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l'information nationaliste - Page 6736

  • La France ne peut pas se permettre de « rater » 2017

    S’il y a une chose qu’on ne reprochera pas à Manuel Valls , c’est de manquer de cynisme. Il a ainsi osé déclarer au Journal du Dimanche du 3 avril : « Je ne pense pas que l’on gagne une présidentielle sur un bilan, ni qu’on la perde sur un bilan. On la perd si on ne se projette pas dans l’avenir, si on n’a pas de vision ». 

    Après cinq ans de mandat, un président souhaitant se faire réélire n’aurait donc pas à être jugé par les Français sur ses réussites et ses échecs, ou encore sur ses promesses trahies, mais uniquement sur sa « vision », sa capacité à se projeter « dans l’avenir ». Le mandat échu, cinq années à la tête du pays ? Pour du beurre ! comme disent les enfants. C’est tellement plus pratique comme ça ! Et le Premier ministre d’ajouter : « Je ne vois pas d’alternative à François Hollande à gauche. » C’est possible, même si nous, nous en connaissons plein, à gauche, qui se voient comme des alternatives au sultan actuel, à commencer par le vizir lui-même. Mais, même si c’était le cas, qu’importe ? L’élection présidentielle a pour fonction, du moins théorique, de nommer à la tête de l’Etat le meilleur pour la France, non pour la gauche, ou pour la droite. Mais à force de réduire la France à la République, régime des partis, on finit par réduire celle-ci au parti politique qui prétend l’incarner le mieux...

    Dans ce même entretien, pour mieux écarter l’hypothèque d’un bilan effectivement catastrophique, Valls en revient aux attentats. Le seul bilan qu’il accepte de présenter ? Celui des lois antiterroristes, dont l’usage à moyen terme dira si elles ne sont pas avant tout dirigées contre nos libertés fondamentales, le terrorisme se révélant alors un prétexte bien utile pour empêcher les patriotes de s’exprimer, ce que Cazeneuve a déjà commencé à faire en interdisant et faisant réprimer de manière violente des manifestations pacifiques mais politiquement incorrectes, le pouvoir socialiste récidivant, trois ans après les Manif pour tous... Le terrorisme, un prétexte bien utile, aussi, pour ne pas avoir à s’expliquer sur ses échecs en matière économique ou sociale. Ni, précisément, sur le manque de « vision » ou l’incapacité à « se projeter dans l’avenir » d’un président qui n’aura réussi à mener à son terme que la loi sur le prétendu mariage pour tous et, pour tout le reste, aura surtout prouvé son incompétence notoire. Quelle vision, par exemple, sur la réindustrialisation du pays ? Ou sur le tournant agricole qui se dessinait pourtant depuis plusieurs années aux plans européen et mondial, avec l’abandon de la politique agricole commune et l’aggravation de la concurrence déloyale, comme au plan phytosanitaire ? Pour ne pas parler de la politique étrangère ni de la submersion migratoire.

    Sa reculade piteuse sur la déchéance de nationalité, faute d’avoir obtenu d’un Sénat de droite qu’il vote le projet de loi constitutionnelle dans les mêmes termes qu’une Assemblée de gauche, est une illustration criante de l’incapacité du chef de l’Etat à se hisser à la hauteur de sa fonction. Alors que la grande majorité des Français y semble favorable, pourquoi ne pas avoir décidé de passer par la voie référendaire après avoir constaté les blocages politiciens contre un projet dont la dimension symbolique devait, théoriquement, réunir la nation ? Parce qu’en homme de la IVe République, François Hollande considère que donner directement la voix au peuple, c’est commettre un péché contre l’esprit de la république ; parce que, de plus, la pratique a totalement été discréditée en 2005 aux yeux du pays légal, le peuple ayant sur l’Europe osé ne pas suivre les consignes de l’oligarchie. Hollande craignait-il par ailleurs que les Français, même d’accord avec la déchéance de la nationalité — le premier article, sur la constitutionnalisation de l’état d’urgence étant plus technique —, n’en profitent pour le désavouer dans les urnes sans attendre 2017 ?

    2017... La France peut-elle se permettre de « rater » 2017 comme elle a déjà « raté » 2007 et 2012 ? La situation est chaque jour plus grave et le fait que de plus en plus d’intellectuels, même et surtout de gauche, s’interrogent sur les questions de civilisation est un signe qui ne trompe pas. Car il en est de la France et des vieilles nations d’Europe comme des corps affaiblis : ils sont plus exposés au développement des maladies que les autres. C’est lorsque les défenses naturelles sont déjà anémiées par un premier agresseur, que le second voit sa progression facilitée. Nous en sommes là, nos nations ne sont plus que de grands corps malades et les attaques du terrorisme islamiste qu’elles subissent ne sont pas la cause du mal, mais l’effet d’un mal premier, qui prospère tel un parasite sur une plante qui ne sait plus se défendre, je dirais un « épiphénomène », si le mot avait encore son sens véritable. En grec, que le pays légal ne veut plus qu’on sache, les « épiphénomènes », ce sont les symptômes qui apparaissent subitement. en pleine lumière. Le grec le dit également de l’ennemi, qui surgit, du fourré, par exemple. Pour être seconds, donc, rien de secondaire dans de tels « épiphénomènes ».

    Oui, ces attentas terroristes, ceux qui viennent d’ensanglanter Bruxelles après avoir ensanglanté Paris, ne sont que le surgissement de l’ennemi, tapi au cœur de nos cités, tapi après y avoir été enfanté et nourri, non-éduqué et non-enseigné, aussi, un surgissement lentement préparé, mûri, subventionné, même, par les milliards de la politique de la non-ville arrosant les « quartiers », à l’ombre d’une nation que ses élites ont reniée et qu’elles n’ont eu de cesse d’apprendre aux Français — comme aux Belges —, de souche ou néo, à renier eux aussi, les submergeant d’une idéologie mondialiste où les droits de l’homme, la honte de soi, la repentance généralisée étaient les instruments d’un affaiblissement généralisé de nos défenses naturelles. Car cette détestation, c’est le seul enseignement que ces élites ont méthodiquement transmis à tous ceux que cette idéologie mondialiste a depuis plus de quarante ans invités à venir et à ne surtout pas s’assimiler, parce que l’assimilation serait fâchiste, voire raciste. Elle est d’ailleurs contraire aux « valeurs » de l’Europe : « L’intégration est un processus dynamique, à double sens, de compromis réciproque entre tous les immigrants et résidents des pays de l’UE ». Tel est le principe de base, adopté le 19 novembre 2004 par le Conseil européen Justice et Affaires Intérieures... Vous n’avez pas la berlue : l’intégration, autrement dit le « vivre-ensemble », serait un « processus dynamique, à double sens » ! Inventé, surtout, en vue de détruire les peuples, en France au travers d’une République de la diversité en exemple du village planétaire, c’est-à-dire du marché globalisé. Par deux fois à Paris en 2015, en mars dernier à Bruxelles, le vivre-ensemble nous est revenu en pleine figure comme un boomerang. Et encore, ne retenons-nous que les principaux attentats.

    Le terrorisme islamiste n’est que l’épiphénomène sanglant de ce renoncement à soi, la face émergée de cet aveuglement devant ce raz-de-marée, prêt à nous submerger d’autant plus facilement que nous avons arasé toutes les digues. C’est pourquoi il ne suffit plus d’attendre ou d’observer des « signes » de renaissance, même et surtout lorsqu’ils touchent directement à notre mémoire nationale, comme le retour de l’anneau de Jeanne. Un signe, comme son nom l’indique, n’a de valeur qu’en dehors de lui-même. Il est inutile, trahi même, s’il n’invite pas à l’action et au rassemblement. « Besognons, et Dieu donnera la victoire ! » 

    François Marcilhac - L’Action Française 2000

    http://lafautearousseau.hautetfort.com/

  • Pèlerinage Paris-Chartres 2016

    Chers Camarades,

    Chaque année, pour la Pentecôte, Notre-Dame de Chrétienté organise un Pèlerinage de Notre-Dame de Paris jusqu’à Notre-Dame de Chartres dans un esprit traditionnel français.

    Comme chaque année, l’Action Française propose à ses membres animés par la Foi Catholique de participer au Pèlerinage au sein du Chapitre Sainte Jehanne de France(seconde fille de Louis XI et fondatrice de l’Ordre de l’Annonciation de la Vierge Marie). Ce Chapitre est l’un des plus anciens du Pèlerinage de Chartres et est entièrement géré par l’AF.

    Le pèlerinage se déroulera du samedi 14 au lundi 16 mai (semaine juste après la fête de Sainte Jeanne d’Arc).

    INSCRIPTIONS :

    Ouverture aujourd’hui (20 mars)
    - Région "PARIS EST +77"
    - Chapitre "SAINTE JEHANNE DE FRANCE"
    - LIEN INSCRIPTION

    PRIX :
    - Entre 54€ et 38€ jusqu’au 15 avril (en fonction de votre lieu de résidence)
    - Entre 68€ et 50€ après cette date (en fonction de votre lieu de résidence) S’inscrire en famille permet de limiter les frais (tarifs dégressifs)

    INFOS PRATIQUES :
    - Départ le samedi 14 très tôt en matinée (arrivée à Paris conseillée le vendredi 13 au soir)
    - Possibilité de rejoindre le pèlerinage en cours de route le samedi et le dimanche.
    - Arrivée à Chartres le lundi 16 en fin d’après midi.
    - Retour à Paris le lundi 16 vers 20h

    SECRÉTARIAT DU CHAPITRE :

    Antoine Berth - chapitresaintejehanne@gmail.com - https://twitter.com/berth_antoine

    Amitiés d’AF,

    Luigi Chef de Chapitre & Antoine

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?Pelerinage-Paris-Chartres-2016

  • Pour Eric Zemmour, « le PSG, c’est Gugusse of Benetton »

    Eric Zemmour s’est fait tonton flingueur ce matin sur RTL pour commenter la défaite du PSG en Ligue des champions : « C’est le terminus des prétentieux, le retour à la maison mère des gugusses de Montauban,les gugusses les mieux payés du monde, des gugusses de tous les pays du monde », a-t-il ironisé, ajoutant : « Le Paris Saint-Germain, c’est gugusse of Benetton ; »

    Ce passionné de football a tout particulièrement soigné Zlatan Ibrahimovic, « en tête de gondole des gugusses » et qui est « arrogant avec les faibles du championnat de France et minable avec les grands d’Europe », mais qui n’est finalement « que l’arbre qui ne cache pas la forêt : tous les autres sont à mettre dans le premier autocar pour Montauban » – Laurent Blanc inclus.

    Car le PSG qui a failli, c’est « le PSG avec son équipe sans joueur français ou presque, le PSG avec son argent qatari et son panel cosmopolite » : « Le PSG, assène l’éditorialiste, c’est la revanche ironique du droit du sol sur le droit du fric. » A comparer avec ces équipes françaises qui, autrefois, perdaient aussi, mais qu’on aimait parce que « c’étaient nos petits gars : ils étaient de notre chair et de notre sang »…

  • PMA : comment les autorités sanitaires peuvent-elles admettre une technique comportant un taux aussi élevé d'échec ?

    Gènéthique dévoile les mauvais chiffres de la PMA, que l'Agence de Biomédecine a publié en catimini :

    "La PMA est aujourd’hui omniprésente, banalisée et représente 24 000 naissances par an en France. Promesse de l’enfant désiré, elle tend à devenir l’unique réponse de la profession médicale face à l’infertilité. Pourtant cette promesse n’est pas tenue, en témoigne les « taux de succès » qui ne s’améliorent pas.

    Dans ce contexte, l’Agence de Biomédecine (ABM), qui « a pour mission de suivre et d’évaluer les activités cliniques et biologiques d’Assistance Médicale à la Procréation (AMP)» a publié lundi, en toute discrétion, son évaluation des résultats des centres de FIV et des laboratoires d’insémination pour l’année 2013. Des chiffres, des graphiques, des statistiques pour évaluer le nombre d’enfants « produits » : la froideur et l’indifférence du contrôle de l’efficacité technique.

    Ces résultats sont chaque année attendus et redoutés par les centres qui tiennent à leur réputation. Les taux de chaque centre sont comparés à la « moyenne nationale », ayant été au préalable ajustés selon l’âge des femmes, le nombre d’ovocytes recueillis par femme et le contexte viral.

    Depuis 2010, l’ABM se félicite d’avoir mis en place un « registre des FIV », qui lui facilite la tâche. Elle y collecte les données des 101 centres d’AMP français. Pour l’année 2013, l’ensemble des centres a réalisé 58 035 ponctions d’ovocytes, chez des femmes de 34,4 ans en moyenne. En moyenne, 8,7 ovocytes sont obtenus par ponction, et 4,5 embryons en sont issus. De là, seul 1,7 embryon en moyenne est transféré. Au final, le « taux d’accouchement issus d’embryons frais » est de 19,7%, et le « taux d’accouchement issus d’embryons congelés » de 14,4%.

    Concernant les « laboratoires d’insémination », 163 sont inclus dans les statistiques de l’ABM. Ils ont réalisés 50 324 inséminations artificielles en 2013, et le taux d’accouchement moyen est de 10,6%.

    On comprend que ces chiffres n’aient pas fait l’objet d’une campagne dont l’ABM a le secret. Et l’on s’interroge : comment les autorités sanitaires peuvent-elles admettre une technique comportant un taux global aussi élevé d’insuccès et de pertes ?"

    Il existe des alternatives à la PMA. Par exemple la naprotechnologie, une technique scientifique utilisée dans le traitement de l’hypofertilité, c’est-à-dire dans une baisse de la fertilité. Cette méthode fait le pari que l’on peut restaurer la fertilité en traitant certains déséquilibres naturels souvent négligés par la gynécologie traditionnelle : problèmes hormonaux, malformations, ou encore déséquilibres nutritionnels. La naprotechnologie se diffère de la procréation médicalement assistée PMA car elle fait précéder le diagnostic avant toute démarche : les personnes qui viennent consulter  font tout de suite une batterie d’examens. Ce n’est que dans un deuxième temps qu’un médecin établit un diagnostic et propose un traitement. Dans une procédure de PMA, les examens médicaux s’effectuent au compte- goutte. Le seul objectif est de réussir la fécondation in vitro (FIV). Par conséquent, le sentiment d’être dépossédé de sa fertilité se double d’un jugement sévère sur le manque de rigueur scientifique pratiquée en PMA .

    La naprotechnologie permet ainsi de concilier approche médicale et respect des données naturelles. Car de nombreux couples se voient entraînés dans des parcours médicaux lourds, sans alternative. La médecine classique préfère orienter vers la PMA rapidement, tant on sait que les taux de réussite baissent avec le temps. L’objectif de la naprotechnologie est de comprendre l’hypofertilité avant d’agir : rythme de vie, freins personnels, histoires individuelles. Les médecins prennent donc en considération la personne dans sa totalité. Dans chaque démarche, deux personnes sont à l’écoute des couples : une instructrice pour écouter et enseigner le relevé des données, et un médecin pour traiter. Le parcours dure en moyenne 18 mois. En moyenne, ce sont 50% des couples suivis qui peuvent alors donner la vie naturellement. Le taux de réussite est quand même bien meilleur.

    Michel Janva

  • Déradicalisation : avec un Coran et un tapis de prière, ça marche ?

    Devinez qui se bouscule au portillon des centres de déradicalisation ?

    Parents du monde entier, vous n’êtes pas musulmans du tout, vous vous occupez bien de votre petite Camille, meilleure élève de sa classe avec son amie Sarah la musulmane, vous lui donnez tout votre amour, mais en dépit de tous ces facteurs bénéfiques, elle a basculé dans la radicalisation ? Comment faire, à présent, pour l’aider à se sortir des griffes des djihadistes ? Ainsi, sur France 5, le 7 avril, Dounia Bouzar présente-t-elle son livre Ma meilleure amie s’est fait embrigader.

    Parce que les statistiques, c’est les statistiques. Les nouveaux djihadistes ayant « tellement affiné leurs techniques de recrutement », dit la pionnière en Centre de prévention des dérives sectaires liées à l’islam, créé en 2014, toutes les familles sont concernées. Y compris et surtout celles dans lesquelles on s’y attend le moins. D’ailleurs, même Sarah – « une musulmane vendue », d’après Camille – n’a rien vu venir. Le temps que tout le monde s’aperçoive de l’étrange retranchement de Camille dans son monde intérieur devenu paranoïaque, c’était trop tard : le mal était fait.

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  • Journal du Jeudi 14 Avril 2016 : Société / Les CAF victimes de la “diversité”

  • Retrouver le sens de l’Histoire

    « Un accord historique ! Un événement historique ! Une rencontre historique ! ». Ce qualificatif – souvent suivi d’un point d’exclamation – est attribué de nos jours avec tant de prodigalité que l’observateur averti y reconnaît instinctivement la marque d’un non-événement. On dirait l’expression galvaudée si le phénomène n’était que marginal ou peu important. Ce n’est pas le cas : son usage est devenu si général qu’il faut bien parler de mutation sémantique. Cette grave altération du sens est un fait de société ou, pour le dire de façon pédante, un fait social total.

    Un concert de papys rockeurs sur une île tropicale (qui fête justement sa sortie de l’Histoire) (1), un spectacle de balle à la main opposant des millionnaires aux tenues bariolées (2) ou, sur un registre plus solennel, le dépôt d’une gerbe de fleurs sur un mémorial (3): tout cela est historique.

    Tout n’est pas « historique »

    Mutation sémantique, disions-nous, car ce mot ne signifie plus du tout la même chose que ce que nous indiquent la tradition et l’étymologie. L’histoire – « enquête » en grec – implique une étude du passé (l’Histoire, avec une majuscule, entendue comme totalité du devenir humain), cette dernière notion pouvant être définie comme désignant les actions déjà effectuées mais dont les effets ne sont pas totalement épuisés (le passé, c’est ce qui ne passe pas), ne serait-ce que parce que le simple fait de pouvoir les étudier les sauve de l’oubli.

     

    Notons en outre que cette enquête implique la hiérarchisation des événements – le passé humain est un vaste magma que seuls des choix et un classement des faits peuvent rendre partiellement intelligible – et donc un certain recul, car ordonner la matière historique requiert une distance chronologique (l’historien écrit après, sinon c’est un reporter), mais aussi affective, ontologique et idéologique, avec les objets que l’historien manipule.

    Cette définition sommaire de l’histoire, nous le voyons bien avec les trois exemples pré-cités, ne correspond absolument plus à l’usage qui en est fait aujourd’hui. Le brevet d’historicité n’est plus attribué par un spécialiste mais par n’importe quel profane, en général un journaliste voulant donner un peu de piquant à son marronnier, et dont la seule enquête – pour revenir à l’étymologie – consiste à paraphraser une dépêche télégraphique fournie par une agence de presse. Surtout, l’élément le plus significatif est le fait que « historique » s’applique non plus aux faits passés mais à des événements qui sont en train de se dérouler. C’est ce que l’historien François Hartog appelle « présentisme » : nous vivons dans un régime d’historicité (c’est-à-dire, une façon d’articuler mentalement passé, présent et futur) dans lequel règne l’immédiateté, qui impose son joug abrutissant à une humanité post-moderne dépourvue de racine et de perspective.

    Sans conscience historique, le monde se trouve dépourvu de signification

    Énumérer les corollaires et implications du « présentisme » s’avère un exercice cruel pour l’homme-masse contemporain ; nous signalerons simplement que l’absence de raisonnement diachronique provoque chez lui les mêmes travers que le structuralisme a infligé aux Humanités, à savoir une triple incapacité à cerner le changement (car si tout peut être qualifié d’historique, il n’y a plus d’événement à proprement parler), à appréhender le monde hors du langage (« historique » est devenu une invocation magique, par laquelle le journaliste mène une opération de transmutation de la réalité) et à aborder le sujet, la liberté et l’irréductible (qualifier un événement en cours d’ « historique », c’est d’emblée le ranger dans une case prédéfinie, lui assigner une signification figée).

    Cet emploi perverti du mot « historique » a ceci d’inquiétant qu’il ne nous semble pas être une simple mode langagière mais, disions-nous, un « fait social total » impliquant tous les ressorts et tous les aspects de nos sociétés post-modernes à l’agonie. Cinq tendances délétères sont ainsi illustrées et alimentées :

    – Le relativisme, qui se traduit par une incapacité à hiérarchiser et même à différencier ;
    – Le narcissisme, car en qualifiant tout et n’importe quoi d’ « historique », l’homme-masse s’élève au Pinacle des Époques, oubliant la nécessaire humilité dont tout Moderne doit témoigner à l’égard des Anciens ;
    – Le Spectacle, car dans le commentaire de l’actualité tout temps mort est proscrit (on risquerait de s’ennuyer et donc de réfléchir) ;
    L’infantilisation résultant de l’eudémonisme, car l’actualité qualifiée d’ « historique » est toujours positive, indolore et aseptisée – les événements dramatiques, qui sont le sel de l’Histoire et qui portent du sens car ils résultent de l’exacerbation des passions, ne sont presque jamais qualifiés comme tels (j’ai ainsi vainement cherché un article récent qualifiant les événements de Syrie d’historiques) ;

    – L’inversion des valeurs et le nihilisme, enfin, car les événements dérisoires sont presque systématiquement mis en exergue avec une indécence révoltante, et parce qu’ils ne dégagent aucun sens (ni signification, ni orientation) si on les met bout à bout (Quel est le sens de l’enchaînement chronologique d’un concert, d’un match de basket et d’une cérémonie mémorielle, tous trois qualifiés d’historiques par la presse ?).

    L’Histoire revient au pas de charge

    Ainsi va notre Occident post-moderne, dormeur éveillé, qui plane en apesanteur sur un Monde dont il se croit encore le démiurge et qui pourtant se dérobe chaque jour davantage à lui. La fin de l’Histoire est terminée, la cause est entendue ; c’est le vice des empires à leur apogée que de se croire au terme des Temps. Les Américains ont eu Fukuyama dans les années 1990, Aelius Aristide a fait l’éloge de la Rome éternelle sous les Antonins, et c’est au sommet de leur domination mondiale que les Européens ont conçu leurs projets de paix perpétuelle (avec Kant, l’abbé de Saint-Pierre ou Saint-Simon, par exemple).

    Rien de tel en 2016. Nous vivons le temps des retours : les ethnies, les religions, les civilisations, la politique et la guerre structurent le Monde de façon manifeste depuis que l’écran de fumée des valeurs et des idéologies s’est dissipé. Nous vivons aussi le temps du désenchantement de la modernité et du progrès, qui se heurtent à des limites naturelles et anthropologiques. Nous assistons, bref, au retour de l’Histoire. Aux Européens d’en retrouver le sens, au risque d’être balayés par le puissant ressac de la tragédie humaine.

    Cédric Bellanger 11/04/2016

    Notes :

    (1) http://www.rtl.fr/culture/arts-spectacles/les-rolling-stones-sont-arrives-a-cuba-pour-leur-concert-historique-7782535216
    (2) http://www.insidebasket.com/actu/des-warriors-historique.html
    (3) http://www.leparisien.fr/international/japon-jour-historique-avec-l-hommage-de-john-kerry-a-hiroshima-11-04-2016-5704791.php

    L’arche antique de Palmyre n’est plus. En octobre 2015, l’organisation Etat islamique, qui s’était emparée du joyau antique syrien le 20 mai, a consciencieusement réduit en poussière son arche monumentale, dernier vestige du temple de Bêl érigé là il y a deux millénaires.
    Alors que l’on pensait la relique irrémédiablement perdue, l’Institut d’archéologie numérique (IDA), un projet tricéphale entre Oxford, Harvard et le Musée du futur de Dubai, a annoncé son intention de reproduire le monument de pierre à l’échelle en l’imprimant en 3D, avant de l’exposer, en compagnie d’autres reliques architecturales recréées en laboratoire, en plein milieu de Trafalgar Square et Times Square, histoire de pousser le symbolisme jusqu’au bout.
    http://www.konbini.com/fr/tendances-2/arche-palmyre-daech-imprimante-3d/

    http://www.polemia.com/retrouver-le-sens-de-lhistoire/