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l'information nationaliste - Page 7304

  • Il joue le déséquilibré : "Non, moi, je ne décapite personne"

    Un homme de 34 ans a été condamné par le tribunal correctionnel de Versailles, à une peine de 2 ans de prison dont 6 mois avec sursis. La justice lui reproche d’avoir menacé de mort deux éducateurs d’une association et un agent de l’aide sociale à l’enfance du conseil départemental.

    Lors d’une visite avec sa fille de 18 mois, placée depuis sa naissance dans une famille d’accueil, le papa les a menacés de les égorger et les décapiter avec son sabre alors qu’une éducatrice venait de prendre l’enfant dans ses bras. Cet homme d’origine portugaise, converti à l’islam, a également traité une fonctionnaire de police de « sale chrétienne » avant de lui conseiller d’avoir peur des musulmans.

    Dans le box des prévenus, il joue le malade mental et se veut rassurant :

    « Oui, j’ai dit tout cela mais sans jamais avoir eu l’intention de le faire. Non, moi, je ne décapite personne. Vous pouvez demander à mon boulanger ».

    L'individu a déjà été condamné 16 fois.

    Michel Janva

  • Envahisseurs en Italie : « Nous voulons des sous, le wi-fi et la bouffe n’est pas bonne ».


    Ces jeunes hommes – « migrants » et soi-disant « réfugiés » – se plaignent de devoir se déplacer à pied pour trouver un endroit avec wi-fi, que la nourriture est mauvaise et qu’il n’est pas admissible de dormir à 5 dans une pièce.

    Source

    http://www.contre-info.com/

  • Jean-Yves Le Gallou et Emmanuel Ratier : l'Oligarchie et la désinformation (26 juin 2015)

  • Immigration : la police s'alarme de l'arrivée massive de clandestins

    Une réunion de crise s'est tenue à Nice à la suite d'une note confidentielle de la Police aux frontières alertant sur l'entrée en France, via la frontière italienne, d'un grand nombre d'illégaux érythréens.

    La pression de l'immigration clandestine devient intenable à la frontière entre la France et l'Italie. C'est ce que révèle un document confidentiel dont Le Figaro a eu connaissance. Il émane de la direction zonale sud de la Police aux frontières (PAF). Il s'agit du «compte rendu» d'une «réunion exceptionnelle» qui s'est tenue, le 9 juillet dernier, à la préfecture des Alpes-Maritimes, «provoquée», est-il précisé, par le «phénomène migratoire érythréen». Le préfet des Alpes-Maritimes en personne, Adolphe Colrat, a présidé cette réunion. Elle rassemblait une trentaine d'agents de haut rang, dont des chefs de service de Menton, Nice, Marseille, Toulon, Avignon, et jusqu'aux Alpes-de-Haute-Provence. Des responsables locaux de la gendarmerie, des douanes et de la SNCF étaient également conviés.

    Leur constat se veut clinique. Tout part d'un «état statistique des migrants par voie maritime en Italie»: «Entre le 1er janvier et le 30 juin 2014, 61.591 migrants irréguliers ont débarqué en Italie, ils n'étaient que 7913 pour la même période en 2013, et seulement 4301 pour les six premiers mois de l'année 2012. Les Érythréens représentent 31 % de ces migrants (18.282). Les Syriens arrivent en seconde position, avec 10.371 (17 %).»

    La suite? «Ce sont les répercussions en France, et nous les vivons maintenant», explique un agent de la Police aux frontière de la zone sud. Le rapport du 9 juillet indique ainsi que «les migrants en provenance de la Corne de l'Afrique et du Soudan sont au nombre de 5757 au 30 juin 2014. Il s'agit principalement d'Érythréens (ou de personnes se déclarant érythréens), pour 5235 (d'entre eux), soit 91 % des personnes interpellées».

    Un flux jamais vu depuis le printemps arabe

    Le compte rendu, remonté jusqu'au cabinet du ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, précise que «la pression migratoire sur la frontière avec l'Italie s'est accentuée à partir du début du mois d'avril 2014. 694 Érythréens étaient interpellés contre seulement 68 interpellations entre janvier et mars 2014. Les interpellations progressaient de + 165 % au mois de mai (1845) et encore de 43 % au mois de juin (2628). Au total, pour le premier semestre, 2014, la PAF procédait à 5235 interpellations.» Du jamais-vu depuis les vagues du printemps arabe de 2010. Il y a bien une explosion de passages d'illégaux en France. Selon un agent en poste dans la région niçoise, «les clandestins arrivent principalement par TGV, avec des billets en règle, par dizaines désormais dans certaines rames de train». Cette source confie que «pour le seul site de la gare de Menton, 3462 interpellations» ont été effectuées par la PAF «depuis le début de l'année». «Les forces de l'ordre constatent depuis plusieurs jours la présence plus marquée de femmes et enfants érythréens», ajoute un officier de police de cette direction spécialisée. Et les forces de l'ordre ne voient pas tout…

    Beaucoup de migrants tenteraient de rejoindre l'Allemagne. Mais pas seulement. C'est, en tout cas, en France que l'essentiel des interpellés est relâché dans la nature. Car le document issu de la réunion de crise à la préfecture des Alpes-Maritimes révèle l'incroyable dénuement de l'administration face à ce phénomène d'ampleur inédite. Certes, les brigades mobiles de la PAF ont pu arrêter 26 passeurs localement, dont deux dans les Bouches-du-Rhône. Mais du point de vue des mesures administratives et judiciaires, les moyens d'action demeurent limités.

    «Depuis le 1er janvier 2014, 3411 remises immédiates en Italie ont été réalisées, 882 Érythréens ont été laissés libres après procédure», indique le préfet de Nice. Par ailleurs, 881 d'entre-eux ont fait l'objet d'un OQTF (obligation de quitter le territoire) «libre». En clair: il est demandé à ces ressortissants étrangers de quitter le pays par eux-mêmes…

    Sur les 5235 interpellés, 57 ont également été «réadmis» en Italie (au titre d'une procédure spéciale) et seulement 4 placés en centre de rétention administrative, ces structures censées faciliter le retour au pays. «Au final, ceux qui restent s'ajoutent à ceux qui souvent reviennent», résume un fonctionnaire de la PAF. Car les procédures Schengen sont à ce point complexes que l'Italie et la France semblent en partie désarmées.

    Le rapport du 9 juillet décrit, en termes choisis, le mécanisme de cette relative impuissance: «La procédure subséquente aux interpellations à proximité de la frontière italienne permet une remise immédiate aux autorités italiennes. Hors ce périmètre, les contraintes liées aux difficultés de l'interprétariat et de traitement avec plusieurs étrangers demandent un diagnostic précis de la situation administrative.»

    Ses rédacteurs ajoutent: «L'absence de document d'identité ou d'éléments objectifs justifiant la provenance d'Italie rendent la sollicitation auprès de ce pays d'une réadmission effective impossible. Dans le cas d'espèce, une obligation à quitter le territoire est notifiée à l'étranger.» Autrement dit, comme expliqué plus haut, une invitation à partir dont la suite dépend du bon vouloir du clandestin…

    Comme un certain nombre d'illégaux réclament, par ailleurs, le statut de réfugié. Et «une demande d'asile est alors instruite» avec logement «en centre d'accueil pour demandeur d'asile (Cada).» Dans ce contexte, on s'interroge sur les gains espérés de la future réforme Cazeneuve, censée «sauver» la procédure de l'asile en France, notoirement sur le point d'imploser.

    Ce n'est pas tout. La loi socialiste de 2012, qui interdit notamment de poursuivre ceux qui aident les clandestins de façon ponctuelle, achève de ruiner l'efficacité policière. Le compte rendu du 9 juillet dernier l'exprime poliment: «La modification de l'incrimination de l'aide à la circulation et l'absence de déclarations mettant en cause les accompagnateurs et les trafiquants rendent difficiles les poursuites pénales à l'encontre des passeurs.»

    Tout est dit. La Police aux frontières du Grand Sud réclame dans cette note d'alerte des renforts, qui commencent à arriver. Mais pour quels résultats sans moyens légaux adaptés?

    La PAF conclut, un brin dépitée, «pour l'instant, un système organisé de trafic n'est pas encore établi.» «Le rapprochement avec les policiers italiens sur cette thématique permettra un meilleur ciblage», se prend-elle à espérer. Été laborieux en perspective pour Bernard Cazeneuve.

    Les réseaux de passeurs sous haute surveillance

    Dès le 15 avril dernier, le préfet des Alpes-Maritimes a arrêté un plan d'action pour canaliser le flux des clandestins érythréens notamment. Des effectifs de la Police aux frontières zonale ont été dépêchés sur les réseaux routier et ferré.

    Le poste de Menton, point d'entrée majeur, a été renforcé, en plus des unités chargées de l'investigation sur les réseaux de passeurs, qui intègrent désormais les effectifs des Brigades mobiles de recherches de la PAF des départements 06, 83, 13 et 84.

    Le suivi des interpellations est assuré par 9 fonctionnaires supplémentaires qui assurent une permanence judiciaire de 6 heures à minuit, 7 jours sur 7.Le 10 juillet, s'est tenue une réunion entre la PAF, le centre frontière de Vintimille et les autorités italiennes, afin de coordonner leurs actions. Des patrouilles mixtes devraient être engagées de part et d'autre de la frontière. Le préfet de Nice propose qu'un bilan d'activité hebdomadaire soit établi chaque mardi.

    source : Le Figaro :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/politique/EuFApAyykFKypJHTGX.shtml

  • Lettre d’un gaulliste à monsieur Sarkozy

    Monsieur le Président Sarkozy, vous misez sur l’amnésie des Français pour tenter de les convaincre que vous aimez la France. Mais qu’en est-il des éléments factuels ?

    Vous avez su trouver les mots justes, lors de votre campagne présidentielle de 2007, pour rallier à votre cause les patriotes et souverainistes qui ont cru trouver en vous l’homme de la situation. Vous devriez remercier monsieur Gaino, qui a rédigé vos discours.

    Dans les faits, vous avez trahi les valeurs qui ont permis à la France d’après-guerre de se construire dans l’indépendance, et d’exister par elle-même dans le concert des nations.

    Sans faire l’énoncé exhaustif des décisions qui nous ont amenés à la situation que nous vivons actuellement dans notre pays, je me contenterai des principales : celles qui touchent à ce qu’il y a de plus essentiel, s’agissant de notre souveraineté.

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  • Le FN soutient l'interdiction aux mineurs du film porno Love

    Le collectif Culture du FN soutient l'association Promouvoir contre la libre diffusion aux mineurs d'un film pornographique :

    "[...] D’ailleurs qu’a trouvé Fleur Pellerin pour faire à nouveau parler d’elle en plein mois d’août ? Réclamer qu’un film, au caractère pornographique avéré, ne soit pas interdit aux moins de 18 ans. Il s’agit de Love, réalisé par gaspard Noé, auteur de Into The Void (excellent film d’un strict point de vue formel) et d’Irréversible. N’y-a-t-il pas plus urgent ? Rappelons au ministre que les règles sont faites pour être appliquées, et que l’interdiction aux moins de 18 ans, autorise le film aux plus de 18 ans. Quand il y a des scènes explicitement pornographiques, un film doit être interdit aux moins de 18 ans. Il ne s’agit pas de censure, mais de bon sens. Par cette nouvelle polémique, Fleur Pellerin démontre qu’elle est complètement perdue. Qui peut imaginer que les adolescents de 16 ans se précipiteront pour voir ce film exigeant, et probablement un peu dépressif ? Gardons les règles, car à chaque fois que l’on cède, c’est l’avenir qui est menacé."

    "Le Lab d’Europe 1 a publié des extraits d’une conversation entre Sylvain Chazot [journaliste] et moi-même [Gabriel Robin, secrétaire général du collectif]. Longue conversation d’à peu près vingt minutes, durant laquelle j’ai pu expliquer pourquoi il me paraissait nécessaire d’interdire le film Love aux moins de 18 ans. La retranscription sommaire de l’entretien ne me paraissait pas à même de dévoiler l’intégralité de ma pensée, relative à la micro polémique autour du film Love. Voici, en quelques points, les éléments essentiels à retenir :

    -Répétons-le, Love comprend des scènes de nature à heurter la sensibilité des plus jeunes. Les oeuvres filmées présentant des scènes pornographiques doivent être interdites aux moins de 18 ans.

    -L’interdiction d’un film aux moins de 18 ans n’équivaut pas à de la censure. En effet, le film reste autorisé aux plus de 18 ans. Pour qu’il y ait censure d’un film, il faudrait qu’il soit interdit de diffusion, y compris aux majeurs.

    -L’équipe à l’origine du film Love cherche la polémique pour assurer la promotion du film. De la même manière, Fleur Pellerin remue ciel et terre pour se faire remarquer (ce ne sera pas par son travail).

    -Les films « maudits » à l’image sulfureuse ont toujours existé, l’interdiction aux mineurs a parfois pu renforcer leur statut d’oeuvres cultes. Pensons à Pasolini, Kubrick, ou bien encore Lars Von Trier. Sans règles fermes, il n’y a plus de transgression possible pour les artistes.

    -Oui, la pornographie s’est banalisée avec internet. Ce phénomène nourrit parfois une indifférence coupable des jeunes par rapport à la sexualité, l’assimilant à des pratiques qu’ils observent dans des films tournés par des professionnels. Par ailleurs, l’industrie du sexe exploite trop souvent des hommes, et des femmes. Je trouve cela regrettable, et je ne crois pas qu’il faille le banaliser (notamment en annulant l’interdiction aux moins de 18 ans d’un film, certes « artistique », mais aussi,par certains aspects, pornographique)."

    Michel Janva

  • Les techniques pour faire baisser artificiellement le chômage

    Daniel Mémain, porte-parole national du syndicat Solidaire Sud Emploi, explique:

    C"[...] Celle qui est la plus utilisée en ce moment, c'est ce qu'on appelle la gestion sociale du chômageavec une «sortie» [du chômage] par les contrats aidés. Il y a par exemple une augmentation très importante des aides accordées aux entreprises qui embauchent des personnes en difficulté d'insertion et de l'autre côté on allège les critères permettant aux chômeurs d'avoir accès à ce dispositif. Résultat: les gens retrouvent du boulot, mais dans des conditions extrêmement précaires, souvent du temps partiel, etc. Bref, leur insertion durable sur le marché de l'emploi n'est pas au rendez-vous mais cela fait quand même baisser les chiffres ! L'autre moyen, que nous dénonçons et qui est utilisé par ce gouvernement, consiste à dissuader les demandeurs d'emploi de rester inscrits. Comment ? Notamment en les «mettant à distance». Les demandeurs d'emploi ont de plus en plus de difficulté à rencontrer des conseillers disponibles, certaines agences fermant désormais quatre demi-journées par semaine. On leur propose à la place un suivi virtuel. Vous rajoutez le fait que le gouvernement n'a de cesse d'accroître les contrôles, les gens n'ont plus envie de rester inscrits et se disent «à quoi bon ? Ces dispositifs sont peu visibles mais sont une véritable lame de fond. [...]

    Et sans être Nostradamus, on peut affirmer que si le Président vous dit «la courbe va s'inverser», elle va s'inverser ! En tout cas, le gouvernement met tout le paquet: la gestion statistique du chômage, la gestion sociale-faire sortir les gens par des petits contrats aidés, des prestations ou des formations bidons- et puis jouer sur le dégoût des demandeurs d'emploi. Toute cette panoplie devrait bientôt produire ses effets."

    Michel Janva

  • Nous vivons une époque privée d’avenir. L’attente de ce qui viendra n’est plus espérance, mais angoisse

    « La période présente est celle où tout ce qui semble normalement constituer une raison de vivre s’évanouit, où l’on doit, sous peine de sombrer dans le désarroi ou l’inconscience, tout remettre en question. [...] On peut se demander s’il existe un domaine de la vie publique ou privée où les sources mêmes de l’activité et de l’espérance ne soient pas empoisonnées par les conditions dans lesquelles nous vivons. Le travail ne s’accomplit plus avec la conscience orgueilleuse que l’on est utile, mais avec le sentiment humiliant et angoissant de posséder un privilège octroyé par une passagère faveur du sort, un privilège dont on exclut plusieurs êtres humains du fait lui-même qu’on en jouit, bref une place. [...] Le progrès technique semble avoir fait faillite, puisqu’au lieu du bien-être il n’a apporté aux masses que la misère physique et morale où nous les voyons se débattre. [...] Quant au progrès scientifique, on voit mal à quoi il peut être utile d’empiler encore des connaissances sur un amas déjà bien trop vaste pour pouvoir être embrassé par la pensée même des spécialistes. [...] L’art lui-même subit le contrecoup du désarroi général, qui le prive en partie de son public, et par là même porte atteinte à l’inspiration. Enfin la vie familiale n’est plus qu’anxiété depuis que la société s’est fermée aux jeunes. [...] Nous vivons une époque privée d’avenir. L’attente de ce qui viendra n’est plus espérance, mais angoisse. » 

         Ceux qui connaissent l’œuvre de Simone Weil auront reconnu les premières lignes des Réflexions sur les causes de la liberté et de l’oppression sociale écrites en 1934. Et ceux qui les découvrent ne pourront qu’être frappés de leur résonance avec nos préoccupations : elles résument dans une langue limpide ce qui fait l’essentiel de notre actualité, alors que ce texte a 80 ans. Et même s’il est vrai que le capitalisme poursuit sa course folle de crise en crise depuis son origine, il n’en reste pas moins que l’on aurait du mal à trouver un écrit des années 1930 qui exprimerait avec autant de justesse nos angoisses sur le présent comme nos incertitudes sur l’avenir. 

         Pourtant, Simone Weil ne fait pas partie des auteurs de référence des partisans de la critique sociale du monde comme il va. Si les causes en sont complexes, notons qu’elle est souvent perçue comme un simple témoin du malheur de la condition ouvrière ou comme une philosophe mystique. Sur la question de la foi religieuse, Simone Weil s’en tint longtemps à l’évidence selon laquelle le « problème de Dieu est un problème dont les données manquent ici-bas et que la seule méthode certaine pour éviter de le résoudre à faux [...] était de ne pas le poser ». 

    Charles Jacquier, « Simone Weil, le progrès contre la liberté », in Radicalité, 20 penseurs vraiment critiques

    http://www.oragesdacier.info/

  • JÜNGER, HEIDEGGER ET LE NIHILISME Alain de Benoist

    [Texte d’une conférence prononcée à Milan]

    JÜNGER, HEIDEGGER ET LE NIHILISME

    Alain de Benoist

    Ernst Jünger et Martin Heidegger ont, comme chacun le sait, engagé à cinq ans d’intervalle un dialogue sur le nihilisme, dialogue noué au moyen de deux textes particulièrement importants, parus dans les années cinquante à l’occasion de leur 60e anniversaire respectif (1). L’étude et la comparaison de ces textes est particulièrement intéressante dans la mesure où elles permettent de mieux apprécier ce qui, sur ce sujet fondamental, sépare deux auteurs que l’on a fréquemment rapprochés l’un de l’autre et qui ont eux-mêmes entretenu une puissante relation intellectuelle durant plusieurs décennies. Nous en donnerons ici une brève présentation.

    Dans son approche, qui se veut d’allure délibérément « médicale » (elle comprend un « diagnostic » et une « thérapeutique »), Jünger affirme d’abord que porter remède au nihilisme implique d’en donner une « bonne définition ». Reprenant l’opinion de Nietzsche, qui voyait dans le nihilisme le processus par et dans lequel « les plus hautes valeurs se dévalorisent » (La volonté de puissance), il affirme que celui-ci se caractérise essentiellement par la dévaluation, puis la disparition des valeurs traditionnelles, au premier rang desquelles il place alors les valeurs chrétiennes.

    Il réagit ensuite contre l’idée que le nihilisme serait essentiellement un phénomène chaotique. « On s’est aperçu, le temps aidant, écrit-il, que le nihilisme peut concorder avec de vastes systèmes d’ordre, et que c’est même généralement le cas, lorsqu’il revêt sa forme active et déploie sa puissance. Il trouve dans l’ordre un substrat favorable ; il le remodèle à ses fins […] L’ordre non seulement se plie aux exigences du nihilisme, mais est une composante de son style » (pp. 48-52). En ce sens, le nihilisme n’est pas la décadence. Il ne va pas de pair avec le relâchement, mais « produit plutôt des hommes qui marchent droit devant eux comme des machines de fer, insensibles encore au moment où la catastrophe les fracasse » (p. 57). Pareillement, le nihilisme n’est pas une maladie. Il n’a rien de morbide. On le trouve au contraire « lié à la santé physique — là surtout où on le met vigoureusement en œuvre » (p. 54). Le nihilisme est en revanche essentiellement réducteur : sa tendance la plus constante est de « ramener le monde, avec ses antagonismes multiples et complexes, à un commun dénominateur » (p. 65). Faisant passer la société « de la communauté morale à la cohésion automatique » (p. 63), il conjugue le fanatisme, l’absence de tout sentiment moral et la « perfection » de l’organisation technique.

    Ces observations sont caractéristiques. Elles montrent que, lorsqu’il évoque le nihilisme, Jünger se réfère avant tout au modèle de l’Etat totalitaire, et plus spécialement à celui de l’Etat nazi. Le IIIe Reich correspond en effet à cet état social où les hommes sont soumis à un ordre absolu, à une organisation « automatique », tandis que la dévaluation de toute morale traditionnelle va de pair avec une incontestable exaltation de la «santé ». La question qu’on peut alors se poser est de savoir si ce que Jünger est en train de décrire est bien le nihilisme. Ne s’agit-il pas plutôt, tout simplement, du totalitarisme —de ce Léviathan totalitaire, qui a mis la technique à son service et qui engendre un monde relevant du « paysage des chantiers » ? 

    Jünger, par ailleurs, professe un certain optimisme qui transparaît déjà dans le titre de son texte : « Passage de la ligne ». Evoquant Nietzsche et Dostoïevsky, il constate que leur critique du nihilisme ne les pas a empêchés de se montrer eux-mêmes relativement optimistes, soit que le nihilisme puisse être dépassé « dans un quelconque avenir » (Nietzsche), soit qu’il constitue en quelque sorte « une phase nécessaire, à l’intérieur d’un mouvement qui tend à des fins précises » (Dostoïevski). Jünger reprend ici une idée qui lui est familière : après le pire ne peut venir que le meilleur. Ou plus exactement : une tendance poussée jusqu’à son terme s’inverse nécessairement en son contraire. Ainsi disait-il, dans les années trente, qu’il fallait «perdre la guerre pour gagner la nation ». C’est dans cet esprit qu’il cite Bernanos : « La lumière n’éclate que si les ténèbres ont tout envahi. La supériorité absolue de l’ennemi est justement ce qui se retourne contre lui » (pp. 37-38). Or, le sentiment de Jünger est que le pire est passé, que « la tête a franchi la ligne », c’est-à-dire que l’homme a commencé à sortir du nihilisme. Cette affirmation résulte, là encore, de son assimilation du nihilisme au totalitarisme. Comme l’écrit Julien Hervier, « si Jünger croit au dépassement du zéro absolu, l’écroulement de l’hitlérisme, incarnation triomphante du nihilisme moral, n’y est pas pour rien » (préface, p. 13) (2).

     

    Dans son essai, Jünger s’applique donc essentiellement à décrire l’état du monde tel qu’il l’est, afin de supputer la possibilité que l’on soit déjà passé de l’autre côté de la « ligne ». Sa conclusion peut d’ailleurs paraître modeste. Face au nihilisme, il propose de recourir aux poètes et à l’amour (« Eros »). Il en appelle à la dissidence individuelle, à l’« anarchie authentique». (En 1950, il n’a pas encore inventé la Figure de l’Anarque). « Avant tout, écrit-il, il faut trouver la sécurité dans son propre cœur. Alors, le monde changera ».

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