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l'information nationaliste - Page 7257

  • Puissance bancaire, crise financière et guerre: les liens entre Goldman Sachs et l’Otan

    Puissance bancaire, crise financière et guerre: les liens entre Goldman Sachs et l’Otan

    Après avoir été de 2009 à 2014 secrétaire général de l’Otan (sous commandement USA), Anders Fogh Rasmussen a été embauché comme consultant international par Goldman Sachs, la plus puissante banque d’affaires étasunienne.

    Le curriculum de Rasmussen est prestigieux. En tant que Premier ministre danois (2001-2009), il s’est employé à « l’élargissement de l’Ue et de l’Otan en contribuant à la paix et à la prospérité en Europe ». En tant que secrétaire général, il a représenté l’Otan dans son « pic opératif avec six opérations dans trois continents », parmi lesquelles les guerres en Afghanistan et Libye et, « en riposte à l’agression russe contre l’Ukraine, il a renforcé la défense collective à un niveau sans précédents depuis la fin de la guerre froide ».

    Il a en outre soutenu le « Partenariat transatlantique de commerce et d’investissements (Ttip) » (ou Tafta, ndt) entre Etats-Unis et Ue, base économique d’ « une communauté transatlantique intégrée ».

    Compétences précieuses pour Goldman Sachs, dont la stratégie est simultanément financière, politique et militaire. Ses dirigeants et consultants, après des années de travail dans la grande banque, ont été placés dans des postes clé dans le gouvernement étasunien et dans d’autres : parmi ceux-là Mario Draghi (gouverneur de la Banque d’Italie, puis président de la BCE) et Mario Monti (nommé chef du gouvernement par le président Napolitano en 2011).

    On ne s’étonne donc pas que Goldman Sachs mette la main à la pâte dans les guerres conduites par l’Otan. Par exemple, dans celle contre la Libye : elle s’est d’abord appropriée (en causant des pertes de 98%) de fonds d’Etat pour 1,3 milliard de dollars, que Tripoli lui avait confiés en 2008 ; elle a ainsi participé en 2011 à la grande rapine des fonds souverains libyens (estimés à environ 150 milliards de dollars) que les USA et l’Ue ont « congelés » au moment de la guerre. Et, pour gérer à travers le contrôle de la « Central Bank of Libye » les nouveaux fonds retirés de l’export pétrolier, Goldman Sachs s’apprête à débarquer en Libye avec l’opération projetée par USA/Otan sous bannière Ue et « conduite italienne ».

    Sur la base d’une lucide « théorie du chaos », on exploite la situation chaotique provoquée par les guerres contre la Libye et la Syrie, en instrumentant et en canalisant vers l’Italie et la Grèce (pays parmi les plus faibles de l’Ue) le tragique exode des migrants conséquent à ces guerres. Cet exode sert d’arme de guerre psychologique et de pression économique pour démontrer la nécessité d’une « opération humanitaire de paix », visant en réalité l’occupation militaire des zones stratégiquement et économiquement les plus importantes de la Libye. Tout comme l’Otan, Goldman Sachs est fonctionnelle à la stratégie de Washington qui veut une Europe assujettie aux Etats-Unis.

    Après avoir contribué avec l’escroquerie des prêts subprimes à provoquer la crise financière, qui depuis les Etats-Unis a investi l’Europe, Goldman Sachs a spéculé sur la crise européenne, en conseillant « aux investisseurs de tirer avantage de la crise financière en Europe » (cf. rapport réservé rendu public par le Wall Street Journal en 2011). Et, selon des enquêtes documentées effectuées en 2010-2012 par Der Spiegel, New York Times, BBC, Bloomberg News, Goldman Sachs a camouflé, par des opérations financières complexes (« prêts cachés » à des conditions assassines et vente de « titres toxiques » étasuniens), le vrai montant de la dette grecque. Dans cette affaire, Goldman Sachs a manœuvré plus habilement que l’Allemagne, la BCE et le FMI, dont le joug mis au cou de la Grèce est évident.

    En recrutant Rasmussen, avec le réseau international de rapports politiques et militaires qu’il a tissé dans ses cinq années à l’Otan, Goldman Sachs renforce sa capacité d’influence et de pénétration.

    Notes:

    Traduction Marie-Ange Patrizio

    Apostille de la traductrice pour la version française

    On trouvera dans Le groupe Bilderberg, l’ « élite » du pouvoir mondial, de Domenico Moro (Delga, juin 2015, 19 euros, voir pièce jointe), des éléments présentant et analysant ce « réseau international de rapports politiques et militaires » dont parle M. Dinucci pour A. F. Rasmussen et financiers et économiques pour M. Monti et M. Draghi : tous trois bons exemples du phénomène des « revolving doors » (pantouflage) fonctionnant dans le réseau : « une “personnalité multiple”, profes­sionnellement parlant, c’est-à-dire changeant de rôle et de secteur d’une rencontre à l’autre. (…) véritables “transformistes” de l’élite mondiale, capables de changer d’habit professionnel plusieurs fois en l’espace d’un petit nombre d’années.(…) dans un passage tourbillonnant de la politique nationale à la bureaucratie européenne aux grandes entreprises, à la finance, aux think tanks et à l’université» (p. 203).

    Extraits :

    « Les deux derniers secrétaires généraux de l’OTAN ont participé aux rencontres du Bilderberg. Anders Fogh Rasmussen en 2000, l’année précédant son accession au poste de premier ministre du Danemark, et le social-démocrate Jens Stoltenberg en 2002 » (p. 93).

    […] « Goldman Sachs, la banque qui a le plus grand nombre de représentants au Bilderberg et à la Trilatérale et dont le président, Peter Sutherland, siège au direc­toire des deux organisations […] [a] été définie par Matt Taibbi comme une « gigantesque pieuvre vampire ». Du reste, Goldman Sachs fait partie des premiers respon­sables non seulement de la crise des subprimes mais aussi de la crise de l’euro, ayant incité les autorités grecques à falsifier les budgets au moment de l’entrée dans l’euro et ayant bénéficié de l’instabilité de la monnaie unique et de l’augmentation des taux d’intérêt sur les dettes souveraines, au moment où la vérité a surgi » (p. 174).

    […] Dans la campagne présidentielle de 2008, Goldman Sachs fut le principal bailleur de fonds d’Obama, qui, une fois élu, plaça deux hommes de la banque d’affaires, Mark Patterson et Gary Gensler, res­pectivement à la tête du secrétariat au Trésor et à la direction de la com­mission qui régule le marché à termes. Ce ne fut donc pas un hasard si 700 milliards de dollars du programme Tarp furent alloués en 2008 pour sauver Citibank et d’autres banques sans oeuvrer à une réglemen­tation efficace ; tout cela malgré les nombreuses promesses électorales, en continuant la politique de la précédente administration Bush, dont le secrétaire au Trésor, Paulson, était un ancien PDG de Goldman Sachs » (p. 175).

    Le lecteur trouvera aussi dans l’ouvrage publié aux Editions Delga une Présentation au lecteur français par Bernard Genet (comaguer, comité comprendre et agir contre la guerre) fournissant quelques éléments de l’aspect français (direction, membres et invités) de ces réseaux (Bilderberg et Trilatérale).

  • Jérôme Sainte-Marie: «En 2017 le clivage droite-gauche laissera la place au clivage peuple- élite»

    Spécialiste de l'opinion et analyste politique Jérôme Sainte-Marie publie un passionnant essai sur la recomposition politique à laquelle nous assistons en France et en Europe.

    En 1992, Charles Pasqua déclarait après la défaite du traité de Maastricht, «plus rien ne sera jamais comme avant». Il est mort au juillet 2015 et le clivage droite /gauche domine toujours la politique française...

    L'invariant dans une démocratie représentative, c'est la présence d'une majorité au pouvoir et d'une minorité dans l'opposition. Il s'agit d'un dispositif résultant de la logique électorale, rien de plus. Quant au clivage entre une gauche et une droite, s'il a structuré la vie politique européenne sur l'essentiel du XXème siècle, il n'a rien d'inévitable. Sur la durée, il est frappant de constater la variation du contenu idéologique de cette opposition formelle. Cependant, ce clivage s'est à peu près maintenu tant que les principaux partis de gauche et de droite ont réussi à persuader les citoyens qu'ils étaient en conflit sur les principaux enjeux. Le problème aujourd'hui est que l'opinion française a de plus en plus le sentiment qu'ils sont d'accord sur l'essentiel, tout en se disputant sur l'accessoire. La succession rapide des alternances à la tête du pays a favorisé cette perception, car les différences entre les politiques publiques réellement menées ont semblé très proches, et leurs résultats décevants. A l'inverse, une troisième force, qui est tenue en lisière du pouvoir, propose une vision du monde et une politique alternatives. En s'emparant de sujets sur lesquels la gauche et la droite de gouvernement ne se dissocient plus guère, le Front national déstabilise l'ordre électoral ancien.

    Vous considérez comme très probable la présence du FN au second tour en 2017. Pourquoi ?

    Tout d'abord, depuis des mois les sondages d'intentions de vote indiquent tous la qualification de Marine Le Pen pour le second tour. Si certains d'entre eux enregistrent qu'elle serait talonnée ou même dépassée par le candidat principal de la droite, selon la personnalité testée comme candidat des Républicains, à chaque fois la candidate frontiste serait hors de portée du candidat socialiste. Cette raison n'est bien sûr pas suffisante, car l'on sait la fragilité d'un choix politique exprimé hors contexte électorale, et à près de deux ans de l'échéance. C'est pourquoi il faut se pencher sur les élections qui ont eu lieu depuis 2012, et à chaque fois l'affaissement de la gauche sur elle-même s'est amplifié, cependant que le Front national raffermissait son emprise. Par exemple, le fait que les listes lepénistes aient rassemblé un quart des suffrages exprimés aux européennes comme aux départementales constitue un indice révélateur, car il s'agit dans les deux cas de scrutins moins favorables au Front national que ne l'est l'élection présidentielle. Enfin, si l'on considère les facteurs explicatifs de ses succès, et des revers de la gauche, on ne voit pas de raisons à ce qu'ils disparaissent d'ici au printemps 2017.

    Les querelles de famille peuvent- elles freiner cette ascension ?

    Le vote pour le Front national n'est pas un mouvement d'humeur, mais un choix mûri et réitéré, autant que celui en faveur du Parti socialiste ou des Républicains. De plus, une majorité de Français estiment aujourd'hui que le parti dirigé par Marine Le Pen devrait être considéré comme «un parti comme les autres». A tort ou à raison, les positions frontistes sur l'immigration, l'identité nationale ou la sécurité sont largement approuvées. Il s'agit d'un socle solide. De plus, depuis plus d'un an, la quasi-totalité des sympathisants frontistes interrogés dans les sondages voient en Jean-Marie Le Pen un obstacle plutôt qu'un atout. Certes, la forme qu'a pris le conflit interne entre lui et la direction du parti aura troublé plus d'un militant. Le prix à payer pour Marine Le Pen pour son émancipation politique paraît cependant faible. Sur la durée, ces épisodes tumultueux favoriseront l'idée d'un profond renouvellement idéologique, et rendront intenable l'ostracisme dont ce parti fait l'objet. En fait, le principal risque électoral serait plutôt que la normalisation du Front national aille trop loin, alors que son attractivité repose en partie sur son opposition affichée au système politique.

    A vous lire la gauche a perdu beaucoup d' intellectuels, d'ouvriers, une partie des professeurs, que lui reste-t-il ?

    Le secret des renaissances successives de la gauche réside dans la croyance qu'elle était la protectrice du salariat, contre une droite qui aurait défendu la rente et le profit. Aussi près qu'en 2012, François Hollande avait réussi à se faire élire en brocardant son adversaire comme «Président des riches». Au second tour, parmi les ouvriers, 58% des suffrages exprimés se sont portés sur le candidat socialiste. Cette croyance en la gauche s'est aujourd'hui effondrée, le monde du travail ne se sentant guère défendu contre les assauts du chômage et la concurrence de la main d'œuvre étrangère, y compris dans le cadre européen. Les ouvriers et les employés sont bien plus critique à l'égard du pouvoir socialiste que ne le sont les cadres ou les retraités. Autre pilier, les fonctionnaires sont atteints par le doute, y compris les enseignants. Enfin le monde de la culture et du spectacle, très dépendant de la dépense publique, redoute la contraction de celle-ci et se sent moins défendu par la gauche. Les fidélités électorales envers le parti socialiste se défont, comme l'atteste lors des scrutins récents la sur-abstention de ses anciens électeurs. Or, si la gauche ne parvient plus à être identifiée comme la défenseuse de larges groupes sociaux, elle risque d'être ballotée au fil des élections comme un bateau sans quille. La proclamation de «valeurs» abstraites, hors sol, ne lui serait pas alors d'un grand secours.

    Hollande est-il le fossoyeur de la gauche ?

    Le tournant qu'a imposé à la gauche François Hollande avec la proclamation du «pacte de responsabilité» doit être pris au sérieux. Même si la concrétisation de celui-ci devait être modeste, le traumatisme subi par son électorat est considérable. La nouvelle ligne proclamée par le pouvoir socialiste revient à considérer que la gauche a eu tort durant des décennies en matière de politique économique et sociale. Son problème est qu'il n'a pas d'électorat de rechange. Il faut voir plus loin: c'est tout le clivage gauche-droite qui est miné par cette reddition idéologique. Et le recul annoncé de l'Etat amène les catégories sociales les plus vulnérables vers d'autres horizons que la sociale-démocratie, par exemple vers la préférence nationale. J'insiste sur le fait que l'aveu que constitue le «pacte de responsabilité» atteint la crédibilité du projet social de toute la gauche, et pas seulement du Parti socialiste.

    Les gauches type Syriza ou Podemos ont- elles un avenir en France ? Si ce n'est pas le cas, pourquoi ?

    Vu la crise sociale et politique que connaît la France, le recul de toute la mouvance à gauche du Parti socialiste suscite l'interrogation. Beaucoup plus que les différences entre les systèmes électoraux ou bien entre les personnalités, je crois que la clef de cette énigme se trouve dans l'histoire politique des différents pays. Entre France, depuis 1945, l'extrême-gauche, à commencer par le Parti communiste, a été intégré au régime, participant à la construction de notre système social, et parfois même au gouvernement. A l'inverse, l'extrême-droite en a été tenu à l'écart. La situation est tout autre, et même symétriquement opposée, en Espagne ou en Grèce. Le sentiment que la société française est dans l'impasse atteint pour cela toute la gauche, mais non le Front national, justement parce qu'il n'a pas de bilan à justifier. A l'inverse, ailleurs, Podemos ou Syriza peuvent prétendre constituer des alternatives nouvelles.

    Vous écrivez que la gauche fixe sa doctrine sur l'égalité et la droite sur l'identité, pouvez-vous préciser cette classification ?

    En réalité l'une comme l'autre se sont d'abord attachés à promouvoir l'égalité, mais tandis que la droite mettait l'accent sur l'égalité civile entre les individus, la gauche se proposait d'établir l'égalité sociale entre les groupes. Il en va tout autrement aujourd'hui. L'identité nationale ou l'identité de classe ont été délaissées au profit d'une identité européenne évanescente, et d'identités religieuses, ethniques ou sexuelles virulentes. On reconnaît ici l'obsession contemporaine pour la «diversité» ou pour la «parité». L'imaginaire national et républicain s'en trouve bouleversé. Tout se passe comme si les reculs en matière économique et social devaient être compensés par la distribution de privilèges à des groupes ciblés, selon un modèle anglo-saxon. Les élites applaudissent, mais les catégories populaires s'inquiètent de cette reformulation du discours politique français, autrefois universaliste. Comme elle est au pouvoir et comme elle beaucoup plus engagé dans cette voie, la gauche est particulièrement déstabilisée par le «marché aux identités» qu'elle a ouvert.

    Vous ne croyez pas à la tripartition. A quoi peut ressembler la nouvelle bipolarité ?

    A défaut de proportionnelle aux législatives et avec une élection du président de la République au scrutin universel direct, la tendance au clivage binaire est la plus forte. Sous le mandat de François Hollande, le Front national s'est hissé à un niveau électoral proche de celui de la gauche ou de la droite. Le génie est sorti du flacon où il avait été maintenu durant trente ans, avec des scores significatifs mais éloignés de la qualification pour le second tour, l'accident du 21 avril 2002 mis à part. Désormais, comme l'ont montré les élections départementales, le Front national impose sa présence au tour décisif. Telle est aussi l'hypothèse vraisemblable pour la présidentielle de 2017. Ce sera le moment de vérité. Le courant politique qui sera éliminé à l'issue du premier tour, la droite ou plus probablement la gauche, entrera dans une crise sans précédent. Contre le Front national, les débris de la force vaincue s'agrègeront à la force victorieuse, sur le modèle de l'union des tenants du «oui» contre ceux du «non» lors du référendum de 2005 à propos de l'Europe. Comme cela s'esquisse dans plusieurs pays européens, et comme cela s'observe dans nombre de villes et départements français, où le Parti socialiste a pratiquement disparu, le clivage gauche-droite aurait alors vécu.

    Comment définir le nouvel ordre démocratique ?

    En premier lieu comme un ordre cohérent et moderne, correspondant bien mieux aux différences d'intérêts sociaux et d'émotions partagées que ne le fait l'ordre électoral actuel. De fait, si l'abstention atteint des hauteurs vertigineuses, c'est d'abord parce que le clivage entre la gauche et la droite ne renvoie plus aux représentations dominantes parmi les électeurs. Ensuite, le nouvel ordre décrit est avant tout vertical, opposant les catégories populaires aux élites, au sens très large, perpendiculairement au clivage gauche-droite. Ce nouvel ordre démocratique oppose deux forces, l'une dominée par le Front national, sous un vocable quelconque, l'autre faisant la synthèse de ce qu'il y a de commun au libéralisme économique et culturel professé dans les partis de gouvernement à gauche ou à droite. Selon ce schéma, le rapport à l'Europe, à la mondialisation et à l'identité nationale est bien sûr décisif dans le reclassement des uns et des autres. Le contexte actuel de paupérisation et de désarroi favorise l'émergence de ce nouvel ordre démocratique. Il est déjà présent par fragments, dans l'opinion publique, dans les résultats électoraux, et sur les territoires locaux. Mais l'opportunité de sa concrétisation complète et nationale en est le scrutin présidentiel de 2017.

    Vincent Tremolet de Villers

    notes

    Diplômé de Sciences Po Paris et d'une licence d'histoire, Jérôme Sainte-Marie a travaillé au Service d'Information du Gouvernement et à l'institut Louis Harris. Il a ensuite dirigé ensuite BVA Opinion de 1998 à 2008 puis CSA Opinion de 2010 à 2013. Il a fondé en parallèle l'institut iSAMA en 2008.

    Il dirige actuellement Pollingvox, une société d'études et de conseil spécialisée dans les enjeux d'opinion, fondée en 2013. Il publie ces jours- ci, Le nouvel ordre démocratique (Editions du Moment).

    source : Le Figaro :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/politique/EuuplEEFFlcjmKEIuO.shtml

  • Départements obligés d’héberger des clandestins : la France, pays des droits de l’autre !

    Quand les clandestins peuvent traîner devant les tribunaux des collectivités, on ne peut s’empêcher de se dire que quelque chose ne tourne pas rond. Une fois de plus, des droits sont accordés à des étrangers, auxquels les nationaux ne peuvent prétendre. Après douze condamnations, le conseil départemental de Loire-Atlantique est de nouveau passé devant le tribunal administratif pour refus d’héberger des mineurs étrangers…

    S’agissant de mineurs, la compassion vient naturellement. L’enfer étant pavé de bonnes intentions, la loi impose aux départements, aidés financièrement pour cela par l’État, de mettre les jeunes clandestins à l’abri pendant un délai de cinq jours, le temps d’évaluer leur situation et de s’assurer de leur minorité.
    Une faille qu’exploitent naturellement les jeunes « migrants », se présentant sans papiers et affirmant être mineurs pour bénéficier de ces dispositifs encore plus avantageux que pour leurs coreligionnaires. Et ils n’hésitent pas, informés par les associations de bonnes âmes, à traîner en justice les collectivités récalcitrantes.

    Ainsi, ce sont encore deux jeunes hommes arrivés ces derniers jours du Bangladesh et de Guinée, qui se sont présentés devant le tribunal administratif de Nantes pour exiger du conseil départemental de Loire-Atlantique qu’une solution d’hébergement d’urgence leur soit trouvée. Une démarche qu’ont déjà effectuée douze autres jeunes mineurs étrangers isolés arrivés à Nantes par des passeurs, depuis fin juillet : à chaque fois, le département a été condamné.
    Ce dernier assure que les services font « tout leur possible » tout en admettant que « le placement en chambres d’hôtel n’a, ces derniers temps, pas pu se faire, sauf pour quelques-uns. », les moyens et dispositifs existants étant saturés par l’afflux de clandestins. Au total, 265 mineurs isolés sont actuellement pris en charge par le département. Une dizaine d’autres sont contraints à se débrouiller seuls.
    Me Amandine Le Roy, qui accompagne les jeunes migrants, déplore que

    depuis la fin juillet, ces enfants soient livrés à eux-mêmes, dorment dans un squat, aient des difficultés pour s’alimenter. Ils arrivent ici après un voyage dans des conditions extrêmement précaires pour finalement essuyer des refus systématiques.

    Rappelons à ce ténor du barreau que personne ne les a forcés à entreprendre ledit voyage, organisé par de coûteux passeurs, ce qui montre qu’ils ne sont pas aussi démunis financièrement qu’ils l’affirment. Dénuement financier supposé qui justifie que les honoraires de l’avocate soient pris en charge par la collectivité, faisant du créneau de la défense des clandestins une rente de situation, qui ajoute au scandale de la condamnation de la collectivité par des clandestins.

    http://fr.novopress.info/

  • Sapir met en émoi le poulailler d’acajou

    Jacques Sapir a proposé à moyen terme la formation d’un « Front de libération nationale anti-euro » englobant tous les partis souverainistes jusqu’au Front national.

    Souvenons-nous de cette chanson d’Alain Souchon qui décrit le caquètement de « la volaille qui fait l’opinion » depuis son « poulailler d’acajou ». L’artiste y met en scène « les belles basses-cours à bijoux » aux idées convenues. En bon artiste qu’il est, Souchon fait mine de croire que cette volaille est conservatrice. Ce n’était déjà plus tellement vrai en 1977, l’année où il composa sa chanson, mais aujourd’hui, cette volaille est pratiquement à 100 % membre de la gauche libérale sociétale pédante qu’incarne si bien Daniel Cohn-Bendit.

    Depuis une semaine, le poulailler d’acajou est en émoi. Ça caquette et ça cancane à n’en plus finir dans les salons parisiens. Pensez : l’économiste, un temps proche du Front de gauche et qui s’affirme toujours « sans ambiguïté de gauche », Jacques Sapir a proposé à moyen terme la formation d’un « Front de libération nationale anti-euro » englobant tous les partis souverainistes jusqu’au Front national, ou d’un « parti issu du FN ». La grande et la petite bourgeoisie de rédaction s’en étrangle aussi bien à gauche qu’à droite des forces de l’axe européomondialiste.

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  • Pierre Mac Orlan

    L’auteur de cette biographie de Mac Orlan, parue chez Pardès, est Bernard Baritaud, spécialiste reconnu de l'écrivain. Il préside la Société des lecteurs de Mac Orlan.

    L’enfance de Mac Orlan

    Pierre Dumarchey, qui prendra plus tard le pseudonyme de Pierre Mac Orlan, naît le 22 février 1882 à Péronne, ville de garnison du Nord de la France. Son père s'était battu en 1870 parmi les zouaves pontificaux et poursuivra une carrière militaire assez terne jusqu'au grade de capitaine. Le premier souvenir que conserve l'enfant de son père est celui d'un officier « vêtu d'un pantalon rouge à bandes noires et d'un dolman noir à brandebourgs ». De la mère, qui était la fille d'un employé des Chemins de fer, on ne sait rien. Est-elle prématurément décédée ? Cela expliquerait que Pierre et son frère Jean, un rebelle dans l'âme, aient été élevés par un oncle, agrégé d'histoire. Les études de Pierre sont peu concluantes. Il en retiendra cependant un goût pour les poètes latins et une passion pour le rugby ! Il envoie quelques poèmes à Aristide Bruant qui lui répond fort aimablement. Il va avoir bientôt dix-sept ans. Débute une période de misère qui durera près de dix ans.

    La misère

    Pierre Dumarchey était persuadé d'avoir trouvé sa voie : il sera peintre. Il arrive, avec un petit pécule, à Paris dans les derniers mois de 1899 et s'installe, comme il se doit, à Montmartre. Il s'inspire de Toulouse-Lautrec, qu'il admire mais ne parvient à vendre aucune de ses œuvres. Pour, subsister, il fait quelques petits travaux. Il tapisse une villa, il est terrassier, et dort dans des hôtels meublés. Il fréquente les bars à matelots et y rencontre une foule d'originaux dont il s'inspirera dans ses livres. Il rencontre sur la butte les rédacteurs du Libertaire hebdomadaire, une feuille anarchiste où il publie un article parfaitement médiocre fustigeant la bourgeoisie. Il vit une existence inquiète, minée par la hantise d'assurer la survie quotidienne. Il a souvent faim. Le thème de la faim sera d'ailleurs récurrent dans l'œuvre du romancier.

    Un personnage de Montmartre : naissance de Mac Orlan

    Il va très vite prendre ses habitudes au Lapin agile, un cabaret de Montmartre, propriété de Bruant. Il courtise la fille du patron, Marguerite, qui deviendra plus tard, en 1913, son épouse pour la vie. On imagine que cette relation l'aide sans doute quelque peu à survivre. Toujours est-il qu'il va y connaître de "vrais" écrivains qui deviendront ses amis Apollinaire, Carco, Salmon, qui exerceront sur lui une réelle influence littéraire. Il est apprécié, pas tant pour ses écrits qui sont encore peu nombreux, que pour sa personnalité, haute en couleur, coiffé d'une casquette ronde, flanqué d'un basset d'Artois, il entonne volontiers des chansons de marins ou de légionnaires. On l'appelle « le patron », ce qui signifie, en fait, qu'il fréquente la fille de la femme de Frédé, le vrai patron, qui est, lui aussi un personnage pittoresque, avec sa longue barbe, sa toque de fourrure et sa guitare. C'est en 1905 que naît Mac Orlan. C'est avec ce pseudonyme qu'il commence à signer ses dessins. Pour vivre, il écrit aussi des textes de chansons, que d'autres signent le plus souvent et qui sont interprétés par des chanteurs des rues. Il réussira même à vendre quelques dessins à la presse humoristique.

    Le voici écrivain

    On en attribue le mérite au directeur artistique du journal Le Rire, Gus Bofa, qui est un ami de Pierre. Celui-ci apprécie davantage les légendes que les dessins que lui soumet Mac Orlan. Du coup, il l'encourage à développer les légendes et à les transformer en contes. Mac Orlan, qui donnera plus de soixante contes dans les journaux humoristiques en 1913, entre ainsi de plain-pied en littérature. Il ne renoncera cependant pas tout à fait à dessiner. On lui doit des « bandes dessinées » avant  la lettre, où le texte est intégré à l'image, sous forme de bulle. Sa collaboration à la presse va, dès lors, assurer sa sécurité matérielle. Son premier roman, La Maison du retour écœurant, paraît en 1912. Il doit beaucoup aux expériences antérieures de l'auteur, et se caractérise par un ton cocasse mais grinçant, où affleure l'amertume. Un deuxième roman, Le Rire jaune, est publié en feuilleton en 1913. Il décrit les ravages d'une épidémie burlesque, venue de Chine. L'épidémie fait mourir de rire, au sens propre. Du coup, la foule fanatisée massacre ceux qui font rire, les clowns, les humoristes... Les paysans, quant à eux, profitant de l'anarchie, vont piller les villes. C'est dans ce livre que l'on trouve cette formule  « Je ne crains qu'une chose dans un bois et la nuit... c'est l'homme ». Le pessimisme de Mac Orlan est total  le rire jaune est la folie que tout groupe humain porte en soi et qui peut entraîner, lorsqu'elle est libérée par les circonstances, un bouleversement radical de la société. Après ce livre, Mac Orlan est devenu un écrivain plein de promesses, reconnu par ses pairs.

    Et puis, arrive la guerre

    Il sera engagé en Lorraine, en Artois et à Verdun et évoquera dans ses écrits un « travail meurtrier désespérément quotidien ». N'étant pas officier, donc sans solde, il collabore à La Baïonnette afin de subvenir aux besoins de son épouse. Mais l'agent de liaison Pierre Dumarchey va être touché par des éclats d'obus, le 14 septembre 1916, devant sa ville natale. Décoré de la croix de guerre, il sera réformé le 8 décembre 1917. Il écrira dans Verdun, une vingtaine d'années plus tard : « A Verdun commença réellement la fin d'un monde et ceux qui vécurent là, en février 1916, purent constater que la guerre était la plus terrifiante de toutes les maladies de l'intelligence humaine ». Les personnages de Mac Orlan portent la guerre au plus profond d'eux-mêmes « comme une maladie secrète », dira l'un d'eux. La guerre fut pour lui un traumatisme. Vingt ans plus tard, il raconte dans Chroniques de la fin du monde (1940) que, à la tombée de la nuit, en Seine-et-Marne, il crut entendre un jour, venant de l'Est, le bruit d'une petite troupe de cavalerie en mouvement. Il écrira « C'est précisément de là, c'est-à-dire du seuil de ma porte au sommet arrondi, que j'ai entendu venir un soir les quatre cavaliers de l'Apocalypse ». Parmi eux, la Guerre et la Mort, dont il n'avait cessé de redouter le retour...

    1918-1939 : une activité débordante

    Ces années correspondent à la maturité de l'écrivain. Son activité est débordante. Il est éditeur et découvre notamment Joseph Delteil. Il édite de magnifiques ouvrages pour bibliophiles. Il est critique, publie un feuilleton littéraire où il traite de l'actualité comme des rééditions importantes. Il effectue des reportages pour le compte de journaux qui font appel, en ces années-là, à dès écrivains de renom. Il se rend en Allemagne nationale-socialiste, en Italie où il interviewe Mussolini, en Angleterre, en Espagne, en Afrique du Nord. Il "couvre" des procès  retentissants, et, précurseur d'Antoine Blondin, suit pour Le Figaro, quelques étapes du Tour de France. Mais ce n'est pas tout. Il tient une chronique "Disques" dans Le Crapouillot à partir de 1927 et écrit aussi sur les œuvres de photographes connus. Et puis, il écrit le scénario du film de Marcel Lherbier, L'Inhumaine, qui fut certes un échec commercial, mais qui reste une référence pour les cinéphiles. Et enfin, il fera les adaptations au cinéma de ses romans, La Bandera réalisé par Julien Duvivier, en 1935, et le célèbre Quai des brumes de Marcel Carné, en 1938. Mais revenons à ses romans. Il avait écrit un grand roman d'aventures maritimes, Le Chant de l’équipage, en 1918 qui sera suivi de A bord de l’Etoile Matutine. Beaucoup de ses livres respirent le goût de l'aventure. Il y a, selon lui, deux sortes d'aventuriers : l'aventurier actif qui court le monde et finit mal, et l'aventurier passif (dans lequel il se reconnaît puisque écrivain), qui se contente d'imaginer l'aventure. Et puis, il y a aussi l'aventure de la pègre, l'aventure militaire et coloniale qui fascineront Mac Orlan. On les retrouve dans La Bandera (1931) et Le Camp Domineau (1937). Quant au roman le plus connu, Le Quai des brumes (1927), il fait largement appel aux souvenirs des années de misère à Montmartre. Mac Orlan avait aussi abordé le fantastique sur un ton qui n'est certes pas tout à fait celui de Hoffmann, de Jean Ray, de Seignolle ou de Lovecraft. Dans Malice (1923), ruiné, arrivé au bout du désespoir, le personnage principal du livre n'a d'autre ressource que de vendre son âme... pour la corde lui permettant de se pendre. On ne lui en offre pas davantage. Cet usage burlesque de la damnation nous donne une idée du pessimisme radical de l'écrivain. Mais Mac Orlan s'intéressera aussi aux phénomènes sociaux. Il écrit sur le sport, la mode, l'automobile, la publicité... Il évoque le Vel d'Hiv, les music-halls et les grands magasins, où ses contemporains se prosternent devant la modernité et la consommation gloutonne. Pierre Mac Orlan est un pessimiste. L'univers obsessionnel de ses livres les errances stériles et la marginalisation du héros, la mauvaise chance qui le poursuit, la conviction que l'aventure vécue est néfaste, et puis, tous les hommes sont dangereux, le monde est rempli de pièges mortels destinés à nous perdre.

    La guerre à nouveau

    Il approche de la soixantaine quand la guerre éclate. C'est à la campagne que lui et Marguerite vont vivre les années de l'Occupation. Ils élèvent des poules et des lapins, ce qui leur permet d'affronter les difficultés d'approvisionnement. Il se met en retrait de la vie littéraire mais collabore cependant, avec prudence, à certains journaux (certes pas Je Suis Partout !), en restant obstinément dans un registre littéraire. Il publiera cependant un grand livre, L'Ancre de miséricorde, en 1941 encore un roman d'aventures maritimes. Et puis, il interrompra au bon moment sa collaboration à une presse tout de même liée à Vichy. Il ne sera pas inquiété à la Libération... Bon, il avait certes signé la pétition du « Manifeste des intellectuels français pour la défense de l'Occident et de la paix en Europe », publiée par Le Temps du 4 octobre 1935. Ce manifeste soutenait l'invasion de l'Ethiopie par Mussolini. Mais ceci était une vieille histoire et après tout, Mac Orlan n'avait-il pas aussi signé en son temps une pétition réclamant la libération de Malraux, emprisonné au Cambodge, où il avait quelque peu été mêlé à un trafic d'oeuvres d'art ?

    L’après-guerre : une nouvelle carrière

    Mac Orlan va entreprendre une nouvelle carrière à la radio. Il produira, entre 1947 et 1958, une dizaine d'émissions radiophoniques. Il y égrène ses souvenirs, ses lectures, évoque ses amis et ses passions, dont le rugby, fait entendre les chansons qu'il aime. Il adapte aussi certains de ses textes et nouvelles pour des émissions qui ont beaucoup de succès. Et puis, il y aura le retour à la chanson. Il va écrire une soixantaine de textes qui seront interprétés essentiellement par des femmes Germaine Montera, Monique Morelli ou Juliette Gréco, entre autres. Ses chansons font souvent appel à des souvenirs de jeunesse. Voici un couplet de la chanson Fanny de Lanninon : il s'agit de la triste histoire d'un marin breton, depuis ses vingt ans jusqu'à sa vieillesse sans espoir. « J'ai plus rien en survivance / Et quand je bois un coup d'trop / Je sais que ma dernière chance / S'ra d'faire un trou dans l'eau ». En 1950, Mac Orlan avait été élu à l'Académie Goncourt, à l’unanimité. Il y siégera aux côtés de ses amis André Billy, Roland Dorgelès, Francis Carco, et de la présidente, Colette, qu'il admirait. Les honneurs ne l'épargnent pas. Il sera Commandeur de la Légion d'honneur, à l'initiative d'André Malraux, en 1966. Mai-68 ? Bof , il y verra une révolte des jeunes contre la civilisation des machines et des ordinateurs. On a compris que Mac Orlan n'était pas un grand penseur politique. Armand Lanoux était étonné de sa « merveilleuse qualité d'inengagement » l'instinct de conservation et la prudence érigés en règles de vie...

    Les dernières années, puis la fin

    Pour son quatre-vingt-deuxième anniversaire, en 1962, les éditions Gallimard, ses lecteurs et ses amis lui avaient offert un perroquet, Catulle, vite surnommé Dagobert. Mac Orlan avait indubitablement le sens de la communication. Ce perroquet sur son épaule va contribuer à donner à Mac Orlan, vêtu d'un col roulé de grosse laine, coiffé d'une casquette écossaise à pompon, le profil de l’aventurier qu'il n'a jamais été. Le 10 novembre 1963, Marguerite meurt brutalement. Il ne s'en remettra jamais. Il se flattait volontiers de n'avoir jamais divorcé, contrairement à nombre de ses confrères. Il avait consacré à son épouse, en 1952, un poème tout à fait admirable La Chanson des portes. Une puissante et ancienne affection les liait. Mac Orlan survivra encore sept ans, sept ans empreints de mélancolie. Il se retire petit à petit du monde, continuant à recevoir cependant ses visiteurs, même les plus anonymes, avec une extrême gentillesse. Une crise cardiaque l'emporte le 27 juin 1970. Il sera enterré discrètement, selon ses vœux, à Saint-Cyr-sur-Morin, aux côtés de son épouse qu'il aimait tant.

    R.S. Rivarol du 23 juillet 2015

     

    Mac Orlan de Bernard Baritaud, 127 pages, 15 euros franco de port à Pardès, 44 rue Wilson, 77880 Grez-sur-Loing.

  • La marque américaine derrière les afflux de réfugiés

    La marque américaine derrière les afflux de réfugiés

    Dans l’émission d’hier soir - « Les afflux de réfugiés dans l’UE sont une stratégie US-américaine » – nous avons expliqué la stratégie de globalisation des quatre soit-disant « flows ininterrompus » (en français flux). Celle-ci provient du géostratégie militaire US-américain Thomas P.M. Barnett. Je cite Barnett: « Comme condition préalable pour le fonctionnement sans heurts (de la globalisation), nous devons permettre quatre ‘Flows’ durables et sans entraves. » Les afflux actuels, presque surdimensionnés, de réfugiés vers l’Europe, font partie de la stratégie du « Flux sans entraves », qui en l’occurrence vise l’Europe et n’a le droit d’être empêché par aucun gouvernement ou institution selon Barnett.

    Sources / Liens :

    http://metatv.org/guerre-moderne-cont...

    http://www.kla.tv/5788

    Lire aussi : 

    Les USA accusés de financer l’envoi de réfugiés en Europe http://metatv.org/les-usa-accuses-de-...

    http://euro-synergies.hautetfort.com/

  • Violences anti-immigrés : à qui la faute ? (Présent 8428)

    En Allemagne, un nouveau centre d’hébergement pour immigrés vient d’être attaqué, c’est le 152e depuis le début de l’année (voir article d’Olivier Bault dans Présent du 27 août). En France, à Auch, une mosquée a été incendiée, après d’autres, comme à Mâcon, Pargny-sur-Saulx. Bien sûr, on ne saurait approuver ces exactions, mais nous ne nous joindrons pas au chœur des indignés dont la condamnation ne s’accompagne pas de la nécessaire réflexion sur les vraies causes de ces violences. Nos bons dirigeants jouent la vertu offensée devant le vice des méchants. Comme Angela Merkel sous les huées l’autre jour, ils condamnent au nom de l’État de droit ceux qui se livrent à ces actes répréhensibles, tout en cautionnant la violation du même État de droit par ceux qui forcent nos frontières. Cela n’empêche pas Mme Merkel d’annoncer que son pays va recevoir 800 000 « migrants » en 2015, quatre fois plus qu’en 2014, ce qui s’apparente à une provocation qui suscitera de nouvelles violences.
    8428-P1
    On nous dit que les assaillants anti-immigrés ne sont qu’une infime minorité. Sans doute ! Mais leurs concitoyens qui refusent cette violence n’en pensent pas moins. Dans un sondage d’Ipsos, à la question, « Pensez-vous que l’immigration produit des effets positifs ou négatifs sur votre pays ? », la réponse est « négatifs » à 54 % en Allemagne et en France, 72 % en Belgique, 64 % en Grande-Bretagne, 67 % en Italie comme en Espagne.
    Comment en est-on arrivé là ? Nul en Europe, il y a quelques décennies, ne songeait à incendier les mosquées ou les centres d’hébergement. Et puis, l’immigration s’est accélérée, l’Union européenne ouvrant largement ses portes au tout-venant. C’était l’époque où des ministres, tel Bernard Stasi, nous assuraient que « l’immigration est une chance pour la France ». Ils sont venus avec leur religion qui n’est pas la nôtre et ils ont construit des mosquées grâce à la bienveillance des pouvoirs publics. Les autochtones ont été envahis dans des quartiers où ils n’étaient plus qu’une minorité devant subir la loi des étrangers ; toute velléité de révolte, toute dénonciation, étant assimilée au racisme et à la xénophobie par des politiques et des journalistes qui, en fait d’immigrés, ne connaissaient que leur bonne Philippine.

    La violence qui engendre la violence a explosé au propre et au figuré lors de l’attentat du 11 septembre 2001. Elle ne s’est pas arrêtée depuis, elle a crû et prospéré, elle nous frappe ici ou là tous les jours. Ce sont les musulmans qui nous ont déclaré la guerre, ce n’est pas nous. Vous voulez dire les islamistes, nous objectera-t-on. Pas d’amalgame ? Nous constatons seulement que les terroristes se réclament de l’islam, pas du bouddhisme zen, c’est un fait. Nos politiques, devenus depuis peu docteurs ès sciences islamiques quoiqu’ils n’aient pas lu une ligne du Coran, nous déclarent que ce ne sont pas de bons musulmans, que ce n’est pas l’authentique islam. Et quand bien même, qu’est-ce que cela change pour ceux qui succombent sous leurs coups au cri d’Allah Akbar, l’invocation de tous les musulmans, quels qu’ils soient ?

    Guy Rouvrais

    http://fr.novopress.info/

  • Les Verts explosent, la majorité en miettes

    Le départ de François de Rugy, coprésident du groupe EELV à l'Assemblée nationale, aggrave la crise du parti écologiste et accentue la fragmentation de la gauche.

    Les écologistes adorent les crises. Depuis la création du parti, elles ont jalonné toute son histoire. Le départ fracassant de François de Rugy, coprésident du groupe EELV à l'Assemblée, a fait monter leur intensité d'un cran. Il est en fait le résultat d'une crise même plus larvée qui sévit au sein du parti écolo depuis 2012.

    Et il n'est même pas sûr que ce départ éteigne l'incendie. Il est l'illustration du conflit qui oppose les tenants d'une écologie réformiste, capables de s'allier avec le PS dans une majorité de gouvernement, et les adeptes d'une écologie plus ancrée à la gauche de la gauche et qui se refusent au compromis avec les sociaux-démocrates.

    Jeudi, François de Rugy a choisi. Il a profité de la sortie de son livre Écologie ou gauchisme, il faut choisir ,pour faire étalage de ses propres divergences avec son parti. «Pour moi EELV, c'est fini. Le cycle ouvert par Daniel Cohn-Bendit en 2008 est arrivé à son terme. Aujourd'hui, on n'arrive plus à avoir les débats, ni de fond ni stratégiques, au sein d'un parti qui s'enfonce dans une dérive gauchiste», voire dans un «repli sectaire», explique-t-il.

    «Mélenchonisation rampante»

    Depuis des mois, Rugy s'est prononcé contre un rapprochement avec le Front de gauche qui, selon Dominique Voynet, ancienne ministre écologiste de Lionel Jospin, «provoquerait une nouvelle hémorragie militante». Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, ne dit pas autre chose en estimant sur LCI que cette crise résultait de «la mélenchonisation rampante des écologistes».

    À La Rochelle, un élu PS assure cependant que «Rugy a agi de manière un peu précipitée. Il ne faut pas que ça soit un acte isolé. Est-ce ça va provoquer quelque chose après? On n'en sait rien». Et c'est sans doute là la grande peur du PS: qu'EELV se referme sur sa partie la plus opposée à une alliance avec lui. «Et la crainte est fondée», analyse un élu écolo.

    Même si Barbara Pompili, coprésidente du groupe EELV à l'Assemblée, assure que «beaucoup de gens ne se retrouvent plus dans le refus du débat», elle ne semble pas prendre le même chemin. «On nous pousse vers la porte, c'est vrai, a-t-elle dit sur France 3, mais il ne faut pas céder. C'est en ça que je suis en désaccord avec François. Au contraire, il faut continuer à se battre.»

    Bien entendu, les partisans de Cécile Duflot n'ont pas tardé à réagir en fustigeant la décision de Rugy. «Son positionnement, c'est pas entre gauchisme et écologie, mais entre écologie et François Hollande, et finalement il a choisi», a raillé David Cormand, proche de Cécile Duflot.

    Un parti tiraillé entre son aile gauche et ses réformistes. Un débat récurrent et inabouti sur la ligne politique. Un risque permanent de scission. Cela ressemble aussi au PS. À la différence près que ces derniers sont entrés jeudi dans la séquence explosive de leurs affrontements avec le départ surprise de François de Rugy. Celui-ci a crevé l'abcès. En ce sens, la scission qui se profile au sein d'EELV apparaît comme une clarification nécessaire, celle à laquelle le PS ne s'est pas encore livré. 

    Le Front Démocrate très courtisé

    Car si les socialistes n'en sont pas encore au niveau de leurs cousins Verts, ils s'en rapprochent à grands pas. En témoigne le prologue des universités d'été de La Rochelle. Jeudi, avant l'ouverture officielle de ce traditionnel rendez-vous de la rentrée, frondeurs et réformateurs du parti se sont réunis chacun de leur côté pour défendre des positions aussi éloignées que chez les écolos. Demande d'inflexion de la ligne politique pour les premiers, assurance que le cap social-démocrate sera maintenu chez les seconds.

    Sur fond de cette crise politique chez les écologistes, il flottait jeudi à La Rochelle comme un air de recomposition politique à gauche. Avec un petit parti très courtisé: le Front Démocrate de Jean-Luc Bennahmias et Christophe Madrolle qui tenait son université de rentrée à La Rochelle devant une trentaine de personnes. C'est là que François de Rugy s'est rendu pour son premier déplacement de démissionnaire des Verts. C'est là aussi que la venue de Manuel Valls était annoncée pour saluer les fondateurs du Front Démocrate, en même temps que Jean-Vincent Placé. Là encore que Jean-Christophe Cambadélis a prévu de passer vendredi soir.

    Pourquoi un tel intérêt? «Aux régionales, on peut leur apporter des électeurs, encore plus pour la présidentielle, entre 2 et 4 %, explique Jean-Luc Bennhamias, qui assure représenter «30 % des électeurs ayant voté François Bayrou au premier tour de l'élection présidentielle de 2012».

    François-Xavier Bourmaud et Albert Zennou

    source : Le Figaro :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/politique/EuupZEZyZyDgXbppwz.shtml