économie et finance - Page 511
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Le bel avenir du trou de la Sécu - Journal du Mardi 24 Octobre 2017
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LE GRAND BAL DES HYPOCRITES NE FAIT QUE COMMENCER

Les « Occidentaux », cette petite caste de plus en plus étriquée et recroquevillée sur elle-même, qui se définit en quelques mots : politico-médiatique, libérale-libertaire – les « Orientaux », eux, n’ont pas nos états d’âme de libéraux pervertis : l’Extrême-Orient nous a dévorés économiquement, le Moyen-Orient pourrait nous dévorer spirituellement -, les « Occidentaux », donc, viennent de prendre en quelques jours deux tartes à la crème en pleine figure. Difficile, quand on est entarté, de garder sa bonne figure bien-pensante et moralisante.
Le libéralisme libertaire, pour une fois, se prend les pieds dans le tapis car ces deux tartes nous plongent dans d’infinies contradictions.
Avec l’affaire Weinstein, d’abord. Le beau monde des médias et du spectacle (pourquoi ne trouve-t-on pratiquement que Gala ou Elledans les salles d’attente des médecins ou des dentistes ?) pousse des cris d’orfraie et une forme d’hystérie collective s’empare des réseaux dits « sociaux » (curieuse dénomination, car on peut vérifier au quotidien que ces outils à l’efficacité diabolique ont de plus en plus la capacité à disloquer les sociétés). Dans cette affaire, de qui se moque-t-on ?
On nous dit que les hommes ne respectent pas les femmes. Bon. Rien de nouveau. Mais est-ce que les femmes respectent les hommes ? Et est-ce que les unes et les autres se respectent ? Et est-ce que l’humanité est respectable dans ce monde « occidental » où la violence et le sexe saturent nos écrans ad nauseam et où, de plus en plus tôt, on apprend à nos enfants que le véritable épanouissement est sexuel ?
Avec la Catalogne, ensuite. Ici, ce sont mes racines catalanes qui se révoltent.
Les « Occidentaux » se trouvent bien embarrassés pour refuser aux Catalans ce qu’ils ont donné naguère aux Kosovars après avoir bombardé la Serbie.
Qu’est devenu le Kosovo indépendant ? Une petite dictature mafieuse.
Le gouvernement espagnol et le roi d’Espagne pourraient se partager la palme de l’hypocrisie car après avoir vendu leur âme aux intérêts de Bruxelles et de la finance internationale, ils ont vidé la nation espagnole de sa substance. Encore une fois, de qui se moque-t-on ?
Que dire des Catalans ? Que défendent-ils ? Leur culture ? Laissez-moi rire. Dans les écoles de Barcelone, l’espagnol est une langue étrangère comme l’anglais.
Non. Comme disait Céline dans Mea Culpa, ils comptent le sucre, toujours plus avares, plus avides.
Et quand on veut se recueillir dans la Sagrada Família, on paye dix euros (réduction pour familles nombreuses et groupes à partir de 15 personnes). Et la messe en semaine ? Dans la crypte, comme au temps des catacombes.
Quand on est à ce stade de décadence morale et spirituelle, on ne s’étonne plus de voir la religion remplacée par le Barça ou confondre Messi et Messie.
L’Union européenne des marchands et des banques – ce très chic club des « Occidentaux » – a dévitalisé les nations européennes et joue les pucelles effarouchées. Toute cette comédie tourne au ridicule mais, n’en doutons pas, le grand bal des hypocrites ne fait que commencer et les tartes à la crème vont pleuvoir.
Mais gare ! « Quand les peuples cessent d’estimer, ils cessent d’obéir », disait Rivarol.
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La ratification fantôme
Georges Feltin-Tracol
L’Accord économique et commercial global conclu entre le Canada et l’Union pseudo-européenne, plus connu sous ses initiales anglophones de CETA, est entré en vigueur le 21 septembre dernier alors que les parlements nationaux, voire les assemblées régionales, des États membres ne l’ont pas encore entériné. Le CETA s’appliquerait-il ainsi sans la moindre approbation légale ? La réponse est plus complexe dans les faits.
La ratification de ce traité de libre-échange s’effectue en réalité en deux temps. Le 15 février dernier, le Parlement européen le ratifiait par 408 voix (venus des bancs socialistes, libéraux, centristes et conservateurs) contre 254 et 33 abstentions. Adopté, le traité s’applique dès à présent uniquement en ce qui concerne les compétences exclusives de l’Union dite européenne. Ce n’est qu’une ratification partielle, car les clauses portant sur les compétences partagées entre Bruxelles et les États membres (ou même leurs régions autonomes ou fédérées) ne peuvent pour l’instant entrer en vigueur, faute d’approbation parlementaire.
Il y a un an, en octobre 2016, la région Wallonie alors dirigée par les socialistes s’élevait contre ce traité pendant une semaine ! Puis, fidèles à leur couardise, les socialistes wallons capitulèrent en rase campagne. La procédure de ratification a dès à présent commencé avec l’acceptation du Congrès des députés d’Espagne, de la Croatie et de la Lettonie. Elle va continuer sans trop de résistances parlementaires. En effet, sur ce point précis, les quatre États du fameux Groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, Tchéquie, Slovaquie) n’éprouvent aucune réticence à entériner ce document de 2 344 pages.
Le CETA aurait dû susciter en France l’indignation non seulement des élus de l’« Hexagone asservi » du camarade Mélenchon, mais aussi la colère d’un Front national en proie à de vives querelles internes. Pour la circonstance, « marinistes », « philippotistes », « marionistes » et « jean-maristes » auraient pu se retrouver contre un traité abject qui va ruiner l’agriculture européenne, polluer notre alimentation et favoriser les firmes transnationales. Mais pour cela, il eût fallu à ce parti politique une authentique fibre sociale-identitaire. Encore une occasion ratée !
Bonjour chez vous !
• « Chronique hebdomadaire du Village planétaire », n° 49, diffusée sur Radio-Libertés, le 20 octobre 2017.
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QUE FERA LE GOUVERNEMENT QUAND LE PIÈGE DE LA DETTE SE REFERMERA ?

Si plus personne ne veut nous prêter, ou seulement à des taux exorbitants, que se passera-t-il ?
La récente et scandaleuse note de France Stratégie préconisant la nationalisation d’une fraction des terrains pour payer la dette de la France jette une lumière crue sur ce problème. Comment nous sortirons-nous de ce piège ? D’abord, dépasser 100 % du PIB ne rendra pas nécessairement insoutenable le poids de nos emprunts. Le Japon a dépassé les 200 % depuis vingt ans sans dommage. Au sortir des guerres mondiales, la Grande-Bretagne et la France étaient dans des situations bien pires et, dès les années 1955, les emprunts ne pesaient plus que 50 % du PIB. En 1820, l’Angleterre devait rembourser 200 % et les intérêts mangeaient la moitié des impôts. Elle s’en est sortie.
Il y a une chance sur deux pour que la machine craque mais ne rompt pas. Si tout va bien, nous monterons à 99 % du PIB en 2019 avant de redescendre à 80 % en 2030. Mais si une nouvelle et violente crise économique se produit, si plus personne ne veut nous prêter, ou seulement à des taux exorbitants, que se passera-t-il ?
Première solution : faire faillite (totalement ou au deux tiers), comme l’a fait l’Argentine dans les années 2000, mais alors la France sera exclue des marchés. Or, notre budget n’est plus en équilibre depuis 1974 et nos recettes ne couvrent que 92 % de nos dépenses hors le service de la dette. Le pays serait soumis à une diète insupportable. L’Argentine a laissé le choix à ses créanciers : soit ne plus rien toucher pendant trente ans, soit accepter une décote de 60 %. 98 % des débiteurs ont cédé. Les autres ont obtenu l’intégralité de leurs avoirs après une série de procès qui ont duré vingt ans. Mais le budget de l’Argentine, sans les intérêts de la dette, était alors équilibré, ce qui n’est pas le cas chez nous. Cette voie nous est donc interdite.
Le gouvernement aura deux autres possibilités à sa disposition : la première consiste, comme le suggère France Stratégie, à confisquer les biens des Français, soit une partie des terrains, soit une partie des dépôts bancaires (comptes courants, livrets, PEL, assurances-vie) ou, plus sûrement, en mixant les deux mesures. Si les sommes extorquées aux Français couvrent 25 % de la dette, les créanciers seront rassurés et prêteront à nouveau. Confisquer 5 % des biens immobiliers et des dépôts bancaires suffira et sera mieux accepté par l’opinion.
La deuxième méthode sera plus indolore mais, in fine, elle volera autant les Français. L’État paiera ses fonctionnaires en reconnaissances de dettes, une « fausse » monnaie qui sera acceptée dans les magasins et que le gouvernement pourra émettre autant qu’il le souhaitera, ce qui lui permettra d’équilibrer son budget. Au début, elle sera à parité avec l’euro, mais rapidement les commerçants lui appliqueront une décote de 10 %, puis 20 %, et enfin 40 %. Au final, nos dépôts bancaires perdront la moitié de leur valeur et cette évaporation remboursera nos emprunts.
Au bilan, la crise sera violente, mais se terminera au bout de cinq ans et l’économie se relancera sur des bases assainies. Alors, quand serons-nous volés ?
http://www.bvoltaire.fr/fera-gouvernement-piege-de-dette-se-refermera/
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En quatre ans, 100 millions d’euros pour la « déradicalisation » !

Stop aux subventions hors de contrôle : entre 2014 et 2017, il y a eu plus de 100 millions d’euros “d’annonces budgétaires” pour la prévention et la prise en charge des personnes radicalisées.
Face au risque terroriste, l’État a débloqué des sommes colossales pour tenter de « déradicaliser » les potentiels terroristes… Les sénatrices Esther Benbassa (EELV) et Catherine Troendlé (LR) se sont penchées sur ces dépenses dans un rapport d’information de juillet 2017.
Des individus ont monté un véritable business avec le risque terroriste, empochant un tas d’argent public.
Pour la prévention de la radicalisation, l’État, par le biais du fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD), a dépensé 8,5 millions d’euros via des subventions à des associations en 2015 et 2016.
Les sénatrices avancent que des associations, sans forcément avoir les compétences pour « déradicaliser », se sont engouffrées dans cette brèche afin d’obtenir de « nouvelles ressources financières, leur budget subissant la réduction drastique des subventions publiques » !
A titre d’exemple, le Centre de prévention des dérives sectaires liées à l’islam (CPDSI), association présidée par la très controversée Dounia Bouzar, aurait reçu près de 795 000 euros pour « s’occuper » de 285 jeunes entre le 24 avril 2015 et le 25 août 2016. A sa sortie de prison, Farid Benyettou, l’ancien mentor des frères Kouachi (auteurs de l’attentat de Charlie Hebdo en janvier 2015) a été salarié par cette association subventionnée.
L’association Syrie Prévention Familles a perçu 90 000 euros de subventions en 2015 et 2016, et en aurait envoyé une partie à des djihadistes en Syrie…
Le centre expérimental de prévention, d’insertion et de citoyenneté (CPIC) situé au château de Pontourny (Indre-et-Loire) a coûté 2,5 millions d’euros. Ouvert à titre expérimental en septembre 2016, il a été fermé moins d’un an après sa création. S’adressant à « des jeunes gens volontaires et triés sur le volet », ce centre magnifique avec salle de sport, grand jardin, cours d’informatique, n’a accueilli que 9 pensionnaires.
Par exemple, Mustapha S., profitant d’une permission de sortie, a été interpellé alors qu’il tentait de partir pour le djihad en Syrie… Le château de Pontourny est totalement vide depuis février 2017, tout en finançant – avec vos impôts – le salaire de 40 personnels !
Le rapport préconise dix mesures, notamment de ne financer que les structures « dont les compétences seraient démontrées ». C’est bien le minimum pour les contribuables qui paient un lourd tribut pour un système de déradicalisation qui a montré ses failles…
Pour Contribuables Associés, toute subvention au-delà de 5 000 euros doit être systématiquement contrôlée avec publication des comptes et rapport du commissaire aux comptes. C’est la proposition qu’Eudes Baufreton a martelée sur RMC, dans l’émission d’Eric Brunet, du 4 octobre 2017 (ci-dessous).
Texte repris de Contribuables associés
https://fr.novopress.info/208059/en-quatre-ans-100-millions-deuros-pour-la-deradicalisation/
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Éolienne “offshore” : le naufrage du bon sens
Michel Gay - Sources Métamag via Breizh info
La première éolienne flottante en mer (dite “off-shore“) en France a été inaugurée en grande pompe à Saint-Nazaire le 12 octobre 2017 par le secrétaire d’État à la Transition énergétique Sébastien Lecornu et quelques célébrités locales.
Le coût total de l’aventure nommée “Floatgen” est estimé autour de 40 millions d’euros (M€), dont la moitié pour l’éolienne elle-même. L’autre moitié se répartit entre le flotteur en béton, les divers raccordements et les ancrages. Le projet bénéficie d’une subvention de 10 M€ apportés par l’Union européenne, et de 8 M€ par le Programme d’investissements d’avenir de l’État.
En clair, près de la moitié du coût prévisionnel de ce projet est financé par les impôts des Français alors que les principaux bénéficiaires sont étrangers (allemands et danois).Bien que cette éolienne de 140 mètres de haut en bout de pale soit censée alimenter de 2000 à 4000 foyers selon les sources, qu’en est-il exactement ?
Tout d’abord, les jours sans vent, ce qui arrive aussi de temps à autre en mer au large de Saint-Nazaire, cette éolienne n’alimentera strictement personne.
Ensuite, ses concepteurs annoncent un facteur de charge prévu de 32%. Donc cette éolienne est censée fonctionner un jour sur trois à sa puissance nominale. Et ce chiffre est optimiste puisque même en Écosse (où il y a beaucoup de vent…), les éoliennes atteignent à peine ce rendement (le parc de Robbin Ring atteint 30%).
Mais admettons. La puissance de l’éolienne étant de 2 MW, la production annuelle serait d’environ 5600 MWh.
Pour produire autant de MWh que le futur réacteur nucléaire EPR de Flamanville (11 millions MWh par an, même s’il n’y a pas de vent ni de soleil), il faudra plus de 2000 éoliennes “Floatgen” pour un coût de 40 à 80 milliards d’euros ! Le coût pourrait être divisé par deux par un effet d’échelle. Mais même en divisant par deux… le prix du kilowatt-heure payé par le consommateur augmentera rapidement.Enfin, cerise sur le gâteau, la production de cette machine sera officiellement achetée obligatoirement à 240 €/MWh (!)… quand elle produira, soit six fois le prix actuel du marché qui est d’environ 40 €/MWh. Là encore, la différence sera payée par le consommateur / contribuable via une taxe (la Contribution au Service Public de l’Electricité, CSPE) sur sa facture d’électricité.
Avec ce prix d’achat préférentiel (et démentiel) de 240 €/MWh, pourquoi faut-il encore des subventions pour la construction ?
En Allemagne, de récents appels d’offres ont été attribués sans subvention pour des éoliennes en mer. Le prix d’achat très élevé et obligatoire de la production éolienne payée par les Allemands suffira à rentabiliser l’investissement des lauréats. Il faut souligner qu’en Allemagne, le prix de l’électricité est deux fois plus élevé qu’en France…
L’EPR est prévu pour durer 60 ans. Quelle sera la durée de vie pour cette éolienne en mer ? Faudra-t-il la changer dans 20 ans ou 30 ans, si elle a résisté jusque là aux assauts des tempêtes maritimes ?
Alors que l’économie de la France est dans une phase critique, des milliards d’euros vont être dilapidés pour fabriquer quelques pourcents d’une électricité intermittente, inappropriée à la demande de l’utilisateur, et donc de mauvaise qualité.
De plus, elle est cinq à six fois plus chère que le prix du marché actuel (rappel : 240€/MWh contre 40 €/MWh).Ces sommes démentielles seront prélevées sur la facture d’électricité des Français pour être englouties en mer. Une hausse vertigineuse du tarif de l’électricité a déjà commencé via la CSPE, alors que 9 millions de consommateurs sont déjà en situation énergétique précaire et doivent être socialement assistés…. Ce qui contribue aussi à l’augmentation de la CSPE dont c’était l’objectif à l’origine !
Le naufrage du bon sens
Le coût complet de mise en place des moyens complémentaires (réseau électrique, aménagement d’infrastructure portuaire, subventions, construction de nouvelles centrales thermiques de production d’électricité pour compenser l’intermittence) est aujourd’hui encore mal identifié. Il représente cependant, à l’horizon 2030, plusieurs dizaines de milliards d’euros que devra supporter le contribuable français. La commission de régulation de l’énergie (CRE) a déjà prévu un surcoût de 8 milliards d’euros dû aux énergies renouvelables (incluant le solaire) pour la seule année 2018.
Le développement de ces éoliennes “off-shore“, encore moins compétitives que les éoliennes terrestres, est un non sens économique qui conduit à une destruction d’emplois par atteinte de la compétitivité des entreprises de notre pays. Comment des idéologues œuvrant habilement en coulisses (gouvernement, Commission européenne,…) sur le dos des citoyens contribuables ont-ils pu gangréner l’esprit de nos dirigeants à ce point ?
Le développement programmé de l’éolien “offshore” va contribuer à l’appauvrissement de la France pour satisfaire des intérêts privés et des accords électoraux avec les “Verts” au détriment de l’intérêt national.
L’éolienne flottante “Floatgen” inaugurée à Saint-Nazaire représentera le premier totem en mer qui matérialise le naufrage du bon sens.
NDLR : sur le scandale des éoliennes, lire :
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Pierre Gattaz, patron du MEDEF, rêve du “Make in India”

Ce n’est pas du « made in India », non, non – pas encore. Dans une brève chronique publiée sur LinkedIn, Pierre Gattaz, patron du MEDEF, fait plutôt de la prospective. Il faut fabriquer en Inde. Les patrons d’entreprise français feront ce qu’il faut pour fabriquer en Inde. Délocalisons, coopérons, faisons confiance à nos amis indiens : Narendra Modi n’est-il pas l’homme exemplaire de la mondialisation de demain ? -
Macron sacrifie plus que jamais la France à Wall Street.
Rt.com a publié (voir référence ci-dessous) un éditorial du Pr Steve Keen daté du 09/10/2017. L'auteur y montre que la popularité d'Emmanuel Macron, forte à l'origine, est en train de tomber. La cause qu'il y voit est que Macron s'est enfermé dans l'idéologie dite néo-libérale selon laquelle la priorité pour un pays voulant redresser son économie doit d'abord consister à diminuer sa dette et pour cela réduire directement ou indirectement les traitements et salaires, qui créent de la dette.Steve Keen explique qu'il n'en est rien. Malheureusement, il se borne à développer longuement la thèse banale selon laquelle les économies des uns provoquent du sous-emploi pour les autres et s'étonne de voir Macron l'ignorer. Mais il ne cherche pas à comprendre pourquoi Macron qui le sait pertinemment, ENA oblige, adopte cependant cette politique désastreuse.Une explication serait que la décroissance en France est exigée par les intérêts financiers américains qui ont payé son élection. Cela rendra impossible un retour au modèle français ancien d'investissements publics, d'abord financés par la dette puis rentabilisés ensuite grâce aux activités nouvelles et revenus en découlant. C'est en fait grosso modo le modèle russe et chinois. Horresco referens.
La France actuelle ne peut le faire, corsetée qu'elle est par les contraintes de l'Union Européenne, elles-mêmes imposées par les intérêts financiers américains. Mais un Macron jouant la France et non Wall Street aurait pu imposer des dérogations aux réglementations européennes, en menaçant l'Union d'un Francexit. Ceci aurait été jouable aux yeux de l'opinion s'il avait exposé à celle-ci qu'en échange de nouveaux sacrifices momentanés destinés à financer des investissements publics productifs, elle aurait vite bénéficié d'une nouvelle croissance auto-financée.
Soit l'exemple des énergies renouvelables ou de l'espace, dans lesquels la France dispose de ressources potentielles non employées, et dans lesquels Macron ne mettra pas un euro, comme de bien entendu. Ses sponsors américains ne le permettraient pas. Pour eux, mieux vaut acheter du gaz de schiste d'outre-atlantique et financer Space X. Macron aurait pu et du, dans ces domaines comme dans d'autres sur lesquels il est inutile de s'attarder ici, établir d'ambitieux programmes d'investissements publics et privés. Il ne l'a pas fait et ne le fera jamais.Malheureusement en France aucune voix parmi l'opposition au pouvoir actuel ne semble capable, ou désireuse, de tenir ce discours et proposer des alternatives. Si puissante sans doute est, même à gauche, à l'extrême-gauche ou au FN, la puissance de l'idéologie américano-européenne.
https://www.rt.com/op-edge/406124-rise-fall-emmanuel-macron/
10/10/2017 -
Après la nourriture halal ou la finance halal, voici l’assurance halal
Après l’alimentation halal, les confiseries halal, la bière halal (sic) et même la charcuterie halal (re-sic), les pratiques sexuelles halal et le reste, voici que la finance halal se lance dans l’assurance du même tabac. Dès 2012 sur internet, puis 2015 à travers un réseau physique d’agences, des sociétés financières réputées halal ont investi dans l’assurance des particuliers comme des entreprises. Parangon autoproclamé de la probité, la finance halal se drape dans le voile de toutes les vertus, draguant ouvertement musulmans et même non-musulmans, notamment les déçus de la financiarisation débridée et des abus bancaires en tous genres.La fondatrice de Noorassur, premier réseau de finance halal, Sonia Mariji (photo), annonce clairement la couleur lorsqu’elle écrit : « La Finance islamique par NoorAssur est une formule qui répond à un besoin réel parmi les Françaises et Français de confession musulmane, mais également des non-musulmans lassés du système bancaire conventionnel ! » Gageons qu’il se trouvera toujours un certain nombre de nos concitoyens un peu candides pour se laisser convaincre par d’aussi rudimentaires arguments.
Ainsi, Noorassur, réseau spécialisé dans la finance islamique, promettant « une alternative à la finance conventionnelle, un compartiment de la finance responsable », se targue-t-il d’ouvrir une agence chaque mois en France, avec l’ambition de doubler ce développement en 2018. Jurant son grand dieu de bannir les intérêts haram (non halal) et l’usure au profit de plus-values respectueuses des préceptes de l’islam, le réseau financier annonce la création d’une gamme Takaful – contraction de l’arabe fakala, le partage, et de mutualisation.
Il s’agit d’une assurance solidaire, 100 % halal, pour la santé – équivalent à nos mutuelles santé –, le rapatriement des corps, l’assistance voyage, mais aussi pour l’ensemble des besoins assurantiels des particuliers, entreprises, associations etc.
Ces lénifiants engagements étant posés, Sonia Mariji, ne perdant visiblement pas le nord, recherche activement des partenaires franchisés capables de contribuer au développement rapide de son réseau Noorassur, comme le ferait n’importe quel vulgaire investisseur-franchiseur non halal…
Arnaud Raffard de Brienne
Article paru dans Présent daté du 18 octobre 2017
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PAUVRETÉ : TOUT CE QUE MACRON NE DIT PAS…
En France, la pauvreté de masse devient un phénomène structurel. Emmanuel Macron, à l’instar de ses prédécesseurs, lance donc un énième plan sur le sujet.
Ainsi, la population française compterait 14 % de pauvres, à en croire les chiffres. Ce qui nous mettrait dans la moyenne européenne, toujours selon les mêmes chiffres. ATD Quart Monde, ici porte-parole de ce qu’il est convenu de nommer le « monde associatif », prévient : « Sans des moyens financiers à la hauteur, cette concertation débouchera sur des vœux pieux ou sur des actions à faible portée dont les plus pauvres ne bénéficieront pas. »
Mais les chiffres ne sont pas tout et, comme à l’accoutumée, ce n’est que d’argent qu’on parle. Pas de celui que les pauvres n’ont pas, mais de celui qu’il faudrait dépenser pour qu’ils le soient moins. Un peu comme les syndicats de l’Éducation nationale qui, devant la dégringolade du niveau scolaire, assurent qu’il ne s’agit que d’une question de « moyens ».
Il est à mettre au crédit d’Emmanuel Macron d’aborder la question d’un peu plus haut : « Il nous faut investir socialement pour que les enfants qui sont pauvres, parce qu’ils sont dans des familles pauvres, ne soient pas les pauvres de demain, et éviter les facteurs de reproduction. »
Tout cela passe, évidemment, par l’Éducation nationale plus haut évoquée, mais dont la préoccupation du moment semble plutôt être l’écriture inclusive, la théorie du genre, l’apprentissage sur tablettes et autres tartes aux chardons. Pourtant, l’illettrisme est un éminent facteur de pauvreté, puisque fermant la porte à la quasi-majorité des emplois, même les plus modestes. Cette réflexion semble connaître le début du commencement d’une ébauche d’éventuelle mise en œuvre. Il était temps.
Mieux, voilà qui soulagerait les finances de l’État et, par la même, celles du contribuable : un cahier et un crayon, une ardoise et une craie, un manuel de français et un autre d’arithmétique coûteront fatalement moins cher que tous les coûteux bidules informatiques à la mode. À propos de mode, le retour de l’uniforme à l’école – tel que cela se pratique en Martinique – ferait mieux que d’aider à y rétablir l’ordre, il soulagerait le budget de nombre de familles modestes : ce ne sont pas les plus riches qui se ruinent en fringues de marque…
Paradoxalement, nos actuels dirigeants, forts de leur seule vision économique de la politique, semblent ignorer ce que leur politique et la pauvreté structurelle qui en découle doivent à cette même vision économique. En d’autres termes, ils pleurent les effets dont ils chérissent les causes. En effet, combien de nos compatriotes perdent leurs emplois à cause de frontières ouvertes aux quatre vents, de concurrence déloyale et de dumping social. Le néolibéralisme a un coût et ce sont les travailleurs pauvres qui s’en acquittent le plus souvent. Pas eux…
Mais il y a encore une autre forme de pauvreté qui n’est pas ici évoquée, la perte d’un trésor inchiffrable, lui : celui de l’appartenance à une société et un destin communs. Comme si, exclus du monde du travail, les pauvres, confrontés à une immigration de masse – dont le moins qu’on puisse prétendre est qu’elle ne soit pas tous les jours une chance pour la France -, étaient de plus condamnés à se trouver exclus de leur propre pays. Une autre forme de double peine, en quelque sorte.
Dans « la France qui gagne » et qui l’a élu, on peut se permettre de promouvoir la culture gadget destinée à épater un bourgeois blasé depuis belle lurette, parce que de la culture « classique », on possède les fondamentaux. On peut se toquer de familles recomposées et autres fantaisies, c’est si plaisant dans ces films « choraux » se déroulant dans les beaux quartiers de Paris. Mais quid de ceux dont les mariages finissent par voler en éclats, trop-plein de misère et de frigos vides obligent ? Eux dont on raille le manque d’ouverture à l’autre, alors que les seuls problèmes d’immigration connus par certains se limitent au personnel de maison marocain qu’il faut sans cesse houspiller.
Ces pauvres, de plus en plus nombreux, ce n’est pas que de l’argent qu’ils demandent, mais aussi la dignité retrouvée. Ils ne sont peut-être pas citoyens du monde, et alors ? Ils veulent simplement se sentir un peu chez eux, en France. Ces choses-là n’ont pas de prix.



