- Voici le dernier éditorial du troisième directeur de Rivarol, Maurice Gaït, rédigé quelques heures avant sa mort et publié le 18 novembre 1983 sous le titre « Démaquiller l'histoire ? Chiche ! » Nous pensons d'autant plus utile de reproduire dans ce numéro spécial consacré aux soixante ans de l'hebdomadaire de l'opposition nationale et européenne ce « testament » que Gaït y évoquait ce qui fut l'un des grands « scoops » de RIVAROL (avec les révélations du député poujadiste Pesquet sur le faux attentat de l'Observatoire monté par Mitterrand en 1959 pour tenter de redorer son blason) : le récit par le colonel Branthôme des tentatives désespérées faites par De Gaulle, dès le 19 juin 1940, de revenir en France pour... y faire allégeance aux autorités légales !
- L’enseignement de l'histoire est en passe de devenir le serpent de mer d'une Education rebaptisée par antiphrase « nationale ». Les média, qui n'ont eux-mêmes, pour la vérité historique, qu'un respect fragmentaire, accordent au sujet une place de choix et il est arrivé qu'au-delà des contingences scolaires, le problème soit transcendé : l'histoire - même correctement enseignée et assimilée - sert-elle à quelque chose ou freine-t-elle, au contraire, les initiatives ? Tel fut dans les années 25 - mais qui s'en souvient ? - le thème d'une controverse entre le poète Paul Valéry (procureur) et le ministre Anatole de Monzie (avocat) celui-ci refusant à celui-là dans « Pétition pour l'histoire », le droit de tenir cette discipline pour le produit le plus nocif que la chimie de l'intellect ait jamais élaboré : « Nous entrons dans l'avenir à reculons », avait déploré Valéry.
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