Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

tradition - Page 262

  • Pour un nationalisme permaculturel

    Vivre, c'est se protéger

    Un long travail de guerre culturelle a été accompli par l'idéologie dominante en Occident pour culpabiliser dans les populations l'idée de « fermeture », et ses corollaires dans les notions de frontière, de limite et de protectionnisme. Depuis les années 1970, pour être quelqu'un de bien, il faut rester « ouvert », et en particulier souscrire sans conditions au sans-frontiérisme. On pense notamment à l'officine d'influence Open Society Institute de George Soros ainsi qu'au champ lexical du marketing et aux éléments de langage en vigueur dans les médias.

    Or, aucune espèce vivante ne peut survivre physiquement sans un territoire doté de frontières, de limites, de contours. Le premier territoire est le corps, dont l'intégrité est assurée par la peau, ou du moins une membrane protectrice. La vie n'existe pas sans un épiderme qui distingue l'intérieur de l'extérieur, ce qui suppose nécessairement un certain degré de fermeture. L'idéologie dominante de l'ouverture inconditionnelle des frontières et de la levée de toutes les limites est donc une idéologie de mort, l'équivalent de l'ouverture de la peau.

    La notion de « fermeture » mérite ainsi une réhabilitation pleine et entière dans le champ de la praxis politique. Fermer est synonyme de « protéger l'intégrité », « assurer la sécurité et la pérennité ». Pendant des millénaires, pour se protéger des agressions, toutes les places fortes et les cités d'importance étaient fermées par des remparts, des murailles, des reliefs et des plans d'eau naturels ou artificiels, ce qui leur a permis de se perpétuer jusqu'à notre époque. Dans cette perspective de « fermeture positive », l'échelle locale à privilégier de nos jours est celle de l'État-nation, doté de frontières et de limites fixes. Les raisons en sont simples : face au mondialisme, dont la logique est structurellement aliénante, les échelles régionales ou de tailles encore inférieures sont impuissantes à assurer la protection de leurs résidants, et seule l'échelle nationale en est capable. Quant à l'échelle continentale, c'est celle du mondialisme, dont les partisans de l'euro-régionalisme sont en fait les pions.

    Les pathologies de l'ouverture

    Julia Kristeva, psychanalyste et théoricienne du féminisme, publiait en 1998 un livre d'entretiens intitulé Contre la dépression nationale. La 4ème de couverture résumait ainsi le contenu : « Peut-on restaurer la confiance nationale comme on restaure le narcissisme d'un patient déprimé ? Julia Kristeva en prend le parti, forte de son expérience de praticienne et de sa réflexion sur la culture et la révolte. Elle propose un discours contre la « dépression nationale » et le masochisme ambiant. Mai 68 a bouleversé le rapport social au plaisir, à la famille et à la nation, sans pour autant produire la liberté escomptée. Témoin actif et lucide de ces changements, Julia Kristeva montre l'urgence d'une révolte adaptée à notre temps, pour une liberté toujours à conquérir. »

    En une centaine de pages, ce petit ouvrage éclaire la question de l'identité nationale et de ses pathologies par la discipline peut-être la mieux placée pour le faire, puisque la psychanalyse est entièrement construite autour de la question de l'identité et des limites qui la définissent. L'identité suppose nécessairement des limites, des contours. Je ne suis pas « tout », je suis « ceci » à l'exclusion de « cela », et je dois l'apprendre dans mes premières années. Le complexe d'Œdipe, avec son tabou de l'inceste, est le moment où l'enfant comprend qu'il existe des limites – des limites à son désir et des limites identitaires – et qu'il doit donc abandonner ses revendications narcissiques de toute-puissance. Ce complexe fondateur est le point de basculement qui permet d'accéder à une socialisation normale, fondée sur le sens des formes fixes limitées et des contours durables et stables. L'instabilité et la transformation identitaires perpétuelles sont des symptômes de psychose schizophrénique. La figure mythologique de Protée est le dieu de notre époque, le dieu protéiforme du changement et du transformisme, mais le dieu malade. La théorie du Genre, qu'il faudrait renommer théorie de la confusion des Genres, et le « mariage homo » en sont les expressions morbides.

    La vie est toujours localisée, enracinée dans un territoire, une portion d'espace particulier. La géométrie pose que l'espace est partes extra partes : ses parties sont les unes à l'extérieur des autres. L'espace inclut et exclut en même temps. Il n'existe pas d'espace seulement inclusif. La notion de « démocratie inclusive » du politologue Takis Fotopoulos (né en Grèce en 1940) est plus que problématique. Un concept excluant l'exclusion est mortifère. De fait, on ne vit pas « partout » mais bien « quelque part » et à l'exclusion d'« ailleurs ». On ne connaît que des « situations », toute vie est « située ». Qui dit « situation », dit inclusion mais aussi exclusion, donc délimitation d'une permanence, car une limite qui bouge sans arrêt n'en est plus une. Les anciens Grecs distinguaient le principe ontologique du Peras, littéralement le « chemin tracé », avec ses connotations de fixité terrienne, de régularité, de délimitation et de point de repère pour s'orienter, de l'Apeiron, signifiant l'illimité, l'indéfini, l'indéterminé, comme les flots de la mer en changement perpétuel. Cette dualité se reproduit dans le champ éthique et moral par l'opposition entre le Metron, la mesure et la modération, et l'Hybris, la démesure et l'excès.

    La dépression nationale diagnostiquée par Kristeva, mais aussi par des sociologues comme Dany-Robert Dufour et divers cliniciens, vient justement de ce que les frontières nationales passent leur temps à être transgressées, sous prétexte d'ouverture au marché ou aux autres cultures, ouverture indifférenciée imposant un modèle identitaire flou, protéiforme, incluant tout, acceptant tout, donc excluant tout également, donc pathologique. Les nouvelles maladies de l'âme, comme le dit Kristeva, toutes ces nouvelles pathologies mentales apparues dès les années 1970, sont des pathologies de l'ouverture totale et de la levée de toutes les limites, et tournent autour du concept de borderline ou d'état limite. En finir avec l'épidémie contemporaine de pervers narcissiques, de syndromes psychotiques dérivant dans la criminalité, les toxicomanies et les addictions diverses, suppose de rétablir des limites, des frontières, des contours identitaires, suppose donc de ré-oedipianiser la vie. En d'autres termes : relocaliser, ré-enraciner et renationaliser la vie.

    Nationalisme, permaculture et féminisme

    Pour ce faire, l'idée nationaliste a peut-être besoin d'être rénovée ou enrichie. Le mème d'alter-nationalisme circulait à une époque. Pour aller plus loin, proposons aujourd'hui le « nationalisme permaculturel ». Le concept de permaculture, inventé en 1978 par Mollison et Holmgren, est un mot-valise qui condense « permanence » et « culture », dans la perspective de mettre en avant la notion de culture durable, planifiée sur le long terme. Dans un cadre de production agricole ou potagère, la permaculture est une méthode écologique qui consiste à faire avec la nature et pas contre elle. Il s'agit d'aménager l'environnement et non pas de l'artificialiser. La pratique du « design permaculturel » qualifie le travail de conception d'un espace de vie attentif aux relations de proximité entre des éléments divers. Les bordures, les frontières et les limites sont donc objets d'une attention particulière. Par exemple, le plan de culture d'un jardin en permaculture est structuré en zones circulaires concentriques, à commencer par l'habitation placée au centre ; cette configuration du territoire calquée sur les modèles naturels respecte aussi la hiérarchie des priorités concrètes définie par la théorie du « prendre soin ».

    La notion de « prendre soin » en politique a été mise à l'honneur par la théorie féministe du Care (ou take care ; Gilligan, 1982). L'éthique du Care, qui mobilise essentiellement les notions de proximité, de vulnérabilité à protéger et d'attention maternelle portée aux phénomènes de gestation lente, représente la forme mature du féminisme. L'axiologie du Care et du « prendre soin » recoupe ainsi point par point l'axiologie du nationalisme permaculturel. Les valeurs, les mots clés, les idées directrices du féminisme et du nationalisme sont en fait les mêmes : le soin, le long terme, l'amour du prochain et de la biodiversité. Notre nouveau nationalisme, permaculturel et féministe, est ainsi appuyé sur une éthique de vie non partisane : prendre soin du lieu où l'on vit, où que ce soit et avec qui que ce soit, non pas pour des raisons idéologiques ou émotionnelles, mais parce que c'est dans mon intérêt, donc dans notre intérêt, car l'individu n'existe que dans des relations. Mon intérêt consiste à m'aimer, à aimer mes proches, et à prendre soin de moi et de mes proches ainsi que de mon environnement, donc de mon pays. Ce féminisme nationaliste n'est dans son essence ni affectif, ni identitaire au sens lyrique du terme, mais rationnel et pragmatique. Il s'agit de « cultiver son pays », comme on « cultive son jardin ».

    Dans son édition du 12/09/13, la revue « Lys noir » rapportait les propos récents de Bernard Stiegler, philosophe de la technique, affirmant qu'il fallait « prendre soin » des électeurs du Front National : « Il faut prendre soin de ces électeurs comme de tous les Français qui sont aujourd'hui abandonnés face à une puissance du marché qui détruit jusqu'à la possibilité même d'éduquer leurs enfants. Le soin consiste ici à rompre avec le consumérisme, qui a produit une insolvabilité généralisée et dégradé les consommateurs sur les plans physique et psychique. » On le voit, nul besoin de faire appel au patriotisme pour être nationaliste ; il n'est même pas besoin d'être nationaliste pour être nationaliste : il suffit de « prendre soin » du lieu où l'on vit et des personnes qui y vivent. En d'autres termes, pour être nationaliste, il suffit d'agir selon son intérêt. Mon intérêt est que ça se passe bien là où je vis. Mon intérêt est que le lieu où je vis soit bien tenu. Mon intérêt est donc de m'occuper concrètement du pays où je vis pour le faire fructifier. Faire fructifier le pays où je vis, c'est-à-dire lutter contre l'entropie, le désordre et les déséquilibres qui peuvent y advenir, et impulser une dynamique néguentropique, donc structurante et ordonnatrice (fonction du design en permaculture).

    Le nationalisme permaculturel consiste ainsi à accueillir tous les gens de bonne volonté sur un projet national commun : quelles que soient nos origines culturelles, religieuses ou ethniques, notre intérêt à tous est de « prendre soin » de notre pays car c'est là que nous vivons, ici et maintenant. Sous cet angle, la France possède une complexion commune avec le Liban : nos deux pays sont multiethniques et multiculturels. Les nationalistes français peuvent s'inspirer du Hezbollah et de sa doctrine d'intérêt national bien compris permettant aux chrétiens et aux musulmans, ainsi qu'aux divers groupes, de cohabiter pacifiquement en visant un horizon national commun. En ce sens, et aussi paradoxal que cela paraisse pour l'opinion commune, on peut dire que le Hezbollah met en pratique l'éthique permaculturelle du « prendre soin » appliquée à son pays.

    Le séparatisme : méthode mondialiste

    Quand des tensions intercommunautaires apparaissent, en France, au Liban ou ailleurs, un examen attentif montre qu'elles sont généralement provoquées par des puissances étrangères travaillant à produire du séparatisme et de l'entropie sociale dans une perspective de conquête coloniale obéissant au principe du « diviser pour régner ». En effet, le développement des populations et de leurs cultures n'est pas toujours autonome, « naturel », mais est parfois placé « sous influence », pris en charge et tutoré, façonné par des méthodes d'ingénierie dérivées de la cybernétique sociale et de la psychanalyse, et que le management range sous le terme de « conduite du changement ». Dans Gouverner par le chaos – Ingénierie sociale et mondialisation, l'auteur de ces lignes expose une synthèse de ces techniques de pression psychologique et d'induction comportementale qui nous sont appliquées pour nous faire perdre le sens de ce qui est bon pour nous et programmer en nous des comportements qui vont contre notre intérêt, des comportements séparatistes, communautaristes, sans-frontiéristes, libéraux-libertaires, et au final, antinationaux. Cette ingénierie sociale négative cherche à conditionner des prises de décision irrationnelles et autodestructrices. Par exemple, les Français subissent depuis une quarantaine d'années un gros effort de culpabilisation de tous les sentiments protectionnistes et nationalistes ainsi que de la fermeture politique et géopolitique nécessaire que cela suppose. Le caractère artificiel et aberrant de cette haine de soi agissant comme une pulsion de dénationalisation, entropique et séparatiste, modelée sur la pulsion de mort – la mort étant le « séparatisme » des régions ou des organes – apparaît quand on voyage à l'étranger, où les sentiments patriotiques, nationaux et anti-séparatistes sont généralement très vivants et peuvent s'exprimer sans inhibition, ni censure médiatique.

    Des chercheurs en sciences sociales tels que Kurt Lewin (1890-1947) ont posé les fondements du management négatif, à savoir un encadrement comportemental visant à conduire de manière indirecte vers le suicide, l'entropie, le morcellement, la déstructuration. Cette démarche de dislocation intentionnelle des formes vives cherche à nous pousser à ne plus prendre soin de nous-mêmes, ni du lieu où l'on vit. Comment ? En culpabilisant le sens des proximités. Culpabiliser la priorité donnée à la proximité, culpabiliser la priorité nationale, c'est culpabiliser la priorité donnée à soi-même. Cela revient à culpabiliser le fait de s'occuper de soi et de prendre soin de sa propre vie. Le mondialisme veut culpabiliser le peuple de tenir à son pays, à sa vie, à soi-même, et plus largement veut culpabiliser le peuple de tenir à quoi que ce soit. L'idéologie dominante consiste à tout lâcher, y compris notre vie. L'ingénierie sociale négative est une fabrique du consentement à tout lâcher, une fabrique du consentement à la mort, comme en témoigne la désapprobation médiatique de tout ce qui ressemble de près ou de loin à de la légitime défense, que ce soit contre des Roms ou contre toute forme de délinquance ; faits divers qui sont pourtant des signaux salutaires d'un réarmement au moins psychologique d'une population qui refuse de se laisser génocider.

    Un ami d'origine marocaine nous rapportait un jour une discussion avec un oncle vivant au bled. L'oncle ne cessait de s'étonner de la diabolisation dont le Front National faisait l'objet en France : « Ils sont nationalistes ? Et alors ? C'est quoi le problème ? Ils défendent leur pays ! C'est normal, non ? » Pour l'immense majorité des peuples et des habitants de ce monde, le nationalisme est évident et consiste simplement à « prendre soin » du pays où l'on vit. Pas de pathos excessif. Ce n'est rien d'autre qu'un anti-masochisme naturel et de bon sens. Je m'occupe de moi, je me soigne, je fais en sorte de vivre décemment, donc je prends soin de mon environnement, donc je prends soin du pays où je vis. À notre époque postmoderne où il faut tout réapprendre, y compris les réflexes élémentaires de survie, un combat culturel et politique est donc à mener. Un combat pour – étrangement – re-banaliser le nationalisme. Puisque le nationalisme, en tant qu'expression évidente de la vie des peuples, est au fond banal et élémentaire.

    Lucien Cerise.

    http://www.scriptoblog.com/index.php/blog/actu-site-et-amis-du-site/1147-pour-un-nationalisme-permaculturel-par-lucien-cerise

    Retrouvez Oliganarchy sur notre boutique.

  • Le réveil français est en marche…

    Roland Hélie, Directeur de Synthèse nationale

    Editorial du n°33 de Synthèse nationale

    Amis et camarades lecteurs de Synthèse nationale, c’est avec une nouvelle présentation de notre revue que nous nous retrouvons en cette rentrée 2013. Cette 33e livraison, vous pourrez le constater par vous-même, adopte une maquette sensiblement différente, rajeunie et, espérons-le, encore plus attractive. Mais, rassurez-vous, les motivations et la détermination ne changent pas. Synthèse nationale entend être plus que jamais au cœur du combat pour sauver la France française et l’Europe européenne.

    Il faut dire que si nous avons décidé de renouveler notre présentation, c’est que les lecteurs de notre revue, et ceux du blog correspondant, sont de plus en plus nombreux. Depuis le début de l’année, grâce à la multiplication des manifestations contre la loi Taubira puis, hélas, en raison du climat malsain instauré à la suite de la malheureuse affaire de la rue Caumartin, dite « affaire Méric » que nous avons largement abordée dans notre précédente livraison, l’impact de Synthèse nationale s’est élargi considérablement.

    Mais, en fait, cela n’est pas vraiment surprenant lorsqu’on fait le point sur l’année écoulée…

    Qui aurait en effet imaginé, il y a à peine un an, que des centaines de milliers de Français, voire plus d’un million, allaient, au cours du printemps 2013, descendre plusieurs fois dans les rues pour s’opposer à une décision gouvernementale qui remet en question la nature même de la famille, cellule de base de notre société ?

    Qui aurait aussi imaginé qu’en quelques semaines, entre le mois de juin et le mois de juillet, le gouvernement socialiste, prenant prétexte d’une manipulation politico médiatique digne de celle de Carpentras, au début des années 90, dévoilerait sa véritable nature liberticide en procédant à la dissolution de plusieurs mouvements et associations patriotiques et nationalistes ?

    Ces différents événements prouvent, s’il en était encore besoin, que l’instinct de survie et la combativité de notre peuple ne sont pas encore tout à fait anesthésiés. N’en déplaise à l’hyperclasse mondialiste qui aimerait tant voir la France, comme d’ailleurs toutes les autres nations, disparaître au profit d’un monde uniformisé et standardisé dans lequel les Humains ne seraient plus que des consommateurs dociles, totalement déracinés et privés de toutes identités, y compris sexuelles (avec l’intrusion de la théorie dite « du genre » à l’école), et juste bons à enrichir les comptes des actionnaires des multinationales apatrides.

    En effet, qu’il s’agisse des manifs contre la loi Taubira sur le mariage homosexuel, qu’il s’agisse des manifs qui se multiplient à la suite de telle ou telle agression de commerçants ou de simple citoyens (comme cet été à Montpellier ou à Nice…), par des racailles venues souvent d’ailleurs, qu’il s’agisse de réactions socio-professionnelles ou autres face à telle ou telle mesure, souvent accablante, contre les entreprises ou les simples contribuables, tout cela relève de la prise de conscience par bon nombre de nos compatriotes de graves problèmes qui, jusqu’à présent, les effleuraient à peine. Il reste encore beaucoup de travail à faire mais force est de reconnaître que les Français se réveillent, de plus en plus nombreux, en colère et partout les nationalistes sont à leurs côtés afin de refuser les diktats du Système et proposer les réponses alternatives qui sont les nôtres au mondialisme destructeur des peuples et des nations.

    Dans ce contexte, Synthèse nationale entend contribuer le plus possible à la radicalisation des revendications. Au-delà de la lutte légitime contre la loi Taubira, il y a le combat pour la défense de notre identité. Au-delà de la dénonciation compréhensible de la montée en flèche de l’insécurité, il y a la lutte contre l’inversion des valeurs et la nécessité de rétablir une Justice au service des honnêtes gens. Au-delà de la lutte contre le fiscalisme, il y a l’urgence de relancer une véritable politique économique au service de notre nation et non pas de la spéculation boursière mondiale. Nous sommes engagés dans un combat final. Si le mondialisme, sous toutes ses formes, triomphe, il en sera définitivement terminé de notre existence en tant que Français et Européens libres de choisir notre destin. Le grand brassage que l’on nous impose aboutira forcément à « un grand remplacement » de populations pour reprendre l’expression si chère à l’écrivain Renaud Camus,

    Chaque peuple et chaque race ont leurs particularités, bonnes ou mauvaises. Et c’est justement  parce que dans 100 ans nous voulons que nos descendants puissent encore continuer à parler de « peuples » et de races » au pluriel que nous nous battons aujourd’hui contre le rouleau compresseur mondialiste. Et cela, les tenants du pouvoir ne peuvent le tolérer. Voilà pourquoi ils multiplient les actes répressifs contre la résistance patriotique. Un jour, on jette en prison des jeunes gens dont le seul tort est de s’être défendus alors qu’ils étaient agressés par une bande de nervis intitulés pompeusement « antifas ». Le lendemain, on dissout des organisations politiques ayant pignons sur rue depuis parfois fort longtemps pour des motifs tous aussi fallacieux les uns que les autres. Un autre jour, on ferme un bar associatif parisien, Le Local, où se retrouvent régulièrement des militants nationalistes et dans lequel jamais aucun incident n’a été à déplorer. Puis, pour couronner le tout, dès le début septembre, on interdit les manifestations prévues pour défendre les libertés publiques qui on le voit, n’ont jamais été autant menacées. Pour légitimer ces interdictions, la Préfecture de Police invoque le risque de troubles de l’ordre public en raison de contremanifestations annoncées par ses supplétifs de circonstance que sont les antifas. La France socialo-mondialiste du quatuor infernal Hollande-Ayrault-Valls-Taubira n’est pas à une hypocrisie près dès lors qu’il s’agit de défendre les intérêts de Wall street . Sa conception de la « liberté » n’a rien à envier à celle des pires régimes marxistes.

    A chaque occasion, que ce soit grâce à notre revue, à notre blog d’informations quotidiennes, lors de nos colloques et réunions, par nos campagnes militantes, nos manifestations ou nos journées annuelles du 11 novembre, nous serons toujours là, aux-côtés de ceux qui se battent, pour contribuer à l’avènement d’un ordre nouveau, nationaliste, populaire, social et identitaire, seule solution salvatrice pour notre nation et pour notre civilisation. Oui le réveil français est bel et bien en marche…

    Synthèse nationale n°33 Septembre – octobre 2013

    Sommaire cliquez ici

    Abonnez-vous cliquez là

    Source Article  http://synthesenationale.hautetfort.com/archive/2013/10/28/titrele-reveil-francais-est-en-marche-de-la-note-5207386.html

    http://www.altermedia.info/france-belgique/

  • Jean-Claude Rolinat participera à la 7e Journée de Synthèse nationale le lundi 11 novembre à Rungis…

    1926978607.jpg

  • La musique natio est-elle réellement une arme ?

    Notre mouvance au sens large et les idées qu’elle véhicule, là encore dans un sens global, trouve depuis la fin des années 1970, un support d’expression et de diffusion non négligeable par le biais de la musique. C’est une excellente chose car nous avons besoin de nous définir par nous-mêmes et de proposer voire d’imposer notre culture propre. Celle-ci nous représente et nous permet de nous couper encore davantage du système et de son offre culturelle viciée. Nous aussi avons en notre sein d’excellents musiciens et des compositeurs inspirés en mesure de faire de la musique de qualité véhiculant, au-delà de la politique simple, nos valeurs et notre façon de voir et de considérer la vie. C’est un fait indéniable mais qui mérite d’être illuminé par certaines réflexions quant à tout ce qui tourne autour.
    Premièrement, quel est l’impact réel de notre musique ? Il faut bien réaliser qu’il se cantonne à notre mouvance et n’en franchit que rarement les frontières. Celles-ci ne sont en effet dépassées, au niveau de la popularité, que dans peu de cas. Je pense par exemple à des groupes qui, à la base, n’en faisaient pas partie mais qui ont évolué vers nos positions, citons surtout des formations de Black Métal comme Absurd, Nokturnal Mortum et surtout Burzum qui vendent énormément de disques et ont un impact réel à l’extérieur de nos cercles. Il faut sinon bien réaliser que 95% de notre musique n’a fait que nous nourrir, ce qui est déjà une excellente chose mais n’a pas permis la diffusion de nos idées. Si l’on excepte un groupe comme Skrewdriver qui a eu, en son temps, un rôle fondamental ou Zetazeroalfa qui a lancé, plus récemment, une incroyable dynamique en Italie, notre musique reste prisonnière du ghetto. C’est justement cette idée de ghettoïsation, qui a prévalu trop longtemps dans notre mouvance, qui change peu à peu depuis quelques années. On s’est largement rendu compte que la nostalgie à outrance, les textes débiles et les codes vestimentaires d’éternels boucs-émissaires y afférant souvent devaient être peu à peu abandonnés pour permettre tant à nos idées qu’à notre musique d’atteindre plus largement ceux que l’on désignera comme les autres. La musique nationaliste a longtemps stagné mais elle a pris un nouveau départ depuis plus d’une décennie, que cela soit par l’apparition du RIF (qui n’aura finalement pas fait long feu…) ou l’adoption de courants musicaux tels que le Hardcore ou le rap. Sur ce dernier style, on aurait beaucoup à dire. Moi le premier, je déteste le rap et ne le considère pas comme une musique digne de nous. Cependant, si l’on me prouve que le fait de faire du rap nationaliste permet de réellement toucher d’autres personnes, je dis bravo. C’est certainement le cas en Russie mais pas en France où « notre » rap n’est écouté que par des fafs aimant le style musical en lui-même et n’atteindra jamais les whiggers qui écoutent du rap traditionnel… Quoi qu’il en soit, la diversification de styles joués est une force indéniable et, de Saga à In Memoriam, en passant par Docteur Merlin, ADL 122 ou Bound for Glory, nous avons de quoi proposer aux oreilles de chacun… ou presque. Je ne doute d’ailleurs pas que cette diversité va se renforcer et je l’applaudis d’avance, d’autant que l'on assiste à une professionnalisation accrue de nos productions à tous les niveaux. Encore une fois, nous sommes notre meilleure publicité.

    Un autre aspect dérangeant est le phénomène de sous-culture à outrance engendré par nos musiques. Il faut bien le dire, beaucoup de ceux qui en écoutent ne font en fait qu’en écouter et se faire plaisir… Il y aurait des tas de personnes qui pourraient rejoindre le réel combat militant si elles arrêtaient de se convaincre d’être des résistants au système simplement parce qu’elles écoutent du RAC et mettent des paraboots. Créer de la communauté autour de nos musique est un aspect très intéressant et à promouvoir mais il faudrait voir plus loin et arrêter de se complaire dans une marginalité musicale qu’on s’amuse à appeler de la résistance. Ecouter Bunker 84 et Frakass, boire des bières avec des amis, être contre l’immigration, c’est très bien et je suis le premier à le faire. Ce n’est cependant pas assez alors soit tu continues comme ça et tu combats le système selon tes aptitudes, soit tu t’enfermes dans ce mode de vie mais tu ne viens pas te qualifier de guerrier car tu ne déranges pas vraiment le pouvoir en place… L’aspect de sous-culture à outrance est d’ailleurs à combattre car on y retrouve encore plus fréquemment que dans des sphères plus politiques des travers humains trop fréquents et dont on ne veut pas : comportements asociaux, absence d’honneur, filles faciles etc.
    Autour de nos musiques plane aussi le spectre de l’argent sur lequel il y a aussi beaucoup à dire. Premièrement, sans argent, ceux qui militent réellement le savent bien, on ne fait rien. Alors, prière d’acheter les supports originaux des artistes que vous écoutez. C’est non seulement normal du point de vue du groupe et du label qui ont investi pour que puissiez écouter de la musique non-conforme mais obligatoire d’un point de vue militant. Je me fous que vous téléchargiez Metallica mais notre musique, vous la payez ! Evidemment, je suis pour le fait de télécharger pour découvrir un nouveau groupe, pour la promotion de nos idéaux ou pour ceux qui n’ont que peu de ressources et ne peuvent se payer les albums qu’ils aiment. Pour les autres, acheter la musique qu’ils apprécient ne devrait pas être un gros sacrifice… Un pack de bière en moins peut-être… Par ailleurs, il convient de signaler que certains groupes ou labels jouent le jeu et versent les bénéfices de leurs productions à des organismes politiques dans un but militant (en premier lieu, et ce depuis longtemps, c’est ce que font plusieurs groupes grecs affiliés à la Golden Dawn). On est loin de ceux qui s’enrichissent sur le milieu et de ces mecs qui tiennent des labels et s’en foutent plein les poches alors que la majorité des profits devraient être politiques… Si ça ne vous va pas, tentez votre chance dans la musique mainstream. Entre ceux qui vendent leurs CDs à une fortune et les autres qui conservent des pièces de collection pour les vendre à prix fort élevés à ceux qui, légitimement, veulent posséder les supports originaux, on est parfois bien mal servis… Alors oui, parfois, le prix a une raison, prenons le cas de l’Allemagne et de ses labels, la plupart du temps fort professionnels. Si vous payez votre CD 15 euros chez PC-records, ce n’est pas pour enrichir les gens qui sont derrière, c’est pour permettre une réelle diffusion de musique non-conforme toute l’année, pour payer les procès, les avocats et les fréquentes interdictions d’albums. Quand on sait que produire un CD ne coûte la plupart du temps quasiment rien, le voir vendu à plus de 15 euros alors qu’il n’y a aucun risque et parfois aucune réelle production derrière, est une arnaque et en gène la diffusion.

    Il serait par ailleurs souhaitable de monter davantage de concerts. Je sais toute la difficulté de la chose et n'en tiens rigueur à personne. Cependant, notre scène se doit d'être active à ce niveau également, c'est fondamental pour faire passer le message et pour créer des occasions pour nous réunir, créer une réelle dynamique et évidemment amener des personnes extérieures à nos milieux (qu'on fera venir plus facilement par l'aspect "festif" des choses...). Si je prends l'exemple de concerts de Hardcore militant tels qu'il s'en déroule régulièrement en Italie autour de Casa Pound (voir ici ce que nous avions écrit à propos de l'un d'entre eux), il n'y a aucune raison qui vous empêcherait d'y amener vos potes écoutant eux-mêmes ladite musique... Tablons sur ce qui marche, peut rassembler et servir nos intérêts. Tout style est susceptible d'être propice à cela: Hardcore, Métal en général et Black Métal en particulier...
    Pour terminer, j’ajoute que notre musique se vend et plaît (quand elle vaut le coup) beaucoup plus qu’on ne le pense. Des groupes allemands de grande qualité comme Stahlgewitter vendent bien plus de 10 000 copies de chacune de leurs productions... Ian Stuart vivait (certes pas comme un satrape) de sa musique dans les années 1980, ce qui montre bien son succès… Burzum doit avoisiner le million, au total, de CDs vendus. L’horizon est visible. Mais là encore, il ne sera atteignable que si chacun joue, consciencieusement, son rôle. Le premier étant de promouvoir et de soutenir au maximum nos artistes.

    Rüdiger

    http://cerclenonconforme.hautetfort.com/archive/2013/10/25/la-musique-natio-est-elle-reellement-une-arme-5205242.html

  • 40 Days for Life : 369 bébés sauvés de l’avortement

    En seulement 32 jours de prière et d'action.

    Moiu

  • Que reste-t-il de l’humanisme européen ?

    Nietzsche disait : « Toutes les braves choses se portent volontaires et plongent de joie dans l’existence (Zarathoustra). » Pour l’homme, cela a toujours été plus compliqué que pour « les braves choses » – et « les braves bêtes » doit-on ajouter. C’est sans doute pour cela que l’homme a créé l’humanisme. Comment le définir ? Par l’affirmation de l’humain. Quelles sont ses formes et ses limites ? C’est la question à laquelle Rémi Brague  a tenté de répondre. La Renaissance, puis les Lumières ont été les étapes de l’humanisme européen. On attend en vain un nouveau souffle, un troisième humanisme. John N. Gray note justement : « Dans la période de la modernité tardive dans laquelle nous vivons, on affirme le projet des Lumières surtout par crainte des conséquences de son abandon. […] Nos cultures sont des cultures des Lumières non par conviction mais par défaut. »

     

    Comment en est-on arrivé là ? L’histoire de l’idée humaniste, c’est-à-dire de l’idée d’un propre de l’homme, comporte plusieurs étapes. La première est l’affirmation de la différence humaine par rapport aux autres vivants : l’homme travaille, et non seulement il meurt comme tous les vivants, mais il sait qu’il va mourir. L’affirmation de la supériorité de l’homme intervient ensuite : l’homme est « le meilleur parmi les êtres vivants » (Aristote). Ce qui ne veut pas (encore) dire qu’il est le meilleur être du monde. Troisième étape : Francis Bacon et René Descartes annoncent le règne de l’homme sur le monde. L’exaltation du travail est au centre de cette conquête du monde par l’homme. L’homme doit travailler « sans peur, avec plaisir, avec joie » (J. G. Fichte). La quatrième et dernière étape est l’exclusion de l’être de tout ce qui n’est pas humain. C’est l’humanisme exclusif. L’homme devient l’Être suprême, et même l’Être unique.

     

    Cette logique philosophique de l’humanisme a amené deux types de réponses. L’une est l’anti-humanisme. L’autre est l’interrogation sur le sol sur lequel fonder l’humanisme. Abordons d’abord la question de l’anti-humanisme. Il a deux aspects. D’un côté, la technique semble rendre l’humain superflu (Heidegger, Günther Anders), d’un autre côté, la généalogie de l’homme aboutit à le soupçonner d’une origine impure. S’engouffrant dans la brèche, certains auteurs critiquent radicalement l’humanisme. Au début du XXe siècle, le Russe Alexandre Blok  développe une critique totale de l’humanisme, comme menant à un rapetissement athéiste, et met l’anti-humanisme du côté de la culture (qu’il valorise) et l’humanisme du côté de la civilisation (qu’il abhorre). Développant ainsi une nouvelle fois l’antagonisme culture/civilisation, Alexandre Blok est résolument contre la « civilisation ». Il s’inscrit en outre en continuité avec les mythes de régénération du « pan-mongolisme », développés notamment par Vladimir Soloviev.

     

    Pour d’autres anti-humanistes, la seule chose à révérer est le Grand Être d’Auguste Comte, ou encore Gaïa, sphère parfaite dont le seul défaut serait en somme d’avoir fait une place à l’homme dans la création. Une aporie difficilement tenable. La conséquence ultime des idées des tenants de Gaïa est en effet que l’homme étant essentiellement nuisible, sa disparition est nécessaire afin de réaliser la restauration de l’équilibre primordial. L’humanité va disparaître, bon débarras ! s’écrit Yves Paccalet (Arthaud, 2006 et 2013). C’est ainsi une version athée de l’apocatastase.

     

    Une autre contestation forte de l’humanisme est plus connue. Il s’agit de celle de Michel Foucault, de son école et de ses épigones. Rémi Brague note que cette contestation de l’humanisme est fondée sur la légende « des humiliations par décentrements successifs qu’aurait subies l’homme depuis Copernic, qui l’aurait chassé du centre de l’Univers, puis Darwin, qui l’aurait détrôné du sommet des vivants, puis la psychanalyse, qui aurait chassé de sa propre âme la conscience ». Ainsi, la « mort de l’homme » ne désigne en fait rien d’autre que le constat (banal) que la conscience de l’homme ne résume pas le tout de l’homme, que le sujet n’est jamais totalement conscient et transparent à lui-même. On en conviendra bien volontiers.

     

    « L’humanisme, écrivait Michel Foucault, est tout ce par quoi en Occident on a barré le désir du pouvoir – interdit de vouloir le pouvoir, exclu la possibilité de le prendre (Dits et écrits I, Gallimard, 2001). » Le dispositif d’empêchement de prendre le pouvoir ne serait autre que la « définition de l’individualité comme souveraineté soumise ». Le problème est que Michel Foucault voit fort bien en quoi le sujet borne le réel, mais il ne voit pas ce qu’il fonde. Déplaçons la question en amont : qu’est-ce qui fonde l’homme ? Ceci ramène à l’interrogation essentielle de Léon Bloy : « Il est permis de se demander […] s’il peut y avoir des hommes dans une société sans Dieu. »

     

    Avant toute réponse, il faut revenir sur la façon dont l’humanisme s’est constitué. L’une des hypothèses est bien connue : la modernité consisterait en l’entrée (ou la descente !) dans la société même des idées chrétiennes, ce serait « la sécularisation de pensées issues du Moyen Âge chrétien ». Donc une descente sur terre d’idées célestes. C’est d’ailleurs là-dessus que sont fondées toutes une série de critiques de la modernité, nietzschéennes, rationalistes et anti-chrétiennes, voire catholiques-réactionnaires (Chesterton et les « idées chrétiennes devenues folles »).

     

    La thèse d’Hans Blumenberg (La légitimité des temps modernes, [1983], Gallimard, 1999) est moins connue que la précédente. Elle est que la modernité est une réponse à l’échec de la tentative d’enrayer la pensée gnostique. « Le Moyen Âge prit fin, écrit Hans Blumenberg,  lorsqu’il ne peut plus faire accroire à l’homme, à l’intérieur de son système spirituel, que la création était Providence, et lorsqu’il lui imposa par là même la charge de l’auto-affirmation. » Cette analyse se fonde avant tout sur les débats théologiques et notamment sur la pensée patristique. Le projet moderne serait donc marqué par la résurgence de la pensée gnostique – ce qui est aussi la thèse d’Éric Vœgelin, après la tentative de la bloquer au Moyen Âge. Ce serait l’annonce d’une nouvelle eschatologie. Celle-ci, nourrie de la technique et du culte de la raison calculante, serait en même temps dans le droit fil de l’intérêt gnostique pour la magie comme moyen de changer le monde.

     

    Rémi Brague ne croît pas à la thèse d’un Moyen Âge sans curiosité auquel aurait succédée une modernité inventive et humaniste. Il est vrai que la fin du Moyen Âge est marquée par des ouvrages sur l’excellence de l’homme (Giannozzo Manetti, De la dignité et de l’excellence de l’homme, 1453), traité de « valorisation de la vie terrestre par l’engagement civique » (Jean-Claude Polet) qui prend effectivement le contre-pied de l’accent mis sur la misère de l’homme. Mais le désir de connaître n’est pas une invention de la modernité. Grégoire de Nysse prônait, bien avant Pascal, le progrès spirituel (épectase), un progrès dans la connaissance de Dieu. Ce progrès, selon Grégoire de Nysse, est l’œuvre commune de la grâce et de la liberté. Le propre de la modernité actuelle, celle héritée des Lumières, n’est donc pas la curiosité ou le goût des découvertes. C’est l’idée que le fondement de l’affirmation de l’homme n’est autre que lui-même.

     

    Ce n’est pas la logique qui peut réfuter un tel propos. Il est de l’ordre des hypothèses primordiales. Tout juste peut-on avancer la possibilité d’autres choix de fondation. Rémi Brague, contrairement aux anti-humanistes, ne renonce pas à cette affirmation non pas de supériorité mais de spécificité de l’humain. Mais son souci est de faire entendre une autre source possible de l’affirmation du propre de l’homme. Un retour à la première phase de l’humanisme. Le pas en arrière qui permet de reprendre, mais dans une autre direction, une marche en avant. Contrairement aux humanistes « absolutistes », Rémi Brague récuse l’idée que le fondement de l’homme serait l’homme (ce qui  serait un « raisonnement » du même ordre que celui qui dirait que la seconde guerre mondiale s’explique par l’histoire). « La création de soi par soi, constate Rémi Brague, tourne à la destruction de soi par soi. » Aussi propose-t-il de forger « un concept de l’homme comme plénipotentiaire. C’est-à-dire comme investi d’une tâche, et donc revêtu des pleins pouvoirs qui lui permettent de la mener à bien, mais en même temps responsable de sa mise en œuvre. » Cette conception n’est pas sans antécédents. Pour les Grecs comme pour les Juifs, l’ordre du monde est un ordre de bataille. C’est-à-dire que l’homme est toujours en responsabilité d’un combat. Nous ne sommes pas loin du « principe responsabilité » d’Hans Jonas.

     

    Mais il faut avec Rémi Brague poser la question en amont même : à quoi bon l’homme ? Ce qui peut se dire : à quoi l’homme est-il bon ? À cette question essentielle la réponse ne peut être que l’imitation de Dieu. Mais comment imiter un Dieu invisible et infiniment libre ? « La seule façon d’imiter un Dieu invisible, qui ne se donne dans aucune autre image que celle que produit en nous son imitation, est la liberté » écrit Rémi Brague. En d’autres termes, ce que Dieu attend de nous est que nous soyons libres. Parce que cela fait partie de notre façon d’être humain. « Homme, deviens ce que tu es » disait Pindare (Ode pythique). C’est-à-dire, explique Rémi Brague : « Montre-toi digne des qualités que je te révèle à toi-même. » On peut ne pas croire en Dieu. On peut même penser que les « pleins pouvoirs » accordés à l’homme sont une vision trop ambitieuse pour être réaliste. Mais on ne peut penser le propre de l’homme sans le divin. Il est là, il nous hante, par sa présence ou par son absence. Le divin est déposé dans le monde. Pour toujours. L’homme est le plénipotentiaire du divin. Ajoutons : ni tout puissant ni impuissant.

     

    Pierre Le Vigan http://www.europemaxima.com/?p=3353

     

    • Rémi Brague, Le propre de l’homme. Sur une légitimité menacée, Flammarion, coll. « La bibliothèque des savoirs », 2013, 260 p., 19 €.

  • L’AF 2000, un instrument fondamental dans la diversité royaliste

    La qualité de « L’Action Française 2000 » ne se dément pas.

    Le dernier numéro titre sur « Les Français rejettent les partis », thème de l’éditorial de François Marcilhac.

    Il contient aussi un dossier sur « Immigration, le naufrage de l’Europe »

    - et des articles de Flavien Bertran de Balanda (sur l’islamo-laïcité),

    - Philippe Besnard sur le travail du dimanche,

    - d’Aristide Leucate sur « la topographie du FN », et d’autres encore,

    - sans oublier un entretien avec l’abbé Guillaume de Tanoüarn sur le pape François.

    Il est indispensable de se le procurer, soit auprès des vendeurs volontaires, soit chez les marchands de journaux (cliquer ici), soit par internet (cliquer ici).

    Mais, justement, à l’époque d’internet, n’est-il pas ringard de promouvoir encore un journal papier ?

    Internet a de grandes qualités. Il est rapide et permet d’obtenir vite une large audience. Il est facile d’accès et permet l’expression de nombreuses sensibilités.

    L’imprimé permet de présenter les idées maurrassiennes dans une publication facile à lire et à transporter. La vente à la criée est une bonne école militante pour les jeunes d’Action Française. Elle permet de montrer une présence réelle dans la rue et non pas dans le monde virtuel. Elle facilite les contacts et les discussions.

    La suite dans le blog de l’Action francaise Provence

  • La politique est une science

    « Dieu merci, nous n’’avons pas à créer cette science de toutes pièces. Il y a depuis des siècles des maîtres pour l’’enseigner et l’’appliquer. Une longue expérience s’’est acquise à leur école. Les générations qui se sont suivies nous lèguent un précieux héritage de lumière. Nous n’’avons qu’à le recueillir et à le comprendre. Les enseignements qu’’il nous offre demandent à être vérifiés sur le passé par l’’histoire et sur le présent par l’’observation. Grâce à ce double travail de vérification, le vrai se distingue du faux ; le certain, du probable ; le nécessaire, du contingent. La raison procède donc en politique comme en philosophie ou en biologie. La politique est une science qui s’’apprend par le travail avec une méthode sous la direction de maîtres compétents. »
    Dom Besse
    Il n’’est pas superflu de rappeler que ces mots ne sortent pas de la bouche d’’un positiviste. Ils furent prononcés dans la chaire du Syllabus de l’’Institut d’’Action française par un moine bénédictin de Ligugé. Recueil d’’un an de conférences, Église et Monarchie fut publié en 1910.
    Dom Besse montre d’’abord que l’’Église romaine est une société organisée comme une nation, mais avec un but différent qui donne à chacune des sociétés des caractères distinctifs : « l’’une procure le bonheur de la terre, l’’autre, le bonheur des cieux. » La politique de l’’Église se comprend par l’’histoire qui la montre de l’’extérieur ; par le droit canon qui en révèle la structure ; par la théologie qui apprend qu’elle est sa vie intérieure dans laquelle la science ne fait que coordonner ce que la foi lui révèle.
    L’’Église a des droits universels mais elle ne les exerce que sur ses fidèles, et elle n’’est pas seule à avoir autorité sur eux : ses temples sont édifiés sur un sol qui appartient à un pays ; ses desservants ont une patrie qui a des droits sur eux. « Ses membres, ses terres, ses édifices appartiennent donc aux deux cités. L’’Église n’’entend pas les soustraire aux charges communes de la patrie ; il est juste que, de son côté, la patrie reconnaisse leur caractère ecclésiastique. »
    Comme l’’Église jouit d’’une constitution propre, l’’État ne peut l’’ignorer et des relations de société à société doivent nécessairement être instaurées. La politique de l’’Église consiste donc « dans la science et l'’art de son gouvernement intérieur et de ses rapports avec la société civile. » Tout cela est lumineux.
    Un concordat n’’est pas une concession ou un empiétement, c’’est l’’organisation légitime et nécessaire des rapports entre deux sociétés distinctes mais non séparées puisque les deux cités vivent l’’une dans l’’autre tout en évoluant chacune dans sa sphère propre. Mais il faut que les deux parties se respectent. Du jour où l’’État passe entre les mains des ennemis de Dieu, le concordat tombe de lui-même en fait avant d’’être dénoncé en droit. C’’est ce qui s’’est passé dans le courant du XIXe siècle et au début du XXe.
    Contre-Révolution
    Nous ne rapporterons pas dans le détail les neuf autres leçons de Dom Besse. Après avoir rappelé les diverses formes de monarchie, traditionnelle ou constitutionnelle, il montre l’’origine et le fonctionnement de la monarchie qui dirige l’’Église catholique, monarchie élective tempérée d’’aristocratie, « monarchie de droit divin, dans toute la force du terme ». Et seule cette monarchie permet l’’indépendance des Églises par rapport aux États.
    Après avoir défini l’’Église, sa politique, sa constitution monarchique, son attitude face à l’’État en général, Dom Besse passe aux rapports entre l’’Église et la dynastie capétienne : il expose les liens étroits, privilégiés, que l’’histoire a tissés entre les deux monarchies. Une leçon entière expose le sacre de nos rois qui fortifie religieusement les liens qui unissent le souverain à son peuple, renforçant et adoucissant à la fois l’’autorité et l’’obéissance.
    La dixième leçon porte sur la Papauté et la Révolution française. Elle montre la rupture de la tradition religieuse de la France, la condamnation pontificale de la révolution ecclésiastique, les insuffisances d’’un Concordat que les Gallicans contraignirent la Restauration à reconduire.
    Dom Besse conclut donc à l’’incompatibilité de l’’Église et de la Révolution. « L’’Église a politiquement échoué en France ». L’’une des causes est le viol de fait du Concordat par des hommes politiques hostiles au catholicisme ; l’’autre, moins visible mais plus profonde est que tout, dans la France telle que la Révolution l’a faite, contrariait l’’apostolat social de l’’Église. La France fut monarchique et chrétienne dès ses origines ; le trône et l’’autel, dit Dom Besse, y possèdent des intérêts communs en vue du Bien commun. L’’avenir moral et physique du pays passe donc par la contre-révolution.
    Gérard Baudin L’’Action Française 2000– du 21 décembre 2006 au 3 janvier 2007
    * Dom Besse : Église et Monarchie, Jouve & Cie Editeurs. Paris. 1910.