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actualité - Page 5612

  • Il tombe en moyenne un chrétien toutes les 5 minutes

    L'archevêque de Malines-Bruxelles André-Joseph Léonard a consacré son homélie de Noël aux chrétiens d'Orient, particulièrement ceux de Syrie. Extrait :

    "[...] Ne restons plus indifférents en Occident à tant de frères et soeurs chrétiens qui sont discriminés, menacés, persécutés, qui doivent quitter leur patrie pour assurer la sécurité de leur famille et, par cette émigration, affaiblissent encore la position de leur frères dans leur pays d’origine. Et n’oublions pas que, depuis que nous sommes confortablement rassemblés dans cette cathédrale, 5 ou 6 de nos frères dans la foi sont morts de mort violente à cause de leur foi en Jésus. Il en tombe, en moyenne, un toutes les cinq minutes. Par amour de l’enfant Jésus dans la crèche, portons-les dans notre prière et attirons sur eux l’intérêt de nos médias."

    Michel Janva

  • En prévision d’un prochain effondrement systémique

    À l’occasion de la 7e Journée nationale et identitaire organisée à Rungis en banlieue parisienne par Synthèse nationale, le 11 novembre 2013, Roland Hélie a sorti aux Éditions Les Bouquins de Synthèse nationale le premier volume d’une collection « Droit de regard. Regards de Droite » dédié à L’effondrement du Système. Si Roland Hélie a sollicité de nombreux contributeurs, la justesse des délais impartis explique que seules six auteurs ont répondu à ses sollicitations.

    Ainsi, Pieter Kerstens, chef d’entreprise bruxellois, retrace-t-il l’effondrement du système capitaliste mondialisé depuis 2008. Reprenant ses articles économiques parus dans les différentes livraisons de Synthèse nationale et les réactualisant, il dresse un gigantesque et passionnant panorama sur les causes et le déroulement d’une crise économique générale prévisible. Il rappelle que « le pourcentage de la dette par rapport au revenu disponible des ménages américains était de 60 % du revenu disponible en 1973, pour atteindre 135 % en 2007 ». Et d’expliquer que loin d’être derrière nous, la crise est toujours devant nous, plus dévastatrice que jamais.

    Embraye alors Arnaud Raffard de Brienne pour qui la crise actuelle prépare « Le désastre social annoncé… ». Si Pieter Kerstens s’intéressait aux phénomènes financiers planétaires et macro-économiques, Arnaud Raffard de Brienne dénonce, lui, le « modèle social français » et explique que c’est « un système social condamné par la mondialisation économique et l’immigration ». S’il en constate l’échec, l’auteur ne se rallie pas une quelconque alternative libérale, car il sait que le libéralisme est en fait le meilleur fourrier du métissage et du multiculturalisme marchand. L’avalanche d’impôts et de taxes, déjà commencée sous Chirac, poursuivie par Sarkozy et accrue sous Hollande, confirme le lent naufrage d’un modèle révolu. Oui, « les lendemains ne chanteront pas si ce n’est une lugubre complainte sur l’inconséquence voire la trahison des deux générations qui les précèdent ». Et l’auteur de rapporter que depuis quelques années, « l’État a décidé de “ siphonner ” les sommes collectées par Action Logement afin de financer l’Agence nationale de l’habitat (A.N.H.) et l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (A.N.R.U.) et par conséquent de détourner sans scrupule ce fonds de l’objet pour lequel il a été créé ». Il en appelle par conséquent « à un véritable changement politique qu’il urge aujourd’hui de s’atteler, à un bouleversement radical qui écartera du pouvoir l’ensemble de la classe politique aux manettes depuis plusieurs décennies, véritables co-gestionnaires du désastre annoncé ».

    La contribution de Patrick Parment porte aussi sur l’économie. Mais sous un angle perspicace et novateur puisqu’il examine le rôle quasi-ontologique de la croissance. Lecteur attentif du Guy Debord et de Jean Baudrillard, Patrick Parment affirme que l’individualisme favorise et résulte de la société de consommation comprise « comme étant un ordre social et économique fondé sur la création et la stimulation systématique d’un désir d’acheter des biens de consommation et des services dans des quantités toujours plus importantes. Les biens consumés sont souvent peu durables et sont vendus dans la perspective d’une obsolescence programmée ». Parallèlement, la fin de la Guerre froide a stimulé la mondialisation qui « est la généralisation dans le monde entier de la libre circulation des marchandises, des services, des capitaux et des hommes. Autrement dit, l’essence même du commerce ». Une course effrénée à la possession de ressources limitées, car épuisables dans le temps, rend possible comme vison alternative complète le projet global de décroissance surtout si cette décroissance se comprend comme une catastrophe bénéfique, voire salutaire pour les peuples natifs d’Europe.

    Enseignant francilien, Maurice Bernard dresse, quant à lui, le constat de la ruine de l’Éducation nationale. Victime d’un État « obèse, pléthorique à la base, mais sans vision, ni volonté, ni courage au sommet », l’école souffre de « cet État omniprésent mais impotent, qui étouffe le corps national sous le poids de ses erreurs, de ses échecs, de ses abandons, de ses prélèvements… » Il oublie en revanche d’évoquer la large responsabilité du marché qui considère les écoliers comme de futurs consommateurs – producteurs. Cependant, l’auteur retrace l’échec édifiant d’un système scolaire qui préfère aujourd’hui concevoir des méthodes conformistes et inutiles. Par rapport aux efforts réels de la IIIe République, la régression est incontestable !

    Romancier et spécialiste de l’Extrême-Orient indochinois, Éric Miné analyse l’effondrement des médias français. De nos jours, les journalistes, petits mercenaires du Système, mentent ouvertement, manipulent volontiers l’opinion et pratiquent une information-spectacle à forte charge émotionnelle. Or le temps de ces bonimenteurs est désormais révolu grâce à Internet qui bouscule et pulvérise leur monopole. Pseudo-comique experte dans l’insulte contre les électeurs du F.N., Sophia Aram a assisté en direct au plantage quotidien de son émission télévisée. Chantre de l’insécurité pour les autres, le quotidien déficitaire Libération traverse une grave crise qui crispe les rapports entre les salariés et leur direction. A contrario, l’hebdomadaire conservateur, libéral, atlantiste et sarkozyste Valeurs actuelles voit ses ventes s’envoler ! Chaînes d’information en continu et Internet dérangent les vieilles habitudes installées et politiquement correctes. Pendant que les médias officiels saluaient le civisme des « jeunes » au moment de la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge, blogues et sites dissidents rapportaient, eux, une toute autre réalité, celle de vol sur les victimes par cette racaille si « citoyenne »… Hier tenus en silence, « les Français s’instruisent maintenant en ligne, grondent et crient leur désaccord. Sur le terrain, les manifestations prennent le relais. Le chahut et les huées ne sont jamais loin ». Ce fut d’ailleurs le cas, le 11 novembre, aux Champs-Élysées contre Hollande…

    L’effondrement du Système se manifeste enfin en politique et en géopolitique. Éminent rédacteur en chef d’Europe Maxima, Georges Feltin-Tracol s’attaque à un « quatuor » incongru et ultra-moderne dont il pense la chute prochaine : la partitocratie, la Ve République française, l’Union européenne et les États-Unis d’Amérique. Avec une rare ingéniosité, il arrive à unir ces quatre sujets dans un ensemble critique cohérent. Non seulement il s’en prend avec virulence aux partis politiques qu’il juge « nuisibles », mais il attaque la Ve République dont il dénonce les incessantes révisions constitutionnelles et le déplorable unanimisme « cohabitationnaire ». Il ne souhaite ni la rénover, ni la sauver et affiche au contraire sa claire intention de fonder une nouvelle Res Publica identitaire, intégrée dans un cadre alternatif européen distinct d’une pseudo-Union européenne mortifère. Cette Alter-Europe sera possible si dans le même temps échoue le modèle des États-Unis. Il émet ainsi le vœu radical que les forces séparatistes en Amérique du Nord s’affirment afin de déchirer définitivement la bannière étoilée.

    Dans une seconde partie, Georges Feltin-Tracol suggère une nouvelle configuration institutionnelle. Se référant à Platon, à Aristote, à Julius Evola et au tirage au sort (l’un de ses thèmes de prédilection), il expose l’ébauche d’une Europe impériale dans laquelle existerait une république française des régions authentiques animées, maintenues et protégées par un ordre ascétique politico-mystique : l’Ordre des Gardiens. « Le principe politique de l’Ordre tend à concilier, pour le plus grand effroi des modernes, le populisme et l’élitisme afin de susciter un populisme élitiste ou un élitisme populiste parce que les seules élites authentiques proviennent de leur peuple qu’elles mettent dans le même temps en forme. »

    La diversité des contributions de ce recueil démontre la grande richesse des opinions exprimées. Sont-elles toutes de « droite » ? Impossible de répondre ! On est en tout cas certain que leurs auteurs ne se soumettent pas à la pensée dominante et attendent avec impatience l’effondrement de ce Système dément.

    Bastien Valorgues http://www.europemaxima.com/?p=3537

    • Collectif, L’effondrement du Système, coll. « Droit de regard. Regards de Droite », volume I, Éditions Les Bouquins de Synthèse nationale (116, rue de Charenton, 75012 Paris) , 2013, 173 p., 18 €.

  • Une réponse à un très bon article du cercle non conforme.

    Article dédié à Jean.
    La raison d’être de cet article n’est autre que la satisfaction qui fut la mienne à la lecture d’un article du Cercle non conforme intitulé "Identitaires et dissidents : deux démarches différentes mais pas incompatibles" (1).
    Bien évidemment, si je me lance maintenant dans la rédaction d’un tapuscrit, c’est pour émettre quelques nuances quant au point de vue de l’auteur.
    1/ Je ne crois pas qu’il faille considérer Alain de Benoist comme identitaire, ce au simple motif qu’il ne les a jamais approuvés. A bien des égards, le fait identitaire se rattache au nominalisme (2), théorie adoptée par notre grand penseur avant qu’il ne la réprouve. Si je reconnais pour autant que notre philosophe fustige l’Etat jacobin, Alain de Benoist serait davantage à sa place selon moi, parmi les dissidents. Tel n’est pas le cas pour les autres penseurs cités tels Pierre Vial, Guillaume Faye, Dominique Venner, Jean Mabire ou Jean-Yves Le Gallou qui, à des degrés divers, peuvent être rattachés à la mouvance identitaire.
    2/ La tentative de conciliation entre identitaires et dissidents ne peut que mériter l’approbation dans la mesure où elle ne peut que fortifier la mouvance. Cependant, j’ai la nette impression qu’il existe une incompatibilité, certes pas insurmontable, mais flagrante.
    Je me méfie, et l’ai écrit à plusieurs reprises, du fait identitaire.
    A titre d’exemple, je rappelle que voici une trentaine d’années, les arabes vivants en France était habillés à l’européene alors que l’on sait et voit aujourd’hui que, justement parce qu’ils sont devenus identitaires, ils sont habillés désormais comme l’on sait et voit.
    Je me souviens aussi que Chti, dès le début des années 90 – Le bloc identitaire n’a rien inventé puisque bien postérieur – nos Polonais d’origine se revendiquaient dans le Nord de leur polonité. Le fait identitaire n’est donc nullement une saine réaction de certains Européens, même si cela y ressemble, mais plutôt une collaboration au nouvel état d’esprit fortement lié à la postmodernité, les polonâtres en question étant très à l'aise au sein du monde postmoderne.
    Après tout, on ne s’étonnera de l’origine américaine – et là, il y a opposition frontale avec le monde des dissidents – du mouvement. C'est ainsi que chacun des Etats américains dispose d’une forte autonomie (ce n’est nullement rédhibitoire), assez méfiant vis-à-vis de l’Etat fédéral. N’omettons pas non plus toutes ces villes américaines disposant de quartiers identitaires (juifs, noirs, irlandais, allemand, depuis bien longtemps, nous montrant bien que le phénomène est bien en Europe, phénomène d’importation.
    Il existe entre la globalité et le fait identitaire, la même différence qu’entre le groupe et l’individu. C’est donc bien d’individualisme dont il s’agit, cette fois ci étendu à plus grande échelle et en ce sens, tout à fait conforme au nouvel état d’esprit ambiant hédoniste. Moi-même qui suis du Nord, y ayant vécu pendant quarante cinq ans, j’ai des souvenirs très émus quant à certains lieux. Si d’aventure je venais à célébrer ces origines au point d’en faire un leitmotiv, c’est évidemment à MOI que je ferais alors référence.
    La politique et notamment le prosélytisme reposent sur l’irrationnel que Georges Sorel a résumé par l’intermédiaire du terme de « mythe ». Les foules, rebelles à la rationalité, sont le plus souvent mobilisées par les appels du cœur plutôt que par ceux de la raison. Platon n’écrivait pas autre chose voici près de 2500 ans. D’où l’intérêt des petites phrases, images et video chocs qui parviennent bien mieux à mobiliser que ne le font les analyses sérieuses, ces dernières passant pour – je reprends le terme à la mode – « prise de tête ». Il n’en reste pas moins que l’action politique, même irrationnelle, se doit d’être pensée rationnellement. A titre d'exemple, Valéry Giscard d’Estaing savait le côté « violons » de François Mitterrand en 1974, d’où la préparation par ses conseillers spécialisés de la phrase irrationnelle et par la suite fatale « vous n’avez pas le monopole du cœur » qu’il plaça au bon moment. Réponse du berger à la bergère en 1981, François Mitterrand dont on disait en raison de sa déjà longue carrière qu’il était un « homme du passé » fit travailler ses hommes sur le sujet. On connait l’histoire : à l’attaque giscardienne lors du grand débat de l’entre deux tour de la présidentielle de 1981 du « vous êtes l’homme du passé », un contre missile – fatal lui aussi -, faussement spontané fut renvoyé : « vous êtes l’homme du passif ».
    Autrement exprimé, si l’irrationalité en politique se doit d’être utilisée, elle se doit d’être pensée rationnellement. Je n’ai jamais nié que l’idée d’Europe me plaisait et plus spécifiquement celle d’empire européen. Le modèle à mes yeux est peut être celui du Saint Empire Romain Germanique, garantissant de fortes autonomie locales. On peut alors se demander pourquoi je n’en fais pas davantage état. La raison en est justement la rationalité qui me fait savoir que Bruxelles l’européenne, souhaite démolir les Etats nation et que, par voie de conséquence, je dois m’y opposer parce qu’opposant lucide. Après tout, et c’est là encore où je ne me reconnais pas dans l’identitaire lambda, je n’ai jamais considéré que l’engagement politique avait pour vocation de m’offrir des vapeurs. De façon cohérente, ce n’est donc pas l’Etat jacobin que je défends comme finalité, mais comme un simple moyen en vue de freiner le processus d’occidentalisation en cours.
    Un identitaire dissident, puisque c’est la raison d’être de l’article écrit dans le cadre du cercle non conforme, se doit pour l’instant, de maîtriser son moi et ses aspirations, sans l’oublier, de façon à mieux le mettre en exergue lorsqu’il sera temps. Je crains qu’il ne faille malheureusement attendre longtemps avant de revendiquer tous nos rêves, tant l’adversité est omniprésente.

    Philippe Delbauvre http://www.voxnr.com/cc/tribune_libre/EFlZFkFlkAXWEhHPcn.shtml

    notes

    (1) http://www.voxnr.com/cc/tribune_libre/EFlyuFuFlkRpSUQiuV.shtml

    (2) J’oscille toujours aujourd'hui entre Réalisme et Conceptualisme.

  • Ce que les communistes apportent à Hidalgo

     

    131224Dans les urnes, seuls, ils ne comptent presque plus. Et pourtant la combinaison marche encore, plus de 30 ans après l'élection de Mitterrand. On croit à la rupture entre la gauche et l'extrême gauche. On annonce chaque jour une bonne grosse vanne du clown Mélenchon contre le capitaine de pédalo. Mais le fait est là. Immuable. Sans l'appoint des voix et sans le renfort des idées communistes, la campagne parisienne de Mme Hidalgo ne pourrait ramener une municipalité de gauche à l'Hôtel de Ville.

    Cette réalité d'un autre âge semble échapper aux états-majors de ce qui nous tient lieu de "droite". Il nous semble donc nécessaire de la rappeler.

    Soulignons aussi par qui elle est portée et vers quoi elle tend. Il ne s'agit plus des vieux crocodiles édentés trop visiblement hérités du stalinisme, d'anciens correspondants de la Stasi trop repérables, ni même pour certains d'entre eux d'apparatchiks héréditaires.

    À Paris désormais, le principal représentant de cette alliance socialo-communiste, véritable numéro 2 du futur exécutif, si la gauche l'emporte aux municipales des 23 et 30 mars 2014, s'appelle Ian Brossat. En octobre ce jeune cadre du parti communiste annonçait qu'il demanderait au Conseil de Paris la création d'un village d'insertion rom dans le 16e arrondissement. Et pour montrer qu'il ne s'agissait pas d'un canular il n'hésitait pas à théoriser sa position : "L'effort de solidarité doit être mieux partagé. Il n'y a pas de raison que les seules communes de Seine-Saint-Denis soient concernées alors que 10 000 des 17 000 Roms présents en France vivent en Ile-de-France"(1)⇓

    On doit bien comprendre qu'en réalité l'opération "dialectique" tend à détourner la crainte sécuritaire et l'exaspération des Parisiens en ressentiment contre "les riches" d'un arrondissement unique qui, de toutes manières, "vote mal" et risque d'ailleurs de voter encore plus mal.

    Comme on le voit un vent de fraîcheur s'annonce sur les réalisations à venir d'une municipalité parisienne en plein renouvellement.

    Hidalgo a prospéré pendant 12 longues années dans le sillage, confortable pour elle, de Delanoë. La voilà qui représente le changement.

    Le peuple de Paris n'existe plus au sens du XIXe siècle : dès lors on en inventera un autre, on imposera des contingents artificiels, mobilisables, subventionnés, disponibles, malléables, etc. Gare à ceux qui s'y opposeraient, gare aux défenseurs de la famille gare aux fidèles de la Madeleine. Que tous se sachent tenus en laisse, pris en étau, entre une répression idéologique et médiatique pour tétaniser les uns et la frappe de quelques groupes chargés d'écraser les autres, plus récalcitrants.

    Mais dira-t-on, en gros si 22 % des Français seulement, semblent se dire satisfaits de Hollande, et c'est déjà beaucoup, moins nombreux encore sont ceux qui attendent des solutions de l'extrême gauche. De la CGT, ou de la FSU dans le secteur éducatif, ne viennent en apparence que des blocages, des chantages à la grève thrombose. Et d'ailleurs ces "mouvements sociaux", comme les appellent pudiquement les annonces de la RATP, déclinent d'année en année.

    Eh bien justement, sur votre feuille d'impôts apparaissent les résultats des manipulations électorales destinées à camoufler ces reculs.

    Ainsi les appareils syndicaux ne représentent plus rien; ils ne vivent plus que des retombées de budgets administratifs. On les subventionnera donc encore plus.

    À la droite on va jusqu'à imposer des candidats de complaisance, sans conviction. On a même inventé une fausse alternative à Hidalgo qui, grosso modo, s'emploierait, comme d'habitude, en cas de victoire improbable, à ne rien changer, à maintenir les lieux en état jusqu'au retour de la gauche.

    C'est ainsi que le système fonctionne. Il durera aussi longtemps que l'on n'aura pas mis un terme à la connivence et à l'imposture conjointe remontant au soi-disant "programme du CNR" de 1944, resucée du manifeste de la Montagne de 1849 et autres vieilleries, origines oubliées du prétendu "modèle français".

    JG Malliarakis

    Apostilles

    1) cf. Le Point du 13 octobre 2013 : "Paris : Ian Brossat veut un village de Roms dans le 16e."
    http://www.insolent.fr/2013/12/ce-que-les-communistes-apportent-a-hidalgo.html
  • Pussy Riot et Femen – Qui sont ces femmes soutenues par le parti socialiste ?

    La récente libération de deux activistes des « Pussy Riot » a remis ce groupe antichrétien à l’honneur dans les médias, au point de mériter un communiqué officiel du parti socialiste.

     

    Bien peu de journalistes prennent hélas la peine de rappeler qui sont ces jeunes femmes qui avaient été condamnées à Moscou pour « hooliganisme et incitation à la haine religieuse ». Tous les médias s’entendent pour les rendre sympathiques et pour minimiser leurs méfaits.

     

    Les journalistes se limitent à les présenter comme des opposantes au président Vladimir Poutine, parlent généralement d’une « prière punk » chantée dans la cathédrale de Moscou et réduisent les images à quelques simagrées de ces femmes encagoulées envahissant la cathédrale du Christ-Sauveur pour y parodier des prières. Rien de bien méchant pour le commun des téléspectateurs.

     

    A ce sujet, il convient déjà de préciser que les paroles qu’elles ont chantées ce jour-là n’étaient pas que politiques, loin s’en faut, mais clairement blasphématoires, insultantes pour le Christ et la Sainte Vierge. Rien de surprenant quand on cherche à en savoir plus sur ces jeunes femmes.

     

    Les Pussy Riot formaient un groupe musical étroitement lié au mouvement anarchiste VOINA (qui signifie « la guerre » en russe). Outre les violences commises à l’encontre des forces de police russes (la nuit venue, leur spécialité consistait à renverser les voitures de police), ce mouvement organisait régulièrement des actions antichrétiennes ainsi que de la débauche sexuelle publique.

     

    Organisation de débauche sexuelle

    Nadezhda Tolokonnikova, l’une des trois jeunes femmes aujourd’hui mondialement médiatisées participa précédemment et alors qu’elle était enceinte à une orgie sexuelle publique que le mouvement anarchiste VOINA avait organisé illégalement dans un musée moscovite.

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  • Anne Hidalgo est tout aussi méchante et hargneuse que NKM

    Entretien avec Serge Federbusch

    Aux prochaines élections municipales de Paris, vous présentez des listes dissidentes de droite contre l’UMP…

    Ce ne sont pas des listes dissidentes, mais des listes libres et indépendantes !

     

    Ce système de primaires n’est-il pas dangereux, sachant que candidats et candidates d’un même parti en sont réduits à se faire la guerre entre eux, au risque d’arriver forts fatigués lors de la véritable bataille, l’élection ?

     

    Non, je ne suis pas d’accord. Le problème, c’est que ces primaires ont été organisées par l’UMP au profit de Nathalie Kosciusko-Morizet. Nous voulions un vote traditionnel, avec des bulletins de papier glissés dans des urnes surveillées par tous pour mieux éviter les fraudes. Mais un tel vote aurait mobilisé les plus militants et NKM a préféré miser sur un scrutin électronique avec un électorat plus sensible à l’image de marque et la com’. Puis, les délais de vote ont été repoussés au dernier moment par l’UMP car les choses ne se présentaient pas bien pour elle, tout cela a coûté fort cher. D’où la suspicion qui plane sur les résultats… Au moins, au Parti socialiste, c’est plus simple. Il n’y a pas de démocratie interne. C’était Anne Hidalgo, un point c’est tout !

     

    Depuis 1995 et l’arrivée de Jacques Chirac à l’Élysée, la droite aurait-elle un problème à Paris ? Comme une sorte de micro-climat…

    Ce micro-climat, ce serait plutôt celui instauré par le PS dans la capitale. Avec un extravagant verrouillage clientéliste et près de 100.000 voix achetées à coups de subventions et d’attributions de logements en HLM.

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  • Juges partout, démocratie nulle part !

    Des cours européennes aux tribunaux de base, en passant par le Conseil constitutionnel, la Cour de cassation ou le Conseil d'Etat, des juges chargés de dire le droit finissent par inventer celui qui leur plaît. A la place des représentants du peuple. La France a toujours manifesté une réticence certaine à l'égard du pouvoir des juges, comme en témoigne encore notre Constitution, qui préfère le terme d' "autorité judiciaire" à celui de "pouvoir judiciaire". Toutefois, les choses ont beaucoup évolué depuis la présidence gaullienne.

     

    Causeur n°3, 3 juin 2013, p.45-46  Anne-Marie Le Pourhiet

     

    Déjà, la fin de l'Ancien Régime, les rois de France s'efforcèrent d'éviter la sanction judiciaire de leurs actes. En 1641, dans son énergique édit de Saint-Germain-en-Laye, Louis XIII "défend aux parlements et autres cours de justice de prendre à l'avenir connaissance des affaires d'Etat et d'administration". Les révolutionnaires, méfiants à l'égard de cours composées d'aristocrates suspectés de constituer une force réactionnaire d'opposition aux réformes, ont ensuite confirmé, dans la loi des 16 et 24 août 1790, l'interdiction faite aux tribunaux de connaître du contentieux administratif. Ce principe devait donner naissance, en l'an VIII, à notre juridiction administrative, coiffée par le Conseil d'Etat initialement placé "sous la direction des consuls" et dont les membres étaient nommés et révoqués "à volonté" par le premier d'entre eux.
    La révolution et l'empire limitent le pouvoir des juges
                Dans le même esprit, l'idée d'un contrôle de la loi par les tribunaux a toujours été considérée comme iconoclaste dans un pays pétri à l'idée de rousseauiste selon laquelle "la loi est l'expression de la volonté générale". La loi des 16 et 24 août, confirmée par la Constitution de 1791, ajoute donc: "Les tribunaux ne pourront, ni directement ni indirectement, prendre part à l'exercice du pouvoir législatif, ni empêcher ou suspendre l'exécution des décrets du corps législatif sanctionnés par le Roi, à peine de forfaiture." Le Code pénal de 1810 punira de dégradation civique les magistrats coupables d'une telle lèse-majesté démocratique. Cette même loi de 1790 avait aussi prévu l'élection de tous les juges pour "véritablement purifier le passé".
                Dans une conception révolutionnaire qui révoque la tradition et la coutume pour consacrer des individus doués de conscience et de raison, libres de toute appartenance, seule la loi, expression de la volonté du peuple ou de ses représentants, peut être source de droit. Les juges doivent donc se borner, dans les litiges qui leur sont soumis, à être les bouches de la loi, c'est-à-dire à appliquer servilement la volonté de la nation. En conséquence, chaque fois qu'un contrôle de constitutionnalité de la loi a cependant été envisagé, il a été confié à un organe politique et non pas aux tribunaux.  
                Après de Gaulle, les juges contre-attaquent
                C'est sous l'influence anglo-saxonne et celle d'un droit européen d'inspiration germanique que la méfiance à l'égard des juges s'est progressivement estompée après la Seconde Guerre mondiale. Toutefois, la personnalité du général de Gaulle et les circonstances de la naissance de la Vème République ont encore perpétué, au début du régime, une forte prégnance de la raison d'Etat et une hiérarchie des valeurs que le Général exprimait en ces termes: "Souvenez-vous de ceci: il y a d'abord la France, ensuite l'Etat, enfin, autant que les intérêts majeurs des deux sont sauvegardés, le droit". C'est donc après la disparition du Général que les juridictions de tous niveaux ont progressivement réinvesti l'espace.
                Dès 1964, la Cour de justice des communautés européennes (CJCE), ancêtre de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE), émet une série d'oukases affirmant la primauté inconditionnelle du droit européen (traités, règlements, directives, décisions...) sur le droit interne, y compris constitutionnel, des Etats-membres. L'audace et l'obsession uniformisatrice des juges de Luxembourg, qui ne se sont guère démenties depuis, seront complétées par celles des juges de Strasbourg - qui commencent d'ailleurs à agacer beaucoup de monde.
                L'Europe recadre la France
                La France est alors accusée d'être en retard et désignée comme le pays à la traîne, le mauvais élève qui lambine sur la voie du progrès inéluctable. On répètes que "c'est seulement en 1974" qu'elle a ratifié la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales signée en 1950, comme si ces vingt-cinq années avaient été "perdues" pour cause de honteuse indifférence aux droits de l'homme. Ce ne sont évidemment pas les libertés mentionnées dans ce texte qui gênaient nos dirigeants, mais le fait que le contrôle de son application soit confié à une Cour européenne siégeant à Strasbourg, dont la jurisprudence allait s'imposer aux Etats signataires. Jean Foyer avait mis le général de Gaulle en garde contre le risque qu'il y avait à placer ainsi la France sous tutelle de juges européens. Au conseil des ministres suivant, après que Couve de Murville eut exposé l'intérêt de ratifier la Convention, le Général conclut, en s'adressant à son garde des Sceaux: "J'ai lu votre note. Vous m'avez convaincu. La Convention ne sera pas ratifiée. La séance est levée." La France a fini par rejoindre ensuite docilement le troupeau. Mais nous vérifions depuis lors combien de Gaulle et Foyer avaient vu juste, puisque 99% du droit dit "de la Convention" est purement jurisprudentiel et intégralement composé des interprétations fort subjectives de la Cour, souvent fondées sur des méthodes aussi fantaisistes qu'imprévisibles. Les protestations étatiques se multiplient et la Cour fait l'objet de critiques récurrentes et vives. A la suite du tollé provoqué par la condamnation de l'Italie pour la présence de crucifix dans les salles de classe et celle de la Grande-Bretagne pour la privation du droit de vote des détenus, les Anglais ont même voulu profiter de leur présidence du Conseil de l'Europe pour organiser à Brighton, en avril 2012, une conférence dont le but explicite était de réduire les pouvoirs de la Cour en exigeant qu'elle respecte davantage la subsidiarité et la marge nationale d'appréciation des Etats dans l'interprétation de la Convention.  
                Encerclés par les juges européens, nous le sommes aussi par les juges nationaux qui se sont considérablement enhardis depuis les débuts de la Vème République, d'autant que la construction européenne, très inspirée du modèle allemand, a inoculé en France le culte germanique de l'Etat de droit (Rechtsstaat). La "prééminence du droit", sans cesse rappelée dans les traités et la jurisprudence européens, a fini par triompher de la gaullienne et souverainiste raison d'Etat - et peut-être de la démocratie qui allait avec.          
    Le 16 juillet 1971, quelques mois après la mort du général de Gaulle, le Conseil constitutionnel, initialement conçu pour défendre les prérogatives de l'exécutif, commet un "coup d'Etat de droit". En censurant une disposition législative qu'il juge contraire à la liberté d'association, il se reconnaît en effet soudain compétent pour contrôler, non plus seulement les règles de compétence et procédure parlementaires mais aussi la conformité du contenu des lois au préambule de la Constitution où sont mentionnés les principaux droits et libertés des citoyens. Il s'arroge ainsi le droit de contrôler les choix politiques du législateur. Puis Valéry Giscard d'Estaing étend la saisine du Conseil à 60 députés ou 60 sénateurs, c'est-à-dire à l'opposition parlementaire qui ne va pas se priver de cette nouvelle arme. Enfin, la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008, initiée par Nicolas Sarkozy, boucle la boucle en créant la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) - le rêve de Robert Badinter est réalisé. Celle-ci permet à tout justiciable qui soutient que la loi applicable à son procès contient une disposition contraire aux droits et libertés garantis par la Constitution de demander le renvoi de cette question au Conseil constitutionnel après un filtrage par le Conseil d'Etat ou la Cour de cassation. Si le Conseil estime qu'il y a bien une violation, il abroge purement et simplement la disposition de loi en cause. Autrement dit, il "corrige" a posteriori le travail du Parlement.
                Pour compléter le tableau, peu de temps après la fameuse décision de 1971 et sur invitation du Conseil constitutionnel, la Cour de cassation (1975), puis le Conseil d'Etat (1989) se sont lancés dans le contrôle de conformité des lois au droit international et européen. En clair: n'importe quel juge judiciaire ou administratif de base peut désormais écarter, dans un litige qui lui est soumis, l'application d'une loi française qu'il juge contraire au droit international ou au droit européen, c'est-à-dire, en réalité, à la jurisprudence de juges européens parfaitement inconnus des Français, qui n'ont de compte à rendre à personne et dont on ne s'inquiète peut-être pas assez de la "traçabilité".
                Le triomphe de la subjectivité
                Autant dire qu'à l'absolutisme démocratique de Rousseau selon lequel la loi est "toujours droite et ne peut errer" s'est substituée une méfiance généralisée à l'égard du législateur qui conduit à l'enserrer dans un filet de normes posées par des juges non élus et politiquement irresponsables. Les normes de référence dont se servent ces juges pour censurer la loi (ou la valider, selon leur bon plaisir du jour) sont extrêmement vagues et floues (liberté, égalité, dignité, nécessité, ordre public, etc.) et leur confèrent un pouvoir d'appréciation absolument discrétionnaire. La Cour européenne des droits de l'homme "invente" le droit qui lui plaît à longueur d'arrêts. Sauf dans les très rares cas où la Constitution est précise, il en va de même du Conseil constitutionnel qui extrait les principes qu'il veut (ou ignore ceux dont il ne veut pas) du préambule de la Constitution. Lors de l'inauguration de la QPC, le 1er mars 2010, le président Sarkozy a prononcé devant le Conseil un discours parfaitement schizophrène vantant les mérites de l'Etat de droit et du contrôle des lois tout en mettant aussitôt en garde contre le "gouvernement des juges"... qu'il venait pourtant officiellement d'aggraver!
                Quant aux magistrats qui rendent la justice au quotidien, il convient de replacer leur pouvoir dans le contexte sociologique et juridique existant, indépendamment de la "politisation" et des excès de zèle de certaines individualités légèrement sectaires.
                Des lois mal écrites, dont certaines votées sur ordre de lobbies vindicatifs mus par le ressentiment et l'"envie du pénal" et confondant le juge et le psychothérapeute, abandonnent chaque jour aux tribunaux le soin de procéder à l'application de  notions parfaitement subjectives qu'ils manipulent avec plus ou moins de maladresse. Les juges n'ont jamais que les pouvoirs qu'on leur donne, et il est certain que plus les textes qu'ils doivent appliquer sont flous, contradictoires, lacunaires, confus, incohérents voire inintelligibles, plus ils sont livrés à leur subjectivité et parfois contraints de "gouverner". Ceci est vrai à tous les niveaux et dans toutes les juridictions. Quand le législateur ne règles pas convenablement la question du port des insignes religieux dans le secteur privé et que le Conseil constitutionnel lui-même donne une définition obscure de la laïcité, le juge ordinaire fait ce qu'il peut pour trouver un critère et les politiciens ont ensuite beau jeu de condamner son choix. Quand la loi pénale abandonne discrétionnairement l'application des peines à des magistrats qui peuvent les réduite à volonté de telle sorte que la peine exécutée n'a plus rien à voir avec la peine prononcée et que le sentiment d'incohérence judiciaire grandit, la responsabilité en incombe sans doute autant à ceux qui votent la loi qu'à ceux qui l'appliquent.
                Retour à l'ancien régime?  
                Pour autant, la lecture des rapports annuels de la Cour de cassation ne trompe pas sur la revendication des magistrats contemporains d'initier et de créer le droit en concurrence avec le législateur, voire même parfois contre la volonté de celui-ci. L'activisme judiciaire à tous les niveaux rappelle les comportements judiciaires corporatistes de l'Ancien Régime.
                Il est, à cet égard, parfaitement symptomatique que chaque fois qu'est remise au goût du jour l'idée d'une démocratisation de la désignation des juges par un système électif approprié, les magistrats poussent immédiatement des cris d'orfraie en invoquant la "technicité" de la fonction et donc le nécessaire de maintien du mode de recrutement actuels. Ceux qui ont l'audace de suggérer une forme d'électivité des juges, pourtant empruntée à l'idéologie de gauche, font l'objet des sarcasmes et se trouvent épinglés sur le "mur des cons" du Syndicat de la magistrature! Touche pas à mon corps!  
                Tout démocrate devrait conserver à l'esprit la formule de Roederer à la Constituante: "Le pouvoir judiciaire, le pouvoir d'appliquer les lois est le plus voisin du pouvoir de les faire: il y touche de si près qu'il ne peut jamais être aliéné par le peuple." C'est pourtant cette aliénation que consacre la post-démocratie contemporaine.
    Anne-Marie Le Pourhiet est professeur de droit public à l’Université de Rennes.
    Source : Causeur n°3, 3 juin 2013, p.45-46

    http://www.observatoiredeleurope.com/Juges-partout-democratie-nulle-part--par-Anne-Marie-Le-Pourhiet_a2082.html

  • Élections parlementaires de l'Union européenne: démocratie ou hypocrisie ?

    Comparé aux élections législatives européennes, le scrutin présidentiel iranien avec son énorme taux de participation et la volonté des électeurs d'exprimer leur vote, a été édifiant. Les candidats sont intervenus avec passion, et leurs partisans se sont mobilisés en masse. Le contraste avec la campagne électorale dans l'Union européenne (UE), terne et peu disputée, ne pouvait pas être plus frappant. En Iran, la répression de la violence post-électorale est la preuve, si nécessaire, que la démocratie n’est pas toujours synonyme de plus de liberté. En Europe, le processus a été libre et juste, pacifique, mais la question demeure, à savoir si l'Union, fortement centralisée, est réellement le modèle démocratique qu'elle prétend être ? 

     

    En effet, depuis les premières élections directes (1979), moins de citoyens européens ont pris la peine d'exercer leur droit de vote. En 2009, le niveau de participation global a atteint un taux bas record : 43% en 2009 contre 62% en 1979. La Slovaquie avec un taux de 19,64% se situe au bas du tableau. En France, l'un des Etats fondateurs, 60% de l'électorat s'est abstenu. Pourtant, ce résultat abyssal n'a pas compromis l’esprit festif des partis politiques qui ont obtenu de meilleurs résultats (UMP 27,8%, Europe Ecologie 16,28%). Les bouchons de Champagne ont sauté en dépit du fait que les députés nouvellement élus (72 sur un total de 736) représentent le peuple avec une légitimité démocratique des plus faibles. Mais à vrai dire, les institutions de l'UE et les gouvernements nationaux ont déjà été validés avec un soupir de soulagement. Retour à la politique comme d'habitude. 

     

     

    En général, les hommes politiques ont éludé la question de ce déficit démocratique grandissant. La raison en est simple. « The UE-Show must go on ». De nombreux dirigeants ont régulièrement et ouvertement déclaré que « la démocratie et la politique complexe de l'UE sont pas vraiment compatibles ». La ratification du traité de Lisbonne a révélé une mentalité, profondément ancrée, de méfiance à l'égard des électeurs parmi l’élite. D'où un sentiment croissant que les consultations démocratiques ne sont qu’une formalité bureaucratique, un coup de tampon de plus, alors que les affaires sérieuses de l'UE continuent à être traitées dans le secret des conclaves dissimulés de la politique consensuelle supranationale. Désenchantés, les électeurs se sont retrouvés avec seulement deux options pour exprimer leur frustration et leur désaccord : l'abstention ou le vote pour les partis d’extrême (droite ou gauche). Pourtant, définir cette marée montante de sentiment négatif comme « anti-européen » est simpliste, bien que pratique pour une classe politique ayant l'intention de préserver le statu quo. Les résultats peuvent aussi être interprétés comme étant contre l’Europe telle qu’elle est menée actuellement et pro-liberté. 

     

     

    Les institutions de l'UE ont saisi ces élections afin de promouvoir l'idée que le traité de Lisbonne va inaugurer une nouvelle ère : « une Europe plus démocratique et plus transparente ». Mais, comme l’universitaire d’Oxford Christopher Bickerton l’a fait remarquer, les tentatives pour remédier au manque de transparence ont déjà échoué parce que l'UE n'est pas une question de transparence. Sa fonction est de fournir l'espace pour l'élaboration des politiques qui substitue aux conflits politiques de principe une culture de compromis bureaucratiques (cf. The Manifesto Club study, “No” to the Politics of fait accompli”). La politique de l'UE est devenue une « zone interdite au public », à savoir la préservation de bureaucrates, politiciens et diplomates qui ne doivent rendre de compte à personne, comme le correspondant du Daily Telegraph, Bruno Waterfield, l’a souligné. Même avec des pouvoirs accrus octroyés au Parlement, renverser des décennies d’une culture de prise de décision et de législation coupées du monde et non démocratiques pourrait se révéler être une mission impossible. 

     

     

    Le projet européen est censé renforcer notre liberté. L'essence de la liberté est le choix. Pourtant, si les choix des citoyens - le « non » au traité de Lisbonne, l'abstention pour exprimer le mécontentement – sont rejetés, si l’ « euroligarchie » ne peut penser à rien de mieux pour résoudre la crise de légitimité que d'épouvanter l’électorat pour faire avancer leur ordre du jour « éclairé » (« voter Oui ou subir les conséquences de l'extrémisme ou de la récession »), alors sans doute reste-t-il peu de démocratie digne de ce nom. Au contraire, ce qui émerge est une nouvelle forme d’autoritarisme supra-national imposé par une nomemklatura, qui, d’une manière pas sensiblement différente de l'URSS, « sait mieux » que le peuple. 

     

     

    L'Union européenne est en zone de crise de légitimité. Le faible taux de participation (et les voix du « non » aux référendums) doivent être interprétés comme l'équivalent électoral de la « crise de la chaise vide » de 1965 (« le compromis de Luxembourg ») lorsque les fonctionnaires français furent retirés par Charles de Gaulle en raison de graves désaccords avec la Commission. La responsabilité en incombe directement aux hommes politiques (des grands partis ou pas) qui n'ont pas réussi à articuler une vision pour l'avenir à laquelle une majorité des citoyens peut croire et soutenir.

    Source

    http://www.oragesdacier.info/

  • Paranoïa républicaine...

    Quelque part dans l’est de la France, en Moselle, loin de la Bretagne, des employés d’une entreprise internationale, consortium de sociétés et d’actionnaires européens, décident de prendre une photo de groupe pour fêter Noël : coiffés de bonnets rouges jusque là signe de reconnaissance du Père Noël, ils sourient à l’objectif quand des camionnettes de gendarmerie surgissent… Prévenus par un appel courageusement anonyme, la gendarmerie intervient pour disperser ce qui a tout l’air, selon elle, d’un attroupement séditieux : les bonnets rouges, désormais, font peur à une République qui, depuis plusieurs mois, ne sait pas toujours comment réagir à ce mouvement apparemment surgi de nulle part, comme le retour d’une vieille colère qui a longtemps cheminée dans les esprits.
    Pourtant, ce n’était là, bien loin des terres d’Armorique, qu’une pause festive dans le travail : les employés sont ceux de l’entreprise… Ecomouv’, celle-là même qui est chargée de percevoir cette fameuse écotaxe aujourd’hui suspendue et qui, désormais, attend des jours meilleurs pour poursuivre ses activités ! Ironie du sort…
    Le plus frappant et, disons-le, le plus inquiétant dans cette affaire mineure (je parle évidemment de la photo de groupe…), c’est la réaction de l’officier de gendarmerie dépêché sur les lieux : « Ils n’ont pas réfléchi », a-t-il déclaré en parlant des salariés de l’entreprise… Et d’ajouter que ces employés auraient dû prévenir les autorités de leur initiative, de cette photo de groupe ! Ainsi, désormais, à suivre le raisonnement de cet officier, tout attroupement de quelques dizaines de personnes peut être assimilé à une manifestation, sans doute forcément factieuse… Le quotidien Ouest-France voyait dans cette anecdote l’équivalent « d’une tirade du Père Ubu, d’une nouvelle d’Alphonse Allais ou d’un sketch radiophonique de Pierre Dac et Francis Blanche » : j’y vois, quant à moi, la preuve d’une forme de paranoïa de l’Etat républicain qui croient voir des bonnets rouges partout, comme dans un mauvais cauchemar populiste… Faudra-t-il, demain, demander une autorisation à la préfecture, à la gendarmerie ou à la mairie, pour chaque photo de groupe, déplacement scolaire ou visite groupée des rues d’une ville ? Va-t-on étendre le principe de précaution à la moindre circulation ou station de plus de trois personnes sur la voie publique ? Certains penseront que j’exagère : j’aimerais aussi le penser, mais je ne suis pas sûr d’exagérer, malheureusement…
    « Tant vaut l’Etat, tant vaut sa raison » disait Maurras. Il semble bien que, à défaut de bonnet rouge pour la couvrir (pourtant, le bonnet phrygien y ressemble bien un peu…), la République n’ait plus toute sa tête, comme elle ôtait, jadis, celle de ceux qui la critiquaient…
    En tout cas, la paranoïa républicaine n’est pas un très bon signe pour les citoyens, surtout à l’heure des réglementations de plus en plus orwelliennes de l’administration et de la surveillance de la Cité, en particulier par caméras et réseaux électroniques interposés… Nous pourrons néanmoins toujours y répondre par la fameuse citation du même Maurras précédemment évoqué : « Les libertés ne s’octroient pas, elles se prennent »… Et on ne va pas se gêner, bien sûr !
    http://nouvelle-chouannerie.com/index.php?option=com_content&view=article&id=1107:paranoia-republicaine&catid=47:2013&Itemid=58