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élections - Page 483

  • Brexit, la grande peur des eurobéats

    La stratégie de la peur est contre-productive.

    Pour persuader nos voisins britanniques de rester dans l'Union européenne, médias et politiques du monde entier multiplient menaces et prophéties apocalyptiques. Par le passé, cette stratégie n'a pourtant jamais influencé la vox populi, sinon en sens contraire... C'est ce que David Desgouilles a exposé avec talent et pertinence dans Causeur [29.04]. Nous partageons d'autant plus volontiers son analyse - reprise ici - que, selon nous, avec ou sans Brexit, la Grande Bretagne a toujours été, est et sera toujours de toute façon hors del'Union Européenne. Quel que soit son vote, le 23 juin prochain. Ce qui ne veut pas dire qu'il sera sans importance ni signification.  LFAR

    Le Brexit fait peur. Ou on nous fait peur avec le Brexit. Il y a quelques jours, le journal de France 2 nous concoctait un petit reportage comme il en a le secret. On nous annonçait l’Apocalypse au cas où les sujets de Sa Gracieuse Majesté décidaient de quitter l’Union européenne en juin prochain. L’OCDE, le FMI et tous les cabinets de consultants économiques qui ne se trompent jamais – d’ailleurs, tous ces gens avaient prévu la crise financière de 2008 - l’indiquaient avec force : le Brexit serait une catastrophe pour les Britanniques. Chute de la croissance, chômage, sécession de l’Ecosse, marginalisation de la City… La rédaction de France 2 est restée modérée ; elle n’a pas mentionné les invasions de criquets, les rivières de sang, les séismes et l’envahissement par les eaux de toute la surface de la Grande-Bretagne. Nous sommes habitués. En 1992 puis en 2005, alors que nous devions nous prononcer sur le Traité de Maastricht et le TCE, nous mangions de ce genre de reportage matin, midi et soir. Cela ne nous a pas empêchés de maintenir le suspense jusqu’au bout en 1992 et de dire Non massivement en 2005. Ce qui est curieux, c’est que France 2 et les autres tentent de nous convaincre, nous pauvres Français, alors que ce sont les Britanniques qui devront se prononcer. L’habitude, sans doute…

    Le week-end dernier, Barack Obama himself est venu faire la leçon à Londres. Voilà que le président américain manifeste son mécontentement devant la tentation du Brexit. Que ses cousins britanniques se le disent ! S’ils quittent l’UE, ils seront désavantagés dans les négociations commerciales du Traité transatlantique. Pourquoi ces menaces ? Les Etats-Unis craignent-ils de perdre leur fameux cheval de Troie au sein de l’Union européenne ? Ou redoutent-ils  la dislocation d’un ensemble qu’ils ont toujours couvé tant il leur paraissait docile ? Les menaces ne viennent d’ailleurs pas que de Barack Obama. L’immense Emmanuel Macron les a aussi menacés. Si les Britanniques votaient le Brexit, nous Français laisserions passer tous les migrants en Angleterre, a-t-il juré. Pourtant, le Royaume-Uni n’est  pas dans l’Europe de Schengen et c’est le traité bilatéral franco-britannique du Touquet qui établit les règles en la matière. Bien entendu, la France pourrait le dénoncer en mesure de rétorsion mais il s’agirait dans ce cas de représailles que notre gouvernement devrait assumer en tant que telles. Pourquoi faire mine de croire que le Brexit annulerait automatiquement les dispositions d’un traité en rien concerné par une sortie d’un des deux pays de l’UE ?

    On se demande si ces rodomontades peuvent avoir une influence réelle sur les électeurs. Si elles n’auraient pas au contraire un effet contre-productif. Car enfin, Les Britanniques n’ont qu’à regarder autour d’eux : la Norvège a beau ne pas appartenir à l’UE, cela en fait-il un pays à mi-chemin entre le Venezuela de Maduro et l’Albanie d’Enver Hoxha ? La Suisse est-elle à ce point isolée que son système bancaire est le moins attractif du monde et la place financière de Zurich, complètement marginale ? La récente renonciation de l’Islande à l’adhésion à l’UE lui a-t-elle causé des dommages  économiques ? Les partisans du Brexit ont beau jeu de leur rappeler ces faits incontournables. On explique souvent que les adversaires de l’UE jouent sur les fantasmes. En l’occurrence, à chaque référendum, d’Athènes à Amsterdam et de Paris à Londres, ce sont ses partisans zélés qui usent à l’envi de l’argument de la peur.

    Soyons généreux ! Donnons un conseil amical aux défenseurs la sainte construction européenne. Si jamais le Brexit advenait et qu’aucune des prévisions alarmistes ne se réalisait, à l’avenir, changez de tactique en cas de référendum français sur le sujet ! 

    David Desgouilles
    est blogueur et auteur du roman "Le bruit de la douche"

    http://lafautearousseau.hautetfort.com/archive/2016/05/12/brexit-la-grande-peur-des-eurobeats-5800997.html

  • FN : Marine Le Pen refuse la démission de Bruno Gollnisch

    Elle refuse sa démission :

    "Conformément au souhait exprimé par le Bureau Politique le 2 mai, Bruno Gollnisch a remis ce jour à Marine Le Pen sa démission du Bureau Politique. Dans un souci d’apaisement celle-ci l’a refusée.

    Marine Le Pen rappelle que si le combat pour la France nécessite l’union de tous les patriotes de bonne volonté, ce combat ne peut néanmoins être efficace et gagnant que dans le respect de la discipline, condition sine qua non de l’appartenance à un mouvement politique et particulièrement à ses instances dirigeantes.

    Quant à Marie-Christine Arnautu, membre du Bureau Exécutif du Front National qui constitue le gouvernement resserré du mouvement, celle-ci ayant refusé de se soumettre à la motion du Bureau Politique du Front national, elle sera convoquée incessamment devant les instances disciplinaires."

    Bruno Gollnisch considère que l'incident est clos :

    "À la suite de la divergence d’interprétation au sujet de ma participation aux cérémonies du 1er mai et dans un souci de conciliation qui a toujours été ma ligne de conduite à l’intérieur de mon mouvement, j’ai présenté ma démission du Bureau Politique du Front National à la Présidente Marine Le Pen, qui l’a refusée. Je considère donc que l’incident est clos en ce qui me concerne.

    Quant aux questions politiques que j’ai formulées précédemment, je les évoquerai dans le cadre de cette instance."

    Michel Janva

  • La gauche implose pour cause de "dérive néolibérale"? Ce n'est rien à côté de ce que Alain Juppé et la droite préparent

    Ce n'est pas le moindre des paradoxes. Tandis qu'une partie de la gauche s'apprête à voter la censure contre un gouvernement socialiste accusé de "dérive néolibérale", la chute (improbable) de l'exécutif ouvrirait un boulevard à une droite elle-même engagée dans une surenchère dérégulatrice en vue de 2017.
    Est-ce un effet primaire ou la fin d'un tabou dans une famille politique de tradition étatiste? Toujours est-il que même le très modéré Alain Juppé, qui dévoile ce mercredi son livre-programme consacré à l'économie 5 ans pour l'emploi (Ed. JC Lattès), préconise une thérapie de choc économique à faire passer la loi El Khomri pour le programme du Front populaire.
    Refonte du droit du travail, baisse des dépenses de 85 milliards sur le quinquennat, suppression de l'ISF, sortie des 35 heures avec "référence du travail à 39 heures", retraite à 65 ans, zéro charges sur le SMIC, plafonnement des minima sociaux, suppression de 250.000 postes de fonctionnaire, du tiers payant généralisé, du compte pénibilité... S'il se défend de vouloir "casser la baraque" comme son rival François Fillon, c'est bien un grand soir libéral que préconise le favori de la primaire.
    Unanimité à droite pour un printemps libéral
    Alain Juppé est loin d'être un cas à part. Parmi la douzaine de candidats engagés dans la primaire qui désignera le champion de la droite en 2017, presque tous militent pour des réformes profondes du modèle social français. La suppression de l'impôt de solidarité sur la fortune, jadis jugée hautement impopulaire, fait désormais quasiment l'unanimité. Tout comme le report de l'âge légal de départ à la retraite, autre réforme socialement très délicate.
    Dans cette course au moins-disant social, l'ancien premier ministre François Fillon fait incontestablement figure de pionnier. En se revendiquant de la britannique Margaret Thatcher, le député de Paris a accaparé le créneau de la "rupture" sur le plan fiscal et budgétaire. Et imposé sa ligne ultra-réformatrice à une droite qui n'a guère plus que le libéralisme économique comme seul dénominateur commun.
    D'autres vont plus loin encore. Inspiré par les Républicains américains, le député Hervé Mariton prône pèle-mêle la suppression du logement socialet la fin de l'impôt progressif à la française qu'il souhaite remplacer par une "flat tax", un impôt proportionnel jugé profondément inégalitaire. Bruno Le Maire préconise de supprimer la fonction publique territoriale.
    Tout en ironisant sur le "libéralisme de papa" de ses adversaires, Nathalie Kosciusko-Morizet défend quant à elle un libéralisme économique et sociétal, plaidant en faveur d'une "ère postsalariale".
    Vers le retour des grandes grèves de 1995?

    Cette surenchère libérale a une vertu: celle de parler au coeur de l'électorat appelé à se déplacer lors de la primaire des Républicains de septembre prochain. Elle a aussi un vice: celui de rompre avec la tradition colbertiste voulue par le général de Gaulle, au risque de braquer une partie des Français entre les deux tours de l'élection présidentielle.
    Le Front national l'a bien compris. "Choisir Marine Le Pen, choisir le Front National, c’est rompre avec les mandats Sarkozy-Hollande, rompre avec un système ultralibéral, laxiste, et francophobe, arrivé à bout de souffle", plaide inlassablement le parti d'extrême droite en annexant cette stratégie économique à la politique d'austérité imposée à ses yeux par la Commission européenne.
    Les derniers gaullistes sociaux ne sont pas loin de penser la même chose. Critiquant une "une course à l'échalote pour savoir lequel sera le plus thatchérien, le plus schrödérien, le plus ultra-libéral", le député LR des Yvelines Henri Guaino, qui n'a toujours pas exclu de se présenter à la primaire, met en garde sa famille politique: "Oui, il faut de la liberté mais la liberté c'est pas l’idéologie néolibérale telle qu'on la subit depuis une trentaine d'années".
    Autre interrogation: comment la droite fera-t-elle adopter en 2017 un programme aussi ambitieux alors que la modeste loi El Khomri se heurte toujours à un virulent mouvement social? Evoquant les grandes grèves de 1995 qui avait plombé son passage à Matignon, Alain Juppé estime que "la société française est mûre pour évoluer". A condition de "dire la vérité avant", insiste le maire de Bordeaux, manière d'épingler les campagnes très à gauche de Jacques Chirac puis de François Hollande qui ont pu nourrir la déception.
    Pour faire passer l'amère pilule des réformes, Alain Juppé comme François Fillon rappellent qu'elles ont vocation à rétablir le plein-emploi d'ici la fin du prochain quinquennat. Mais plusieurs candidats préconisent tout de même de faire adopter leurs réformes dès le début de leur mandat sans passer par le Parlement, en prenant une série d'ordonnances. Signe que la droite n'est pas totalement sereine quant à la facilité d'administrer son remède de cheval à un pays en pleine ébullition.

    Geoffroy Clavel Le HuffPost :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/tribune_libre/EuykAyEVplaUjSBgVl.shtml

  • J’irai voir la droite à Béziers Julien Rochedy

    Fin mai, je serai au rendez-vous de Béziers.

    Organisé par Robert Ménard dans la ville dont il est l’édile,  ce rendez-vous d’un week-end rassemblera peut-être tout ce que la « droite » sérieuse compte de représentants. Je dis « droite sérieuse », je pourrais dire : « assumée », « conséquente » ou « déterminée », mais je pourrais dire plutôt : « orpheline ». Car oui, toute cette droite saucisson-pinard, traditionnelle, catholique ou presque, « hors les murs », mousquetaire, nationale, souverainiste, identitaire, libérale et/ou colbertiste – intellectuelle surtout – oui, toute cette droite est désormais orpheline, turbide et angoissée à l’idée que la course de 2017 puisse partir sans qu’aucune de ses écuries n’y concourent.

    Une société française passée à droite

    Cette droite bouillonne comme jamais, échauffée tous les jours par l’état de la société française. Précisément, celle-ci ne semble jamais avoir été autant « à droite » dans ses idées et désidératas. C’est, en tous cas, ce que montrent les enquêtes d’opinions. Pour résumer brièvement : l’immigration est désormais rejetée ; la peur de l’Islam est revendiquée ; le besoin de sécurité est assumé ; les impôts et les taxes sont exécrés ; l’Union Européenne ne revêt plus le rêve dont elle s’était parée au départ ; la morale permanente des droits de l’homme et des valeurs sont tournées en dérision ; la gauche enfin, avec tout ce qu’elle représente, est haïe. En somme, tout porte à croire que l’heure de la droite a sonnée.

    2017 sans candidat de droite ?

    La grande peur des bien-droitards est de ne pas pouvoir supporter pleinement un homme ou une femme pour 2017.  Aux Républicains, les sondages et la tendance donnent Juppé, un radical de gauche comme Chirac, dont il fut d’ailleurs un de ses ministres. Un représentant « des élites mondialisées » comme on dit, un retraité qui n’a pas dépassé les années 90 et leur cortège de rêvasseries sur la mondialisation heureuse, le métissage idéal et le libéralisme comme seul « way of life ». Donné pour le moment gagnant aux primaires, le grand parti de droite français risque donc bien de présenter à la présidentielle un orléaniste usé ayant plus en commun avec François Hollande, Manuel Valls et Emmanuel Macron qu’avec Laurent Wauquier, Philippe de Villiers et Marion Maréchal Le Pen.

    Le problème du FN

    Cette droite a essayé, essaie encore, et essaiera à nouveau, de se rapprocher du FN. Hormis quelques irréductibles anti-lePen, ses représentants ont tous voulu, un jour, frayer avec le mouvement frontiste. Cette droite, parce qu’un peu bourgeoise, n’était pas très courageuse : elle tremblait à côté du père Le Pen et son parfum sulfureux. Cependant, la dédiabolisation opérée par la fille l’a interpellée, et nombre de ses membres ont décidé de montrer l’exemple en passant au dessus du cordon sanitaire. La plupart s’en sont retournés depuis, échaudés par les signaux toujours plus prégnants de Marine Le Pen et Florian Philippot envoyés à la seule gauche, et le mépris – voire la haine assez irrationnelle – que semblent parfois avoir ces deux dirigeants frontistes à l’encontre du cadre de droite à la raie sur le côté, catholique et un tantinet libéral. Dans l’échec patent de ce mariage autrefois annoncé, celui de la droite zemmour et d’un front mariniste, les torts sont sans doute à trouver des deux côtés. Marine Le Pen pense que sa stratégie ni-droite ni-gauche, souverno-chevenementiste, est la meilleure qui soit, et que ces hurluberlus de droite sont tous des traitres en puissance obsédés par le mariage pour tous et leur compte en banque. Les droitards pensent que Marine Le Pen est désormais sous la coupe d’un énarque de gauche qui, avec ses petits copains, se moque des valeurs et des traditions pour ne privilégier qu’une stratégie  anti-européenne aux allures dogmatiques. Autrement dit, la mésentente est consommée, les caricatures sont partout, le mariage n’eut pas lieu et n’est, pour le moment, même pas remis à une date ultérieure.

    Mariage de raison

    La modernité transpire décidemment par tous les pores de la peau politique, car si mariage d’amour il ne peut y avoir entre cette droite et le Front National, la tradition eut poussé, au moins, à un mariage de raison. Les deux auraient en effet tout à y gagner. Si ce mariage avait eu lieu, la droite se serait trouvée un leader charismatique en la personne de Marine Le Pen, ce qu’elle n’a pas. Elle y aurait trouvé aussi l’électorat populaire qui, additionné à l’électorat petit-bourgeois/classe moyenne (à qui cette droite parle très bien), peuvent seuls dépasser les 50% que l’élection demande. Le FN, lui, aurait trouvé une crédibilité, des cadres, de l’argent et des relais médiatiques. Et peut-être, aussi, un peu d’intelligence. En effet, qu’on le veuille ou non, si le peuple français n’est peut-être ni de droite ni de gauche comme les pensent les chefs frontistes, les cadres, eux, le sont. En France, il existe des cadres de gauche et des cadres de droite. Marqués. Le cadre chevènementiste et exclusivement souverainiste, n’existe pas, ou du moins pas encore. C’est la raison pour laquelle autour de Florian Philippot ne virevoltent presque que des jeunes gens à peine sortis du lycée, car ce type de cadres collant au caractère et à la stratégie purement mariniste est peut-être en gestation, mais, je le répète, n’existe pas encore en quantité suffisante. De même pour les intellectuels. On est encore de droite ou de gauche. Ceux, comme Sapir, qui se sont essayés au dépassement des clivages, ont bien vu de quoi il en retournait : partout, ils ont reçu une fin de non-recevoir. On peut le regretter, mais la politique n’est pas faite pour le regrets. Le temps que se forment autour de Marine Le Pen et de Florian Philippot des cadres souveraino-souverainistes, en quantité et en qualité suffisantes, il sera sans doute trop tard pour la France. Il faut, alors, composer le plus possible avec ce que l’on a sous la main.

    Âmes en peine

    Les conséquences politiques de cette idylle qui n’a jamais eu lieu et qui n’arrivera peut-être jamais (ou arrivera trop tard…), sont désastreuses. Sans cette droite, le Front National reste sous la menace d’un nouveau Sarkozy qui pourrait lui refaire le coup de 2007, c’est à dire savoir parler à ses électeurs sans pour autant mener une politique en ce sens une fois élu. Sans cette droite et sans toutes ses personnes âgées qu’elle rassure, le FN est condamné à réaliser de gros scores mais jamais assez pour triompher. Sans cette droite, le FN ne peut rester qu’à son stade « populiste », entrainant avec lui les mécontents sans pour autant devenir un parti de gouvernement. Sans le FN et sa puissance symbolique et populaire, la droite, elle, est condamnée à ne jamais pouvoir mener une politique véritablement « de droite ». Qu’un Sarkozy revienne et refasse du Buisson, qu’un Fillon continue sur son chemin droitier ou qu’un Wauquier émerge : celui-ci pourra gagner une élection, mais sans le Front, il partira nécessairement avec tout son lot de centristes, de radicaux, de simili-socialistes, d’orléanistes type Juppé complétement à côté de la plaque. Une fois au pouvoir, il devra composer avec cette aile là, ô combien influente. En somme, il devra (sauf coup à la Poutine…) trahir à nouveau ses électeurs. Pour résumer briévement : le FN a besoin de la droite pour prendre le pouvoir, et la droite a besoin du FN pour l'exercer. Voilà le tragique destin de la vie politique française : un électorat entier et majoritaire qui aime la France pourrait s’unir mais se trouve divisé en deux. Séparés, la droite et le FN échoueront chacun dans leur genre, et le jour où une nouvelle génération comprendra enfin l’intérêt d’un rapprochement, il sera peut-être trop tard pour la France.

    On verra à Béziers

    J’irai voir cette droite à Béziers. Dans le spectre politique, c’est sans doute d’elle que je me sens le plus proche. Pour autant, je n’ai pas d’illusion et je connais bien ses défauts. J’ai besoin d’aller voir pour essayer de sentir si cette agitation droitière, en ce moment remarquable, n’est que le symptôme de soubresauts poussifs ou, au contraire, l’annonce d’une force en train de naître. N’y verrai-je que des bourgeois de droite tout contents de se retrouver pour parler de leurs « valeurs » entre eux, les gants blancs sans mains à l’intérieur ? Ou y verrai-je des gens véritablement disposés à s’engager pour ce qu’il reste du pays, en y mettant les moyens, la force et l’envie ? Sans doute y verrai-je un peu des deux. Charge aux meilleurs d’entre nous de séparer le bon grain de l’ivraie. Je rendrai compte, quoiqu’il en soit, de ce que je verrai et ressentirai.

    J’irai  donc à Béziers. Sans illusions sans doute, mais avec tout de même un peu d’espoir. 

    http://www.rochedy.fr/2016/05/j-irai-voir-la-droite-a-beziers.html

  • Alain Juppé : le pire d’entre nous !

    Alain Juppé ? Fossoyeur venu mettre la dernière touche de vernis à la sépulture d’un peuple qu’il n’aura pas été le dernier à enterrer.

    Indubitablement, Alain Juppé est un excellent maire de Bordeaux, tout comme Philippe de Villiers n’a pas son pareil pour animer les parcs d’attractions et que François Hollande, dans le registre du sosie officiel de Casimir, demeure assez imbattable. Après, cela suffit-il pour faire de la politique au niveau national ?

    Alain Juppé semble le croire, porté par des sondages le plaçant dans la position d’un Édouard Balladur, millésime 1994. Mieux : il plairait autant, voire plus, à l’électorat de gauche qu’à celui de droite. Lors d’un meeting tenu ce mardi au Palais des Congrès, à Paris, il a annoncé la couleur : « Je vous préviens, ça ne va pas être rock and roll, ce que je vais vous dire ! » Sans blague, des fois qu’on ait pu le confondre avec Jimmy Page…

  • Pas besoin d’être Mme Irma pour prédire ce qui arrivera dans un an

    Le ministre de l’Intérieur vient d’annoncer les dates de l’élection présidentielle : les 23 avril et 7 mai 2017. Si les sondages se confirment, Marine Le Pen sera probablement largement en tête au premier tour, sinon en deuxième position, et accédera au duel final.

    Bien évidemment, d’ici là, le camp des patriotes devra, dans un premier temps, faire le dos rond, puis résister à la tempête prévisible. Facile, d’abord, de prévoir les programmes de télévision dans les derniers mois. Rediffusion tout à fait fortuite des séries de documentaires sur la Seconde Guerre mondiale et les horreurs du nazisme. Le vivre ensemble mis à toutes les sauces dans les émissions de divertissement, les reportages, Plus belle la vie, évidemment.
    Chaque geste, parole ou tweet d’un représentant du FN sera épié, grossi, déformé, travesti. Le buzz, qu’on vous dit ! Les journalistes chercheront avec malice à réveiller les tensions avec le camp de Jean-Marie Le Pen, éventuellement en le titillant sur sa vision de l’Histoire. Les questions sur les propositions économiques attendront… Et si ce n’est avec l’ex-président du mouvement, ils chercheront à le faire avec Marion Maréchal-Le Pen, comme c’est déjà le cas actuellement.
    On révèlera dans la presse que le ticket de caisse de boîtes de trombones au siège du FN reste introuvable, et qu’il s’agit là évidemment d’un grave délit financier, que ce parti a décidément des pratiques occultes inquiétantes. Pourvu que les trombones ne viennent pas du Panama !
    Cette fois-ci, le cirque autour des parrainages ne devrait logiquement pas avoir lieu, le nombre de signataires potentiels étant d’ores et déjà presque suffisant.
    Arrivera le premier tour. La joie d’être qualifié pour le second sera doublée de celle de revoir les larmes de Martine Aubry, ou les mines déconfites des jeunes bobos rue de Solférino. « La République est en danger », ânonnera Najat Belkacem, alors que Cambadélis hurlera au fascisme. Le candidat de la fausse droite, probablement lui aussi qualifié, appellera les forces républicaines et démocrates de gauche à le rejoindre, promettant l’ouverture, voire un gouvernement d’union nationale. Tout en jurant avoir entendu les électeurs, notamment sur le grave sujet de l’immigration. D’autres se lamenteront ou s’étonneront que les gens n’aient pas compris leur politique. Mais qu’ils ont bien reçu le message de désespoir et de colère des électeurs, et que, promis…
    Sur les plateaux arriveront alors les fameux spécialistes en sciences politiques ou en études statistiques. Ils expliqueront, l’air sérieux, dès 20 h 35, que les électeurs qui ont voté FN sont, au choix, des abrutis avinés, des sous-diplômés qui n’ont pas lu trois lignes du programme, des gens peut-être normaux mais qui ont été cambriolés par des Roms et qui sont en colère. Parfois tout à la fois. Les vraies études, celles qui montreront que ce sont les victimes économiques de la mondialisation, le tiers des jeunes, les agriculteurs qui meurent à petit feu, les employés de banlieue qui cherchent de plus en plus loin la tranquillité, elles, sortiront six mois plus tard.
    Suivront deux semaines de pressions de toutes sortes, de manifestations pour sauver la liberté, la démocratie, la République bien sûr. Les artistes en mal de reconnaissance se croiront obligés de nous ressortir le « J’ai mal à ma France ».
    Le scénario est écrit. Christophe Barbier a commencé le tour de chauffe avec son numéro de L’Express : « Comment démolir le FN ? »
    Pour survivre à ce long procès en sorcellerie médiatico-politique, il faudra parfois tout couper et se mettre un bon film. Mieux : prendre un livre. Tiens, par exemple, de Trémolet de Villers, l’excellent Jeanne d’Arc : le procès de Rouen (1)

    (1) https://www.amazon.fr/Jeanne-dArc-procès-Rouen-février-30/dp/2251445617/278-4786419-0685466?ie=UTF8&camp=1642&creative=19458&creativeASIN=2251445617&linkCode=as2&redirect=true&ref_=as_li_tl&tag=boulevard-voltaire-21

    Boulevard Voltaire :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/tribune_libre/EuyklEyEEFqdVpsxIp.shtml

  • FN : le duo Philippot-Montel à la manoeuvre

    Minute nous apprend que, lors du bureau politique ayant procédé aux sanctions à l'égard de ceux qui avaient osé assister à l'hommage de Jean-Marie Le Pen à Jeanne d'Arc, Sophie Montel, présidente du groupe FN au conseil régional Bourgogne-Franche-Comté, a de nouveau attaqué Marion Maréchal-Le Pen comme elle l’avait fait la veille dans son discours au banquet de Jeanne d’Arc. Elle lui a une nouvelle fois reproché ses prises de positions sur l’avortement et sur le Planning familial, qui, selon elle, nuisent à la progression du FN. Commentaire d’un membre du Bureau Politique :

    « Elle est de plus en plus dans la provocation. Il faudrait que Marine la recadre, ça ne va pas pouvoir durer comme ça. »

    Problème : le discours agressif de Sophie Montel contre Marion Maréchal a été prémédité avec Florian Philippot, lequel avait confié à des proches quelques jours auparavant que le discours de Sophie Montel allait rester dans les mémoires. 

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2016/05/fn-le-duo-philippot-montel-%C3%A0-la-manoeuvre.html

  • Avis aux adversaires de Trump : écoutez Van Jones !

    Trump va mordre sur l’électorat démocrate, trahi par son élite, grâce à sa maestria médiatique.

    Le JDD résume la situation dimanche : « Trump suscite l’hostilité de huit Français sur dix », avec 50 % de très mauvaises opinions, et 22 % de plutôt mauvaises. Intéressant…

    Le 6 juillet 2015, dix mois plus tôt et un mois après sa déclaration de candidature, les commentateurs américains concluaient que 93,5 % des électeurs étaient hostiles à Trump, puisqu’il n’avait que 6,5 % de sondages favorables. Dix mois plus tard, Trump rassemble entre 55 et 60 % des votes lors des sept dernières élections primaires. Renversant…

    Voilà pourquoi l’iconoclaste réussit : d’abord, en déni de réalité, l’opposition frictionne les chiffres « trumpiens » pour se rassurer, jusqu’à ce que ce soit trop tard. On essaie alors les manœuvres politiciennes, les jeux électoralistes d’un système antique… et cela empire. Survient, enfin, l’affreuse vérité : Trump, démocrate de toute une vie, mais immigrant légal dans un parti inconscient de sa morbidité, lance et gagne une révolte d’actionnaires – les électeurs – qui vont débarquer un conseil d’administration (les élus—prisonnier du « gravy train »  -les bonnes planques - de Washington).

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  • De quoi Sadiq Khan est-il le nom ?

    Source : Boulevard Voltaire

    L’élection du nouveau maire travailliste de Londres n’a pas manqué de susciter les réactions les plus diverses. Sadiq Khan restera pour l’Histoire, quoi que puissent en dire les beaux esprits, le premier maire musulman d’une grande ville européenne, et pas des moindres. Londres bascule entre les mains des travaillistes après une longue période conservatrice, incarnée par le charismatique Boris Johnson, actuel meneur des partisans du « Brexit ».

    Néanmoins, si vous pensiez que Sadiq Khan appartenait à la faction islamo-gauchiste du grand parti de gauche britannique, vous vous trompiez. L’homme est plutôt considéré comme un bébé Tony Blair, héritier de la deuxième gauche parfois abusivement qualifiée de « libérale-libertaire » et partisan convaincu du maintien de la Grande-Bretagne dans l’Union européenne. Son modèle politique n’est autre que le baron Kinnock, chef de l’opposition travailliste de 1983 à 1992, membre de la Commission européenne de 1995 à 2004 et connu pour son engagement militant au sein de l’Association humaniste britannique (British Humanist Association). Sadiq Khan s’est aussi fait remarquer pour son zèle en faveur de l’immigration de masse, se laissant photographier muni d’une pancarte « Refugees Welcome » en plein cœur de la capitale anglaise.

    N’appartenant certes pas au courant islamo-gauchiste et antisioniste du Parti travailliste, Sadiq Khan a su se ménager cette faction importante de la formation politique, actuellement déchirée entre les partisans de Corbyn et les nostalgiques de Tony Blair. Comment ? D’abord pour ce qu’il est essentiellement, c’est-à-dire le fils d’un immigré pakistanais musulman. Même s’ils ne sont pas très exactement sur sa ligne politique, les gauchistes communautaristes savent que les symboles comptent plus que toute autre chose en politique. Sadiq Khan incarne, après Barack Obama, la revanche des anciens colonisés, des damnés de la Terre, sur ce « monde blanc » honni. Malin, il a d’ailleurs laissé les antisionistes du parti attaquer son adversaire conservateur Zac Goldsmith, milliardaire de confession juive, sans les appuyer ni les contredire.

    Quelques commentateurs informés ont jugé bon de préciser que Sadiq Khan n’était pas aimé des musulmans londoniens les plus radicaux, notamment les influents salafistes, en raison de certaines prises de position « progressistes » comme son vote en faveur du mariage homosexuel. Ce qui vaut pour des minorités agissantes ne vaut pas pour le petit peuple musulman de Londres. D’abord, une grande majorité n’était certainement pas au courant. Ensuite, ceux qui l’étaient ne pouvaient que s’en moquer car ces « choses-là » n’auront pas cours dans la « communauté ». Sadiq Khan n’a pas été élu maire de Londres uniquement en raison de ses origines ou de sa religion. Il serait faux de le dire. Il a été principalement élu maire de Londres parce que les électeurs en avaient assez d’une caste politique souvent interchangeable, mais aussi en raison d’un programme plus social dans une ville à deux vitesses.

    On aurait cependant tort de sous-estimer ce fait majeur de notre histoire contemporaine, témoignant des profonds changements démographiques à l’œuvre en Europe de l’Ouest. Ce n’est pas anodin. Sadiq Khan incarne physiquement la transformation de l’Europe par un phénomène que certains appellent le « Grand Remplacement ». Bientôt, les Européens natifs ne pourront plus gagner des élections dans les grands centres urbains. La gauche continentale l’a très bien assimilé. Pour que l’électorat issu de la « diversité », ou plus précisément extra-européen, ait envie de se déplacer, il faudra que les candidats lui ressemblent. Et c’est cet électorat-là qui fera pencher la balance en faveur de la gauche, quand la bobocratie locale lui est déjà acquise quoi qu’il advienne… Sadiq Khan est donc le nom d’un changement de paradigme : le vote ethnique dans l’Europe multiculturelle.

    Gabriel Robin

    http://fr.novopress.info/200888/sadiq-khan-il-nom/#more-200888

  • Ce que l’élection de Sadiq Khan signifie, par Anthony Florent

    C’est donc fait : après une campagne axée sur les questions identitaires, le fils d’immigrés pakistanais Sadiq Khan est devenu maire de Londres. Londres, capitale de ce qui fut l’Empire britannique, ancien phare de la civilisation européenne, est aujourd’hui dirigée par un musulman.

    La nouvelle est-elle importante ? Nous savions déjà qu’à Londres, les « Blancs britanniques » sont minoritaires [1] ; que dans certains quartiers, l’anglais est de fait une langue étrangère [2]. L’Angleterre, d’une manière plus générale, a été touchée par des affaires de prostitution où des adolescentes anglaises de souche un peu paumées étaient réduites en esclavage sexuel par des gangs pakistanais [3].

    Londres, comme Paris, a connu ses émeutes ethniques faisant suite à une pseudo-bavure policière. A Londres, encore plus qu’à Paris, les femmes en niqab intégral ne surprennent plus personne, et manger halal ne présente pas la moindre espèce de difficulté.

    Londres a toléré des mosquées radicales, comme celle de Finsbury Park, qui fut fréquentée par des opérateurs d’Al Qaïda et où on prêchait la haine de l’infidèle. Le Royaume-Uni, pendant des années, a accordé asile à Rachid Ramda, « cerveau » des attentats de 1995, et n’a accepté de l’extrader vers la France qu’après les attentats du 7 juillet 2005, qui firent 56 morts et 700 blessés.

    Alors, à coté de cette situation qui dure depuis des années, que vaut l’élection de Sadiq Khan ? Les hommes politiques d’origine européenne ne posent-ils pas, eux aussi, avec des panneaux « Refugees Welcome » ? Sadiq Khan est-il plus susceptible qu’un autre de promouvoir le remplacement de la population anglaise par des peuples extra-européens ? La gestion municipale de Sadiq Khan sera-t-elle différente de ce qu’aurait été la gestion d’un élu travailliste quelconque ?

    Sans doute pas. D’un point de vue juridique ou administratif, l’élection de Sadiq Khan est très probablement un non-évènement. Mais, symboliquement, l’accession d’un immigré extra-européen musulman à la tête d’une des plus grandes capitales européennes est d’une importance capitale. Car il s’agit d’une nouvelle étape dans la dépossession des Européens de leur destin.

    Sous l’effet du Grand Remplacement, du terrorisme, des associations antiracistes, nous, Européens, étions déjà dépossédés de portions entières de nos territoires, de nos cultures, de nos libertés. Sous l’effet de la mondialisation, nous avons perdu le contrôle de nos économies, avons laissé des territoires entiers (la France périphérique et ses équivalents chez nos voisins) devenir des déserts, sans richesse ni avenir, et condamné des millions de nos compatriotes à la misère.

    Aujourd’hui, avec l’élection de Sadiq Khan, nous sommes dépossédés de nos responsables politiques. Nous ne sommes plus dirigés par nous-mêmes. Ceux qui font les lois ne sont plus des nôtres.

    Encore une fois, cela ne change sans doute pas grand-chose sur le fond. Les très européens François Hollande, Jean-Claude Junker, Angela Merkel, ou tous les autres, sont les premiers responsables l’orientation catastrophique de notre civilisation.

    Mais symboliquement, nous sommes aujourd’hui dépossédés des derniers arpents de pouvoir que nous avions sur nos pays. Nous ne sommes plus chez nous : nous sommes désormais une minorité comme les autres.

    Mais nous ne sommes dépossédés que parce que nous le laissons faire. Il ne tient qu’à nous de reprendre le contrôle de notre continent. Il ne tient qu’à nous de refuser de perdre le contrôle de notre destin. Nous, Européens, sommes encore largement en mesure de nous lever et de proclamer que nous sommes chez nous, et que nous entendons bien rester maîtres chez nous.

    Anthony Florent, militant GI (@AnthonyFlorent)

     

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