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l'information nationaliste - Page 7168

  • Vers la guerre civile ?

    Les nuages qui sont en train de s’accumuler sur la société française, et dont les crimes commis en janvier 2015 sont la manifestation la plus immédiate, traduisent une perte de repères généralisée. On peut rattacher cela à une forme d’anomie politique. Celle-ci se manifeste tant par la montée de comportements narcissique que par des dérives communautaristes. On voit bien que cette anomie politique est le produit de la crise, mais on comprend aussi que la crise n’est pas la seule, ni même la principale cause de cette anomie. Car, nous avons connu, dans le passé, d’autres crises économiques qui n’ont pas produit ces effets. Cette anomie politique n’est en réalité que la conséquence de la perte de souveraineté dont souffre notre pays.

    Du quantitatif au qualitatif

    Cette perte de souveraineté a été progressive, et c’est probablement pour cela qu’elle a tardé à se manifester. Aujourd’hui, l’accumulation de petits renoncements, de petites soumissions, a induit un véritable changement qualitatif. Cette perte de souveraineté ne se fait pas au profit d’un Etat particulier, mais au système bureaucratique qui s’est mis en place à travers l’Union européenne, de Bruxelles à Francfort. Elle est devenue évidente avec les événements de l’état 2015 en Grèce qui ont montré aux yeux de tous quelle était la véritable nature des institutions européennes et pourquoi ces dernières sont radicalement incompatibles avec toute forme de démocratie. Bien des yeux se sont dessillés à cette occasion. On comprend aussi que cette perte de souveraineté ne peut que favoriser le glissement, désormais de plus en plus rapide, vers un Etat collusif, prélude à la mise en place d’un Etat réactionnaire. Mais, cette perte de souveraineté peut aussi conduire à la guerre civile, qui sera alors l’occasion rêvée qu’attendent certains pour mettre en place cet Etat réactionnaire.

    Le drame que nous avons connu les 7 et 9 janvier 2015, les assassinats commis de Charlie Hebdo à l’Hyper-Casher, sont autant de témoignages que ces nuages commencent à laisser passer l’orage. Il nous faut nous y préparer. Paradoxalement, c’est dans notre propre passé que nous pourrons trouver les principes nous permettant de nous projeter dans l’avenir et de faire face aux orages et aux tempêtes qui viennent. Mais peut-être n’y a-t-il rien de paradoxal à cela. Ces réflexions du passé qui éclairent notre avenir ne sont que l’expérience accumulée des crises que la France a connues et a surmontées. La volonté d’effacer le passé que l’on devine dans certaines décisions prises sur les programmes d’enseignement, que ce soit à droite avec le désastreux ministère de Luc Chatel, comme à gauche, n’est pas ici innocente ni sans conséquences.

    Il convient ici de le redire, la France est, et a toujours été, diverse. La société n’est pas la produit d’une quelconque homogénéité, qu’elle soit culturelle, religieuse, linguistique ou économique. La société n’est même pas le produit de décisions conscientes d’individus qui lui préexisteraient. Les individus sont en réalité le produit de la société et la construction de cette dernière est simultanée avec la construction des individus. Mais, ce processus de construction historique a une histoire et une inertie. Cette dernière n’est autre que la culture politique qui s’est construite en même temps que l’Etat et qui incorpore la mémoire des grandes crises traversées. Cette culture politique, dont le droit à la caricature est un exemple, constitue pourtant un invariant dans le court terme. Nul ne peut prétendre impunément s’en dissocier ou la rejeter sans s’exposer lui-même à un phénomène de rejet.

    L’origine d’une Tyrannie

    Les individus qui composent la société sont donc divers car les processus de production sont eux-mêmes divers. Par ailleurs, les mythes fondateurs de la société peuvent aussi être contestés, ce qui implique une nouvelle diversité. Mais cela ne fait que nous ramener à une évidence : la société est politique. C’est par le politique que se construit le lien social, et cette construction implique un redéploiement permanent du politique. Le mot si décrié, et si oublié, de dialectique ici s’impose. Entre l’individu et le collectif s’établissent des liens complexes qui sont irréductibles à la vision tragiquement simplifiée que veulent en donner les libertariens de tout bord. Cette vision de la société n’est pas alternative à d’autres. Elle s’oppose en réalité à toute vision de l’organisation sociale. La vision libertarienne conduit immanquablement à ce que Hobbes appelait « la guerre de tous contre tous », et concrètement à la guerre civile.

    Le rapport intime entre la société et le politique impose de regarder comment s’est produit cette construction dans chaque société. Car, le processus de construction de la société et aussi un processus de différenciation des sociétés. Plus les sociétés se construisent, plus elles produisent des institutions, et plus elles affirment leurs différences. Vouloir le nier, prétendre qu’il y aurait des feuilles blanches sur lesquels des esprits forts pourraient écrire une histoire sans tenir compte de l’histoire passée, est la meilleur recette pour conduire à des drames affreux dont le pire est la guerre civile. C’est pourtant à cela que tendent aujourd’hui les institutions européennes et l’idéologie européiste autour de concepts « hors-sol » niant la pertinence de la souveraineté et par là de la légitimité. Affirmons qu’il ne saurait y avoir de démocratie sans peuple et que l’idée d’une « démocratie sans démos » n’est que le masque de la pire des Tyrannies. Il nous faut donc prendre garde à arrêter au plus vite cette inquiétante dérive.

    La construction d’une société

    Le processus de construction de la société met aussi en évidence des formes dont on peut repérer la pertinence à travers les âges. Les anciens savaient qu’il n’y a pas de légalité sans légitimité, qu’en réalité c’est la seconde qui fonde la première. Des mythes grecs à la distinction romaine entre auctoritas et potestas il y a une leçon qu’il nous faut retenir. Mais, le fondement de la légitimité devient lui-même source potentielle de conflits dès lors que la pluralité des religions devient une réalité. C’est ce que révèle l’œuvre de Jean Bodin qui, dans un même mouvement, établit la suprématie du principe de souveraineté et le détache à jamais de tout lien avec une religion particulière. La seule réponse possible aux guerres de religions du passé ou à celles qui nous menacent, aux intégrismes des uns et des autres, aux lectures littérales, c’est l’union entre le principe de souveraineté et celui de laïcité. Mais, ceci implique la distinction entre sphère privée et sphère publique, distinction que l’idéologie actuelle prétend effacer. La parade ostentatoire des narcissismes, si elle est cohérente avec l’idéologie des libertariens, porte en elle la fin de la société démocratique.

    Un danger menace la société, que ce soit par l’accumulation de richesse qui est tellement extrême qu’elle en devient odieuse, ou par la corrosion sourde d’une idéologie individualiste qui ne produit désormais qu’un narcissisme exacerbé. Le politique se trouve aujourd’hui attaqué sur deux fronts, dans les formes de son fonctionnement mais aussi dans l’intimité de son rapport aux individus. Cette attaque du politique, et donc du cœur même de ce qui produit la société, a des conséquences importantes quant aux formes d’organisation de cette dernière. Cette double menace provoque en effet la crise de l’ordre démocratique qui, comme toute forme d’organisation, ne découle de nulle « loi naturelle » mais de l’expression d’une volonté collective. Dès lors, le futur ne semble nous promettre qu’un choix entre un retour à un ordre archaïque fondé sur des fantasmes d’homogénéité de la société ou un ordre despotique fondé sur lois « immorales ».

    A nouveau sur le lien entre souveraineté et démocratie

    La remise en cause de la souveraineté et de la démocratie porte atteinte au plus profond de la nature de la société française. Certes, il peut y avoir des Etats souverains qui ne sont pas démocratiques ; mais on n’a jamais vus d’Etat démocratique qui ne soit pas souverain. Ce sont donc les fruits amers, mais sommes tout logiques, du processus de mondialisation et de construction de l’Union européenne.

    Prétendre que l’Union européenne aurait été conçue, peu ou prou, pour protéger les peuples contres les influences de la mondialisation comme le font ses thuriféraires est un mensonge éhonté. L’Union européenne a été en réalité à l’avant garde du mouvement qui défait les Etats au profit des grandes firmes multinationales. Elle n’est que l’héritière du projet américain qui fut conçu dans la guerre froide[1]. Elle se construit sur ce que Stathis Kouvelakis va, en se référant à un ouvrage relativement récent de Perry Anderson[2], décrire comme « …une mise à distance de toute forme de contrôle démocratique et de responsabilité devant les peuples est un principe constitutif du réseau complexe d’agences technocratiques et autres collèges d’experts qui forme la colonne vertébrale des institutions de l’UE. Ce qu’on a appelé par euphémisme le « déficit de démocratie » est en fait un déni de démocratie »[3].

    L’union européenne est en réalité un espace bien trop hétérogène pour que l’on puisse penser, comme l’évoque Arnaud Montebourg ou d’autres, à un protectionnisme « européen ». Il ne peut y avoir de Souveraineté, et donc de démocratie, à l’échelle européenne car il n’y a pas de peuple européen. De ce constat découle le fait que ce qui peut exister, et fonctionner, à l’échelle européenne ce sont des coopérations multilatérales. Elles sont absolument nécessaires pour pouvoir traiter de nombreux problèmes mais elles ne seront jamais suffisantes.

    Reconstruire l’ordre démocratique

    Il nous faut donc nous atteler à la reconstruction de cet ordre démocratique et nous devons le faire en regardant les causes de sa crise et non point seulement ses conséquences. Pour ce faire, il faudra nécessairement une profonde recomposition des forces politiques. Il y a certes de nombreuses personnalités dans les partis qui sont ou qui ont été au pouvoir qui sont convaincues de la nécessité de formes de protection de l’économie française ainsi que d’une dépréciation forte de la monnaie. On sait que cela n’est en réalité possible que dans le cadre d’une sortie de l’Euro et d’un retour au Franc. Mais, ces partis sont constitués de telle manière que la « direction » de ces derniers, un groupe réduit d’hommes et de femmes, opèrent de manière quasi indépendante de ce que pense et la base et les cadres intermédiaires de ces partis mais en profonde et parfois directe connivence avec des intérêts privés et leur expression dans les grands médias. C’est ce que l’on a appelé l’Etat collusif qui n’est qu’un étape dans la marche vers l’Etat réactionnaire.

    Ces « directions » ne s’appuient pas seulement sur les institutions internes propres à leurs organisations, mais aussi sur des réseaux de clientélisme et des phénomènes importants de corruption, pour construire leur indépendance par rapport à leurs mandants. Ajoutons à cela une politique de pressions et de dénigrement systématique de tous ceux qui ne pensent pas comme eux. Au total, le niveau de démocratie dans ces partis se révèle très inférieur à ce qu’il est dans le système politique en général. Il faudra donc en passer par un éclatement et une recomposition de ces partis, en espérant que les partisans du recouvrement de la souveraineté nationale sauront s’unir ou à tout le moins travailler ensemble. Le processus d’éclatement est, semble-t-il, en marche dans ces partis du pouvoir.

    Celui de recomposition risque de se faire attendre. Le plus vite il se concrétisera, le mieux cela sera pour le pays.

    Eviter la guerre civile

    La refondation de l’ordre démocratique est aujourd’hui, ici et maintenant, la seule démarche qui soit porteuse d’avenir et de paix civile. C’est la perspective qui apporte le plus de garanties au maintien d’une société qui soit relativement pacifiée et en conséquences, stabilisée. C’est pourquoi, aujourd’hui, la défense de l’ordre démocratique et de ses fondements, la souveraineté et la laïcité, prend la dimension d’un impératif catégorique. C’est pourquoi aussi une telle tache implique que l’on accepte de mettre temporairement de côté certaines divisions, qui sont tout à fait légitimes par ailleurs. L’ampleur de la tache implique que l’on pense les formes politiques d’une coordination dans le combat commun. C’est cela la logique des « fronts » que, par ignorance de l’Histoire, par sectarisme politique ou plus simplement par stupidité, certains s’emploient à refuser.

    Mais, cette refondation peut imposer ou impliquer des éléments de populisme. Pour combattre la tendance spontanée des bureaucraties à produire des lois sans se soucier de leurs légitimités, le recours à des éléments de légitimité charismatique s’impose. C’est le sens de la réintroduction, sur des questions essentielles, des procédures référendaires qui relèvent en partie de cette forme de légitimité. Surtout, il convient de se rappeler que les pouvoirs dictatoriaux, dans leur sens initial et non dans le sens vulgaire qu’a pris le mot de « dictature », font partie de l’ordre démocratique. Il ne faudra donc pas que notre main tremble, que l’action de tous soit interrompue, quand se posera la question de l’abrogation de lois prises dans des conditions certes légales mais entièrement illégitimes.

    La boussole en ces temps incertains devra être comme toujours la défense de la souveraineté de la Nation, et le rassemblement autour de son souverain, c’est à dire le peuple. La nature de ce dernier est en effet claire. Elle est toute entière dans cette magnifique formule héritée de la Révolution Française qui dit que la démocratie est le gouvernement « du peuple, par le peuple, pour le peuple ». Mais il convient d’affirmer que le peuple est conçu comme un ensemble politique soudé autour du bien commun, soit de la Res Publica. C’est cela, et cela seul, qui sera notre viatique pour affronter les tempêtes à venir.

    Jacques Sapir

    notes

    [1] Ce qui fut déjà analysé par J-P. Chevènement La faute de M. Monnet, Paris, Fayard, 2006.

    [2] Anderson P. Le nouveau vieux monde, Marseille, Agone, 2011 (en anglais The New Old World (2009) Londres, Verso).

    [3] Kouvelakis S., in C. Durand (sous la direction de), En Finir avec l’Europe, Paris, La Fabrique, mai 2013, p. 51

    http://russeurope.hypotheses.org/4352

  • La Bavière défie Angela Merkel sur la question des réfugiés

    ♦ Le ministre-président de Bavière Horst Seehofer a menacé Angela Merkel de porter plainte à Karlsruhe si elle ne faisait pas cesser les arrivées de réfugiés. La crise est désormais ouverte au sein de la droite allemande.

    La CSU bavaroise prend la voie du conflit ouvert avec Angela Merkel. Ce vendredi 9 octobre, le gouvernement régional bavarois a annoncé dans un communiqué officiel à l’issue d’un conseil des ministres extraordinaire que, « si le gouvernement fédéral ne prenait pas de mesures pour réduire le flux des réfugiés », il irait devant la Cour constitutionnelle fédérale de Karlsruhe pour « mise en danger de la capacité d’action propre » d’un Land.

    La Bavière exige que les réfugiés soient refoulés à la frontière autrichienne et que les demandeurs d’asile qui arrivent en Bavière soient immédiatement redistribués sur l’ensemble du territoire fédéral allemand. Le ministre-président de Bavière, président de la CSU, Horst Seehofer, a indiqué que cette demande a été formulée pour «prendre en compte la situation sécuritaire, pas seulement en ce qui concerne le terrorisme, mais aussi la criminalité ». Et de conclure, menaçant : « Le sérieux de la situation apparaît chaque jour davantage et nous sommes sérieux dans nos exigences – notamment la plainte constitutionnelle. »

    Changement d’atmosphère outre-Rhin

    La très conservatrice Bavière est en première ligne de l’arrivée des réfugiés en provenance du Moyen-Orient qui traversent la frontière autrichienne. Mais cette annonce du gouvernement bavarois montre un raidissement politique de la part d’une partie de la droite allemande qui rejette la politique d’accueil de la chancelière fédérale Angela Merkel. Depuis les premiers jours de la crise, la CSU a émis des doutes sur cette politique, mais Horst Seehofer se sent désormais en position de force dans la mesure où l’atmosphère change actuellement en Allemagne. Une majorité (51 % selon un sondage paru vendredi dernier) de la population s’inquiète désormais de l’arrivée des réfugiés. Par ailleurs, les eurosceptiques xénophobes d’AfD remontent dans les sondages et les manifestations du mouvement d’extrême droite PEGIDA font de nouveau le plein en Saxe.

    Angela Merkel tient bon

    Malgré ce changement d’humeur, Angela Merkel tient bon. Mercredi soir, sur la première chaîne ARD, elle a réaffirmé sa politique d’accueil en expliquant qu’il n’y avait pas de « bouton pour stopper le mouvement » et en réaffirmant son slogan « wir schaffen das ! » (« Nous y arriverons ! »). Mais elle est en situation très délicate. Pour la première fois depuis son arrivée à la chancellerie, elle doit faire face à une véritable rébellion de sa droite. Car Horst Seehofer va très loin. Président d’un parti membre de la coalition fédérale, il menace le gouvernement fédéral d’une action en justice. Du reste, il ne cache plus la tension avec Angela Merkel. Jeudi, il a affirmé qu’il n’avait pas vu la chancelière à la télévision parce qu’il « ne regarde pas la télévision pendant son temps libre ». Il espère évidemment qu’en exerçant cette pression, la chancelière cèdera pour ne pas prendre le risque de voir le camp conservateur éclater.

    Inquiétude bavaroise

    Derrière cette rébellion bavaroise, il y a sans doute une forme de revanche d’un parti qui a longtemps été compté pour portion congrue dans la majorité par Angela Merkel. Mais il y a aussi de l’opportunisme électoral et de la peur de la CSU de se voir déborder sur sa droite. Les deux derniers sondages bavarois parus les 7 et 8 octobre donnent 43% et 46% à la CSU contre les 47,7% de 2013, tandis qu’AfD entrerait au Maximilianeum, le siège du parlement bavarois.

    Des « zones de transit » ?

    Reste à savoir jusqu’où ira Horst Seehofer. Il cherche à forcer la main du gouvernement fédéral pour créer des « zones de transit » à la frontière, pour refouler avant leur entrée en Allemagne les réfugiés qui ne seraient pas de « vrais » demandeurs d’asile. Ce serait alors rejeter sur l’Autriche l’essentiel du poids du flux des réfugiés et Vienne s’en est déjà émue, alors même que le pays doit faire face à une forte montée de l’extrême droite xénophobe qui, le 27 septembre, a doublé son score en Haute-Autriche et s’apprête à réaliser un très bon score aux élections viennoises de ce 11 octobre. La stratégie de Horst Seehofer n’est pas très éloignée de celle de Viktor Orban, le premier ministre hongrois, qu’il avait, du reste, reçu en grande pompe en septembre dans un congrès de la CSU, comme un défi à Angela Merkel.

    Crise au sein du camp conservateur allemand

    Nul ne sait jusqu’où ira cette crise entre Munich et Berlin. La CSU n’est certes pas un allié indispensable pour la « grande coalition » d’Angela Merkel, mais une rupture ouverte serait un désastre politique pour la chancelière. Alors qu’un ralentissement économique se dessine, cette dernière doit donc faire face à des vents contraires. Sa capacité à maintenir l’unité entre conservateurs et centristes, qui lui a permis de se maintenir au pouvoir jusqu’à présent, est désormais menacée. D’autant qu’elle ne peut, comme à son habitude, jouer sur le temps. Les arrivées des réfugiés ne le permettent pas. C’est donc un moment décisif pour l’avenir politique de la chancelière.

    Romaric Godin  9/10/2015

    Source : La Tribune (9/10/2015)

    http://www.polemia.com/la-baviere-defie-angela-merkel-sur-la-question-des-refugies/

  • Guerre contre Daech : enfin une guerre totale

    Soudain, la terre syrienne s’embrase ! Les forces russes sont entrées en action et l’on revit les bombardements sur Dresde, avec un déluge de feu venant du ciel et de la mer. Mais l’armée islamique n’est pas menacée, tous les Occidentaux le disent de concert avec les Américains, qui sont affûtés en matière de renseignement tactique, comme on vient de le constater en Afghanistan…

    Jusqu’alors, les forces aériennes de la coalition pratiquaient leurs opérations avec intelligence, parfaite coordination et pondération. Presque du train-train. Plus de 4.000 attaques effectuées jusqu’alors n’avaient pas semblé réduire dramatiquement le champ d’action de l’ennemi. Daech n’était pas assiégé et Palmyre pas davantage un camp retranché. Ce ne sont pas les bombes à guidage laser qui ont détruit l’Arc de Triomphe, mais les explosifs au drapeau noir.

    Lire la suite

  • Identité française : relire Renan !

    Quand on parle d’identité française, « Qu’est ce qu’une nation » d’Ernest Renan reste un texte incontournable. Le seul problème c’est que cette très belle conférence du 11 mars 1882 est davantage commentée que réellement lue et comprise.

    Retour au texte : http://www.bmlisieux.com/archives/nation01.htm

    Le socle objectif d’une nation : race, langue, religion, intérêts, géographie

    Les commentateurs rapides retiennent souvent du texte de Renan une et une seule chose : « la nation est un plébiscite de tous les jours » ; ils en tirent la conclusion que Renan a défendu une conception exclusivement subjectiviste de la nation. Ce qui est parfaitement inexact. La partie la plus longue du texte – le chapitre II - est consacrée à une longue discussion sur les bases objectives de la nation. Renan s’écarte effectivement d’une conception purement déterministe de la nation tout en reconnaissant l’importance de données objectives.

    Certes, pour Renan la nation n’est pas la race (au sens de peuple : celte, germain ou romain) et « Ce que nous venons de dire de la race, il faut le dire de la langue. La langue invite à se réunir ; elle n'y force pas » (…) « La religion ne saurait non plus offrir une base suffisante à l'établissement d'une nationalité moderne ». Mais « La communauté des intérêts est assurément un lien puissant entre les hommes ». (…) et « La géographie, ce qu'on appelle les frontières naturelles, a certainement une part considérable dans la division des nations. »

    Il faut bien comprendre ce que Renan dit ici : refus du déterminisme mais prise en compte de la réalité. La dernière phrase du chapitre II est déterminante pour comprendre : « Nous venons de voirce qui ne suffit pas à créer un tel principe spirituel : la race, la langue, les intérêts, l'affinité religieuse, la géographie, les nécessités militaires. Que faut-il donc en plus ? »

    Deux phrases sont ici essentielles : « ce qui ne suffit pas » et « Que faut-il donc en plus ? ». En clair la race, la langue, la religion, les intérêts, le territoire ne sont pas des conditions suffisantes à l’existence d’une nation mais ce sont des conditions, sinon nécessaires, du moins préalables.

    Le socle subjectif d’une nation : «Nous sommes ce que vous fûtes ; nous serons ce que vous êtes»

    La suite montre d’ailleurs l’idée très exigeante que Renan se fait de la nation et l’importance qu’il attache à l’héritage moral et historique, à l’inscription dans le temps long : « Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n'en font qu'une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L'une est dans le passé, l'autre dans le présent. L'une est la possession en commun d'un riche legs de souvenirs ; l'autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l'héritage qu'on a reçu indivis. L'homme, Messieurs, ne s'improvise pas. La nation, comme l'individu, est l'aboutissement d'un long passé d'efforts, de sacrifices et de dévouements. Le culte des ancêtres est de tous le plus légitime ; les ancêtres nous ont faits ce que nous sommes. Un passé héroïque, des grands hommes, de la gloire (j'entends de la véritable), voilà le capital social sur lequel on assied une idée nationale. Avoir des gloires communes dans la passé, une volonté commune dans le présent ; avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voilà les conditions essentielles pour être un peuple. On aime en proportion des sacrifices qu'on a consentis, des maux qu'on a soufferts. On aime la maison qu'on a bâtie et qu'on transmet. Le chant spartiate : «Nous sommes ce que vous fûtes ; nous serons ce que vous êtes» est dans sa simplicité l'hymne abrégé de toute patrie. »

    Pour Renan, il n’y a pas pour une nation de présent commun possible, sans passé commun revendiqué ou assumé. Le socle subjectif d’une nation renvoi à un socle objectif : l’héritage.

    Jean-Yves Ménébrez 30/11/2009
    Voir aussi :

    - « Qu’est ce qu’être français » :
    http://www.polemia.com/article.php?id=2475
    - « Sarkozy/Besson/Copé : négationnistes de l'identité français »
    http://www.polemia.com/article.php?id=2476

    - Identité française et identité juive : le point de vue du CRIF 
    http://www.polemia.com/article.php?id=2555

    http://archives.polemia.com/article.php?id=2556

  • Complices contre Marine Le Pen

    Il ne suffit pas de changer le nom du parti pour échapper au sigle accusateur UMP-PS ! L’important, c’est la réalité qu’il recouvre, cette complicité ancienne et objective entre le PS et l’UMP. Le ciment idéologique de ce compagnonnage c’est l’Europe, ils ont la même en indivision, ont dit oui ensemble à tous les traités qui ont aliéné l’indépendance française. Mardi à Strasbourg, ç’aurait pu être Nicolas Sarkozy qui figurât aux côtés d’Angela Merkel au lieu de Hollande, nul ne se serait aperçu de la différence.

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    On comprend mieux que les sarkozystes, mais pas eux seulement, se soient spontanément rangés derrière François Hollande interpellé par Marine. Éric Woerth en a eu mal pour le président : « J’avais honte pour Madame Le Pen quand elle s’adressait au président de la République française devant tous les députés européens et devant la chancelière allemande, pour essayer de rabaisser d’une certaine façon la France. Et à ce moment-là, oui, j’aurais probablement applaudi François Hollande. » Il aurait applaudi quoi ? L’éructation colérique qui a servi de réponse à l’intervention argumentée de Marine Le Pen ? Même son de cloche chez Fillon qui juge « inqualifiable » pour une élue de la nation française « de s’adresser au président de la République française dans ces conditions. C’est une honte pour le pays et je trouve qu’elle se déshonore ». Quant à l’UDI, Jean-Christophe Lagarde, qui ne peut exister médiatiquement que dans l’outrance, il dénonce « l’anti-France » qui ne serait pas incarnée par Hollande bradant la souveraineté de notre pays, mais par Marine Le Pen qui la défend. Et la même antienne sur « l’humiliation » : « Quand on se prétend patriote, on n’humilie pas celui qui représente la France, on n’abaisse pas la France. »

    Oui, c’est vrai, le chef de l’État a été humilié et la France avec lui, mais pas par Marine Le Pen, par l’intéressé lui-même quand on l’a surpris au petit matin, dissimulé sous un casque, enfourchant un scooter après avoir passé la nuit avec sa dernière maîtresse en date. Le cliché a fait le tour du monde, les capitales étrangères se gaussant de ce héros de vaudeville qu’est devenu celui qui « représente la France », en en faisant la risée de la presse internationale. Oui, il a été humilié, et avec lui notre pays, mais pas par la présidente du Front national, mais par une autre de ses concubines, Valérie Trierweiler, qui a révélé dans un ouvrage traduit en douze langues l’odieux personnage qu’il est, sa duplicité, son goût du mensonge, sa muflerie, son insensibilité minérale, son mépris des pauvres qu’il appelle les « sans dents ».

    C’est précisément de ces derniers que Marine Le Pen a porté la parole haut et fort à Strasbourg. Elle a parlé au nom des humiliés et des oubliés, broyés par une politique européenne qui les appauvrit chaque jour davantage, préférant réserver sa générosité aux « réfugiés » venus d’ailleurs. Ce sont ceux-là que François Hollande a stigmatisés dans ses imprécations contre le « populisme », si proche de « populace ». C’est de cela aussi que les sarkozystes et assimilés se sont rendus solidaires. Les électeurs s’en souviendront.

    Guy Rouvrais

    http://fr.novopress.info/

  • Le Conseil supérieur de l’éducation rejette la réforme des programmes

    Lu sur Causeur :

    "Selon un membre du Conseil supérieur de l’éducation contacté aujourd’hui, cette instance consultative a rejeté hier soir la réforme des programmes de l’enseignement primaire et du collège proposée par la ministre Najat Vallaud-Belkacem.

    Dès l’ouverture des travaux, qui se sont tenus mercredi et jeudi, certains syndicats semblaient manifester beaucoup de mauvaise humeur parce que la version définitive sur laquelle ils devaient débattre ne leur avait été communiquée que la veille à 21h50.

    Mercredi, le SNALC avait déposé  un amendement pour imposer la tenue d’une dictée quotidienne à l’école primaire, laquelle dictée ne figurait pas dans les programmes malgré les engagements médiatiques de la ministre. Le ministère de l’Education nationale, confirmant l’hypocrisie de Najat Vallaud-Belkacem, ne reprenait pas cet amendement à son compte, et le représentant du SNALC était le seul qui votait favorablement dans le scrutin qui suivait.

    Finalement, jeudi soir, c’est l’ensemble des programmes qui était rejeté par le CSE. Certes, l’avis du CSE n’est que consultatif et des légions de ministres sont déjà passés outre. Mais Najat Vallaud-Belkacem n’avait-elle pas claironné à qui veut l’entendre en avril dernier que sa réforme des collèges avait été validée par le même conseil ? Le CSE ne va-t-il pas être désormais classé dans la catégorie « opposants, rebelles, hostiles, irréductibles », à la mode du Rectorat de Toulouse ?"

    Michel Janva

  • La génération 68 vieillit et laisse place à une génération Manif pour tous

    Guillaume de Thieulloy est interrogé par Thierry Bouzard dans Présent :

    T

    Michel Janva