Francis Sorin est directeur du pôle information de la Société française d'énergie nucléaire (SFEN) et auteur d'un livre intitulé « Le Nucléaire et la planète ».
M&V : Peut-il se produire le même type d'accident en France qu'à Fukushima ?
Francis Sorin : Personnellement, je ne le pense pas. Nous n'avons pas le même type de réacteurs. En France, les centrales sont équipées de réacteur à eau pressurisée, munis de deux circuits. À Fukushima, il s'agit de réacteurs à eau bouillante, qui n'ont qu'un seul circuit, ce qui engendre une pollution radioactive de l'eau.
Par ailleurs, les enceintes de confinement des réacteurs français à eau sous pression sont plus épaisses et solides. En troisième lieu, dans les centrales françaises, des recombineurs d'hydrogène sont installés à l'intérieur des enceintes de confinement : la baisse du niveau d'eau à l'intérieur d'un réacteur provoque une production d'hydrogène et de vapeur d'eau, et la pression s’accumule. Ces recombineurs transforment l'hydrogène en eau, ce qui permet de faire baisser la pression et d'éviter qu'une explosion ne se produise, comme à Fukushima. Enfin, nos enceintes de confinement sont équipées de filtres à sable, qui nous permettent d'ouvrir l'enceinte pour soulager la pression : la vapeur part à travers le filtre, qui piège les radioéléments. Tous ces éléments permettent de supposer que dans une séquence accidentelle, nos réacteurs pourraient mieux se comporter que les japonais. Je reste cependant prudent, car il existe toujours des risques. Contrairement à une légende, les acteurs du secteur nucléaire n’ont jamais prétendu qu'il fallait écarter toute possibilité qu'un accident grave se produise. Nous pensons toutefois que c'est improbable et que le respect de consignes rigoureuses permet de limiter ce risque.



Ce 28 octobre au soir Emmanuel Ier, à moins qu'il faille le nommer Narcisse Ier, s'adressera à ses loyaux sujets. En 2018 au Danemark, il les définissait comme des Gaulois réfractaires. Cette intervention est destinée à nous informer de la sauce dans laquelle nous allons être bientôt mangés. Elle s'inscrit, hélas, dans un contexte désordonné. Celui-ci reste entaché d'insubordination rampante, de la part certains secteurs de l'opinion, d'improvisation manifeste, du côté de la technocratie sanitaire et d'incertitudes dommageables, dans les secteurs sur lesquels on doit compter, pour faire face à la dégradation de la situation sanitaire – toutes choses qui risquent de nuire à la lutte nécessaire contre la pandémie.

