que le MES implique la participation directe de la Commission européenne, et, en cas de litige, celle de la Cour de Justice de l’UE, deux institutions de l’Union. En outre, le Commissaire européen en charge des affaires économiques et monétaires siègera dans l’instance dirigeante du MES en qualité d’observateur. C’est la Commission européenne qui sera mandatée pour imposer à l’Etat concerné les conditions d’une intervention du MES.

    Il n’est pas contestable que le MES diminue les pouvoirs des Etats membres et augmente les compétences attribuées à l’Union, en particulier les pouvoirs de la Commission européenne.

    Le projet de loi soumis le 21 février à l’Assemblée nationale pour ratifier la modification à l’article 136 du TFUE vise donc à permettre une extension des compétences de l’Union européenne en toute illégalité.

    Un coup d’Etat

    Qu’est-ce qu’un coup d’Etat ? C’est le remplacement d’un pouvoir légitime, issu du peuple, par un pouvoir qui ne l’est pas.

    Le transfert, en toute illégalité, à des autorités européennes et internationales qui ne sont soumises à aucun contrôle démocratique de pouvoirs qui relèvent pas nature de la souveraineté populaire s’apparente à un véritable coup d’Etat.

    Les gouvernants qui sont à la manoeuvre manifestent leur plus total mépris du respect des exigences démocratiques. Par des artifices de procédure, en interprétant abusivement des règles dont ils se moquent, ils se font les complices d’une entreprise de démantèlement de la démocratie et d’effacement d’un acquis fondamental dans l’histoire de l’humanité : la souveraineté du peuple.

    Deux traités démocraticides

    Avec le MES et le Pacte budgétaire (TSCG) , les peuples qui ont déjà été dépossédés des choix en matière monétaire du fait de la manière dont est géré l’euro (en particulier, le statut et les missions de la Banque Centrale Européenne), seront désormais dépossédés de tout pouvoir en matière budgétaire.

    Rappelons que la démocratie est née progressivement du droit réclamé par les peuples de contrôler les dépenses des gouvernants. La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, adoptée le 26 août 1789, en son article XIV, proclame que « Tous les citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs Représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d’en suivre l’emploi et d’en déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée. »

    C’est ce droit fondamental qui leur est aujourd’hui enlevé. En violation d’une disposition inscrite dans la Constitution de la République : « Le peuple français proclame solennellement son attachement aux Droits de l’homme et aux principes de la souveraineté nationale tels qu’ils ont été définis par la Déclaration de 1789, confirmée et complétée par le préambule de la Constitution de 1946 (...). »

    Ceux qui approuveront les deux projets de loi soumis le 21 février approuveront le TSCG puisqu’ils sont étroitement liés. Les promesses de renégociation de ce dernier perdent leur peu de crédibilité si leurs auteurs approuvent le MES.

    Ces deux traités MES et TSCG confirment que la construction européenne s’est définitivement éloignée de l’idéal démocratique.

    Ces deux traités sont, contrairement à ce qu’affirme Hollande, étroitement liés. Ils alimentent l’un et l’autre transfert de pouvoir et perte de souveraineté rendant possible une totale mise sous tutelle financière et budgétaire des Etats et des peuples.

    La France est la première à engager la procédure de ratification du MES. Des mouvements d’opposition se lèvent dans plusieurs pays signataires qui interpellent les élus sur leur attitude future.

    En France, à ce jour, seuls Jean-Luc Mélenchon au nom du front de Gauche et Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force Ouvrière se sont prononcés clairement contre le MES et ont appelé les parlementaires à ne pas voter les textes soumis le 21 février.

    Si ces deux textes soumis le 21 février sont adoptés, il est indispensable que soit saisi le Conseil constitutionnel. Y a-t-il, dans le Parlement du pays qui a donné au monde les progrès de 1789, 60 députés et sénateurs pour soumettre au respect de la Constitution des traités qui la violent ?

    Publication originale Raoul Marc Jennar  http://contreinfo.info
    [1] TFUE : traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, deuxième partie du traité de Lisbonne

  • Drôle de fin d’année

    La publication des derniers chiffres du chômage doivent être une source d’inquiétude tandis que le nombre de Français qui s’expatrient augmente à une cadence impressionnante. Pour le chômage en France, c’est le dix-huitième mois consécutif de progression !

    Hasard du calendrier, c’est ce même jour que le syndicaliste François Chérèque doit quitter la direction de la CFDT, qu’il dirige depuis dix ans.

    Sale ambiance… Même l’OCDE est de la partie avec de sombres prévisions économiques pour la France et l’assurance que la courbe du chômage va poursuivre sa progression pour se stabiliser à 11,25 % à la fin de 2013. C’est loin… mais il faut bien donner de l’espoir. Nous sommes encore dans une projection optimiste ! L’OCDE met en cause non seulement la très faible croissance, mais surtout la faible marge bénéficiaire des entreprises et le niveau élevé de leur endettement. L’OCDE vise une expansion de + 0,3 % en 2013 avant une reprise à + 1,3 % en 2014, alors que le gouvernement n’en démord pas et vise une croissance de + 0,8 % l’an prochain.

    Dépassant le cadre de la France dans ses projections, l’OCDE prévient que l’économie pourrait replonger dans la récession si les projections concernant la zone euro ne sont pas au rendez-vous. Malheureusement, l’OCDE n’a pas de solution : il est conseillé à la BCE de baisser encore ses taux, de donner un message fort au Marché comme quoi les banquiers centraux poursuivront une politique très accommodante pour de nombreux mois. L’institution assure que l’inflation va décliner encore. Pour les Etats-Unis, ce sont là aussi les même « solutions » recommandées: une politique encore plus agressive d’assouplissement quantitatif de la Fed.

    Bref, ils n’ont AUCUNE SOLUTION autre que celle souhaitée par des intérêts financiers supérieurs cherchant à réaliser la perestroïka de notre modèle de société..

    Dans le même temps, les sectes de l’Apocalypse font de plus en plus d’adeptes. On sait à ce jour que l’affaire Nibiru est un montage. Reste à savoir qui se trouve derrière et qui a intérêt à rendre crédible une grande catastrophe fin décembre 2012. Est-ce simplement, comme le dit Eric Taladoire, professeur d’archéologie précolombienne à la Sorbonne, une instrumentalisation à des fins mercantiles ? On le saura bientôt.

    Plus généralement en Europe, les reportages mettent en avant le problème de la crise qui touche l’Allemagne et où le fossé entre riches et pauvres s’accentue. En attendant, si le gouvernement français estime nécessaire de serrer la ceinture de ses contribuables, on va encore trouver quelques centaines de millions, on parle même de 1 milliard d’euros pour la banque DEXIA

    http://liesidotorg.wordpress.com/

  • L’UMP, l’huître et les plaideurs – par Yves-Marie Laulan

    Le bon Lafontaine l’avait déjà écrit bien avant nous.
    Un jour deux Pèlerins sur le sable rencontrent 
    Une Huître que le flot y venait d'apporter : 
    Ils l'avalent des yeux, du doigt ils se la montrent ; 
    À l'égard de la dent il fallut contester.
    L’huître, objet d’une convoitise acharnée, c’est évidemment  la présidence de l’UMP où les deux protagonistes voient, peut-être à tort d’ailleurs, l’antichambre de l’élection présidentielle. 
     Les plaideurs, chacun a reconnu les deux François, François Copé et François Fillon. On pourrait d’ailleurs appeler cet épisode charmant « la  guerre des deux François ».
    Quand à Georges Dandin, mon Dieu,  comment ne pas le distinguer  sous les traits  d’Alain Juppé, né malin, rusé, madré. Il espère  bien, en fin de compte, empocher, tout ou tard la mise, grâce à une affaire qui le place enfin, le destin est miséricordieux, après tant d’avanies, en position d’arbitre, de vieux Sage, de Gourou même au sein de l’UMP. 
    Pendant tout ce bel incident, 
    Perrin Dandin arrive : ils le prennent pour juge. 
    Perrin fort gravement ouvre l'Huître, et la gruge.
    Il est loin le personnage d’il y a 15 ans, Monsieur « droit dans ses bottes », maigre et sec portant beau. Nourri  au bon vin de Bordeaux, sa taille s’est épaissie, son visage empâté. Il ressemble enfin, et pour notre  plus grand bonheur, à un radical socialiste  bien rassurant, natif de notre bonne vieille région d’Aquitaine (foie gras, magret de canard, et armagnac).
    À ceci  près qu’il a courageusement refusé de se présenter aux élections législatives, pour mieux préserver ses chances aux municipales, sans doute parce que les sondages ne le donnaient pas gagnant. Ce courage politique le désigne tout naturellement pour conduire l’UMP, enfin rassemblée sous sa houlette,  à la victoire en 2017. 
    Reste nos deux gaillards qui risquent fort de faire les frais de cette aventure et de rester piteusement sur le carreau.
    Ce repas fait, il dit d'un ton de Président : 
    Tenez, la cour vous donne à chacun une écaille 
    Sans dépens, et qu'en paix chacun chez soi s'en aille. 
    Vous voyez: tout y est.
    Entre les deux plaideurs, mon cœur balance.  Entre Copé, teigneux, accrocheur et parfois arrogant et Fillon, doux, gentil, avenant, comment choisir ?
    En fait, il n’y a pas la moindre  divergence politique entre ces deux personnages. Simplement un conflit entre deux ambitions et deux tempéraments. Mais voilà. Faut-il, pour mener un jour l’UMP à la bataille,  un guerrier, un combattant,  parfois insupportable, mais n’hésitant jamais à prendre des coups, et à en donner ? 
    Ou faut-il préférer une personnalité  bien sympathique, mais un peu molle,  une sorte d’édredon politique en  quelque sorte, bien décidée en tous cas  à ne prendre aucun risque politique. On dit même qu’il aurait décidé de ne pas se présenter à la Mairie de Paris » de peur de se faire battre. Du Juppé tout cru ! Après tout, il a été pendant  5 ans le Sancho Pansa de Nicolas Sarkozy et avalé un nombre incalculable de couleuvres. Il  aurait quand même pu en avaler une de plus de bonne grâce.
    Ce qui surprend un peu est sa réaction un peu rageuse, capricieuse, quasi féminine  pourrait-on dire, à son échec aux primaires. Une fois il veut rafler la présidence ; le coup d’après, il n’en veut plus, mais à condition que son rival ne s’en empare pas. Un comportement de   « mauvais  perdant » qui augure mal de ce de ce qu’il  pourrait faire à la tête  d’un grand parti.
    Quand un grand quotidien du  soir s’attriste, la larme à l’œil, de voir l’UMP se déchirer à belle dents, il faut y voir, bien au contraire, une manifestation de la belle santé rageuse d’un grand parti qui ne veut pas mourir encore. Après tout, à quoi nous a conduit l’unanimité servile bien rangée derrière Nicolas Sarkozy ? À l’échec. De cette furieuse empoignade sortiront, peut-être, les germes d’une belle victoire de la droite dans 5 ans.

    Quant aux « cicatrices » dont on parle tant, dans quelque mois, une année au plus, on n’y pensera plus. « Une nuit de Paris aura effacé tout cela ». C’est ça la politique.

    http://www.francepresseinfos.com/

  • Les conséquences de la loi Taubira, par Bernard Lugan

     L’on croyait avoir tout vu à propos de la repentance ! Or, au moment où, à Gorée, François Hollande se couvrait la tête de cendres (voir mon communiqué du 12 octobre), le cabinet du Premier ministre français reconnaissait qu’il avait été demandé à un « collectif » d’associations de « faire des propositions sur ce qui peut être fait en termes de réparations ». Rien de moins ! Français, à vos portefeuilles…

    Peut-être pourrait-on suggérer à Monsieur le Premier ministre de mettre particulièrement à contribution les habitants de sa bonne ville de Nantes, elle qui fut une capitale de la Traite et dont les électeurs apportent régulièrement leurs suffrages au parti socialiste…

    La question des réparations est régulièrement posée depuis que, sous un Président de « droite » et un Premier ministre de gauche, les députés votèrent à l’unanimité et en première lecture, la loi dite « Taubira », loi qui fut définitivement adoptée le 10 mai 2001.

    Jacques Chirac décida ensuite que ce même 10 mai, serait désormais célébrée la « Journée des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions ». Cette décision plus qu’insolite rompait avec une sage pratique voulant, sauf exception, que des dates du passé soient toujours choisies pour célébrer les évènements historiques. Or, avec le 10 mai, ce fut une date du présent qui allait permettre de commémorer des évènements du passé.

    Pourquoi ne pas avoir choisi le 27 avril, date anniversaire de l’abolition de l’esclavage en France (27 avril 1848) pour célébrer cette « Journée des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions » ? L’air du temps y fut naturellement pour quelque chose…

    Il est d’ailleurs proprement stupéfiant de devoir constater que, littéralement couchés devant le politiquement correct, tous les députés de « droite », je dis bien TOUS, votèrent cette loi qui ne dénonce pourtant qu’une seule Traite esclavagiste, celle qui fut pratiquée par les seuls Européens, loi qui passe sous silence le rôle des royaumes esclavagistes africains et la traite arabo-musulmane. L’ethno-masochisme de nos « élites » semble sans limites !

    Quelques années plus tard, Christiane Taubira a osé déclarer qu’il ne fallait pas évoquer la traite négrière arabo-musulmane afin que les « jeunes Arabes (…) ne portent pas sur leur dos tout le poids de l’héritage des méfaits des Arabes » (L’Express du 4 mai 2006) !

    L’énormité de la demande concernant les réparations est telle que le gouvernement va nécessairement devoir clarifier sa position. Il est même condamné à le faire devant l’impopularité et l’incongruité d’une telle démarche. Mais, harcelé par les groupes de pression qui constituent son noyau électoral, il va devoir donner des compensations « morales » aux « associations » concernées. Nous pouvons donc nous attendre à une nouvelle rafale de mesures de repentance.

    Voilà comment l’histoire est violée et comment le totalitarisme liberticide se met en place. Lentement, insidieusement, mais sûrement.

    Bernard Lugan 14/10/12 via http://www.reseau-identites.org/

  • J. Bourbon à Synthèse Nationale

    "Jamais sans doute dans l'histoire des hommes, dans l'histoire de notre civilisation, nous n'étions tombés aussi bas."(J. B. le 11 novembre 2012)


    Jérôme Bourbon - Journée de Synthèse Nationale -... par confiteor-II

    http://rivarol.over-blog.com/

  • Non, le «bio» ne peut nourrir le monde !

    Alors que le Salon de l'Agriculture ouvrait ses portes à Paris dans un climat rendu morose par le renchérissement des prix agricoles et ses répercussions sur le fameux « panier de la ménagère », l'Organisation pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO), appendice de l'ONU, découvrait l'état catastrophique de la planète après un demi-siècle de pillages ... auxquels elle n'est pas étrangère. N'est-ce pas le système mondialement planifié, appuyé sur le productivisme et la prolifération alimentaire génératrice de stocks gigantesques, qui a conçu des procédés de redistribution assurant la survie contre-nature de milliards d'individus, esquivant ainsi la régulation naturelle des flux démographiques ? Ce processus a conduit à l'impasse actuelle. Bientôt sept milliards d'habitants et 9 à l'horizon 2050.

    Jusque-là on nous assurait qu'il n'y avait pas lieu de s'inquiéter : la technologie garantirait une croissance des productions alimentaires en rapport avec l'essor démographique. On pourrait même, clamait-on, nourrir 13 milliards de personnes. Tout ne serait qu'affaire de redistribution ! Las, de toutes parts montent d'alarmistes prévisions.

    La raréfaction des énergies fossiles, dans une économie mondiale où la croissance industrielle débridée, est le moteur de la survie du système, pose soudain de gigantesques interrogations. Nourrir neuf milliards de terriens requiert l'utilisation d'eau, de biotechnologies, de machinisme, de dérivés pétroliers et de carburants en nombre, en puissance et en quantité accrus. Or au-delà des pénuries il apparaît que les dégradations à l'environnement commises par ces technologies au cours des dernières décennies sont irrévocables tandis que la stérilisation des sols s'étend sur des millions d'hectares. Non seulement les productions ont cessé de croître mais elles diminuent. Les « clubs des 100 (quintaux de blé hectare) » ont des difficultés à recruter. Loin de pouvoir nourrir les populations émergentes, de plus en plus nombreuses à vouloir leur part du gâteau, il devient évident que les terres, arables en général, irrémédiablement détruites au cours du XXe siècle, sauf à être rapidement «régénérées», seront incapables de réaliser l'effort de production que la ruche humaine entend leur imposer.

    Afin d'inciter les plus gros consommateurs - majoritairement les Blancs - à se restreindre, au risque de faire capoter l'économie mondiale actionnée par l'endettement et le gaspillage, on les terrorise avec les gaz à effet de serre supposés responsables d'un réchauffement induisant une sécheresse qui ajouterait aux pénuries alimentaires. Attisé par le typhon médiatique, le bobard marche. Mais il ne résoudra rien, s'il peut faire gagner du temps à ceux qui redoutent avant tout la prise de conscience des peuples !

    ENTRE STÉRILISATION CHIMIQUE ET FAMINE

    C'est ainsi que la FAO vient de publier une étude intitulée « Agriculture biologique et sécurité alimentaire ». selon laquelle l'agriculture bio qui, prétend-elle, couvrirait 31 millions d'hectares dans 120 pays pour un marché global de 40 milliards de US$, devrait voir « intégrer ses objectifs et ses actions dans les stratégies nationales de développement agricole et de réduction de la pauvreté » des gouvernements. Outre l'évidente fausseté des chiffres - quels contrôles sont exercés sur la plus grande partie de ces 31 millions d'hectares ? -, on peut s'interroger sur l'utilisation immédiatement faite de cette annonce par les écologistes qui assurent péremptoirement que « l'agriculture biologique pourrait nourrir le monde ».

    On voit bien quelle manœuvre se dessine. L'agriculture productiviste et industrielle, ni durable ni supportable, étant condamnée avec raison, comment nourrir les milliards d'être humains qu'annoncent les statistiques ? A l'évidence, si on ne le dit pas ainsi, il n'y a plus de choix qu'entre l'apocalypse chimique et la famine. Les baudruches du genre « agriculture raisonnée » ont eu tôt fait de se dégonfler, ne ralliant que quelques milliers d'opportunistes. Aussi essaie-t-on de faire croire que cette agriculture "bio", dénoncée il n'y a guère encore par les mêmes progressistes, serait la panacée de nature à sauver le monde. Limitation des carburants fossiles, proclame la FAO, retour à la biodiversité avec rotation de cultures, proximité de la main-d'œuvre et des services, réduction des endettements dus aux achats très coûteux d'engrais et pesticides. C'est beau comme l'antique.

    De surcroît plusieurs études, émanant d'organismes technologiques et scientifiques hautement respectables, arrivent, providentiellement, pour montrer que, contrairement aux affirmations des pessimistes qui soulignent la moindre productivité du "bio", celui-ci aurait fait la preuve, dans les pays en développement, d'une bien meilleure efficacité que l'agriculture productiviste mécanisée et chimique. L'égalant dans les pays industrialisés.

    Au phytogénéticien suédois Norman Borlaug, couronné hier d'un Prix Nobel pour avoir imposé en Inde l'imbécile «révolution Verte», qui proteste que « nous n'allons pas nourrir 6 milliards d'êtres humains avec des engrais biologiques » (lesquels d'ailleurs ont pratiquement disparu), au chimiste anglais John Emsley, sommité mondiale en matière de toxicité chimique, qui assure qu'une conversion planétaire à l'agriculture biologique provoquerait environ 2 milliards de morts, s'oppose un déferlement de néo-écolos pour lesquels la "bio" banalisée et industrialisée sauvera le monde.

    DES MILLIONS D'HECTARES DÉVASTÉS

    Ainsi, Bill Liebhardt, chercheur de l'Université de Californie, affirme avoir fait produire à du maïs biologique 94 % d'une récolte conventionnelle, 97 % à du blé biologique, 94 % à du soja. Et 100 % à une tomate biologique. De telles mesures, réalisées en laboratoire, n'ont toutefois aucune valeur réelle. N'est-ce pas ce même type de manipulations qui en un siècle ont conduit au gigantesque fiasco de l'agriculture chimique ? Dans la meilleure des hypothèses - et c'est le cas d'une étude menée par l'Institut de Recherche Suisse pour l'Agriculture Biologique ou d'une compilation, réalisée à partir de 200 études faites en Europe et aux Etats-Unis, par Per Endersen de l'Université Cornell-, l'agriculture biologique atteindrait 80 % de la production chimique. Et on ne discutera pas ici du processus inéluctable de dégradation causé par cette dernière. Non plus que de la certitude qu'un jour l'agriculture bio produira en effet plus que l'autre en train de s'autodétruire. On ne s'étendra pas non plus sur les terribles mises en garde de Lydie et Claude Bourguignon (1) : il faut un hectare de culture par habitant pour nourrir les économies développées quand chaque terrien ne dispose plus que de 2 600 m² de terre cultivée.

    Alors que chaque année l'érosion dévaste dans le monde la superficie d'une France, trente mètres de limon s'entassent sous le béton et le bitume de Roissy. Combien de générations faudra-t-il pour réanimer une terre épuisée par la chimie et le machinisme ?

    VERS LA GRANDE FAMINE ?

    On rappellera en revanche - ce qui échappe aux têtes d' œuf mondialistes - que l'agriculture biologique, véritable sacerdoce, capable en effet de rendements voisins de ceux réalisés par la chimique, exige un savoir-faire exceptionnel, de grandes connaissances techniques et un déchiffrage intuitif de la nature. Ce que ne possèdent plus les agriculteurs modernes couverts de diplômes artificiels, et que n'ont jamais su les paysans du Tiers-Monde sur lesquels on se repose pour la vulgarisation de cette pointilleuse technologie. Après avoir depuis un demi-siècle convaincu l'esprit public citadin de la crasse stupidité du bouseux, il est difficile aujourd'hui de faire admettre au plus grand nombre qu'il n'est pas à la portée du premier venu de produire une alimentation saine, sans chimie et sans gigantisme technologique, et d'élever avec doigté des troupeaux sans antibiotiques, hormones ni compléments de synthèse.

    On peut douter qu'avec une telle surpopulation globale, quelque mécanisme puisse empêcher la Grande Famine. En tout cas, pour que l'agriculture biologique puisse nourrir la planète, faudra-t-il encore trouver les millions de magiciens indispensables à cette contre-révolution. Ainsi que les sages capables de les instruire. Et ça c'est la quadrature du cercle.

    (1) Claude Bourguignon Le Sol, la Terre et les Champs, éd. Le Sang de la Terre. Epuisé. Réédité en février 2008. Voir aussi toute l'œuvre du Japonais Masanobu Fukuoa.

    Petrus AGRICOLA. RIVAROL du 29 février 2008