
Article publié le 04.08.2019 sur lesobservateurs.ch
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Après-midi d’été tranquille. Je passe la tondeuse dans mon jardin quand soudain retentit l’alarme anti-intrusion de mes voisins partis en vacances. Je cours dans la rue et je surprends deux individus – deux racailles bien connues ayant pignon sur rue – enjamber la clôture pour quitter la propriété. L’un d’eux a même le temps et le culot de me lancer : « On voulait juste profiter de la piscine. » J’appelle immédiatement la police, qui intervient très rapidement. Je préviens nos voisins. Nous faisons le tour de la propriété et constatons qu’il n’y a pas eu effraction. La police m’explique que, sans effraction, on ne pourra rien contre eux. Alors que le déclenchement de l’alarme montre qu’ils se sont approchés d’une ouverture et que c’était visiblement autre chose que la piscine qui les intéressait.
Je reprends ma tondeuse en me disant que la loi est parfois étrange. J’en viens donc à me dire qu’on peut, en France, pénétrer impunément dans le jardin d’autrui. Respect de la propriété privée ? De la vie privée ? Violation de domicile ? J’ai dû rêver trop fort et m’inventer des grands principes délirants.
Désabusé, je me dis pour me consoler qu’on devrait ainsi enjamber les clôtures de juristes, de juges, de parlementaires, tous ces gens chargés de faire et de faire appliquer la loi. Peut-être que ces intrusions légales les pousseraient à modifier la loi. Peut-être, aussi, que ce ne serait pas inutile pour lutter contre les cambriolages, qui explosent en ce moment.
Je souris déjà en imaginant les déclarations de Christophe Castaner quand je tombe sur l’information suivante : dans le Doubs, un gilet jaune a été condamné à huit mois de prison pour avoir divulgué vendredi sur Facebook l’adresse privée d’un procureur. Jugé en comparution immédiate devant le tribunal de Vesoul, cet homme de 32 ans a reconnu avoir fait une bêtise : « J’ai fait cela dans un but de contestation, je n’ai pas réfléchi. Je regrette. Je n’avais pas conscience des conséquences. »
Mais ces regrets sincères n’ont pas ému le procureur de la République de Vesoul, Emmanuel Dupic, volant au secours du procureur de la République de Besançon, Étienne Manteaux. Et M. Dupic s’est indigné en ces termes :
« On ne s’en prend pas à la vie privée d’un procureur. »
Avant de requérir neuf mois de prison, dont six avec sursis, assortis de l’obligation d’effectuer un stage de citoyenneté. Le gilet jaune a été condamné à huit mois de prison, dont cinq avec sursis. Décidément, en France, on ne plaisante pas avec le respect de la vie et du domicile privés… des procureurs.
Quand les historiens se pencheront sur le mouvement des gilets jaunes, le chapitre sur la Justice et les procureurs sera particulièrement fourni, vous entraînant dans un incroyable tour de France de Nice à La Roche-sur-Yon, de Vesoul à Besançon jusqu’à Paris.
Mais, au fait, si on enjambe la clôture et on profite tranquillement du jardin d’un procureur – sans effraction -, on risque quoi, Monsieur le procureur ?

Les migrants ne resteront pas à Malte et seront accueillis dans plusieurs pays européens en vertu d’un accord de répartition.
La France aurait proposé d’accueillir certains d’entre eux. Les 40 migrants à bord du navire humanitaire allemand Alan Kurdi sont arrivés ce dimanche dans la matinée à Malte à la suite d’un accord de répartition, a annoncé le gouvernement maltais. Les autorités avaient déclaré tard samedi soir avoir donné leur accord au débarquement des migrants après des discussions menées notamment entre le gouvernement allemand et la Commission européenne sur une répartition des migrants « entre un certain nombre de pays européens ».
Aucun des 40 migrants ne restera à Malte et comme dans les cas précédents, le navire Alan Kurdi n’a pas été autorisé à entrer dans les eaux territoriales maltaises mais ce sont les gardes-côtes maltais qui ont pris en charge les migrants dans les eaux internationales avant de les amener à La Valette. […]
Un autre navire humanitaire, Open Arms, est lui encore à la recherche d’un port pour débarquer 121 migrants secourus lors de deux opérations distinctes. L’ONG espagnole Proactiva Open Arms avait secouru jeudi au large de la Libye un premier groupe de 55 personnes puis vendredi un second groupe de 69 autres personnes. […]

« L’urgence démocratique », récemment publié par Philippe Arnon, est un livre surprenant. La crise des gilets jaunes a rendu brûlante cette question de la participation du peuple à son propre gouvernement. Et l’on ne peut que souscrire aux vigoureuses critiques de l’auteur contre le « système » si manifestement oligarchique.
En revanche, bien des idées choquent ou surprennent. J’en prendrai trois exemples. Tout d’abord, le lecteur est frappé par le manichéisme de la démonstration : l’ensemble des idées et des pratiques religieuses, politiques ou économiques relèveraient soit de la démocratie (considérée comme le bien), soit de la « bestialocratie » (considérée comme le mal). Il est pourtant clair que, dans notre pauvre humanité pécheresse, le bien et le mal sont profondément mêlés et le manichéisme, comme toute simplification abusive de la réalité, risque fort d’apporter davantage de maux que d’en soulager.
Par ailleurs, le capitalisme est considéré sans nuance par l’auteur comme relevant de la « bestialocratie ». Pourtant, en soi, le capitalisme n’est ni bon, ni mauvais – exactement comme le travail, dont il résulte (le capital n’étant jamais que du travail accumulé pour accroître l’efficacité du travail ultérieur). Toute la question est de savoir en quelles mains il se trouve, s’il est concentré entre quelques-unes ou, au contraire, largement diffusé – comme nous, catholiques sociaux, le réclamons depuis au moins la fin du XIXe siècle. Le marxisme-léninisme lui-même n’était pas anti-capitaliste, mais concentrait le capital dans les mains de l’Etat, c’est-à-dire concrètement dans les mains des quelques privilégiés du régime.
Enfin, historiquement, l’éloge des anarchistes espagnols – dont on connaît les terrifiantes exactions durant la guerre d’Espagne – m’a semblé un tantinet exagéré. Que la pensée politique et économique anarchiste soit stimulante, j’en conviens volontiers. Qu’en particulier, la dénonciation de la ploutocratie et de l’injustice sociale soit pleinement justifiée, cela me semble évident. Mais d’une part, on voit mal comment la coopérative pourrait devenir l’unique mode de gestion économique (les hommes étant ce qu’ils sont, il est fort probable que, longtemps encore, l’espoir de gains soit l’un des ressorts principaux de l’action économique) ; et d’autre part, les anarchistes n’ont pas été les seuls – ni même les meilleurs – utilisateurs de ce type original d’entreprise. Les catholiques sociaux, au XIXe siècle, avaient beaucoup travaillé ces questions. Et les monastères médiévaux n’ont-ils pas été, dans l’histoire de l’Europe, les plus grands exemples de coopératives avant l’heure ?
Bref, j’aurais plusieurs objections à présenter à l’auteur. Mais, comme la crise des gilets jaunes elle-même, cet ouvrage me semble intéressant à bien des titres.
Le premier, c’est que nous pressentons tous que le cycle ouvert par la révolution libérale de 1789 touche à sa fin. Le peuple, atomisé par l’individualisme, l’explosion de la cellule familiale et la ruine des corporations (sans parler de la destruction plus récente de la nation, dernier corps social naturel qui demeurait debout au milieu des ruines), commence à comprendre que cette « dissociété », comme disait le grand philosophe belge Marcel De Corte, l’écrase et l’humilie. Alors que les constituants de 1789 refusaient avec hauteur toute prétention démocratique, le peuple exige de plus en plus – et avec raison – d’être associé aux décisions qui le concernent. Peut-être peut-on espérer que les mensonges de la propagande disparaissent enfin et que l’on « découvre » que le peuple participait plus aux décisions le concernant en 1750 qu’aujourd’hui ! La revendication de démocratie de l’auteur, comme celle des gilets jaunes, me semble relever de l’attente d’une véritable subsidiarité : prendre les décisions au plus près de ceux qu’elles concernent, à la fois par souci d’efficacité et par souci de légitimité de la décision.
Il me semble également important, pour la réflexion politique, de prendre en compte le caractère « bestial » de l’être humain – ce que nous, catholiques, appelons le péché originel. Là encore, les révolutionnaires ont prétendu bâtir une société fondée sur un type d’homme vierge de tout défaut (l’homme du prétendu « état de nature »). Nous avons payé cher, avec tous les totalitarismes, cette utopie délirante. Ce que l’auteur appelle « bestialocratie » existe bel et bien et tout ce que nous pouvons faire pour domestiquer les mauvais penchants de l’être humain est utile pour la société et pour la civilisation.
Lire ce livre, comme discuter avec des gilets jaunes, ne peut que convaincre de l’actualité de la doctrine sociale et politique de l’Eglise, fondée sur une anthropologie réaliste !
Guillaume de Thieulloy
Livre à commander ici.
« Cinq jours sur un brancard dans un service d’urgence » (BFM TV-RMC,1er août 2019), « six heures d’attente pour un enfant fiévreux », etc.
(Cette note a été rédigée hier; il y avait une élection partielle au Pays de Galles, remportée par une europhile convaincue, donc hostile au Brexit : la majorité de Boris Johnson ne tient donc plus qu'à... un seul siège !)
Boris Johnson n'en démord pas, et il n'a pas tort puisqu'il a été élu pour cela : il veut que l'ex Royaume-Uni, aujourd'hui royaume plus désuni que jamais, soit sorti de l'Europe au 30 octobre prochain.
On pourra lui reprocher ce que l'on veut : au moins, lui, ne trompe pas ses électeurs, et il fait ce qu'il dit : qui trouverait là matière à critique(s).
Du moins, il annonce qu'il va le faire, car, dans les faits, cela promet des tangages fort importants outre-Manche...
(peu lisible, la légende de l'illustration - très claire, elle... - donne, en rose, le vote "brexit", donc "sortie de l'Europe" et, en bleu, le vote "remain", donc favorable au maintien dans l'Europe...)
Pressé, Boris Johnson ? Excentrique ? Atypique ? Tout cela à la fois, et même d'autres choses encore ? Certainement. Mais, à la limite, maintenant ce n'est plus cela qui compte. Ce qui compte c'est qu'il a déclenché des forces, une logique, une dynamique qui vont probablement, maintenant, aller toute seules, comme à certains moments de l'Histoire, qu'elles qu'en soient les conséquences finales.
Et, là, il n'est plus question ni d'hommes, ni de programmes, ni même... de logique : les forces déclenchées échappent à toute tentative de reprise en main et dépassent ceux qui les ont mises en route, sans plus pouvoir les arrêter : c'est le thème bien connu de l'apprenti sorcier...
Or, qu'on s'en réjouisse ou qu'on le déplore, le Brexit sème la discorde dans le royaume : l'Écosse, qui souhaite rester dans l'Europe, est tentée par l'indépendance tandis que la question de la réunification de l'Irlande ressurgit et donc le Brexit porte en germe un risque dangereux pour l'avenir du pays.
La carte électorale (ci dessus) dessine très clairement les contours d'une désunion profonde entre les quatre composantes nationales du pays. Le vote à 52 % pour le Brexit est essentiellement celui de l'Angleterre (à 53,4 %), à l'exception de quelques poches urbaines proeuropéennes. Contrairement aux prévisions, les Gallois ont rejoint à 52,5 % les Anglais dans ce rejet, malgré leur dépendance élevée aux subventions européennes à l'agriculture et au développement régional. À l'inverse, l'Écosse, à 62 %, l'Irlande du Nord, à 55,8 %, et Londres, à 60 %, ont signifié avec force leur volonté de rester en Europe. Tout comme la lointaine Gibraltar, non mentionnée ici...
La première ministre écossaise - Nicola Sturgeon, ci dessus avec Boris Johnson - fut la première à réagir au Brexit, annonçant, d'une part, qu'une nouvelle consultation du peuple écossais était désormais "hautement probable" et, d'autre part, qu'elle engageait des pourparlers directs avec Bruxelles pour protéger l'ancrage européen de l'Écosse. Elle a même posé les jalons d'une hypothétique alliance en ce sens avec son homologue de Gibraltar et avec le maire de Londres, Sadiq Khan, qui en a profité pour revendiquer davantage d'autonomie pour la capitale...
Mais le vrai problème, ou, si l'on préfère, un problème plus crucial et, en tout cas, plus immédiat qu'une hypothétique indépendance écossaise, c'est celui de l'Irlande du Nord : " Les conséquences du Brexit sont plus importantes en Irlande du Nord", déclare sans ambage Vernon Bogdanor, professeur d'histoire constitutionnelle à King's College de Londres.
L'Irlande du Nord renvoie d'ailleurs, d'une certaine façon, à l'Ecosse, puisqu'une majorité des protestants unionistes d'Irlande du Nord sont originaires d'Écosse, plus que de l'Angleterre proprement dite. Dès le résultat du référendum connu, le parti républicain Sinn Féin, présent à la fois au sud et au nord de l'Irlande, a appelé à l'organisation d'un référendum sur la réunification de l'île, où de très nombreux problèmes pratiques sont posés par le Brexit, l'Irlande étant le seul endroit possédant une frontière terrestre entre l'ex Royaume-Uni et l'Union européenne.
Pour Vernon Bogdanor, les risques d'éclatement du Royaume-Uni sont cependant largement exagérés. Il considère plus urgente la question de la décentralisation économique en faveur du nord postindustriel de l'Angleterre. Des régions qui se sentent oubliées des politiciens de Westminster et ont voté massivement pour le Brexit (à 59 % dans les West Midlands). Par ailleurs, si Londres l'européenne peut toujours espérer faire avancer sa revendication d'une autonomie fiscale accrue, l'idée d'une sécession d'avec le royaume pour former une cité-État relève du pur fantasme.
Mais ces forces centrifuges, attisées par les flammes du nationalisme anglais, risquent de remettre en cause à long terme le fonctionnement de l'union. Un système de relations plus fédéral pourrait, à terme, émerger de ces déséquilibres, pour la sauver d'un éclatement possible.
Dans cette vision "vernonienne" des choses, Boris Johnson, le trublion excentrique mais énergique, va très probablement jouer un rôle d'accélérateur dont on verra très vite les effets, puisque, on l'a vu, il veut avoir "terminé le travail" dans trois mois...
Quelles conclusions tirer de tout ceci : contentons-nous de constater les faits, pour l'instant, et de voir que, au moment où l'Allemagne s'effondre en quelque sorte sur elle-même du fait de sa démographie plus que problématique, ce que l'on a longtemps appelé "l'Angleterre" risque fort bien de connaître de très profonds bouleversements. Qui a parlé, un jour, de "fin de l'Histoire" ? L'Histoire continue, tout change tout le temps, et rien n'est jamais acquis à l'homme sur la terre...
Nos deux plus anciens partenaires/adversaires sont entrés dans des flots tumultueux... ce qui ne veut bien sûr pas dire que nous soyons, nous-mêmes, à l'abri de toute tempête !
La droite parlementaire éparpillée façon puzzle, à la suite des européennes, après la gauche, il y a deux ans, à la suite de la présidentielle : cela ne nous réjouit ni ne nous attriste. Il y a bien longtemps que Chirac, en livrant, au sein de l’UMP, le gaullisme à son ennemi historique, le centre, avait fait perdre à la droite le peu de colonne vertébrale qui lui restait depuis Maastricht. Sa tête de liste aura été un révélateur : un homme affichant, ou paraissant afficher des convictions ne pouvait que desservir un parti devenu si hétéroclite que son électorat a fini par le déserter. Macron, comme un buvard, après avoir absorbé l’électorat liquide du centre-gauche, absorbe celui, tout aussi liquide, du centre-droit, voire cet électorat de droite qui n’aspire qu’à l’ordre social quel qu’il soit : les visages éborgnés et les mains arrachées n’ont, électoralement, pas été perdus pour tout le monde. La répression impitoyable du mouvement des Gilets jaunes, la plus violente depuis la guerre d’Algérie, a campé Macron en petit Adolphe Thiers, si bien que l’ouest parisien s’est pâmé d’aise : il est passé en deux ans des Républicains aux Marcheurs – une partie de la « droite Trocadéro » comprise. De même, le nombre impressionnant de maires de grandes villes ou de villes moyennes, membres ou proches de LR qui, dès le lendemain de la défaite, sont allés à la soupe macronienne dans la perspective des municipales de 2020, traduit à lui seul la vérité d’une droite méprisée parce que méprisable.
Macron aurait toutefois tort de crier « Victoire » trop tôt. Même si le scénario de 2022 semble d’ores et déjà devoir reproduire celui de 2017, avec le même clap de fin, un quinquennat n’est pas un long fleuve tranquille et tant la situation internationale et une possible crise financière que la situation intérieure sont grosses d’incertitudes.
Au plan intérieur, sa politique, dans un sens toujours plus favorable à l’oligarchie dénationalisée, pourrait devenir si insupportable que le pays réel n’attendra peut-être pas les futures présidentielle et législatives, voire les prochaines municipales pour s’y opposer. Car c’est au LBD que réforme Macron : la violence de sa politique ne vise pas que les manifestants. Aux plans économique, environnemental – l’écologie lui servant de variable d’ajustement –, social – le chômage et les retraites –, culturel et civilisationnel, il a décidé de ne laisser après son passage qu’un peuple, et un pays, en ruine, auquel, comme à Notre-Dame, il entend imposer des « gestes contemporains » : ses réformes. Sans compter une haine froide pour le catholicisme. Si on en croit les sondages, quelque 45 % des pratiquants réguliers auraient voté Loiseau aux européennes : effet du sidérant décervelage, depuis deux générations, de fidèles livrés à des ecclésiastiques devenus de gentils animateurs. Pourtant, aux Bernardins, Macron avait prévenu : les catholiques, sous son mandat, ne seront plus autorisés qu’à faire de la figuration. Mais il n’est pire sourd que celui qui ne veut point entendre. On comprend pourquoi Macron a attendu le lendemain des européennes pour exiger de la Cour de cassation qu’elle casse la reprise des soins de Vincent Lambert, ordonnée par la Cour d’appel de Paris et approuvée par nos évêques.
Ventes des bijoux de famille, parmi lesquels les barrages et Aéroports de Paris – il faut évidemment signer la pétition demandant le référendum –, industries dépecées, livrées ou non aux Américains lorsqu’il était conseiller ou ministre, francophonie trahie en France même, liberté d’expression bridée — la « haine » devenant un concept juridique —, famille méthodiquement détruite – la PMA avant la GPA –, euthanasie, recherches sur l’embryon… La République etMacron détruisent la substance nationale, la livrent à l’étranger, dépouillent ses héritiers. La république de Macron en est au moment où la dépossession des citoyens est à peu près accomplie.
Source : Le Bien Commun, n° 9, juillet/août 2019.
https://www.actionfrancaise.net/2019/07/29/la-republique-de-macron-par-francois-marcilhac/
L’essayiste Guillaume Faye est décédé le 6 mars dernier, la semaine même où son dernier essai en date, La Guerre civile raciale, était officiellement lancé. Auteur prolifique, Faye s’était d’abord fait connaître dans les années 70 / 80 pour son engagement au GRECE, fer de lance de la Nouvelle Droite incarnée par Alain de Benoist.
Après une quinzaine d’années de recul, Faye refit surface à la fin des années 90, alors que le mouvement identitaire, ou du moins ses idées, prenait une nouvelle orientation, se définissant de moins en moins comme « national-révolutionnaire » et davantage comme « identitaire ». La transition d’Unité radicale (UR) en Bloc identitaire, bien que causée par la dissolution d’UR, illustre à merveille ce changement qui fut loin d’être superficiel.
Un des acteurs clefs de cette métamorphose fut sans conteste Guillaume Faye qui avec des essais et articles chocs remit de l’avant l’ethnicité au centre du combat. Refusant toute œillère, toute limite au débat, il prit le taureau par les cornes et appela un « chat » un « chat », alors que tant d’auteurs tournaient autour du pot pour éviter la diabolisation et l’ostracisme. Oui, le système était corrompu, américanisé, atomisé, mais le danger numéro un était la submersion migratoire, qui « s’accomplit autant par les maternités que par les frontières ouvertes ».
Avant que Renaud Camus n’invente le terme « Grand Remplacement », Faye avait déjà bien théorisé le phénomène. Avant que Merkel, Sarkozy et Blair n’admettent l’échec du multiculturalisme, Faye l’avait bel et bien énoncé.
Les troubles ethniques, la délinquance et l’émergence d’un Islam radical étaient en fait les prémices d’affrontements ethniques à venir. Bien avant les émeutes de 2005, il envisageait la recrudescence de ces actes, conséquences d’une assimilation impossible, car « une République, un Empire, un Royaume ne peuvent fédérer des peuples que si ces derniers sont ethniquement apparentés ».
Aux discours et à la vision métapolitique véhiculée par ses compatriotes, Faye opposait la dure réalité. Les conflits ethniques et la submersion migratoire n’auraient rien à voir avec les débats académiques opposant les tenants de la Révolution conservatrice contre les adeptes d’un socialisme européen. Cet intellectualisme minant le camp national était pour lui une tare. Les grands mots ne changeraient rien quand la situation dégénérerait.
Tout partait d’abord et avant tout du fait ethnique, de la survie des peuples européens qui est menacée sur leurs territoires ancestraux, leurs derniers retranchements. Le reste n’était que discussion stérile sur le sexe des anges.
Maintenant que l’on sait que dans les prochaines décennies les peuples européens seront minoritaires dans leurs propres pays, les prédictions de Faye ne tiennent plus des prophéties hypothétiques, mais bien d’une simple constatation.
Pourtant, il nous lançait un appel dans La colonisation de l’Europe, nous enjoignant de ne pas baisser les bras et de choisir l’action, la préparation des jours à venir : « Mais ne soyons pas excessivement pessimistes : la mémoire, l’identité et la volonté d’un peuple peuvent retrouver parfois des rejaillissements inattendus si une minorité rebelle maintient la flamme et procède, les temps venus, à un nouvel embrasement. »
Voilà ce qui à mon sens doit être retenu de l’œuvre de Faye, une œuvre brûlante par sa passion et par l’urgence qu’elle transmet.
Rémi Tremblay
• D’abord mis en ligne sur EuroLibertés, le 19 avril 2019.
http://www.europemaxima.com/que-retenir-de-loeuvre-de-guillaume-faye-par-remi-tremblay/

Le président du Brésil a préféré son coiffeur au ministre des Affaires Étrangères français, et il a tenu le faire savoir. En l’occurrence, il s’agissait de laver la tête du ministre étranger qui avait rencontré des organisations environnementalistes. Jaïr Bolsonaro a clairement indiqué que cette conduite de Grenoble répondait à une ingérence inacceptable : le Brésil n’a pas à recevoir des leçons du gouvernement français et celui-ci n’a pas à venir les donner à domicile. Cet épisode n’est pas seulement vexant pour la diplomatie française, il marque une évolution du monde dont nos gouvernants ne semblent pas s’apercevoir.
M. Macron avait cru devoir opposer progressisme et nationalisme. Il a également mis en avant son engagement dans la lutte contre le réchauffement climatique. Le nouveau président brésilien est nationaliste et climato-sceptique. Il privilégie le développement économique du pays. Quand il y a une pareille opposition, on doit préférer les rencontres, larges comme le G20, ou plus étroites comme l’accueil du président Poutine à Brégançon, le 19 août, pour évoquer les désaccords sans s’immiscer dans les choix politiques d’un autre pays. La duplicité du Président français sur les questions climatiques lui ôte le droit de faire la leçon aux autres. Les agriculteurs de notre pays sont vent debout contre le CETA qui, en développant les échanges commerciaux avec le Canada, va augmenter la consommation d’énergie et réduire la biodiversité. Comment croire celui qui parle en écolo et agit en mondialiste ?
Reste donc la question du nationalisme. Le chef de l’État est en plein contresens. Le nationalisme est le phénomène politique mondial décisif de notre époque. Entre le début du XXe siècle et aujourd’hui, l’inversion est totale. Dans un monde où « la préférence nationale » s’impose partout, l’Europe fait seule l’exception, accablée moralement par le souvenir des deux guerres mondiales qui ont été avant tout des guerres européennes. Le président américain Wilson avait insufflé aux traités qui avaient suivi la guerre 1914-1918 un esprit universaliste, juridique. Les États-Unis incarnaient le règne universel du droit. On s’est bien rendu compte, depuis, que le règne du droit tel que le conçoit Washington doit aussi coïncider avec l’intérêt des États-Unis. Le président Trump ne cherche plus à déguiser. L’Amérique doit être grande. Elle peut utiliser sa puissance, économique ou militaire, pour effacer les obstacles. Elle doit aussi préserver son « identité » : une idée jusqu’à présent plus discrète dans un pays d’immigration. Trump est un nationaliste.
Mais on serait en peine de trouver le dirigeant d’un grand pays en dehors de l’Europe qui ne le soit pas. En Russie, comme en Chine, c’est le nationalisme qui a remplacé le communisme internationaliste, en le disant, ou sans le dire. En Inde, le parti du Congrès a été, pour la seconde fois consécutive, battu par le BJP, le parti nationaliste hindou conduit par Narendra Modi. Dans des pays de moindre importance, ce sont également les nationalistes qui l’ont emporté, ou le nationalisme qui résiste à la tentation islamiste ou à l’ingérence étrangère, de l’Égypte au Venezuela, de l’Indonésie à la Colombie, des Philippines à la Turquie ou à l’Iran. Dans ces deux derniers pays, le premier sunnite, le second chiite, qui ne voit dans la religion le moyen d’affirmer une identité nationale séculaire ? On pourrait aussi voir dans plusieurs pays très différents un point commun : l’affirmation nationale contre « l’Oumma musulmane », une communauté religieuse qui transcenderait les frontières : la répression des Ouïghours en Chine, celle des Rohingyas en Birmanie, l’interdiction de la répudiation musulmane en Inde sont des signes de la primauté de la nation sur la religion. Ni le Japon de Shinzō Abe ni l’Australie qui contrôle sévèrement son immigration n’échappent à ce mouvement. L’Europe seule semble à l’écart. Elle continue à bramer son ouverture au monde comme étant sa seule identité, en menaçant les pays européens qui s’écarteraient de la ligne (Italie, Hongrie, Pologne) d’excommunication.
Un tel aveuglement est suicidaire. Comme l’avait montré Henry Kissinger, la politique internationale impose le réalisme et doit viser l’équilibre. L’un et l’autre passent par les nations.