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économie et finance - Page 514

  • Combien vaudrait le nouveau franc en cas de sortie de l’euro ?

    Bon. Voilà une question que vous êtes très nombreux à me poser. De plus en plus nombreux à me poser même. Et plus nous allons avancer vers les élections, plus cette question sera vraisemblablement prégnante.

    Combien, donc, un éventuel nouveau franc vaudrait-il ?

    Aurions-nous à faire à un cataclysme financier ?

    La France s’effondrerait-elle ?

    Entrerions-nous dans un indescriptible chaos monétaire ?

    Essayons, à défaut d’avoir raison et de certitudes, de réfléchir un peu à tout cela ensemble.

    Premièrement… la valeur du nouveau franc par rapport à quoi ?

    Oui, par rapport au dollar ? Au franc suisse ? Ou par rapport à l’euro ? Par rapport à l’euro me diriez-vous, car notre dette est libellée en euros.

    Comme je l’ai déjà expliqué, 97 % de notre dette est soumise au principe de la « Lex Monetae ». En clair, nous remboursons notre dette dans notre monnaie. Aujourd’hui, l’euro ; demain, le nouveau franc.

    Revenons à nos moutons.

    Croyez-vous un seul instant que si un pays comme la France sort de l’euro, l’Allemagne va poursuivre une union monétaire avec des pays encore plus pauvres et encore plus endettés comme la Grèce, l’Italie, ou le Portugal ?

    La probabilité que l’union monétaire survive à une sortie de la deuxième économie est très faible, pour ne pas dire inexistante !

    Dans une telle hypothèse, le nouveau franc ne serait donc plus coté face à un euro qui n’existerait plus, il ne risquerait donc pas de baisser ! Enfin, notre dette ne pourrait plus être exigible dans une monnaie qui elle non plus n’existe plus !

    Le nouveau franc trouverait donc un cours d’équilibre par rapport à d’autres devises. D’abord européennes évidemment mais aussi étrangères, comme le dollar américain… ou le yuan chinois !

    Est-ce que notre monnaie baisserait beaucoup par rapport à ces deux devises ?

    Sans doute pas trop pour la simple et bonne raison que les Américains, comme les Chinois, jouent tous à déprécier leur devise à intervalle régulier.

    Plus clairement dit, ni les Américains ni les Chinois ne laisseraient leur devise trop s’apprécier, ce qui viendrait réduire leurs exportations et donc leur croissance. Pour preuve, ils le font déjà tous ! Des Japonais aux Américains, tout le monde joue à baisser la valeur des devises pour tenter de se créer un avantage concurrentiel.

    Deuxièmement… imaginons que l’euro survive à la sortie de la France !

    L’Allemagne et les Pays-Bas (qui rêvent de sortir de l’euro) tirent la valeur de l’euro vers le haut. Le très haut même.

    La Grèce et Chypre vers les abysses !

    L’Italie, l’Espagne et le Portugal tirent, eux, l’euro vers le bas.

    La France, traditionnellement, a toujours eu la valeur de son franc entre les pays du Sud et ceux du Nord.

    Une zone euro sans la France, qui est la deuxième économie tout de même, mais avec tous les pays du Sud pourrait paradoxalement voir la valeur de sa monnaie euro baisser un peu face à un nouveau franc qui, lui, serait :
    – d’une part débarrassé du carcan de l’euro et le spectre de la faillite pourrait s’éloigner car nous pourrions à nouveau battre monnaie ;
    – d’autre part, la France étant sortie, il y aurait une énorme prime de risque sur l’euro dont personne ne voudrait car finalement il serait en train de se décomposer !

    Au bout du compte, dans un tel scénario, les investisseurs risquent de préférer du nouveau franc d’une France déjà sortie de l’euro, ce qui donne de la visibilité, au risque de détenir une monnaie dont on ne sait pas quel sera le prochain déserteur le lendemain et qui risque d’exploser et de ne plus rien valoir d’un instant à l’autre !

    Logiquement, le franc devrait donc… contre toute attente et à rebours de toute la propagande… s’apprécier !

    Troisièmement… c’est le retour à chaque monnaie nationale !

    C’est le dernier grand cas, imaginons que l’Espagne retrouve sa nouvelle « peseta », l’Italie sa nouvelle « lire », le Portugal son nouvel « escudo » etc., etc., que vaudrait le franc ?

    Assez simple !

    Comme autrefois !

    Le franc vaudrait plus que les monnaies espagnoles, italiennes, grecques, chypriotes ou encore portugaises.

    Il vaudrait, comme jadis, moins que le franc suisse, que le nouveau mark allemand ou la future monnaie des Pays-Bas.

    Nous aurions vraisemblablement la 3e ou 4e plus forte monnaie d’Europe !

    Alors ce ne serait pas le chaos ?

    Eh bien il se peut même que contre toute attente, le futur franc, au lieu de voir sa valeur s’effondrer, voit sa valeur augmenter.

    Ho, rassurez-vous, cette appréciation serait à mon avis de courte durée, car notre « classe » politique, bien peu élégante, risque de se mettre à aimer immodérément sa nouvelle planche à billets de la Banque de France et risque d’en abuser évidemment.

    Pourquoi ? Parce qu’il faudra bien payer la dette.

    Et pour payer la dette il n’y aucun secret !

    Soit vous imprimez de la monnaie autant que nécessaire, soit vous ruinez les épargnants ! Politiquement parlant, ruiner les épargnants a toujours été moins risqué !

    Source

    http://www.voxnr.com/8656/combien-vaudrait-le-nouveau-franc-en-cas-de-sortie-de-leuro

  • Je ne veux pas de vos 500 euros, Monsieur Macron, par Thibault Damilly

    Ce soir, j’ai trouvé un tract « Emmanuel Macron, le candidat du travail » dans ma boîte aux lettres. J’ai résisté au réflexe de le jeter immédiatement au feu et je l’ai ouvert. Pour Monsieur Macron, les Français (en a-t-il déjà vu ?) semblent n’avoir pas d’autre horizon que celui de l’argent gagné et aussitôt dépensé : ce tract ne parle que d’économie.En voici la première proposition :

    « Je supprimerai des cotisations payées par les salariés. Tous les travailleurs verront leurs revenus et leur pouvoir d’achat augmenter. Résultat : 250 € par an de gain de pouvoir d’achat pour un salarié au SMIC. Près de 500 € par an pour un salarié à 2000 € par mois. »

    J’ai bien lu ? Il me promet 500 € par an ? Lui qui déclare par ailleurs que l’immigration est une chance ?

    500€ par an ? Mais qu’est-ce que c’est à côté de ce que me coûte l’école privée de ma fille pour lui éviter de connaître trop tôt les joies du vivre-ensemble ?

    500€ par an ? Mais qu’est-ce que c’est à côté de ce que je paie pour une alarme avec intervention destinée à protéger ma maison des cambriolages qui touchent tout mon village ?

    500€ par an ? Mais qu’est-ce que c’est à côté de la voiture que ma femme a dû acheter pour aller au travail depuis qu’elle ne veut plus prendre les transports en commun suite à une agression ?

    500 € par an ? Mais qu’est-ce que c’est à côté de ce que je dois payer pour la moindre visite médicale dans une clinique qui ne ressemble pas à un hôpital du tiers-monde ?

    500 € par an ? Mais qu’est-ce que c’est à côté de la semaine de vacances hors de prix que je paie à ma famille parce que la station balnéaire populaire de mon enfance est devenue aussi invivable que Trappes ?

    500€ par an enfin ? Mais qu’est-ce que c’est à côté de l’emprunt sur 25 ans que j’ai dû contracter pour pouvoir vivre dans un coin où je ne me sente pas étranger dans mon propre pays ? Coin qui ne s’avère pas si tranquille puisque visiblement, on ne peut plus être tranquille nulle part en France !

    Tout Français a l’intuition que le coût global de l’immigration est exorbitant mais aucune des études sur le sujet ne s’accordent puisque toutes sont militantes, que ce soit pro ou anti-immigration. Mais une chose est sûre, chacun est capable de faire le bilan de ce que lui coûte cette stratégie permanente de l’évitement. Logement, école privée, assurances, alarme, porte blindée, santé, transports : ce coût est écrasant et une grande partie des Français ne peut tout simplement pas se le permettre.

    Monsieur Macron, je ne suis pas un mendiant qui vote pour un candidat qui lui promet quelques centaines d’euros à la fin de l’année. Non. Ce que j’attends de la personne qui va diriger la France est beaucoup plus simple et doit vous paraître fou, inouï, révolutionnaire : je veux vivre honnêtement de mon travail, paisiblement avec ma famille et dans un pays qui reste le mien.

    Thibault Damilly

    Texte publié par Les Identitaires

    http://fr.novopress.info/204239/je-ne-veux-pas-de-vos-500-euros-monsieur-macron-par-thibault-damilly-identitaires/

  • Pour la première fois, le G20 ne compte pas condamner le protectionnisme

    Peu de gens le savent mais avant même que les sommets au sommet ne se réunissent et que tous les mamamouchis dînent ensemble, les équipes, elles, travaillent bien en amont, et plusieurs jours avant, les communiqués de « fin » de sommets sont déjà connus.

    Bon, des esprits chagrins se poseraient logiquement la question de dépenser plein de sous et de « bilan carbone » alors que tout le monde est déjà d’accord et qu’un bon échange par « Skype » suffirait.

    Mais c’est ainsi.

    Il n’empêche que cette année, pour la première fois depuis sans doute 30 ans, les mamamouchis réunis lors du prochain G20 pourraient « s’abstenir de condamner explicitement le protectionnisme, selon un projet de communiqué de la réunion de la semaine prochaine, qui s’engage seulement à préserver un commerce international juste et ouvert. Une première qui semble être liée à l’élection de Donald Trump ».

    De la mondialisation au commerce juste et ouvert !

    Voilà une belle motion de synthèse qui en dit très long et bien plus que les biens longs discours sur la réalité de ce combat de titans dont je vous parle régulièrement entre les mondialistes et les souverainistes.

    Nous passons donc à un commerce juste et ouvert. Je pense que nous sommes tous pour l’ouverture… à condition évidemment qu’elle soit juste et se fasse sur des bases équitables.

    Autant d’éléments cruciaux qui manquent terriblement à la globalisation telle qu’elle nous a été vendue et qui est catastrophique pour l’ensemble des peuples.

    Source

    http://www.voxnr.com/8548/pour-la-premiere-fois-le-g20-ne-compte-pas-condamner-le-protectionnisme

  • Christian Kamtchueng Le manifeste de la raison objective 3/3

  • Christian Kamtchueng Le manifeste de la raison objective 2/3

  • La duperie du revenu universel

    Benoît Hamon propose dans son programme un revenu universel défendu aussi bien par les tenants de la gauche radicale que par ceux de l’ultralibéralisme.

    Les adversaires de Benoît Hamon, qui réintroduit l’idée du revenu universel dans le débat politique, le taxent d’irréalisme. Peut-être à tort. Après tout, ce revenu a été institué dans des pays aussi différents que l’Iran, le Koweït, la Namibie, Singapour et l’Alaska et, à titre expérimental, au Royaume-Uni, en Finlande, au Canada, cependant qu’il donne lieu à de sérieuses discussions en Suisse, en Catalogne et au Brésil. Et il compte pas mal de partisans.

    Maints hommes politiques et économistes y voient la solution au problème insoluble du chômage. Et, bien entendu, beaucoup attendent de lui le renforcement de la solidarité et l’éradication de la misère. Ce « revenu d’existence », dit aussi « revenu de base », serait versé à tout être humain vivant sur le territoire national, de la naissance à la mort, et son montant serait plus élevé pour les adultes que pour les mineurs.

    Hamon, pour sa part, préconise de commencer par porter le RSA – versé aux seules personnes sans ressources – à 600 euros par mois, pour finir par instaurer un revenu mensuel d’existence – attribué à tout individu sans conditions de ressources – d’un montant de 750 euros. La Fondation Jean-Jaurès, proche du PS suggère, quant à elle, de commencer à 60 euros pour tout mineur, 120 pour tout adulte, et d’arriver très progressivement à 500 euros par personne.

    D’autres, par réalisme, souhaitent limiter l’attribution de ce revenu aux seuls chômeurs et personnes sans ressources, pour commencer, et de moduler le montant du versement suivant les ressources, en ce qui concerne les actifs.

    En principe, ce revenu devrait s’ajouter aux autres aides sociales : minima sociaux, aides au logement, allocations familiales, indemnisations de chômage. Mais M. Hamon lui-même n’exclut pas qu’à terme ces aides puissent lui être intégrées. Et, dans ce cas, il serait étonnant que les « bénéficiaires » n’y perdent pas ; le revenu universel jouerait alors comme un rabot sur ces prestations. Et beaucoup de partisans du revenu universel pensent qu’il n’est financièrement supportable par l’État qu’à cette condition.

    Autrement dit, ce revenu risque bien de se révéler la pire des illusions, et la pire désillusion. Mais il présente un autre inconvénient, au moins aussi sérieux : celui de reléguer dans un ghetto tous ceux qui se trouvent dans l’impossibilité de trouver ou de retrouver un emploi, et de renforcer la flexibilité de l’emploi, des conditions de travail et des salaires, inévitablement tirés à la baisse.

    Oncle Benoît y a-t-il pensé ? Mais il est vrai que depuis plus de trois décennies, les dirigeants socialistes, résignés ou franchement convertis (suivant les cas) au néolibéralisme mondial et sans frein, considèrent le chômage et la précarité comme inhérents au système, et ne voient de solutions que dans l’assistanat généralisé et autres palliatifs.

    Emmanuel Macron disait récemment, à l’encontre de M. Hamon : « Le revenu universel existe déjà, il s’appelle le RSA ». Nous nous contenterons d’ajouter ici que, dans la Rome impériale, il prenait la forme de l’annone, versée gratuitement à une plèbe pauvre et oisive, ainsi sauvée in extremis de la misère (et retenue au bord de la révolte) et qui se divertissait à la taverne et aux spectacles du cirque.

    Politique magazine mars 2017 -  Consulter ... S'abonner ...

    http://lafautearousseau.hautetfort.com/

  • A l'origine des allocations familiales

    Jean-Marc Proust rappelle qu'avant le monopole de la sécurité sociale, il y a eu des chrétiens qui ont oeuvré pour une politique familiale :

    "Dans la mémoire collective, notre histoire sociale se résume à quelques symboles: les congés payés en 1936, la sécurité sociale en 1945. C’est négliger ce qui les précède comme si la loi se faisait en un jour. L’histoire a retenu la généralisation, ignorant la genèse. De même que nombre d’ouvriers bénéficiaient de congés payés avant 1936, les assurances sociales n’ont pas été inventées en 1945, lorsqu’elles ont devenues universelles et obligatoires. Il faut remonter une trentaine d’années plus tôt pour qu’Émile Romanet «invente» les allocations familiales. [...] Fervent catholique, il s’intéresse de près au sort des ouvriers. L’aide sociale est alors erratique et tient souvent davantage de la charité que des droits. Les syndicats se focalisent sur les salaires et la famille est plus une menace qu’un enjeu. Aussi, est-ce à la fois par le secteur public (ainsi du supplément journalier de 5 centimes par enfants accordé aux salariés du ministère de la Marine en 1860) et par le courant chrétien-social que surgit un «mouvement d’aide à la famille.»

    Car, tout au long du XIXe siècle, le courant chrétien-social porte des idées novatrices: ainsi de Charles de Montalembert, qui demande l’interdiction du travail des enfants, de Frédéric Ozanam ou d’Armand de Melun, révoltés par l’étendue de la misère ouvrière, ou encore d’Albert de Mun, qui fonde des cercles ouvriers, sans oublier Frédéric Le Play qui publie La réforme sociale en France en 1864. Avec l’encyclique Rerum novarum  (1891) qui pose la question de la justice dans le salaire, plusieurs industriels vont mettre ces idées en application.

    Peu après, Léon Harmel, industriel champenois, entend créer une «usine chrétienne», où les ouvriers gèrent des caisses de secours ou de crédit, des cercles d’études ou des associations religieuses… Il crée un «supplément familial au salaire».

    « Cette institution, bien qu’entièrement alimentée par la caisse patronale, est gérée complètement par une commission ouvrière, qui se réunit chaque semaine, prend connaissance des salaires insuffisants et les complète en nature, au gré des familles. »

    Dans le département de l’Isère, où travaille Romanet, les premiers réseaux de protection sociale se sont constitués au XIXe siècle: on y trouve plusieurs sociétés de charité, bienfaisance ou de prévoyance, des caisses de retraites des ouvriers… Entre logement et famille, chez les patrons chrétiens, la fibre sociale est intimement liée à la foi. Ils n’hésitent pas à assumer ce qui nous apparaît aujourd’hui comme du paternalisme. [...]

    Avec la confiance de Joya père, puis fils, Émile Romanet s’emploie régulièrement à améliorer le sort des ouvriers, faisant grincer quelques dents dans le patronat… En 1906, il crée un conseil d’usine, préfiguration des comités d’entreprise, et met en œuvres diverses mesures: retraite supplémentaire, salle de lecture, jardins ouvriers, bureau de placement… Pour qu’il devienne le «père» des allocations familiales, il faut juste un déclic. Qui survient le 6 octobre 1916, en pleine bataille de Verdun, lorsque le gouvernement invite les Français à souscrire un emprunt de guerre. Romanet relaie l'information auprès des ouvriers. Ceux-ci lui disent qu’ils n’ont pas les moyens d’y participer, «avec leurs charges de famille.» Et l’invitent à faire une «petite enquête» pour voir «ce qui se passe dans les familles ouvrières». [...]

    Peu après, Romanet convainc le Syndicat patronal. En novembre les «bonifications familiales» sont généralisées dans l’Isère, en Savoie et Haute-Savoie –avec quelques mesquineries ici ou là. [...]

    Au même moment, et sans se connaître, Émile Romanet et Émile Marcesche ont alors l’intuition des caisses de compensation, alimentées par des cotisations des employeurs en proportion des heures travaillées et des salaires versés. Cette mutualisation des charges donne l’élan nécessaire à la généralisation des allocations familiales. En avril 1918, le Syndicat patronal des constructeurs mécaniciens et fondeurs de l’Isère, Savoie et Haute-Savoie donne l’exemple. Après-guerre, plusieurs branches industrielles s’en emparent: Syndicat national des constructeurs mécaniciens et fondeurs, Union des industries métallurgiques et minières, Bâtiments et travaux publics… En parallèle, sous «l’influence des cercles catholiques et des syndicalistes chrétiens (la CTFC)», les caisses de compensation interprofessionnelles se développent: 81 en 1922 , 160 en 1925, 230 en 1930, pour 1,8 millions de salariés bénéficiaires. Seul le petit commerce y reste hostile.

    La suite est plus connue. En 1928 et 1930, sous Poincaré, la loi sur les assurances socialescouvre la maladie, la vieillesse et l'invalidité, puis, en 1932, le dispositif des allocations familiales est généralisé par la loi Landry. Toutes ces mesures seront unifiées en octobre 1945 dans le cadre global et obligatoire de la Sécurité sociale. L'État a pris le relais des initiatives patronales."

    L'Etat a surtout confisqué les caisses d'allocations familiales et monopolisé ce système qu'il contrôle désormais et qu'il peut mettre... sous condition de ressource.

    Michel Janva

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Intervention de Marine Le Pen à la Confédération des PME (CPME) | Marine 2017

  • Programme contre programme

    Depuis un quart de siècle le peuple de droite, majoritaire en France, aspire à une véritable alternance, incluant une rupture. Cette perspective fut chaque fois sabotée, pour raisons diverses, lors des victoires électorales successives de 1993, 1995, 2002 et 2007. De telles expériences décevantes sont ressenties comme les conséquences d'autant de trahisons, de manœuvres coulissières voire de complots. (1)⇓

    C'est en fonction de ce contexte qu'il faut apprécier l'immense rassemblement de ce dimanche pluvieux 5 mars au parvis des Droits de l'Homme du Trocadéro. On peut le considérer comme un signe venu des profondeurs de l'opinion populaire française. Tout en se regroupant autour d'un candidat précis dont le nom fut maintes fois scandé, tout en lui demandant de tenir bon, il ne s'agissait pas d'une rivalité de personnes mais de l'adhésion à un projet.

    Lors du choix de novembre 2016, c'est en effet un programme précis, clairement voué à la rupture avec le fil du déclin de la France qui fut choisi, par une majorité écrasante – et c'est le discours faussement habile de la non-rupture qui fut rejeté. Sans appel.

    Restent donc deux programmes en lice, si l'on veut bien ne pas s'attarder sur les utopies inapplicables, ruineuses et destructrices.

    On se propose dès lors de poursuivre l'examen du programme Macron révélé le 2 mars. (2)⇓

    Difficile de ne pas éprouver un terrible sentiment d’enfumage.

    Ce candidat que l'on présente comme centriste envisage de procéder à des économies résultant de la suppression d'un certain nombre de députés, arbitrairement fixé au tiers d'entre eux. On reste ici dans une forme d’antiparlementarisme d'un autre âge. Ne serait-il pas plus pertinent de s'interroger sur les moyens dont disposent députés et sénateurs dans les autres grandes démocraties, où l'on découvrira peut-être qu'un député français représente une toute petite entreprise, comparée à son homologue allemand ou américain.

    Macron et ses experts restent en revanche peu disposés à remettre en cause la prolifération du mille-feuille territorial et de la fonction publique locale. On supprime cependant dix ou vingt départements. Et allez hop.

    Il est vrai que le candidat chouchou des médias avait publié en 2016 un livre (3)⇓ qui se veut révolutionnaire. En 2007, le même personnage avait collaboré en qualité de rapporteur général adjoint de la "Commission pour la libération de la croissance française" voulue par Sarkozy et présidée par Attali. Aujourd'hui, même le mot de réforme, lui fait peur. Il préfère parler de transformation. Depuis le XVIIIe siècle ce mot est associé au principe de Lavoisier, ainsi résumé : "Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme."

    Autrement dit, surtout on ne touche à rien.

    À rien... sauf au RSI. Ce régime social des indépendants, effectivement très critiqué par ses assujettis, notamment parce que son invention, en 2003, a mis une bonne dizaine d'années à fusionner les caisses monopolistes de retraite (Cancava et Organic) et de maladie (Canam). Cette "transformation" entraîna un nombre dommageable de dysfonctionnements administratifs. M. Macron a une solution simple : on le supprime et cette disposition figure même en gras dans la brochure programme. Mais nul ne sait par quoi il sera remplacé, sans doute par l'Urssaf pour le recouvrement et le régime dit général, celui des salariés du privé, pour le principe. Le remède sera pire que le mal. L'idée que l'on puisse maintenir le RSI, pour ceux qui souhaiteront y rester, et permettre le libre choix, oui : la libre assurance, pour des gens qui sont précisément les plus à même d'expérimenter cette liberté, qui fait si peur à nos technocrates, cette idée n'effleure pas ce soi-disant social-libéral… ni ses 400 ou 500 experts…

    L'étatisation ne s'arrête pas là. Quand il parle de supprimer la taxe d’habitation, presque librement fixée par la commune, et de la compenser par la dotation de l’État, il tue l’autonomie fiscale des communes et renforce l'étatisme. L'idée avait déjà été agitée par Strauss-Kahn, dans le sillage hautement bonimenteur duquel Macron a fait ses première armes.

    Dans d'autres domaines on découvre une immense ignorance de l'état des dossiers. Autonomie des universités? pas entendu parler des réformes Sarkozy Pécresse. Multiplication des commissions parlementaires ? Mais si on additionne commissions d’enquêtes, missions d’informations communes, rapports du Comité d’évluation et de contrôle des politiques publiques, missions d’évaluation et de contrôle, travaux de l’Office d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, M. Myard le porte-parole de la droite populaire en recense plus de 70 ces dernières années.

    Défense nationale ? on nous propose de renforcer l'arme du Renseignement. Excellente idée! C'est ce qui est fait par les gouvernements successifs depuis une dizaine d'années.

    "Solidarité dans la zone euro, dit-il ? A-t-il examiné le dossier de la Grèce ? Quelle solution "solidaire" envisage-t-il?

    Ne parlons même pas de propositions risibles : "nous diviserons par deux le nombre de jours de pollution atmosphérique".

    L'ISF deviendrait un impôt sur la seule fortune immobilière, mais il demeurera. Excellent pour la fortune anonyme et vagabonde. 

    JG Malliarakis

    Apostilles

    1. "Moi je dis, écrivait Umberto Eco, qu'il existe une société secrète avec des ramifications dans le monde entier, qui complote pour répandre la rumeur qu'il existe un complot universel".
    2. Examen que nous avons effleuré dans notre chronique précédente "Macron demandez le programme".
    3. Révolution, c’est notre combat pour la France d’Emmanuel Macron 268 pages,17,90€ XO édition.

    http://www.insolent.fr/