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actualité - Page 4375

  • Le Grand Orient s’inquiète de la progression du Front National

    (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

    Selon un sondage BVA paru vendredi, lors des élections régionales des 6 et 13 décembre, le parti Les Républicains l’emporteraient dans sept régions sur treize. Le Parti Socialiste conserverait trois régions et le Front National pourrait obtenir une à deux régions. Face aux sondages qui annoncent des triangulaires dans plusieurs régions, le grand maître du Grand Orient a réagi contre le Front National.

    Les candidats aux élections seraient invités au « désistement républicain »

    Dans une entrevue samedi avec Le Journal du Dimanche, Daniel Keller, grand maître du Grand Orient, a invité les candidats des élections au « désistement républicain ». En cas de triangulaire, les candidats comme Les Républicains et les socialistes sont invités à se désister. Pour Daniel Keller, se désister « c’est accepter de sacrifier ses propres couleurs pour l’intérêt général ». Il rappelle d’ailleurs que le désistement n’est pas « une magouille ».

    Pourquoi inviter les candidats au « désistement républicain » ?

    Ces élections régionales sont un pas vers l’élection présidentielle qui aura lieu en 2017. Pour Daniel Keller, « on est en train de dérouler le tapis rouge au Front National ». Parlant de l’élection du Front National, il ajoute que « ce qui paraissait impossible devient chaque jour un peu plus vraisemblable ». N’hésitant pas à dire que « si tout le monde baisse les bras […] : la République est en danger ». Rappelons que, selon Daniel Keller, « le rôle des maçons, c’est d’être les pédagogues de la République ». Et d’ajouter : « j’aurai moi-même l’occasion d’aller dans le nord de la France d’ici le mois de décembre pour y faire des conférences publiques, pour faire ce travail de pédagogie, de hussard noir de la République, dont nous avons tant besoin ».

    http://fr.novopress.info/

  • Les vraies causes des émeutes des banlieues : la propagande wahhabite

    Lina Murr Nehmé, franco-libanaise, professeur à l’Université Libanaise à Beyrouth, spécialiste de l’Islam, historienne et politologue, vient de publier un ouvrage intitulé Fatwas et caricatures, La stratégie de l'islamisme. Durant 35 ans, elle a fait des recherches intensives au sujet des guerres contemporaines du Moyen-Orient, des mouvements terroristes, de leurs motivations, de leurs textes de référence, de leurs idées, de leurs actions, et aussi de leurs racines historiques: le Moyen Age, la Renaissance, etc. 

    Dans cet ouvrage très documenté, elle montre les fatwas, les sermons, les livres, les financiers qui ont déclenché la naissance et la montée en puissance d’Al-Qaïda et de Daech. Elle dénonce le véritable enseignement dispensé par les islamistes en France, en Belgique, en Angleterre, aux Etats-Unis, en Allemagne - y compris par des islamistes polis comme Tariq Ramadan. Extrait :

    I-Moyenne-8831-fatwas-et-caricatures.-la-strategie-de-l-islamisme.aspx"Les vraies causes des émeutes des banlieues françaises sont censurées. On les trouve dans la propagande wahhabite financée par l'Arabie Saoudite depuis des décennies en Occident. Cette propagande, que finance maintenant aussi le Qatar, légalise le meurtre, le racisme, le sexisme, la vente des veuves et des orphelins prisonniers et leur viol. Elle appelle à mépriser les chrétiens et les juifs, à convoiter leurs lieux de culte, à voir leurs pays comme des terres à prendre.

    Cette propagande appelle le musulman occidental à tuer son voisin chrétien, juif ou athée, ainsi que le musulman qui ne fait pas ses prières, écoute de la musique, boit de l'alcool ou mange du porc, ou aime les chrétiens et les juifs - et qui et appelé "apostat".

    Ainsi c'est au cri d'"Allahou Akbar" que les foules des émeutiers de banlieues jetaient des pavés sur les policiers français, sachant que le plupart de ces policiers étaient musulmans."

    Michel Janva

  • Nantes : des jeunes nationalistes contre la déferlante de clandestins

    La section nantaise du Renouveau français a mené une action devant la préfecture, contre la déferlante de clandestins :

    http://www.contre-info.com/

  • Le royalisme est-il crédible aujourd'hui ? Partie 2 : Mouvements et journaux royalistes, quelle crédibilité intellectuelle ?

    Depuis la Révolution française existent plusieurs formes de royalisme qui ne cohabitent pas toujours harmonieusement : entre les monarchiens de 1789 favorables à une monarchie constitutionnelle et les « ultras » de la Restauration, entre les chouans et les notables évoqués par Daniel Halévy, entre l'Action Française et les « maorassiens » des années 1970, etc., que de différences, de contrastes, voire d'hostilité et de violentes querelles ! L'un des premiers duels de Maurras, en 1904, fut avec Eugène Godefroy, l'un des fondateurs de la Jeunesse Royaliste des années 1890, et le ressentiment entre Léon Daudet et Arthur Meyer, directeur du quotidien Le Gaulois et monarchiste convaincu, ne fut jamais dépassée par leur fidélité commune au duc d'Orléans... Le royalisme est aussi divers et divisé, somme toute, que le républicanisme qu'il est censé combattre ! Il suffit de faire un bref état des lieux des mouvements et journaux monarchistes de 2105 pour s'en convaincre, comme l'a encore fait récemment la revue Les Entretiens, publiée par la Conférence Monarchiste Internationale cet été.

    Est-ce un élément de discrédit que cette dispersion des forces royalistes lorsque les monarchistes insistent a contrario sur le fait que « la Monarchie c'est l'unité » ? Pas vraiment, bien au contraire, car, au regard de l'histoire capétienne, l'unité n'est pas l'uniformité, et cela montre la diversité qui est nécessaire à toute vie politique saine et libre. Mais cela peut l'être quand les associations ou journaux monarchistes se cherchent (et se trouvent...) violente et irréductible querelle sur des sujets qui peuvent sembler bien loin de la question monarchique elle-même et des moyens pour parvenir à la Monarchie, ou quand les conceptions de celle-ci semblent trop éloignées les unes des autres selon les partisans des différents engagements monarchistes, mais surtout quand ceux qui font profession de royalisme oublient la mesure (celle que privilégiaient les capétiens quand ils disaient « savoir raison garder ») et l'intérêt commun de leur propre vocation politique.

    Le paysage royaliste est complexe et bigarré : la Nouvelle Action Royaliste représente la tradition démocratique du royalisme conjuguée à une exigence gaullo-capétienne autant sociale que diplomatique, tandis que l'Action Française revendique l'héritage maurrassien et un « nationalisme intelligent » autant qu'« insurrectionnel » ; l'Alliance Royale, qui ne se prononce pas sur la question dynastique, représente un royalisme électoral plutôt « souverainiste de droite » quand le Groupe d'Action Royaliste (auquel j'appartiens...) incarne surtout la défense environnementale et les luttes sociales, dans la ligne du royalisme de La Tour du Pin et du catholicisme social ; sans oublier des associations spécifiquement liées à l'attachement à l'un des prétendants au trône, ou des bulletins, des sites sur la toile, des cercles d'études, etc., qui eux aussi participent à cette diversité monarchiste.

    Certes, cela peut nuire à la « compréhension immédiate » du projet monarchique dans le sens où celui-ci ne revêt pas les mêmes formes et formules selon l'un ou l'autre des mouvements ou groupes, et que chacun le comprend et le défend selon des idées qui sont d'abord les siennes, alors que le curieux va surtout s'intéresser aux arguments pour la Monarchie plus qu'aux différences de sensibilité...

    Néanmoins, il me semble important qu'il y ait plusieurs « chapelles » dans la Maison du Roi, et celles-ci, d'ailleurs, ont toutes leurs originalités qui permettent d'être entendus de publics différents et de mener ceux-ci, autant que faire se peut, vers la Monarchie. Cela en fait-il des « partis crédibles », pour reprendre l'expression de départ de cette brève réflexion ? Leurs échecs électoraux, leur petite taille politique, leur faible visibilité publique ne sont-ils pas les preuves de leur incrédibilité au regard de l'opinion publique, moins exigeante sur les idées que sur les suffrages exprimés ?

    En fait, la crédibilité ne peut se mesurer uniquement aux chiffres électoraux, et c'est un argument qu'il faut rappeler et marteler : l'histoire, y compris récente et proche, nous montre à l'envi que, si l'on voulait reprendre la formule moqueuse de Pierre Juhel, les grands nombres sont aussi ceux qui comptent le plus de zéros...

    En revanche, si l'on ouvre les revues royalistes, que cela soit La Nouvelle Revue Universelle, L'Action française, Libertés (jadis ASC) ou Royaliste, on est parfois surpris par la qualité de certains articles ou entretiens, et leur apport intéressant aux débats en cours, même si l'on peut être plus critique sur le positionnement de chacune de ces publications selon ses propres références ou préférences idéologiques. Mais chacun peut y trouver son compte, et le lecteur de Gérard Leclerc ou d'Hilaire de Crémiers est souvent bienheureux de sa lecture. De plus, la véritable crédibilité intellectuelle, c'est de participer, en tant que royaliste, aux débats intellectuels du temps, et de ce point de vue, les revues royalistes apparaissent honorablement crédibles, même si elles pèchent parfois par leur certitude d'avoir raison quand il faudrait, aussi, le prouver aux autres... et si certains domaines ont été longtemps négligés (comme les questions sociales, agricoles ou environnementales).

    La crédibilité intellectuelle des publications royalistes est confirmée par les personnalités, parfois fort éloignées de l'engagement monarchiste, qui acceptent de répondre aux sollicitations de cette presse royaliste : sur ce point, c'est sans nul doute Royaliste (et ses « Mercredis », conférences hebdomadaires souvent de grande qualité) qui apparaît le plus en pointe, avec des invités qui, sur une quarantaine d'années, forment un véritable bottin du monde des idées et des débats, de Maurice Clavel à Jacques Julliard, de Pierre-André Taguieff à Jacques Sapir, de Régis Debray à Edgar Morin, etc. Mais L'Action française elle-même, à travers quelques colloques ou cercles récents, a aussi montré qu'elle pouvait attirer à elle quelques « belles plumes », souvent polémistes, comme Eric Zemmour ou Philippe de Villiers, quand l'Alliance Royale, elle, peut être citée avec empathie par Denis Tillinac dans ses articles de Valeurs Actuelles.

    Cela étant, cette double crédibilité intellectuelle est-elle suffisante ? Apparemment non, car, s'ils y participent, les royalistes ne semblent guère peser par eux-mêmes sur les débats d'idées du moment. Si Maurras est régulièrement cité dans la presse et sous la plume des éditorialistes, principalement de gauche, c'est comme repoussoir et non comme référence sympathique : qui veut étrangler son adversaire le traite de maurrassien, sans plus d'explications, le qualificatif suffisant, apparemment, pour faire cesser tout débat... D'autre part, on ne peut, et c'est d'ailleurs heureux, limiter le royalisme à Maurras, ni à Bernanos d'ailleurs, ce dernier étant désormais devenu une référence obligée du courant des Veilleurs et de la Décroissance malgré son irréductible royalisme. Alors ? Y a-t-il de nouveaux penseurs royalistes issus de mouvements se revendiquant tels ou indépendants de toute structure partisane, qui pourraient regagner une place pour le royalisme sur la scène intellectuelle et politique ? Et si oui, comment leur donner visibilité et, donc, une efficace crédibilité aux yeux des intellectuels contemporains et du public pensant ? Des questions qui méritent, me semble-t-il, d'être posées...

    http://nouvelle-chouannerie.com/index.php?option=com_content&view=article&id=1269:le-royalisme-est-il-credible-aujourdhui-partie-2-mouvements-et-journaux-royalistes-quelle-credibilite-intellectuelle-&catid=49:2015&Itemid=60

  • Invasion migratoire – Chroniques d’Allemagne : la crise des réfugiés se politise (4e partie)

    Presse Allemande

    ♦ Face à la crise des réfugiés, la stratégie déployée par le gouvernement allemand et ses relais apparaît clairement et la question que peuvent se poser aujourd’hui les Allemands ne serait-elle pas : « Angela Merkel, toujours chancelière au 31 décembre ? »
    Polémia


    • Maçonnerie de crise & calinothérapie : préserver le parti, l’Union, la coalition

    Le 1er volet consiste à étayer et consolider un parti et une union qui se lézardent, en évitant autant que possible la fuite des électeurs et des élus.

    Crise des réfugiés : Merkel appelle l’un des signataires de la lettre de mise en garde. (Frankfurter Allgemeine Zeitung 23 oct.)
    La chancelière fédérale a, de manière inattendue, pris contact avec l’un des conseillers territoriaux de Rhénanie du Nord-Westphalie signataires de la lettre de mise en garde qu’elle a reçue sur la crise des réfugiés. Merkel a reçu par ailleurs, en provenance d’un autre Bundesland, du courrier de compagnons du parti, visiblement inquiets.

    • Stratégie déclaratoire, la carotte : convaincre le « deutscher Michel » (équivalent de notre Monsieur Dupont).

    Le 2e volet consiste à convaincre les simples citoyens que la puissance publique se déploie pour le protéger, et renvoyer au plus vite ceux qui ne peuvent, du fait de leur pays d’origine – pays considérés comme sûrs – ou des crimes ou délits qu’ils auraient commis, prétendre à l’asile politique.

    Le coordinateur pour les réfugiés, Peter Altmaier, promet des expulsions plus rapides. (Frankfurter Allgemeine Zeitung 23 oct.)
    Peter Altmaier, coordinateur pour les réfugiés de la chancelière fédérale, déclare que les autorités veulent s’améliorer rapidement dans l’exécution des expulsions. C’est pourquoi le nouveau droit d’asile pourrait même entrer en vigueur plus rapidement. [Il sera en vigueur dès le lendemain 24 octobre, soit avec une semaine d’avance – NDT]

    Expulsion de réfugiés : le conte de fées des Transall(Frankfurter Allgemeine Zeitung 23 oct.)
    Des réfugiés pourraient être à l’avenir expulsés avec des Transall, rapportent de nombreux journaux. Les Länder et le gouvernement fédéral en auraient discuté. L’histoire d’un plan qui n’en a jamais été un.

    Thomas de Maizière : la coalition se met d’accord sur les « zones de transit ». (Handelsblatt 23 oct.)
    Les détails sont encore ouverts, mais la coalition s’est mise d’accord : les « zones de transit » vont être mises en place, affirme le ministre de l’Intérieur fédéral Thomas de Maizière. Le vice-chancelier Sigmar Gabriel en reste à son « non ». [Le soir du 23 octobre, on évoquait à la radio un accord a minima sur l’enregistrement des réfugiés à l’entrée sur le territoire allemand ; l’expression « zone de transit » a disparu des discours des ministres de l’Intérieur (CDU) et de la Justice (Maas, SPD) ; la chancelière n’a jamais fait mystère de son scepticisme sur cette disposition, qu’elle a pourtant discutée à Bruxelles – NDT]

    • Répression, le bâton : isoler la dissidence, prévenir le ralliement du « deutscher Michel»

     Le 3e volet consiste, par la classique « reductio ad Hitlerum », à rejeter dans les ténèbres extérieures tout ce que l’on peut rattacher, d’une manière ou d’une autre, à la galaxie « xénophobe » : PEGIDA, LEGIDA, AfD, etc., et à avertir, à mots à peine voilés, les simples citoyens – désignés par l’expression « besorgte Bürger », citoyens inquiets – du risque qu’ils encourent à s’associer à certaines manifestations ou activités.

    Critique télé Maybrit Illner : La chasse à l’ennemi politique a commencé. (Frankfurter Allgemeine Zeitung23/10)
    Désormais, dans la crise des réfugiés, il n’est plus question des faits. Comme l’a montré l’émission de Maybrit Illner, le 22 octobre, elle est utilisée, bien plus, pour la chasse à l’ennemi politique.

    Crise des réfugiés : deux ans de prison pour des appels à la haine sur Facebook. (Frankfurter Allgemeine Zeitung 22 oct.)
    Sur son profil Facebook, il appelait à « mettre Merkel au poteau ». Pour cela, un homme de 31 ans est condamné à la prison.

    Ministre de la Justice Maas : la violence xénophobe est une honte pour notre pays .(Francfurter Allgemeine Zeitung 21 oct.)
    Le ministre de la Justice Heiko Maas appelle à appliquer la loi dans toute sa dureté contre les auteurs d’actes de violence xénophobes. Il réagit ainsi à un rapport de l’Office criminel fédéral (BKA), qui mettait en garde contre des attentats visant réfugiés et hommes politiques.

    Selon le spécialiste des extrémismes Funke, « Il y a assez d’éléments matériels à caractère xénophobe pour interdire PEGIDA ». (Frankfurter Allgemeine Zeitung 21 oct.)
    Les paroles de haine et l’atmosphère xénophobe lors des manifestations de PEGIDA et sur Internet n’inquiètent pas que le seul ministre de l’Intérieur de Maizière. Dans une interview à la FAZ.NET, le chercheur et spécialiste des extrémismes Funke évoque même la fin de la République de Weimar.

    Selon le président de la conférence des ministres de l’Intérieur (IMK) Lewentz, « le Verfassungsschutz [organe de protection de la constitution] doit surveiller PEGIDA ». (Frankfurter Allgemeine Zeitung 21 oct.)
    La haine des partisans de PEGIDA pourrait se propager, craint le président de la conférence des ministres de l’Intérieur. Cependant, le ministre de l’Intérieur de Rhénanie-Palatinat voit peu de chance que le mouvement soit  interdit.

    Alternative für Deutschland (AfD) : le SPD et Die Linke repoussent l’AfD aux confins des nazis. (Handelsblatt23 oct.)
    Le fait que la tête de l’AfD ait pris ses distances de Höcke, son représentant au Landtag de Thüringe, n’émeut pas beaucoup les partis établis. Le vice-chancelier Gabriel considère d’ailleurs le parti comme « ouvertement de droite radicale ».

    Selon Sigmar Gabriel, « L’AfD et le NPD cherchent à soulever les foules ». (Handelsblatt 23 oct.)
    La police a déjoué plusieurs attentats de la droite radicale. La pression augmente. Sigmar Gabriel le sait, et parle de l’AfD comme d’une « droite ouvertement radicale ».

    • Mais la crise continue

    Critique Télé Maybrit Illner : à la recherche des responsables. (Frankfurter Allgemeine Zeitung 16 oct.)
    Le débat sur le droit d’asile chez Maybrit Illner montre des réfugiés qui s’ennuient et des responsables politiques communaux dépassés. Compte tenu de la situation, une nouvelle question se fait jour : Angela Merkel sera-t-elle encore chancelière à Noël ?

    La CDU dans la crise des réfugiés : les doutes sur la patronne croissent. (Frankfurter Allgemeine Zeitung 22 oct.)
    L’assentiment en chute libre pour la politique des réfugiés d’Angela Merkel provoque des tensions au sein de l’Union. De nombreux députés craignent déjà pour leur réélection – et placent leur espoir en Wolfgang Schäuble. A raison ?

    Réfugiés des Balkans de l’Ouest : y en aura-t-il bientôt moins ?.(Frankfurter Allgemeine Zeitung 22 oct.)
    Il y a quelques semaines, on disait que le nombre des migrants en provenance des Etats de l’ouest des Balkans allait diminuant. Mais les apparences sont trompeuses. Il y a des succès durables dans le seul cas du Kosovo.

    What’s Right? Protégez nos frontières ! (Handelsblatt 23 oct.)
    La crise des migrants s’épanouit en drame historique. Il arrive des masses toujours plus nombreuses d’immigrants. Ce weekend, un sommet extraordinaire de l’UE doit discuter de mesures d’urgence. Il est grand temps de verrouiller les frontières.

    Crise des réfugiés : Palmer remet ça et est courtisé par l’AfD. (Frankfurter Allgemeine Zeitung 22 oct.)
    Le maire de Tübingen, Palmer, maintient ses déclarations controversées sur la crise des réfugiés : « La chancelière ne peut pas dire sans arrêt “Wir schaffen das” et ne rien faire », déclare l’homme politique écologiste. L’AfD lui propose l’asile politique.

    Crise des réfugiés en Europe : la Suède brûle. (Handelsblatt 23 oct.)
    Longtemps, la Suède a accueilli avec générosité des réfugiés. Mais désormais le pays n’en peut plus et l’opinion bascule – avec son lot d’incendies et un attentat à caractère raciste. Le gouvernement en a tiré les conséquences.

    Réfugiés en Suède : les limites d’une grande puissance(Frankfurter Allgemeine Zeitung 23 oct.)
    Si l’on se rapporte à sa population, la Suède accueille un bien plus grand nombre de réfugiés que l’Allemagne. Cependant, pour le gouvernement social-démocrate, les limites du possible sont désormais atteintes.

    Conseils de Croatie : « Vous brassez de l’air pour rien. Il faut juste les laisser passer ». (Die Welt 23 oct.)
    Sans faire de pause, ils cherchent rapidement à gagner l’Allemagne : 14.000 réfugiés, un nouveau record, sont arrivés vendredi en Slovénie. La Croatie recommande à ses voisins « un peu plus de rationalité ».

    En conclusion, on constate (mais n’est-ce pas coutumier ?) que, devant une situation difficile, nos voisins d’Outre-Rhin sont énergiques et concrets. Puissions-nous augurer le même comportement chez nos « élites ».

    Un contributeur résidant en Allemagne, grand lecteur de la presse locale. 23/10/2015

    http://www.polemia.com/invasion-migratoire-chroniques-dallemagne-la-crise-des-refugies-se-politilise-4e-partie/

  • Politique & Eco N°62 - Des Impasses de l’euro au saccage industriel de la France.

  • Mélenchon et l’hyperclasse : leur combat

    Bruno Gollnisch était en Tanzanie ces derniers jours, plus précisément sur l’ile de Zanzibar, en tant que député européen et  observateur attitré du bon déroulement des élections générales qui se déroulaient dimanche dans cet archipel semi-autonome. Si Bruno n’a pas constaté de visu de fraudes ou d’incidents, la situation était très tendue lundi soir, le principal parti d’opposition contestant déjà les tendances se dégageant des premiers dépouillements. Les résultats définitifs sont attendus mercredi ou jeudi.  «La sorcellerie est officiellement interdite en Tanzanie depuis janvier 2015 pour protéger les albinos victimes de crimes rituels » rapportait Le Monde, mais  les procédés de diabolisation de l’adversaire politique ont toujours cours en Europe. Malheur aux opposants de l’UE bruxelloise qui osent dénoncer non seulement l’ultra libre échangisme mais aussi l’immigration massive, le matérialisme,  le consumérisme triomphant, et  qui  prônent a contrario la défense de nos  valeurs traditionnelles, identitaires, civilisationnelles…

    Comme la majorité de ses confrères, le Huffington Post s’émeut ainsi de ce que les Polonais «ont porté au pouvoir dimanche 25 octobre les conservateurs catholiques eurosceptiques» du parti Droit et Justice (PiS) de Jaroslaw Kaczynski, lequel a obtenu la majorité absolue aux élections législatives, avec 38% des voix (238 sièges sur 460). Comme de bien entendu, la formule est connue, «ces derniers ont surfé sur une vague de promesses populistes et la peur de l’arrivée massive de réfugiés du Proche-Orient, au risque de créer des tensions dans les relations avec l’UE, Berlin et Moscou.» Les tensions entre les pays de l’Otan et Moscou n’étaient pas jusqu’alors pour déplaire au Huffington Post, mais là il semblerait que, curieusement, cela soit cette fois différent…

    Et cet article de déplorer que «les mises en garde des adversaires (du parti Droit et Justice) qui évoquaient le souvenir de la période 2005-2007, quand il était au pouvoir, marquée par des rapports difficiles avec Bruxelles, l’Allemagne et la Russie, au nom de la défense des intérêts nationaux, ainsi que par des tensions sociales et une décommunisation controversée, n’ont pas produit l’effet escompté. D’autres critiques avaient dit craindre que, proche sur bien des questions de société de l’Eglise catholique, le PiS ne rende encore plus strictes les conditions d’accès à l‘avortement en vigueur, plus difficile la fécondation in vitro et ne renforce la place du catéchisme dans l’éducation.»

    D’un catéchisme l’autre,  Jean-Luc Mélenchon a apporté ces derniers jours  sa pierre à l’entreprise permanente de (re)diabolisation du FN, au détour d’une lettre envoyée à l’éditrice de chez Fayard qui a publié un de ses livres. L’élu d’extrême gauche y dénonce la décision prise par Fayard, qui « avait déjà édité ce livre abject en 1938 » de republier «en 2016 Mein Kampf d’Adolf Hitler. Votre volonté d’une édition critique, avec des commentaires d’historiens ne change rien à mon désaccord. Editer, c’est diffuser. La simple évocation de votre projet a déjà assuré une publicité inégalée à ce livre criminel.»

    « Ce monde sans mémoire voit même un Premier ministre d’Israël nier la responsabilité de l’Allemagne nazie et de son guide dément dans la Shoah !» s’alarme encore le fondateur du Parti de Gauche dans sa lettre ouverte, faisant allusion aux propos polémiques de Benyamin Netanyahou tenus le 20 octobre, devant le 37e Congrès sioniste mondial, à Jérusalem, la veille de sa visite officielle en Allemagne. Dans cette allocution le chef d’Etat israélien a pointé l’influence qu’aurait exercée selon lui le grand mufti de Jérusalem Haj Amin Al-Husseini sur Adolf Hitler, pour l’inciter à «brûler des Juifs» a-t-il expliqué.

    «Ce monde sans mémoire écrit encore Jean-Luc Mélenchon, voit le service public de télévision et combien d’autres promouvoir sans fin les nouveaux visages de l’ethnicisme dans notre pays y propageant le venin de la haine des autres et les germes de la guerre civile (…). Dans toute l’Europe et en France, l’ethnicisme le plus ouvert et barbare s’affiche de nouveau. La leçon du bilan nazi et des incitations criminelles de Mein Kampf s’efface des consciences à l’heure où recommencent des persécutions antisémites et anti-musulmanes.»

    On peut légitimement douter que la réédition, ou non, du programme hitlérien,  change quoi que ce soit à la montée des tensions communautaires, à la menace terroriste lesquelles découlent directement de l’immigration de peuplement. Faut-il rappeler que celle-ci est encouragée par des officines patronales, des multinationales, des gouvernements libéraux, européistes, sociaux-démocrates. Soit  cette hyperclasse que les amis de M. Mélenchon prétendent  combattre mais avec laquelle  ils partagent de fait la même xénomanie, le même humanisme cosmopolite d’origine maçonnique, le même droit-de-l’hommisme internationaliste, la même philosophie antinationale.

    Les Français ne s’y trompent pas; à commencer par les catégories populaires qui accordent peu ou pas de crédit  aux  communistes et aux  socialo-trotskystes du Front de Gauche, mais  apportent a contrario massivement leurs suffrages au Front National.

    Les échecs à répétition de la gauche de la gauche peuvent  expliquer le  dépit hargneux  de M. Mélenchon,  mais ils n’excusent pas  le tweet  qu’il a commis,  annonçant sa lettre aux éditions Fayard :« Non ! Pas  Mein Kampf  quand il y a déjà Le Pen !».

    A juste titre, les amis du Front de Gauche et le site melenchon.fr  se sont offusqués  des assimilations grotesques,  de la reductio ad hitlerum dont leur  candidat à la présidentielle de 2012  a été victime dans la presse bourgeoise. A titre d’exemple,  il est rappelé par eux  le tweet du journaliste de Libération et  spécialiste de l’UE, Jean Quatremer (21 avril 2013) affirmant que «la rhétorique du coup de balai cher à JL. Mélenchon » possédait des « racines solides ». Il donnait alors un lien vers une affiche électorale d’avant-guerre, ornée d’un balai, du mouvement REX de Léon Degrelle, « un journaliste belge collaborationniste et engagé volontaire dans la Wehrmacht puis dans la Waffen-SS, devenu très haut gradé jusqu’à la fin de 1944.»

    Autre cas,  celui de Jacques Julliard, journaliste de Marianne, selon lequel  «l’allégresse que des citoyens manifestent pendant un discours de Mélenchon est la même chose que  les enthousiasmes collectifs organisés, tels qu’on les pratiquait dans l’Allemagne nazie et la Russie soviétique  (Mélenchon peut-il faire perdre Hollande ?, 7 avril 2012). » Ce même M. Julliard écrivait que la veulerie des révolutionnaires de ruisseau  incarnée par Jean-Luc Mélenchon est comparable à  la chienlit des dégénérés fascistes  ( Contre le Hollande bashing, 6 mai 2013)».

    Assimiler Marine aujourd’hui (ou Jean-Marie Le Pen  hier) à l’hitlérisme est une diffamation qui ne semble pas choquer outre mesure  la justice observe pour sa part Bruno Gollnisch.  Mais ce bobard absurde est aussi dégradant pour celui qui le professe.  Il est  l’aveu d’une défaite de la pensée, d’une paralysie de la raison, à laquelle le grand oriental Mélenchon semble pourtant très attaché. Mais cette pulsion totalitaire là, ce vieux fond inquisitorial  de Terreur révolutionnaire, à la source de laquelle s’abreuve une certaine  gauche française, mais aussi une très large fraction des officines, des cénacles, des relais du Nouvel ordre mondial,   l’emportent  à l’évidence ici sur la vérité et l’intelligence.

    http://gollnisch.com/2015/10/27/melenchon-et-lhyperclasse-leur-combat/

  • Les élections polonaises, un avertissement pour l'Europe

    La droite conservatrice et eurosceptique a largement remporté le scrutin législatif dimanche grâce à une campagne qui a fait la part belle au rejet des réfugiés...

    La très catholique Pologne ne semble pas répondre aux injonctions du Pape François en faveur de l’accueil des réfugiés. Ce dimanche, la droite sociale conservatrice a remporté une victoire éclatante lors des élections législatives. Avec 38 % des voix, le parti Droit et Justice (PiS) a raflé 238 sièges de députés sur les 460 que compte l’assemblée polonaise. La victoire des eurosceptiques surprend par son ampleur : avec la majorité absolue, ils peuvent gouverner seuls.

    «Choléra» et «parasites »

    Ces élections sont les premières d’une telle importance en Europe depuis le début de la crise des migrants. Un thème qui a parcouru la campagne… et dont le PiS n’a pas manqué de s’emparer. Ainsi a-t-on entendu Jaroslaw Kaczynski parler sans ciller du « choléra qui sévit sur les îles grecques, de la dysenterie à Vienne et de toutes sortes de parasites (…) qui peuvent être dangereux pour les populations locales ». Le président incontesté du PiS, lancé dans une surenchère avec l’extrême droite polonaise, n’a pas manqué non plus de brandir la menace que représentent la Suède et la France où règne… la charia.

    « Fractures européennes profondes »

    De quoi s’inquiéter pour le Vieux continent ? « Il semble effectivement que la crise de l’arrivée massive de réfugiés qui demandent la protection de l’Europe révèle des fractures profondes entre Européens, explique Christophe Bertossi, directeur du Centre migrations et citonneyetés à l’Ifri (Institut français des relations internationales). L’approche très identitaire de pays comme la Hongrie ou la Pologne semble préfigurer un consensus : les réfugiés ne seraient pas des réfugiés, l’Europe ne serait pas une terre d’asile. »

    Les Polonais, entrés dans l’Union européenne il y a onze ans (en même temps que les Hongrois, les Slovènes ou les Slovaques, tous en première ligne aujourd’hui dans la gestion des migrants) font pourtant partie de ceux qui ont le mieux réussi à rebondir après la crise économique de 2007. Le parti libéral Plateforme civique, dont le leader, Donald Tusk, est, depuis le 1er décembre 2014, président du Conseil européen, n’a recueilli que 23 % des votes, soit 135 sièges. Dépassé sur le terrain de la bataille des valeurs, il a donc perdu presque la moitié de son électorat.

    La future Première ministre est une modérée

    « La campagne en Pologne a montré jusqu’à l’aberration que les principes qui font l’Europe ne pèsent plus lourd », avance Christophe Bertossi. Seule exception notable : la députée PiS Beata Szydlo, probable future Première ministre du pays, s’est montrée beaucoup plus modérée sur ce sujet. C’est sans doute ce qui lui vaut d’être aujourd’hui pressentie pour occuper ce fauteuil où il va falloir qu’elle montre des talents d’équilibriste, entre contentement d’une base réactionnaire et entente avec les instances de l’Union européenne.

    « Il n’y a pas d’autre solution qu’européenne pour faire face à cette crise de l’asile, parce que c’est une crise de trop grande dimension pour que des pays seuls puissent y répondre, prévient Christophe Bertossi. En outre, l’Europe s’est construite depuis l’après-guerre comme une terre d’asile et de protection, à l’époque de la Guerre froide ou des crises des réfugiés d’Asie du Sud-Est ou d’Amérique latine. »

    Victor Point

    source : 20minutes.fr ::lien

    http://www.voxnr.com/cc/etranger/EuuVApAuEpCkEWYgSq.shtml

  • Bachar El-Assad revient sur le devant de la scène politique

    Assad est au centre des débats. Samedi dernier, Jean-Pierre Chevènement déclare que « Son élimination aboutirait à ouvrir les portes de Damas à Daech ». Il souligne ainsi la nécessaire collaboration avec le dirigeant syrien. De son côté, Dimitri Sabline membre du Conseil de la Fédération russe qui est la chambre haute du Parlement russe a annoncé qu’« Il était prêt à participer à des élections présidentielles anticipées si nécessaire. Il n’a pas peur de la concurrence politique, car il sent le soutien de son peuple ».

    Comment ce représentant de la Douma est-il au courant de cette information ? 
    Bachar El-Assad a reçu une délégation russe dans sa résidence à Damas. Lors de la rencontre, le président syrien a évoqué la tenue d’élections anticipées.

    Bachar El-Assad a-t-il posé des conditions pour la tenue d’élections anticipées ? 
    Le dirigeant syrien pense que l’heure sera propice aux élections quand les islamistes de Daech seront expulsés du pays. La tenue des élections présidentielles anticipées est conditionnée par la victoire contre L’État islamiste.

    Des élections législatives sont-elles aussi prévues ? 
    Oui. Le chef de l’État syrien a évoqué cette possibilité d’organiser des élections législatives avec toutes les forces politiques qui souhaitent la paix et la stabilité en Syrie.

    http://fr.novopress.info/194200/bachar-el-assad-revient-devant-scene-politique/

  • Réponses de Julien Rochedy au questionnaire de la Nietzsche académie

    Ex: http://nietzscheacademie.over-blog.com 

    Julien Rochedy est l'auteur d’un essai d’inspiration nietzschéenne Le Marteausous-titré Déclaration de guerre à notre décadence, auteur d’un mémoire universitaire sur Nietzsche et l’Europe et ancien directeur national du FNJ.

    Nietzsche Académie - Quelle importance a Nietzsche pour vous ?

    Julien Rochedy - Une importance fondamentale puisque je pense véritablement, sans pathos, qu'il a changé ma vie. Sa lecture, précoce, a fait office d'un baptême, d'une sorte de renaissance. Je l'ai lu si tôt (entre 14 et 17 ans) qu'on ne peut pas dire qu'il s'agissait de lecture à proprement parler, avec le recul et la distance que cela suppose. Je l'ai littéralement ingurgité, je l'ai fait mien, sans aucune interface entre ses livres et le jeune « moi » qui était en pleine formation. Dès lors, quoique je lise, quoique j'entende, quoique je voie ou quoique j'ai envie de faire, je ne peux l'appréhender qu'avec le regard nietzschéen qui me fut greffé si jeune.

    N.A. - Etre nietzschéen qu'est-ce que cela veut dire ?

    J.R. - Je tiens Nietzsche pour une paire de lunettes. Il est, pour moi, avant tout une façon de regarder le monde. Une grille de lecture. Un filtre d'exactitude et, surtout, de sincérité. C'est s’entraîner à percevoir ce qui se mue et s'agite autour de soi en se débarrassant des grilles de lectures morales (le bien et le mal) ou idéalistes (au sens de la primauté de l'Idée). C'est donc regarder les choses et les hommes par delà bien et mal, par le prisme des valeurs aristocratiques ou des esclaves (le sain et le malade, le bon et le mauvais), en s'attardant plutôt sur la psychologie, et en fin de compte, la physiologie(l'importance du corps comme heuristique de l'esprit) pour comprendre les idées d'un homme, au lieu de se mentir sur la capacité « raisonnante » et abstraite des humains. Et c'est aussi sentir profondément ce qui appartient au nihilisme, au déclin, au mensonge vénéneux, à la maladie et à la mort, plutôt qu'à la vie, à la grande vie et l'immense « oui » qui va avec.

    Je vous parlai de sincérité à propos de ce que nous oblige Nietzsche. Avec lui, après lui, on ne peut plus se mentir à soi-même. S'il m'arrive par exemple d'avoir une idée pour m'économiser, même si mon cerveau se met à fonctionner, comme de mise chez tous les hommes, pour me trouver une justification, morale ou raisonnable (toute « idée » est une justification de soi), je sais qu'en réalité cette idée ne fait que découler de ma faiblesse. Tout le reste est prétexte.

    N.A. - Quel livre de Nietzsche recommanderiez-vous ?

    J.R. - Je ne recommanderai pas un livre en particulier, même si « Par delà bien et Mal » et, bien sûr, « Zarathoustra », surnagent. Je recommanderai plutôt une succession de livres pour celui qui voudrait se lancer dans Nietzsche. D'abord Généalogie de la morale, qui suscite directement un immense doute sur ce que l'on croyait établi sur la nature du bien et du mal. Puis Par delà bien et mal, pour approfondir. Ensuite Zarathoustra, l'apothéose poétique de sa philosophie. Après, l'ordre compte moins. Je conseillerai toutefois particulièrement les œuvres de Nietzsche de l'après Zarathoustra, c'est à dire à partir de 1883, car j'ai toujours pensé qu'il y avait un Nietzsche, à la fois en tant qu'auteur (le style) et philosophe (la puissance), avant son Zarathoustra et après son Zarathoustra. L'auteur du Gai Savoir est encore un peu académique. Celui de Crépuscule des Idoles est pur génie.

    N.A. - Le nietzschéisme est-il de droite ou de gauche ?

    J.R. - Tout dépend bien sûr de ce que l'on entend par droite et gauche. Ces concepts peuvent signifier tellement de choses différentes selon les personnes qu'il est difficile d'enfermer Nietzsche dans des espaces si vagues. Toutefois, en me permettant de les prendre d'un point de vue philosophique, si toutefois ce point de vue peut exister, je dirais bien entendu que Nietzsche est de droite. L'importance qu'il donne à l'inégalité, aux valeurs aristocratiques, au goût raffiné, à la sélection et à la force, ainsi que son mépris souverain pour la populace, les valeurs égalitaires, la féminisation, la démocratie, le matérialisme grossier, etc, font que Nietzsche ne peut évidemment pas être reconnu comme un auteur de gauche.

    N.A. - Quels auteurs sont à vos yeux nietzschéens ?

    J.R. - Je pourrai vous faire une liste non exhaustive, de Drieu à Jünger en passant par London, mais ça n'aurait pas vraiment de sens, dans la mesure où ces auteurs peuvent être nietzschéens pour différentes raisons, et que des auteurs, nés avant Nietzsche, pourraient être considérés comme nietzschéens. Les grecs par exemple, Héraclite, Alcibiade, Périclès, sont des nietzschéens avant l'heure. Encore une fois, Nietzsche est une façon de voir le monde, et cette façon fut partagée mille fois dans l'Histoire, la plupart du temps par les hommes les plus grands, les plus intelligents et les plus honnêtes avec eux mêmes.

    N.A. - Pourriez-vous donner une définition du surhomme ?

    J.R. - Avec une lecture simple, mais tout de même pas trop mal, je pourrais vous répondre : c'est lekalos kagathos des Grecs, l’homme idéal, celui qui a la vie la plus remplie et dont la santé débordante s'enrichit de toujours plus de passions et d’aventures, de pensées, de force et de beauté. Mais ce serait bien trop banal. Le surhomme est celui qui accepte le tragique, le destin, et qui l'accepte en riant. C'est le Dieu Thor qui va à la guerre en riant aux éclats dans sa barbe rousse. Le monde n'a manifestement pas de sens, la vie est précaire, je suis imparfait, rien ne vaut rien, mais je cours au charbon quand même. Le pied dansant. Et là, à ce moment là, tout trouve son sens : la vie n'a comme seule justification qu'elle même. C'est le pessimiste actif dont parle Heidegger dans ses écrits sur Nietzsche.

    N.A. - Votre citation favorite de Nietzsche ?

    J.R. - Je n'en ai pas une en particulier, mais laissez moi vous raconter une anecdote :

    Un jour que j'étais dans un bar et que je réfléchissais, avant de l'écrire, à mon livre le Marteau (d'inspiration largement nietzschéenne comme vous l'avez rappelé), je vois un grand gaillard venir s'accouder à côté de moi. Et sur l'un de ses avants bras, je vois tatoué « Amor fati ». J'exulte. Je vois cela comme un signe. Je me mets à délirer en mon for intérieur. Je lui fais signe et lui dit, bêtement, un truc du genre « aux nietzschéens ! » en levant mon verre. Il me répond, interloqué : « quoi ? ». Je lui répète et m’aperçois qu'en réalité il ne connaît pas Nietzsche. Il s'était tatoué ça juste « parce que ça sonnait bien ».

    Alors finalement, je vous répondrai « amor fati ». Ça résume tout.

    Et en plus ça sonne bien.

    http://euro-synergies.hautetfort.com/