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l'information nationaliste - Page 7309

  • Pour l'anniversaire de l'auto-entreprise


    Quand on évoque le modèle social français on ne doit jamais perdre de vue que sa première conséquence peut être observée à Londres. Vivent désormais dans la capitale britannique plus de 300 000 de nos concitoyens. L'orgueilleuse citadelle de l'impérialisme financier est devenue la 6e ville "française", en fonction du nombre de ses habitants venus de notre pays. S'y côtoient toutes les couches sociales, cadres supérieurs, salariés à venus à la recherche d'emplois qu'ils y ont effectivement trouvés, mais aussi, point très importants, créateurs d'entreprises.

    Grâce au modèle social français, l'Histoire des îles britanniques a connu le plus grand arrivage en provenance qu'elles avaient connu depuis Guillaume le Conquérant. Même les horreurs de la révolution jacobine n'avaient entraîné le départ que de 140 000 de nos compatriotes. Ne poussons pas la cruauté jusqu'à comparer le chiffre des patriotes qui se rendirent à Londres pour combattre aux côtés du général De Gaulle.

    Depuis 20 ans que ce mouvement s'est développé, une seule mesure légale efficace a été prise pour sauvegarder le développement en France de l'initiative privée, et par conséquent du maintien dans notre pays des gens désireux d'entreprendre : on la doit à Hervé Novelli inventeur du régime des auto entrepreneurs. Ce concept fait partie de la loi, beaucoup plus vaste, et pas toujours heureuse, dite LME, de "modernisation de l'économie", promulguée il y a exactement 7 ans, le 4 août 2008. Le nouveau système est entré en vigueur le 1er janvier 2009.

    On se tromperait en assimilant l'approbation que mérite le travail de ce ministre, appuyé par le vote des députés en 2008, à une quelconque nostalgie "sarkozyste" : le 13 mars 2015, vendredi 13 noteront les superstitieux, l'ancien président était invité surFrance Info. En cette occasion, il a cru bon de parler de la nécessité de revoir le statut d'auto-entrepreneur, : "C'est un caillou dans ma chaussure, a-t-il osé proclamer. (...) On a un problème de concurrence déloyale entre l'auto-entrepreneur qui n'a pas d'obligation et l'artisan."

    Pourtant, c’est bien sous sa présidence que ce régime avait vu le jour. En 2009, c'est bien lui, qui s'en été prévalu dans ces termes : "Le succès de l’auto-entrepreneur est en passe de devenir un phénomène de société. Je souhaite que l’on fasse de vos histoires personnelles des exemples dans les écoles, dans les cités, à la télévision." Et d'ajouter, de manière effectivement convaincante, mais apparemment pas sincère : "Que préfère-t-on ? Laisser les travailleurs indépendants qui paient leurs cotisations et leurs impôts face à la concurrence déloyale de ceux qui travaillent sans se déclarer et sans payer aucun impôt ?"

    Ces déclarations datent, certes, mais ce qui n'a pas faibli c'est la popularité de ce dispositif. Aujourd'hui encore il représente la moitié des créations d’entreprises, 283 000 sur 551 000 créées en 2014. On comprend mal dans de telles conditions la réticence d'une partie de la droite à le défendre. En 2013, un rapport remis par l’Inspection générale des finances et par l’Inspection des affaires sociales est obligé de conclure que sur les 982 000 auto-entrepreneurs, respectant leurs obligations et, notamment, la qualification pour l’exercice des activités artisanales, leur existence ne constitue aucunement une concurrence déloyale. Représentant environ 12 milliards d'euros de chiffre d'affaires ils acquittent 4 milliards de cotisations sociales

    Cela marchait trop bien. Les socialistes donc ont essayé de le détruire.

    Mais devant la mobilisation du mouvement des "poussins" ils ont (provisoirement) reculé, se contentant d'alourdir le dispositif en le fusionnant en décembre 2014 dans le régime dit de la micro-entreprise qui maintient, malgré tout, certains principes essentiels du système.

    Ce n'est donc qu'un début, il faut continuer ce combat.

    JG Malliarakis

    http://www.insolent.fr/2015/08/pour-lanniversaire-de-lauto-entreprise.html

  • Arnaud Guyot-Jeannin : « renouer avec une anthropologie fondée sur l'ordre classique et la politique naturelle »

    Arnaud Guyot-Jeannin est l'auteur de Julius Evola (1997), Aux sources de l'erreur libérale (1999, avec Benjamin Guillemaind), Aux sources de la droite (2000), Aux sources de l'éternel féminin (2001), ouvrages parus aux éditions L'Âge d'homme. Il anime par ailleurs le Libre journal des enjeux actuels sur Radio courtoisie, et l'émission Nos chers vivants, consacrée au cinéma, sur TV Liberté.

    Monde et Vie : Arnaud Guyot-Jeannin, pensez-vous que les notions de droite et de gauche aient encore un sens aujourd'hui?

    Arnaud Guyot Jeannin : Non, elles n'en ont plus politiquement Marine Le Pen a eu la bonne idée de qualifier « UMPS », le rassemblement des forces alternantes du Système, soit la synthèse du PS et de l'UMP pour les deux premières formations politiques de gauche et de droite. La gauche montebourgeoise et ses « frondeurs » vilipendent l'eurolibéralisme financier, mais sacrifient à la logique de l’immigration, armée de réserve du Capital. De plus, cette gauche « frondeuse » représente une minorité dans l'appareil du PS ! De son côté, le gouvernement « socialiste » - qui ne mérite plus ce nom depuis son ralliement aux valeurs marchandes et au capitalisme de marché dès 1983 - n'illusionne plus les couches moyennes et populaires qui reportent maintenant leurs voix sur le Front national. Ce qui est tout de même une satisfaction !

    Quant à la droite UMP, son discours est illisible. Alain Juppé, Nathalie Kosciusko-Morizet ou François Baroin sont des sociaux-démocrates libéraux (sans parler du reconverti libéral pur et dur François Fillon qui provient du gaullisme social séguiniste) se posent en s'opposant à l'aile droite de l'UMP - de ceux qu'il faut désormais appeler « Les Républicains » - incarnée par la droite sarkozyste sous influence buissonnière. Cette dernière peut se prévaloir de défendre les valeurs traditionnelles sur le plan sociétal (la famille, la nation, etc.), mais elle participe à leur destruction par son adhésion au capitalisme mondialisé sur le plan économico-social et a toujours mené une politique cosmopolite et progressiste, une fois en place au pouvoir. Voir 2007-2012 et le quinquennat du prestidigitateur agité Nicolas Sarkozy, apôtre de l'American way of life !

    La libre circulation des biens, des capitaux, des services et des hommes contient sa propre cohérence interne au sein du sans-frontiérisme à l'échelle mondiale. La globalisation ne connaît pas les personnes, les communautés et les peuples, mais le taux de profit des multinationales du C AC 40 et autres grands groupes bancaires et financiers.

    Si la gauche se caractérise par la foi dans le progrès, comment caractériser la droite ? Au fond, existe-t-elle ?

    A. G-J. Elle se caractérise par sa foi dans la tradition, c'est-à-dire dans les racines de l'homme et la civilisation qui se perpétue à travers la transmission de celles-ci. Cette droite traditionaliste d'inspiration légitimiste sourire structurellement d'un déficit d'incarnation sur le plan politico-social de nos jours. Cependant ses valeurs sont toujours valables, plus que jamais elles répondent à la quête troublée des peuples volonté de donner un sens spirituel à sa vie dépressive, désir de préserver son identité ethnoculturelle à tous les échelons du pays contre les ravages du mélangisme anomique, aspiration à réduire les inégalités et à mettre en œuvre une vraie justice sociale contre le capitalisme absolu, à bâtir une Europe de la puissance face à une Europe des marchés à l'œuvre actuellement Retrouver cette « droite essentielle » dont a pu parler Stéphane Riais, demeure l'objectif final pour renouer avec les valeurs aristocratiques et populaires contre les valeurs bourgeoises de notre hyper-modernité parodique.

    « Qui dit conservateur dit surtout conservateur de soi-même », a écrit Bernanos. L'homme de droite est-il forcément conservateur ? Et le conservatisme peut-il sauver ? 

    A. G-J Bernanos avait raison. « Conservateur » est un mot que je répugne à utiliser positivement parce qu'il signifie trop souvent, en France, la défense des intérêts privilégiés de classe les siens propres en l'occurrence. Comme le disait Thierry Maulnier, reprenant une boutade du duc d'Orléans « Conservateur, voilà un mot qui commence bien mal ». En Allemagne, le mot possède une connotation plus traditionaliste. Il vise à perpétuer l'héritage des ancêtres. Le conservatisme peut-être alors assorti du terme « révolutionnaire », dans la mesure ou le rejet du progrès économique et technico-industriel s’accompagne d'un socialisme enraciné et communautaire. Armin Mohler a justement dénommé « Révolution conservatrice », la mouvance des intellectuels Jeunes-Conservateurs, Nationaux-Révolutionnaires, etc., qui émergea après la Première Guerre mondiale outre Rhin, dont le soldatique Ernst Jûnger et l’économiste Werner Sombart représentent des exemple types.

    Il est de plus en plus question dans le débat politique d'identité et d'enracinement Finalement, l'enjeu fondamental ne réside-t-il pas dans le choix entre le nouvel ordre mondial et l'enracinement ? Ces notions ne dépassent-elles pas l’habituel clivage gauche-droite ?

    A. G-J Il nous faut renouer avec une anthropologie de droite ou traditionnelle fondée sur l'ordre classique et « la politique naturelle » si chère à Maurras, contre l'individualisme narcissique, l’indifférentisme et le matérialisme pratique. Faire communauté en tant que Personnes reliées ! En attendant, la réappropriation de son destin par le peuple doit conduire à l'alliance de toutes les forces politiques, sociales et intellectuelles qui veulent rompre avec le capitalisme prédateur engendrant la paupérisation, la précarité, les délocalisations et l'immigration. La civilisation du travail autonome et salarial aboutit à une asphyxie d'hommes exploités, stressés, déprimés. La société productiviste privilégie le profit sur la vie. Il faut inverser la tendance. 

    Propos recueillis par Eric Letty

     

    monde&vie juillet 2015

  • Horreur : une nouvelle vidéo montre que le Planning familial américain vend des fœtus avortés intacts, nés vivants

    Nous vous épargnons les images terribles.
    Lu chez reinformation.tv :

    « Le Center for Medical Progress, organisme américain, vient de publier une nouvelle vidéo dans laquelle on peut voir un cinquième dirigeant du Planning familial évoquer la vente d’organes de fœtus avortés, et même en l’occurrence de fœtus avortés « intacts ». Le doute n’est plus permis : en quelques jours, cinq responsables de l’organisation américaine reconnaissent, ne sachant pas qu’ils sont filmés, que le Planning familial vend des organes de bébés avortés, à des fins de recherche médicale… Ces vidéos sont le fruit du travail du journaliste d’investigation David Daleiden et de ses collaborateurs qui se sont fait passer pendant deux ans et demi pour les membres d’une fausse société, Biomax Procurement Services, qui aurait cherché à s’installer sur le marché des intermédiaires entre la recherche médicale et les cliniques d’avortement.

    Un cinquième responsable du Planning familial américain évoque le trafic – lucratif – de fœtus avortés

     

    Dans cette dernière vidéo, c’est la directrice de recherche d’une antenne locale du planning familial, Melissa Farrell, qui détaille les activités – parfaitement illégales – de son organisation. Dans la vidéo de cette caméra cachée, la jeune femme explique comment elle « diversifie » les revenus du Planning familial en vendant des organes de fœtus avortés, et détaille l’activité monstrueuse de son laboratoire alors qu’elle est tranquillement à table.

    Mais la vidéo ne s’arrête pas là : la caméra entre dans un laboratoire dans lequel des personnes sont précisément en train de démembrer des bébés avortés pour garder les parties qui pourront être vendus et que le Planning familial appelle pudiquement « tissus ». La vidéo montre sans détour une main ou un pied, parfaitement formés. Pensant s’adresser à un acheteur potentiel, l’une des blouses blanches commente son « travail » : « C’était un jumeau » d’environ 20 semaines…

    Il prouve ainsi que les personnes impliquées dans ce trafic savent exactement ce qu’elles font.

    Dans une nouvelle vidéo, une responsable du Planning familial américain évoque la vente de fœtus intacts, et donc nés vivants

    Dans la vidéo, Melissa Farrell explique également comment les médecins avorteurs peuvent modifier la procédure d’avortement – en la rendant totalement illégale – pour obtenir des fœtus « intacts ».

    David Daleiden détaillait le processus sur CNN : « Lorsque vous parlez de fœtus totalement intacts dans le contexte d’obtention de tissus de fœtus, ce sont des situations dans lesquelles aucun fœticide, aucun produit chimique ne peut être utilisé pour tuer le fœtus à l’avance puisque ces produits empoisonneraient les organes et les tissus. Dans ce cas, il s’agit d’une première preuve de cas d’enfants qui naissent vivants. » Et qui sont donc vendus puisqu’ils sont tués à la naissance, alors qu’un contrat est déjà sur leur tête.

    Il ressort des vidéos que le Planning familial tire profit de son activité morbide, ce qui est totalement illégal. La dernière vidéo laisse peu de doutes à ce sujet puisque Melissa Farrell reconnaît qu’elle « diversifie » les revenus du Planning familial.

    Mais l’argent est une question secondaire. Ce que montrent clairement ces images, c’est que les « tissus » vendus sont des mains, des pieds… Ceux de « jumeaux », ou tout simplement d’un petit homme que l’âge seul différencie de tout autre homme.

    Barack Obama refuse absolument de couper le financement du Planning familial américain

    Certains Républicains ont hurlé au scandale, reprenant à leur compte l’indignation populaire réelle qui a suivi la publication de ces vidéos. Mais lundi, les sénateurs républicains ne sont pas parvenus à faire voter le projet de loi qui prévoyait de couper les fonds fédéraux attribués au Planning familial. 53 sénateurs seulement ont voté pour ce projet de loi, alors que le minimum requis pour l’adoption est de 60. La prochaine étape de la bataille sera donc à l’automne prochain, lors du vote du budget du gouvernement.

    Et quand bien même les sénateurs auraient été plus de 60 à voter la fin du financement du Planning familial, Barack Obama avait promis un veto présidentiel, montrant une fois de plus son mépris du processus démocratique. Le président américain a affirmé qu’il ne laisserait personne remettre en cause le financement d’une organisation qui offre de « précieux services ».

    Les « précieux services », ce sont 300.000 avortements par an, et le trafic de fœtus intacts ou démembrés. Que peut bien valoir la vie d’un innocent pour l’idéologie « progressiste » ? Rien.

    Béatrice Romée »

    http://www.contre-info.com/horreur-une-nouvelle-video-montre-que-le-planning-familial-americain-vend-des-foetus-avortes-intacts-nes-vivants#more-38931

  • Un virage qui se dessine sur l'immigration

    Deux pages d'accueil successives sur le site internet du Figaro me donnent à penser que certains blocages sont en train de sauter.

    Le samedi 1er août c'était :"L'immigration, principale préoccupation des Européens", avec à la clef une étude par sondage réalisée ce printemps pour le compte de la Commission européenne.

    Ce lundi 3 août au matin c'est : "Migrants : la Mairie de Paris se retrouve sous pression".

    L'affaire de Calais, loin de Paris, loin des plages vacancières, loin de campagnes aujourd'hui encore ensoleillées, loin de Neuilly aussi, plus loin encore des palais nationaux, a longtemps semblé une affaire, désagréable certes, mais que nos technocrates et nos gendarmes allaient régler pendant que nous fermons les yeux.

    À Lampedusa, à Mytilène, aux confins de l'Espagne et du Maroc ? Que l'Europe du sud se débrouille, nous ne voulons pas le savoir.

    D'excellents esprits viennent aussi nous assurer que, grâce aux immigrés devenus sémantiquement des "migrants", – avez-vous remarqué l'invasion des éléments de langage ? – nos retraites par répartition allaient être sauvées. Pure illusion, grossier mensonge.

    Et puis, aujourd'hui même à Paris, on découvre qu'un lycée désaffecté du 19earrondissement a été envahi malencontreusment par des "chances pour l'Europe". Ses occupants illégaux viennent compliquer l'existence tranquillement dépensière d'un des centres de pouvoir les plus infectés d'idéologie bien-pensante et socialo-communiste : l'équipe municipale Hidalgo. La voici obligée de protester par des mots absurdes : "Ce n'est pas en envahissant un équipement public qu'on trouve de l'hébergement", explique-t-on, si j'en crois Le Figaro au cabinet du maire. Accessoirement les mêmes bureaucrates ne nous expliquent pas comment "on" obtient gain de cause.

    On nous dit que "la Mairie de Paris refuse également de céder au 'chantage inadmissible'des migrants du lycée Jean-Quarré, qui réclament l'aménagement d'un gymnase pour s'y installer." "On réfléchit au fait de faire intervenir les forces de police", – réfléchissez, réfléchissez, ‑ mais la situation est claire : "le dialogue est pour le moment rompu. Une réunion de crise devrait se tenir ce lundi matin à la Mairie de Paris pour trouver une solution." Bien sûr, dira-t-on, c'est la version du Figaro, pas trop favorable à l'insupportable Hidalgo.

    Nous sommes certes assaillis de désinformation à jet continu. Mais cela, nous le savons aussi, de plus en plus, avec plus ou moins de conscience de cette dommageable intensité.

    La fin des euroscepticismes plus ou moins fabriqués, plus ou moins manipulés, des deux côtés de la Manche, n'est sans doute pas pour demain.

    Au moins la purulence grandissante de ce dossier a-t-elle permis à un nombre non négligeable d'Européens d'ouvrir les yeux : on observe dans toute l'Europe le même verrouillage idéologique, dans les salles de rédaction, dans les sacristies régimistes, dans les réseaux de pouvoir.

    On aura eu beau forger, ou réinventer, le concept supposé excommunicateur de"populismes" – pouah ! –, un mot qui désignait autrefois les démocrates-chrétiens, – dans des régimes démocratiques, même imparfaits, c'est toujours l'opinion qui porte au pouvoir telle ou telle force politique. C'est aussi l'opinion, bonne ou mauvaise conseillère, qui fait évoluer les partis du système, et, s'ils n'évoluent pas c'est enfin l'opinion qui fait gonfler les voiles, plus ou moins éphémères, de partis concurrents, même factices.

    Ce qui s'est passé en France depuis 30 ans a été freiné, manœuvré par la rivalité Chirac-Mitterrand, les deux joueurs ayant fait l'un comme l'autre bon marché de l'intérêt du pays, et de l'opinion profonde du peuple, pour ne s'intéresser qu'à leur petit billard politicien.

    Ce temps n'est plus. Le billard post-mitterandien du disciple Hollande ne lui arrive pas à la cheville. Celui des post-chiraquiens n'intéresse plus qu'eux-mêmes et les petits marquis des médias.

    Il paraît donc temps, en France et dans toute l'Europe, que les citoyens reprennent les mandats usurpés par la classe politique et captés par les technocrates, redéfinissent ce qu'ils attendent des institutions européennes, et construisent à nouveau, enfin, l'Histoire du continent.

    JG Malliarakis

    http://www.insolent.fr/page/2/

  • La CGT, du colosse syndical au déclin 1945-2015

    La fin de la 2e guerre mondiale représente une période faste pour la CGT. En 1945, surgissent les Comités d'Entreprise, la Sécurité Sociale. Ils deviennent des bastions du syndicat, maintenant ouvertement contrôlé par le PC. Quand la Fédération Syndicale Mondiale, courroie de transmission du bloc de l'Est, est créée, la CGT la rejoint aussitôt. En 1946, nouvelle année faste. Le Statut général des fonctionnaires, promulgué par Maurice Thorez, ministre et chef du PC (malgré sa désertion de 1940), ouvre aux ex-Unitaires de nouvelles portes. En avril, au congrès de l'organisation, Benoît Fraction est sacré secrétaire général. La CGT, qui compte 5,5 millions adhérents, se trouve à son apogée. Pourtant, la CFTC marque des points aux élections d'entreprise, et la CGC, qui rassembles des cadres, surgie fin 1944, débute son implantation. Ce n'est pas cela qui inquiète la CGT. En mai 1947, tout change d'un seul coup pour elle. Les cégétistes de Renault-Billancourt ne sont pas parvenus à maîtriser une grève locale, que des trotskistes ont réussi à prolonger contre eux. Voilà qui sert de prétexte au gouvernement en fonction pour se débarrasser des ministres communistes. La riposte ne se fait pas attendre. En juin-juillet, une vague de grèves s'abat sur Citroën, Peugeot, Michelin les banques, la distribution... La CGT s'avance partout en première ligne. A l'automne, elle lance une déclaration de guerre politique, en refusant le plan Marshall d'aide américaine à l'Europe de l'Ouest. Il en résulte, le 19 novembre 11947, le départ des non-communistes, qui se muent en CGT-Force Ouvrière en avril U948, regroupant 300 000 membres. Les syndicats d'enseignants, désemparés, se rendent autonomes, refusant de choisir entre les deux CGT.

    LA CGT, OUTIL DE GUERRE FROIDE ET CONTRE L'EMPIRE FRANÇAIS

    La tension s'aggrave, et voici venir l'heure des grèves insurrectionnelles. Avec le sabotage des voies ferrées — de nombreux voyageurs sont tués —, et l'occupation des mines de charbon, alors vitales, et des affrontements très violents avec les CRS et l'année. En prime, des attaques de convois destinés aux troupes qui se battent en Indochine. La guerre froide syndicale s'étend au monde entier. Contre l'Internationale FSM rouge, surgit en 1949 la CISL, l'Internationale des Syndicats libres, avec pour pivot l'AFL-CIO des Etats-Unis. FO rejoint cet ensemble.

    En dépit des troubles, des évolutions sociales se remarquent en France, avec la création du SMIG (salaire minimum interprofessionnel) et les Conventions collectives (1950). En 1953, se produit la grande grève générale de l'été, à l'appel de la CGT, rejointe par la CFTC, puis FO. 4 millions de grévistes pendant plusieurs semaines, tous les services publics paralysés, sur la question de l'âge du départ à la retraite.

    Le redressement économique s'accentue, la 3ème semaine de congés payés est accordée, entre autre. Cependant, la CGT soutient la rébellion commencée fin 1954 en Algérie. En février 1962, elle sera le fer de lance de la manifestation pro-FLN parisienne du 8, où plusieurs cégétistes seront tués au métro Charonne. Etrange quiproquo, car De Gaulle et le PC sont d'accord sur le fond. Début 1963, la CGT, soutenue par FO et la CFTC, prend sa revanche sur le pouvoir gaulliste, qui doit céder à la grande grève des mineurs. En 1966, i la CGT manque un point décisif contre FO, par son alliance avec la CFDT, issue par déconfessionnalisation (et utopisme social) de la CFIC, en novembre 1964.

    LA CGT, VICTIME DE LA CHUTE DU MUR

    Georges Séguy, communiste inconditionnel, formé par des membres de l'Internationale stalinienne, succède à Benoît Frachon comme chef de la CGT. Stupeur, en mai-juin 1968, il se trouve confronté à plus révolutionnaire que lui, avec les "gauchistes" La grève générale, avec occupation systématique des locaux de travail, touche 7 millions dé salariés pendant des semaines. Elle se termine parce que le PC et la CGT s'entendent avec le pouvoir contre les gauchistes (trotskistes, maoïstes, anars...). La négociation de Grenelle, menée par les hauts fonctionnaires Balladur et Chirac, aboutit à 35 % d'augmentation générale des salaires, et à l'instauration de la SSE (Section syndicale d'entreprise).

    La CGT renouvelle son alliance avec la CFDT en 1970, tout en accentuant sa démarche parallèle à celle du PC. Elle acclame le « programme commun » de gouvernement PC/PS (en cas de victoire électorale). En 1981, elle fait campagne au second tour pour le candidat PS, F. Mitterrand. En 1982, elle triomphe avec les 5 semaines de congés payés, la retraite à 60 ans, les 39 heures hebdomadaires, le droit d'expression des salariés, etc. Henri Krasucki, militant CGT/PC issu des groupes de combat des communistes étrangers pendant la guerre, succède à G. Séguy cette année-là. Dix années plus tard, le communiste Louis Viannet le remplace. Mais, en 1989/1991, l'URSS et le bloc de l'Est s'effondrent. L'intérêt de coller au PC devient moindre, celui-ci souffre de déclin électoral, depuis la percée des nationalistes français aux élections, à partir des municipales de 1983.

    UNE PLACE POUR UN AUTRE SYNDICALISME

    En 1993, la CGT ne donne plus de consignes de vote aux scrutins, et elle quitte la FSM, mourante, en 1995. Cependant, à sa tête, toujours des militants du PC, ainsi Bernard Thibault (1999). Elle réussit à surnager, tandis que le PC, lui, s'effrite inexorablement. La CGT demeure le premier syndicat fiançais, jusqu'en 2012, où la CFDT commence à la surpasser. En 2014, la CGT est frappée d'une très cave crise interne, son secrétaire-général, Thierry Lepaon, doit démissionner. Le communiste Philippe Martinez, tendance "dure", le remplace, dans une situation très difficile, début février 2014.

    Une place surgissait à partir de 1990 pour un grand syndicat national non marxiste et non libéral. Or, le FN n'a pas souhaité que cette perspective s'ouvre alors (malgré des velléités), et il n'a pas encore changé de position depuis un quart de siècle. Le syndicalisme libre, type CSL, a disparu en 2000. Ceci, à vrai dire, constitue une autre histoire. Sous la réserve de respecter le « critère d'indépendance » du Code du Travail, un syndicat national pourrait naître et se développer, dans les conditions présentes, et devant l'échec de la CGT face aux ravages du mondialisme dans notre pays. Pour l'heure, la CFDT, suiviste du PS et du grand patronat, domine la scène sociale du pays (CGT : 650 000 adhérents, CFDT: 870 000).

     

    Nicolas Tandler Rivarol du 7 mai 2015

  • Nous vivons une époque privée d’avenir. L’attente de ce qui viendra n’est plus espérance, mais angoisse

    « La période présente est celle où tout ce qui semble normalement constituer une raison de vivre s’évanouit, où l’on doit, sous peine de sombrer dans le désarroi ou l’inconscience, tout remettre en question. [...] On peut se demander s’il existe un domaine de la vie publique ou privée où les sources mêmes de l’activité et de l’espérance ne soient pas empoisonnées par les conditions dans lesquelles nous vivons. Le travail ne s’accomplit plus avec la conscience orgueilleuse que l’on est utile, mais avec le sentiment humiliant et angoissant de posséder un privilège octroyé par une passagère faveur du sort, un privilège dont on exclut plusieurs êtres humains du fait lui-même qu’on en jouit, bref une place. [...] Le progrès technique semble avoir fait faillite, puisqu’au lieu du bien-être il n’a apporté aux masses que la misère physique et morale où nous les voyons se débattre. [...] Quant au progrès scientifique, on voit mal à quoi il peut être utile d’empiler encore des connaissances sur un amas déjà bien trop vaste pour pouvoir être embrassé par la pensée même des spécialistes. [...] L’art lui-même subit le contrecoup du désarroi général, qui le prive en partie de son public, et par là même porte atteinte à l’inspiration. Enfin la vie familiale n’est plus qu’anxiété depuis que la société s’est fermée aux jeunes. [...] Nous vivons une époque privée d’avenir. L’attente de ce qui viendra n’est plus espérance, mais angoisse. » 
         Ceux qui connaissent l’œuvre de Simone Weil auront reconnu les premières lignes des Réflexions sur les causes de la liberté et de l’oppression sociale écrites en 1934. Et ceux qui les découvrent ne pourront qu’être frappés de leur résonance avec nos préoccupations : elles résument dans une langue limpide ce qui fait l’essentiel de notre actualité, alors que ce texte a 80 ans. Et même s’il est vrai que le capitalisme poursuit sa course folle de crise en crise depuis son origine, il n’en reste pas moins que l’on aurait du mal à trouver un écrit des années 1930 qui exprimerait avec autant de justesse nos angoisses sur le présent comme nos incertitudes sur l’avenir. 
         Pourtant, Simone Weil ne fait pas partie des auteurs de référence des partisans de la critique sociale du monde comme il va. Si les causes en sont complexes, notons qu’elle est souvent perçue comme un simple témoin du malheur de la condition ouvrière ou comme une philosophe mystique. Sur la question de la foi religieuse, Simone Weil s’en tint longtemps à l’évidence selon laquelle le « problème de Dieu est un problème dont les données manquent ici-bas et que la seule méthode certaine pour éviter de le résoudre à faux [...] était de ne pas le poser ». 
    Charles Jacquier, « Simone Weil, le progrès contre la liberté », in Radicalité, 20 penseurs vraiment critiques

  • Le « nationalisme de la fourchette »? Un impératif !

    Mouton néo-zélandais, bœuf britannique ou  hollandais, porc allemand, canard de Bulgarie mais aussi  ail d’Argentine,  fruits en provenance d’Italie, du  Chili, d’Espagne ou du Kenya… Que reste-t-il dans nos assiettes du made in France en faveur duquel notre gouvernement clame son engagement ? Aux actions coup de poing menées ces dernières semaines  par nos éleveurs étranglés,  s’ajoute le  désespoir de nos maraîchers et plus globalement  de nos   agriculteurs, acculés à la ruine et dans les rangs desquels on assiste ces dernières années à une épidémie de suicide  sans précédent. Dans deux entretiens parus dans Le Figaro au mois  de juillet, le célèbre journaliste et critique gastronomique  Périco Légasse, a poussé un véritable cri d’alarme, faisant écho au discours et aux avertissements énoncés par le FN.  «La part des produits en provenance de l’étranger ne cesse de croître, payés à des tarifs avec lesquels l’élevage français ne peut entrer en compétition » note-t-il. « Quant à la viande française, issue du plus bas de la gamme, elle est payée à des tarifs si bas que les éleveurs vendent à perte (…).  La puissance financière de la grande distribution et sa collusion avec la classe politique conduisent au massacre économique et social que l’on constate quotidiennement. (…) Les céréaliers sont touchés par la même crise que celle qui affecte les éleveurs. Ils ont perdu 30 à 40% du prix d’achat de leurs produits entre 2012 et 2014. De nombreux céréaliers sont dans une situation catastrophique. Aujourd’hui (…) le libéralisme à outrance et la déréglementation du marché contribuent à la précarisation des professionnels du secteur ».

    François Hollande  fait mine à son tour de découvrir une situation dramatique qui  existe depuis des années.  Elle contraint   les  gouvernements successifs de notre Etat en faillite  à sortir à chaque fois de leur chapeau  des aides  d’urgence qui ne résolvent rien sur le fond et ne permettent que de retarder, pour quelques uns,  l’échéance du désastre.

    Périco Lagasse  pointe aussi l’hypocrisie et/ou l’inconséquence du chef de l’Etat qui affirme  voler au secours de nos  terroirs  alors  que  « c’est lui qui a nommé à Bercy l’ancien rapporteur du projet Attali prescrivant l’installation des enseignes de la grande distribution dans les cœurs de ville, cause de la disparition rapide de ce qui restait du petit commerce de proximité. Il est donc solidaire de ce système. (Emmanuel) Macron est le génie du libéral-socialisme qui va transformer la France en supermarché. Et maintenant on leur dit: Eh les mecs, faut pas trop écraser la gueule des paysans, sans ça ils font des barrages sur les routes. En fait, la grande distribution fascine M. Hollande, comme tous les phénomènes auxquels on peut ajouter le concept pour tous. Là c’est la malbouffe pour tous».

    Il met aussi très justement  en garde contre les conséquences  du marché transatlantique :  « Si ce fameux TAFTA est signé tel que José Manuel Barroso et Jean-Claude Juncker l’ont conçu, ce sera tout simplement la fin des spécificités qui régissent la vie économique française depuis la Deuxième guerre mondiale et surtout la fin des normes qui permettent à l’agriculture française de se distinguer par la mise en valeur de son patrimoine qualitatif et par la préservation de ses origines. »

    Derrière les chiffres, les statistiques,  les analyses note Bruno Gollnisch, ce sont  des drames humains,  des familles  brisées, des  destins à terre, l’investissement de toute une vie ou de plusieurs générations qui est réduit à néant.   Aujourd’hui 22 000 exploitations  agricoles  sont menacées  de disparaitre,  soit environ 100 000 personnes qui peuvent  se retrouver  sans emploi. Et ce,  sous les coups de l’ultra libre échangisme bruxellois,   en raison de l’idéologie sans-frontiériste,  anti-protectionniste.  Mais aussi de charges sociales et de taxes insupportables –beaucoup moins importantes chez nos voisins européens et concurrents  immédiats-  dont les gouvernements français  accablent nos entrepreneurs, artisans et commerçants, comme  nos éleveurs et agriculteurs .

    Or, comme le note M.  Lagasse, « les salaires agricoles français sont déjà au plus bas et ne permettent plus aux agriculteurs de vivre.  Le paysan français veut vivre de son travail ». Mais  la  concurrence libre et non  faussée ,  la  libre circulation des personnes et des biens au sein de l’UE a  été instaurée  sans harmonisation fiscale et sociale préalable. D’où la disparité très grande  des charges salariales et des coûts de production.

    Si l’on ajoute à cela  l’absence de  barrières  douanières efficaces, le refus de tout  protectionnisme intelligent c’est  la liberté du renard dans le poulailler qui sévit  puisque on ne pourra bien évidemment  pas lutter face à   la concurrence de pays étrangers  non européens où les coûts salariaux sont faibles…Sans même parler de la Pologne dont le smic est inférieur à 410 euros, de  l’Allemagne dont les élevages porcins,  entre autres,  emploient  des travailleurs des pays de l’Est pour de salaires de misère; de l’Espagne, dont les charges salariales sont trois fois moins élevées qu’en France…

    Quant aux mâles déclarations du président de la République,  du Premier ministre Manuel Valls, du ministre de l’Agriculture  Stéphane Le Foll appelant les consommateurs  à la préférence nationale (horresco referens ! mais elle est tolérée ici pour nos produits pas pour les travailleurs Français…)  en mangeant  français…elles se heurtent une nouvelle fois aux diktats bruxellois. Il faut en effet rappeler que l’UE interdit aux collectivités locales et aux administrations de faire preuve de patriotisme économique :   au nom  de la liberté du commerce il leur est interdit dans leurs appels d’offres de privilégier les producteurs français… Le «  nationalisme de la fourchette » est  lui aussi prohibé.

    Autre sujet tabou, la situation de l’agriculture française s’est aggravée également du fait du blocus de la Russie exigé par les Etats-Unis dans le cadre du dossier ukrainien, et exécuté le petit doigt sur la couture du pantalon par l’Europe de Bruxelles. Sanctions européennes contre la Russie qui ont  entraîné en toute logique une riposte du gouvernement de Vladimir Poutine qui s’est traduite par   un embargo sur les produits européens, notamment les produits agricoles français.

    Le Bulletin d’André Noël l’a notamment évoqué, « le marché de l’exportation vers la Russie de porcs français vivants, d’abats et de graisse de porc se montait à 100 millions d’euros. Avec l’embargo, les producteurs de porcs ont perdu un marché particulièrement lucratif. Selon le comité régional porcin de Bretagne, cet embargo coûte en moyenne 70 000 € par an à un éleveur moyen. Même chose pour le lait et ses produits dérivés : fromages, beurre, crème… »

    « Sans vouloir être alarmiste, je suis très inquiet de la fin de l’année dans nos entreprises. Le pouvoir est sourd mais la campagne gronde »  affirmait encore Périco Lagasse dans Le Figaro. Il est clairement  évident  qu’il est temps d’en finir avec ce Système à bout de souffle, le parti de l’étranger au pouvoir,  cette Europe folle.

    Nous sommes à la fin d’un cycle,  l’arrivée au pouvoir du Front National, des idées nationales dont il est porteur,  est plus que jamais une ardente nécessité. Faute de quoi la France roulera  dans le gouffre car si « un peuple qui tombe s’accroche à un serpent » écrivait l’excellent historien  Pierre Gaxotte,  il lui arrive aussi de saisir,  mû par l’instinct de survie et un éclair de lucidité, la main ferme qui le tirera du précipice.

    Nombre de fois, au cours de sa longue histoire, notre pays a failli disparaître. Si la providence s’attache au destin de la France, c’est encore une fois sur leur propre force et leur propre volonté que les Français doivent compter pour donner un avenir à leurs enfants. Aide toi le ciel t’aidera.

    http://gollnisch.com/2015/08/05/le-nationalisme-de-la-fourchette-un-imperatif/

  • La Catalogne bientôt indépendante ?

    Le président de la Catalogne espère transformer les élections régionales anticipées en plébiscite sur l’indépendance de la région à moyen terme.

    Les indépendantistes catalans veulent jouer le tout pour le tout. En anticipant d’un an les élections régionales, dont la date a été fixée lundi au 27 septembre, le président catalan, Artur Mas, espère accélérer le processus vers une souveraineté irréversible.
    Bien que le texte d’organisation des élections régionales se garde de toute référence à l’indépendance, le président espère une sorte de feu vert en vue d’obtenir à moyen terme la sécession de la région, qui pèse 20 % du PIB national.

    Madrid, qui s’oppose farouchement au processus indépendantiste, n’a cessé, par l’intermédiaire des tribunaux, de faire avorter les différentes initiatives de l’Exécutif catalan, dont le référendum d’autodétermination.
    Interdit par Madrid et sans valeur légale, le scrutin du 9 novembre 2014 avait obtenu 80 % de « oui » pour l’indépendance, pour 40 % de participation. Un bon score pour un scrutin libre.
    Artur Mas, le président de la région, a assuré à l’avance que le décret d’organisation des élections régionales serait « juridiquement inattaquable », mais

    Politiquement, l’élection constituera un plébiscite pour la liberté et la souveraineté de la Catalogne

    a-t-il annoncé.

    Les nationalistes catalans considèrent ce scrutin comme « plébiscitaire » : si la liste indépendantiste l’emporte, même avec une courte majorité, Artur Mas a prévenu qu’il n’y aura plus de retour en arrière ; les autorités catalanes se donneront alors six mois à Madrid pour « bâtir les piliers du nouvel État » (tribunal suprême, fisc, ambassades…).
    « Nous sommes préparés », répète Artur Mas. Depuis plusieurs mois, son équipe travaille à la création d’une administration parallèle capable d’assurer le fonctionnement d’un futur État. Fin juillet, le gouvernement catalan a présenté son modèle d’administration fiscale en cas de sécession, et donné son aval à un décret-loi facilitant la transformation d’un institut de crédit public en une banque centrale de Catalogne. Il a aussi renforcé son réseau diplomatique afin de gagner à l’étranger des soutiens à sa cause.

    De son côté, l’État central brandit l’article 115 de la Constitution, qui permet de transférer les prérogatives locales au niveau central : une humiliation pour les Catalans.

    Nous ne tolérerons aucune propagande indépendantiste durant la campagne, nous exigeons le respect de la neutralité

    a averti le chef du gouvernement, Mariano Rajoy, qui craint comme jamais un triomphe souverainiste. Une perspective réelle depuis que les partis indépendantistes de droite comme de gauche ont surmonté leurs divisions pour faire front commun aux régionales.

    manif independance catalogne 01

    Manifestation d’indépendantistes catalans

    Leur liste, « Ensemble pour le oui », comprend le parti d’Artur Mas, Convergencia Democratica (CDC, conservateur), Esquerra Republicana (ERC, gauche), la deuxième force politique régionale, et d’influentes associations nationalistes ayant organisé des manifestations massives ces dernières années. Avec l’appui du petit parti anticapitaliste CUP, indépendantiste aussi, les formations de la liste comptent obtenir la majorité absolue au parlement régional, suffisante selon elles pour procéder à la séparation d’avec le reste de l’Espagne.

    Pour saisir l’enjeu de ces élections du 27 septembre, il faut revenir en arrière. En 2010, le Tribunal constitutionnel espagnol a annulé, à la demande du parti conservateur espagnol, le PP, plusieurs dispositions essentielles du Statut de la région adopté en 2006 et qui donnait plus d’autonomie à la Catalogne. Cette décision a provoqué une poussée indépendantiste dans la région, qui est déjà une communauté autonome depuis 1978.
    Elle dispose d’un gouvernement et un parlement propres. En outre, les autorités catalanes ont en charge les tribunaux, la police et l’éducation. La région qui pèse pour 20 % du PIB espagnol, ne dispose cependant pas de l’autonomie financière ; les catalans ont le sentiment de payer pour les autres et les coupes budgétaires ont encore accentué le sentiment séparatiste et celui d’être réprimés par le gouvernement central de Madrid.

    Les Catalans ont fini par en avoir assez se voir bafoués et méprisés par leur État. Si l’on ne peut que les saluer pour cela (à quand le tour des Français ? ), il convient aussi de souligner que cette possible indépendance irait dans le sens des forces centrifuges qui visent à démanteler les Etats-Nations au profit des régions… une politique activement soutenue par Bruxelles.

    http://fr.novopress.info/191226/catalogne-bientot-independante/#more-191226

  • Crise agricole : distribuer de l’argent ne sert à rien

    Face à la crise agricole, que les politiques européennes et françaises ne feront qu’aggraver, distribuer de l’argent ne sert qu’à dissimuler l’ampleur des problèmes. Entretien avec Michel Collin, ingénieur agricole.

     

    L’Action Française 2000 – Les solutions gouvernementales aideront-elles à résoudre cette crise de la viande et, plus globalement, les crises de l’agriculture française ?

    Michel Collin – Les solutions, si j’ai bien suivi, sont essentiellement du report d’échéance, du report de crédit et des appels comminatoires à une bonne volonté commune entre les différents acteurs de la chaîne. Ce ne sont pas des solutions : on veut essayer de donner de la trésorerie momentanée aux éleveurs, je ne vois pas en quoi cela va régler le problème structurel du prix de la viande. On ne peut pas faire l’économie d’une réflexion de fond sur le monde agricole : nous avons développé un modèle d’élevage aberrant. En amont, il nous oblige à aller chercher à l’étranger de quoi nourrir notre bétail, notamment avec du soja brésilien, qui provient de terres dont les paysans locaux auraient besoin – il y a donc un accaparement de terres, direct ou indirect. En aval, avec les concentrations anormales d’animaux dans certaines régions, les sols ne peuvent pas supporter les effluents d’élevage, les surfaces ne peuvent pas les absorber. Si on ne regarde que ces deux points, on est déjà dans l’absurde. En examinant d’autres systèmes, comme le poulet, on trouve des paysans totalement prolétarisés, qui ne sont plus agriculteurs, mais “nourrisseurs de volaille”, qui reçoivent tout de l’extérieur, poussins et aliments. Ils élèvent, si l’on peut dire, la volaille (ils portent le risque, surtout), que des machines envoyées par les entreprises de transformation viendront ramasser… Depuis plusieurs années, à chaque crise de l’élevage, les subventions réclamées ne servent qu’à masquer le problème. Des éleveurs disparaissent, la concentration s’accélère, avec comme conséquence immédiate l’augmentation de la charge de travail et de l’endettement : c’est un système artificiel, une fuite en avant perpétuelle. Le gouvernement gagne quelques mois, mais évite soigneusement de s’attaquer aux racines du problème.

    La FNSEA joue-t-elle son rôle de défense des intérêts paysans ?

    Ce qui est compliqué, c’est qu’à la tête de la FNSEA il y a Xavier Beulin, qui est aussi président d’un gros groupe agro-industriel, Avril-Sofiproteol, leader européen des oléoprotéagineux. Il est censé défendre les paysans, mais ses intérêts économiques monstrueux dans l’agro-industrie lui commandent une politique contraire. Une des sociétés de son groupe importe du poulet brésilien (émission Capital, avril 2014) ! Ses actions en tant qu’industriel vont directement à l’encontre des intérêts paysans qu’il est censé défendre. On marche sur la tête ! Rien de bon ne peut sortir de cet homme, qui a l’oreille de tous les politiques, François Hollande compris 1.

    Si le gouvernement ne raisonne qu’en subventions, et si le seul syndicat représentatif n’accomplit pas son travail, existe-t-il une autre solution que de bouleverser le système de production agricole ?

    Non, il n’y a pas d’autre solution. Nous sommes sur un modèle agricole déphasé par rapport à notre époque. Ces dernières décennies, nous avons acquis un savoir certain, fiable, sur la santé, la “malbouffe”, les problèmes environnementaux, la biodiversité – et notre modèle agricole (en y incluant l’agro-industrie) génère clairement des nuisances majeures, qui mettent en danger les populations et la nature. Et il y a le problème de l’emploi : l’agriculture et la transformation des produits agricoles devraient être de formidables gisements d’emplois, mais on reste sur des problématiques d’il y a cinquante ou soixante ans… Dans ce système où l’agro-industrie et la grande distribution ont acquis un poids colossal, on ne peut pas imaginer revenir à de l’équité, donc à un vrai partage de la valeur, donc à de l’emploi. Il faut repenser totalement le modèle agricole, et cette crise est une opportunité. La transition vers le modèle qui fonctionnerait, qu’on connaît bien, l’agro-écologie, est extrêmement compliquée : les grands céréaliers, les grandes sucreries cotées en bourse, qui profitent le plus de l’argent de la Politique agricole commune (PAC), ne vont pas accepter que, du jour au lendemain, on supprime les exploitations de mille hectares dans la Brie… Mais c’est possible : il suffit d’une volonté politique. La PAC représente plusieurs milliards d’euros par an : donc, les moyens de cette transition existent. Mais le gouvernement ne fait rien, contrairement à ce que dit Stéphane Le Foll (ministre de l’Agriculture). Augmenter de 10 % les subventions aux premiers hectares ou rien, c’est la même chose ! Cela ne favorise en rien l’avènement d’une véritable agriculture paysanne, c’est une poussière. Un certain nombre de personnes, en revanche, ont des solutions, comme Jacques Caplat, qui les a exposées dans son livre Changeons d’agriculture – Réussir la transition (Actes Sud, 2014), ou Samuel Féret, qui était à la tête du collectif PAC 2013 et avait essayé de proposer une véritable modification de la PAC. Le gouvernement préfère être du côté des industriels et des puissants.

    Propos recueillis par Philippe Mesnard

    1 – http://www.reporterre.net/ENQUETE-5...

    Action Française 2000

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?Crise-agricole-distribuer-de-l