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actualité - Page 4554

  • Nasrallah:les régimes arabes ont vendu la Palestine, l’Iran est son seul soutien

    Le secrétaire général du Hezbollah Sayyed Hassan Nasrallah a affirmé que " soutenir la cause palestinienne implique obligatoirement d’être avec la république islamique de l’Iran, et que par contre s’opposer à l’Iran signifie obligatoirement être contre la cause palestinienne " ajoutant " l"'Iran est la seule planche de salut qui reste aux Palestiniens après Dieu".

    S’exprimant à l’occasion de la Journée mondiale d’ alQods, via travers un écran géant, et célébré dans le Forum du Maitre des Martyrs dans la banlieue-sud de Beyrouth, sayyed Nasrallah a souligné que « la région traverse l’une des époques les plus cruciales et difficiles qu’elle n'a jamais connue dans son histoire » notant que « l’ennemi israélien a conclu lors de sa conférence international annuelle d'Herzlya qu’il jouissait d’un environnement stratégique favorable ».

    Son excellence a évoqué la situation en Syrie, au Yémen, au Bahreïn , au Koweit et au Liban , tout en mettant en garde contre ce qui se trame contre l’Algérie avec les derniers événements.

    Les principaux titres de son discours:

    La célébration de la Journée internationale d’alQods , en ces circonstances extrêmement difficiles que traverse notre région, prouve la clairvoyance de l’Imam Khomeiny quand il a consacré le dernier Vendredi du mois de Ramadan à alQods et la justesse de son but à savoir garder la question palestinienne vivante dans la mémoire de tous les peuples de notre Oumma..

    En cette journée nous commémorons aussi l'agression sioniste barbare contre la bande de Gaza au mois de Ramadan. Ce peuple , courageux et digne , qui continue de lutter et de résister contre l’occupation israélienne malgré un blocus inhumain.

    Or, en dépit de toute la situation difficile qui prévaut dans la région, des millions ont répondu à l’appel de l'imam Khomeiny :en Iran , en Arabie-Saoudite dans la région d’alQatif, en Irak, au Yémen, en Syrie, en Jordanie, à Bahreïn, en Mauritanie, au Soudan, en Turquie, au Pakistan, dans certaines villes européennes. Et cela représente en soi un indice très important à savoir que les peuples n’ont pas oublié alQods . Au contraire ils sont descendus dans les rues et ont élevé leurs voix en faveur de la cause palestinienne.

    Cela dit, je souhaite m’arrêter devant deux manifestations : la première au Yémen où le peuple yéménite se fait massacrer par des raids qui n’ont pas cessé, il n’empêche que des dizaines de milliers de yéménites sont descendus dans les rues pour réaffirmer leur soutien à la question palestinienne. Fidèle à leur doctrine, à leur religion, ce peuple a défié la guerre et la mort. Certes, certains invoqueront le facteur psychologique dans le sens que le peuple yéménite se sent abandonné par les arabes, par la communauté internationale, pire il est agressé par un pays arabe et musulman, et donc quand un tel peuple exprime un tel soutien, on ne peut pas ne pas se pencher et saluer sa noblesse ..

    La deuxième manifestation est celle du Bahreïn où le peuple est opprimé, tyrannisé, persécuté, brutalisé et torturé par un régime despote.. Malgré cela, il est descendu dans les rues et a exprimé son engagement politique et idéologique envers la question palestinienne, car il faut savoir qu’il ne s’agit pas d’une question politique mais idéologique . Ce peuple a défié les menaces de Daech qui a menacé de faire exploser ses mosquées et aussi il a défié les mesures répressives du régime bahreïni. Ces manifestations nous réconfortent..

    La nation des un milliard et demi ne fait pas peur à l'ennemi israélien

    Où en- est Israël aujourd’hui ? Le mois dernier s’est tenue la conférence internationale annuelle d’Herzilya à laquelle participent diverses personnalités israéliennes politiques, militaires, intellectuelles pour discuter des questions stratégiques liées à la sécurité d’Israël..

    Les participants ont abouti à plusieurs conclusions :

    La première à retenir, c’est que les Israéliens ont constaté une amélioration de l’environnement stratégique d’Israël. Autrement dit, Israël se sent en sécurité, elle observe comment la nation est entrain de s’entredéchirer dans des conflits sectaires, sachant que les années précédentes, Israël était préoccupé par le Printemps arabe et par l’éveil des peuples de la région..Il est regrettable que les responsables israéliens n’aient pas trouvé dans la nation des un milliard et demi de musulmans une menace à Israël, cette entité qui occupe la Palestine, hormis quelques exceptions.. Et donc, les Israéliens n’ont pas trouvé dans les régimes des un milliards et demi de musulmans, ni dans l’armée des un milliards et demi de musulmans la moindre menace à l’existence d’Israël..

    Cela dit, Israël constate des exceptions comme le cas de la Syrie.. Or, les israéliens n’ont pas manqué d’exprimer leur soulagement par ce qui se passe en Syrie indépendamment des résultats.. Aujourd’hui, la Syrie est détruite, mais représente toujours une forme de menace car elle fait partie de l’axe de résistance.. C’est pourquoi les israéliens s’efforcent de convaincre la communauté internationale d'annexer le Golan sous prétexte que la Syrie n’en a plus besoin..

    Autre exception, le cas du Yémen. Là encore, Israël a exprimé son bonheur par ce qui se passe au Yémen, voire elle a exprimé son soutien à la coalition saoudienne au point de chercher à construire une relation stratégique avec l’Arabie et les pays arabes dits modérés.. ll ne fait aucun doute pour les Israéliens que si le Yémen recouvre sa stabilité et son autonomie, il fera partie de l’axe de la résistance sans parler de sa position stratégique via Bab al Mandeb..

    Israël nourrit via ses services secrets ces guerres confessionnelles et le pire c’est que les arabes se sont laissé entrainer dans ce genre de conflit.. Tenez par exemple, l’Algérie où les récents événements qui ont éclaté laisse présager un conflit qui prend une dimension confessionnel. On savait que dans le passé, les divergences se situaient entre Arabes et Berbères. Aujourd'hui, certains médias occidentaux arabophones laissent présager un conflit entre les Malikites et les Abadites (deux écoles islamiques, ndlr).

    Israël, la mère de tous les terrorisme

    Les Israéliens ont appelé à une alliance avec les arabes contre le terrorisme, mais quel terrorisme ? Celui de l’Iran et des mouvements de résistance.. et ils ont ajouté Daech pour valider leur alliance, par contre ils n’ont pas mentionné le Front alNosra, al-Qaïda, Beït al-Makdes et les autres.

    Israël cet hypocrite se permet de se présenter comme un défenseur du Sinaï contre le terrorisme, en Syrie il se présente comme le défenseur des druzes..

    Israël : la mère de tous les terrorismes, Israël qui représente l’essence même du terrorisme, dont la nature est terroriste, dont la structure est terroriste, ose se présenter comme un lutteur contre terrorisme alors que l’année dernière , comme en ce jour, il avait perpétré des massacres contre les enfants de Gaza.. C’est le summum de l’arrogance !

    Or, malheureusement, certains s’imaginent qu’Israël ne représente pas de menace urgente alors que Daesh en est une car il tue non seulement pour des raisons politiques mais pour des raisons religieuses..

    La deuxième conclusion à laquelle les israéliens se sont convenus à la conférence d’Herzilya est que la seule véritable menace à leur existence est la république islamique d’Iran, avec ses missiles, son régime, son économie, la santé du guide suprême de la révolution, le soutien du peuple .. Israël travaille pour provoquer l’instabilité en Iran, pour l’isoler sur le plan régional et international, elle active le lobby sioniste au sein du congrès au point de provoquer la discorde entre le président Obama et le Congrès, et derrière l’Iran les mouvements résistance sont également une menace. (...)

    Et la question qui se pose, pourquoi seul l’Iran représente une menace directe à l’existence d’Israël..

    Les régimes arabes ont vendu la cause palestinienne

    Pourquoi l’entité sioniste ne craint pas l’Arabie ? Pourtant les pays arabes achètent des armes stratégiques, dépensent des milliards de dollars pour leurs armées, malgré cela les israéliens ne craignent pas ces régimes ... autrement dit, Israël sait que les régimes arabes ont vendu la cause palestinienne.. et il y a des preuves.. Ces milliards de dollars qui sont dépensés pour des armes peuvent reconstruire toute l’infrastructure de Gaza, aider les blessés de Gaza, construire des écoles mais il n’en est rien..

    Mais encore, Israël sait que le takfirisme est soutenu par certains pays arabes, or le projet takfiriste sert les intérêts d’Israël car ce projet détruit la Syrie et les pays de l’axe de la résistance gratuitement sans qu’elle n'en paye la facture..

    Or, sachez que même si l’Iran obtient ce qu'il veut via l’accord nucléaire en échange de reconnaitre l’entité sioniste, je vous assure que l’Iran avec son équipe de négociateurs, sa direction, son gouvernement, son parlement et son peuple rejettera un tel article.. Car cela signifie pour l’Iran trahir sa religion, sa doctrine, ses valeurs, sa révolution..

    Et donc, parce que l’Iran constitue une menace à Israël ; elle est la cible de guerres, de complots, d’attentats, de sanctions…

    En cette journée mondiale d’alQods, il faut souligner que si vous êtes avec la Palestine vous ne pouvez qu’être avec l’Iran et si vous êtes contre l’Iran vous êtes contre la Palestine parce que l’Iran est l’unique soutien qui reste aux palestiniens après Dieu..

    L’ennemi israélien partage mon avis.. mais le fait de fuir de ses responsabilités envers la Palestine en se cachant derrière des titres vides de sens comme le croissant chiite ou l’invasion perse.. Tout cela sont des mensonges inventés par Israël dans le but de détourner la nation du véritable ennemi et lui créer des ennemis factices..

    La Syrie, sur le chemin d'alQods

    Les Etats qui allument le feu en Syrie doivent cesser leur soutien aux groupes armés.. Aujourd’hui si vous interrogez les syriens même ceux de l’opposition, tous veulent une solution politique, malheureusement certains empêchent cette solution et il y a des preuves.. Oui, quand Idlib est tombé, ils ont dit que toute la Syrie est tombée. 

    Ils misent sur de faux paris et se font des illusions..

    Nous avons affirmé depuis le début que nous soutenons les revendications du peuple syrien, nous soutenons les réformes, nous sommes pour une solution politique en Syrie, mais certes nous ne permettrons pas que des groupes armés terroristes prennent le contrôle et menacent la sécurité de la région, nos frontières, notre stabilité. Nous resterons aux côtés de la Syrie, nous luttons avec elle, aux côtés de l’armée syrienne et des comités populaires.

    Chaque martyr qui succombe sur le sol syrien, succombe pour la Syrie de la résistance, pour le Liban et pour la Palestine, car la route d’alQods passe par Zabadani, Qalamoun, Homs, Alep etc .. si la Syrie tombe c’est alQods qui sera perdue..

    Cela dit, ceux qui parient sur la chute de la Syrie se trompent, je les invite à ne plus parier sur le temps parce que la Syrie restera ferme et déterminée à lutter et à résister…et ce contrairement aux rumeurs qui ont été diffusées selon lesquelles la Russie aurait laissé tomber la Syrie. Le président Poutine est intervenu personnellement en déclarant que la Russie restera engagée aux côtés de la Syrie..

    Le Yémen, sur le chemin d'Al-Qods

    Sur le chemin d’alQods, il y a aussi le Yémen. A chaque occasion nous réitérons notre condamnation à cette agression inhumaine et barbare de la part de l’Arabie..

    Après 170 jours de raids permanents, le résultat en est un échec avéré .. je ne vais pas revenir sur la liste des objectifs.. mais il est clair que rien n’a été réalisé .. il est temps pour l’Arabie de réaliser que sa guerre est sans avenir et sans objectif, il est temps qu’elle réalise que son pari sur les groupes armés est inefficace, il est temps qu’elle réalise que le peuple yéménite ne se brisera point et la preuve c’est qu’il est descendu aujourd’hui malgré les raids pour exprimer sa position en faveur de la cause palestinienne.. 

    Or, il semble que l’agression saoudienne n’est plus une opération militaire ou politique mais un simple acte de vengeance.. l’Arabie n’a aucun plan militaire terrestre, les soldats saoudiens sont incapables de défendre leurs positions militaires sur les frontières.. ils ont fui sous les feux de l’armée yéménite et des comités..

    L’Arabie se venge du peuple yéménite parce qu’il a osé la défier en réclamant son autonomie et l’Arabie veut lui faire payer le prix cher.. or, l’agressé a toutes les options pour lutter et se défendre alors que l’agresseur n’a plus d’options..

    Le Koweït, un exemple à suivre

    Concernant le Koweït, nous réitérons notre condamnation des attentats contre les mosquées et nous mettons en garde contre ce genre d’attentats..

    Cela dit, il convient d’applaudir le Koweït avec son émir, son parlement, son gouvernement et son peuple, sunnites et chiites, ses médias pour leur comportement exemplaire qu’ils ont adopté face au terrorisme.. Ils ont présenté un exemple à suivre pour le peuples de la région..

    Dommage que de telles attitudes n’existent pas dans certains pays quand une mosquée ou un église explose.. nous saluons ce genre de comportement car personne au Koweït n’a tenté de justifier ce genre d’attentats ou de lui trouver des arguments.

    Au contraire, tous au Koweit ont condamné unanimement et totalement.. et ainsi ils ont gagné leur pays car celui qui s’est fait explosé dans la mosquée chiite voulait provoquer les chiites et inciter à des réactions sectaires.. l’émir et le gouvernement koweitien ont réussi à transformer la menace takfiriste en une occasion pour unir le pays et renforcer sa sécurité..

    Au Bahreïn , le régime n’a pas exploité la menace takfiriste pour unir le pays, pour appeler le peuple et le soutenir dans ses revendications, au contraire il a enfoncé le pays dans une crise de plus en plus aigue. Au lieu d’inviter les parties de l’opposition au dialogue national, au lieu de libérer les détenus politiques et les dignitaires religieux, le régime a durci ses mesures de répression en arrêtant le secrétaire général d’alWifaq , le condamnant à des années de prison.. Le peuple bahreïni n’a le choix que de poursuivre son mouvement pacifiquement..

    Liban: les revendications de Aoun sont justes

    Il y a quelques semaines, nous avons pressenti que le pays serait confronté à un sérieux conflit car en tant qu’allié du général Michel Aoun nous savions que les circonstances actuelles du pays devenaient intolérables et nous estimions que ses revendications sont justes ..

    Or, on a mal interprété les revendications du général Aoun, en effet, certains ont pensé que les alliés de Aoun ne suivront pas ce dernier dans ses revendications.. Ainsi, ils ont pensé que le Hezbollah est occupé en Syrie et donc il ne veut pas être entrainé dans de nouveaux problèmes..

    D’où, le gouvernement a insisté pour organiser une réunion du conseil des ministres et pour adopter des résolutions comme si de rien n’était .. mais le gouvernement a commis une erreur et la preuve, les altercations qui ont éclaté au sein de la réunion ministérielle suivi des manifestations ...

    Or, le gouvernement a constaté que les alliés de Aoun ne l’ont pas abandonné et la preuve ce qui s'est passé au Conseil des ministres sauf que certains ont insisté pour prétendre que le Hezbollah ne soutient pas son allié Aoun, et pour cause il n’est pas descendu dans la rue..

    D’abord, il faut savoir que si nous descendons à la rue alors on va nous parler de l’accord nucléaire iranien, de la guerre en Syrie, etc , etc et donc les revendications de Aoun seront noyées.. Ensuite, nous ne sommes pas descendus dans la rue parce que le général Aoun ne nous a pas demandé de le faire et ce parce qu’il est parfaitement conscient de la charge des responsabilités que nous assumons dans la conjoncture actuelle…

    Finalement nous proposons comme ci-suit :

    1/Il faut s’entendre sur un mécanisme exceptionnel pour rendre opérationnelle la fonction du Parlement en l’absence d’un président de la République surtout qu’il y a beaucoup de projets de lois en attente d’être votés.

    Il faut savoir que nul ne veut renverser le gouvernement ni Aoun ni nous, personne ne veut paralyser le gouvernement . Toutefois, nous voulons un parlement qui puisse remplir sa mission conformément à la constitution surtout au regard des circonstances régionales. Et le gouvernement est opérationnel depuis un an et demi, il a adopté une série de mesures afin de faciliter la vie des gens.

    2/ notre position concernant le Parlement est que nous sommes pour un Parlement qui travaille normalement.. or, des problèmes ont survenu nécessitant la présence d’un parlement fonctionnel et donc nous appelons à organiser une session exceptionnelle pour lancer le travail du parlement et de signer un accord.. Pour ce faire, nous parions sur la sagesse du chef du parlement.. car il y a des lois qui doivent être votées.

    3/ nous appelons à un dialogue sérieux entre le CPL et le courant du Futur sachant que le courant du Futur a fait des promesses à Aoun et donc nous estimons que la politique de tourner le dos est une erreur.. cela dit, nous n’abandonnerons aucun de nos alliés et surtout pas notre allié Michel Aoun sachant que nos options pour soutenir cette alliance sont toujours ouvertes..

    Le Liban a besoin durant cette période critique de sa sécurité, de sa paix civile, de ses institutions, sachant que le destin des libanais est scellé au partenariat indispensable pour préserver la stabilité du pays.. car il faut savoir que tous les Libanais sont à bord d’un seul navire dans une mer agitée.. et donc on ne peut pas se tourner le dos au risque de couler..

    En cette journée d’alQods nous rappelons que le peuple palestinien ne peut compter sur les régimes arabes, ni attendre Daesh, ni attendre la Ligue arabe. La seule option dont il dispose est celle de la résistance.

    L’expérience et les lois de l’histoire prouvent que seule la résistance est efficace.. le Hezbollah réaffirme son soutien pour la cause palestinienne et sa loyauté envers l’Imam Khomeiny. Nous allons préserver la résistance pour défendre notre terre, nos sites sacrés, quelque soit le nombre des martyrs..

    Source : Al manar :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/dh_autres/EuFyyVZpFklZUophss.shtml

  • Terrorisme : la France toujours en état d’alerte maximale… pour quel résultat ?

    La France déploie de plus en plus de policiers et militaires dans la prévention des attentats, son arsenal législatif se renforce au point de faire peser degraves menaces sur les libertés publiques… et jamais autant d’attaques terroristes islamiques ne sont succédées. Et s’il était temps de changer de paradigme ?

    Depuis l’attentat commis fin juin à Saint-Quentin-Fallavier (Isère), la vigilance a redoublé en région Rhône-Alpes. À Andrézieux-Bouthéon, l’entreprise SNF Floerger (Sévéso) et l’aéroport, considérés comme des cibles potentielles, sont sous étroite surveillance. Des cibles potentielles qui s’ajoutent aux sites déjà sous surveillance, des lieux touristiques aux gares et aéroports, en passant par les bâtiments publics… sans compter les sites religieux des communautés juives, musulmanes et accessoirement catholiques. Depuis les attentats de janvier 2015, Hollande avait décidé le déploiement de 10 500 soldats, en appui des dizaines de milliers de policiers et gendarmes déjà sur le pont pour le plan Vigipirate.
    Une mobilisation sans précédent, baptisée Sentinelle, qui s’est inscrite dans le temps. Adapté depuis janvier, le dispositif compte aujourd’hui 7 000 hommes chargés de sécuriser les sites sensibles, épuisant policiers et militaires dans d’inutiles et coûteuses gardes statiques, parfois remplacées par des patrouilles, dont l’effet est plus psychologique – rassurer les populations — que véritablement opérationnel.

    Car malgré un déploiement de force déjà non négligeable, il y a six mois, quatre otages tombaient sous les balles d’Amedy Coulibaly à la Porte de Vincennes, deux jours après la tuerie de Charlie Hebdo. Des attentats qui éclipsaient ceux de décembre 2014 : Le 20, un homme attaquait trois policiers à l’arme blanche en criant « Allahou Akbar » avant d’être tué. Au son du même cri, le lendemain, un homme jetait sa voiture sur les passants d’une place dijonnaise : le rodéo infernal dura trente minutes et causa onze blessés, dont deux graves. Un jour plus tard, c’est le marché de Noël de Nantes qui était la cible d’un fou de Dieu en camionnette. Bilan, onze blessés, dont cinq graves.
    Et en 2015, la litanie continue : après Charlie et l’hyper casher, ce sont les agressions au couteau de deux militaires à Nice en février, un projet d’attentat dans une église déjoué fortuitement à Villejuif en avril, la décapitation sauvage d’un chef d’entreprise près de Lyon en juin, un vol d’explosifs sur une base militaire début juillet – dont on ne connaît pas officiellement les mobiles —… pour ne rester que sur le territoire Français.

    Sid Ahmed Ghlam

    Sid Ahmed Ghlam

    Sur le plan législatif, la loi renforçant la lutte antiterroriste est adoptée en novembre 2014. Elle introduit l’interdiction de sortie du territoire (pour éviter les départs au djihad) et le délit d’entreprise terroriste individuelle, pour mieux traquer les loups solitaires.
    Présentée comme une réponse aux attentats de janvier, mais en réalité conçue bien avant, la loi sur le renseignement, adoptée le mois dernier, renforce et légalise les moyens des agences de renseignement (écoutes, interceptions numériques, balises GPS…). Les attentats et tentatives d’attentat récents ont servi de justification à cette loi, oubliant commodément que dans tous ces cas, ce n’est pas l’info qui faisait défaut – tous les terroristes ou présumés tels étaient déjà fichés —, mais la volonté et les moyens de s’en servir.
    Idem pour les candidats plus ou moins heureux aux vacances barbares, alias le djihad en Irak et en Syrie. 1 750 ressortissants français sont aujourd’hui impliqués dans les filières djihadistes, selon le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, soit trois fois plus qu’il y a dix-huit mois et sans doute trois fois moins qu’en réalité.

    Un péril qui, selon le rapport remis dernièrement par le député Malek Boutih (PS) au Premier ministre, pénètre « tous les milieux ­sociaux ». Et pourrait « basculer dans un phénomène de masse ». Tiens, un peu de lucidité ? On y reviendra…

    http://fr.novopress.info/190442/terrorisme-france-toujours-en-etat-dalerte-maximale-quel-resultat/#more-190442

  • La tactique de la guérilla

    La tactique de la guérilla est issue du principe de base de forces n’acceptant le combat que selon leurs conditions, ce qui suppose de connaître la position et la force de son adversaire, de savoir lorsqu’il est coupé de toute aide ou empêché d’échapper avant tout secours, de disposer de l’effet de surprise et de combattre au moment choisi. Privé de la force du nombre, et des armes pour s’opposer à une armée en campagne, les guérillas préfèrent éviter les batailles rangées. L’embuscade et le raid représentent leurs modes de combat favoris. Par-dessus tout, la guérilla évite toujours de tenir le terrain car cela inviterait l’ennemi à la découvrir, à l’encercler et à la détruire. Frappant rapidement et de manière inattendue, les raids de la guérilla s’attaquent aux dépôts et aux installations d’approvisionnement, tendent des embuscades aux patrouilles et aux convois de ravitaillement, coupent les lignes de communication et cherchent par-là à désarticuler les activités ennemies et à capturer des équipements et du ravitaillement pour leur propre usage. En raison de sa mobilité, de la dispersion de ses forces en petits groupes, de leur aptitude à disparaître au sein de la population civile, il est très difficile de forcer la guérilla à livrer bataille. Les guerres contre les guérillas se mènent sans ligne de front fixe. Les objectifs des guérilleros par leurs attaques sont de déstabiliser l’ennemi, de porter atteinte à ses ressources (hommes et lignes de communication) par des séries continuelle d’attaques en coups d’épingle sur une période étendue, qui à la longue affaiblissent l’ennemi matériellement, le forcent à se concentrer sur sa propre protection et entament sa résolution. 
    Général Sir Rupert Smith, L’utilité de la force. L’art de la guerre aujourd’hui

  • Catastrophe annoncée. Par Vincent Revel

    Parallèlement au train à grande vitesse (TGV), qui nous a propulsés dans le monde moderne des nouvelles technologies, nous avons eu aussi, en France, le GMC (Giscard-Mitterrand-Chirac) qui nous a plongés dans la névrose et l’immobilisme.

    L’historien Jacques Marseille avait déclaré au début du quinquennat de Sarkozy que « ce qui avait plombé Jacques Chirac était précisément de n’avoir rien fait. » Il avait aussi ajouté, avec un espoir mal placé, « que Nicolas Sarkozy, soit en recul dans les sondages devrait l’inciter, compte tenu de son tempérament, non pas à faire du Jacques Chirac, ce qui serait dramatique pour le pays mais à opérer la grande rupture en matière d’éducation, d’emploi et de dépenses publiques. »

    Aujourd’hui, en 2015, nous savons tous, sauf les inconditionnels de Sarkozy, que ces souhaits n’ont pas été entendus. Nos hommes politiques, à l’image de François Hollande, manquent de plus en plus de charisme, de volonté. Ils n’ont plus la réalité du quotidien. Leurs connaissances en Histoire et en géopolitique sont faibles pour ne pas dire nulles. Je ne cesse de répéter qu’ils ne possèdent plus l’attachement charnel à leur patrie. Ils appartiennent à une oligarchie, déconnectée des intérêts des peuples et de la vraie vie. Ils ne souhaitent plus se prétendre les héritiers d’une tradition.

    Bien au contraire, en bons petits soldats du politiquement correct, ils espèrent mêmes être les premiers de la classe dans la déconstruction des nations. C’est sans doute l’une des raisons qui les empêche de se confronter à la dure réalité du choc des civilisations et du problème majeur de l’immigration de masse qui enracine durablement l’islamisme dans nos vies. Aujourd’hui, nous construisons l’avenir de nos enfants sans se soucier de notre héritage et des intérêts de notre nation. Cela équivaut à donner de la vitesse à notre ancien GMC pour le lancer droit dans le mur !

    L’ignoble acte de barbarie commis à Saint-Quentin-Fallavier, en beau pays dauphinois, par le djihadiste Yassine Salhi nous renvoie une fois de plus aux manquements et aux trahisons de nos dirigeants.

    Comme à notre habitude, cette tragédie s’est clos avec une marche blanche où derrière une banderole, sur laquelle était inscrit « Plus jamais ça ! », certains de nos concitoyens ont manifesté docilement pour exprimer leurs chagrins, leurs dégoûts, leurs incompréhensions, leurs craintes, leurs colères refoulées.

    Mais il faut vraiment prendre conscience que tout ça ne sert à rien car qu’il y aura des autres fois ! Nous savons tous que l’horreur et la haine sont confortablement installées chez nous avec la complicité de nos élus. Beaucoup ne veulent pas encore voir la dure vérité et espèrent encore au slogan du bien vivre-ensemble.

    Aymeric Chauprade, en géopoliticien avisé, nous expliquent qu’il n’y aura pas d’échappatoire possible. Un jour nous devrons faire face à l’islam politique et nous devrons y apporter une réponse ferme. Comme lui, je sais qu’aujourd’hui les forces de l’islam salafiste présentes sur notre territoire sont plus importantes que ce que laissent entendre les autorités de notre pays car pour quelques milliers d’actifs islamistes repérés et mal surveillés vous avez derrière des centaines de milliers de sympathisants ! Ce constat, volontairement alarmiste, n’est pas une chimère employée juste pour faire peur ou attiser les haines au sein de notre société. Grace à l’action et à l’incompétence de nos dirigeants, ce constat est aujourd’hui notre réalité. De ce fait, au vu que nos élus soient encore englués dans l’esprit de repentance qui interdit toutes critiques objectives sans risquer l’amalgame ou la stigmatisation et à l’heure où nos Bobos se préoccupent plus de l’avenir des Guignols de Canal Plus que du risque d’islamisation de leur société, je crains que la mode des marches blanches aient encore un bel avenir en France.

    Vincent Revel

    http://fr.novopress.info/190383/catastrophe-annoncee-vincent-revel/#more-190383

  • 24 janvier 2016 : Marche pour la vie

    Appel de Cécile Edel, présidente de Choisir la vie et de la Marche pour la vie :

    "Comme beaucoup le savent déjà, et comme chaque année depuis 2005, la prochaine Marche pour la Vie aura lieu cette année le 24 janvier 2016 à Paris.

    D’ores et déjà, la préparation au long cours de cette Marche a commencé et elle ne saurait se faire sans vous.

    Cette marche a vocation à  fédérer l'engagement de beaucoup, de "tout honnête Homme" tant  la cause défendue rejoint chacun au plus intime de son être, de sa dignité, de sa destinée, de sa compassion pour les plus faibles, les sans voix condamnés à mort dans le sein des femmes avant d'être nés. Le souci du retour à l'amour de la Vie, à une culture de la Vie Humaine est plus que jamais nécessaire dans une société en proie à la « culture du déchet » qui banalise toujours davantage l’avortement et chosifie l’enfant à naître.

    En somme, cette Marche devient un devoir vital ; c'est défendre le plus petit enfant des hommes et porter secours en éveillant les consciences au respect inconditionnel de la vie humaine.

    Je vous adresse donc ce message initial avec l’appel d’avril à la mobilisation qui est à relayer SVP. C'est à ce stade l'action la plus importante.

    Ce message initial vise à : 

    • Emuler les réseaux en vue de la marche qui se tiendra dans un contexte d’attaques constantes à la vie, celle de l’enfant à naître, celle de la personne handicapée, diminuée, dont la vie est subjectivement  reconnue comme inutile
    • lancer un appel aux bénévoles (adresse mail pour se faire connaître : bénévoles@enmarchepourlavie.fr), en particulier pour trouver assez vite des responsables de pôles (LOG, SÉCURITÉ, ACCUEIL, ANIMATION, COM, et autres, WEBMASTER, secrétaire, RH, etc...)
    • retenir la date 24 janvier 2016 dans les agenda pour éviter la programmation d’autres activités qui fixent souvent les mêmes bonnes volontés
    • Lancer l’idée des antennes locales de la Vie  “A-VIE”, forme minimaliste d’organisation déconcentrée servant de relais, de diffuseur d’information, capable d’initiatives locales (recrutement bénévoles, tracts, car...). Partager la cause et l’esprit de la Marche, être motivé et entreprenant suffit.
    • Faire jaillir des idées et initiatives et les faire remonter 

    Ainsi, au cours des 6 mois qui nous séparent de l’évènement, je vous invite à fonder un esprit de promotion et de devoir envers la vie humaine (au- delà de la seule posture de défense, de résistance...), fondée sur la conscience de ce qu’est la personne, sa dignité, le fondement de celle-ci etc...et parallèlement développer l’ambition d’aller chercher celles et ceux qui, “ébranlés”, peuvent être ramenés sur le chemin de l’amour de la Vie.

    Merci par avance de votre impulsion. N’hésitez pas à nous faire-part d’un petit aperçu de votre initiative à l'adresse mail suivante : coordonnateurlmpv@gmail.com

    Michel Janva

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Regard sur l'actualité grecque: référendum, €uro et géographie

    Le référendum grec: une imposture ?

    Nombreux sont ceux qui ont salué le recours au referendum d'Alexis Tsipras dans la tragédie grecque qui se joue en ce moment. Dans cette Europe « technocratique », le recours au peuple est apparu comme une marque de « courage ». Pourtant à bien y regarder, les opinions publiques européennes, et les Grecs au premier chef, ce sont probablement fait blouser.

    Tsipras a habilement joué avec la légitimité populaire à la fois contre son propre camp, c'est à dire son aile gauche qui veut des mesures concrètes et aller beaucoup plus loin dans le bras de fer avec l'Union Européenne que contre son propre peuple. Dans un premier temps, Tsipras a fait se succéder la légitimité du peuple en lieu et place de la légitimité de son parti et de sa base électorale. Ainsi c'est donc une majorité « moins à gauche » qui se dégage. Autre intérêt du référendum, faire dire au vote ce qu'on veut lui faire dire. Ainsi Tsipras a déclaré immédiatement que les Grecs ne « voulaient pas de rupture avec l'UE ». En somme le NON était un OUI à l'Europe. Bref de l'enfumage politicien de premier ordre. Piège dans lequel sont tombés la plupart des mouvements populistes qui saluaient un pied de nez à l'Europe alors qu'il n'en était strictement rien. Enfin, on sait depuis longtemps que la démocratie à la sauce libérale a un objectif pour l'oligarchie : rendre le peuple consentant de sa mise en esclavage et de fait, maîtriser les velléités des classes populaires. On transforme les idéaux, les revendications et les rébellions en bout de papier. Au bout de quelques jours de feuilleton médiatique, le bilan est sans appel : le ministre de l'économie, Varoufakis a démissionné, Tsipras est venu les mains vide faire du bla bla au Parlement européen et au final sa dernière proposition passe pour une trahison et une capitulation.

    Vers une sortie de l'€uro ?

    La sortie de l'€uro de la Grèce est cependant sur toutes les lèvres. En raison de l'absence d'harmonisation fiscale et sociale au sein de la zone €uro, la Grèce y est comme un « intru ». Nous pouvons être, de prime abord, tout à fait favorable à la sortie de la Grèce de la zone €uro.

    En conséquence, si le pays venait à sortir de la zone €uro, cela pourrait avoir deux effets tout à fait différents. 

    Première hypothèse : les marchés y voient un manque de crédibilité de la zone €uro, ils auront alors pour réflexe d'attaquer la zone €uro et de conduire à une augmentation des taux d'intérêt. Cela pourrait avoir un effet désastreux pour les états qui tentent de sortir la tête de l'eau comme l'Espagne et se retrouveraient soudainement avec des intérêts plus élevés. La spirale de l'endettement et/ou de l'austérité pourrait s'enclencher de nouveau et conduire à une sortie en chaîne des pays du sud. Cela serait un service rendu aux Etats-Unis, et même aux BRICS qui voient ces pays comme des maillons faibles.

    Deuxième hypothèse : les marchés sont rassurés par le départ de la Grèce de la zone €uro, considérée comme un « mauvais élève ». Cela fortifierait la monnaie unique et permettrait aux européens de stabiliser la monnaie. Cela pourrait peut-être également conduire à une réflexion sur l'€uro, la politique fiscale et économique européenne sous fond de « plus jamais ça ». Cette situation aurait pour effet de renforcer le leadership allemand.

    Au final, il faut un sérieux moratoire sur le sujet : l'€uro au service des européens et monnaie concurrentielle au dollar : OUI, l'€uro comme arme de destruction massive libérale : NON.

    La Grèce, une marge de l'Europe

    La Grèce pose la question des marges et donc des limites de l'Europe. Je parle bien évidemment de l'Europe politique. Pour tous ceux qui ont construits le projet européen après guerre, il était « naturel » que le berceau de la civilisation européenne soit dans l'UE. Mais une nouvelle fois, selon une approche que nous avons déjà abordé sur Méridien Zéro, il est des moments où la « mémoire » (et donc l'histoire) doit peut-être s'effacer face aux logiques territoriales. Si un « empire » n'a pas les moyens de contrôler ses marges (géographiques) alors celles-ci sont la convoitise des autres « empires ». Cela explique que la Turquie et la Russie sont aujourd'hui deux « empires » qui convoitent la Grèce, profitant des hésitations de l'UE. Il va de soi que pour nous, cette présence de la Turquie, qui occupe déjà la moitié de Chypre, est un véritable problème. Entre les volontés d'expansion jamais douchée, les liens potentiellement existant avec l'Etat islamique et le rôle clef que joue le pays sur la route de l'immigration asiatique et musulmane à destination de l'Europe et dans la route de la drogue, on ne peut qu'être inquiet de savoir l'Europe incapable de contrôler la Grèce.

    Entre un gouvernement pro-clandestins, une Turquie qui voit une nouvelle fois la Grèce s'affaiblir et un grand nombre de territoires mités par des conflits ethno-culturels (Kosovo, Macédoine, Bulgarie, Bosnie Herzégovine) c'est une nouvelle fois dans le sud-est de l'Europe, puis dans les Balkans, que les rapports de force vont se nouer. Les récents accords entre la Russie et la Turquie ne sont pas rassurants. En effet la Russie ne peut plus apparaître comme le rempart « chrétien » face à la Turquie pour la Grèce puisque les intérêts gaziers ont très largement pris le pas sur toutes considérations culturelles.

    Lâcher totalement la Grèce serait un crime, une porte ouverte pour nos adversaires du moment, ce qui explique que les BRICS, des Turcs et Obama à se presser au chevet de Tsipras. Cette crise grecque doit permettre de reconstruire l'Europe sur un principe concentrique. La Grèce est une marge, mais doit demeurer une marge intégrée.

    Jean / C.N.C.

    http://cerclenonconforme.hautetfort.com/

  • « Le Labyrinthe / Compliquer pour régner », de Jacques Bichot

     Cette note de lecture n’est pas une rediffusion : cet ouvrage est d’actualité et à lire.

    « La complication foisonne dans de nombreux domaines : la législation et la réglementation, la finance, les modes de rémunération, la tarification des services, les contrats, l’information, etc. Cela n’est pas le fruit du hasard : la complication est utilisée comme méthode de gouvernement et d’enrichissement, comme technique de dissimulation de la vérité, comme instrument de pouvoir sur les hommes. »

    Au fil d’une petite vingtaine d’ouvrages, Jacques Bichot s’est fait une spécialité de l’analyse et de la critique des dérives de l’Etat-providence. Mais là où beaucoup d’auteurs limitent leur propos à une dénonciation, certes, justifiée mais parfois un peu superficielle et journalistique des faits – on pense à certains livres sur les fraudes à l’indemnisation du chômage.

    J. Bichot n’oublie pas qu’il est professeur émérite d’économie en même temps qu’homme de conviction : c’est dire qu’à l’instar des travaux d’institutions comme l’IFRAP, ses réflexions sont toujours fortement étayées et nuancées, même si l’ironie n’en est pas absente.

    Dans son dernier opusLe Labyrinthe, il convoque le mythe de Dédale et de Minos, qu’il présente dans un bref mais dense chapitre introductif : « Ce mythe d’une extraordinaire richesse est porteur de nombreuses intuitions et interrogations relatives à la condition humaine. Parmi elles, les rapports du pouvoir et de la complication sont au premier rang. La complication sert à conquérir le pouvoir et à l’exercer ? Mais elle est aussi, à l’occasion, l’instrument de la perte de ceux qui le détiennent. »

    Le propos de Jacques Bichot repose sur une distinction préalable entre complexité et complication : il est établi que nos sociétés sont complexes, et sont appelées à le devenir de plus en plus, ne serait-ce que du fait des évolutions technologiques. La complication est radicalement différente, malgré l’amalgame – un de plus ! – entretenu volontairement entre les deux notions. Elle « désigne une accumulation, due à l’action humaine, de mécanismes et de dispositions dont la complexité n’a pas d’utilité du point de vue de l’intérêt général ».

    Pourquoi la complication est-elle devenue un moyen de gouvernement ? Parce qu’elle est « particulièrement utile pour exercer le pouvoir par la ruse plutôt que par la force, pour dépouiller autrui de façon insidieuse plutôt que violente ». Outre que les dirigeants politiques et les hauts fonctionnaires n’ont souvent pas les compétences pour concevoir des réformes BM 6simplificatrices, ils ont intérêt à « compliquer pour régner », parce que cela permet :

    • d’arriver au pouvoir par des promesses mirifiques (la retraite à 60 ans, les mesures catégorielles) ;
    • de montrer que l’on a un peu de pouvoir (l’accumulation des amendements parlementaires) ;
    • d’exercer le pouvoir qui vous a été délégué (le mécanisme des conventions collectives qui permet aux syndicats de se faire valoir) ;
    • d’affirmer le triomphe des experts autoproclamés ;
    • de contourner la difficulté de mise en œuvre de textes irréalistes qu’un gouvernement a promis hâtivement et qu’il est contraint d’assumer.

    Ces perspectives sont autant de facteurs qui contribuent à l’édification de ce labyrinthe normatif, à cette inflation de textes mal écrits qui permettent au législateur d’exister, au haut fonctionnaire de se rendre indispensable vis-à-vis des ministres et de leur cabinet, et à tout ce microcosme de compliquer la vie des « sujets » que nous sommes pour simplifier le travail des gouvernants, et de « régner sur les mots à défaut de manager les hommes ».

    L’inflation normative débouche, parmi d’autres dommages collatéraux, sur une insécurité juridique qui prend la forme d’une instabilité chronique des règles de droit, maintes fois pointée du doigt par le Conseil d’Etat dans ses rapports depuis plus de vingt ans, sans effet tangible comme on peut le constater au quotidien. Cette instabilité a plusieurs causes :

    • la mauvaise préparation des textes ;
    • le « perfectionnisme des bureaux », qui veulent prévoir toutes les situations imaginables dans le détail, dans une conception extensive de la norme juridique, au lieu de se cantonner à la définition des principes et des lignes directrices ;
    • le cloisonnement entre services, qui est un mal français bien identifié, mais accru par la décentralisation et par la construction bruxelloise ;
    • l’instabilité ministérielle, « dans un contexte où les ministres estiment nécessaire, par vanité et pour leur avenir politique, d’attacher leur nom à au moins une loi» (1).

    L’insécurité juridique, cumulée avec l’insécurité culturelle qui a fait l’objet d’un intéressant ouvrage de Laurent Bouvet commenté le 11/05/2015, contribue à faire perdre à nos compatriotes tous leurs repères et leur donne le sentiment d’évoluer dans un environnement où le Bien et le Mal, le Beau et le Laid, le Vrai et le Faux ne sont plus discernables, car perpétuellement remis en cause par l’arbitraire d’un dirigeant politique ou d’un fonctionnaire trop zélé. Il en résulte un stress permanent et une décohésion sociale croissante.

    De plus, l’insécurité juridique se double d’un intégrisme juridique ou judiciairedéfini comme une « production de complication par refus d’interpréter les normes juridiques à la lumière du bon sens », en appliquant la lettre de la loi au mépris de la référence à son esprit, à des situations non pertinentes. Jacques Bichot en donne quelques illustrations éloquentes et met en évidence le fait que ce phénomène se traduit in fine par des injustices et une déshumanisation de la société, car « il donne le pouvoir de faire du mal à Y parce que X vous en a fait ».

    Ayant ainsi défini son cadre conceptuel, l’auteur le nourrit d’exemples nombreux, puisés en premier lieu dans ses domaines d’expertise favoris : la fiscalité, les régimes de retraite, la sécurité sociale. Mais il étend son champ d’investigation à d’autres secteurs tout aussi passionnants : les institutions et le maquis inextricable des mécanismes de subvention européens, de FEDER en FSE, de FED en PAC, sans oublier l’euro, dont la simplicité apparente ne masque pas qu’il est devenu un véritable enjeu de pouvoir au sein de l’Union européenne.

    On saura gré à Jacques Bichot, par ailleurs, de ne pas avoir cédé à la facilité consistant à charger les seuls fonctionnaires du « péché de complication ». Les deux chapitres consacrés, à la fin de l’ouvrage, au secteur bancaire et financier et au labyrinthe de la vie quotidienne montrent s’il en était besoin que les entreprises privées ne sont pas en reste lorsqu’il s’agit d’assujettir leurs clients ou usagers, voire leurs propres salariés. La prolifération des modes de démarchage intrusifs, les dérives du commerce en ligne, la difficulté croissante à accéder aux informations contractuelles, ou encore l’effervescence continue du droit du travail disent mieux qu’un long discours le monde dans lequel nous vivons.

    Le citoyen doit-il se résigner à être l’instrument docile d’une oligarchie qui a pris pour devises, d’une part, « compliquer pour régner », d’autre part, « gouverner par le chaos » pour reprendre le titre de l’ouvrage collectif éponyme (2) commenté sur le site en mars 2014 ? Le tableau campé par Jacques Bichot n’incite évidemment pas à l’optimisme. Il est clair, par exemple, que nos dirigeants, aidés comme il se doit par la classe médiatique, jouent de l’heuristique de la peur en brandissant la menace terroriste et justifient ainsi le renforcement de la tunique de Nessus normative (la loi sur le renseignement), au nom d’un paternalisme protecteur. Malgré tout, se référant toujours au mythe minoen, l’auteur souligne bien que dans la geste de Thésée, la complication est certes un instrument de pouvoir, mais aussi « un sous-produit du pouvoir, lorsque ceux qui l’exercent n’ont pas l’intelligence nécessaire pour découvrir un fil d’Ariane (le moyen de faire triompher la simplicité) et, pour finir, elle constitue le Talon d’Achille de ceux qui ont régné en la faisant grandir et prospérer ». Dans l’exemple évoqué ci-dessus, même si la politique du bâton et de la carotte peut fonctionner à court terme, il sera évidemment impossible de voiler éternellement la contradiction entre, d’une part, la complication par des lois liberticides pour lutter contre une menace que l’on prétend prioritaire, d’autre part, le discours lénifiant du padamalgam que l’on nous inflige ad nauseam.

    Le labyrinthe normatif est à beaucoup d’égards une forme de constructivisme au sens hayekien du terme, car il procède de l’idée, illusoire, que l’on peut changer la société par décret, et, plus généralement, de la conviction que l’empilement de règles toujours plus nombreuses participera à l’émergence de « l’homme nouveau » – cet électron se croyant libre – que nos dirigeants actuels appellent de leurs vœux.

    Mais à la différence du constructivisme délibéré du marxisme et du socialisme, le labyrinthe que nous décrit Jacques Bichot, s’il a encore de beaux jours devant lui, est intrinsèquement désordonné, donc condamné à terme par ses excès et ses contradictions. Car la seule force montante dans les pays soumis au règne de la complication, le populisme, n’est pas qu’une réaction contre la perte des repères identitaires, il est aussi protestation contre cette société bureaucratique envahissante qui nous asservit dans chacun de nos actes.

    L’auteur est sur ce point très réaliste et ne cache pas que les mouvements populistes sont guettés, comme avant eux la droite et la gauche « de gouvernement », par le risque d’affadissement. Tous sont en effet sur un marché politique fermé, celui des électeurs, et « ont besoin de séduire une clientèle très diversifiée. Il leur faut donc acheter les suffrages de personnes très différentes. Pour cela, il convient de présenter un programme de gouvernement comportant une multiplicité de mesures ponctuelles, qui souvent concerneront un nombre restreint d’électeurs, mais compteront beaucoup pour ces électeurs-là ». L’allusion à certains volets du programme du FN est transparente, et ses dirigeants seraient bien inspirés d’y voir une forme d’avertissement. Car tout laisse à penser que les électeurs seront de moins en moins dupes des « promesses faites pour ne pas être tenues ». Il serait dommage que le FN dilapide ce qui lui reste de capital de sympathie pour ses positions en faveur des valeurs identitaires pour avoir défendu des mesures clientélistes qui lui aliéneront des voix de la vraie droite sans lui faire mordre autrement que marginalement sur l’électorat de gauche.

    Jacques Bichot observe très justement que « Plus une société est policière, plus le pouvoir est lié à la complication », et que celle-ci est « liée à la boulimie d’hommes de pouvoir qui entendent imposer leur volonté, et cela aussi bien dans le domaine des affaires, des entreprises, que dans la sphère politique. Autrui, en tant qu’être humain, leur importe assez peu : c’est un administré, un client, un salarié, qui constitue une sorte de matière première pour la fabrication d’une success story… Le chef n’a pas pour projet de servir, mais de se servir des autres pour atteindre ses propres objectifs… ».

    Le dirigeant altruiste, au contraire, « réellement soucieux des autres, et ipso facto désireux de leur rendre service, ne cherche pas à compliquer par tactique : il joue franc jeu ». La question est dès lors de savoir s’il existe encore des dirigeants altruistes. Pour Jacques Bichot, la réponse est positive, mais il est trop bon connaisseur du monde dans lequel nous vivons pour attendre le salut d’une collection de démarches individuelles, tant le Système est gangrené. C’est bel et bien d’un sursaut des consciences que nous avons besoin. Pour ce faire, l’auteur rappelle que la lutte contre la complication relève largement de la maxime de la Seconde Epître de Paul aux Corinthiens : « La lettre tue, c’est l’esprit qui vivifie ». La lutte contre la complication est donc une lutte pour l’esprit, contre les forces mortifères de la désintégration sociale et culturelle. C’est dire que la route sera longue et semée d’embûches.

    Bernard Mazin , 9/7/2015

    Jacques Bichot, Le Labyrinthe / Compliquer pour régner, éd. Les Belles Lettres, mars 2015, 238 pages.

    Notes :

    1. Laurent Bouvet, L’Insécurité culturelle / Sortir du malaise identitaire français, éd. Fayard, janvier 2015, 183 pages.

    2. Collectif, Gouverner par le chaos / Ingénierie sociale et mondialisation, éd. Max Milo, collection Essais–Documents, 29/04/2010, 94 pages.

    http://www.polemia.com/le-labyrinthe-compliquer-pour-regner-de-jacques-bichot/

  • Des chrétiens enlevés à Bagdad sont tués malgré le paiement d’une rançon

    Lu sur Fides.org :

    "En l’espace de deux semaines, à Bagdad, quatre chrétiens irakiens ont été enlevés et le séquestre de deux d’entre eux s’est achevé tragiquement. Après le paiement de la rançon, ils ont été retrouvés sans vie par la police."

    Les chrétiens de la capitale irakienne subissent une "escalade du crime" qui "fait partie des intimidations subies par la composante chrétienne de la population et contribue à miner l’unité de la société irakienne", d'après un parlementaire chrétien, qui alerte dans un communiqué de presse ses collègues et les forces de sécurité irakiennes.

    Marie Bethanie

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html