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élections - Page 486

  • Période de turbulence en vue

    Il n’y a certes pas de miracle en politique mais elle n’est pas non plus une science exacte.  Il arrive bien souvent que les électeurs trompent les calculs et les manœuvres des Etats-majors politiciens. Nous l’avons vu  encore hier avec la (nette) victoire surprise aux primaires  de Donald Trump  dans l’Indiana, face à son rival Ted Cruz (qui  vient de jeter  l’éponge). Le candidat populiste était pourtant donné perdant avec vingt points de retard sur M. Cruz dans les sondages. L’accord (la magouille) noué entre Ted Cruz et John Kasich pour monter une » convention négociée » du Parti républicain écartant Trump - voir notre article du 25 avril dernier - a été sanctionné par l’électorat traditionnel de ce parti. Les électeurs de droite, en France,  accepteront-ils eux   encore longtemps de voir le parti juppéo-sarkozyste s’allier, de manière plus ou moins implicite et conjoncturelle,  avec la gauche  pour écarter le FN du pouvoir, afin de mener une politique largement identique à celle de la gauche socialo-libérale, européiste?

    Politique du PS au gouvernement qui est aussi contestée  par les frondeurs  du Parti socialiste,  la gauche de la gauche, à travers le faux mouvement spontané Nuit Debout, décrit justement par Louis Aliot à la suite de Bruno Gollnisch comme  « un rassemblement qui dégénère »; « leur nouveau monde, c’est la chienlit, c’est la guerre civile ». Le vice-président du FN ajoutant que Manuel Valls et ce gouvernement   » sont, eux, à deux doigts de provoquer la guerre civile en France (et non pas le FN!)  s’ils continuent cette politique, alors que, s’il y avait la restauration de l’autorité de l’Etat, le respect des règles républicaines… » Nuit Debout qui, au delà même de la question des  exactions des casseurs,  est aussi un leurre pour détourner la légitime révolte contre le Système dans une impasse cornaquée notamment  par les idiots utiles du Front de Gauche comme l’a noté E&R : « La  Nuit Debout  est un attrape-jeunes médiatique, destiné à faire croire que l’opposition qui se lève contre le pouvoir, c’est elle, et elle seule. Une resucée de SOS Racisme ravalée en SOS Antifascisme. Un mouvement antiflics, anti-ordre, et anti-FN par extension. Fausse opposition à un faux pouvoir, mise en scène sous les projecteurs, quand est laissée dans l’ombre la véritable opposition au pouvoir réel. »

    Une gauche dont François Hollande aurait trahi les idéaux estime une partie de ses anciens électeurs de 2012 mais dont le président de la République  se réclamait hier en clôturant le  colloque de la Fondation Jean-Jaurès sur La Gauche et le pouvoir. « Ce que nous construisons, pas à pas, pierre après pierre, c’est un compromis dynamique et juste, à la fois économique, social, écologique et démocratique », a-t-il affirmé.  La date retenue pour ce petit raout se voulait symbolique. Elle  coïncidait  jour pour jour avec l’anniversaire de l’arrivée du Front populaire au pouvoir en 1936, qui,  sous le magistère de Léon Blum,  abstraction faite  d’avancées sociales fort bienvenues, n’a pas peu contribué à précipiter la France dans la guerre tout en la désarmant dramatiquement…. 80 ans plus tard, les mêmes causes produisant les mêmes effets, il est à  craindre que l’Histoire bégaye.

    Aujourd’hui, en France, les partis communiant dans l’européisme et l’hostilité au courant national peuvent cependant compter sur le soutien du nouveau Kaiser.  Après son compatriote Martin Schulz, président du Parlement européen  engagé dans une guerre à mort contre le FN, c’est ainsi au tour de la chancelière Angela Merkel d’annoncer son intention d’en découdre avec les patriotes Français.  En visite hier du  lycée français de Berlin, Mme Merkel  a déclaré: « Je vais essayer de contribuer à ce qu’évidemment d’autres forces politiques soient plus fortes que le Front National pour autant qu’on puisse le faire de l’étranger (…). Mais c’est une force (électorale, de propositions)  à laquelle nous devons nous confronter, exactement comme nous avons désormais en Allemagne des forces politiques qui ont un discours très négatif sur l’Europe, quand on voit la rhétorique de l’AfD (Alternativ für Deutschland,  parti populiste, national-libéral, NDLR). »

    Bruno Gollnisch n’ a pas été le seul à s’interroger ces derniers mois  sur le passé, les réelles  motivations qui sous-tendent la weltanschauung, la  vision du monde  de la chancelière. Marine Le Pen avait déjà pointé  la trouble volonté d’une dirigeante allemande  cherchant à « imposer une immigration clandestine à la schlague à toute l’Europe, après lui avoir imposé son ordre financier » . Dans un communiqué publié hier,  la présidente du FN a dénoncé  les propos « très graves »  de Mme Merkel qui « témoignent d’une ingérence dans nos affaires intérieures aussi outrancière qu’humiliante pour la France, et marquent une cruelle vérité : celle de la soumission de notre pays à l’Allemagne. »

    Soumission à un pouvoir allemand dominant une Europe bruxelloise qui est  elle même le faux-nez  de l’idéologie du déracinement planétaire, laïque et obligatoire. C’est aujourd’hui que la Commission européenne devrait honorer une partie de son contrat avec la Turquie. En échange d’un engagement d’Ankara à limiter le départ de flots de migrants vers l’Europe, les dirigeants européens ont promis  d’accéder  à une des exigences de Recep Tayip Erdogan. Outre la poursuite des négociations pour l’adhésion de pays non européen à l’UE, il est question ici d’autoriser, sans visas,  la libre-circulation des Turcs en Europe. 

     Les islamistes turcs au pouvoir ont  menacé rapporte Le Monde « de ne plus appliquer sa part de l’accord migratoire UE-Turquie du 18 mars si la  promesse européenne d’une exemption de visas n’était pas tenue. » « Pour autant,  même dans le cas d’un feu vert complet ultérieur de la Commission, l’exemption ne serait pas acquise : le Parlement européen et les États membres auront également ensuite leur mot à dire, dans un contexte de méfiance grandissante vis-à-vis du régime islamo-conservateur turc. » Inquiétude  bien légitime  des peuples européens constate Bruno Gollnisch, dont les dirigeants  sont tout de même bien forcés de tenir compte dans un contexte de méfiance également  grandissante vis-à-vis des politiciens  Bruxellois.  

     Contexte  favorable au FN ? Bernard Alidières, docteur en géopolitique de l’Institut français de géopolitique expliquait  sur le site de Libération que la vague nationale, même en cas de défaite de Marine à la présidentielle de 2017, ne manquerait pas  de déferler aux législatives. « Compte tenu de la forte progression du FN en 2015, les futures législatives ne donneront pas forcément une majorité au président nouvellement élu puisqu’il y a désormais trois forces politiques en présence (…). Marine Le Pen pourrait atteindre un score bien supérieur à celui de Jean-Marie Le Pen en 2002. Or, plus l’écart avec son adversaire sera faible, plus le FN sera en situation de jouer un rôle important aux législatives qui suivent (…).  Ainsi, sur la base des scores obtenus aux régionales de 2015 dans les limites des circonscriptions législatives (mais en appliquant la règle qui impose d’obtenir au moins 12,5 % des inscrits), le FN aurait été présent au second tour dans 353 circonscriptions (contre 61 en 2012), Les Républicains-UDI dans 402 circonscriptions et les socialistes dans seulement 279. Dans ce scénario, outre les trois circonscriptions où le FN atteint la majorité absolue dès le premier tour, il en aurait emporté au moins 43 autres (…) ».

    Et M. Alidières de conclure:  « à gauche comme à droite, le risque en 2017 n’est pas seulement de perdre l’élection présidentielle dans un duel classique (…),  mais ce pourrait bien être, pour les uns, celui de tout perdre (en n’étant pas au second tour de la présidentielle et en subissant une sévère défaite aux législatives) et, pour les autres, celui de l’emporter à la présidentielle, mais avec ensuite la contrainte de faire face à une Assemblée nationale comptant de 40 à 100 députés frontistes. Ainsi, le pouvoir exécutif pourrait ne plus disposer de majorité absolue à l’Assemblée et devrait affronter une nouvelle forme de cohabitation, beaucoup plus incertaine. » Période de turbulence en vue mais s’il faut en passer par là… 

    http://gollnisch.com/2016/05/04/periode-de-turbulence-vue/

  • L’AFD construit son alternative pour l’Allemagne

    STUTTGART (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) : Le parti Alternative für Deutschland, dirigé par Frauke Petry, a récemment remporté de beaux résultats aux élections régionales partielles en Allemagne, notamment au Parlement de Saxe, où il a décroché la première vice‑présidence. Le parti populiste se tourne maintenant résolument vers les échéances nationales de septembre 2017.

    Il se réunissait dimanche en congrès à Stuttgart, notamment pour adopter son programme. L’ambiance n’était pas à la tiédeur. Le parti est d’abord apparu, aux dernières élections nationales de 2013, comme un parti national‑libéral. Il est désormais plus clairement national‑populiste. La priorité va à la lutte contre l’islamisation et à la restauration de la démocratie allemande, par davantage de démocratie directe. Le but : conquérir des majorités électorales.

    Les 2 400 participants au congrès ont beaucoup applaudi les partisans d’une ligne sans faiblesse ni concession. Ils ont voté l’inscription au programme du parti de l’interdiction des minarets, des appels à la prière du muezzin et du voile intégral. Sur le plan européen, l’AFD souhaite que l’Union européenne redevienne une simple communauté économique et que la monnaie unique soit supprimée. Sur le plan de la souveraineté, l’AFD exige le départ des militaires étrangers du sol allemand – ainsi que de leurs armes nucléaires. Enfin, sur la famille, l’avortement ne doit plus être soutenu par les pouvoirs publics.

    Le parti souhaite éviter l’étiquette infamante de l’extrémisme de droite. C’est pourquoi la fédération de Sarre, jugée trop proche des milieux extrémistes, a été exclue après un vote serré. Les adhérents ont en outre évité de se prononcer sur un rapprochement avec le Front national au Parlement européen. Pour l’instant, c’est à titre strictement individuel que Marcus Pretzell, eurodéputé de l’AFD, a rejoint le groupe Europe des nations et des libertés, coprésidé par Marine Le Pen.

    http://fr.novopress.info/200811/lafd-construit-alternative-lallemagne/

  • La logique partisane est une logique de secte

    Dans Les 4 Vérités, Guillaume de Thieulloy écrit :

    "Marion Maréchal-Le Pen a le don de mettre les pieds dans le plat, avec un charme juvénile qui exaspère les vieux crocodiles du marigot politiquement correct. Sa campagne pour les élections régionales fut un modèle de campagne de droite (comme, d’ailleurs, celle de son rival local, Jacques Bompard) : alors que, depuis des décennies, les élus de droite choisissent toujours de complaire aux médias de gauche plutôt qu’à leurs électeurs, elle assumait tranquillement que ses électeurs étaient plus fréquentables que les médias de gauche.

    Et, plus elle assumait, plus elle montait dans les sondages ; plus aussi elle gagnait de sympathie parmi les électeurs de droite qui ne votaient pourtant pas pour elle. Elle administrait ainsi la preuve que l’union des droites était parfaitement possible, non pas par des combines d’appareils partisans, mais sur des valeurs et un « programme commun » comme on disait en 1981.

    J’ai d’ailleurs entendu dire (mais, sauf erreur, la presse n’a pas relayé cette information et je ne sais donc pas si c’est une rumeur ou une réalité) que la benjamine de l’Assemblée avait proposé de soutenir des candidats non affiliés au FN, mais qui partageraient une partie du programme. Que ce soit ou non une proposition de Marion Maréchal, il me semble que c’est le bon sens même: la logique partisane est une logique de secte et il faut en sortir si nous voulons sauver la France de l’impasse où l’idéologie soixante-huitarde l’a enfermée. [...]

    Comme tout le monde, j’ignore l’avenir et, en particulier, comment les élections de 2017 vont se présenter. Mais ce qui me semble certain, c’est que, pour la droite tout entière, qu’elle soit encartée à l’ex-UMP, au FN ou nulle part (ce dernier cas étant de loin le plus fréquent), les déclarations de Marion Maréchal-Le Pen sont un signe d’espoir. Elles montrent qu’il n’est pas nécessaire de rendre hommage au politiquement correct pour progresser. Paradoxalement, d’ailleurs, les médias sont extrêmement friands de cette élue qui ne leur offre pas l’allégeance requise. Quant aux réactions à ses déclarations, elles montrent que la base est prête à l’alliance programmatique. Cette alliance est extrême- ment simple à préparer : fin du socialisme en tout domaine, c’est-à-dire fin du fiscalisme, fin de l’immigration de masse, fin de la culture de l’excuse et de la repentance... Sur ce programme, des élus et, plus encore, des électeurs FN, LR et non inscrits sont d’accord. Qu’attend-on ?"

    Michel Janva

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Le vent tourne pour les partis politiques

    L’union sacrée des Français apparaîtra-t-elle comme le meilleur et peut-être le seul remède contre la guerre civile… qui vient ?

    Emmanuel Macron, nouvelle étincelle dans la nuit politique, paraît avoir compris la relativité du clivage entre la droite et la gauche. En lançant son mouvement, après avoir d’abord déclaré qu’il ne serait « pas à droite, pas à gauche », il s’est rapidement repris en assurant que désormais sa marche était « et de droite et de gauche ». Dans le brouillard politique, d’autres voix tentent d’emprunter cette même démarche de camouflage.

    L’évident échec répété de ce clivage infantile, le rejet populaire d’une telle référence insignifiante et la pente fatale sur laquelle est engagé notre pays ont ouvert les yeux de quelques politiciens plus malins que les autres. Mais il ne faut pas se laisser tromper une fois de plus par les spécialistes de la manœuvre hypocrite. En fait, cette subite réaction complaisamment partagée par les différentes tendances partisanes ne constitue qu’une autre façon de récupérer un pouvoir que le peuple n’a plus envie d’abandonner à ses représentants. Les spécialistes de l’attrape-voix savent très bien jouer sur plusieurs tableaux. « Je suis oiseau, voyez mes ailes, je suis souris, vive les rats », avouent nos chauves-souris qui sentent le vent tourner.

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  • La Manif Pour Tous perturbe le meeting de Bruno Le Maire

    A Versailles :

    "Ils étaient une poignée mais ont réussi à perturber le meeting de Bruno Le Maire, lundi soir, à Versailles. Discrètement installés dans le Palais des Congrès, les partisans de la Manif pour Tous ont attendu leur heure pour prendre la parole. En l’espace de quelques échanges verbaux plutôt musclés, l’affaire a tourné au quasi-pugilat avant que le député de l’Eure ne parvienne à reprendre la parole et le cours de la soirée.

    Fabien Bouglé, conseiller municipal d’opposition de Versailles Famille Avenir, proche des anti-mariage gay, a, lui aussi, échangé quelques propos assez vifs avec le candidat. « Bruno Le Maire, c’est un cas particulier. Il a insulté par voie de presse tous ceux qui veulent revenir sur la loi Taubira. Dès que nous avons appris sa venue, nous nous sommes mobilisés pour l’accueillir à notre manière », explique-t-il. [...]"

    Michel Janva

  • Les raisons de la purge au sein du FN

    Ces derniers jours, les médias ont évoqué la purge en cours au sein du FN avec comme seule raison la présence (pourtant annoncée) de Bruno Gollnisch, Marie-Christine Arnautu, Mireille d'Ornano mais aussi de Philippe Chevrier aux côtés de Jean-Marie le Pen. Florian Philippot, pour justifier sa décision d'exclure les intéressés, a évoqué une "manifestation hostile qui souhaite la défaite des patriotes et de Marine Le Pen en 2017". Qu'a donc réellement dit Jean-Marie Le Pen dans son discours, dont la plus grande partie était consacrée à sainte Jeanne d'Arc. Extrait :

    "(...) Il y a 28 ans déjà que le Front National avait inauguré ce défilé qui, après avoir honoré Jeanne, se concluait par une grande manifestation Place de l’Opéra, débordant sur les avenues adjacentes et à la clef, le grand discours du 1er mai. Il témoignait de la volonté d’exaltation des valeurs morales et spirituelles qui nous guidaient dans notre action politique. Mais puisque nous professons, à l’instar de Saint-Jean, que c’est la vérité qui nous rendra libres bien évidemment, je vous la dois.

    Prétextant des menaces du Daech (courage, fuyons !), la Présidente du Front a remplacé le traditionnel hommage à Jeanne d’Arc par un gueuleton aux anciens abattoirs de la Villette. L’abandon du défilé de Jeanne d’Arc par la direction du Front National n’est pas fortuit. Il s’inscrit dans une dérive politique qui a été initiée et symbolisée par mon exclusion du Front National que j’avais fondé en 1972, il y a 44 ans et présidé 39 ans. J’en suis toujours Président d’honneur, ayant gagné tous les procès engagés sur le sujet.

    Mon exclusion avait évidemment une signification emblématique, comme le fut, toutes choses égales d’ailleurs, la décapitation du Roi Louis XVI par les révolutionnaires de 93. Elle était, nous dit-on, dans la logique de la « dédiabolisation » dont la nouvelle présidente, se faisait le parangon. Or, la dédiabolisation était au mieux un leurre, au pire une sottise suicidaire.
    Le Front National était diabolisé par ses adversaires politiques, au premier rang desquels s’inscrivait le Parti Communiste et ses alliés et complices politiques et médiatiques, plus ou moins avoués. Les « partis du gouvernement » UMP et PS n’y voyaient pas d’inconvénients, au contraire, car cela contribuait à freiner l’influence montante de la seule formation d’opposition à sa politique décadente.

    On peut donc dire que même, et surtout, si c’était injuste, la diabolisation était tout à l’honneur du Front National, qui ne pouvait espérer arriver au pouvoir que par la conquête de l’opinion du Peuple et non de celle de nos élites corrompues et prébendières. La dédiabolisation tendait donc à diminuer l’hostilité de nos ennemis et adversaires en se rapprochant d’eux en espérant leur bienveillance.

    Calcul de naïfs, de sots ou de traîtres.

    Le Front National, aile droite de la Majorité UMP, c’était la fin de tout espoir de rénovation. Au reste, l’éviction du Président fondateur était insuffisante. On le vit d’ailleurs aux élections régionales où, à la demande de Marine, j’avais cédé ma tête de liste en Sud Est à Marion, députée du Vaucluse. En effet, arrivées largement en tête au premier tour dans le Nord Pas-de-Calais Picardie et en Provence Alpes Côte d’Azur, Marine Le Pen et Marion Maréchal Le Pen étaient battues par une manœuvre scandaleuse qui avait le mérite de dévoiler l’accointance, la complicité des tenants de l’UMPS. La gauche préférait se sacrifier et disparaitre pour faire élire le candidat de droite ! La dédiabolisation n’avait donc pas marché.

    Le même scénario se reproduira dans l’avenir. Il n’y a pour le Front National qu’une seule voie, celle de l’opposition au Système, s’appuyant sur une mobilisation massive du peuple rejetant le Système.

    La condition sine qua non du succès, c’est l’unité et d’abord l’unité du Front National, fer de lance de l’opposition nationale entrainant l’unité de sentiment et d’action de la nébuleuse nationale, majoritaire dans le peuple.

    Je le dis aujourd’hui, avec gravité et tristesse, puisqu'aucun  signe n’a été émis dans ce sens. La Présidente du Front National sera battue au 2ème tour, et peut être même au 1er.

    Errare humanum est, sed persevarare diabolicum. L’erreur est humaine et peut être corrigée, il est encore temps, avec l’aide des Comités « Jeanne, au secours ! » (...)"

    Cet extrait permettra aux lecteurs de se faire leur propre opinion et de se demander si les propos de Jean-Marie Le Pen reflètent l'idée qu'il souhaite la défaite de sa fille ou si ils relèvent du libre débat politique et d'une opinion critique mais constructive, qui ne peut sans doute pas s'exprimer dans les instances du FN en raison de l'emprise de Florian Philippot...

    Sont-ils en outre plus graves que l'apologie de l'avortement et de la contraception prononcée par Sophie Montel, seul discours, avec le sien, que Florian Philippot met en ligne sur son compte twitter.

    Philippe Carhon

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Les raisons de la purge au sein du FN

    Ces derniers jours, les médias ont évoqué la purge en cours au sein du FN avec comme seule raison la présence (pourtant annoncée) de Bruno Gollnisch, Marie-Christine Arnautu, Mireille d'Ornano mais aussi de Philippe Chevrier aux côtés de Jean-Marie le Pen. Florian Philippot, pour justifier sa décision d'exclure les intéressés, a évoqué une "manifestation hostile qui souhaite la défaite des patriotes et de Marine Le Pen en 2017". Qu'a donc réellement dit Jean-Marie Le Pen dans son discours, dont la plus grande partie était consacrée à sainte Jeanne d'Arc. Extrait :

    "(...) Il y a 28 ans déjà que le Front National avait inauguré ce défilé qui, après avoir honoré Jeanne, se concluait par une grande manifestation Place de l’Opéra, débordant sur les avenues adjacentes et à la clef, le grand discours du 1er mai. Il témoignait de la volonté d’exaltation des valeurs morales et spirituelles qui nous guidaient dans notre action politique. Mais puisque nous professons, à l’instar de Saint-Jean, que c’est la vérité qui nous rendra libres bien évidemment, je vous la dois.

    Prétextant des menaces du Daech (courage, fuyons !), la Présidente du Front a remplacé le traditionnel hommage à Jeanne d’Arc par un gueuleton aux anciens abattoirs de la Villette. L’abandon du défilé de Jeanne d’Arc par la direction du Front National n’est pas fortuit. Il s’inscrit dans une dérive politique qui a été initiée et symbolisée par mon exclusion du Front National que j’avais fondé en 1972, il y a 44 ans et présidé 39 ans. J’en suis toujours Président d’honneur, ayant gagné tous les procès engagés sur le sujet.

    Mon exclusion avait évidemment une signification emblématique, comme le fut, toutes choses égales d’ailleurs, la décapitation du Roi Louis XVI par les révolutionnaires de 93. Elle était, nous dit-on, dans la logique de la « dédiabolisation » dont la nouvelle présidente, se faisait le parangon. Or, la dédiabolisation était au mieux un leurre, au pire une sottise suicidaire.
    Le Front National était diabolisé par ses adversaires politiques, au premier rang desquels s’inscrivait le Parti Communiste et ses alliés et complices politiques et médiatiques, plus ou moins avoués. Les « partis du gouvernement » UMP et PS n’y voyaient pas d’inconvénients, au contraire, car cela contribuait à freiner l’influence montante de la seule formation d’opposition à sa politique décadente.

    On peut donc dire que même, et surtout, si c’était injuste, la diabolisation était tout à l’honneur du Front National, qui ne pouvait espérer arriver au pouvoir que par la conquête de l’opinion du Peuple et non de celle de nos élites corrompues et prébendières. La dédiabolisation tendait donc à diminuer l’hostilité de nos ennemis et adversaires en se rapprochant d’eux en espérant leur bienveillance.

    Calcul de naïfs, de sots ou de traîtres.

    Le Front National, aile droite de la Majorité UMP, c’était la fin de tout espoir de rénovation. Au reste, l’éviction du Président fondateur était insuffisante. On le vit d’ailleurs aux élections régionales où, à la demande de Marine, j’avais cédé ma tête de liste en Sud Est à Marion, députée du Vaucluse. En effet, arrivées largement en tête au premier tour dans le Nord Pas-de-Calais Picardie et en Provence Alpes Côte d’Azur, Marine Le Pen et Marion Maréchal Le Pen étaient battues par une manœuvre scandaleuse qui avait le mérite de dévoiler l’accointance, la complicité des tenants de l’UMPS. La gauche préférait se sacrifier et disparaitre pour faire élire le candidat de droite ! La dédiabolisation n’avait donc pas marché.

    Le même scénario se reproduira dans l’avenir. Il n’y a pour le Front National qu’une seule voie, celle de l’opposition au Système, s’appuyant sur une mobilisation massive du peuple rejetant le Système.

    La condition sine qua non du succès, c’est l’unité et d’abord l’unité du Front National, fer de lance de l’opposition nationale entrainant l’unité de sentiment et d’action de la nébuleuse nationale, majoritaire dans le peuple.

    Je le dis aujourd’hui, avec gravité et tristesse, puisqu'aucun  signe n’a été émis dans ce sens. La Présidente du Front National sera battue au 2ème tour, et peut être même au 1er.

    Errare humanum est, sed persevarare diabolicum. L’erreur est humaine et peut être corrigée, il est encore temps, avec l’aide des Comités « Jeanne, au secours ! » (...)"

    Cet extrait permettra aux lecteurs de se faire leur propre opinion et de se demander si les propos de Jean-Marie Le Pen reflètent l'idée qu'il souhaite la défaite de sa fille ou si ils relèvent du libre débat politique et d'une opinion critique mais constructive, qui ne peut sans doute pas s'exprimer dans les instances du FN en raison de l'emprise de Florian Philippot...

    Sont-ils en outre plus graves que l'apologie de l'avortement et de la contraception prononcée par Sophie Montel, seul discours, avec le sien, que Florian Philippot met en ligne sur son compte twitter.

    Philippe Carhon

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  • Alors Bruno?

    Par 32 voix pour sur 39, trois contre et quatre abstentions, le Bureau politique du FN a voté ce lundi une motion demandant aux deux députés siégeant dans cette instance, Bruno Gollnisch et Marie-Christine Arnautu, d’en démissionner. Contrairement aux consignes données, ils étaient en effet présents au  discours du 1er mai de Jean-Marie Le Pen, avec une  collègue élue au parlement européen Mireille d’Ornano. Celle-ci, tout comme le conseiller régional Philippe Chevrier (SD des Yvelines) également présent place des Pyramides,  a   été relevée de ses fonctions départementales. Le député européen FN a déclaré à l’Afp que « (ses) états de service (lui)  permettent de ne pas devoir répondre dans l’instant à une sommation avec le couteau sous la gorge. »  « Je vais consulter mes amis, prendre un certain nombre d’avis, voir mon emploi du temps, envisager toutes les implications de cette décision. » Sébastien Chenu  délégué national du RBM, affirme, rapporte Le Point,  qu’ « On peut difficilement imaginer qu’ils (Bruno et Marie-Christine, NDLR)  puissent continuer de siéger dans les instances de direction. » « C’est la fin d’une aventure. Marine Le Pen solde tout. » Tout solder ?  La formule est un peu maladroite !  Marianne rappelle que  « les deux « rebelles (sic) sont relativement populaires parmi les militants : à l’élection au comité central (du FN) fin 2014, sorte de baromètre interne, M. Gollnisch est arrivé 5e, Mme Arnautu 9e. » « M. Gollnisch a longtemps incarné un courant soucieux de continuité lepéno-lepéniste au FN face  à Mme Le Pen, qui faisait vœu de modernisation et d’aggiornamento »  ajoute encore l’article de  Marianne qui n’échappe pas ici à la caricature.

     Bruno a surtout  œuvré  aux côtés, à côté  et non « face » à Marine  pour le  développement du FN; quant aux  idées, aux  valeurs  qu’il défend,  elles ne sont pas plus passéistes ou clivantes  que les fondamentaux du FN, toujours d’une brûlante  actualité. Ils partagent aussi tous deux une conviction, à savoir que la vocation du FN n’est pas simplement d’être le premier  mouvement d’opposition  nationale au Système.  Bien plus que cela, il s’agit  de devenir majoritaire pour porter demain nos idées au pouvoir, ce qui est la finalité même du combat politique:  non pas simplement  témoigner mais gouverner!

    Interrogé  dimanche sur la possibilité d’être sanctionné pour sa participation  au dépôt de gerbe deJean-Marie Le Pen, Bruno Gollnisch avait indiqué  qu’il « (avait)  passé l’âge de craindre les punitions. »  Sa présence place des Pyramides était  une manière, c’est vrai, de rendre  un hommage au courage, à la pugnacité, à la  lucidité, au caractère visionnaire de  Jean-Marie Le Pen;  une fidélité,  aussi  aux  nombreux combats menées  en commun,  avec les  frontistes, et avant eux par les  militants de la cause patriotique,  pour la renaissance nationale, la  justice sociale.

    « Je suis partisan de l’unité. Je pense que c’est une condition nécessaire de la victoire. J’ai donné des gages de ma fidélité à nos idéaux et à notre mouvement » a expliqué Bruno Gollnisch qui assume ses propos mais ne cautionne pas forcément   ceux des autres, toutes les phrases, sorties ou humeurs de Jean-Marie Le Pen. « J’avais d’ailleurs ambitionné d’aller aux dépôts de gerbes Jean-Marie Le Pen ET de Marine Le Pen, ainsi qu’à son banquet pour entendre son discours ». Mais  « Marine Le Pen m’a dit qu’elle craignait que ma présence ne perturbe la couverture médiatique. Comme je suis d’un tempérament conciliant, je me suis incliné. »

     « Cette affaire de gerbe déposée avec Jean-Marie Le Pen est une tempête dans un verre d’eau » poursuit-il,   « même si un certain nombre d’imbéciles et d’indécents ont appelé à une purge, poussant les journalistes carnassiers à se jeter sur ce morceau de viande fraîche. » D’autant que comme il l’a toujours fait,  Bruno Gollnisch « (dit)  à (ses)  amis qui seraient tentés de quitter le FN de n’en rien faire », rappelle une  nouvelle fois qu’il « souhaite la victoire de Marine en 2017. » .

    Aussi,  la seule vraie question, « ce qui compte, bien au delà de ces problèmes assez navrant de personne, c’est la question de rassembler nos électeurs, de rassembler les Français et de conserver le cap de nos convictions, qui rencontrent de plus en plus l’adhésion des Français. Or  un certain nombre de gens comme moi, qu’on le veuille ou non, incarnent la défense des valeurs traditionnelles, l’accueil de la vie, la famille, la lutte contre le fiscalisme, etc. »

    Ce qui devra être confirmé  si ce n’est par le programme du FN (le dernier date de  2001) du moins  par le projet de notre candidate.  Qu’avons nous à dire, à affirmer  en matière de rétablissement des libertés économiques, contre le fiscalisme qui spolie et la bureaucratie qui paralyse ? Notre politique sociale est-elle toujours fondée sur l’accession à la propriété? Changeons-nous quelque chose dans la défense de l’identité culturelle, spirituelle et charnelle de la France ? Et en matière de politique familiale, d’accueil de la vie, de lutte contre le déclin démographique ? Sommes-nous toujours pour la liberté de l’enseignement,  le rétablissement de la liberté d’expression et l’abrogation des lois liberticides ?  Quel est le périmètre de notre lutte contre  contre le mondialisme ? Quid de la politique étrangère,  de coopération, de l’alternative envisagée  à l’idéologie bruxelloise, de notre éventuel projet   alter européen? 

    Bruno Gollnisch a indiqué vouloir se donner « le temps d’une brève réflexion. » « Je vais demander une entrevue à Marine Le Pen, on doit se voir à Strasbourg la semaine prochaine. J’espère une discussion politique, car après l’éviction de Jean-Marie Le Pen, cette affaire de demande de démission prend une tournure politique. Il y a beaucoup de flou sur un certains nombre de sujets du programme du FN, sur la famille, mais aussi sur la fiscalité. J’aimerais m’en expliquer avec elle et je prendrai une décision ensuite. Les membres du BP devraient comprendre que ma présence rend service à Marine, je cautionne sa candidature et je conjure mes amis de le faire. Je suis un facteur d’unité et il m’arrive de donner mon avis qui n’est pas toujours dénué de fondement! »

     

    http://gollnisch.com/2016/05/03/alors-bruno/

  • Continuer à être gouverné par des incapables corrompus est très dangereux !

    Pour Charles de Gaulle, l’élection présidentielle était la clef de voute des institutions. C’était le moment quasiment mystique ou « un peuple rencontrait un homme ». Pour de Gaulle, dont la famille était profondément maurassienne, cette élection correspondait un peu à ce qu’était le couronnement à Reims des rois de France, le moment où la nation s’incarnait en un homme.

    Cet homme, dans la Constitution de la Vème, était en charge des intérêts supérieurs du pays, le Premier ministre conduisant la politique au jour le jour. Au cas où un différent se produisait entre la classe politique et le président, ce dernier pouvait soit avoir recours à l’arme du référendum soit dissoudre le Parlement pour demander au peuple de trancher. En cas de défaite, le président ayant perdu l’onction sacrée devait se retirer.

    Pour être parfaitement honnête, je n’ai jamais aimé cette conception de la démocratie tant elle repose sur l’émergence d’un individu admirable et un peu surhumain. Une Constitution doit être faite pour fonctionner avec des hommes normaux, voire médiocres (les deux vont souvent de pair, comme on le voit en France en ce moment) et non pas pour donner les pleins pouvoirs à un envoyé du destin. Une constitution ne fonctionne en fait que si « le pouvoir arrête le pouvoir », c’est-à-dire si la séparation des pouvoirs y est organisée convenablement.

    Dans un article précédent, j’ai dit tout le mal que je pensais de la constitution de la Vème République et de son rédacteur Michel Debré. Je continue à soutenir que beaucoup des malheurs de la France viennent des institutions mises en place par cet homme. Citons entre autres la concentration du pouvoir dans la fonction présidentielle, une constitution sans réelle séparation des pouvoirs, la création de l’ENA, de l’Ecole Nationale de la Magistrature, du Ministère de la Culture et j’en passe.

    Ayant dit cela, je suis prêt à concéder que cette conception du pouvoir ne manquait pas d’une certaine grandeur. Le président était en charge des intérêts supérieurs de la nation et responsable devant le peuple et devant lui seul. Si la confiance entre les deux venait à disparaître, le président, n’ayant plus aucune légitimité, devait s’en aller. La pratique du pouvoir depuis plus de cinquante ans a montré au-delà de ce qui est nécessaire la nocivité de ces institutions.

    Les hommes politiques ont immédiatement adoré le cadeau qui leur était fait d’un pouvoir présidentiel omnipotent (ce qui leur paraissait une très bonne idée), mais ils n’ont jamais très bien compris pourquoi ils avaient besoin de faire appel au peuple fréquemment (par exemple au travers de référendums), ce qui pouvait mettre leur situation en péril. En termes simples, De Gaulle recherchait la légitimité pour gouverner. Ses successeurs se sont contentés de s’appuyer sur la légalité formelle, ce qui n’est pas du tout la même chose.

    Et donc, depuis 1958-1962, tous les changements apportés à notre système politique ont eu comme seul but de réduire les pouvoirs du peuple pour stabiliser autant que faire se pouvait la situation des politiques. C’est-à-dire des deux partis de gouvernement. Nous en avons un exemple parfait avec ce qu’il est convenu d’appeler les primaires.

    Revenons à la définition gaullienne de l’élection présidentielle, moment « où un peuple et un homme se rencontrent ». Le système des primaires en est l’exacte contradiction. Les élections primaires sont organisées sous l’égide des partis politiques existants pour que ceux-ci continuent à être les seuls à fournir au pays l’homme qui occupera la fonction présidentielle. Ce n’est plus du tout la rencontre entre un homme et un peuple, mais une sélection organisée par les deux partis de gouvernement pour se donner la meilleure chance de rester au pouvoir en tant que parti. Nous devrions plutôt parler ici de captation d’héritage plutôt que rencontre entre un homme et un peuple.

    A la question, pourquoi des primaires aujourd’hui et non pas il y a dix ou vingt ans, la réponse est simple: l’émergence du Front national. Le seul but des partis de gouvernement est de fournir un candidat qui sera présent au deuxième tour. Ils sont en effet tous persuadés que le candidat du FN en tout état de cause sera présent(e) au deuxième tour, et qu’il suffira d’être «l’autre» participant au deuxième tour pour être élu, un peu comme Chirac l’avait été. Il faut donc empêcher tout émiettement de son électorat et n’avoir qu’un seul candidat qui loin d’être désigné par le peuple le sera par les militants On voit la différence avec la conception gaullienne.

    Qu’est-ce que cette grosse ficelle peut bien vouloir dire? Une chose toute simple. Celui qui sera élu compte conquérir le pouvoir d’abord en ostracisant environ un tiers du corps électoral (les électeurs FN), puis en faisant voter pour eux un deuxième tiers qui ne le soutiendra que pour empêcher le candidat du FN d’être élu. Le prochain président ne sera donc soutenu dans son action que par un tiers du corps électoral, dans le meilleur des cas. Nous sommes donc dans un système où l’élu ne représente pas le peuple, mais à peine un tiers de celui-ci. Ce qui fait bien sûr que la France restera ingouvernable, ce qui conviendra fort bien à la classe politique traditionnelle puisque rien ne pourra changer.

    Contrairement à ce que nous disent les grands partis, les primaires ne sont donc pas une avancée démocratique, mais un recul considérable tant elles consacrent le contrôle sur les institutions d’une classe politique qui ne représente plus qu’elle. Le but n’est plus d’exercer le pouvoir dans l’intérêt général, mais d’en exclure tous ceux dont cette classe n’approuve pas les idées.

    S’ils étaient le moins du monde intéressés à la démocratie, nos hommes politiques auraient dû changer le système électoral il y a longtemps pour y introduire une dose de proportionnelle, en particulier aux élections législatives. Voilà qui aurait permis l’émergence de nouvelles forces.

    Certes, cela serait risqué, mais n’est-il pas plus dangereux d’être gouverné exclusivement par des gens qui aujourd’hui ne représentent même plus 33 % du corps électoral et donc n’ont plus aucune légitimité?

    Manipuler le système légal pour rester au pouvoir sans avoir aucune légitimité n’est jamais un bon calcul à long terme. Et que l’on ne me dise pas que je fais le jeu du FN. Avoir 33 % du peuple ou peu s’en faut qui ne soit représenté par aucun élu, voilà qui est pire qu’un crime, une faute …

    Nous sommes à l’évidence loin, très loin du gouvernement par le peuple, pour le peuple. Nous avons à l’heure actuelle, un gouvernement de nomenklatura organisée au profit de cette nomenklatura par cette nomenklatura qui pour arriver à ses fins a monopolisé le pouvoir en se servant des institutions.

    Et donc nous ne sommes plus en démocratie, et parler des valeurs de la République sans arrêt ne veut rien dire si ce n’est ajouter l’hypocrisie à la forfaiture.

    Que le lecteur ne croie pas que cette capture du système politique par une nomenklatura soit une dérive purement française.

    Aux USA, les «appareils » des partis démocrate et républicain, ceux que Madame Thatcher appelait les « petits hommes gris », ont depuis longtemps complètement mis sous leur contrôle les « primaires ». Et donc, était élu l’un ou l’autre des candidats qui avaient été d’abord présélectionnés par ces appareils. Il ne s’agissait plus pour le peuple de choisir mais tout au plus d’entériner une sélection avec laquelle le peuple n’avait rien à voir.

    Or que se passe-t-il outre- Atlantique ? Des candidats venus de nulle part sont en train de tailler des croupières aux candidats « officiels », adoubés par les oints du seigneur de chaque parti. Et le plus drôle est que ces rebelles ne dépensent pour ainsi dire aucun argent. Avoir plus d’argent que les autres n’est plus du tout une garantie pour être le candidat officiel. Voilà une bonne nouvelle pour la démocratie, une très mauvaise pour la ploutocratie…Comme le dit plaisamment l’un de mes amis : aux élections, les électeurs vont avoir le choix entre Trump et Goldman-Sachs…On imagine l’enthousiasme des petits hommes gris…

    En Grande-Bretagne, le peuple va être amené à se prononcer sur la sortie des institutions européennes, non pas parce que monsieur Cameron a soudain connu une illumination gaulliste, mais parce qu’un nouveau parti, l’ UKIP, avait fait un tabac aux élections européennes et risquait de mettre en péril les conservateurs aux élections législatives. Cameron a donc jeté un os à cet électorat, en promettant d’organiser un referendum, ce qui lui a permis de gagner haut la main les élections législatives. Je ne suis pas un bon observateur politique, mais je crains pour monsieur Cameron qu’il ne s’agisse d’une élection à la Pyrrhus tant un vote pour le Brexit le forcerait à présenter sa démission à la Reine.

    En France enfin, je viens de voir passer les résultats de sondages semblant indiquer que les Français seraient prêts, enfin, à voter pour des personnalités issues de la société civile, ce qui risque de foutre en l’air tous les beaux calculs de nos élites auto désignées. Présenter en effet des candidatures Juppé, Sarkozy, Hollande, Macron comme des moments où «un homme rencontre un peuple», ce n’est plus prendre les Français simplement pour des veaux, mais pour des ânes. Il n’est donc plus sûr du tout que l’un ou l’autre des candidats des partis dits de gouvernement soit au deuxième tour. Voila qui serait un amusant coup de tonnerre.

    La démocratie a été capturée un peu partout par des forces, ici ploutocratiques, là technocratiques, dont je dirai avec mesure qu’elles ne sont pas toujours «bienveillantes».
    Les peuples, qui découvrent avec effarement l’incompétence inimaginable de ceux qui les gouvernent depuis vingt ans, sont en train de s’ébrouer… et bien sûr les forces dont je viens de parler dans la phrase précédente essaient de nous faire croire qu’un retour à la démocratie et à la souveraineté nationale serait extraordinairement dangereux. A mon humble avis, continuer à être gouverné par des incapables corrompus est infiniment plus dangereux.

    Et donc, ne «les» croyez pas. Ils vont essayer de vous faire peur, ce qui toujours est la réponse de ceux qui ne peuvent répondre à des arguments rationnels. Un retour à la démocratie ne peut qu’être bon…

    « N’ayez pas peur », aurait dit Jean-Paul II.

    Charles Gave

    http://francelibre.tumblr.com/