
Anthropologue, travaillant au CNRS, Florence Bergeaud-Blackler présente un ouvrage académique. Son sujet le frérisme. Exhaustif, très documenté, toujours sourcé (quarante pages de notes !) Elle y aborde de nombreux thèmes qui requièrent une lecture exigeante. Le lecteur sera conquis par la profondeur de l’analyse en dépit de la profusion de sigles.
Il faut lire ce livre car, comme le dit son préfacier Gilles Képel, c’est « le premier ouvrage portant sur l’histoire des idées de l’islamisme en Europe et qui devrait servir de base à un débat essentiel dans la société française ». Et l’on craint que ce ne soit le dernier et qu'elle ne puisse plus travailler comme naguère lorsqu'en1992, dans le cadre dune licence d'ethnologie, elle enquêtait en milieu musulman, dans les familles et dans les mosquées, en France et à l'étranger. L'islam est un sujet clivant, P'auteur le sait, qui déplore que les chercheurs aient abandonné l’islamologie au profit d'études fumeuses sur « l’islamophobie ». Il faut lire ce livre parce que Florence Bergeaud-Blackler est menacée de mort, sous protection policière, et voit - preuve qu'elle vise juste - ses conférences suspendues. En terroriser un, c'est en faire taire mille.





