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entretiens et videos - Page 922

  • Pierre-Antoine Cousteau : « Fidèle à ses idées, à ses amitiés, à son passé, » (Le Monde)

    « Collaborateur au journal Je suis partout
    en compagnie de Lucien Rebatet et de Robert Brasillach,
    Pierre-Antoine Cousteau (PAC)
    dirigera ce journal jusqu’en 1944.

    C'est un « ultra de la Collaboration ».
    Libéré en 1954, après neuf ans de bagne,il est accueilli à l’hebdomadaire Rivarol.
    Au lendemain de sa mort de (1906-1958),
    le journal Le Monde écrivait :
    « Fidèle à ses idées, à ses amitiés, à son passé,
    il avait conservé tout son talent de polémiste. »

     (propos sélectionnés par Fabrice Dutilleul)

    Comment Pierre-Antoine Cousteau (PAC) a-t-il appris sa condamnation à mort ?

    « Le 23 novembre 1946, un grand monsieur glabre, revêtu d’une ravissante robe rouge agrémentée de lapin blanc m’annonça assez sèchement que j’étais condamné à mort. C’était déplaisant, mais c’était sérieux. Très sérieux. Je ne connais rien de plus sérieux que des canons de fusil convenablement orientés.

    Cinq mois plus tard, un petit monsieur glabre – mais sans robe, celui-là – vint m’informer dans ma cellule que, tout bien réfléchi, la République ferait l’économie de ses douze balles et que ma peine était commuée en travaux forcés à perpétuité.

    C’était plaisant. Mais ça n’était pas sérieux. Plus sérieux du tout. Avec cette « grâce », on retombait lourdement dans les fariboles. Le langage de mes tourmenteurs avait cessé d’être plausible. Je pouvais croire à la réalité du peloton d’exécution. Je ne pouvais pas croire à ma « perpétuité » : à moins d’endosser la bure à un âge très avancé, on finit bien par sortir du bagne. »

    PAC a donc été épargné par l’épuration sauvage de 1944-45

    « À la minute même où le petit monsieur m’annonça que j’allais vivre (et finir ma vie au bagne, mais cela c’était tout à fait incroyable), je compris que, dans mon cas du moins, l’épuration était ratée. Dès cette minute, il était clair que, dès ma levée d’écrou, je récidiverais. Non point – je me hâte de le dire – par ressentiment : cette longue détention m’a plutôt flatté qu’aigri. Et point, non plus, dans l’espoir tout à fait utopique de dissiper les ténèbres contemporaines. Simplement parce que je suis ainsi fait qu’à la longue j’en arrive à ne plus pouvoir supporter d’entendre rabâcher que la terre est plate et que j’éprouve l’irrésistible besoin d’affirmer qu’elle est ronde. »

    PAC n’est pas devenu démocrate pour autant…

    « C’est cela, la démocratie : le rabâchaqe tenace d’un copieux assortiment de contre-vérités. C’est de cela que la France s’alimente depuis près de deux siècles. C’est de cela qu’elle a fini par se pénétrer à force d’entendre les pontifes présenter comme des évidences ce que rejetterait le simple bon sens d’un gamin de dix ans ou d’un « bon » sauvage.

    Des contre-vérités de base – celles des immortels principes – découlent au surplus, tout naturellement, d’autres contre-vérités circonstancielles que leur actualité rend encore moins comestibles, mais qu’il faut avaler en vrac avec tout le reste. Car les mythomanes ne font pas le détail. Du même souffle, ils nous assènent que les triangles ont quatre angles, que De Gaulle est intelligent, que les hommes sont naturellement bons, que Paris s’est libéré tout seul, que les Russes protègent la Hongrie, que les Boches ont la tête carrée, qu’un cannibale vaut bien un Breton, que le parlement est une auguste institution, que les Anglais sont nos amis, que la gué-guerre de 39 était indispensable et qu’une majorité d’imbéciles a toujours raison.

    Les éditions Déterna ont réédités les 3 principaux livres de Pierre-Antoine Cousteau dans la collection « En ce temps-là », dirigée par Marc Laudelout.

    En ce temps-là…, 224 pages, 23 euros.

    Publié un an après sa disparition prématurée, contient, outre ses souvenirs de journaliste, son journal de condamné à mort. Un document rare, réédité pour la première fois avec, en guise de préface, ce poignant « Testament et tombeau de Pierre-Antoine Cousteau » dû à son compagnon d’infortune, Lucien Rebatet.

    Mines de rien, 138 pages, 21 euros.

    Il y a des mystifications qui aboutissent à des apothéoses, dans les hymnes, les drapeaux, les processions, les défilés, les discours, etc. C’est de ces « plaisanteries » que Pierre-Antoine Cousteau, nous entretient ici…

    Après le déluge, 350 pages, 31 euros.

    Libéré en 1954, après neuf ans de bagne, P.-A. Cousteau est accueilli par René Malliavin à Rivarol qu’il a fondé après les Écrits de Paris, en 1950. La prose est plus apaisée, mais, dégagée d’un combat plus immédiat, l’esprit ruisselle, sans la moindre amertume.

    www.francephi.com.

  • Les gauchistes voulaient la plage sous les pavés : ils ont eu Paris Plages !

    Entretien avec Alain de Benoist

    Nouvelle antienne de la droite de la droite, que de dénoncer la gauche de la gauche. Mais aujourd’hui, que représente exactement le « gauchisme » ?

    Pas grand-chose. Ce qu’on appelle de façon sommaire les organisations « gauchistes » (situées à la gauche du PC) ont connu leur heure de gloire à la fin des années 1960 et au début des années 1970. Dès 1974, les obsèques de Pierre Overney, militant maoïste tué aux portes des usines Renault de Boulogne-Billancourt, avaient marqué la fin d’une époque. Certaines de ces organisations étaient bien structurées, beaucoup s’inscrivaient dans une filiation remontant à l’entre-deux-guerres. Il n’en reste presque plus rien. Le maoïsme a disparu, à la possible exception d’Alain Badiou. Les sectes trotskistes parlent de moins en moins de Trotski, et bien des anarchistes se sont coupés de ce qu’il y avait de meilleur dans la tradition libertaire. En marge de ces marges, il y a aujourd’hui des petits groupes d’« antifas », des jeunes gens qui se trompent d’époque (ils n’ont toujours pas compris que nous sommes sortis des années 30) et qui ont recours à la violence pour dissimuler leur absence d’audience dans l’opinion. Ils se font objectivement les chiens de garde de l’ordre en place, c’est-à-dire du désordre établi, voire la police supplétive du ministère de l’Intérieur. Dimension historique de leurs psychodrames : néant.

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  • Quelle convergence entre Civitas et Farida Belghoul ? Entretien avec Alain Escada

     

    farida-belghoul-escada-boutin-bourges

    MPI – Nous voudrions revenir avec vous sur la conférence de presse de mercredi dernier afin d’éclairer nos lecteurs sur le contexte qui a permis que Farida Belghoul et vous soyez à la même table que Christine Boutin, Albert Ali, le Dr Dickès et bien d’autres pour lancer un appel convergent pour l’interdiction de la théorie du genre à l’école. D’abord, expliquez-nous pourquoi cette conférence de presse était réservée aux médias alternatifs.

    Alain Escada – L’idée, excellente, est venue de Farida Belghoul. Puisque les médias du système (journaux, radios, télés) sont tous complices des mensonges d’Etat, tout particulièrement dans ce dossier de théorie du genre, à quoi bon les inviter ? Nos propos seraient immanquablement déformés pour donner de nous une image caricaturale.

    En refusant les médias officiels, nous lancions déjà un premier message d’une grande importance : ne faîtes plus confiance aux médias du système car ils vous mentent, comme les politiciens vous mentent. Il existe des médias alternatifs et courageux (dont Médias-Presse.Info) qui consentent beaucoup d’efforts pour offrir une information libre. Cette conférence de presse a voulu les privilégier et leur assigner une mission : répandez la vérité !

    Que tous ceux qui en ont assez d’être désinformés se tournent vers ces quelques publications écrites et ces sites qui proposent des radios ou des télévisions alternatives. Il existe en réalité une grande diversité de médias alternatifs qui méritent notre considération bien plus que ces journaux qui ont pignon sur rue et dont on sait qu’ils sont de simples pions de la pensée unique.

    D’autre part, la conférence de presse était également accessible à quelques grands médias étrangers dont la voix est discordante par comparaison à l’uniformité des médias français au service du mensonge.

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  • Vladimir Poutine, fou de rage contre Ianoukovitch…

    Entretien avec Pierre-Alexandre Bouclay

    Au vu des événements en Ukraine, Vladimir Poutine va-t-il lâcher Ianoukovitch pour jouer la carte Timochenko ?

    Poutine est un pragmatique, qui souhaite avant tout la stabilité à ses frontières – principalement avec l’Ukraine, pièce centrale de sa géopolitique vers les mers du Sud et l’Europe, notamment pour l’acheminement des hydrocarbures.

    Il est fou de rage contre Ianoukovitch, qui a saboté les Jeux olympiques auxquels il accordait la plus grande importance, en précipitant la révolution par des maladresses en cascades. En faisant tirer sur le peuple, Ianoukovitch a déclenché une crise irréversible. Poutine a refusé de lui accorder une audience la semaine dernière, se contentant de le saluer entre deux tribunes, dans un stade, alors que le président ukrainien avait fait le déplacement à Sotchi. Le Premier ministre russe Dmitri Medvedev l’aurait engueulé, le traitant d’incapable et lui demandant où étaient passés les milliards d’euros versés à l’Ukraine par la Russie. De fait, au lieu d’être employé pour prendre des mesures sociales d’urgence dans ce pays au bord de la faillite, l’argent s’est volatilisé.

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  • Bernard Lugan : Centrafrique: point de situation

    Philippe Meunier, député du Rhône, Secrétaire de la commission Défense rentre d’une mission parlementaire en RCA effectuée le 17 février dernier. L’Afrique Réelle lui a demandé un point de situation au moment où les organisations humanitaires parlent d’une "épuration" des musulmans par les chrétiens.

     

    Quelle est aujourd’hui la situation sécuritaire à Bangui ?

    Philippe Meunier : Une sécurité précaire est revenue à Bangui grâce et uniquement à la présence de nos militaires français, même si certains groupes sous couvert d’anti balakas commettent des délits. La tension reste néanmoins palpable et des incidents peuvent éclater à tout moment.

    A lire les médias, ce sont les chrétiens qui massacrent les musulmans alors que pendant un an, ces derniers les martyrisèrent. Avez-vous pu mesurer le degré de haine entre les communautés ? Pourquoi les chrétiens en veulent-ils à ce point aux musulmans ?

    Philippe Meunier : Les islamistes du Seleka, avec la complicité de leurs collaborateurs, ont procédé à Bangui et dans l’ensemble du pays à des massacres sans nom des mois durant à l’encontre des chrétiens. Conséquence de ces viols et massacres de masse, les chrétiens ne veulent et ne peuvent plus aujourd’hui vivre avec et aux côtés des musulmans. [...]

    La suite sur Afrique Réelle

  • Vers un renouveau du néo-paganisme en Europe ?

    Entretien avec Stephane Francois réalisé par Pierre Desorgues
    Vers un renouveau du néo-paganisme en Europe ?
    Comment définir le néo paganisme ? Est ce que l’on trouve un dénominateur commun à tous ces mouvements, toutes ces nouvelles spiritualités ? Qu’est ce qu’être néo paien?
    Stéphane François : Nous pouvons dire que le néopaganisme se fonde sur le refus, parfois virulent, des valeurs et des dogmes monothéistes. Il se caractérise par une conception panthéiste et/ou polythéiste de la religion. À l’origine du néopaganisme, il y a une fascination et une idéalisation des paganismes antiques et de celui des sociétés traditionnelles. Le néopaïen postule l’existence des lieux « sacrés » prédestinés, propices à la célébration des cultes et l’existence de cycles cosmiques qui forceraient les hommes à se mettre en harmonie avec le monde. Dans cette perspective, non anthropocentrique, la Terre et l’univers sont perçus comme un grand tout harmonieux auquel l’homme est associé par son être même. La caractéristique la plus importante définissant le « paganisme politique » est sans conteste l’aspect écologique.
    Nous pouvons aussi dire que ce paganisme contemporain est une création récente. Il est apparu en effet dans les milieux artistiques et occultistes du xviiie siècle, puis dans les milieux romantiques du xixe siècle. Le néopaganisme est donc une reconstruction idéalisant le paganisme antique et qui postule la persistance de cultes païens en Europe malgré la christianisation. Par sa nature, il s’oppose aux religions monothéistes, universalistes et prosélytes comme le christianisme et l’islam. La principale composante cultuelle de ce néopaganisme est une conception panthéiste et/ou polythéiste de la religion. Il se manifeste principalement par la réapparition de cultes consacrés aux divinités préchrétiennes.
    Cependant, il existe différentes formes de néopaganisme. La première fait référence à des divinités ou à une tradition cultuelle précise et a généralement un fondement ethnique, il s’agit la plupart du temps d’une reconstruction d’une religion préchrétienne fondée sur des recherches historiques ou pseudo-historiques. La seconde renvoie à un discours écolo-panthéiste de nature universaliste et à un paganisme créé de toutes pièces. La troisième, enfin, regroupe sous le terme générique de paganisme un choix philosophique et/ou artistique qui peut être le corollaire d’un « paganisme politique ».
    Est-ce que vous faites une distinction entre le néo paganisme et des formes plus anciennes comme ce que l’on peut trouver en Afrique avec l’animisme ?
    Oui. L’animisme relève des religions païennes, tout court, c’est-à-dire des religions non monothéistes, au sens biblique. En fait, toutes les religions non-monothéistes, et sans rapport avec les religions du Livre, peuvent être qualifiées de « païennes », comme l’animisme, le shintoïsme, l’hindouisme, etc.
    Est-ce que le néo-paganisme est un mouvement que l’on qualifierait d’occidental ?
    Comme il est issu soit du romantisme, soit de l’occultisme de l’Europe, des colonies britanniques des XVIIIe et XIXe siècles, nous pouvons effectivement affirmer qu’il s’agit d’un phénomène occidental. D’ailleurs, les spécialistes de la question le considèrent comme une composante de l’ésotérisme occidental.
    On a parlé d’un renouveau du néo paganisme. Est ce qu’il a été quantifié sérieusement ?
    Ce renouveau date quand même un peu : depuis la fin, voire depuis le milieu, des années 1990. Des études sérieuses se sont penchées sur le phénomène, mais elles ont été faites surtout par des spécialistes anglo-saxons des religions. En France, il y a un déficit d’études sur cette question, car ce genre de recherche n’est pas considérée comme « sérieuses », comme de « vrais sujets » malheureusement par un certain nombre d’universitaires.
    On sent poindre deux tendances idéologiques au sein de ces mouvements, l’une un peu rattachée à l’écologie, l’autre qui semble plus proche de mouvements identitaires ou d’extrême droite. Ces deux tendances progressent-elles de la même manière ?
    S’il existe des tendances différentes au sein du néopaganisme, le courant écologiste ne s’oppose pas forcément des mouvements identitaires ou d’extrême droite. Bien au contraire : les mouvements néopaïens identitaires et/ou d’extrême droite ont tous un aspect écologiste marqué. En effet, comme les néopaïens postulent l’existence de lieux prédestinés à des pratiques religieuses, il y a un fort sentiment écologiste, qui se combine avec l’idée d’un enracinement des populations. Chez eux, cependant, le discours écologiste se fait conservateur, voire réactionnaire. Pour répondre à la deuxième question, les deux progressent assez fortement, mais il est difficile de quantifier cette progression précisément car, 1/il n’y a pas d’étude comparant les deux et 2/les deux tendances, comme je viens de vous le dire, sont imbriquées.
    Comment qualifiez-vous le fait que les néo-païens progressent en Europe centrale et orientale ? Voyez-vous un lien idéologique avec le nationalisme voire le racisme et l’antisémitisme ?
    Non, pas forcément : il existe dans ces pays des formes de paganisme qui ne sont pas antisémites ou racistes. Par contre, ces formes de paganisme sont des paganismes « enracinés », c’est-à-dire qu’elles défendent des particularismes religieux et/ou ethniques. En ce sens, effectivement, on peut y voir des formes de nationalisme. La réapparition du néopaganisme dans cette région de l’Europe date de la chute du communisme. C’est une volonté de se tourner vers des pratiques locales qui faillirent être détruites par la « normalisation », l’acculturation forcée des régimes soviétiques. D’ailleurs, le néopaganisme est vivace et en essor en Russie pour les mêmes raisons.
    Il faut en outre prendre en compte le fait que le paganisme a mieux résisté à l’évangélisation dans ces régions : certaines zones géographiques des pays baltes n’ont été évangélisées qu’au XVIIIe siècle, et jusque dans les années trente, les campagnes vivaient au rythme de rites païens, notamment en Roumanie.
    Cependant, effectivement, il y a des groupes païens En Europe orientale et centrale qui sont ouvertement d’extrême droite, comme en Europe occidentale, voire en Occident.
    http://www.voxnr.com/cc/ds_alternativesr/EFAFEuVyZlZahBoCts.shtml
    Source : Fragments sur les temps présents : http://tempspresents.com/2014/01/31/stephane-francois-vers-un-renouveau-du-neo-paganisme-en-europe/#more-5414

  • La véritable histoire de la loi salique de Micheline Peyrebonne

    Entretien réalisé par Fabrice Dutilleul d’après la présentation du livre
    La véritable histoire de la loi salique de Micheline Peyrebonne
    « La loi ne peut rendre à mon enfant son royaume, car celui qui tient son royaume tient aussi la loi… »
    (La reine Constance de Bretagne, mère d’Arthur, dans Le roi Jean)
    La véritable histoire de la loi salique de Micheline Peyrebonne, éditions Dualpha.
    1316 : cette année-là, pour la première fois, l’Ordre de primogéniture offrit la Couronne à une femme…
    C’était une princesse de 5 ans, Jeanne, fille de Louis X, petite-fille de Philippe le Bel. Il n’y avait pas, en ce temps-là, de règles successoriales propres à la France, mais par contre, dans tout l’Occident chrétien, prévalaient des usages successoraux qui voulaient que si un roi mourait, sans laisser de fils, la Couronne revint à sa fille, s’il en avait une, selon les indications du Livre des Nom­bre : « Si le fils meurt, que l’héritage revienne à sa fille… »
    Or, cette année-là, 1316, se présenta aussi en France un usurpateur, qui s’opposa à la petite princesse et manifesta clairement qu’il entendait s’emparer du Trône pour son propre compte ?
    C’était le propre oncle de Jeanne, Philippe, comte de Poitiers, un prince de 25 ans. En 1317, à force d’adresse, d’audace et de duplicité, il se fit couronner à Reims, malgré l’opposition des très nombreux partisans de Jeanne. La coutume appelée « loi salique » était née.
    En 1349, la reine de Navarre, Jeanne II, fille unique de Louis X, spoliée du trône de France par ses oncles Philippe V et Charles IV, puis par son cousin Philippe de Valois, meurt de la peste à Conflans…
    Son fils aîné, Charles, monte aussitôt sur le trône de Navarre et, à Pampelune, le jour de son couronnement, expose l’histoire de sa mère, devant ses sujets navarrais. Il se proclame le seul héritier des Capétiens et des royaumes de France et de Navarre. Hélas ! Sur le trône de France, les Valois sont déjà installés. Incapables et n’ayant pas été élevés pour régner, ils se font bientôt battre par les Anglais à Crécy et à Poitiers.
    Ce sera, entre Jean II, puis Charles V de Valois, et Charles de France et de Navarre une lutte sans merci, au cours de laquelle, le fils de l’orpheline, spoliée en 1316, 1317 et 1318, essayera de reprendre le trône de France, auquel il estime avoir plus de droits qu’Édouard d’Angleterre. Il sera bien près de réussir, mais la mort d’Étienne Marcel, son fidèle partisan, lui portera un coup fatal.
    Une lutte passionnante et mal connue, qui valut à Charles II d’être flétri, longtemps après sa mort, du surnom mensonger de « Le Mauvais ».
    Quand vous aurez lu cet ouvrage, vous ne verrez plus l’histoire de France de la même façon.
    http://www.voxnr.com/cc/d_france/EFAFplVFyZfzoAwHSl.shtml
    notes
    La véritable histoire de la loi salique de Micheline Peyrebonne, Éditions Dualpha, collection « Vérités pour l’Histoire », 426 pages, 41 euros.
    Francephi diffusion - Boite 37 - 16 bis rue d’Odessa - 75014 Paris - Tél. 09 52 95 13 34 - Fax. 09 57 95 13 34 – Mél. diffusion@francephi.com
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  • Derrière l'idéologie du gender, le lobby LGBTQ

    Chef d'entreprise, franco-iranienne, Shéhérazade Semsar a fait ses études supérieures aux États-Unis. Depuis juillet 2013, elle siège au conseil d'administration de l'université de Georgetown (Washington D.C.). Elle déclare au Figaro :

    "Les études sur le genre se sont créées une place dans l’enseignement primaire et secondaire aux États-Unis. Elles ne sont pas enseignées en tant que telles, mais elles ont, peu à peu, pris de l’importance dans la vie scolaire. Un exemple parmi d’autres : dans une école en Californie, cette inscription figure sur l’une des portes : « If you identify yourself as a boy, this is your toilet » (« Si tu te considères comme un garçon, ce sont tes toilettes »). Autre illustration, toujours en Californie, dans une classe de 5e, le cours d’éducation sexuelle est divisé en trois tiers : comment cela se passe entre deux hommes, deux femmes, un homme et une femme… D’ailleurs, dans la vie courante, sur les formulaires administratifs, on ne demande plus le sexe d’une personne mais son genre.

    Qu’en est-il à l’université ?

    La totalité des universités est obligée d’accueillir un LGBTQ Center (un centre lesbien, gay, bisexuel, transsexuel, queer), de la plus connue, Harvard, à une petite faculté du fond de l’Ohio. Une université qui s’y refuserait verrait une partie de ses subventions fédérales coupées. C’est à la fin des années 1980 que des centres lesbiens-gays ont commencé à être institués. Puis, au cours de la décennie suivante, plusieurs procès ont été gagnés en ce sens. Quant au « Q » - pour « queer » - qu’on peut traduire par « ceux qui ne savent pas » ou aussi par «les tordus » - il a été ajouté dans les années 2000. Le « queer » s’oppose aux normes qu’il considère imposées par la majorité hétérosexuelle, il s’appuie sur l’exception pour définir les règles sociales.

    [...] Récemment Harvard a même dû accepter que la catégorie « sado-maso » soit aussi représentée sur son campus sous la dénomination « kinky » (pervers). Désormais, certains militent pour ajouter encore un « I » pour « intersexué » et un « A » pour « asexuel ». C’est sans fin… Mais on commence à réaliser l’absurdité de ces revendications qui ne relèvent que de la pratique de la sexualité. Un mouvement, notamment universitaire, qui a pourtant soutenu les « gender studies », trouve que les choses vont trop loin et qu’on est en train de tomber dans un « nationalisme gay ». Des associations de défense des droits des homosexuels ont même créé le « no homonationalism ».

    [...] Sous couvert de faire avancer l’égalité entre les sexes, on a diffusé ce concept du genre. Jusqu’à quel niveau faudra-t-il aller dans l’exception ? Quand il faut gérer dix mille étudiants, avec tous les problèmes que cela suppose, est-il raisonnable de passer autant de temps sur les pratiques sexuelles de 0,1% de la population ? [...] On est passé d’une problématique « un homme peut aimer un homme » à l’idée que tout le monde peut être homme ou femme et qu’il n’y a pas de sexe biologique. Cette confusion me semble très perturbante. Elle participe de l’idée, répandue parmi, disons, la génération 2.0, d’une surpuissance de l’Homme sur la nature. [...]"

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2014/02/derri%C3%A8re-lid%C3%A9ologie-du-gender-le-lobby-lgbtq.html

  • Entretien avec Alexandre Douguine sur l'Ukraine (commenté par Pascal Lassalle) Fin

    Nous avons pu observer une situation similaire à Moscou. Alexei Navalny, le blogueur libéral qui y était candidat aux dernières municipales, était soutenu par une alliance allant des mouvements activistes pour les droits des homosexuels aux groupes néo-nazis.
    Tout à fait. Et cette coalition était soutenue par l’Occident. Ce qui pour lui est important, ce n’est pas l’idéologie de ces groupes, elle n’intéresse pas les dirigeants occidentaux.
    Il arrive néanmoins, comme on a pu le voir ces dernières semaines, que le naturel des « bonnes âmes » qui peuplent les rédactions des médias occidentaux revient au galop.
    Que voulez-vous dire ?
    Selon vous qu’est-ce qui arriverait si une organisation néo-nazie soutenait Poutine ou Ianoukovytch ?
    On aurait le retour des « rouges-bruns », plus de 20 ans après.
    L’Union européenne mènerait une campagne politique, tous les médias rendraient compte de ce fait et seraient scandalisés.
    C’est exactement ce qui se passerait. Cela montre que l’important, c’est de quel côté un groupe se tient. Si ce groupe est contre Poutine, contre Ianoukovytch ou contre la Russie, l’idéologie de ce groupe n’a pas d’importance. Si ce groupe soutient Poutine, la Russie ou Ianoukovytch, l’idéologie devient immédiatement un problème majeur. Tout dépend du côté géopolitique que le groupe adopte. Tout se réduit à la géopolitique. Ce qui se passe en Ukraine en est une bonne leçon. Elle nous dit que la géopolitique domine ces conflits et rien d’autre. La même chose se vérifie en Syrie, en Libye, en Égypte, dans le Caucase, en Irak, en Iran …
    Il n’y a pas que la géopolitique ou l’idéologie pour justifier certains positionnements sur les grandes questions internationales
    Tous les groupes qui prennent parti de l’Occident sont donc considérés comme de « bons » groupes, indépendamment de leur extrémisme ?
    Oui, et tout groupe qui prend parti contre l’Occident – même s’il est séculier et modéré – sera traité d’extrémiste par la propagande occidentale. Cette approche domine le champ de bataille géopolitique actuellement. Vous pouvez être le combattant salafiste le plus radical et le plus brutal, vous pouvez haïr les juifs et manger de la chair humaine devant les caméras, tant que vous combattez pour les intérêts occidentaux contre le gouvernement syrien, vous serez un allié respecté et soutenu. Si vous défendez une société modérée, laïque et multi-religieuse - toutes les idées que l’Occident prétend incarner - mais si dans le même temps vous prenez position contre les intérêts occidentaux comme l’a fait le gouvernement syrien, c’est vous qui serez désigné comme l’ennemi. Personne ne s’intéresse à ce à quoi vous croyez, la seule chose qui compte, c’est le camp géopolitique que vous choisissez qui fait que vous avez tort ou raison aux yeux de l’hegemon occidental.
    Exact, surtout lorsque vous prenez les exemples syriens.
    Les groupes nationalistes de l’opposition ukrainienne ne sont pas du tout d’accord avec vous. Ils affirment : « Nous combattons à la fois la Russie et l’Union européenne, nous voulons une troisième voie ! » Est-il possible d’adopter une position tercériste dans la guerre géopolitique actuelle ?
    L’idée d’adopter une position tercériste et indépendante face aux deux blocs dominants est très commune. J’ai eu des discussions intéressantes avec un cadre dirigeant de la guérilla séparatiste tchétchène. Il m’avoua qu’il avait réellement cru à la possibilité d’une Tchétchénie islamique indépendante et libre. Mais ensuite, il comprit qu’il n’y avait pas de possibilité d’une « troisième voie », il comprit qu’il combattait contre la Russie et pour l’Occident, qu’il était un instrument géopolitique de celui-ci, un auxiliaire de l’OTAN sur le champ de bataille caucasien. Il en est de même pour les nationalistes ukrainiens ou les djihadistes arabes. Tous sont des auxiliaires de l’Occident. C’est difficile pour eux de l’admettre, car personne n’aime l’idée d’être un idiot utile de Washington.
    Par rapport à de nombreux à de nombreux commentateurs de ces événements, hostiles à la dynamique insurrectionnelle en cours, vous n’avez plus recours ici au discours réducteur et mécaniste d’une simple manipulation de l’étranger, celles de services et d’officines étatsuniennes en particulier (« révolution colorée » selon le terme convenu), pour expliquer la genèse et le déroulement des événements. Cela est louable car vous savez certainement, qu’à la différence de nombreux manifestants pro-Ianoukovytch, que ce soient les fonctionnaires des administrations locales ou les mineurs du Donbas, sans parler des voyous stipendiés pour propager une peur diffuse (les tristement célèbres titouchkis, recrutés parmi les gros bras des clubs de gym ou les jeunes chômeurs), l’immense majorité des insurgés agissent par conviction et n’ont pas besoin d’être payés pour cela. Leur soutien financier provient en grande partie de petits et moyens entrepreneurs ukrainiens qui en ont assez de vivre dans ce que ce que l’on qualifie en anglais de Blackmail State.
    Pour parler franchement : une « troisième voie » est-elle absolument impossible ?
    Tout à fait. En géopolitique s’affrontent les puissances thalassocratiques et tellurocratiques. Actuellement, la puissance continentale est la Russie, la puissance maritime les États-Unis. Durant la deuxième guerre mondiale, l’Allemagne a tenté de s’imposer comme une troisième voie. Cette tentative fut basée précisément sur l’erreur politique que nous venons d’évoquer. L’Allemagne fit la guerre à la thalassocratie représentée par l’Empire britannique et à la tellurocratie représentée par la Russie. Berlin affronta les plus grandes puissances de son époque et perdit la guerre. Il en résulta la destruction complète de l’Allemagne. Comment voulez-vous donc, alors que la puissante Allemagne fut incapable d’imposer une troisième voie, que des groupes plus petits et plus faibles soient capables d’en instaurer une maintenant ? C’est impossible, c’est une illusion ridicule.
    La défaite de l’Allemagne hitlérienne n’est pas réductible à un schéma géopolitique Terre-Mer, exposé de manière réductrice et rigide. L’illusion ridicule ? Lénine et ses partisans n’étaient qu’une poignée avant les bouleversements de l’année 1917 en Russie.
    La troisième voie n’a décidément plus votre faveur, Alexandre Guelievitch, ce qui n’a pas toujours été le cas. Mais, bien sûr, il est possible de changer d’avis…
    Quelques décennies après l’affrontement Est-Ouest, dans la perspective d’un monde multipolaire que nous appelons tous de nos vœux, nous voyons paradoxalement émerger, malgré la complexité d’une réalité confirmée par les enseignements de la géopolitique et de l’Histoire, de nouvelles logiques bipolaires de nature principalement idéologiques.
    D’un côté, la perspective néo-eurasiste d’Alexandre Douguine qui essentialise une opposition Terre-mer et les théories de Halford J. Mackinder, reprises par Carl Schmitt.
    De l’autre, la perspective conservatrice mise en avant par le Kremlin et ses soutiens européens (cf. l’appel de Moscou en juin 2013 du géopoliticien français Aymeric Chauprade), opposée au nihilisme cosmopolite porté par les oligarchies occidentales américano centrées.
    De fait, chaque patriote et dissident se retrouve, selon ces logiques, dans un camp dont la Russie se veut au minimum l’initiatrice, au maximum l’épicentre.
    Le cas ukrainien révèle, ne vous en déplaise une fois de plus, cher Alexandre Guelievitch, que la troisième voie n’a peut-être pas perdu de son actualité.
    Ceux qui, comme l’auteur de ces lignes ne renoncent pas à certains principes cardinaux et font dans ce cas précis, primer les impératifs identitaires et civilisationnels sur ceux inhérents à certaines alliances et intérêts qu’il ne faudrait surtout pas contrarier, verront leurs sympathie aller à la lutte des révolutionnaires ukrainiens, dans leur tentative, peut-être vouées à l’échec, mais ô combien riche d’enseignements et de symboles, de secouer une domination tyrannique et oligarchique vassalisée par un pays étranger (au moment où j’écris ces lignes, l’assaut des prétoriens du régime sur le camp retranché du Maidan à Kyiv semble avoir commencé).
    Nous nous réservons donc le droit, voire le devoir, d’être en désaccord avec nos amis russes sur certaines questions.
    Ce positionnement tercériste est, bien entendu inconfortable et délicat. Les Ukrainiens qui l’ont expérimenté à plusieurs moments de leur histoire, en savent quelque chose.
    Mais la fortune sourit peut-être aux audacieux. Et les « idiots utiles » ne sont pas toujours ceux que l’on croit…
    Ceux qui affirment combattre aujourd’hui pour une troisième voie indépendante sont donc pour vous en réalité au service de l’Occident. Est-ce bien cela ?
    Oui, dans la plupart des cas.
    Certains hommes politiques allemands ont révélé qu’ils ont été surpris par les scènes de guerre civile à Kiev.
    Cela en dit plus sur la culture politique et historique de vos hommes politiques que sur la crise en Ukraine…
    Moscou donne l’impression d’être très passif dans cette affaire : il ne rend pas la monnaie de leur pièce aux Européens en soutenant des mouvements de contestation chez eux. Pourquoi cela ?
    La Russie n’a pas de projet impérialiste. Moscou respecte la souveraineté des autres pays et n’interfère pas dans leur politique intérieure. C’est une position qui est juste et honnête. Nous pouvons voir cette politique à l’œuvre même en Ukraine. On constate que les hommes politiques européens ainsi que les diplomates et politiciens yankees qui se rendent à Kiev pour soutenir l’opposition sont beaucoup plus nombreux que les hommes politiques russes venant manifester leur soutien à Ianoukovytch. Il ne faut pas oublier que la Russie n’a aucun intérêt hégémonique en Europe, alors que les États-Unis en ont. Pour parler franchement, l’Union européenne n’est pas une entité européenne, mais un projet impérialiste transatlantique. Elle n’est pas au service des intérêts européens mais de ceux de Washington. L’Union européenne est en réalité anti-européenne, et le mouvement EuroMaidan est en réalité anti-EuroMaidan. Les néo-nazis violents d’Ukraine ne sont pas plus nationalistes, qu’ils ne sont patriotes ou européens, ils sont tout simplement des marionnettes des Yankees. Il en est de même pour les Femen et pour les groupes activistes homosexuels ou libéraux de gauche.
    L’ingérence d’un pays dans les affaires d’un autre ne se limite pas à ses aspects les plus visibles et spectaculaires.
    Vladimir Poutine se souvient certainement de ses déconvenues de 2004, lorsqu’il était venu soutenir un peu trop ostensiblement au goût d’une majorité d’Ukrainiens, y compris russophones, le candidat à la présidentielle Viktor Ianoukovytch, entre deux tours de scrutin.
    Sans revenir sur la permanence du discours dépréciatif et diabolisateur signalé plus haut, je préciserai qu’il apparaît évident que la Russie garde des visées hégémoniques et impérialistes, quoiqu’elle en dise dans ses déclarations officielles, sur des nations européennes qu’elle ne renonce pas à inclure dans sa sphère d’influence exclusive, aujourd’hui matérialisée par le projet d’intégration eurasiatique.
    L’Ukraine, incluse dans ce nouveau Yalta, en fait partie.
    À cet égard, depuis l’indépendance formelle de ce pays en 1991, le Kremlin n’a cessé de s’ingérer par tous les leviers possibles et imaginables dans sa politique intérieure. Plusieurs livres ne viendraient pas à bout du sujet.
    Aujourd’hui, de « l’impérialisme orthodoxe » du patriarche Kyrill et de ses visites régulières en Ukraine, avec son projet de « Monde Russe » (« Russkiy Mir »), aux personnages haut placés dans les « structures de force » au sein du gouvernement de Ianoukovytch (ayant souvent fait leur carrière en Russie et possédant la double nationalité, je ne pense pas à l’ancien premier ministre, Mykola Azarov, l’homme qui a préféré porter le nom russe de sa mère plutôt que celui, estonien, de son père) ou à la mainmise, via des procédures « avantageuses », sur des pans entiers de l’économie ukrainienne qui reste ainsi, plus que jamais, largement intégrée à celle de sa grande voisine, on ne compte plus les modes d’ingérence d’un état qui n’a toujours pas accepté, en son for intérieur, l’indépendance inachevée de son ancienne possession.
    (1) : Lire le texte intitulé « La bataille pour l’Ukraine » publié dans votre livre L’appel de l’eurasie, éditions Avatar, 2013, p : 187-207
    (2) : op. cit. p : 87-88
    (3) : Article intitulé « Crise balkanique , crise européenne », consultable ici : http://vouloir.hautetfort.com/archive/2007/05/02/dtc.html
    (4) : Signé par un certain Olivier Pechter, il est consultable ici :
    http://www.legrandsoir.info/l-histoire-cachee-des-femen.html
    Les lecteurs intéressés pourront lire plusieurs de mes réflexions sur ces thématiques, en ligne sur les liens suivants :
    http://www.theatrum-belli.com/archive/2008/03/08/equivoqu...
    http://www.europemaxima.com/?p=1002

    http://www.europemaxima.com/?p=392

     

    http://www.europemaxima.com/?p=1242

     

    http://www.europemaxima.com/?p=1939
    Invitations pour parler de l’Ukraine sur la webradio autonome et dissidente Méridien Zéro :

    http://www.meridien-zero.com/archive/2010/10/11/podcast-d...

     

    http://www.meridien-zero.com/archive/2010/10/18/chronique...

     

    http://www.meridien-zero.com/archive/2014/01/30/emission-...
    Conférence donnée sur la question russe dans le cadre du Cercle Non Conforme de Lille, intégré au réseau M.A.S. (Mouvement d’Action Sociale), le 20 juin 2012 :

    Présentation : http://cerclenonconforme.hautetfort.com/archive/2012/05/3...

     

    Enregistrement : http://www.meridien-zero.com/archive/2012/07/06/emission-...
    http://cerclenonconforme.hautetfort.com/archive/2014/02/18/entretien-avec-alexandre-douguine-sur-l-ukraine-commente-par-pascal-lassall.html

  • Entretien avec Alexandre Douguine sur l'Ukraine (commenté par Pascal Lassalle) 2ième partie

    Mais le président Viktor Ianoukovytch a refusé l’invitation de l’Occident.
    Bien sur qu’il l’a refusée. Il a été élu par l’Ukraine orientale pro-russe et non pas par l’Ukraine occidentale. Ianoukovytch ne peut pas agir contre les intérêts et les souhaits de sa base électorale. S’il avait accepté l’invitation de l’Union Européenne, il aurait immédiatement été considéré comme un traître par ses électeurs. Les partisans de Ianoukovytch veulent l’intégration avec la Russie. Pour parler clairement : Ianoukovytch a simplement fait ce qui était logique pour lui. Il n’y a ni surprise, ni miracle, simplement une logique politique.
    Ianoukovytch a surtout reculé pour des raisons de basse cuisine électorale (volonté d’être réélu en 2015) et du fait de la réaction de Moscou, qui après une brève guerre commerciale en août 2013, lui a fait réaliser quel serait le prix à payer économiquement et socialement en cas de signature des accords avec l’UE. Il est vrai que dans la politique de chantage menée maladroitement par l’ancien gouverneur de Donetsk, l’UE sinistrée ne s‘est pas montrée désireuse de payer le prix nécessaire pour faire pencher la balance de son côté.
    Pour satisfaire sa base électorale « naturelle », mais aussi Moscou, il a fait quelques concessions symboliques dans les domaines linguistiques (russe devenu langue officielle dans les régions russophones), mémoriels et identitaires (réécriture des manuels d’Histoire dans un sens plus favorable aux schémas historiographiques russes, ceux de l’Histoire dite « commune »).
    L’alliance anti-Ianoukovytch comprend des libéraux, des anarchistes, des communistes, des militants des droits des homosexuels, ainsi que des groupes nationalistes qui sont parfois néo-nazis. Qu’est-ce qui unit ces différents mouvements ?
    Ils sont unis par une seule chose : leur haine de la Russie. Ianoukovytch pour eux est l’homme de la Russie, l’ami de Poutine, l’homme de l’Est. Ils haïssent tout ce qui a un rapport avec la Russie. Cette haine les tient unis ; ils forment un bloc de haine. Pour le dire clairement, la haine est leur seul idéologie politique. Ils n’aiment ni l’Union européenne, ni Bruxelles.
    Encore cette « haine » tombée du ciel, chez des gens déshumanisés et animalisés par vos soins, que l’on pourrait croire génétiquement programmés pour détester une vertueuse et innocente Russie. On est loin des beaux principes énoncés dans le cadre de la Quatrième théorie politique dont vous vous faites l’ardent promoteur et ses belles paroles sur le respect des identités, des traditions et des souverainetés pour tous les peuples. Certains sont visiblement plus dignes d’en bénéficier que d’autres (plus égaux aurait dit George Orwell). Un double standard dont vous créditez, à juste titre, les médias mainstream occidentaux, mais que vous n’hésitez pas à pratiquer cyniquement lorsqu’il est question de vos intérêts. Ce qui peut amener le lecteur, un tant soit peu perspicace, à se demander si la vision du monde néo-eurasiste qui est la vôtre ne constitue pas en fin de compte un nouvel habillage du traditionnel impérialisme et chauvinisme que la « Sainte Russie », quelles que soient ses incarnations historiques, a pratiqué de manière récurrente depuis le XVème siècle. Ce qui est autorisé pour certains peuples ne l’est pas pour d’autres, comme les Ukrainiens que vous persistez à vouloir inclure dans votre sphère géopolitique et civilisationnelle, en dépit des enseignements de l’histoire ou de l’ethnologie.
    Ceux-ci, diabolisés par vos propos, ne peuvent se prévaloir d’une démarche positive, celle de construire un état souverain et une nation unifiée, dans une conscience identitaire enfin retrouvée. Dans votre aveuglement et votre obstination à leur dénier ce droit légitime, vous contribuez à être le meilleur promoteur de réflexes russophobes, sans parler du fait de les repousser, par réaction, dans les bras des puissances occidentales et atlantistes.
    Par cette posture funeste, vous faites indiscutablement le jeux de nos ennemis qui ne souhaitent pas voir émerger un monde multipolaire.
    Quels sont les principaux groupes ? Qui détermine les actions de l’opposition ?
    Au sein de ce qu’on nomme les EuroMaidan, ce sont clairement les groupes néo-nazis violents qui dominent. Ils incitent à la violence et tentent de provoquer une situation de guerre civile à Kiev.
    Comme j’avais pu le voir, il y a quelques années, dans vos interventions télévisées à destination d’un public russophone, vous n’hésitez pas, comme les autorités et les médias de votre pays, ainsi que leurs fidèles relais en Occident, à avoir recours à cette reductio ad Hitlerum diabolisante cet « antifascisme » anachronique, inquisitorial et mensonger, pratiqué également par nos pouvoirs oligarchiques, pour discréditer les pensées et les actions des dissidents.
    Nous trouvons ces procédés indignes et déshonorants, qu’ils soient employés à l’Ouest ou à l’Est du continent.
    Décidément, au-delà de leurs oppositions géopolitiques, il semblerait que toutes les oligarchies se ressemblent, dans le « traitement » de leurs opposants ou de leurs hérétiques.
    Tous ceux qui ne se soumettent pas à votre vision mythifiée de l’Histoire (vulgate de la « Grande guerre patriotique ») ou à vos perpectives géopolitiques sont diabolisés, anathémisés et ostracisés, par le recours à ces pratiques totalitaires qui montrent, comme l’écrivait Lampedusa, que « plus les choses changent, plus rien de ne change ».
    Concernant les éléments nationalistes présents sur les barricades de l’EuroMaidan, ceux-ci se rattachent majoritairement à l’héritage de l’Organisation des Nationalistes Ukrainiens (OUN) dans sa branche révolutionnaire, celle de Stepan Bandera (horresco referens !) et de l’Armée Insurrectionnelle Ukrainienne (UPA) qui en est, d’une certaine manière, l’émanation, avec sa bannière noire et rouge et son cri de guerre omniprésents ces dernières semaines. Ces militants et guérilleros ont lutté d’abord contre les Polonais, puis contre les Allemands (après avoir vainement cherché leur appui) et les Soviétiques, jusque dans les années 50.
    Votre honnêteté devrait vous amener à reconnaître que vouloir chercher des soutiens allemands pour édifier un état ukrainien social et national ne fait pas nécessairement de vous quelqu’un d’acquis au racisme national-socialiste (que vous pourriez presque « bénir » d’ailleurs, car il a empêché une synergie germano-ukrainienne, voire germano-russe qui aurait pu changer le cours de la guerre à l’Est). Ce raisonnement est globalement valable également pour la majorité de ceux qui ont servi dans des divisions de la Waffen SS, qu’ils aient été Ukrainiens, Bélarussiens, Baltes ou mêmes Russes.
    Cet héritage « bandériste » connaît un certain regain chez un nombre croissant de jeunes ou de moins jeunes à Kyiv, mais aussi dans toute l’Ukraine.
    Tous ces supposés « néo-nazis », naturellement antisémites comme ne se privent pas de le répéter ad nauseam les médias mainstream russes, comme la chaîne de télévision Russia Today, ne sont pas uniquement des « bandéristes » accourus d’Ukraine occidentale (Galicie avec les régions de L’viv, Ternopil’ ou Ivano-Frankivsk), mais des patriotes venus de l’ensemble du pays, ukrainophones et russophones mêlés.
    Ne vous en déplaise, comme vous l’avez montré à de multiples reprises avec des actions hostiles à l’Etat ukrainien initiées par l’organisation de jeunesse de votre mouvement, ces dernières années(2), une nation est peut-être en train de naître difficilement, mais irrésistiblement, quels que soient les combats d’arrière garde des nostalgiques d’une intégration impériale et eurasiatique, minoritaires dans l’ensemble du pays.
    Les Altereuropéens sincères ne peuvent qu’espérer que le bon sens finisse par l’emporter, d’un côté comme de l’autre, pour faciliter la résolution durable de contentieux qui ne font que profiter aux ennemis de nos peuples.
    Dans le cas contraire, et sans avoir les capacités oraculaires de la Pythie de Delphes, je dirai vous n’avez pas fini d’entendre parler des Ukrainiens, ce que vous savez parfaitement d’ailleurs.
    Les médias mainstream occidentaux affirment que le rôle de ces groupes extrémistes est artificiellement amplifié par les médias pro-russes afin de nuire à toute l’opposition.
    S’ils affirment cela, c’est pour botter en touche. Comment pourraient-ils justifier que l’Union européenne et les gouvernements européens soutiennent des mouvements racistes, extrémistes et néo-nazis à l’extérieur des frontières de l’Union européenne alors qu’à l’intérieur de celles-ci, ils mènent des campagnes mélodramatiques contre des groupes d’extrême droite mille fois plus modérés ?
    Peu nous importe en définitive le traitement médiatique en Occident d’une réalité qui s’avère être la suivante : Une minorité active et déterminée, porteuse d’une vision du monde et d’un projet alternatif, comptant quelques centaines de militants nationalistes radicaux, a transformé une contestation initialement pro-UE, en une lutte révolutionnaire pour abattre une clique mafieuse, incarnant un mode de gouvernance étrangers aux traditions politiques nationales et soutenue obstinément par une puissance étrangère. Ces nationalistes révolutionnaires ont su saisir ce moment propice, aidé par la maladresse d’un pouvoir discrédité (violences du 30 novembre 2013 sur Maidan, passage en force le 16 janvier à la Rada d’un arsenal législatif répressif encore pire que ce qui se fait de mieux en Occident ou en Russie). Réunion de plusieurs petits groupes (Tryzub Stepan Bandera, UNA-UNSO…) sur le modèle réticulaire de la leaderless resistance , ce Praviy Sektor (« Secteur Droit ») a su forcer les événements, en « chevauchant le tigre », ravivant un mouvement qui stagnait, radicalisant vers eux des milliers de personnes initialement non politisées et imposant en grande partie leur dynamique à des partis politiques perçus comme trop mous, y compris les nationalistes du parti Svoboda d’Oleh Tyahnybok.
    Un processus révolutionnaire-conservateur semble donc à l’œuvre, processus qui devrait logiquement vous inspirer, cher Alexandre Guelievitch, une certaine sympathie, ainsi que l’aviez fait à l’égard de tous les camps en présence durant la guerre de Bosnie, avec un article publié dans le numéro de la revue belge Vouloir de janvier-mars 1933(3)

    Mais comment les militants des droits des homosexuels et les groupes de la gauche libérale peuvent-ils combattre côte à côte avec des néo-nazis qui sont bien connus pour être homophobes ?
    Avant tout, tous ces groupes haïssent la Russie et le président russe, cela en fait des camarades de combat. Et les groupes de la gauche libérale ne sont pas moins extrémistes que les néo-nazis. Nous les nommons libéraux, mais c’est une erreur. On peut constater en Europe de l’Est et en Russie que, très souvent, le lobby homosexuel et les goupes néo-nazis et ultra-nationalistes sont alliés. De même, le lobby homosexuel a des idées très extrémistes sur la manière de déformer, rééduquer et influencer la société. Nous ne devons pas oublier cela. Le lobby des gays et des lesbiennes n’est pas moins dangereux pour la société que les groupuscules néo-nazis.
    Une série d’amalgames qui peuvent montrer leurs limites lorsqu’on analyse la situation en détails. Cela me fait penser à un article remarquablement documenté à propos des FEMEN, récemment mis en ligne sur internet (4).
    L’offensive chromatique se poursuit : après les « oranges-bruns », voici venu le temps des « roses-bruns » !

    À suivre