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culture et histoire - Page 1822

  • Le souverainisme ¹

    Cette question est sans doute la plus importante politiquement puisqu'il y va de notre destin. Notre être en tant que peuple sera-t-il renforcé dans un cadre institutionnel européen ou dilué ? Il ne faut pas caricaturer la position souverainiste puisque que ceux qui s'y réfèrent sont tous conscients d'un fond culturel commun à l'Europe et que tous les Européens ont mieux à faire que de s'entre-tuer. Pour eux l'Europe ne sera jamais aussi grande que lorsqu'elle s'appuiera à la fois sur son fond commun et sa diversité.
    Dans son livre Critiques-théoriques Alain de Benoist aborde la question du souverainisme dans un article intitulé « Souverainistes et souveraineté ». Il faut rappeler ici que cet auteur a une position très européiste. Les arguments sont un peu forcés. Il extrémise les souverainistes qui selon lui ont toujours voulu écraser les régionalismes. Ce n'est pas si simple. De Gaulle que l'on ne peut soupçonner d'avoir souhaité la fin de l'indépendance de la France avait cherché à faire revivre les régions de France.(1) Du temps de la monarchie, les Bretons parlaient leur langue ainsi que les habitants des différentes provinces. Les hussards noirs éradicateurs des cultures locales sont apparus sous la République.
    Il s'est trouvé qu'historiquement une langue a émergé parmi les autres langues et elle a été utilisée pour unifier le pays. Cela a eu des côtés positifs... et aussi négatifs. Le breton, vieille langue celte, plus proche des Gaulois aurait pu jouer ce rôle mais cela n'a pas été ainsi. L'attitude actuelle de certains souverainistes s'explique car Bruxelles oppose les régions contre la France.
    La gauche a tellement voulu identifier la France et la république que l'on trouve parfois une réaction négative au fait français dans certains milieux politiques n'aimant guère la république. Les nazis allemands pensaient ainsi. Dans «Mein Kampf» la France est ainsi élevée au rang d'ennemi suprême.
    Alain de Benoist rêve son Europe qui n'est sûrement pas celle qui se met en place c'est-à-dire ultra-libérale. Il reprend le thème dans le fond très français de l'Europe puissance comme un Giscard en additionnant les chiffres. Il pense aussi qu'elle seule peut préserver des méfaits face au mondialisme alors qu'elle a dans les faits accéléré la mondialisation et ses conséquences. En levant nos frontières à l'intérieur de l'Europe nous avons pris l'habitude de les lever pour tous les pays du monde. L'Europe de Bruxelles a été une machine à mondialiser plus vite. Les traités européens n'ont fait qu'appliquer un libéralisme mondialisé selon le consensus de Washington. Elle n'a jamais servi de protection selon de nombreux économistes ce que regrette amèrement d'ailleurs le prix Nobel d'économie Maurice Allais. (2)
    La crise irakienne a servi de formidable révélateur sur les différends possibles de l'Europe. La déclaration des huit pays européens soutenant les États-Unis a mis l'Europe en miettes selon les mots de l'ultra-européiste François Bayrou. Il existe donc plusieurs conceptions de l'Europe celle anglaise et minimaliste, zone de libre échange avec un fort penchant pour les États-Unis, celle allemande : une Europe grosse Suisse, pacifique et grasse composée de vieux avec des immigrés pour les remplacer. Les termes de l'Américain Rumsfeld même s'ils vexent ne sont pas tout à fait faux. On a maintenant une nouvelle conception de l'Europe venant des nouveaux pays de l'Est, une vision cynique consistant à entrer dans le marché et à obtenir le maximum de subventions tout en ayant une position farouchement pro-américaine et vassale à l'égard de l'Amérique. Avec la probable entrée de la Turquie étant donnés les souhaits de Chirac et Schroder, l'Europe n'aura même plus de valeurs communes fortes qui unissent.
    Elle peut évoluer vers une vague O.N.U. à échelle continentale.
    L'idée d'Europe puissance n'existe que dans le cerveau de quelques français européistes ce qui est la conséquence d'une France qui a renoncé à elle-même et s'apercevra bientôt qu'elle n'a rien en compensation. La construction européenne a échappé à la France.
    Que conclure de ce bilan face à une Europe qui part dans tous les sens. Elle est devenue dans sa logique propre un monstre qui a sans cesse grossi et qu'aucune nation ne contrôle, pas plus que le couple franco-allemand.(3) Elle évolue sous la pression de forces contradictoires. Sur le plan économique, l'Europe n'a pas été la solution pour combattre le chômage, puisqu'elle a amené une très faible croissance si ce n'est une quasi-récession avec toutes les contraintes qu'elle a imposées. Pourtant l'économie est devenue le critère absolu, toutes les autres visions ou idéaux devant s'aplatir face à ses exigences. Les nations dans ce magma européen doivent donc avant tout compter sur elles-mêmes. La France doit de nouveau mettre en place un cadre institutionnel qui préserve ses intérêts sur tous les plans. La crise irakienne a montré que l'inertie de l'Histoire est forte et de nombreuses nations vont continuer à agir de façon souveraine faisant fi des traités quand cela les dérangent. (4) À ce propos certains ont été surpris de la position de l'Espagne qui avait reçu beaucoup de subventions pour son développement. Elle ne s'est pas tu et agi de façon souveraine en dépit de l'argent reçu. Cela a paru invraisemblable pour les européistes pour qui l'argent achète ou doit entraîner la soumission.
    En tout cas les souverainistes français qui défendent la France et sa pérennité ont raison de vouloir défendre sa souveraineté. Cela éviterait de voir ce spectacle insupportable à propos du problème corse, d'une France humiliée, représentée par une délégation emmenée par Nicolas Sarkozy, allant s'agenouiller à Bruxelles en quémandant de l'aide.
    La souveraineté ne peut être que le seul garant des intérêts de la France et de la survie de son être.
    PATRICE GROS-SUAUDEAU 2010
    1) Maurras, nationaliste français par excellence était régionaliste.
    2) Le thème de l'Europe protection a toujours été assez ridicule.
    3) Sur la question irakienne, sans faire injure aux Belges, le couple franco-allemand n'a entraîné dans son sillage que lui même.
    4) Lorsque Tony Blair, plutôt européiste, décide d'envoyer ses troupes en Irak, cela ne lui effleure même pas l'esprit de demander la permission à Bruxelles, ou même d'en faire part à Chirac ou Schroder.

  • Allah‏, par NB

     

    Le gros problème avec l'islam, c’est que le coran, cet infâme torchon, cette lamentable copie mal ficelée de la Thora et de la Bible n’est pas un manuel religieux. C’est un manuel de guerre à l’usage des tribus pillardes du désert.

     

    Mahomet était un caravanier saoudien, un petit bonhomme faisant commerce entre La Mecque et les pays limitrophes du nord. Pays beaucoup plus riches, fertiles, productifs et dotés de religions modernes pour l’époque et monothéistes, religions qui étaient un véritable ciment pour la société. Dans le désert il n’y a rien, absolument rien… même pas un arbre pour faire un manche d’outil ou une arme avec l’une de ses branches. Simplement quelques rares et maigres moutons et chèvres broutant jusqu’à ras du sol et en permanence quelques rares et maigres végétations. Bref, tout ce dont les gens du désert ont besoin se trouve ailleurs, chez l’autre.¢

     

     
    Mahomet, petit, rougeaud, trapu, coléreux, une vilaine excroissance de chair entre les deux épaules, lassé de vivre dans un pays minable, fou de jalousie et de rage à l’égard des pays du nord de l’Arabie, et plus encore à l’égard des pays  encore plus au nord dont il avait entendu partout vanter les richesses… Mahomet donc, petit bonhomme aigri, frustré, jaloux, totalement immoral, rêvant de conquêtes et de pillages se mit en tête de fabriquer une religion sur mesure, monothéiste, qui puisse rivaliser avec les autres.

     

    Il se mit donc à communiquer avec Dieu, qui lui dit, évidemment, bien entendu, ça va de soi, ça coule de source, il fallait s’en douter, les mêmes choses qu’il avait dites à Zoroastre, puis à Moïse, puis à Jésus, avec cette différence de taille, c’est que Dieu lui dit ce qu’il n’avait pas dit aux autres : Dieu avait tout fait et tout fait faire POUR les musulmans. Dieu avait décidé que TOUT appartenait légitimement aux musulmans. Dieu exigeait que les musulmans prennent possession de ce qui leur était dû c'est-à-dire de TOUT, par tous les moyens et surtout la terreur… Dieu adorait terroriser et être craint.

     

     

    Bref, si on résume le Coran, Dieu autorise, encourage même, la torture, la terreur, l’esclavage, le crime, le pillage et le vol.

     

     

    Comme Mahomet était analphabète, c’est son cousin Ali qui écrivait sous sa dictée. En fait, pas toujours. Il y a pas mal de chose qui sont de l’Ali tout craché… soit dit en passant qu’Ali, sur le plan moral ne valait pas mieux que son cousin. Qui allait vérifier ce qu'écrivait Ali ? Dieu ?!

     

     

    Il était bien trop occupé à discuter avec Mahomet.

     

     

    Avec ce « divin » bouquin, ce divin torchon pourrait-on dire, pondu 600 ans après la Bible, Mahomet, lui qui adorait piller, tuer, violer, torturer à mort en public allait pouvoir s’en donner à cœur joie et partir à la conquête du monde, cet Éden fabuleux que Dieu avait créé tout spécialement pour lui et où tous les bas instincts sont étaient bénis, sacrés, glorifiés et encouragés du moment qu’ils étaient le fait de musulmans.

     

     

    En fait si on enlève Dieu du Coran qu’est-ce qu’il reste : tout simplement un manuel de guerre et de conquête à l’usage des tribus pillardes du désert… 150 ou 200 pages, très mal écrites, très mal agencées, ou les idées aussi naïves que cruelles et stupides se succèdent dans un désordre épouvantable, et dans lesquelles Dieu déclare que certains hommes, choisis par lui ont le droit de dérober TOUT aux autres hommes… et par tous les moyens, même et surtout les plus odieux.

     

     

    Le Coran… un gamin de 6 ou 7 ans, agressif, jaloux et complètement tordu aurait sûrement fait mieux.

     

     

    J’avais une vingtaine d’années quand mon père ramena un Coran d’un voyage au Maroc.
    Curieux de tout, je me mis à le lire, sans à priori, pratiquement certain que j’allais y découvrir les fameuses « beautés » cachées dont les bobos et les philanthropes de salon avaient coutume de se gargariser. Dès les premières pages je faillis en tomber à la renverse… pardonnez-moi l’expression mais il n’y en a pas d’autres : une merde, c’était une merde.

     

     

    Quant à Allah, là aussi je ne vais pas y aller par 4 chemins… je n’ai jamais vu un Dieu aussi con.

     

     

    Allah souffre terriblement et maladivement de solitude. Il a besoin de se confier en permanence à Mahomet…

     

     

    Allah voudrait bien conquérir le monde, mais il ne peut le faire tout seul… il lui faut l’aide des Musulmans…

     

     

    Allah déteste les autres Dieux. Il ne peut absolument pas les supporter, il rêve de les éliminer, mais là aussi il n’a pas la force de les affronter seul… il lui faut l’aide des Musulmans.

     

     

    Allah a peur des femmes. Il faut constamment les cacher à sa vue et surtout ne pas oublier de les humilier chaque fois qu’on le peut pour leur faire baisser la tête.

     

     

    Allah a si peu d’autorité naturelle, qu’il demande aux musulmans de se semer partout la terreur en son nom.

     

     

    Allah veut qu’on le prie le visage tourné en direction de la Mecque… mais il a oublié qu’un jour, si l’un de ses fidèles se trouve quelque part dans l’Univers sur une autre planète,  qui ne se trouve pas sur le même plan, qui ne tourne pas à la même vitesse et pas sur le même axe, comment va faire le pauvre bougre.

     

     

    Non, franchement et définitivement Allah est un con, un vrai con, un con plus con qu’un con qui est con comme dirait un de mes amis. Allah… le parfait crétin !

     

     

    Lamentable, vraiment lamentable. Dieu n’a jamais écrit de livre.

     

     

    Franchement vous voyez Dieu avec ses divins doigts prendre une plume et écrire ses divines pensées… ou bien vous le voyez en train de dicter sa divine parole : « Ô juifs, vous êtes le peuple élu… les autres ne sont rien… traitez-les comme des moins que rien, vous me ferez plaisir ! » Ou bien « Voyez, voyez, voyez... ils n'ont rien et ils sont prêts à tout donner... imitez-les : donnez-donnez-donnez-donnez donnez encore et toujours… vous me ferez tellement plaisir ! » Ou bien « Ô musulmans j’ai tout fait faire aux autres hommes pour vous et uniquement pour vous. Ce qu’ils ont n’est pas à eux mais à vous… prenez tout, absolument tout et châtiez-les s’ils se révoltent, vous me ferez tellement plaisir ! »

     

     

    Non franchement toutes les religions quelles qu’elles soient nous prennent pour des cons.
    Ce ne sont que des instruments de pouvoir, de conquête ou d’accaparement des richesses.

     

     

    Les religions sont des « trucs », des « machins » plus ou moins biscornus pondu par des hommes plus ou moins moraux, plus ou moins civiques, plus ou moins droits, plus ou moins sains d’esprit… des trucs ou des machins destinés à faire marcher à quatre pattes l’humanité entière sous la sainte terreur de Dieu. Pratique, très pratique.

     

     

    Je crois très fort en Dieu, en une perfection, cette PERFECTION, physique, intellectuelle, morale, que l’on sent, que l’on pressent, qui existe bien sûr et après laquelle on court toute sa vie sans jamais l’atteindre.

     

     

    Mon Dieu n’est pas de ceux-là. Il est très cool, super-cool, hyper-super-méga-cool.
    C’est l’AMI parfait. Rien à voir avec les dieux sanguinaires, autoritaires, exigeants, mégalos, cruels, vengeurs et châtieurs de la Thora, de la Bible ou du Coran.

     

     

    Comme il est responsable de tout, jamais il ne s’avise de faire un reproche quelconque à qui que ce soit. Chacun est ce qu’il est, comme il l’a fait, un point c’est tout. Et pour discuter avec lui pas besoin de se mettre à genoux ou de ramper. Nous DEVONS être fier de nous, chacun DOIT être fier de soi, c'est-à-dire de son œuvre et ne jamais s’aplatir devant rien ni personne. Devant lui, nous ne sommes même pas poussière… est-ce qu’une poussière s’agenouille ? S’aplatir devant lui, non seulement est du plus profond, lamentable et navrant ridicule mais il ne le veut pas.

     

     

    J’ai un sens de Dieu très fort, très-très fort mais je n’ai pas de religion, Dieu m’en garde !

     

     

    Quand à l'Islam que nos grands raisonneurs-raisonnants-raisonnailleurs-raisonnaillants devant l'Éternel voudraient « adapter »… c’est non, mille fois NON !

     

     

    L’Islam est une religion de voyou. On ne peut absolument pas l’adapter à une population saine.

     

     

    La plupart des hommes ont besoin de Dieu. Ce qui est  terrible, c’est que beaucoup le découvre à travers cette religion.

     

     

    La grande majorité des musulmans ne sait pas où les conduisent les imams, mais les imams, eux le savent : musulman veut dire esclave, esclave de Dieu… en fait esclave du prêtre et de personne d’autre… mais ils y croient dur comme fer.

     

     

    L’Islam DOIT être interdit, et pas seulement en France... sur toute la planète. Il a fait assez de mal comme ça.
  • Madiran, un pourfendeur de la société technicienne et un prophétisme pragmatique hérité de Charles Maurras

    L'hommage de Joël Prieur lu dans Minute :

     

    "C'est cette radicalité de Jean Madiran (ce qui fait son génie propre) que je voudrais – en un ultime hommage à sa personne – tenter de définir ici : comment la fréquentation de son oeuvre peut-elle nous enraciner dans une vérité aperçue sur notre temps ?

    La force de Jean Madiran tient d’abord au fait qu’il fut un           maître d’attitudes, se tenant obstinément entre deux exigences de l’esprit : ni compromis ni compromission d’une part, et d’autre part jamais d’idéologie.
    Il faut suivre les principes que l’on a mis au jour, mais pas anticiper sur leur application, en la rendant systématique et universelle ; ne pas avoir peur de la pensée et de ce qu’elle peut livrer comme jugement définitif, et en même temps garder la certitude que le réel est plus grand que toutes nos analyses et qu’il les corrige à chaque instant ; saisir l’idée lorsqu’elle se présente dans son évidence native, mais ne pas chercher à trop vérifier la théorie en la mettant partout.

    Un pourfendeur de la société technicienne

    Jean Madiran a fait ses classes de maître penseur pendant et surtout après la Deuxième Guerre mondiale, période qui fut particulièrement difficile – entre autres pour la pensée, il faut le dire, y compris la sienne.
    Dans un livre qu’il publia en 1947, sous le nom de Jean-Louis Lagor, Le Temps de l’imposture et du refus, il se présente déjà tel qu’en lui-même. Il ne s’agissait pas seulement pour lui de « dénoncer » l’imposture politique de la Libération, cette épuration véritablement révolutionnaire, mais de la « refuser ». De toutes ses fibres. En ne prenant aucune part à la chasse aux sorcières et aux lynchages collectifs qui fleurissaient en ce temps-là, quitte à paraître défendre certains collaborateurs.
    Il me semble à cet égard que sa manière, à cette époque, de défendre Robert Brasillach (auquel il consacrera un ouvrage important) contre Maurras lui-même, participe de ce noble souci : devant le spectacle de la haine qui s’étalait partout chez les Gaulois à l’époque, ne pas céder un pouce de terrain à l’emballement collectif ; être capable de refuser toute compromission, même seulement apparente, avec « l’imposture », sans pour au tant partager l’idéologie collaborationniste – sa ferveur nationale et maurrassienne le tenait éloigné de telles extrémités.
    Ce qui lui permet de tenir cette ligne de crête imprenable – sur laquelle ils devaient se compter et se trouver bien peu nombreux à l’époque –, c’est la gravité de la situation, qui ne tolère aucune lâcheté. Je cite son introduction au Temps de l’imposture, oeuvre de jeunesse. Notre auteur a 27 ans : « Notre gouvernement ose associer la France à la hideur de ce qui se fait dans le monde, il l’associe à l’oppression d’une partie de l’Europe par une domination de fer et de sang, mécanique exactement montée et fonctionnant exactement, qui supprime le Ciel et courbe les hommes sur leurs machines, sur leurs outils et sur leur misère comme jamais esclaves n’ont été courbés, leur enlevant tout espoir et toute indépendance, les anéantissant dans la masse et dans la matière – ignoble mécanique qui se gonfle comme une tumeur, progresse et se propage comme une suppuration mécanique infernale. »

    Dans son dernier livre, Dialogues du Pavillon bleu (2011), le diagnostic s’est affiné mais la pensée est la même et le même Jean Madiran, ayant dépassé les 90 ans, conclut ces Dialogues par ces mots : « Nous vivons quelque chose de beaucoup plus profond qu’une crise politique, intellectuelle ou morale ; de plus profond qu’une crise de civilisation. Nous vivons ce que Péguy voyait naître et qu’il nommait une “décréation“. Dans l’évolution actuelle du monde, on aperçoit la domination à de mi-souterraine d’une haine atroce et générale, une haine de la nation, une haine de la famille, une haine du mariage, une haine de l’homme racheté, une haine de la nature créée… »

    Un prophétisme pragmatique hérité de Charles Maurras

     

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  • [Présent] L’esprit d'abandon selon le P. de Caussade (arch 2009)

    Le P. Jean-Pierre de Caussade (1675-1751), jésuite de la grande époque, est célèbre pour un livre qu’il n’a pas écrit : L’Abandon à la Providence divine. Plus exactement, ce traité, publié au XIXe siècle par son confrère le P. Ramière, a été réalisé à partir de différentes sources, composé de manière arbitraire et doté d’un titre qui n’est pas de Caussade.
    Caussade n’a publié, de son vivant, qu’un ouvrage, les Instructions spirituelles en forme de dialogues sur les divers états d’oraison. L’Abandon à la Providence divine a pourtant été composé à partir de textes authentiques : soit des lettres adressées à des dirigées, soit des conférences données à des religieuses.
    Les Editions du Carmel proposent une édition intégrale et annotée des principaux recueils qui sont à l’origine de l’édition du P. Ramière. L’un, le « manuscrit Cailhau, est connu depuis le XIXe siècle, mais le second, le « recueil de Langres », n’a été découvert qu’en 1988.
    Cette publication de deux recueils inédits ne bouleverse pas la connaissance que l’on pouvait avoir de la spiritualité de Caussade, mais elle nous en donne un exposé plus authentique parce que plus immédiat.
    De manière hâtive et très abusive, certains auteurs ont relié la doctrine de « l’esprit d’abandon », qui est au centre des écrits de Caussade, au quiétisme et aux écrits de Mme Guyon et de Fénelon.  Comme l’avait souligné il y a longtemps déjà le P. Olphe-Gaillard, « le P. de Caussade n’innove pas. L’histoire de la doctrine de l’abandon commence bien avant lui. Son mérite est d’avoir vécu cette doctrine, d’avoir compris qu’elle offrait un centre à toute une synthèse spirituelle profondément cohérente et souple, d’en avoir dégagé les applications essentielles ».
    Si l’on veut chercher les sources du P. de Caussade, on les trouvera chez Ignace de Loyola et chez saint François de Sales (ce qui se comprend facilement : Caussade a longtemps été confesseur et directeur spirituel des Visitandines de Nancy).
    Un combat « avec douceur »
    L’éditeur actuel des recueils caussadiens, Marie-Paule Brunet-Jailly, avertit d’éviter un contre-sens sur la notion d’ « abandon », qui n’est en rien, chez Caussade, une passivité : il « accepte d’avoir à mettre résolument en œuvre les conseils qu’il adresse aux autres : lutte contre les désordres de l’imagination, défiance à l’égard des ruses de l’amour de soi, acceptation du prochain. Une fausse légende de douceur s’est attachée à son nom avec le titre de la première édition à succès, au XIXe siècle, d’une œuvre qu’on lui attribuait, L’Abandon à la providence divine. En réalité, loin de proposer une voie de facilité, il se tient toujours, dans ses lettres, là où se déclare le combat spirituel. […] on l’entend redire sans se lasser l’infinie bienveillance de Dieu, sa Providence, et, pour tout homme, l’élan du cœur toujours possible vers Dieu et vers les autres. Avec une imperturbable conviction, il rappelle à temps et à contretemps les efforts sur soi et les dispositions pratiques qu’exige tout progrès. »

    L’esprit d’abandon à Dieu n’est pas seulement une disposition intérieure, mais doit être une conduite, se traduire par des comportements. C’est un double mouvement : « sans négliger vos soins pour le spirituel, écrit Caussade, laissez-en tout le succès à Dieu, n’espérant rien que de lui ».
    Au lieu de se décourager et d’être triste à cause de ses insuffisances, imperfections et médiocrités, Caussade conseille : « supportez-vous vous-même avec douceur, reprenez-vous avec douceur, revenez à Dieu avec douceur, repentez-vous avec douceur, faites tout avec douceur, sans empressement ni précipitation extérieure ou intérieure ».
    On n’avance pas dans les « affaires de l’intérieur » (c’est-à-dire la vie spirituelle) aussi rapidement que dans les affaires temporelles. A une dirigée, le P. de Caussade écrivait : « tant que vous sentirez une bonne volonté d’être à Dieu, un goût, une estime pour ce qui vous conduit, quelque peu de courage pour vous relever après vos petites chutes, vous êtes en bon état devant Dieu ; prenez patience, tranquillisez-vous, apprenez à supporter vos faiblesses et misères avec douceur, comme il faut supporter celles du prochain, contentez-vous de vous en humilier tout doucement devant Dieu et n’espérez votre avancement que de lui seul et de sa sainte opération qui se fait le plus souvent au fond de l’âme sans qu’on en sente rien ».
    Yves Chiron http://yveschiron.blogspot.fr/

    Jean-Pierre de Caussade, Lectures caussadiennes, Editions du Carmel (33 avenue Jean Rieux, 31500 Toulouse), 325 pages.

  • Et si nous lisions les classiques cet été ?

    Au début du siècle dernier, l’université américaine a été touchée par le mouvement des Grands Livres. De quoi s’agissait-il ? Dans une perspective interdisciplinaire, ce programme invitait les étudiants à lire les grands textes de la tradition occidentale afin d’acquérir une base culturelle indispensable mais aussi de puiser dans l’expérience morale des siècles passés. Pour le professeur Mortimer Adler de l’université Colombia, un grand livre se caractérisait par le fait qu’il offrait des éléments de réflexion par rapport aux problèmes contemporains, que sa lecture pouvait être sans cesse reprise sans que l’intérêt s’épuise et, enfin, qu’il reflétait les grandes questions qui avaient toujours agité l’humanité. Une liste (forcément discutable) avait été mise au point, proposant aussi bien Platon, Aristote, Homère ou Virgile (photo) que Shakespeare, Voltaire, Corneille ou Chaucer. On y trouvait aussi des œuvres de saint Augustin, de saint Thomas d’Aquin ou de Martin Luther. Dans un essai paru aux États-Unis, puis traduit en français, Jacques Maritain avait salué l’effort du mouvement des Grands Livres dans lequel il voyait « le moyen d’éducation primordial ».

    Dans les années soixante-dix, le professeur John Senior, ancien élève de Columbia, alors enseignant à l'université de Kansas, a dressé le constat de l’échec de cet effort. Non, parce que l’idée était mauvaise en soi, mais parce que proposée aux étudiants, elle arrivait trop tard. L’imagination encombrée, l’intelligence déviée dès le plus jeune âge, les étudiants n’arrivaient pas à en tirer un réel profit. D’une certaine manière, la situation est pire aujourd’hui et explique aussi bien les erreurs anthropologiques de nos contemporains que leur capacité à se laisser mouvoir par la propagande.

    C’est pourquoi, sans lui donner l’ampleur de l’époque de Colombia, ne serait-il pas malgré tout utile de reprendre chacun pour soi-même quelques idées de ce mouvement ? Entre le dernier Marc Lévy et un dialogue de Platon ou un texte de Virgile, choisissons l'un de ces derniers cet été. Il faudra faire un effort au début mais la récompense sera au rendez-vous. Entre le dernier livre de spiritualité à la mode et nos grands auteurs spirituels,  saint François de Sales ou sainte Catherine de Sienne par exemple, n’hésitons pas non plus. Nous y gagnerons personnellement et nous favoriserons autour de nous le terrain de la reconquête spirituelle et culturelle.

    http://caelumetterra.hautetfort.com/

  • Festival Interceltique de Lorient : la culture celte à l’honneur jusqu’au 11 août

    Festival Interceltique de Lorient : la culture celte à l’honneur jusqu’au 11 août

    LORIENT (NOVOpress) – Lorient (Morbihan) vit depuis le week-end dernier au rythme du Festival Interceltique (photo). Dimanche, des dizaines de milliers de spectateurs ont assisté à la grande parade des nations celtes : 3 500 artistes en costumes traditionnels, danseurs, musiciens, bagadoù, cercles, groupes de danzas et bandas de gaita, venus de tous les pays celtes, ont défilé dans les rues de la cité bretonne, du stade du Moustoir au port de pêche. Cette parade a débuté par un hommage aux victimes de l’accident ferroviaire en Galice.

    Ce grand spectacle identitaire, qui continuera jusqu’au 11 août, propose aussi des animations quotidiennes : ateliers de danses de Bretagne et des Pays celtes, ateliers de broderie, cours de breton, exposition de costumes au Palais des congrès, ateliers de musique et de danse traditionnelles irlandaises, embarquement sur des voiliers traditionnels au port de plaisance, jeux traditionnels bretons… Toute la programmation en cliquant ici.

    Crédit photo : Erminig Gwenn , via Flickr, (cc).http://fr.novopress.info/

  • « L’art français de la guerre » de Alexis Jenni (Prix Goncourt 2011)

    Sous un titre énigmatique, Alexis Jenni a écrit avec grand talent un roman ambigu qui s’immerge dans l’histoire française de notre temps. Tout commence en 1944 et se prolonge jusqu’à ce jour. L’intrigue couvre une période brûlante, celle de toutes nos guerres perdues, en attendant une sorte de guerre ethnique que le narrateur voit se profiler à l’horizon. Pour un premier roman, c’est du grand art !
    L’auteur fait se croiser deux récits, celui de la vie du personnage prétexte, ancien officier des paras coloniaux, le capitaine Victorien Salagnon, un reître au cœur noble. Sa vie commence dans les maquis de 1944, se poursuit en Indochine, puis en Algérie jusqu’à la défaite politique de 1962 et l’exode affreux des Européens abandonnés. Sur cet épisode, on a rarement écrit dans un roman des pages aussi saisissantes.
    L’autre récit, habilement entrecroisé, est formé des réflexions du narrateur (qui n’est pas l’auteur). Précisons qu’à la ville, Alexis Jenni est professeur de biologie, alors que le narrateur inventé par ses soins est une sorte de chômeur professionnel dans le genre « indignez-vous ! », qui passe beaucoup de temps à caresser les jambes des filles. Surviennent bien d’autres personnages, notamment un deuxième officier béret rouge, un méchant, celui-là, pour qui Victorien Salagnon a cependant toutes les indulgences. Il faut dire que l’autre l’a sauvé de la mort, en Indochine, dans des circonstances qui rappellent un peu ce qu’a vécu le commandant Faulques à Cao-Bang.
    Intervient ensuite une description artificielle et outrée de la Bataille d’Alger (1957), avec tortures et autres gracieusetés qui chargent la barque à l’excès. Bien que les options « antiracistes » et « antifascistes » du narrateur soient longuement développées (sur le mode romanesque bien entendu), ce curieux et foisonnant roman n’est pas manichéen. Surgit toujours en effet un contrepoint aux options véhémentes des uns et des autres. L’un des épisodes les plus intenses évoque les massacres d’Européens à Sétif et Guelma, le 8 mais 1945. Le souvenir atroce en est rapporté par un ancien médecin militaire d’origine juive, père d’une des deux femmes qui comptent dans ce roman. On en reste saisi.
    Dominique Venner http://www.polemia.com/
    Octobre 2011
    La Nouvelle Revue d’Histoire n° 57 (novembre-décembre 2011)
    Alexis Jenni, L’art français de la guerre, éditions Gallimart, collection : Blanche, août 2011, 633 pages – Prix Goncourt 2011.

  • Chronique de livre: Dominique Venner, Un samouraï d’Occident, Le Bréviaire d’un insoumis

     Dominique Venner, Un samouraï d’Occident, Le Bréviaire d’un insoumis, Edition Pierre-Guillaume de Roux, 2013

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    Dominique Venner fut un personnage d’exception qui œuvra toute sa vie au réveil des Européens. Il fut pour moi un maître dont les idées prolongeaient brillamment certaines de mes intuitions. Son décès fut un choc terrible. J’ai donc acquis cet ouvrage en prenant bien en compte la dimension et l’importance qu’il pouvait avoir. Plonger dans un tel livre, quelques semaines après la mort rituelle de son auteur, est une sorte de parcours initiatique. Rares sont les livres qui ont un tel poids que celui-ci. Les mots choisis par le maître prennent tout leur sens et leur portée doit être bien mesurée.

    Ainsi je me refuse dans cette chronique de détailler les idées principales de l’ouvrage comme je le fais habituellement, je me contenterai de quelques remarques sur le contenu de l’ouvrage. Je considère que ce livre doit être lu pour au moins trois raisons.

    Pour ceux qui ont découvert Dominique Venner le 21 mai 2013, il sera un excellent moyen d’entrer en contact avec le parcours et la pensée de l’auteur. Pour ceux qui connaissent l’auteur, il me semble que consacrer quelques heures de sa vie à lire un livre est la moindre des choses quand celui qui l’a écrit a consacré une vie complète à son combat et s’est donné la mort pour ses idées. Pour ceux qui cherchent une boîte à outil militante, Dominique Venner donne quelques pistes.

    Dominique Venner apporte son regard historique et philosophique, celui d’un Européen terriblement meurtri par la déliquescence de son continent et de son peuple mais un regard plein d‘espoir. Le regard porté est sans compromis comme le fut la vie de l’auteur qui refusa les mondanités et les compromissions. L’Eglise catholique est souvent égratignée, tout comme la morale chrétienne et Augustin d’Hippone, l'auteur de La Cité de Dieu. L’auteur ne fait aucun mystère sur son « paganisme »* et puise ses racines dans deux traditions de l’Antiquité, les mythes de l’Iliade et l’Odyssée et le stoïcisme de Marc-Auréle ou Caton d’Utique. Le premier combat que nous devons mener est d’abord un combat contre nous-même, ou plutôt, un combat sur nous-même. C’est surement l'un des enseignements les plus importants de l’ouvrage et j’y reviendrai dans un article.

    Pour certains, il réservera quelques « surprises ». Je songe par exemples aux quelques considérations sur le néo-capitalisme. Le jour de son décès, Dominique Venner avait publié un ultime article qui faisait la part belle à l’islamisation, ce qui a été souvent mal compris. Le bréviaire lève le voile, si je puis dire, sur cette question. Dominique Venner ne vise pas l’islam pour l’islam, mais l’islam comme la manifestation la plus visible de l’immigration de masse qui atteint l’Europe. Phénomène très explicitement relié dans l’ouvrage au capitalisme. Il n’est donc pas à classer dans la case des « islamophobes » pathétiques et pathologiques qui pullulent à l’extrême-droite. Il était un homme clairvoyant préoccupé tout autant par l’américanisation que par l’immigration de masse et son corollaire islamique.

    L’autre grande force de l’ouvrage consiste au dialogue établit avec le monde extrême-oriental et particulièrement le Japon. Dialogue qui donne tout son sens au titre de l’ouvrage. Le Japon féodal et la culture japonaise y sont analysés. Je ne perçois pas dans ce dialogue la volonté d’imposer le Japon comme un modèle pour les Européens. Les Européens ont leur propre histoire, leur propre philosophie, mais il permet de comprendre le fonctionnement d’une autre civilisation et d’en saisir à la fois les points communs avec la nôtre (essentiellement fondée sur l’héritage grec ancien) mais aussi les différences, comme le rôle moindre joué par la Raison.

    Les lecteurs de la Nouvelle Revue d’Histoire et de Dominique Venner retrouveront beaucoup de réflexions dont ils sont déjà familiers. Ce Bréviaire est une lecture indispensable pour réfléchir sur le monde, sur nous-même et pour envisager le combat sur le long terme. Il est remarquablement bien écrit et certaines phrases fusent comme des balles. Le livre est ponctué de quelques conseils pratiques. Je ne trahirais aucun secret en rappelant que Dominique Venner n’a jamais caché qu’il trouvait un certain nombre de limites au militantisme dans des structures politiques et qu’il faut peut-être, pour certains, envisager d’agir autrement. C’est surement à la fois l’enjeu de sa mort et de son livre, quel est le message que nous devons recevoir, intérioriser et transmettre ? Le livre donne quelques éléments de réponse.

    * plutôt que paganisme, nous pourrions dire que Dominique Venner est fidèle à la tradition originelle de l’Europe.

    Jean http://cerclenonconforme.hautetfort.com/