Selon le classement publié mercredi et comme chaque année par le magazine américain Forbes, le président russe Vladimir Poutine devance désormais Barack Obama et se hisse à la la première place « des personnes les plus puissantes au monde » en 2013. Le président du parti communiste chinois Xi Jinping arrive en troisième position (celle de M. Poutine l’année dernière) , le pape François, qui y fait son apparition pour la première fois, est quatrième, la chancelière Angela Merkel cinquième. Première personnalité non politique de ce classement, l’homme d’affaire Bill Gates est sixième, loin devant François Hollande qui passe de la 14ème à la 18 ème place, loin derrière le Premier ministre David Cameron (onzième). Autre habitant du vieux continent, le très mondialiste Mario Draghi, président de la banque centrale européenne (BCE) figure dans ce « top ten » à la neuvième place. Si ce type de classement est par définition toujours sujet à caution, difficile de ne pas approuver le jugement porté par Forbes pour expliquer la première place occupée par le président russe : « Poutine a renforcé son contrôle sur la Russie, et tous ceux qui ont observé le jeu autour de la Syrie ont saisi le glissement de pouvoir vers Poutine sur la scène internationale » Au-delà, et ce paramètre échappe certainement à un magazine américanocentré et très libertarien comme Forbes, Vladimir Poutine incarne aussi, notamment aux yeux de nombreux Français et Européens, un défenseur et un gardien des valeurs traditionnelles, de notre civilisation helléno-chrétienne qui sont bien évidemment aussi celles de la Troisième Rome. Le site Medias-presse-info le rapportait très justement, citant le journaliste Pavel Bykov, « La loi russe sur l’interdiction de la propagande homosexuelle auprès des mineurs a porté un coup au leadership moral de l’Occident. (…). La Russie est allée à contre-courant du mainstream politique occidental. Une forte opposition à un élargissement (…) des droits de l’homme existant aussi en Occident, la Russie a montré que d’autres approches étaient possibles . Et Eric Zemmour expliquait qu’il voyait Poutine « comme une espèce de résistant au nouvel ordre politiquement correct, que ça soit sur la Syrie, que ça soit sur l’homosexualité ». Et ce même site rapportait aussi un extrait du discours prononcé par le chef d’Etat russe lors de la réunion en septembre dernier du Club Valdaï dans la capitale russe. »Un autre sérieux défi pour l’identité de la Russie est lié aux événements se déroulant dans le monde » déclarait M. Poutine. « Ici, il y a un aspect de politique étrangère et un aspect moral. Nous pouvons voir comment certains pays euro-atlantiques sont en train de rejeter leurs racines, y compris les valeurs chrétiennes qui constituent la base de la civilisation occidentale. Ils nient les principes moraux et toutes les identités traditionnelles : nationale, culturelle, religieuse et aussi sexuelle. Ils mettent en œuvre des politiques qui rendent égales les familles nombreuses et les unions de même sexe, la croyance en Dieu et la croyance en Satan. » Nous sommes loin ici, des propos de Barack Obama cet été sur la chaîne de télévision NBC, où il avait expliqué que « s’opposer aux revendications du lobby homosexuel violait la morale de base qui devrait transcender chaque pays ! » Pourtant, affirmait pour sa part M. Poutine, »Les excès du politiquement correct sont tels que des gens parlent sérieusement de proposer des partis politiques qui ont pour objectif de promouvoir la pédophilie » notait encore le dirigeant russe. Était fait ici très certainement allusion à l’autorisation accordée par une Cour des Pays-Bas à la création du PNVD, Parti pour l’amour fraternel, la liberté et la diversité qui prône l’abaissement de l’âge de consentement à un acte sexuel de 16 à 12 ans, la légalisation de la pornographie infantile et celles des relations sexuelles avec les animaux. Selon un rapport des Nations Unies publié il y a quelques années il y aurait plus de « 750 000 prédateurs sexuels connectés en permanence sur internet » dans le monde En France même, constate Bruno Gollnisch, les monstrueuses déviances pédophiles ont trouvé au sein des merdias des oreilles complaisantes si ne n’est des relais prosélytes. Nous l’évoquoins déjà sur ce blog en 2010 au moment de l’affaire Polanski et des attaques menées contre Benoit XVI par le lobby progressiste. Avant que Serge July dans Libération ne fasse un tardif mea culpa en avouant que son journal a « légitimé des pratiques parfois criminelles », un cinéaste comme Romain Goupil, socialiste, ancien membre de la Ligue communiste révolutionnaire, déclarait : « J’ai envie de dire: oui, je suis pédophile! » Nous gardons aussi en mémoire « l’expérience » décrite par Daniel Cohn-Bendit dans son livre Le grand bazar dans lequel il évoquait explicitement les « caresses » qu’il donnait, et les attouchements qu’il recevait au milieu des années 70 dans un jardin d’enfants auto-géré de Francfort… ; les confessions de feu Michel Polac, ex chroniqueur de l’hebdomadaire scato-gauchiste Charlie-Hebdo, qui dans son récit autobiographique Journal , évoquait son expérience homosexuelle et pédophile. Nous n’oublions pas non plus qu’en 1977 le journal Le Monde publia une pétition en faveur d’inculpés maintenus en détention provisoire pendant trois années dans une affaire de pédophilie. Les signataires, icones de Saint-Germain-des-Prés, s’appellaient Louis Aragon, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Roland Barthes, Francis Ponge, André Glucksmann, Bernard Kouchner, François Chatelet, Patrice Chéreau, Philippe Sollers, Félix Guattari, Jack Lang… En avril 2010, l’écrivain et éditeur Denis Tillinac avait pris la défense de Benoit XVI, accusé par un « milieu » tentant de faire diversion, d’avoir couvert par son silence des agissements pédophiles dans l’Eglise: « je crois que l’on s’en prend à ce pape parce qu’il est un intellectuel et parce qu’il avance une analyse critique et radicale de la modernité ».« De BHL à Onfray en passant par Finkielkraut, aucun n’y résiste. Benoît XVI est le seul vrai rebelle de la modernité. C’est cela que l’on tente de lui faire payer. Et en particulier un certain système médiatique qui a trouvé toutes les indulgences à Roman Polanski, qui a été condamné pour pédophilie, ou à Frédéric Mitterrand, qui en a fait l’apologie dans un livre. Il y a enfin, et particulièrement en France, un vieil anticléricalisme qui ne demande qu’à prospérer sur de telles polémiques ». C’est bien cette offensive proprement subversive, cette promotion permanente d’un matérialisme prospérant sur l’inversion des valeurs que dénonçait le président de la fédération de Russie devant le Club Valdaï, invitant les Européens à la résistance. »Les gens, dans certains pays européens, sont embarrassés ou ont peur de parler de leur appartenance religieuse. Des congés sont abolis ou nommés différemment ; leur essence est cachée, tout comme leur fondement spirituel. Et on essaye avec agressivité d’exporter ce modèle partout dans le monde. Je suis convaincu que cela ouvre une voie directe à la dégradation et au primitivisme, résultant en une profonde crise démographique et morale. » Si François Hollande, les ministres du gouvernement Ayrault, l’UMP à Paris par la voix de NKM se sont officiellement félicités de la tenue des « Gay Games » à Paris en 2018 -voir notre article en date du 9 octobre-, les Etats -Unis apportent aussi leur pierre à cette promotion du lobby LGBT en France. Le 19e festival du film gay lesbien bi trans & +++ de Paris qui s’est tenu en octobre fut financé par la Mairie de Paris, la Région Ile-de-France et le Ministère de la Culture via la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC). Grande première le logo de l’Ambassade des Etats-Unis figurait comme partenaire de ce festival . « Il est devenu habituel que l’ambassade des Etats-Unis pavoise aux couleurs arc-en-ciel le jour de la gay pride locale. Et certains ambassadeurs américains vont plus loin et s’affichent ouvertement dans ces défilés du lobby homosexuel ». Pas de quoi choquer non plus les atlantistes de l’UMP, et les girouettes clientélistes comme Jean-François Copé qui après avoir défilé contre le mariage pour tous , affirme n’avoir jamais été oppsoé au mariage homo! Il est vrai que Christine Boutin affirmait déjà il y a quelques années, pour bien les connaître que « tous les leaders de l’UMP sont favorables au mariage homosexuel. » Laisser faire, laisser passer, le dogme intangible de la droite couchée… http://www.gollnisch.com/2013/10/31/poutine-resistant-reaction-cest-vie/
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Poutine le résistant: la réaction c’est la vie!
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La Syrie et la Turquie dans la tourmente du « Printemps arabe »
« C’est un échec terrible pour les Turcs qui se trouvent désormais en conflit ouvert avec les Russes. »
La Syrie est devenue aujourd’hui la pierre angulaire des conflits du Moyen-Orient. Elle met à l’épreuve les capacités diplomatiques de l’Occident et, en la circonstance, de la France avec son Président va-t-en guerre et son ministre des affaires étrangères, commis voyageur envoyé à Moscou pour tenter d’obtenir un soutien à des frappes aériennes contre Damas. Bruce Denisse, diplomate français ayant été en poste en Turquie, donne un éclairage professionnel de la situation et surtout une explication au retrait de Barak Obama.
Polémia
Si l’on regarde la situation de la Syrie sans se soucier de polémique et avec un œil politique, celui du rapport de forces, l’observateur objectif se doit de constater que Vladimir Poutine mène le bal avec une telle maestria que les dirigeants politiques occidentaux ne sont désormais nullement en mesure de lui contester leur défaite.
Car de quoi s’agit-il, au juste ? Si nous mettons de côté les arguments insanes sur l’homme qui fait tirer sur son propre peuple, ou encore le comportement dictatorial attribué au chef d’Etat syrien, on ne replace jamais ce conflit dans son contexte historique qui est celui de la reconquête par l’islam fondamentaliste de l’ancien empire ottoman dans sa dimension spirituelle, c’est-à-dire la confusion théocratique entre la religion et l’Etat, le second étant soumis à la première en toutes circonstances.
Compétition entre l’Arabie Saoudite, la Qatar et les Emirats du Golfe persique
Depuis plus de vingt ans, le monde arabo-musulman est l’objet d’une compétition acharnée entre l’Arabie Saoudite, le Qatar et les Emirats du Golfe persique. Compétition, certes, mais objectif commun qui est d’éradiquer des Etats arabes non monarchiques le legs du ralliement de Kemal Atatürk à l’Occident via sa forme d’absence de spiritualité. En clair, si, depuis Atatürk, la gouvernance des pays issus de l’ancien Empire ottoman doit être athée, ses dirigeants laïcs et ses partenaires occidentaux, les monarchies pétrolières restées fidèles à la soumission au prophète ne l’entendent pas de cette oreille et financent largement les religieux rebelles à ce qui les scandalise le plus dans les régimes dits laïcs : ne pas se soumettre à Allah. Ils les aident sans limite de fonds, quelle que soit par ailleurs leur obédience mahométane.
Des formes prises par cet islam politique, que les chefs soient chiites, sunnites, salafistes, frères musulmans ou autres, nous n’avons pas grand-chose à en savoir sinon que leur objectif commun est la fin de cette forme de laïcité dans les cinq Etats qui subissent ces tentatives de renversement du pouvoir en place dont les écrans de télévision sont saturés.
Les pays visés par le « Printemps arabe » s’étaient écartés de l’islam et de la charia au bénéfice du kémalisme laïc.
La vérité, que les médias dissimulent vraisemblablement par ignorance, c’est que tous les pays visés par ce que l’on a appelé le « Printemps arabe » étaient, sans exception, des Etats-nations qui s’étaient écartés de la nation arabe, de l’islam et de sa forme de gouvernance juridique, la charia, par un principe de séparation de la religion et de l’Etat. En clair, les chefs d’Etat et de gouvernement de ces pays ne voulaient avoir aucun compte à rendre à des religieux souvent incultes qu’ils méprisaient. Dans tous les cas, la référence implicite était le kémalisme. Pour faire simple, l’ennemi commun est la loi française de séparation de l’Eglise et de l’Etat, dite loi de 1905, qui a servi de modèle au chef d’Etat turc et franc-maçon, Moustapha Kemal, père de la Nation turque, dont l’aura a débordé sur ses voisins immédiats (Syrie, Irak) ainsi que les anciennes provinces qui furent directement gouvernées par des beys désignés par la Sublime Porte (Egypte, Tunisie), les autres pays arabes étant des monarchies de droit divin (Maroc, Arabie Saoudite, Jordanie, Libye avant Kadhafi, principautés du Golfe persique, etc.) dont les dirigeants descendent du prophète et sont donc protégés par leur sang d’origine divine. Ces monarchies épargnées par le pseudo-« Printemps arabe » sont en réalité les vecteurs d’une reconquête, d’une anti-croisade, dont les victimes collatérales sont les Arabes chrétiens, qu’ils soient coptes, chrétiens d’Irak ou de Syrie, chrétiens orthodoxes libanais ou autres.
Le kémalisme a été la référence du Néo-Destour en Tunisie, des partis baasistes en Syrie et en Irak, du nassérisme en Egypte ou du culte de Kadhafi en Libye. Cette forme de gouvernance était exclusive de toute influence des religieux et de leurs affidés, ce qui explique largement la totale incompétence de ceux-ci lors de leur arrivée aux affaires, les responsables de ces groupes ayant été soigneusement écartés de toute responsabilité dans l’appareil d’Etat ou dans les entreprises privées ou publiques pendant tout ce temps.
Ce qui a été déterminant dans l’offensive des monarchies pétrolières pour financer ces simulacres de révolutions, c’est la victoire en 2003 du parti AKP de Recep Tayyip Erdogan aux élections législatives de Turquie. Sa nomination au poste de premier ministre, qu’il occupe toujours aujourd’hui, l’a amené à conduire une nouvelle politique étrangère qu’il qualifie lui-même de néo-ottomane, mais qui a créé l’illusion que l’islam pouvait être neutre, voire favorable au climat des affaires et à l’industrie, alors que la Turquie avait surtout bénéficié du Traité d’union douanière de 1995 avec l’Union européenne et des investissements massifs des industriels allemands, français et italiens qui surfaient alors sur la vague des délocalisations.
Le puissant fleuve théocratique souterrain qui irrigue l’ensemble du monde musulman alimente le rêve historique des maîtres autrefois de Byzance, puis de Constantinople, aujourd’hui d’Istanboul, qui est de faire tourner la planète autour d’eux. Là encore, pour simplifier, c’est l’aboutissement de la volonté de revanche, de cet objectif du monde arabo-musulman, qui remonte à 1924, d’une victoire posthume des théories d’Ibn-Séoud (le monde ottoman doit être islamique) sur celles de Kemal Atatürk (le monde ottoman doit être laïc).
Une mosquée pour cinq cents habitants
Le désastre politico-militaire qui déchire le Moyen-Orient est le fruit de ces illusions. Après avoir, dans un premier temps, étendu son influence commerciale sur la plupart de ces pays, obtenant notamment en Libye des contrats particulièrement importants dans le domaine du BTP, l’ancien maire d’Istanboul a voulu soutenir les chefs de guerre de l’islam dans une région à l’instabilité habituelle qui aurait dû le rendre prudent. Le rapprochement avec l’Arabie Saoudite, mené par le président, a accompagné le programme de construction de mosquées (une pour cinq cents habitants) pour la plupart vides, mais ce rapprochement avec les Saoudiens a créé des obligations dont l’une est l’accueil massif de réfugiés syriens, victimes de la guerre civile financée par la même Arabie Saoudite. Ces Syriens, tous « bons musulmans », déstabilisent désormais le Hatay, province autrefois sous protectorat français, de 1919 à 1940, et connue alors sous le nom de Sandjak d’Alexandrette. La France restitua cette province ottomane à la Turquie en 1940 à l’issue de négociations difficiles menées sur fond de déroute française par l’ambassadeur René Massigli, mais dont l’un des aspects positifs fut la neutralité de l’armée turque tout au long de la deuxième guerre mondiale.
Soixante-treize ans plus tard, le retour massif des Syriens réfugiés est une autre défaite pour les kémalistes. Il y a en effet tout à parier que ces Syriens ne repartiront plus, renforçant ainsi l’enclave arabe dans cette région où les Turcs sont majoritaires.
La Syrie, un enjeu pour la Russie
C’est à la lumière de cet éclairage historique qu’il faut examiner la situation en Syrie, dont personne ne semble comprendre la volonté d’acier des Russes et des Chinois de défendre Bachar el-Assad envers et contre tout, qui est pourtant, ici aussi, très simple à comprendre.
Les cinq pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont des intérêts essentiels en Méditerranée, devenue un des axes majeurs du trafic de l’économie mondiale. Chacun y a sa base navale : les Français à Toulon, les Américains à Naples, avec la VIe flotte, les Anglais ont deux bases aériennes à Chypre avec des droits de mouillage à Larnaca. Il faut noter que les deux bases aériennes anglaises : Akrotiri (75,5 km2) et Dhekelia (81 km2), sont en relation directe avec la base aérienne OTAN d’Izmir.
Pour leur part, les Chinois ont racheté le port commercial d’Athènes : Le Pirée, ce qui leur permet d’inonder l’Europe de leurs marchandises. Mais les services spéciaux chinois y ont aussi basé leurs antennes chargées du renseignement.
C’est pourquoi la Russie ne pourra jamais accepter la perte de sa base navale en Méditerranée et sortir du jeu de la Mare Nostrum. Depuis 1971, c’est-à-dire depuis que l’Union soviétique et Hafez el-Assad ont signé un accord pour occuper une base navale dans le port de Tartous, au nord de Beyrouth, en territoire syrien, la présence russe est permanente. Dans ces conditions, les Russes ne peuvent renoncer à disposer d’unités navales pré-positionnées en Méditerranée en cas de conflit avec l’OTAN. Dans le système défensif mondial, la projection de puissance, autrefois dévolue aux croiseurs, puis aux porte-avions, est désormais relayée par le porte-hélicoptères.
C’est précisément cette option stratégique que la marine russe a privilégiée. Or, Vladimir Poutine, réélu pour quatre ans le 7 mai 2012, a eu pour première décision de transférer, le 31 août suivant, le quartier général de la marine de guerre à Saint-Pétersbourg alors que celle-ci était à Moscou sous la période soviétique. Saint-Pétersbourg est sa ville natale et celle dont il a été le maire. Ce fut aussi la volonté de Poutine de renforcer sa marine et d’accéder aux demandes de porte-hélicoptères de l’état-major. Or, c’est un bâtiment de 210 mètres de long, deux fois la taille d’un terrain de football, dont il s’agit. Officiellement prévu pour la flotte du Pacifique, tout porte à croire que les travaux de Tartous sont aussi faits pour l’accueillir.
Dès octobre 2009, la flotte maritime militaire de Russie a exprimé le besoin de navires de ce type. L’affaire a été conclue avec la France pour deux premiers exemplaires du type Mistral. Deux bâtiments sont construits aux Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire avec la participation des chantiers navals russes de la Baltique (OSK), qui sont précisément situés à Saint-Pétersbourg. Baptisé Vladivostok, le premier sera mis à l’eau le 15 octobre 2014 à Saint-Nazaire et remis aux autorités russes le 1er novembre suivant.
Depuis 2008, les Russes remettent consciencieusement à niveau les installations de Tartous destinées à l’usage de la marine russe pour accueillir le porte-hélicoptères. Cette base, communément appelée « point d’appui logistique naval russe en Méditerranée », est composée de deux quais flottants, d’un atelier, de plusieurs dépôts, de diverses casernes et d’autres installations de stockage d’armement. Près de 300 personnels russes, accompagnés de leurs familles, sont en charge de la maintenance et de la modernisation du site. Dans le monde, c’est la seule base navale russe extérieure à la Russie. Les investissements, si l’on ajoute le coût des deux navires, la mise à niveau de Tartous et la relance des chantiers navals militaires de la Baltique, se chiffrent au minimum à deux milliards de dollars.
Imaginer un instant que les Russes prendraient le risque de voir un autre pouvoir que celui de Bachar el-Assad s’installer à Damas, dont le premier souci serait d’expulser les Russes de Tartous, relève soit de l’incompétence, soit de la folie.
Et si une coalition occidentale, telle celle qu’a souhaitée François Hollande, « punissait » la Syrie…?
Si la coalition occidentale attaquait la Syrie, elle prendrait la décision d’installer ensuite délibérément un pouvoir hostile aux Russes, mais, de surcroît, elle prendrait le risque non négligeable de tuer des marins et des officiers mariniers de la flotte russe. Inimaginable ! Donc, mieux informé des enjeux, Barak Obama a reculé.
Cette pièce syrienne a aussi un autre rôle essentiel sur l’échiquier de Vladimir Poutine : elle légitime le maintien en l’état de la Convention de Montreux.
La Convention de Montreux, officiellement Convention concernant le régime des détroits, est un accord international multilatéral daté du 20 juillet 1936 et signé dans la ville de Montreux, sur le lac Léman. Elle est entrée en vigueur le 9 novembre 1936 et règle depuis cette date l’exercice de la libre circulation entre la mer Noire et la mer Egée par les détroits des Dardanelles et du Bosphore. Cette convention justifie le passage régulier des navires de guerre russes, basés à Odessa, qui se rendent à Tartous.
Bachar el-Assad n’est pas un vulgaire Ben Ali ou Kadhafi, et il peut dormir tranquille : son accord avec les Russes le met à l’abri de toute mauvaise surprise, car l’enjeu n’est pas syrien mais bel et bien russe.
La Turquie isolée
La vraie mauvaise surprise vient en fait de Turquie. Après avoir voulu servir de pont entre l’Orient et l’Occident, le gouvernement d’Ankara a clairement basculé dans l’islam. Ainsi, après la question arménienne, l’insoluble problème kurde et l’interminable occupation du nord de Chypre, le gouvernement turc s’est créé un souci supplémentaire avec la Syrie, après l’incroyable épisode des bateaux pour la Palestine.
En effet, le 31 mai 2010, l’expédition nautique le long des côtes israéliennes devait faire s’écrouler l’image positive de Tayyip Erdogan auprès d’Israël. Le but était humanitaire, les neufs morts étaient d’innocents militants qui n’avaient pas mesuré les risques pris en allant chatouiller Tsahal sur le bord de ses plages de sable, mais le résultat est avéré : du statut d’alliée fiable, la Turquie a basculé dans le camp des complices des terroristes. Les relations diplomatiques, qui furent provisoirement rompues, ont basculé dans la défiance.
Débordé par ses idéologues fondamentalistes qui ont désormais pris le pas sur les opportunistes et les affairistes au sein de l’AKP, le soutien aux opposants à Bachar el-Assad était devenu la session de rattrapage auprès de ses extrémistes de l’AKP. C’est un échec terrible pour les Turcs qui se trouvent désormais en conflit ouvert avec les Russes, en étant de plus prisonniers de l’aide qu’ils apportent aux opposants syriens, donc objectivement à Al-Qaïda.
Dans cette affaire, où l’intelligence politique eût été au minimum de calmer le jeu, la France s’est déshonorée. Le 17 septembre, alors que le ministre Laurent Fabius allait naïvement à Moscou demander à son homologue Sergueï Lavrov de soutenir les frappes occidentales, celui-ci s’est vraiment interrogé sur le degré d’information de son hôte. Un milliard pour Saint-Nazaire et l’industrie française de l’armement, qui bénéficie surtout à la DCNS : est-il possible que Fabius l’ignore ?
Bruce Denisse, 25/10/2013
Bruce Denisse est le pseudonyme d’un diplomate français ayant exercé d’importantes fonctions en Turquie et dans l’est de l’Europe.
http://www.polemia.com/la-syrie-et-la-turquie-dans-la-tourmente-du-printemps-arabe/ -
Fin de quinquennat : Hollande a déjà achevé son action de président
Article sans concession de Jean-Marc Vittori pour les Echos qui décrète la fin du quinquennat de François Hollande provoquée par trois facteurs : le jeu politique qui impose de dérouler ses grandes réformes dans les premiers mois de son quinquennat, les institutions françaises taillées pour des hommes forts et autoritaires et la gauche enfin, confinée depuis des années dans un rôle d'opposition et incapable du moindre projet constructif. Alors, à quand la prise de conscience par l'intéressé de cet état de fait et la décision qui en découle ? http://www.lesalonbeige.blogs.com/
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Une chape de plomb pour tenir le Peuple
La France est en train d'être asphyxiée. Au-delà des difficultés économiques, du vol programmé de l'épargne, de la faillite des institutions, c'est un « pays létal » qui est en train de remplacer la nation, en étouffant toute critique éthique, en interdisant toute contradiction morale.
En ce moment, les gens se font confiance, et c'est une bonne nouvelle. Jean-Marc Ayrault a confiance en Manuel Valls, qui va faire leur affaire aux Roms : « Je fais toute confiance à mon ministre de l'Intérieur. » Il a aussi confiance en Carlotti, un peu grillée à Marseille : « Elle a toute ma confiance et elle reste membre du gouvernement. » (C'est un grand confiant, Ayrault : il avait aussi « toute confiance » en Cahuzac.) Moscovici a confiance en la France, en la croissance, en la reprise : « Nous sommes une grande économie, diversifiée, et nous renforcerons au contraire la croissance par la confiance. La reprise est là, la confiance va suivre. » François Hollande exhorte à la confiance : « Mais l'Europe doit aussi avoir davantage confiance en elle. » (Nouvel Observateur, 11 octobre). Taubira fait confiance aux juges, Montebourg à Courrèges (« Avec vous, la bataille du made in France est gagnée. Vous êtes les héros de la reconquête industrielle! »), Filippetti à Sophia Aram. Bref, un torrent de confiance dévale les pentes de la société et vient irriguer une France qui souffre.
Une autre conception de la démocratie
Sauf à Brignoles. On ne peut pas faire confiance à Brignoles. Ni au Front national. Ni au Peuple. Il faut dire aussi que « Brignoles n'est pas la France », comme l'a si bien dit le premier ministre, que le Front national n'est pas un parti républicain, comme chacun sait, et que le Peuple se trompe. Les Français (64 %, sondage CSA, 14 octobre) n'ont pas confiance dans le gouvernement? Leur défiance « n'est pas fondée », selon Moscovici. Le Peuple, qui se trompe, donc, doit faire confiance aux élites, comme le rappelle Bertinotti. Le gouvernement bouleverse le Comité national d'éthique :
« Des opinions diverses, contrastées, vont pouvoir s'exprimer. Vous doutez de nos élites, nous leur faisons confiance. C'est une autre conception de la démocratie que la vôtre », explique le ministre.
Voilà, tout est là : c'est une autre conception de la démocratie. Une démocratie où le pouvoir peut ignorer le peuple, ou l'écouter, selon sa grille de lecture, assez discriminante, qui réclame la pleine et entière adhésion. Qui réclame de pouvoir décréter la confiance et s'offusquer qu'elle ne soit pas au rendez-vous. Critiquer au nom du bien commun, c'est d'abord s'exclure. Réclamer d'être entendu quand son discours n'est pas conforme à la doxa socialiste, c'est contrevenir aux règles du dialogue. Le gouvernement peut laisser des enseignes de grande distribution bafouer les décisions de justice mais éprouve le besoin de menotter les Veilleurs, le pouvoir peut interdire des manifestations LMPT pour éventuels « troubles de l'ordre public » mais laisser les Bretons bloquer l'aéroport de Brest, les politiques n'ont pas de termes assez durs pour flétrir un député qui caquette mais demeurent muets quand les Femen attaquent.
C'est une chape de plomb qui s'abat sur la France : tout est permis au nom de l'économie mais plus rien ne se débat au nom de l'éthique. La légalité est érigée en dogme, l'aveuglement en vertu, l'inflexibilité en méthode - pourvu qu'il s'agisse d'imposer un nouvel ordre moral. Toutes les désobéissances civiles et les critiques virulentes sont permises et même encouragées pourvu qu'il s'agisse de défendre l'emploi (même en dépit du bon sens) ou une bienpensance sans frein. Pour le reste, le pouvoir vit dans sa bulle et façonne lentement son totalitarisme mou, n'hésitant jamais à expliquer qu'il rassemble alors que la France est divisée comme jamais, riches contre pauvres, chômeurs contre travailleurs, militaires contre civils, administrations contre administrés, droite contre gauche, religieux contre anticléricaux, femmes contre hommes, jeunes contre vieux, toutes oppositions attisées incessamment par des ministres aux déclarations sectaires et aux expérimentations folles.
Hubert Champrun monde&vie du 22 octobre 2013 -
Gaz de schiste, nucléaire… Des lobbys sous haute tension
Débat sur le gaz de schiste, choix nucléaires… Depuis plus d’un an, industriels et associations environnementales s’affrontent pour tenter d’infléchir la politique du gouvernement. Coulisses d’une guerre sans merci. Avec ses stratèges, ses conseillers de l’ombre et ses victimes.
L’ambiance est studieuse, en ce 14 septembre 2012, au Palais d’Iéna, qui accueille la première conférence environnementale voulue par François Hollande. A la table ronde sur la transition énergétique, Delphine Batho, ministre de l’Ecologie, mène les débats, distribuant la parole – et les bons points – aux uns et aux autres. Assis à sa droite, Arnaud Montebourg baille aux corneilles, et finit par sortir un magazine. C’est un numéro de L’Usine nouvelle, barré de ce titre : “Gaz de schiste. C’est bon pour l’industrie” ! Le patron de Solvay, Jean-Pierre Clamadieu, seul industriel présent à la table, constituée de représentants d’ONG, ne peut réprimer un sourire.
La jeune ministre, 39 ans, fraîchement nommée à la place de Nicole Bricq, ne trouve pas, elle, la scène si drôle. Elle a fait de l’interdiction du gaz de schiste son premier combat, persuadée que le président de la République la soutient. “S’il y avait encore des doutes sur le poids de l’environnement dans ce gouvernement, s’enthousiasme-t-elle au lendemain de la conférence, la page est tournée.” Peut-être aurait-elle dû se méfier. Dès le 17 septembre, le ministre du Redressement productif donne une interview tonitruante au Monde, pour défendre la recherche dans ce domaine. Un texte soigneusement relu par Matignon.
Deux mois plus tard, c’est le président lui-même qui ouvre une brèche, en se déclarant favorable à “d’autres techniques” que la fracturation hydraulique pour exploiter les gaz de schiste. Pour les lobbys industriels, qui ont beaucoup oeuvré en coulisses, c’est une petite victoire.
Le prélude à des mois de combats ininterrompus avec les ONG. Jusqu’à la décision du Conseil constitutionnel, ce vendredi 11 octobre, de valider la loi de juillet 2011 qui interdit toute exploration et exploitation des hydrocarbures non conventionnels. De quoi réjouir, cette fois, le lobby écolo.
La partie, en principe, devait se jouer à visage découvert. C’est la grande idée du débat sur la transition énergétique, promis par le chef de l’Etat pendant sa campagne. Ce Grenelle à la sauce hollandaise doit mettre tous les sujets sur la table : gaz de schiste, nucléaire, réchauffement climatique… “L’idée était que, pour une fois, les discussions ne se fassent pas dans les couloirs ou les cabinets, mais en toute transparence“, commente Batho.
Voeu pieux. Avant même que le débat ne commence, les industriels ouvrent le feu : dans une lettre adressée au début d’octobre 2012 à la ministre, Jean-Pierre Clamadieu, président de la commission développement durable du Medef, se plaint que les entreprises ne puissent être représentées individuellement, ou même par branche, alors que la moindre ONG dispose de son rond de serviette à la table des discussions. “Pendant des mois, ils ont fait entendre cette petite musique auprès de Matignon et de l’Elysée“, confie aujourd’hui Delphine Batho.
Delphine Batho avait fait de l’interdiction du gaz de schiste son premier combat
L’équipe patronale est complétée par Robert Durdilly, président de l’Union française de l’électricité (UFE), un proche de Pierre Gattaz, futur patron des patrons, et Jean-Louis Schilansky, président de l’Union française des industries pétrolières (Ufip). Ils défendent une transition progressive et reprochent aux associations de vouloir jeter à la rivière, du jour au lendemain, les industries nucléaires et pétrolières. Mais le camp patronal peine à s’organiser, d’autant que les intérêts divergent entre ceux qui ont beaucoup à perdre (EDF, Areva…) et ceux qui ont misé sur l’efficacité énergétique (Saint-Gobain, Schneider Electric…).
En face, les ONG, épaulées par Europe Ecologie-les Verts (EELV), sont unies pour défendre les scénarios de l’association NégaWatt, qui promeut la sobriété énergétique et la fin du nucléaire. Unies, aussi, dans leur indignation contre l’omniprésence des lobbys : “EDF était partout, représenté au Medef, dans les syndicats, mais aussi parmi les experts de l’UFE“, dénonce Maryse Arditi, représentante de France Nature Environnement. “En plus, ils avançaient parfois masqués, ajoute le député écologiste Denis Baupin. Comme Etienne Beeker, présenté comme expert indépendant, alors qu’il est salarié d’EDF !“
Delphine Batho, qui, contre l’avis général, a voulu présider le débat, peine à orienter la discussion et à cadrer les acteurs. “A force de vouloir tout contrôler, elle s’est noyée. Lorsque l’on envoyait un e-mail à son directeur de cabinet, c’est elle qui rappelait en direct“, s’étonne encore un grand patron.
Malgré ses airs cassants, la jeune ministre, simple bachelière montée en graine au PS dans le sillage de Julien Dray, puis de Ségolène Royal, est peu sûre d’elle. Exemple, en avril, lors de l’audition sous haute tension d’Henri Proglio par le conseil national du débat sur la transition énergétique.
Les yeux bleus baissés, le stylo à la main, elle écoute religieusement, penchée sur ses notes. Et, lorsque le patron d’EDF balaie avec dédain la question d’Anne Bringault, coordinatrice du travail des associations, qui l’interroge sur le véritable prix de la sécurité nucléaire, elle ne bronche pas. Figée dans la posture de la bonne élève.
Si Proglio affiche une telle désinvolture, c’est qu’il sait que les vraies décisions se prennent non pas boulevard Saint-Germain, mais bien à l’Elysée et à Matignon. Afin de faciliter les discussions avec le Château, où il n’est guère en cour, il a d’ailleurs embauché le lobbyiste Paul Boury, un vieil ami de Hollande, qui lui conseille de faire profil bas. Du moins publiquement.
Car, en coulisses, l’industriel s’emploie, avec l’appui de la CGT, à gagner du temps. “Sur la fermeture de Fessenheim, EDF joue la montre, en espérant que, compte tenu des délais à respecter en matière de sûreté, le décret de fermeture ne puisse pas être promulgué avant l’arrivée d’une nouvelle majorité, en 2017″, décrypte la députée européenne Corinne Lepage, ancienne ministre de l’Environnement.
Laurence Parisot en première ligne
Comme lui, la plupart des patrons français s’opposent au projet de Hollande de réduire de 75 à 50 % la part du nucléaire dans la production d’électricité d’ici à 2025. Ils sont aussi convaincus de la nécessité de promouvoir les gaz de schiste. Le message est martelé dans la presse, mais aussi en petits comités au cours de dîners avec le président. “A table, la politique énergétique revenait en boucle“, témoigne un industriel. Les plus actifs ne sont pas forcément ceux que l’on croit.
Sur les gaz de schiste, par exemple, Total ou GDF Suez, qui craignent le retour de bâton médiatique, laissent d’autres s’emparer du sujet. Laurence Parisot, encore patronne du Medef, est en première ligne, accompagnée de Jean-Pierre Clamadieu. Le patron de Solvay, entreprise qui fabrique notamment des produits utilisés dans la fracturation hydraulique, a le profil idéal : ce X-Mines, diplomate et avenant, a le don de faire passer ses idées en douceur. De plus, il est très bien connecté : c’est un ancien du cabinet de Martine Aubry au ministère du Travail, où il a notamment côtoyé David Azéma, l’actuel patron de l’Agence des participations de l’Etat.
Le 18 décembre 2012, avenue Delcassé, dans le VIIIe arrondissement de Paris, l’Association française des entreprises privées (Afep), accueille, pour la première fois, un président de la République en fonction. Lors de ce dîner, Clamadieu fait un brillant plaidoyer en faveur des gaz de schiste.
L’exemple américain, argumente-t-il devant les 71 patrons présents, démontre qu’ils peuvent être un puissant levier au service de la réindustrialisation et de l’emploi. L’argument ne laisse pas indifférents les conseillers du président, et notamment Emmanuel Macron, grand ordonnateur de ce dîner. “A ce moment, et pendant plusieurs mois, on nous a laissé entendre qu’une ouverture sur la recherche était possible“, témoigne François Soulmagnon, directeur de l’Afep.
Les industriels peuvent compter sur l’appui du réseau des X-Mines, implanté jusqu’au sommet de l’Etat.
Arnaud Montebourg, lui aussi, veut y croire. Jusqu’au bout, le ministre, censé demeurer en retrait sur ce sujet, va poursuivre l’offensive, discrètement. Le 4 mars dernier, Colette Lewiner, directrice du département énergie de Capgemini, participe à l’émission Le Monde d’après sur France 3. Elle bataille alors, seule contre tous, pour défendre les gaz de schiste. Le lendemain, elle est en voiture lorsque son téléphone sonne. Le numéro est masqué. A l’autre bout du fil, Montebourg la félicite pour sa prestation. Lewiner, qui ne le connaît pas, explique qu’elle s’est défendue comme elle a pu. “Je vous donnerai des cours d’éloquence, si vous voulez !” plastronne le ministre.
“Avec un relais comme Montebourg, les industriels n’ont même pas besoin de faire du lobbying“, déplore Jean-Vincent Placé, le stratège politique des Verts, président du groupe EELV du Sénat.
En réalité, les industriels peuvent surtout compter sur l’appui du puissant réseau des X-Mines. Ce grand corps de l’Etat, qui rassemble la crème des polytechniciens, est bien décidé à défendre la politique énergétique volontariste à laquelle il est étroitement associé depuis soixante ans.
“Il n’existe pas un lieu de pouvoir en France lié à la politique énergétique qui ne soit entre leurs mains, que ce soit l’Autorité de sûreté nucléaire, l’Institut de radioprotection de sûreté nucléaire ou encore Areva, tous sont dirigés par l’un des leurs“, dénonce Cyrille Cormier, chargé de campagne énergie pour Greenpeace, à l’origine d’une grande enquête sur le sujet.
Force est de constater que les “corpsards” savent placer leurs pions jusqu’au sommet de l’Etat. A l’Elysée, le conseiller industrie et énergie du président, Olivier Lluansi, ancien de Saint-Gobain, est un X-Mines. Le corps a aussi ses entrées au ministère de l’Ecologie – Nicolas Ott, le conseiller énergies renouvelables – et à Bercy – Blaise Rapior, conseiller chargé de l’énergie de Pierre Moscovici, et Mathias Lelièvre, qui conseille, lui, Arnaud Montebourg. Surtout, les corpsards disposent d’un porte-voix de haute volée, avec Jean-Louis Beffa, patron de leur amicale.
L’ancien patron de Saint-Gobain est un proche de Montebourg, et un des visiteurs du soir de François Hollande. C’est notamment sous l’influence de ce réseau que le président va longtemps maintenir ouverte la question des gaz de schiste. Persuadés que la position de l’Elysée est mouvante, le député PS Christian Bataille et le sénateur UMP Jean-Claude Lenoir, considérés par les ONG comme les “Dupont et Dupond de la défense du nucléaire et des gaz de schiste”, travaillent de leur côté à convaincre le Parlement. Ils ont même lancé, dès la fin de 2012, une grande enquête parlementaire sur le sujet.
Mais un événement va changer la donne : le limogeage, le 2 juillet 2013, de Delphine Batho, qui n’hésite pas à pointer du doigt les lobbys, et en particulier Philippe Crouzet, patron de Vallourec et époux de Sylvie Hubac, directrice de cabinet de François Hollande. “La ministre a surtout surestimé son poids politique, et commis l’erreur de ne pas défendre directement son budget auprès de Cazeneuve et d’Ayrault, qui déjà la trouvaient psychorigide et incapable de travailler en collectif”, témoigne un proche du Premier ministre.
Hollande laisse la porte ouverte à la recherche
Dès lors, le président se trouve avec une nouvelle équation politique à résoudre : ne pas apparaître comme le porte-voix des industriels ! Et ménager ses alliés écolos, auxquels il est lié par un pacte signé durant la campagne. Le 14 juillet, lors de sa conférence de presse élyséenne, il réaffirme son opposition formelle aux gaz de schiste.
Le débonnaire Philippe Martin, qui a remplacé Delphine Batho à l’Ecologie, est également mis à contribution, missionné à l’université d’été des Verts pour annoncer la création d’une taxe climat-énergie – la fameuse “taxe carbone”. Lors de la deuxième conférence environnementale, qui s’est tenue le mois dernier, Hollande multiplie les annonces – contribution climat-énergie, réduction de la TVA sur la rénovation thermique de l’habitat…
Au grand soulagement du duo de ministres Verts Pascal Canfin-Cécile Duflot, confortés au sein du gouvernement. La décision du Conseil constitutionnel validant la loi interdisant la fracturation hydraulique rassure également les écolos. “La porte [des gaz de schiste] est fermée à double tour“, se réjouit ainsi José Bové, oubliant que le président laisse toujours ouverte celle de la recherche !
Sur le fond, les objectifs les plus contraignants ont été repoussés à 2025, 2030, voire 2050, comme la division par deux de la consommation d’énergie. De quoi rasséréner les industriels, qui ont su décrypter le message présidentiel.
“En fait, les gaz de schiste ont servi de paravent, analyse une figure du patronat. Le vrai deal est ailleurs : Hollande va échanger une prolongation de la vie des centrales contre un financement de la transition énergétique par l’industrie de l’atome.” Les gardiens du temple nucléaire n’ont pas encore dit leur dernier mot…
L’Expansion
http://fortune.fdesouche.com/330857-gaz-de-schiste-nucleaire-des-lobbys-sous-haute-tension -
Courrier international et Valeurs actuelles : deux choix, deux conséquences (par Joris Karl)
Ce sont deux titres emblématiques de la presse française. Leur trajectoire en 2013 emprunte un chemin radicalement différent. Il y a une leçon à en retenir…
Si ces hebdomadaires sont incontestablement de qualité, l’un est en crise, l’autre connaît une sorte d’apogée.
Courrier international (qui appartient intégralement au groupe Le Monde) vient de connaître une grève historique à la mi-octobre : le numéro du 17 octobre n’est donc pas sorti en kiosque. Ironie du sort, il était consacré à la censure de la presse dans le monde !
La grève était inévitable, parce que ce dernier va subir une véritable Bérézina : le plan de licenciements proposé par la direction prévoit « la suppression de 26 postes équivalents temps plein, soit 29 postes au total, sur un effectif total de 90 personnes. Le plan prévoit, en outre, la suppression de 25 postes de pigistes réguliers », à en croire Le Monde. De son côté, Libération nous apprend que « ce plan fait suite à la perte pour Courrier international d’un très gros contrat avec la Commission européenne, qui a décidé d’arrêter son site d’info, Presseurop.eu, réalisé principalement par l’hebdo depuis 2009. Cette perte va priver Courrier international de 2,5 millions d’euros de recettes, sur un chiffre d’affaires annuel d’environ 30 millions. » On n’est jamais trahi que par les siens.
Cela ne doit pas faire oublier une réalité plus terre à terre: la chute libre des ventes au numéro, moins 17 % sur un an !
À l’inverse, Valeurs actuelles n’en finit plus de progresser. Selon l’OJIM, les ventes au numéro pour la période février-mars 2013 ont augmenté de… 71,9 % ; les médias reprennent ses unes quasiment chaque semaine, parfois pour les traiter (évidemment) « d’extrême droite ».
Il est vrai que le contenu de cet hebdomadaire a clairement changé.
Fini le magazine coincé pour cadres UMP propres sur eux. Maintenant, Valeurs actuelles balance la sauce : on parle vrai, des Roms, de l’immigration invasion, on se « zemmourise » méchamment. Quand Courrier http://www.journaldesfemmes.com/mode/0612-benetton/images/pub-1.jpginternational maintient, coûte que coûte, sa ligne politique bobo pro-européenne, pro-immigration, pro-métissage, son challenger vire carrément « populiste », c’est à dire, en vérité, « populaire ».
Le problème, c’est que le modèle multiculturel Bisounours défendu par Courrier international s’effondre sous ses yeux comme le bloc de l’Est a fondu devant l’Humanité. Il y a quelques mois, il nous pondait un numéro spécial sur le Brésil, vantant un pays heureux, car métissé. Pas de bol, les émeutes historiques de São Paulo commençaient au lendemain ou presque de la sortie du hors-série. Le lecteur type de Courrier international, c’est le lycéen un peu naïf, qui décore sa chambre chez Maisons du monde, écoute Radio Nova et reste en extase devant l’Autre avec un grand « A ». Il a l’impression d’être plus intelligent, parce qu’il « s’ouvre » sur l’univers tout entier. Au fond de la chambre brûle un bâton d’encens…
Les lecteurs de la presse papier sont en train de préférer la presse du pays réel. Dommage pour les autres !
Source http://www.bvoltaire.fr/ -
Immigration : La réalité des chiffres face aux « constats » du Nouvel Obs
Tribune libre d’Anthonin
Le Nouvel Obs a repris l’intervention de Florian Philippot sur Canal+ pour tenter de démonter ses arguments en publiant un article « les 9 mensonges du FN révélés». Il est assez surprenant de lire des réponses hors sujet et mélangeant un peu tout.
Nous allons répondre aux questions avec une argumentation sourcée auprès d’intervenants (prix Nobel d’économie, directrice de recherche INED…), de sites officiels (INSEE, HCI, ministère de l’intérieur etc) et de médias reconnus.
Il est important de rappeler que c’est l’immigration massive qui est pointée et non l’individu en lui-même, simple bénéficiaire d’une politique pro-immigration.
1. Les immigrés « nous envahissent » ? Faux, ils sont nécessaires à notre démographie et juste en nombre suffisant. Ils étaient 267.000 en 2011 pour 200.000 Français qui quittent notre territoire chaque année.
La question porte sur l’invasion et non sur la nécessité. Dès lors qu’un peuple a besoin d’apport extérieur pour développer sa démographie, c’est un signe de dépérissement et d’extinction, comme l’a très bien décrit Hervé Juvin sur France culture.
L’exemple donné en réponse fait allusion aux Français quittant le territoire. Or, la définition de Français aujourd’hui ne correspond plus à des personnes de culture française. Selon le ministère de l’intérieur :
2.370.779 étrangers ont acquis la nationalité française entre 1995 et 2012. Soit une moyenne de 139.457 naturalisations/an.
En outre, le taux de fécondité atteint en 2012 le nombre de 2 enfants par femme, chiffre le plus élevé depuis 30 ans. Le taux minimum pour un maintien démographique étant de 2,1, la France aurait dû voir sa population baisser. Or, elle est passée de 55,57 millions en 1982 (date du déclin de la fécondité) à 65,58 millions en 2013 selon l’INSEE, soit une augmentation de 10 millions d’habitants.
En 2010, 18% des naissances en France étaient le fait de mères étrangères. Rien qu’en Ile-de-France, 60% des naissances auraient nécessité un dépistage à la Drépanocytose, maladie touchant principalement les personnes « originaires des Antilles, d’Afrique noire mais aussi d’Afrique du Nord.»
Même si la médecine a permis de rallonger la durée de vie, l’immigration représente donc une part considérable de la démographie française. Michèle Tribalat, spécialiste de la démographie à l’INED, rappelait que moins de 5% des jeunes sont d’origine européenne à Mantes-la-Jolie. Cette même directrice de recherche révélait devant une commission nationale sur le droit à la nationalité que 12 millions de personnes d’origines étrangères (sur deux générations) étaient présentes sur le territoire français en 2008, soit un habitant sur cinq.
Il faut donc être d’une grande vigilance sur le vocabulaire utilisé. Les chiffres démontrent que le nombre d’étrangers et le nombre de français ayant acquis la nationalité française est considérable. Les chiffres de la drépanocytose démontrent que les Franciliens « d’origine » seront minoritaires en une génération.
2. Les immigrés n’ont « jamais été aussi nombreux » ? Faux, ils étaient 7% de la population en 1981, ils ne sont plus que 6% aujourd’hui.
Là encore, les chiffres sont faussés et c’est l’étude de l’’INSEE (lien dans la question) qui démontre les confusions : des enfants nés en France de parents étrangers ont été comptés comme français, et les méthodes statistiques ont changé deux fois entre 1990 et 1999. Sachant que les définitions évoluent et que les enfants nés de parents immigrés eux-mêmes nés en France sont comptabilisés comme français.
Le Haut Conseil à l’Intégration rappelle dans son dernier rapport qu’un habitant sur cinq est immigré ou descendant d’immigré, soit 11,5 millions de personnes.
Les chiffres cités dans la première question démontrent qu’il y a bien une immigration massivement présente en France et ce depuis une période récente dans l’histoire de France. Nous avons donc, sur deux générations, trois fois plus d’immigrés par rapport aux chiffres de l’expert du Nouvel Obs.
3. Les expulsions « ont ralenti » sous François Hollande ? Faux, il y a eu 38.000 reconduites à la frontière en 2012 avec Manuel Valls et 8000 chaque année seulement sous François Mitterrand.
RESF a admis officiellement que moins de dix familles avaient été expulsées depuis l’arrivée de Hollande au pouvoir.
Les « éloignements » auraient diminué de 40% selon la direction centrale de la PAF.
Donc il est prouvé que les expulsions ont plus que ralenti sous François Hollande.
4. Les immigrés « servent le grand patronat » ? Faux, les immigrés économiques ne représentent que 10% de l’ensemble et ne pèsent pas sur les salaires.
L’unique prix Nobel économique français, Maurice Allais, tirait la sonnette d’alarme en rappelant ceci :
« il n’y a pas de travail que les Français ne veulent pas faire, il y a des travaux qu’ils ne veulent pas faire à un certain prix »
Il est donc évident que l’immigration a servi au grand patronat. Francis Bouygues a utilisé jusqu’à 80% d’immigrés dans ses chantiers. Les patrons ont eu besoin de l’immigration pour combler des emplois à bas coût que les français n’auraient pas exécutés dans de telles conditions (pénibilité, etc).
Mais il faut relever que la réponse n’a rien à voir avec la question !
Tout d’abord, l’immigration rentre sur le marché du travail et c’est le HCI qui le rappelle dans son rapport :
100.000 immigrés se présentent sur le marché de l’emploi grâce à des titres divers tandis que les étrangers « introduits » officiellement par les employeurs sont au nombre de 10.000, soit dix fois moins (Page 41)
Ensuite, 80% du social est financé par le travail. Or si Maurice Allais expliquait ceci :
Il en résulte que lorsqu’un travailleur immigré supplémentaire arrive, il faudra finalement pour réaliser les infrastructures nécessaires (logements, hôpitaux, écoles, universités, infrastructures de toutes sortes, installations industrielles, etc.…) une épargne supplémentaire égale à quatre fois le salaire annuel de ce travailleur.
Il serait logique de comprendre que l’immigration tire les salaires vers le bas de par sa présence massive (offre et demande) et par ses répercussions sur le coût des salaires via les charges sociales (CSG, RDS etc).
5. Les « salaires baissent » à cause des immigrés ? Faux, ils augmentent de +0,27% grâce à eux.
La réponse a été donnée précédemment car s’il a été démontré que les immigrés pèsent sur les salaires, ils ne peuvent pas les faire augmenter.
6. La prochaine immigration sera « asiatique » ? Faux, d’une part parce que les frontières de ces pays sont fermées au Nord et au Sud, d’autre part parce que les Asiatiques n’ont pas les moyens d’immigrer.
L’immigration asiatique a bondi de 51% entre 1999 et 2008. Le nombre de nouveaux arrivants natifs de Chine a plus que doublé depuis 1999 pour atteindre 80.000 en 2009.
7. La France « championne d’Europe » de l’immigration légale ? Faux, le Royaume-Uni a accueilli en 2011 550.000 immigrés, l’Allemagne 500.000, l’Italie 385.000 et la France, 267.000.
Ces chiffres exacts démontrent surtout que l’Europe est très loin d’être une forteresse.
8. Les immigrés « prennent le travail des Français » ? Faux, 60.000 sont des étudiants, 90.000 sont des épouses ou des enfants qui viennent dans le cadre du regroupement familial, 20.000 sont des réfugiés humanitaires et 20.000 des réfugiés économiques.
L’existence même de la discrimination positive, ou préférence étrangère, est la preuve qu’une partie de l’immigration prend le travail des Français. Les emplois aidés visant tout particulièrement les « jeunes » des zones urbaines « prioritaires » sont un exemple supplémentaire des emplois pour lesquels les immigrés et fils d’immigrés sont privilégiés, pour un coût de 3,4 milliards par les contribuables. Ces emplois aidés seront également utilisés dans la grande distribution…
Comme cité précédemment dans le rapport du HCI : 100.000 immigrés entrés/an pour d’autres motifs que professionnels rentrent sur le marché du travail.
A noter que la région Ile-de-France, dans la logique d’aider les immigrés (venus hors immigration professionnelle) à intégrer le monde du travail, finance des formations passerelles linguistiques vers l’emploi. Là encore, le contribuable finance la formation d’étrangers pour qu’ils travaillent pour des employeurs privés.
Les chiffres donnés par l’auteur sont donc un non-sens.
9. Peut-on ramener le nombre des immigrés de 200.000 à 10.000 comme le prétend le FN ? Impossible, il faudrait que la France sorte de l’Europe et rompe tous les accords internationaux. Dans ce cas, la France serait tellement isolée que les Français non plus ne pourraient plus émigrer.
Il s’agit ici aussi d’un double aveu : c’est bien la preuve que c’est l’Europe qui autorise l’immigration massive, et que la France n’est plus souveraine sur son propre territoire.
http://www.fdesouche.com/424737-la-realite-des-chiffres-face-aux-constats-du-nouvel-obs#more-424737 -
La rumeur infernale du 9-3
http://www.youtube.com/watch?v=I-SdkGKsBrI
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Manifestation LMPT au Havre le 3 novembre
La Manif Pour Tous Le Havre donne rendez-vous à la plage, terminus du tramway (Porte Océane) dimanche 3 novembre à midi à tous ceux qui défendent la place de la famille dans la société.
A l’occasion de la Transat Jacques Vabre, La Manif Pour Tous Le Havre entend rappeler que la famille doit rester le noyau fondamental de toute société. Le projet de réforme relatif à la famille, actuellement en préparation, s’il doit tenir compte des évolutions sociales, ne peut pour autant occulter le droit pour un enfant à avoir UN père et UNE mère. Or, les déclarations du ministre chargé de la famille semblent, une fois encore, sacrifier LA famille aux profits DES familleS. La famille doit être remise à sa place naturelle et légitime : au centre de toute société. L’intérêt de l’enfant doit continuer à prévaloir, non seulement dans le choix des juges, mais également dans ceux des autorités chargées de veiller à leur éducation et leur bien-être : parents, proches, certes, mais aussi l’Etat ! L’un, comme l’autre, ne peuvent être l’objet ni de dogmatisme, ni d’arrière-pensées électorales. Car au-delà du débat sur la parentalité, c’est un débat sur l’Homme qui se profile : sa marchandisation est indéniablement en route.
La Manif Pour Tous Le Havre invite tous ceux qui s’interrogent sur les valeurs qui doivent non seulement être conservées mais aussi continuer à prévaloir sur les autres, à venir participer au rassemblement du dimanche 3 novembre 2013, à partir de midi, à la plage au terminus du Tramway.
Michel Janva -
La grande peur des bien-pensants
A mesure que l’impopularité de la gauche au pouvoir atteint des sommets et qu’il est constaté que celle-ci ne profite pas à l’aile droite du Système ou à ses chiens de garde d’extrême gauche, l’hystérique machine anti-FN se remet en branle avec une énergie accrue. Rien de nouveau sous le soleil, si ce n’est peut être la conviction inquiète des officines se partageant le pouvoir que les Français essorés, matraqués, envahis, paupérisés, sont vraiment décidés cette fois à renverser la table, à sanctionner comme jamais dans les urnes les échecs des partis euromondialistes .
Cette frousse de la Caste de perdre ses privilèges, qui nous permet en retour de craindre bien des manœuvres, des coups bas, des manipulations d’un Système qui incapable de protéger la France, sait en tout cas très bien défendre ses intérêts, était patent dans les propos d’un Jean-François Copé, interrogé mardi matin sur RTL.
Alors que l’UMP se déchire sur la stratégie à tenir pour contenir la poussée de l’opposition nationale, M. Copé expliquait à l’adresse du tout aussi calamiteux Alain Juppé que « ce qui fait monter le FN, c’est le déni de réalité. Personne ne vote FN avec plaisir. » Il est bien connu a contrario que c’est en proie à une allégresse et à un enthousiasme débordant que électeurs se précipitent avec un bulletin PS ou UMP dans l’isoloir!
A la vérité, le vote FN est tout autant, voire même plus, un vote d’adhésion à des idées que peut l’être un vote UMP, FG ou PS, comme l’ont enregistré dernièrement de récurrentes enquêtes d’opinion. Un déni de réalité peut en cacher un autre M. Copé…
Au PS, les humanistes s’inquiètent aussi de l’éventualité de la fin du jeu de balancier stérile, de la (fausse) alternance gauche-droite, de cette incapacité de l’UMP à récolter les raisins de la colère nationale. Dans Le Figaro, le président socialiste du Sénat, Jean-Pierre Bel, en fait clairement l’aveu: »Si la gauche échoue, ce sera pour longtemps » dit-il. « Ce ne sera pas forcément au profit de la droite républicaine, pas plus que de la gauche de la gauche. Le danger du Front National est évident. On a tout à perdre« …
Conscient du danger, le Grand Orient de France (GODF) tire la sonnette d’alarme et mobilise ses réseaux, ses frangins, tandis que se multiplie les menaces de couper les vivres aux villes dont les électeurs auront démocratiquement choisi de se doter d’une municipalité FN ou RBM.
René Olmetta, 79 ans, Vice-Président PS du Conseil Général des Bouches-du-Rhône, incarnation emblématique du si progressiste et honnête socialisme marseillais, Président GODF du Cercle Ramadier de PACA, a toujours le compas dans l’œil. La Fraternelle des élus de gauche se mobilise. Il organise le 5 novembre prochain, en compagnie d’un autre humaniste, Loïc Gachon , maire de Vitrolles, Conseiller Général des Bouches-du-Rhône, une réunion maçonnico-politique de mobilisation pour contrer après Brignoles « la montée du Front National »; à l’heure est-il énoncé par le grand sachem local Olmetta, ou » nos valeurs (sic) sont une nouvelle fois attaquées ».
De nouveau élu à la présidence du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), ou il a succédé en mai dernier à Richard Prasquier, Roger Cukierman, 76 ans, également vice-président du Congrès Juif Mondial, y va lui aussi de son couplet grandiloquent (grand-guignolesque).
Dans une tribune publié hier dans Le Monde, il s’essaye bien lourdement et sans grand talent, dans le fond comme dans la forme, à la politique fiction: « il est 20 heures ce 14 mai 2017. Le visage de Marine Le Pen se dessine lentement sur les écrans de télévision de millions de Français, au soir du second tour de l’élection présidentielle.Elle devient le 8e président de la Ve République. C’est un séisme politique.Quelques semaines plus tard, portée par ce succès et à l’issue de tractations avec des parlementaires en dissidence de leurs propres partis, Marine Le Pen dispose de la majorité à l’Assemblée nationale ».
Un préambule réjouissant de prime abord mais « Le scénario de (son) cauchemar varie selon les nuits » poursuit M. Cukierman qui expose ensuite tous les clichés possibles et variantes de celui-ci en instrumentalisant, toujours selon le même procédé que l’on a le droit de juger intellectuellement indécent et moralement répréhensible, son passé d’ « enfant caché pendant la seconde guerre mondiale ».
« Il est des réveils brutaux, mais salutaires » conclut M Cukierman. « Nous avons la responsabilité collective de tout faire pour qu’il continue d’en être ainsi. Le Conseil représentatif des institutions juives de France, que je préside, sera de ce combat.«
« Après vous avoir livré mon cauchemar, je veux vous dire quel est mon rêve : que le FN revienne à son ancien statut de groupuscule. Je n’exonère pas pour autant ceux qui, à l’extrême gauche, à l’autre bout du spectre politique, font également preuve d’intolérance et de radicalité, et qui méritent aussi de rester des groupuscules. Attention ! Il y a péril dans la maison commune ! »
Péril qui ne sautait pas aux yeux de M. Cukierman en 2002 quand, dans un entretien accordé au quotidien israélien Haaretz au lendemain de la qualification de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle, il avait affirmé avec balourdise que « Le score de Le Pen sert à réduire l’antisémitisme musulman et le comportement anti-israélien, parce que son score est un message aux musulmans leur indiquant de se tenir tranquilles ».
Femme de gauche, Esther Benbassa, titulaire de la chaire d’histoire du judaïsme moderne à l’Ecole pratique des hautes Etudes, s’interrogeait il y a quelques années sur la légitimité de la structure que préside Roger Cukierman : « Mais que représente véritablement le Crif et combien sont-ils en son sein ? On ne le saura jamais. Ce qui compte, c’est qu’il est perçu comme un lobby (mot horripilant en France) par les politiciens. Et considéré comme tel, il l’est bien, un lobby, en fait. Ceux qui s’agglutinent à son dîner croient vraiment qu’il joue un rôle important dans la machine électorale. On y vient à la pêche aux voix juives, et pour être adoubé par des juifs dont l’influence serait déterminante, en raison de la place qu’ils occupent, ou sont censés occuper, dans la société française ».
Ce jugement sur une structure communautariste comme le Crif peut aisément s’étendre à l’ensemble des porte-voix (porte-flingues) des différentes boutiques et écuries du Système. La réalité constate Bruno Gollnisch, c’est que les admonestations, les leçons de morale, les anathèmes anxiogènes, moralisateurs de M. Cukierman ne portent pas plus que ceux de l’UMPS.
Car ces gens là dont le discours ronronne et tourne à vide dans l’entre soi, ont perdu la connexion avec le peuple français , dans toutes ses composantes, et sont incapables de répondre à ses attentes. Alors oui, le déni de réalité est toujours tôt ou tard sanctionné.
http://www.gollnisch.com/2013/10/30/grande-peur-bien-pensants/Lien permanent Catégories : actualité, élections, France et politique française, lobby 0 commentaire