Les 8 et 9 février prochains, en Provence, un grand colloque national d’Action française se tiendra avec pour thème :
6 février 1934 - 6 février 2014 : SUR LES PAVÉS, LA RAGE
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Dans un précédent développement, je questionnais l’idée du nationalisme en replaçant l’histoire même du nationalisme, de façon un peu rapide certes, mais telle est la loi du genre lorsqu’on publie sur internet.
Il est important de poursuivre notre réflexion sur un nationalisme français du XXIe siècle, partant du constat que les différents évènements géopolitiques, les crises économiques et financières et les crispations identitaires conduisent de nombreux mouvements à travers l’Europe à s’enraciner dans le fait national. Nous pouvons penser immédiatement au Front National en France, à Casapound en Italie, à l’Aube Dorée en Grèce, au Jobbik en Hongrie. On peut tout à fait avoir une opinion négative de certains de ces mouvements et ils n’ont pas forcément de rapports les uns avec les autres, mais ils traduisent tous à leur façon le simple fait que face à l’UE, face à l’offensive du Capital et face à l’immigration de peuplement, la nation, produit d’une longue histoire apparaît presque « spontanément » comme l’échelon de résistance, de défense mais aussi, et surtout, de reconquête.
Cependant le nationalisme français est aujourd’hui sujet à une profonde crise interne qu’il convient d’analyser. Nous avons déjà donné notre opinion sur le FN, nous n’y reviendrons pas. De même nous avons donné de façon synthétique quelques éléments sur la pensée identitaire et la pensée dissidente. Ce texte est donc un complément de toutes nos réflexions récentes. Il vise à comprendre dans quels univers s’ébroue le camp « national », est-il d’ailleurs vraiment « national » ?
L’influence « allemande » : l’ethno-régionalisme identitaire
Le nationalisme français a été depuis de nombreuses décennies mis en concurrence avec la pensée ethno-régionaliste identitaire, de fait que si les deux familles aspirent souvent à préserver une identité héritée, le cadre de réflexion, d’expression et d’action n’est pas vraiment le même. La Seconde Guerre mondiale aura marquée une véritable rupture à ce niveau, de même que les années 60 en auront marquées une seconde.
Jusqu’au second conflit mondial, la résistance et la reconquête se faisait dans un cadre national, sans véritable volonté hégémonique, à l’exception de l’Allemagne qui souhaitait en finir avec le traité de Versailles. Les combats sur le front de l’est contre l’URSS auront fait naître dans l’esprit des nationalistes l’idée que l’unité européenne pouvait permettre d’être plus fort contre un ennemi commun, qui était ici le bolchevisme. Cela a pu conduire à l’idée qu’il fallait bâtir d’un nouvel ordre européen sous l’influence d’une nouvelle chevalerie, les SS, qui serait basée sur des régions historiques comme vous pouvez le voir ici :

Carte de l'Europe des SS
Cela nous fait « étrangement » penser aux théories de l’anarchiste autrichien Leopold Kohr, qui faisait l’éloge des micro-états (non ethniques), pour favoriser la concorde continentale, théories inspirées par une vision médiévale de l’Europe comme vous pouvez le voir ici :

Carte de l'Europe de Leopold Kohr
Après guerre des personnalités comme Saint Loup ou Robert Dun, à l'origine issus de l’ultra-gauche mais engagés dans la Waffen SS contre le bolchevisme, se feront les relais de cette conception de l’Europe. D’autres personnalités, comme le breton Yann Fouéré iront dans ce sens, comme l’indique l’ouvrage L’Europe aux cents drapeaux qui reprend « curieusement » le drapeau de l’Union Européenne sur cette édition* :
Le 21 janvier 1793, la racaille révolutionnaire, ivre de haine et de rage, assassinait le roi de France, Louis XVI, âgé de 38 ans.
Cet acte sauvage recelait une grande force symbolique : en décapitant celui qui était le père de la nation organique et le sommet de l’Etat monarchique, c’était l’ordre ancien qui était abolit, en profondeur, au profit d’une contre-civilisation qui allait s’instaurer progressivement et inexorablement et dont nous connaissons aujourd’hui une certaine étape.
Pour l’anecdote, et contrairement à ce que laissait espérer l’innovation technique que constituait la guillotine, l’exécution du roi martyr fut une boucherie.
Revenons donc à ce triste épisode, au cœur des heures les plus sombres de notre histoire.
Craignant un ultime rebondissement si le roi faisait un discours devant la foule, le commandant de la garde nationale donna l’ordre de faire jouer tous les tambours au pied de l’échafaud, qui était d’ailleurs fortement protégé.
Sur la dernière marche cependant, le roi fit un signe impérieux aux tambours qui, surpris, cessèrent de battre, et cria d’une voix tonnante : « je meurs innocent de tous les crimes qu’on m’impute. Je pardonne aux auteurs de ma mort, et je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombe jamais sur la France. Et vous, peuple infortuné… »
Déjà, des ordres étaient donnés et les tambours reprenaient.
Un journaliste de l’époque écrivit : « est-ce bien le même homme que je vois bousculé par quatre valets de bourreau, déshabillé de force, dont le tambour étouffe la voix, garrotté à une planche, se débattant encore, et recevant si mal le coup de la guillotine qu’il n’eut pas le col mais l’occiput et la mâchoire horriblement coupés ? »
D’après certains témoignages, il fallut s’y reprendre à deux fois pour trancher la tête, tandis que d’autres affirment que le bourreau dut appuyer de tout son poids sur la lame qui avait à peine entamé le crâne – au lieu du cou – afin de détacher la tête…
Le prêtre présent raconta qu’ensuite « le plus jeune des gardes, qui semblait avoir dix-huit ans, saisit immédiatement la tête, et la montra à la populace en faisant le tour de l’échafaud ; il accompagna cette monstrueuse cérémonie des gestes les plus atroces et les plus indécents ».
On notera avec inquiétude que l’idéologie républicaine, contre-nature et forgée dans le sang de très nombreux Français, connaît aujourd’hui un certain regain de popularité dans la « mouvance nationale », même si certaines structures comme le Renouveau français y ferraillent inlassablement contre la doctrine mortifère issue des Loges.
Ci-dessous, le beau testament de Louis XVI, rédigé le 25 décembre 1792, envoyé à la Commune de Paris le 21 janvier 1793 :
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L’anglophonie triomphante et arrogante de l’Union européenne a connu un –petit- coup d’arrêt à Athènes, la semaine dernière. Le gouvernement grec, qui avait invité un groupe de 65 journalistes européens à le rencontrer, comme cela se fait au début de chaque présidence semestrielle tournante, a choisi de s’exprimer en grec et de fournir une interprétation vers l’anglais et le français.
Et ce, même si la plupart des ministres grecs parlent parfaitement l’anglais, le français ou l’allemand (et parfois les trois). Un retour aux bonnes pratiques, celles qui existaient avant que les eurocrates s’imaginent que les 500 millions d’Européens ont pour langue maternelle l’anglais. [...]
La suite sur Coulisses de Bruxelles
« L’ensemble de la Loi a pour but deux choses, à savoir le bien-être de l’âme et celui du corps. Quant au bien-être de l’âme, il consiste en ce que tous les hommes aient des idées saines […]. Quant au bien-être du corps, il s’obtient par l’amélioration des manières de vivre des hommes les uns avec les autres. On arrive à ce résultat par deux choses : premièrement en faisant disparaître la violence réciproque parmi les hommes, de manière que l’individu ne puisse se permettre d’agir selon son bon plaisir et selon le pouvoir qu’il possède, mais qu’il soit forcé de faire ce qui est utile à tous ; secondement, en faisant acquérir à chaque individu des moeurs utiles à la vie sociale, pour que les intérêts de la société soient bien réglés.
Il faut savoir que, de ces deux buts (de la Loi), l’un est indubitablement d’un ordre plus élevé, à savoir le bien-être de l’âme, ou l’acquisition des idées saines. Mais le second le précède dans l’ordre de la nature et du temps ; c’est le bien-être du corps, qui consiste à ce que la société soit bien gouvernée et que l’état de tous les individus qui la composent s’améliore autant que possible. »
Maïmonide
La “Loi” dont il est ici question est celle de l’ancien Testament, et Maïmonide, qui en dégage les deux finalités, est le docteur juif du XIIe siècle auquel saint Thomas se référait avec respect dans la Summa theologica. Quoique abolie parce qu’”accomplie”, la Loi vétéro-testamentaire a souvent servi de source d’inspiration majeure pour la pensée politique chrétienne. Pensons encore une fois à saint Thomas mais aussi, avant lui, à saint Augustin, et, dans la postérité des deux, à Bossuet et à son admirable Politique tirée des propres paroles de l’Écriture sainte. Pour les légistes royaux également, la “Loi de Moïse” pouvait servir à l’occasion de norme.
Examinons si ce dernier texte de Maïmonide ne pourrait pas en retour nous donner des leçons propres à illustrer ou recommander quelques intuitions de la politique chrétienne.
Finalités de la Loi mosaïque
Pour Maïmonide, la Loi a deux finalités : rendre possible par l’accomplissement des commandements deux perfections, celle de l’”âme” et celle du “corps”. Par “âme” il faut comprendre l’intellect, au sens aristotélicien et scolastique du terme, seul capable, en s’unissant à l’”Intellect Agent” divin, d’avoir des idées vraies (“saines”) sur Dieu. Pour Maïmonide, en effet, Dieu n’est pas connu comme Agapé, par le moyen surnaturel de la grâce, mais comme Celui – l’”Unique” –, dont il faut nier tous les pseudo “attributs” qui l’assimilent volens nolens à la créature, qu’Il transcende absolument, sans aucune analogie possible. Or cette opération de négation, qui est aussi de piété vraie, est de nature intellectuelle.
Jusque-là, on ne voit guère de rapport avec la politique ! Mais on ne saurait ignorer l’ordre du “corps” qui désigne ici, de manière très générale, tout ce par quoi l’âme unique de l’homme, outre sa part intellectuelle, entretient un rapport avec la “matière”, qu’il s’agisse de celle du monde, de la sienne propre ou de celle des autres hommes pris comme “prochains” ou membres du Corps politique.
Maïmonide explique ailleurs que, pour que son intellect fonctionne pleinement et puisse donc connaître Dieu, il faut que l’homme assujettisse – toujours grâce aux préceptes pédagogiques de la Loi – ses passions et son imagination : par exemple on ne peut à la fois être colérique et avoir un usage sain de l’intellect ; cela, non parce qu’être en colère serait moralement un “mal”, mais parce que l’intellect en serait perpétuellement troublé et empêché. Mais cette rectification de soi ne suffit pas : l’homme doit être en paix avec ses concitoyens ; il doit entretenir des rapports de justice avec eux ; il lui incombe encore, renonçant à son individualisme, de leur être “utile”.
Si la perfection de l’homme – connaître Dieu – se réalise toujours au niveau de l’individu dont les idées vraies forment son bien propre, acquis au prix d’un immense effort tant de rectification de soi qu’intellectuel, elle passe nécessairement par une harmonie sociale, c’est-à-dire collective. Comme le dit ailleurs Maïmonide, l’homme qui est tourmenté par la faim, qui vit dans une société corrompue (et donc corruptrice) et qui doit fuir la persécution ne peut accomplir sa perfection.
Bienfait spirituel de l’ordre politique
Cette manière de penser la nécessité de la société dont Maïmonide rappelle, comme le feront toujours les chrétiens à la suite d’Aristote, qu’elle est “naturelle” à l’homme, n’est pas sans présenter des points de convergence mais aussi de divergence avec la politique chrétienne : pour cette dernière la “tranquillité de l’ordre” (définition de la paix pour saint Augustin) est un bien en soi et un bien en tant qu’elle favorise la recherche du “salut” de l’”âme” spirituelle ; pour l’autre, la société n’est pas un bien en soi – étant indifférente axiologiquement – mais elle en est au moins un de relatif (et de nécessaire) en tant qu’elle assure l’usage convenable de l’intellect. Et Maïmonide ajoute qu’il faut commencer par là !
Ces leçons sont à retenir : celui qui serait tenté de mépriser l’ordre politique au nom d’une vérité supérieure, de nature intellectuelle ou spirituelle, encourt fort le risque de ne gagner rien, étant en passe d’être rattrapé par des désordres mortels. La célèbre formule de Pascal : « qui fait l’ange fait la bête » n’est pas sans présenter une possible résonance politique.
Francis Venant L’Action Française 2000 du 5 au 18 juillet 2007