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culture et histoire - Page 1876

  • Michel de Saint-Pierre

    J'ai connu une triste époque où il était devenu de bon ton de railler Michel de Saint Pierre, et ce non seulement à gauche, où il avait effectivement tout pour irriter, mais aussi, hélas, au sein de ce qu'il était convenu d'appeler la «droite nationale», où l'on aurait dû saluer, outre son talent, son courage et son refus obstiné de mettre son drapeau dans sa poche.
    J'ai connu Michel au tournant même de sa carrière, alors qu'il venait, en publiant Les nouveaux prêtres, de jeter un énorme pavé d'autant plus énorme qu'il fut vendu à 200 000 exemplaires - dans le bénitier de l'Eglise progressiste d'alors. Cela eut pour effet immédiat de transformer le romancier estimé de La mer à boire, le best-seller admiré des «Aristocrates», en une sorte de monstre au pied fourchu et à la langue crochue - en bref, en un abominable homme de droite.
    Or, Michel savait parfaitement ce qu'il faisait et ce à quoi il devait s'attendre - il me l'expliqua tranquillement à notre première rencontre, devant un carafon de whisky en cristal taillé . Mais il estimait qu'après ce qu'il avait découvert au fil de trois ans d'enquête dans les paroisses _de banlieue, il n'avait pas le droit de garder le silence. Le marquis de Saint Pierre était monté sur son destrier, et il n'en redescendit plus, si ce n'est pour rendre l'âme.
    Je ne fus pas surpris quand, des années plus tard, alors que nous étions devenus de proches amis, il me confia que l'un des livres-clés de sa vie était Le voyage du Centurion d'Ernest Psichari, point sur lequel nous nous retrouvâmes, car, pour moi aussi, cet ouvrage avait revêtu une signification particulière. C'était de ces secrets qu'il gardait généralement pour lui, ne les livrant qu'à des amis de confiance, avec sa prudence de paysan normand.
    En effet, les beaux intellectuels qui se plaisaient à dénigrer Michel ne le connaissaient pas vraiment, le comprenaient encore moins et étaient finalement ses dupes. Sa couronne de marquis aidant, il aimait à jouer les rustauds et jubilait intérieurement quand le jeu prenait. De même, il aimait à jouer les pingres alors qu'il était naturellement généreux. Je puis en parler, car, à un moment très difficile de ma vie, je vis trois personnes se précipiter pour me venir en aide : Hubert Monteilhet, Henry Bonnier et Michel de Saint Pierre. Celui-ci m'empoigna littéralement par la peau du cou, me fit faire un somptueux déjeuner, et, au dessert, me demanda :
    - Et maintenant, qu'est-ce que je peux faire pour toi ?
    Il était ainsi, il allait droit au but, sans flâner ni tergiverser, ce qui ne plaisait pas à tout le monde, non plus que la familiarité spontanée avec laquelle il abordait les hommes. Cet aristocrate de vieille souche n'avait que faire des manières de cour. Sa politesse était celle du cœur, et son cœur était vaste.
    S'il lui arrivait de jouer les faux naïfs, ses enthousiasmes, eux, n'étaient pas feints. Pas plus feints que ses amitiés.
    Jean BOURDIER , National Hebdo.

  • Vouloir c’est pouvoir !

    par Pieter Kerstens

    La seconde moitié du XXe sicle a vu s’instaurer en Europe occidentale une mainmise des États dans la plupart des secteurs économiques.

    Nos corporations n’ont pas échappé à ce phénomène et les moteurs de nos professions, la Créativité et la Technologie, ont été grippés ces vingt dernières années par des décisions administratives plus extravagantes les unes que les autres. Il est vrai que l’Administration perd de plus en plus le contact avec la réalité économique tout en croyant détenir la Vérité…

    Ces dernières années nous avons même assisté à la culpabilisation de nos activités « dévoreuse d’énergie », en parallèle avec la publicité et les notions de profit, clouées au pilori par une opinion publique malade d’informations.

    Il n’est pas encore trop tard pour réagir et dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Cela signifie que nous devons abandonner notre climat pessimiste et fixer notre regard devant nous en reconnaissant nos torts et en retroussant nos manches, quels que soit le milieu auquel nous appartenons.

    Notre profession (fabricants et installateurs d’enseignes lumineuses) essentiellement artisanale, à quelques exceptions près, s’accommode mal des théories sur la croissance douce, la diminution de la durée du temps de travail ou la civilisation des loisirs.  Tout cela coûte cher, et je m’aperçois aujourd’hui que pour répondre aux critères du progrès social il faut beaucoup d’argent.  Cet argent il faut le gagner avec un effort de travail.  Cela exige une croissance aussi forte que possible.  Le laisser-aller auquel nous assistons dans notre secteur depuis dix ans ne peut nous conduire qu’à une décadence, et à la fermeture inéluctable de nos entreprises car peu d’hommes de bonne volonté seront désireux de reprendre le flambeau.  En effet, soumis à des contraintes administratives, sociales et économiques de plus en plus restrictives, l’expansion de notre activité sera limitée, et peu nombreux seront les créateurs de sociétés.

    Il m’a été rétorqué que cela était le sens de l’Histoire, et qu’il ne servait à rien de se battre contre les moulins à vent.

    Très bien !  Alors puisque nous assistons à une fin de civilisation et qu’il est bon ton de contester en permanence tout et n’importe quoi, mettons notre avenir et celui de nos entreprise entre les mains de l’État Providence qui pourvoira à notre existence !

    Malheureusement, l’expérience prouve qu’il n’en est rien et que les longues années de travail intense, avec les déceptions et les joies, qui ont abouti à la réelle existence de nos sociétés seront balayées par le diktat d’une quelconque Administration.

    Nous nous trouvons donc devant cette alternative : oser prendre des risques et être réellement un entrepreneur (c’est-à-dire un chef d’entreprise qui supporte un « risque calculé ») ou bien … disparaître.

    (Article paru en mars 1980 dans la revue Enseignes et Éclairage. 33 ans plus tard, rien n’a changé sous le soleil, mais la moitié des entreprises a disparu et l’État Providence est en faillite !)

    http://francephi.com

  • Il y a 35 ans : KOLWEZI, par Pieter Kerstens

    Le 2ème REP aux faisceaux avant embarquement
    Le 19 mai 1978 débutait l’opération “Léopard”, celle qui a vu l’Armée Française sauter à Kolwezi et qui a permis par la suite de l’engager au Liban, d’intervenir dans le Golfe, sauver des otages en Afrique, s’investir en Afghanistan et en Irak, puis en Côte d’Ivoire et actuellement au Mali.
    N’en déplaise aux pacifistes et autres attardés soixante-huitards, Kolwezi fut une histoire de héros et une affaire d’hommes. Un réel condensé de force virile pour la bonne cause qui enflammerait les esprits les mieux trempés, encore de nos jours.  Et en comparaison avec ce qui se passe au Mali avec « Serval », « Léopard » fut une opération militaire rapide comme l’éclair et redoutablement efficace, en même temps qu’un fabuleux pari politique, car en 1978 nous étions en pleine guerre froide entre l’Occident et le monde communiste.  D’ailleurs Fidel Castro avait envoyé ses contingents dans plus de 15 pays africains, dont 20.000 soldats cubains en Angola, 17.000 en Éthiopie, 1.000 en Tanzanie, entre autres.
    En 1977 le Katanga (Shaba à l’époque) avait déjà été le théâtre d’une 1ère rébellion des « Tigres » -ex gendarmes katangais- vite matée par les Forces Armées Zaïroises (les FAZ) déjà soutenues par une logistique française.
    Mais un an plus tard, le samedi 13 mai 1978, mieux entraînés, encadrés et armés, les Tigres du Front National de Libération du Congo, mouvement dirigé par Nathanaël M’Bumba, attaquent en force à Kolwezi avec plus de 4.000 hommes venant d’Angola et  passant par la Zambie pays complice.
    C’est grâce à l’ambassadeur français, son Excellence André Ross, et au colonel Gras, chef de la mission militaire au Zaïre, à leur persuasion et leur ténacité que le Président Valéry Giscard d’Estaing donnera le feu vert à une intervention aéroportée au départ de Calvi, le 18 mai.
    C’est le 2ème Régiment Étranger de Parachutistes, commandé par le colonel Philippe Erulin qui avec ses 400 hommes sautera sur Kolwezi.
    Malgré les 3.000 européens (dont de très nombreux belges) pris en otages dans la ville par les rebelles du FNLC, la France assume seule l’intervention armée. En effet, à Kinshasa un officier supérieure de l’armée belge avait déclaré au colonel Larzul, adjoint du colonel Gras : « Je  puis vous assurer qu’une intervention française serait considérée par nous comme inopportune et inamicale »…
    Le 2ème REP va gagner un pari stratégique (ni soutien, ni appui feu, ni renforts à moins de 3 jours) par une intervention militaire exemplaire doublée d’une opération humanitaire remarquable, opération qui fut enseignée durant de longues années tant dans les écoles de guerre en Europe qu’aux États-Unis.
    En moins de 24 heures, les unités vont vite s’emparer des points cruciaux de la ville, en cherchant à déstabiliser l’adversaire et faire arrêter les massacres de ressortissants européens et de citoyens zaïrois, tout en leur  permettant de se regrouper auprès des points sécurisés. Dans les jours suivants, une fois la majorité des civils mis à l’abri ou évacués, le régiment a sécurisé les faubourgs et les villages environnants pour repousser l’ennemi sur ses bases de repli en Angola, fin mai. Vite fait, bien fait !
    Si les militaires des FAZ, présents à Kolwezi en permanence, ont perdu 382 hommes, les civils zaïrois ont eu 151 tués et sur les 3.000 civils blancs, 131 ont été assassinés par les Tigres du FNLC.
    Grâce aux soldats du 2ème REP de la Légion Étrangère (5 morts et 20 blessés) un massacre général de la population civile fut évité à Kolwezi.
    GLOIRE A EUX !
    Sur le sujet, voir aussi les articles du Gaulois :

  • La gauche supprime le mot "race" de la législation

    Décidément, la gauche n’aime pas la Nature. En effet, l'Assemblée Nationale a adopté jeudi une proposition de loi du Front de gauche supprimant le mot "race" de la législation française. Ces lamentables députés continuent ainsi d’exceller dans l’inutile et l’absurde ! N’ont-ils donc rien d’autre à faire ? Il est vrai qu’ils ont transféré la plupart de leurs « compétences » à l’UE… Alors il faut bien que ces gens-là tentent de justifier leurs indemnités parlementaires !
     
    La majorité PS et les écolos –qui prétendent défendre la Nature- se sont ralliés à cette proposition soulignant qu'il s'agissait d'"une première étape". François Hollande s'était en effet engagé pendant la campagne présidentielle à supprimer le mot "race" de la Constitution. De la même manière qu’ils ont supprimé les termes de « père et mère » par la loi Taubira, ainsi que le masculin et le féminin par la théorie du "gender", ils continuent de croire qu’ils changeront la réalité en supprimant les mots qu’ils n’aiment pas. Suprême prétention ! Prochaine étape : pourquoi pas un texte décrétant que tout le monde est bleu ? Problème : de « mauvais esprits » continueront de constater qu’il y a des bleus clairs et des bleus foncés.
    Le texte, débattu dans le cadre d'une "niche" parlementaire réservée aux propositions du Front de gauche, se propose donc de supprimer le mot "race" du Code pénal, du Code de procédure pénale et de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse.
    Le rapporteur de la proposition, Alfred Marie-Jeanne, a fait valoir que le mot "race", "ce concept aberrant, ayant servi de fondement aux pires idéologies, n'a pas sa place dans notre ordre juridique".
    Pour ne pas risquer de faire tomber l'incrimination de racisme, les députés socialistes ont fait adopter un amendement affirmant explicitement, dans l'article premier, que "la République combat le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie. Elle ne reconnaît l'existence d'aucune prétendue race". On ne peut pas mieux faire en matière de négation de la réalité !
    Autrement dit :
    Pour supprimer le racisme, on supprime les races…
    Pour supprimer les accidents de voiture, on supprime les voitures…
    Pour supprimer les cancres, on supprime les programmes…
    Pour supprimer le chômage, on le déclare illégal…
    Pour supprimer les coupables, on supprime les délits…
    Et pour supprimer les imbéciles, comment fait-on ?...

  • [Vidéo] Paris, 11 et 12 mai 2013 : le meeting et le défilé

     

    La Vidéo, réalisée par La Faute à Rousseau, du meeting d’AF, samedi 11 mai 2013.

    Un document à diffuser largement !

    Et pour que vive la France... vive ... ?

    http://www.actionfrancaise.net

  • L’absurdité ou la fin de l’Algérie Française, par Jean Faure

    Commençons par définir l’absurdité et l’absurde. D’après le dictionnaire Paul Robert, en six volumes, « absurde » signifie « qui viole les règles de la logique, de la raison ». Selon Lalande (Vocabulaire de la Philosophie) : « l’absurde doit être distingué du non-sens ; car l’absurde a un sens, et est faux, tandis que le non-sens n’est probablement ni vrai ni faux. »Un certain nombre d’écrivains ont examiné le monde absurde ou les situations absurdes. Il faut remonter à la Grèce antique pour trouver l’absurde dans le mythe de Sisyphe. Un terrible châtiment est infligé à Sisyphe qui est condamné à faire rouler éternellement un rocher sur une pente pour atteindre le sommet d’une montagne, alors qu’il sait que dès qu’il est parvenu à son sommet, le rocher retombera. Et Sisyphe devra recommencer éternellement son ascension jusqu’au sommet.
    Selon Albert Camus, qui a écrit une œuvre intitulée « Le Mythe de Sisyphe », le mythe signifie que l’on vit une situation absurde, répétitive, dont on ne voit jamais la fin ou l’aboutissement. Quatre œuvres de Camus ont été écrites sur le thème de l’absurde : « Le Mythe de Sisyphe », « L’étranger », « Caligula » et « La peste ».
    Selon notre grand écrivain d’Algérie, l’homme est le seul vivant à prendre  conscience  que le monde est  silencieux, et que jamais ce dernier ne répondra à nos appels de la  raison.  C’est en cherchant un sens à son existence que l’homme s’est dénaturé, car la nature ne lui répond pas. D’où ce sentiment de l’absurde, qui résulte d’une séparation de l’homme et de la nature.  « L’absurde nait de cette confrontation entre l’appel humain et le silence déraisonnable du monde. »
    C’est en prenant conscience de ce silence qu’il ressent un sentiment d’absurde. Camus nous dit que l’absurde fait partie de la vie et que chercher à le supprimer conduit  à nier la vie, comme c’est le cas pour le suicide.  Il parvient même à penser que Sisyphe arrive à être satisfait de son destin, par ce qu’il en prend conscience, assume cette douloureuse épreuve avec courage et lucidité, ce qui lui permet de surpasser sa douleur. Sisyphe n’est pas celui qui pousse indéfiniment son rocher, mais une personne lucide et courageuse, quelle que soit sa corvée. Camus arrive même à imaginer Sisyphe heureux. Il refuse le poids de l’absurde sur la vie. Et ce refus provoque la révolte. « Ce n’est pas la révolte elle-même qui est noble, mais ce qu’elle exige », a écrit Camus dans « L’homme révolté ». Dans ce livre, il écrit : « Qu’est-ce qu’un homme révolté ? C’est un homme qui dit non. Mais s’il refuse, il ne renonce pas, c’est aussi un homme qui dit oui, dès son premier mouvement. » Il faut être révolté pour goûter pleinement de la vie.
    D’autres écrivains se sont aussi intéressés à l’absurde.
    Eugène Ionesco, né en Roumanie, a écrit des œuvres  théâtrales ayant pour sujet l’absurde : La Cantatrice chauve, Les chaises, Le Rhinocéros et La Leçon.
    Louis Ferdinand Céline écrivit : Voyage au bout de la nuit, qui révèle l’absurdité du monde, de la première guerre mondiale qu’il a qualifiée « d’battoir international en folie ».
    Kafka a aussi écrit des romans traitant de l’absurde, en particulier La métamorphose, qui est l’histoire absurde d’un homme qui se réveille un matin transformé en scarabée ; Le Château, où le personnage principal vient d’un pays lointain pour un emploi de géomètre-arpenteur, et à qui on répond que l’on a pas besoin de lui  puisque toutes les mesures ont été effectuées ; Le Procès, qui relate l’histoire d’un homme, qui,  à la barre des accusés, ne sait pas pourquoi il est accusé.
    Il convient de faire remarquer que Camus a consacré un chapitre du Mythe de Sisyphe à Kafka.
    LA SITUATION ABSURDE DE LA FIN DE L’ALGÉRIE FRANÇAISE
    L’arrivée de De Gaulle après la révolution du 13 mai 1958 avait donné un grand espoir aux Pieds-Noirs et aux Musulmans fidèles à la France. Après avoir déclaré au monde entier qu’il était partisan de l’Algérie Française « de Dunkerque à Tamanrasset », il changea sa politique en se déclarant pour l’indépendance de notre belle Algérie, violant ainsi la constitution de la 5ème République qu’il avait fait faire pour lui-même.
    C’est à l’époque où le plan Challe obtenait d’excellents résultats sur le domaine militaire, le FLN étant pratiquement vaincu, qu’il décida d’établir une rencontre entre les représentants de l’État français et certains dirigeants du FLN.
    Cela a abouti à ce qu’on a stupidement appelé « les accords d’Évian ». En effet, ces accords signés par les deux belligérants ne devaient être respectés que par la France, les terroristes ayant déclaré, dès la signature de ces accords, qu’ils ne les respecteraient pas.
    C’est à cette époque (1961-1962) que l’absurde situation commença du côté français, aussi bien dans l’Armée, chez  les Pieds-Noirs, et chez les Harkis et les Musulmans qui étaient pour la France. Cette époque totalement absurde eut pour résultat de créer une division au sein de l’Armée, c'est-à-dire  entre les troupes d’élite (Parachutistes et Légionnaires) et les troupes du contingent qui n’avaient qu’un objectif : la quille, c’est-à-dire rentrer dans leurs foyers  en métropole.
    La raison principale de cette absurdité était que l’Armée Française avait pratiquement vaincu le FLN, et que la France, dans ces « accords » avait la position d’une armée vaincue. Nous avons tellement été dominés politiquement à Évian, que de Gaulle accepta de laisser la Sahara à l’Algérie avec toutes ses réserves d’hydrocarbures, estimées être bien supérieures à celles du golfe persique.  C’était vraiment absurde !
    Étant vainqueurs nous avons agi comme des vaincus. Le Sahara pouvait, si nous l’avions gardé, nous apporter une indépendance énergétique pour plusieurs dizaines d’années. Nous aurions même eu un fort excédent, ce qui nous aurait permis d’exporter du pétrole et du gaz.
    Cette terrible absurdité consécutive à l’attitude stupide de celui qui avait déclaré à des officiers, lors de la tournée des popotes du 3 au 5 mars 1960 : « Le combat va durer longtemps. Mais il n’y aura pas de Diên Biên Phu en Algérie. L’indépendance de l’Algérie est une absurdité ». Il faut signaler aussi cette autre absurdité : après les « barricades », 200 officiers furent mis aux arrêts de rigueur, plus de 500 furent mis en congé spécial, 500 furent rayés des cadres de l’armée et 1300 démissionnèrent en 1961.
    D’ailleurs, Camus avait écrit : « Les accords d’Évian sont une absurdité. »
    Lors de la seconde tournée des popotes, de Gaulle a déclaré à des officiers : « Moi vivant, le drapeau vert et blanc ne flottera jamais sur Alger. » Une absurdité de plus, et un mensonge de plus !
    Tout le monde sait que de Gaulle est mort après l’indépendance de l’Algérie. Comme le dirait Monsieur de la Palice : De Gaulle était donc vivant à l’indépendance de l’Algérie.
    Messmer n’a pas hésité à dire à de Gaulle que : « La grande majorité (des officiers) ne comprend pas la politique du général de Gaulle. »
    Puis, d’absurdités en absurdités, la révolte se déclencha aussi bien dans l’Armée que chez les Pieds-Noirs.
    LA RÉVOLTE
    Il y eut d’abord le putsch des généraux Challe, Salan, Zeller et Jouhaud, qui ne dura que trois jours, Challe ayant refusé que sang français coule dans un affrontement entre les putschistes et les gaullistes.
    Puis ce fut la révolte de l’OAS qui dut combattre, à la fois, le FLN et les forces gaullistes (gendarmes mobiles et CRS).
    Ce fut ensuite une des dernières phases de cette révolte avec les condamnations et exécutions de certains officiers putschistes.
    Lorsque Salan fut condamné à la prison à perpétuité, le 23 mai 1962, de Gaulle a déclaré : « Nous sommes un pays complètement décadent. N’importe qui serait condamné à mort en Grande-Bretagne, en Allemagne ou aux États unis, mais en France, on vous envoie jouer au ballon dans la cour de la prison de Tulle. »
    La fusillade du 26 mars 1962, que l’on pourrait qualifier de génocide, vint encore endeuiller notre Algérie. Sur un ordre du pouvoir gaulliste, des tirailleurs furent installés pour arrêter la marche pacifique et silencieuse des Algérois qui voulaient soutenir le quartier de Bab el Oued qui était victime d’une attaque des forces gouvernementales. Des avions T6 sont même passés à l’offensive en larguant des bombes et en utilisant des mitrailleuses. J’ai pu observer ces attaques du boulevard Bru, d’où je voyais toute la ville. Ces attaques m’ont fait penser à l’attaque par les nazis du ghetto de Varsovie.
    La marche des Algérois vers Bab el Oued fut attaquée à la mitrailleuse et au fusil-mitrailleur par des tirailleurs qui n’avaient pour mission que de stopper cette marche pacifique, sans utiliser leurs armes.
    Il y eut plus de 100 morts au voisinage de la Grande Poste, et plusieurs milliers de blessés. Je puis apporter mon témoignage, m’étant trouvé au voisinage de cette tuerie, mais ayant eu la chance de ne pas me trouver dans l’axe des tirs. Cette tuerie fut l’un des prémices de la fin de notre Algérie. De Gaulle voulait nous prouver que nous devions accepter sa politique.
    Puis ce fut la fin de notre belle Algérie. L’exode de plus d’un million de Pieds-Noirs et de quelques milliers de Harkis, qui purent être sauvés grâce à des officiers français qui n’ont pas obéi aux ordres de notre sanglant dictateur, mais qui ont préféré obéir à leur conscience.
    En conclusion, il semble nécessaire de citer encore Albert Camus :
    « La vérité jaillira de l’apparente injustice. » (La peste, Albert Camus)
    « La liberté, seule valeur impérissable de l’histoire. » (L’homme révolté, Albert Camus)¢
    Références
    1 – Œuvres complètes, Albert Camus
    2 – Eugène Ionesco Wikipédia fr.wikipedia.org/wiki/Eugène_Ionesco
    3 – Louis Ferdinand Céline Wikipédia fr.wikipedia.org/wiki/Louis-Ferdinand_Céline
    4 – Absurde http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Absurde&oldid=88616606

    http://www.francepresseinfos.com/

  • Dostoïevski et les violences illuminées du Parti socialiste

    par Nicolas Bonnal.

    — Nous savons qu’un doigt mystérieux a désigné notre belle patrie comme le pays le plus propice à l’accomplissement de la grande œuvre.

    Parti des banques et des médias, le PS se veut aussi un parti d’avant-garde, un parti refondateur de notre France et de l’espèce humaine.

    On se doutait que la destruction de la famille et l’achat de nouveau-nés, encouragés par les temps globalisés qui courent, ne rencontreraient pas un grand écho public ; surtout si une loi destinée à favoriser les théories d’avant-garde illuministe et les intérêts d’un lobby surreprésenté dans la mode et les médias, les affaires et la politique (et ce de la gauche à l’extrême droite maintenant) heurtait de front une énorme majorité de la population. Mais on n’osait présager ce qui allait se passer : le passage à tabac du petit peuple contestataire et familial.

    Je ne réside pas en France, je n’en ai pas le cœur. Je peux témoigner qu’à l’étranger les médias n’ont rien dit, et qu’ils ont à peine insisté sur les… milliers de manifestants (les milliers de manifestants ??? On est bien gardés partout.)

    J’ai eu plusieurs amis et amies arrêtés et tabassés par la police ; des gardes à vue, des nuits au poste, des charges, des gazages fondés sur des théories de la conspiration (nous on s’affronte à la réalité de la conspiration, ce n’est pas la même chose) ; c’est d’autant plus étonnant qu’il s’agissait non pas de militants musclés mais de gentils pères et mères de famille, des cathos comme il faut, comme disent les médias officiels avec leur mépris raciste et ricaneur. Il devait même y avoir des bobos au sens strict, des petits laïcs avec leur bonne famille. J’ai même su que de bons petits étudiants pourtant gentiment conditionnés par la lecture de Luther King ou Mandela avaient aussi été tabassés. On a balancé le gaz (changer le mot, comme chez Orwell) sur les mères et leurs enfants, et comme on avait tort, on s’est acharné sur les victimes, ce qui est dans la logique de ces temps post-libéraux (fonctionnaires, retraités, assistés, c’est vous qui nous ruinez et pas l’euro !) et post-démocratiques : on vous prendra vos sous, vos vies, vos idéaux. Paris est en état de siège et l’on se doute que les Invalides, le Champ de Mars et les quartiers traditionnels ne seront plus les mêmes. Les forces spéciales seront prêtes. Un ground zero se prépare, c’est bon pour les sondages, car les socialistes qui ont mis tout le monde à bout en quelques mois, ont encore quatre années à tirer, et ils ne se sont pas près de se tirer, même s’ils ne s’en tireront pas comme ça. Entre deux tenues et deux partouzes, ils nous préparent un sale coup à la manière des méchants des péplums hollywoodiens. Un grand incendie de Rome, arrosé à l’hélium ?

    L’important est de haïr le peuple dont l’ordre mondial vous adonné la charge ; et le traiter en conséquence. Le gouvernement sera francophobe ou ne sera pas. C’est comme ça qu’après un ministre deviendra commissaire européen ou bossera pour les pétroles ou Goldman Sachs.

    L’arrogance, la muflerie, la vulgarité et la mauvaise foi du sous-ministre en charge ne connaît pas de limite. Je le soupçonne, ce membre actif du club milliardaire et conspirateur des Bilderbergs, de guetter la salive à la bouche le moment où il y aura des morts pour interdire entre autres toute manifestation, cette dernière tradition française et populaire. Il criera alors à la conspiration intégriste, en appellera à Dan Brown et incriminera la filière tchéchène pour faire plaisir à son copain Obama (un libéral est toujours un lèche-bottes, remarque aussi Dostoïevski). On ouvrira des camps, sans doute, pour enfermer les ennemis de la liberté. Ils sont 99%. On n’est plus à ça près dans la démocratie-marché, cette société qui considère que la civilisation est un marché ou plutôt un centre commercial ; que les populations sont remplaçables ; et que les élections ne sont plus même nécessaires là où elles se font gênantes.

    Le ministre à matricule avait morigéné il y a un an les journalistes les plus soumis du monde, comme FOG, au motif que ces derniers avaient bêlé avec les moutons du paysage médiatique américain lors d’une arrestation-spectacle. On a vu que ce pauvre DSK n’était pas si innocent que cela, et que les socialistes sont des innocents aux mains sales, pour reprendre un titre célèbre. Pour les taxes et le sexe, les socialos sont des champions ; pour trafiquer les feuilles de vigne des impôts aussi.

    Les socialistes sont des bourgeois illuminés, comme les avocats guillotineurs de la Révolution, avec un certain nombre de tares sociales et sexuelles, et ce sont aussi des possédés. Adorateurs des contes de fées et comptes en banque, personne ne les a mieux expliqués que Dostoïevski dans son meilleur opus : « J’ai remarqué, me faisait-il observer un jour, que tous ces socialistes fanatiques, tous ces communistes enragés sont en même temps les individus les plus avares, les propriétaires les plus durs à la détente ; on peut même affirmer que plus un homme est socialiste, plus il tient à ce qu’il a. »

    La folie de la théorie du genre qui ne repose sur rien de moral ni même de scientifique (je mets la science après la morale ; j’ai encore le droit ?) mais seulement sur des fantaisies de psychanalystes est aussi présente dans l’œuvre du grand maître russe : le despotisme marche de concert avec l’aberration idéologique. Rappelez-vous 93, les nouveaux prénoms de la révolution, le nouveau calendrier, les nouveaux cultes. Avec ces illuminés, on n’a jamais fini.

    Mais rappelez-vous que dans Fourier, dans Cabet surtout, et jusque dans Proudhon lui-même, on trouve quantité de propositions tyranniques et fantaisistes (ou fantastiques) au plus haut degré.

    Dostoïevski annonce aussi les bric-à-brac déments de notre enseignement avancé, de nos magistrats investis par le trotskysme et de l’avant-garde idéocratique qui rêve de parader dans les soirées milliardaires et phil-entropiques : « Le précepteur qui se moque avec les enfants de leur dieu et de leur berceau, est des nôtres. L’avocat qui défend un assassin bien élevé en prouvant qu’il était plus instruit que ses victimes et que, pour se procurer de l’argent, il ne pouvait pas ne pas tuer, est des nôtres. Les écoliers qui, pour éprouver une sensation, tuent un paysan, sont des nôtres. Les jurés qui acquittent systématiquement tous les criminels sont des nôtres. Le procureur qui, au tribunal, tremble de ne pas se montrer assez libéral, est des nôtres. »

    Frapper la mère de famille et gazer son bébé devient la blague du salon rose et le devoir du CRS briefé et conditionné ; tout comme détaler devant les racailles de banlieue et encenser le criminel moyen qui en somme ne fait que son devoir rousseauiste de redresseur des torts sociaux. Dali disait déjà aux surréalistes qu’il serait « plus amusant » de faire sauter les pauvres. Et Dostoïevski : « Savez-vous combien nous devrons aux théories en vogue ? Quand j’ai quitté la Russie, la thèse de Littré qui assimile le crime à une folie faisait fureur ; je reviens, et déjà le crime n’est plus une folie, c’est le bon sens même, presque un devoir, à tout le moins une noble protestation. »

    Le plus inquiétant est que des canards bourgeois ont encensé le ministre en question ; que le monde sagouin et subventionné de la presse écrite s’acharne contre les deux millions de français descendus dans la rue ; et que la folie absolue de la bourse et de la spéculation accompagne cette descente aux enfers de la politique, de la justice et de la morale. La destruction par la dette et l’euro – créé à cet effet – de l’emploi et du patrimoine français attend la destruction de ce qui reste de la famille et la nature.

    Le plus inquiétant aussi est que la dégénérescence des partis politiques de droite et d’extrême-droite censés jadis représenter une France réelle et non plurielle, conservatrice et non moderne, interdit de songer à une alternance crédible dans quatre ans ou moins maintenant… Jamais la démocratie parlementaire si souvent en crise dans notre histoire n’a semblé aussi courte, aussi inadaptée, aussi dérisoire. Il va falloir que le peuple des parents et des enfants prenne son destin en main laissant la matraque aux ministres et les prébendes aux autres malotrus.

    On n’en a pas fini avec la nuit ; pas celle du moyen âge bien sûr, mais celle des temps modernes et illuminés.

    Les mesures proposées par l’auteur pour supprimer le libre arbitre chez les neuf dixièmes de l’humanité et transformer cette dernière en troupeau par de nouvelles méthodes d’éducation, – ces mesures sont très remarquables, fondées sur les données des sciences naturelles, et parfaitement logiques.

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  • Léon Daudet : Le dernier imprécateur

    1992 mérite d'être « une année Daudet ». Pour le centenaire de l'édition de son premier roman, Haeres, et le cinquantenaire de sa mort, voici que paraÎt un énorme récueil de ses Souvenirs et polémiques, ainsi qu'une superbe biographie de, François Broche, qui arrive à son heure, celle d'un jugement enfin dépourvu de passion sectaire. Il fallait arracher « le gros Léon » à ses ennemis comme à ses partisans, tous pareillement obsédés par le fait qu'il fut probablement le premier polémiste de son siècle et que son style reste terriblement marqué par des passions qui voisinaient parfois le délire.
    Réduire Daudet à cette caricature de furieux truculent est une trahison. Daudet est beaucoup plus que Daudet. Le personnage se situe entre Gargantua et Ubu-roi ou du moins Ubu royaliste. Par toutes ses fibres familiales et sentimentales, il appartenait sans nul doute à ce XlXe siècle qu'il s'obstinait à déclarer « stupide » et fut avant tout, beaucoup plus qu'un conservateur, un réactionnaire, c'est-à-dire un homme qui juge, qui dénonce et qui hurle. Pas méchant bougre quand il ne s'agissait pas de la chose publique, mais vite emporté par son tempérament et ses phobies. Cet écrivain prolixe entre tous risque souvent d'apparaÎtre inactuel. C'est bien dommage à notre époque de grisaille et de conformisme cafard.
    Léon Daudet fut toute sa vie obsédé par les problèmes de l'hérédité. C'est d'ailleurs le titre de son premier bouquin, Haeres, paru voici tout juste cent ans, où l'on découvre le regard du clinicien plus que du romancier.
    Personnellement, il est le fils d'un père, de famille ardèchoise, devenu provençal par la grâce d'une écriture mistralienne :
    Alphonse Daudet, dont tous les écoliers connaissent au moins les Lettres de mon moulin. La famille de sa mère, Julia Allard, est d'origine bretonne et tourangelle. « Chez les Allard, on était républicain et tout à fait indifférent en matière religieuse, alors que chez les Daudet, on marquait une préférence pour "le double flambeau balzacien" : la religion et la monarchie », écrit François Broche.
    L' enfant qui naît à Paris, le 16 novembre 1867, dans le quartier du Marais, mêlera hardiment une liberté d'esprit aux limites de l'anarchisme, assortie d'un fort tempérament de bon vivant, avec un engagement civique qui fera de lui le champion du « nationalisme intégral ».
    Le mélange est assez détonnant, surtout si l'on y ajoute une incroyable facilité de plume, qui le conduira à écrire cent vingt-cinq livres et des milliers d'articles, dont son éditorial quotidien dans L'Action française. Sans compter les discours, car il sera aussi un habitué des estrades.
    La silhouette à la Falstaff de cet admirateur de Shakespeare, auquel il consacrera un de ses meilleurs essais, est inséparable des réunions monarchistes du début du siècle et de l'entre-deux-guerres. Le temps alourdira sa forte corpulence, aux limites de l'obésité. Quant à son profil, il fera la joie des caricaturistes, qui accentueront un certain aspect levantin. Il se montrera d'ailleurs antisémite avec une telle monomanie que certains, à commencer par quelques Israélites, prétendront qu'il devait être quelque peu juif.

    La médecine et la littérature avant la politique
    La politique pourtant, au début d'une carrière fulgurante, le tente moins que la médecine qu'il étudiera, jusqu'à sa thèse de doctorat exclue, et que la littérature, où il ne se montrera pas inférieur à son illustre père, dans des registres très différents.
    Il est dans sa jeunesse bambocheur, gastronome, cocardier, nietzschéen et plus admirateur de Clemenceau et même de Gambetta que du général Boulanger. Pourtant, ce garçon, doué comme pas un, est finalement influençable. Il rencontre beaucoup d'écrivains chez son père et il sera toujours séduit par quelques plumes alertes Drumont avant tout, puis Barrès et enfin Maurras. Mais aussi Zola pour un temps, Proust pour toujours et Céline sur le tard. Il aura même pour « chère patronne » Juliette Adam, qui lui mettra au cœur, à jamais, « une haine lucide de la Bête allemande ». Son antigermanisme rencontre son antisémitisme pour le lancer très tôt dans une campagne contre « l'espionnage juif allemand », qui lui tiendra finalement lieu toute sa vie de ligne de conduite politique.
    Un premier mariage raté avec la petite-fille de Victor Hugo sera suivi d'une union réussie avec sa cousine germaine, surnommée « Pampille » ; elle sera pour beaucoup dans sa conversion, somme toute tardive, au double service du trône et de l'autel.
    Même si l'affaire Dreyfus le verra au premier rang des défenseurs de l'armée, il reste assez insolite dans la cohorte des bien-pensants. En 1895, il déplore qu'on ne puisse être « à la fois napoléonpremiériste, anarchiste et socialiste » ! Cette future idole des camelots du roi ne se défendra jamais d'une certaine sympathie pour les révolutionnaires de la bande à Bonnot.
    Quant à ses démêlés avec l'Eglise, ils sont « hénaurmes », à l'image du personnage. Il commet dans sa vie une bonne quarantaine de romans, effroyables mélos où les situations scabreuses abondent. Ces petits bouquins, considérés comme pornos, sont presque tous inscrits à l'Index. Il s'en console en se recommandant de Rabelais. Ces gauloiseries de carabin le rendent plutôt sympathique, mais n'ajoutent rien à sa gloire littéraire.

    Un patriotisme exacerbé
    Sorti finalement grand vaincu de l'affaire Dreyfus, il va se rattraper pendant la Grande Guerre, où l'Union sacrée lui permet d'être du côté du pouvoir et de jouer un rôle de « procureur du roi », inlassable dénonciateur des pacifistes, qualifiés de traîtres à longueur de colonnes. Avec le recul du temps, on peut estimer que ses pires ennemis furent souvent les hommes les plus lucides de leur époque, à commencer par Caillaux et même par Briand. Il n'en a cure et son patriotisme exacerbé conduit ce royaliste à soutenir le jacobin Clemenceau, pour la seule raison qu'il a érigé le bellicisme intransigeant comme seule ligne de conduite.
    Curieusement, il est difficile de détester un polémiste si outrancier qu'on finit par ne plus le prendre au sérieux. Il fait rire et pourtant provoque des blessures inguérissables. Il a compris que le ridicule peut tuer au moins politiquement. Et que le mensonge est une arme efficace. Peu lui importe, puisqu'il sert une « bonne cause ».
    Député plus sérieux qu'il n'y paraît, de 1919 à 1923, polémiste d'un rare courage physique, capable de défendre à coups d'épée ses idées, ses humeurs et ses excès, travailleur inlassable, il trouve encore le temps de mener des bagarres de rues, de partager la table de ses collègues de l'académie Goncourt et de lire tous les livres qui paraissent.
    Un terrible événement va bouleverser sa vie en novembre 1923, la mort mystérieuse de son fils Philippe. Ce drame lui inspirera sans nul doute la plus hasardeuse et la plus déchirante de ses campagnes de presse. Il se retrouvera en prison pour diffamation, s'évadera dans des circonstances rocambolesques, vivra deux ans en exil en Belgique, reviendra, amnistié, en triomphateur. Mais un ressort est brisé à jamais, même s'il travaille jour et nuit, Gomme s'il voulait s'étourdir. Le réveil de l'Allemagne et la montée inéluctable de la guerre l'accablent, alors que les événements viennent vérifier ses avertissements.
    Après la défaite, il rejoint L'Action française, repliée à Lyon, et défend jusqu'à sa mort, à Saint-Rémy-de-Provence, le 30 juin 1942, l'idée de « la France seule ».
    Ses romans sont aujourd'hui illisibles, ses pamphlets ont terriblement vieilli, mais ses livres de critique littéraire ont quelque chose de prophétique. Ses recueils de souvenirs restent, sans aucun doute, le meilleur de son œuvre. Ils sont datés et pourtant ne datent pas. Derrière l'imprécateur, excessif et injuste, apparaît le témoin capital d'un demi-siècle de vie nationale.
    Jean Mabire : National Hebdo du 15 au 21 octobre 1992.

    François Broche : Léon Daudet, le dernier împrécateur, 468 pages, 23 photos, Robert Lattont.
    Léon Daudet : Souvenirs et polémiques, 1 400 pages, Collection « Bouquins », Robert Lattont.

  • Cernunnos.

    Cernunnos est un nom d'Hermès. Il est le Gardien des portes des Trois Mondes. Hermès désigne les yeux du dieu. Quand l'homme voit avec les yeux du dieu, alors il comprend les messages des Trois mondes. Il ne lit aucune lettre de plus, aucune image de plus – il voit, tout simplement, ce qu'il avait sous les yeux depuis toujours, toujours déjà présent.
     
    Recevoir un message des Trois mondes est voir. Cernunnos est celui qui contemple la forêt, les jambes croisées, selon la posture hiératique du sage des bois, l'ermite, l'homme suprêmement sage et suprêmement sauvage. La forêt est une image du monde, est microcosme. Il s'y trouvent les chemins de la vie, les croisements saints, les mystères des chemins ouverts parmi les ronces, les lents regards des fleurs. Il s'y trouvent les ruisseaux et les étangs empruntés de brumes.
     
    Le secret de la puissance.
     
    Ils s'y trouvent les troncs moussus des arbres qui vivent là depuis la naissance du monde. Leur écorce est l'image de la peau de l'antique Dragon. L'homme qui sait le Dragon sait l'entière histoire du monde, et des hommes. Il a bu le lait noir de la connaissance aux lèvres des Maîtres, au cœur de la forêt, au centre du monde marqué par la poussée des roches vers le Ciel.
     
    Comme la sainte colonne de feu d'Arunachala.
     
    Cernunnos enseigne les mystères du Temps apparu après la chute et la mort du Dragon. Le temps est figuré par le serpent ouroboros. La Vie est un cercle. On sort du Suprême, et on revient vers le Suprême. L'axe du monde est une flèche vers le suprême, le centre invisible du Serpent. Cernunnos tient le serpent déroulé, en vainqueur des cercles, mais aussi en homme de la périphérie, en homme qui a choisi la Voie du Dragon et bu le jus, le venin issu des cuisses de la Jusquiame mystique.
     
    Il a été plongé dans l'eau noire des ténèbres, et se tourne vers la Lune, image tremblante et mobile du Soleil invaincu – image de ce monde. Les mots sont comme la lune – rien ne s'y trouve au suprême degré. Lors de l'invocation, quelque chose s'ajoute secrètement aux mots – et de la boue, fait de l'or.
     
    Sans souffle les mots ne sont rien.
     
    Il a bu la mort, et il vit ; il a maîtrisé le serpent qui est désormais à son service, comme les autres puissantes bêtes sauvages qui vivent en lui. Il est la puissance et la volonté de puissance qui jaillissent dans la forêt au printemps, l'odeur musquée des feuilles mortes et des marais, le puissant parfums des feuilles et des fleurs, les eaux et les rosées, la sueur salée, le sperme et la cyprine. Il est à la fois tueur, puissance de génération sauvage, maître des rapts, tonnerre et terreur. Il porte à la main la puissance torque qui soumet les vaincus. Il est le messager de la nécessité unique, du trépas, père de la douleur.
     
    Ce qui est détruit est ce qui vit. Le monde est fait de cycles qui se sédimentent. Rien n'est jamais perdu à jamais.
     
    Cette torque qui soumet les vaincu par le cou gracile est signe de règne, du règne de l'Empire. Celui qui se plie à la nécessité de fer des dieux, si visible dans la violence des chasses sauvages, dans les crocs du loup, est aussi le roi de ce monde. Le guerrier porte ainsi la torque, comme la femme puissante, la torque d'Or.
     
    Il est libre par amour du destin, comme le Cerf. Il n'est libre que par l'amour du destin. Il n'est vivant que par l'âpre mort et le goût du sang. Il n'a plus guère de peur pour avoir affronté la terreur de la chair.
     
    Il sait qu'il mourra comme les bêtes de la forêt – ni plus ni moins. L'éternité réside dans l'instant. L'idée puissante se montre dans les couleurs et les formes des forêts, présente mais insaisissable, comme l'évoque l'art de l'arabesque. Elle se montre comme le Serpent et enroule ses énigmes comme les anneaux du Serpent. Elle est la fleur sur les ronces, et déchire l'âme qui veut les traverser, par la solitude et les épines tranchantes. Elle porte des fruits et encercle, elle envoûte et étouffe.
     
    Tel est le secret de Cernunnos. C'est dans la soumission que se trouve l’élévation, dans l’acceptation que se trouve le secret de la plus haute révolte.
     
    (Un autre secret se prononce au sujet de sa mélancolie. Ce sujet est abordé dans le Livre des deux principes.)
     
    Cernunnos est l'indomptable et le suprême raffinement – comme l'Archange, le tueur du Dragon, mais aussi le combat entre l'Ange et le Dragon – le Dragon lui-même, car on ne combat valablement, enfin, que contre soi-même.
     
    Mais peu nombreux sont les hommes qui se cherchent eux mêmes – et combien peu ceux qui se cherchent eux-même pour se tuer.
     
    Tel est le règne, telle est la puissance, telle est la gloire.
     
    - J'ai longuement médité aux côtés de Cernunnos, dans les fumées des encens.
     
    Vive la mort !

  • Critique de Il Mito del Sangue de Julius Evola

    Critique de Il Mito del Sangue de Julius Evola Ce petit volume est une histoire du racisme, depuis les théories du comte de Gobineau et de Vacher de Lapouge, puis de Houston Stewart Chamberlain, jusqu’aux nouveaux développements qu’il a reçu récemment en Allemagne et qui y ont revêtu le caractère d’une doctrine en quelque sorte « officielle ». Le terme de « mythe » n’est pas pris ici dans le sens d’une simple fiction imaginative, mais dans celui d’une « idée qui tire principalement sa force persuasive d’éléments non rationnels, une idée qui vaut par la force suggestive qu’elle condense, et, par suite, par sa capacité de se traduire finalement en action ».

    L’auteur, s’efforce d’ailleurs d’être aussi impartial que possible dans son exposé, bien que, naturellement, il ne dissimule pas les contradictions qui existent entre les diverses conceptions dont l’ensemble constitue le racisme, et que parfois il laisse même deviner les critiques générales qu’il aurait à leur adresser, critiques qui portent surtout sur le caractère « naturaliste » et « scientiste » qu’elles présentent dans la plupart de leurs aspects.

    A vrai dire, la notion même de race est assez difficile à préciser, d’autant plus qu’on est en tout cas forcé de reconnaître qu’actuellement il n’existe nulle part de race pure ; ce qui est plutôt singulier, d’autre part, c’est que les races ou soi-disant telles qu’envisagent les anthropologistes et les préhistoriens, dont les travaux sont plus ou moins à la base de toutes les théories en question, n’ont plus absolument rien à voir avec les races qui furent reconnues traditionnellement de tout temps ; il semblerait que le mot soit pris là en deux sens totalement différents.

    Un point, par contre, ou ces théories se sont totalement rapprochées des données traditionnelles, c’est l’affirmation, si longtemps perdue de vue en Occident, de l’origine nordique ou hyperboréenne de la civilisation primordiale : mais, là encore, bien des confusions et des interprétations fantaisistes ou hypothétiques se mêlent, dans des ouvrages comme ceux d’Herman Wirth par exemple, à la reconnaissance de cette vérité.

    Tout cela, au fond, et même dans les éléments valables qui s’y rencontrent, ou, si l’on préfère, dans la façon dont ils sont traités, relève donc certainement bien plutôt de la « recherche » moderne que de la connaissance traditionnelle ; et c’est bien pourquoi le point de vue « naturaliste » qui est essentiellement celui des sciences profanes, ne saurait guère y être dépassé ; quant à savoir ce qui sortira finalement de ce véritable « chaos » d’idées en fermentation, c’est là, assurément, une question à laquelle l’avenir seul pourra apporter une réponse.

    René Guénon http://www.voxnr.com

    Notes :

    René Guénon, Compte rendu de livre, Editions Traditionnelles, Juillet 1937.