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actualité - Page 5162

  • Cour des comptes : quand Sarközy liquidait un cinquième du stock d’or de la France

    La cour des comptes ne peut cacher cet autre scandale.

    Entre décembre 2004 et septembre 2009, après que Nicolas Sarközy (alors ministre de l’économie) le lui a demandé, « la Banque de France se sépare d’un cinquième de son stock de métal fin (589 tonnes).

    Elle empoche, en cumulé, un pactole de 4,67 milliards.
    Mais le cours de l’or, lui, continue de s’apprécier ! Depuis trois ans, il a pris 94 %. Au final, si le programme n’avait pas été exécuté, la valeur des réserves en or de la Banque de France aurait atteint 19,4 milliards d’euros à fin 2010, quand celle des réinvestissements en devises s’élevait à seulement 9,2 milliards d’euros ! »

    Source et détails

    http://www.contre-info.com/

  • Le devoir particulier de la France envers ses frères chrétiens d'Orient

    Le blog "Le Rouge et le Noir" se fait l'écho d'un communiqué d'Aymeric Chauprade sur la nécessaire et urgente destruction de l'EIIL :

    "[...] On ne le dira jamais assez fort : les Chrétiens de Syrie et d’Irak, et avec eux l’ensemble des minorités non sunnites (Yazidis, Alaouites, Chiites) sont aujourd’hui massacrés du fait même des erreurs stratégiques américaine, britannique et française en Libye et en Syrie à partir de 2011, lesquelles ont favorisé l’expansion du djihadisme dans tout le Moyen-Orient. Faut-il rappeler en effet que jusqu’au sage accord russo-américain de septembre 2013 sur les armes chimiques syriennes, le gouvernement de Hollande-Fabius réclamait encore à ses alliés une guerre contre le régime de Bachar al-Assad et envoyait des armes aux rebelles islamistes ? Il est pour le moins étonnant de voir aujourd’hui Mr Fabius se contenter de superviser l’envoi de colis humanitaires aux Chrétiens et Yazidis lesquels subissent les conséquences apocalytiques de ses erreurs stratégiques !

    Pour le Front national, le principe de non-ingérence militaire doit rester un principe clé de la défense d’un monde multipolaire fondé sur le respect des souverainetés nationales.

    Néanmoins, deux motifs fondent à nos yeux l’exception à la non-ingérence :

    1/ lorsque la sécurité de la France est en jeu.

    2/ lorsque l’honneur de la France est en jeu.

    Dans le cas irakien, ces deux conditions sont réunies. Pôle de référence djihadique mondial mais également point attracteur d’islamistes de nationalité française, l’Etat islamique doit rapidement être détruit, faute de quoi il est promis à un grand avenir.[...]

    La France doit rapidement montrer à ces Etats qu’elle est encore un acteur politique majeur du Moyen-Orient.[...]

    Mais il s’agit aussi d’une question d’honneur. Certes laïque, la France n’en est pas moins historiquement une nation catholique, fille aînée de l’Eglise. Elle a, depuis les Croisades et la libération du tombeau du Christ, un devoir particulier envers ses frères chrétiens d’Orient. Ces Chrétiens d’Irak et de Syrie, mais aussi les autres minorités non sunnites, qui sont aujourd’hui victimes de massacres, de viols, de décapitations ne peuvent être abandonnés à leur sort. Il en va de notre honneur de se poser en protecteur de ces femmes chrétiennes aujourd’hui réduites en esclavage et vendues dans les souks des villes contrôlées par l’Etat islamique. Nos colis humanitaires ne répareront pas les erreurs stratégiques funestes des gouvernements Sarkozy et Hollande. Il faut aller plus loin.[...]"

    Marie Bethanie

  • La vérité, rien que la vérité et toute la vérité.

    « Seule la vérité est révolutionnaire » proclama Antonio Gramsci, alors en rivalité avec Bordiga pour la constitution d’une force révolutionnaire authentique. Cette maxime est depuis abondamment citée (souvent à tort et à travers).

    Enrichie par les œuvres dystopiques de Georges Orwell, d’Aldous Huxley ou de Ray Bradbury, la question de la vérité est au centre des préoccupations de tous ceux qui cherchent à constituer un monde plus juste. Elle est en tout cas un principe avec lequel nous ne pouvons pas transiger.

    Or, trop nombreux sont ceux qui sacrifient ce principe pour servir leur soupe, y compris dans nos rangs.

    Le rôle de la technique accroît ce phénomène, la moindre rumeur est amplifiée par les réseaux dits « sociaux ». Ainsi tel que j’écrivais dans un article précédent : « Cette intox est emblématique de la façon dont circule l’info aujourd’hui, y compris chez les "dissidents" et dans la "réinfosphère" : une rumeur, un propos mal interprété et la viralité du web fait le reste. Ajoutez à cela l’incompétence journalistique, le besoin de buzzer, la capacité pour les uns et les autres de voir le monde comme ils aimeraient qu’il soit et non comme il est, et vous avez tous les ingrédients des « hoax », des « fake » et autres intox en tout genre. Cet avertissement doit conduire à une règle d’or : pas de commentaires à l’emporte pièce sur des faits non établis. »

    Nous pouvons reprendre cela point par point :

    L’être humain des sociétés dites « développées » est sans arrêt abreuvé d’informations s'il ne se coupe pas un tant soit peu des moyens de communication. Plus rien – ou presque – ne peut préserver quiconque de l’information. Le simple fait d’aller consulter vos mails peut vous conduire par exemple à devoir passer par une page d’accueil bourrée d’infos (et de pubs). En parallèle de cette assaut informatif, la capacité critique des individus à tendance à s'amoindrir. En effet pour pouvoir faire le tri dans cette information pléthorique sur un nombre de sujets incalculable (on passe en 10 minutes d’un crash d’avions, des terroristes du Sahel à Mme Michu qui bronze à Palavas-les-flots ou aux résultats sportifs) on convoque une armada de spécialistes qui sont là pour nous aider à y voir plus clair. On ne sait pas sur quels critères sont choisis ses spécialistes, mais ce sont eux qui font l’opinion, avec les différents journalistes qui véhiculent l’information. Ainsi tout le monde a accès à une information formatée, sans capacité de contradiction, le spécialiste étant l’autorité morale. Tout le monde connaît l’expérience de Milgram où les individus sont capables d’infliger des chocs électriques mortels parce que le scientifique leur a commandé de le faire. On a souvent tendance à y voir la « docilité » des individus face aux ordres. Mais on a tendance à oublier que cette « docilité » n’est due qu’à la confiance placée dans le spécialiste. Ainsi l’acceptation de l’information (ou son rejet) ne vient que de la confiance qu’on place dans le spécialiste, dans le journaliste, dans celui qui s’exprime.

    C’est ainsi que va naître la « réinfosphère ». Convaincus que spécialistes et journalistes sont « vendus au système », ou sont des « charlatans », un grand nombre d’individus n’accordent plus leur confiance aux médias dominants. Leur démarche s’assortit d’une volonté de « dire la vérité ». 1984 d’Orwell ou leMeilleur des Mondes d’Aldous Huxley sont convoqués, nous vivons dans un monde du mensonge, les médias nous mentent, d’où la belle expression de Michel Collon sur les « médiamensonges ». Aidées par les « nouvelles technologies de l’information et de la communication », ces informations alternatives, dissidentes, différentes sont là pour réinformer et « rétablir la vérité ». Mais on omet une chose, comme l’a écrit Friedrich Nietzsche, « Il faut toujours choisir soigneusement ses ennemis parce qu’on finit par leur ressembler ». Cette citation est-elle en train de devenir une réalité dans notre mouvance ?

    En effet, pour faire contre-feu à l’écrasante domination, incontestable, des médias classiques dits « officiels », la « réinfosphère » s’arme elle aussi de ses spécialistes, de ses journalistes dissidents et de toutes ces personnes qui prétendent proclamer la « vérité vraie ». La masse de tout ceux qui ont pris conscience que le système ment, accorde donc une confiance absolue à cette « réinfosphère » avec le même panurgisme que tous les « mougeons »* qui s’informent dans les groupes de presse dirigés par Bouygues, Rothschild ou Dassaut. Or, il arrive que la « réinfosphère » soit elle-même à côté de la plaque ou travestisse la réalité. Elle finit par ressembler à son ennemi. Que ce soit dans la diffusion de l'information "à chaud" ou dans l'étalement d'approximations historiques pour ne citer que quelques exemples. 

    Au risque de recevoir les foudres de certains, le conflit en Ukraine est en train par exemple d’entacher très sérieusement la crédibilité de la « réinfosphère » et de rompre avec le principe de vérité et de réinformation. Le phénomène que je décris précédemment est en train de se produire : le manque de confiance accordé aux spécialistes du système conduit mécaniquement à accorder sa confiance à ceux qui portent une information alternative. Ainsi ceux qui ne croient pas les médias occidentaux boivent tout ce qui sort des médias « dissidents », des médias russes ou de la « réinfosphère pro-russe » comme du petit lait. Facebook, twitter, faisant le reste. C’est ainsi que le nombre de « hoax » ou de « fake » des pro-russes n’a strictement rien à envier à celui du camp d’en face. Mais comme le « mougeon » peut aussi être frappé du sceau de la dissidence, la simple affirmation de cette vérité conduit à être vu de façon suspecte. Quelques tours de passe-passe rhétorique et autres tartufferies suffisent à rétablir la « vérité qui nous arrange » et à condamner le poil à gratter.

    Parfois on en arrive donc à avoir le sentiment de se retrouver en 1947 avec la doctrine Jdanov qui opposerait d’un côté l’impérialisme fasciste capitaliste autour des Etats-Unis et de l’autre les résistants anti-impérialistes et démocratiques qui défendent la liberté des peuples autour de la Russie. Ainsi le gouvernement de Kiev (pour lequel je n’ai aucune sympathie) issu des élections, devient « la junte fasciste et putschiste » de Kiev alors que dans le même temps le référendum en Crimée organisé en quelques jours est un « formidable exemple de démocratie », le bataillon Azov aurait été détruit (il combat toujours), Dmytro Yarosh aurait été tué (il est toujours vivant) et on pourrait en aligner encore une bonne fournée. Une propagande répond à une autre. Le système se nourrit de ce spectacle, comme deux sportifs se renvoyant la balle.Les européens sont les pions du jeu d'échec americano-russe. Il serait pourtant tellement simple d’agir en présentant les points de vue pour ce qu’ils sont : des points de vue, avec toute l'importance que cela peut avoir dans la façon dont chaque partie se représente le monde, les situations ou les objets. Mais il faut éviter de tomber dans le Spectacle prétendument réinformateur confinant parfois au débilo-complotisme.

    Pour notre part, nous considérons que les Russes ont raison quand ils ont raison et qu’ils ont tort quand ils ont tort (oui je sais, c’est osé quand même…). Nous n’avons pas de gourou, mais des principes. Nous sommes d’abord attachés à la vérité, rien que la vérité et toute la vérité. C'est entre autre pour cela que nous n'avons fait par exemple aucun commentaire à propos du crash de la Malaysian Airlines, puisqu'il est à l'heure actuelle impossible d'y voir clair.

    Pour être crédible il faut une déontologie et éviter le plus possible de ressembler à l’ennemi : on ne peut pas répondre au mensonge par le mensonge et au manichéisme par le manichéisme. Il faut imposer une autre voie, donner du sens à nos contemporains, déprogrammer le logiciel de la matrice pour le reprogrammer avec le notre. C’est par exemple tout le travail qu’a entrepris Méridien Zéro, loin de l’agitation ambiante, c’est aussi entre autre pour cela que nous avons un phare comme symbole : le phare éclaire en demeurant immuable, insensible au vent ou aux tempêtes...

    * mougeon: néologisme humoristique signifiant "moitié mouton, moitié pigeon".

    Jean/C.N.C

    http://cerclenonconforme.hautetfort.com/archive/2014/08/06/la-verite-rien-que-la-verite-et-toute-la-verite-5424062.html

  • Quand le secrétaire général de l'ONU outrepasse ses prérogatives

    Le "Friday fax" de C-FAM constate qu'une fois de plus, en matière d'IVG, le secrétaire général de l'ONU teste ses pouvoirs et tente d'élargir son influence. En effet, prenant prétexte des viols au cours des conflits partout dans le monde et notamment en Afrique, il essaie d'obtenir des Etats membres une extension du "droit" à l'IVG, alors que ce problème est depuis toujours laissé à l'appréciation des nations, l'IVG étant un sujet que les créateurs de l'ONU n'ont jamais eu l'intention de confier aux institutions de l'ONU.

    "[...] La plupart des Etats africains, dont beaucoup ont récemment fait face à des conflits, interdisent l’IVG. Ils sont la cible de la nouvelle campagne de l’Onu. Dans ces pays vulnérables, l’Onu se doit de protéger chaque personne contre tout mal supplémentaire.Le Secrétaire général instrumentalise les situations de conflit pour promouvoir l’Ivg, et trahit par là de manière grave la confiance qui a été mise en lui. Mais cela ne durera pas longtemps."

    Il est en effet fort à parier que les Etats, africains en particulier, appréciant peu l'ingérence onusienne, et encore moins l'IVG pour beaucoup d'entre eux, mettent au pas ce secrétaire envahissant et ses prétentions totalitaires. Il n'est qu'à se rappeler le choix qu'ont fait les Etats d'Afrique d'un Ougandais pour les représenter à l'Assemblée générale de l'ONU, en riposte aux injonctions onusiennes d'assouplir en Afrique les droits des homosexuels (l'Afrique en général et l'Ouganda en particulier n'admettent pas la pratique homosexuelle et ont légiféré en conséquence). L'instrumentalisation des conflits et de leurs conséquences ne devrait pas, en toute logique, intimider les Etats concernés, et le secrétaire général devrait assez vite se voir renvoyé dans ses buts ...

    Marie Bethanie

  • Sicile : Les policiers fuient en masse par peur des immigrés contagieux

    PALERME (NOVOpress) – 90% d’absentéisme lors du dernier débarquement de clandestins à Palerme : c’est le chiffre donné dans un communiqué par la Consap, le syndicat autonome de la police. Le 7 août, alors que la marine nationale venait débarquer 530 clandestins, 90% des agents théoriquement en service se sont fait porter malades. La raison ? La peur d’être « contaminés par les virus dont les réfugiés [sic]seraient porteurs. Tuberculose, gale, Ebola, telles sont les maladies craintes par les hommes des forces de l’ordre ». Beaucoup de policiers employés dans le cadre de l’opération « Mare Nostrum » auraient déjà contracté la tuberculose.

    La Consap a annoncé qu’elle allait déposer une action de groupe (l’italien garde le terme anglais de class action) contre le Ministère de l’Intérieur, pour défaut de protection des agents. « Il semble, a déclaré le secrétaire de la Consap Giorgio Innocenti, que l’attention accordée aux forces de l’ordre employées dans le cadre de l’opération « Mare Nostrum » soit inversement proportionnelle à l’attention donnée aux migrants : toujours plus d’attention pour ceux qui arrivent en Italie, et toujours moins pour ceux qui défendent l’Italie et qui en garantissent la sécurité. Voilà la raison pour laquelle le nombre de policiers engagés dans les opérations d’accueil aux réfugiés et qui ont été contaminés par la tuberculose ou décelés positifs au test de Mantoux, augmente de manière inquiétante ».

    Comme de bien entendu, la préfecture de Palerme a démenti ces affirmations dans un communiqué de pur style administratif« L’indisponibilité temporaire [de certains policiers] n’a nullement affecté l’efficacité ou compromis les conditions de sécurité des activités d’accueil qui, après s’être déroulées dans le plus grand respect des protocoles sanitaires en vigueur et en utilisant correctement les dispositifs de protection individuels, se sont même terminées en avance par rapport à l’horaire prévu ». Voilà qui est rassurant.

    http://fr.novopress.info/173380/sicile-les-policiers-fuient-en-masse-peur-immigres-contagieux/#more-173380

  • Bainville : l’homme et l’héritage

    Bainville se servait de l’histoire comme le biotope du politique.

    Heureuse et salutaire initiative que cette réédition du remarquable travail de Christophe Dickès, issu de sa thèse de doctorat d’histoire soutenue en 2004, et consacrée à Jacques Bainville. On connaît l’ouvrage de Dominique Decherf, Bainville, l’Intelligence de l’histoire et l’opus de Dickès vient avantageusement compléter la mince bibliothèque universitaire bainvillienne. 

    La politique par l’histoire

    Dès la première page de son introduction, l’auteur marque sa surprise de « voir la pauvreté de la littérature sur cet homme et son oeuvre », précisant que « depuis sa mort en 1936, on recense en effet moins d’une dizaine d’étudiants ou d’universitaires français qui se sont penchés sur ses écrits ». Il est vrai qu’à côté du méridional Maurras, son maître, Bainville, plus septentrional par ses origines lorraines, s’est toujours montré plus discret au sein de la jeune et remuante Action française du début du XXe siècle. À travers son objet d’étude, Dickès nous donne à revisiter toute l’histoire européenne de 1815 à l’avènement d’Hitler, indiquant par là combien Bainville se faisait fort de scruter les moindres événements politiques, économiques et sociaux en vue d’en dévoiler les ressorts les plus intimes. Véritable horloger suisse dans le domaine de la géopolitique, Bainville se servait de l’histoire moins comme d’un éclairage (posture classique de l’historien qui cherchera avant tout à collecter une somme sur telle époque ou tel personnage) que comme le biotope du politique par excellence.

    L’homme Bainville

    L’homme étant, selon Aristote, un animal politique, c’est tout naturellement que Bainville lui consacrera une place centrale dans l’observation des faits sociaux : « L’homme, à toutes les époques et dans tous les siècles, se ressemble, il a les mêmes passions, il raisonne et il se comporte de la manière dans les mêmes cas. C’est le point capital. Hors de là, il n’y a qu’erreur et fantaisie. » Serait-il alors impropre de considérer Jacques Bainville comme le précurseur de l’anthropologie politique, voire, plus largement, de la science politique moderne, dans la mesure où, s’inspirant de Sainte-Beuve, Bainville imprimera à son oeuvre une rigueur autant qu’une consistance scientifique ? Mais l’apport de la thèse de Dickès consiste surtout à extraire Bainville du mouvement royaliste d’Action française dont il était l’un des animateurs brillants, pour en retenir l’homme Bainville, le penseur autonome, spécialiste pointu de l’Allemagne (polyglotte, il parle l’allemand, l’anglais et comprend l’espagnol), diplomate, économiste averti, chroniqueur au Capital (on lui prête d’ailleurs cette formule selon laquelle, s’il s’était appliqué à lui-même ses propres conseils boursiers, il aurait fait fortune). Bainville croyait en la réconciliation franco-allemande, au lendemain de la défaite de 1870, ce qui suffit à relativiser la germanophobie qu’on lui accole trop souvent sans discernement, laquelle était d’ailleurs caractéristique de l’intransigeance de Maurras sur cette question.

    Bainville, l’héritage

    Mais Bainville, grâce à cette méthode que Maurras baptisera l’empirisme organisateur, restera pour ses terribles Conséquences politiques de la paix, ouvrage prophétique dans lequel il entrevoit avec une lucidité froide, la Seconde Guerre mondiale et le réveil d’une Allemagne devenue nationale-socialiste à cause de son unification retrouvée.

    Christophe Dickès révèle également un Bainville inattendu, en proie à des états d’âme qui le conduiront à un nihilisme, lequel était « une tentation et non un absolu ». Sa fidélité à ses amis de l’Action française l’empêchera sûrement d’embrasser une carrière que le "Tout-Paris", avec lequel il entretenait d’étroites relations, s’empressait pourtant à lui offrir sur un plateau, ce au gré des opportunités. Dans le fond, et c’est ce qui le rend profondément attachant y compris, probablement, pour ses propres ennemis, « Bainville, par-delà son analyse, laisse en effet une grande part à la puissance des sentiments, lui qui était considéré à tort par ses contemporains comme un homme froid ». Tombée dans l’oubli après guerre, son oeuvre connaît un regain au lendemain de la chute du mur de Berlin. Et s’il est un homme encore actuel, c’est par sa méthode, mêlant observation des faits, prise en compte du principe de causalité, connaissance de l’histoire et de la psychologie humaine. À l’heure où, dans notre vieille Europe, les nations sont en pleine décomposition (alors que d’autres, dans cette même vieille Europe, montrent qu’elles ne veulent pas sombrer dans le maelström babélien), il est opportun de se demander pourquoi celles-ci sont pourtant plus que vitales à la survie de l’Europe. Il est primordial pour nos gouvernants de plonger dans notre histoire pour y trouver la bonne réponse, car, comme le disait Bainville, « un homme politique qui ne connaît pas son histoire est comme le médecin qui n’est jamais allé dans un hôpital ».

    ARISTIDE LEUCATE L’Action Française 2000 du 1 er août au 3 sptembre 2008

    aleucate@yahoo.fr

    * Christophe Dickès : Jacques Bainville. Les lois de la politique étrangère. Bernard Giovanangeli éditeur, 2008, 23 euros.

  • Les responsables de la persécution des chrétiens d’Irak?

    Le 10 juin l’Etat Islamique s’est déclaré officiellement maître d’une partie de l’Irak, et la chasse aux chrétiens a été officialisée le 28 juillet. Mais il a fallu que les Kurdes soient à leur tour persécutés (Yazidis) pour que le président américain, Barack Obama, prenne la décision d’intervenir par des frappes aériennes pour les soutenir à partir du 08 août dernier. Durant ce long espace de temps, aucune aide militaire, policière ou humanitaire n’est intervenue pour secourir les chrétiens jetés sur les routes, les djihadistes ne leur ayant donné que le choix de se convertir, payer un lourd tribu sous forme d’impôt, fuir ou mourir. Les Chrétiens qui n’ont pas voulu renier leur foi, l’immense majorité, ont été spoliés de leurs biens et chassés. On leur a promis la protection des Kurdes, mais dans la pratique les Kurdes n’ont pas protégé les villages chrétiens et aucune autre mesure n’a été prise pour y suppléer. « Pourquoi a-t-on laissé ces islamistes à Mossoul, et de là s’avancer vers les villages chrétiens? »s’indigne sur France 5 Yako Elish, Président de l’Association d’Entraide aux Chrétiens d’Orient.

    La prise de Qaraqosh, le 7 août, a ouvert la voie à l’armée de l’Etat Islamique vers Erbil, la plus importante ville du Kurdistan irakien. Or lorsque Qaraqosh (50 000 habitants), plus importante ville chrétienne d’Irak, était menacée personne n’a bougé. C’est pour faire barrage à l’avancée de l’armée de l’Etat Islamique vers Erbil que les Américains sont venus au secours de leurs alliés kurdes. Aujourd’hui la persécution des assyro-chaldéens semble passer aux oubliettes. Les médias n’ont plus d’yeux que pour les kurdes. Alors cependant, que les troupes kurdes, aidés par les frappes américaines, ont délivré aujourd’hui même deux de leurs villages. Laurent Fabius, sur place aujourd’hui, n’a eu de mots de soutien que pour les Kurdes, alors que 100 000 chrétiens sont toujours sur les routes.

    Mais qui sont les vrais responsables de cette situation de chaos ? sinon les agresseurs de l’Irak de Saddam Hussein en 2003: les Américains ? Ceux-là mêmes qui se sont lancés en « croisade », selon le mot de Georges Bush! Se présenter en nouveaux croisés, c’était dés l’abord désigner les chrétiens à la vindicte de leurs compatriotes musulmans.

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  • Une société sans croissance: la politique à l’heure de la «grande stagnation»

    L’entrée des démocraties occidentales dans une ère sans croissance paraît de plus en plus crédible. Or, le triomphe de l’Etat nation libéral-démocratique et social a été profondément lié aux «Trente Glorieuses». Que peut-on en attendre pour l’avenir de nos régimes politiques?

    Nicolas Sarkozy se faisait fort d’aller la «chercher avec les dents», tandis que François Hollande la guette désespérément. En son nom, Pierre Gattaz prétend «tout renégocier»: aucun sacrifice ne serait de trop pour précipiter son retour, du Smic aux seuils sociaux dans les entreprises. Au niveau de l’Union européenne (UE), une stratégie baptisée «Europe 2020» lui a été dédiée, en l’affublant des adjectifs «intelligente, durable et inclusive».

    L’expansion en volume du produit intérieur brut (PIB), soit la fameuse «croissance», a fini par bénéficier dans nos sociétés d’une adoration quasi religieuse. Et pourtant, nous allons peut-être devoir nous en passer, ce qui constitue un élément majeur à prendre en compte pour tout essai de prospective politique.

     

    La fin de la croissance apparait bien sûr comme un horizon positif pour certains citoyens de sensibilité écologiste. Elle représenterait une chance de limiter suffisamment le réchauffement climatique, pour que celui-ci n’entraîne pas l’effondrement de la civilisation humaine. Ceux qui attendent cette fin sont cependant une minorité. L’invocation permanente dont la croissance fait l’objet, malgré ses coûts humains et environnementaux, équivaut en effet à «une croyance partagée, [plus forte que le savoir], qui rassemble toute la société» (Gilbert Rist, dans le magazine «Le Un» du 9 juillet 2014).

    Les termes du débat sur le caractère souhaitable de la croissance ne sont toutefois pas au cœur de cet article, qui prend plutôt comme point de départ les arguments supportant le caractère probable de sa (quasi) disparition.

    Ce postulat, une fois pris au sérieux, oblige en effet à prendre conscience du contraste nécessaire qui se développera entre les coordonnées de la vie politique des années «Trente Glorieuses», qui impriment encore les imaginaires, et celles de la vie politique telle qu’elle évoluedéjà.

    L’hypothèse de plus en plus sérieuse d’une ère de «grande stagnation»

    La thèse d’un essoufflement de la dynamique expansive du capitalisme a longtemps été confinée dans des cercles d’économistes d’inspiration marxiste, qui n’en ont pas moins nuancé et raffiné la prophétie d’un effondrement final du système sous le poids de ses contradictions.

    C’est en particulier autour de la Monthly Review, aux Etats-Unis, que plusieurs auteurs ont développé un raisonnement faisant de la financiarisation une réponse fonctionnelle à la tendance à la stagnation des économies occidentales matures. Il faut admettre que ce modèle rend compte de façon assez cohérente de la crise des subprimes et de sa diffusion. Alan Freeman est allé dans le même sens, en montrant que les booms sont les exceptions à expliquer dans l’histoire du capitalisme, bien plus que les phases de dépression, lesquelles apparaissent au contraire comme une sorte de «pente naturelle» du système.

    La nouveauté ces dernières années consiste dans la reprise, sinon de ces arguments, en tout cas du pronostic d’une ère longue de stagnation, de la part d’économistes relativementmainstream. Paul Krugman en a ainsi accepté l’hypothèse dans les colonnes du New York Times, tandis que Thomas Piketty, l’auteur du fameux Capital au 21ème siècle, a mis en garde contre l’accentuation à venir du décalage entre d’un côté la hausse continue du patrimoine des plus favorisés, et de l’autre l’évolution plus modeste de la production réelle et des revenus salariaux ordinaires. Interrogé par Télérama, il assure que  «les Trente Glorieuses furent une exception; la normalité, c’est 1 % de croissance!».

    La probabilité que la crise actuelle débouche sur une stagnation durable du «fétiche PIB» est de fait rendue crédible par de simples constatations empiriques. Au-delà des cycles conjoncturels, il apparaît ainsi que sur le long terme, dans les pays riches mais aussi à l’échelle mondiale, la tendance est au déclin de la croissance et des gains de productivité qui en ont été un moteur crucial.

    Pour expliquer cette situation et pourquoi elle va durer, un certain nombre d’arguments ont été avancés par des chercheurs aux sensibilités assez variées, de l’économiste américain Robert Gordon aux auteurs de Penser la décroissance, en passant par le journaliste Richard Heinberg (La fin de la croissance). Ces arguments portent autant sur le développement intensif du capitalisme que sur son développement extensif.

    Concernant le premier aspect, il s’agit d’admettre qu’en raison du poids des services, de la trajectoire déjà parcourue par les systèmes techniques, et de l’improbabilité d’un phénomène aussi structurant que l’a été la révolution automobile, les gains de productivité sont appelés à rester bien plus faibles qu’ils ne l’ont été au cœur du 20ème siècle, pendant l’ère fordiste.

    Concernant le second aspect, il s’agit de prendre conscience du problème posé par la dépendance que nos sociétés complexes entretiennent avec des flux constants et gigantesques d’énergie. En effet, cette dépendance est de plus en plus délicate à maîtriser, d’autant que de nombreuses ressources se font de plus en plus rares et/ou coûteuses à extraire, y compris certains métaux pourtant indispensables aux stratégies de croissance «verte». C’est ce que traduit l’idée de «pic géologique et énergétique», que certains ont appelé le peak everything(littéralement, le «pic de tout»).

    A ces deux ensembles d’arguments économiques et écologiques, un troisième pourrait être ajouté, d’ordre plus politique. Le sociologue Wolfgang Streeck a récemment émis l’hypothèse que le capitalisme n’avait plus d’adversaires assez puissants pour le corriger de ses tendances au chaos et au déclin. Le résultat à en attendre serait la poursuite paroxystique de sa tendance inégalitaire et ploutocratique, laquelle irait de pair avec la financiarisation et la stagnation de l’économie réelle, ces trois dynamiques s’entretenant mutuellement.

    Croissance et qualité démocratique des régimes représentatifs

    Or, s’il est avéré que la croissance ne reviendra pas (ou seulement de manière éphémère), les implications socio-politiques de cet état de fait seront majeures. Comme le relève Dominique Méda, nos sociétés sont «fondées sur la croissance». Cela signifie que dans le cadre économique et institutionnel en vigueur, un certain nombre de maux sociaux (dont le chômage de masse) se révèlent impossibles à guérir sans son concours. De plus, sans «le grain à moudre» fourni par une expansion continue, les conflits distributifs sont amenés à faire de plus en plus de perdants.

    Il est maintenant admis que durant la période 1945-1973, les hauts niveaux de croissance ont été un ingrédient essentiel des compromis de classe positifs entre travail et capital (les seuls, sans doute, qui méritent le nom de «sociaux-démocrates»). Ils permettaient en effet de garantirsimultanément le progrès social et les fondamentaux d’une économie capitaliste.

    Alain Caillé, dans son livre-programme sur le convivialisme, a ainsi pu parler de la croissance des Trente Glorieuses comme d’une «boucle émissaire», c’est-à-dire un facteur inédit ayant permis aux hommes de «s’opposer sans se massacrer», en canalisant leurs ressentiments vers l’horizon de l’abondance matérielle.

    Il y a donc une logique à ce que la période exceptionnelle du boom de l’après-guerre ait aussi été celle de l’apogée des régimes représentatifs occidentaux, au sens où l’inclusion socio-politique des masses y a atteint des niveaux sans précédents. Or, depuis, la «grande fatigue du capitalisme» s’est accompagnée de l’épuisement parallèle des démocraties libérales.

    Plusieurs indices en attestent, aujourd’hui bien documentés. Parmi ceux-ci, figurent notamment le déclin de la participation électorale, d’ailleurs socialement différenciée; celui de l’identification et  de l’appartenance partisanes; l’appauvrissement du contenu des alternatives proposées aux électeurs; le renforcement des exécutifs au détriment des assemblées délibératives et des corps intermédiaires; ou encore le rétrécissement social du recrutement des élites politiques, la clôture de leur mode de vie et la multiplicité de leurs liens privilégiés avec les milieux d’affaires.

    En réalité, le terme de «démocraties» a toujours été abusif pour qualifier les régimes consolidés dans l’espace occidental.

    De nombreux politistes, dont Bernard Manin en France, ont bien montré que ces régimes sont avant tout représentatifs, que leurs principes ont été fixés dès le 18èmesiècle précisément par crainte du pouvoir de «la plèbe», et que leur caractère démocratique s’est en effet renforcé au cours du temps, sans toutefois en être un principe constitutif. Si l’on devait décrire plus précisément les indices de déclin évoqués ci-dessus, il faudrait donc parler d’une dégradation de la qualité démocratique des régimes représentatifs, ayant coïncidé avec la fin du long boom économique de l’après-guerre.

    Le futur probable de nos régimes politiques

    Cette lente érosion démocratique, déjà en cours, n’est-elle vouée qu’à simplement se poursuivre durant l’ère de la «grande stagnation»? Un tel diagnostic négligerait la rupture qualitative introduite par la crise actuelle. Encore une fois, c’est Wolfgang Streeck qui a le plus élégamment argumenté dans cette voie.

    Partant de l’idée selon laquelle le principe capitaliste et le principe démocratique répondent à des logiques antagonistes, dont la conciliation est provisoire et construite, Streeck indique que celle-ci a bien été rendue plus délicate à partir du retournement des années 1970. Cela dit, l’inflation puis l’envol des dettes publiques et privées sont parvenus à reporter le choc entre les deux logiques. Or, la magnitude et l’importance de la crise actuelle s’expliquent justement par l’épuisement de ces artifices, et par la crainte que malgré les avalanches de liquidités des banques centrales et la formation de (dangereuses) nouvelles bulles, le système n’évolue vers une déflation mortifère.

    Dans cette situation où plus aucune échappatoire n’est possible, le risque devient que les conflits distributifs se radicalisent, et que les défaites enregistrées par le monde du travail depuis trente ans n’aient été qu’un aimable prélude à ce qui va suivre. C’est dans ce contexte qu’il faut interpréter la phrase d’Angela Merkel sur la nécessité d’une «démocratie conforme aux marchés», ou les propos récents de Mario Draghi sur un mécanisme supranational qui permettrait d’imposer sans débat des réformes structurelles dans les pays membres.

    En fait, la «constitutionnalisation» du néolibéralisme dans l’UE a déjà progressé à grands pas en quelques années, la Grèce faisant figure de laboratoire d’une entreprise de déconstruction méthodique des Etats sociaux. Après avoir été menée selon une voie «graduelle» depuis les années 1980, celle-ci connait depuis la crise une tendance à l’accélération, accompagnée d’une «insularisation» accrue des grands choix économiques vis-à-vis de tout contrôle populaire.

    L’horizon ainsi dessiné est celui d’une démocratie et d’un Etat social tous deux «minimalistes». A la forte inclusion socio-politique atteinte pendant le long boom d’après-guerre, succèderait«une phase d’expulsion», traduite par un évidement de la citoyenneté politique et sociale. Nos régimes représentatifs s’apparenteraient de manière croissante à des «oligarchies libérales», de moins en moins tolérantes envers l’intervention populaire, qui consentiraient seulement à organiser régulièrement des scrutins électoraux, d’autant plus sur-joués voire hystérisés par les équipes politiques en compétition, que les vrais enjeux auront préalablement été mis hors-débat.

    «Winter is coming»?

    Déjà peu engageant, ce tableau prospectif peut encore être noirci, dans la mesure où les corps sociaux ne resteront probablement pas amorphes devant une évolution qui les mettra à rude épreuve. Le modèle «centre-périphérie», utilisé autrefois pour distinguer les pays riches du Nord et les pays pauvres du Sud, se réfracte déjà à des échelles de plus en plus petites, non seulement entre pays membres de l’UE, mais aussi à l’intérieur des Etats et même des aires métropolitaines.

    A partir des franges les plus désaffiliées de la population, la forclusion de la violence conquise par l’Etat pourrait se défaire et provoquer en retour une évolution de plus en plus sécuritaire des régimes. Celle-ci rencontrera d’autant moins de résistance que dans des sociétés fragmentées, sentant la maîtrise de leur destin leur échapper, et pourtant toujours parcourues de flux marchands et migratoires, la demande d’autorité et les «tensions altérophobes» seront avivées. Les partis de droite radicale ou extrême en profiteront pour avancer leur vision ethno-nationaliste, et pour promouvoir un «entre-soi» identitaire, tourné contre des éléments décrétés définitivement étrangers à la société. Un certain nombre de faits divers et de résultats électoraux témoignent de l’amorçage de ces dynamiques.

    De son côté, une gauche alternative qui se contenterait de camper une «néo-social-démocratie» disparaitrait assez vite, cet espace politique n’ayant pas été laissé vacant pour rien. Puisque rien n’est pire que la stagnation ou le déclin du PIB dans un ordre social non conçu pour cela, c’est ce dernier qu’il lui faudrait prétendre changer, afin d’organiser «la revanche de la valeur d’usage»et de la souveraineté populaire, dans une perspective cosmopolitique.

    Alors que les ressentiments sociaux aboutiront donc à la destruction de la civilité et/ou à des politisations radicales concurrentes, les partis de gouvernement traditionnels chercheront à préserver leur position, retranchés dans les casemates d’un Etat dont ils seront parmi les derniers à bénéficier de la protection. Ils pourront tenter soit de dominer l’espace politique par le biais de grandes coalitions; soit de domestiquer les forces de contestation en organisant à leur profit une bipolarisation forcée de la vie politique. Là encore, des indices existent déjà d’une telle évolution.

    Certaines factions de ces partis dominants pourraient cependant ne pas se résoudre à une telle pente autoritaire, ou tout simplement craindre de ne pas pouvoir maîtriser à temps la décomposition des sociétés. Par des jeux d’alliances dans et au-dehors de la nation, leur seule voie de salut, suggère l’économiste Pierre-Noël Giraud,  consisterait à «relocaliser le conflit économique pour pouvoir maîtriser (…) les dynamiques inégalitaires qu’il engendre». A défaut de la prise au sérieux de l’hypothèse d’une stagnation durable, cet enjeu sera probablement l’un des plus déterminants pour l’avenir de nos régimes politiques.

    Slate

    http://fortune.fdesouche.com/349521-une-societe-sans-croissance-la-politique-lheure-de-la-grande-stagnation#more-349521

  • Embargo russe : Quel coût pour l’agroalimentaire français

    Moscou a décidé d’interdire “totalement” l’importation de produits agricoles en provenance de l’Union européenne. La France, l’un des premiers producteurs mondiaux, sera donc affectée, mais jusqu’à quel point ?

    Le Kremlin s’impatiente. Mais quel sera impact réel pour l’agriculture française de l’embargo “total” confirmé ce jeudi par Moscou? Celui-ci porte sur une liste de produits agricoles en provenance de l’Union européenne(mais aussi des États-Unis, d’Australie, du Canada et de Norvège), mesure de rétorsion contre les sanctions imposées contre le pays en raison du conflit ukrainien, sans être indolore, aura un effet relativement limité. Du moins, comparé à l’ensemble des exportations agricoles françaises.

    Les chiffres exacts concernant le total des échanges de produits agricoles entre la France et la Russie diffèrent presque du simple au double selon la source.

    Entre 619 millions d’euros…

    Problème: selon les sources, les données diffèrent. Ainsi, selon les Douanes françaises, en 2013, la France a exporté pour 619 millions d’euros de produits agroalimentaires vers la Russie. Soit 3% de plus que l’année précédente.

    A titre de comparaison, l’excédent commercial total engrangé par la France grâce au secteur agroalimentaire a atteint 11,6 milliards d’euros l’an dernier (dont 3,7% pour les seuls produits agricoles qui ne tiennent pas compte des boissons).

    Et 1 milliard

    En outre, les ventes de produits agroalimentaires français à la Russie ne représentent “que” 8% du total de ses exportations vers ce pays, selon des chiffres de la Direction générale du Trésor. Laquelle précise que ce chiffre est probablement sous-évalué, les douanes russes estimant à environ 1 milliard d’euros les importations du pays de produits agroalimentaires en provenance de l’Hexagone. Il est ainsi précisé:

    Outre le fait que les méthodes de calcul diffèrent d’un pays à l’autre, cette divergence est également due au fait que de nombreux produits agroalimentaires, notamment les vins et spiritueux, transitent par certains pays de l’UE sans que les douanes françaises ne connaissent la destination finale des marchandises.

    La France, “cave à vin ” de la Russie
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